La Ferté-Bernard. 600 enfants juifs cachés en Sarthe
Le Maine Libre
Catherine Haas est loin d’être la seule enfant à avoir trouvé refuge en Sarthe au cours de la Seconde Guerre mondiale. Entre 1940 et 1945, 600 enfants et 200 adultes auraient en effet été accueillis dans le département.
« Au milieu de l’année 1942, après la rafle du Vel’ d’Hiv’, beaucoup d’enfants quittent la région parisienne pour la province. La Sarthe et l’un des départements qui en a accueilli le plus » , indique Yves Moreau, Tufféen qui s’est donné pour objectif de recenser l’ensemble des personnes déportées de la Sarthe ou cachées.
Selon lui, plusieurs facteurs expliquent ce nombre. »Nous sommes un département qui possédait une ligne ferroviaire qui reliait Paris en moins de deux heures », commence-t-il. « Puis, la Sarthe a toujours été une terre d’accueil. »
Jusqu’à la Libération, en août 1945, les juifs ayant besoin d’être cachés arrivaient dans le département par le biais de plusieurs filières.
« Lucienne Clément de l’Épine, une couturière parisienne, aidait les juifs à quitter Paris en allant chercher les enfants dans les orphelinats « , raconte Yves Moreau. « Elle a placé 122 enfants en Sarthe. »
Autre figure majeure : le père Théomir Devaux. « Il animait un réseau de sauvetage depuis Paris en s’appuyant sur l’aide de religieuses habillées en civil à l’extérieure de l’église. En novembre 1943, il a accompagné 42 enfants en Sarthe. Entre 1943 et 1945, c’est 404 enfants qu’il a aidés. »
William Dewing et sa femme Germaine, qui ont participé au sauvetage de Catherine Haas et de sa sœur ont, eux, étaient reconnus Justes parmi les nations en 1997.
Léontine Bracchi
Léontine Bracchi a été nommée à titre posthume Juste parmi les Nations, dimanche 27 novembre 2022, à Beaufay, dans la Sarthe. Décédée en 1977, elle avait recueilli et caché deux enfants juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils avaient échappé à la Gestapo, venue arrêter leur famille. L’un d’eux était présent, ce dimanche, à la cérémonie.
La présentation de la médaille des justes | OUEST-FRANCE
Léontine Bracchi a été reconnue Juste parmi les Nations, dimanche 27 novembre 2022. C’est sa petite-fille qui a reçu l’attestation et la médaille, remises par un diplomate de l’Ambassade d’Israël en France. La cérémonie, attendue depuis plusieurs mois, s’est tenue dans la salle polyvalente de Beaufay, commune au nord-est du Mans (Sarthe).
Un des enfants cachés était présent
C’est là que Léontine Bracchi a vécu. Et qu’elle a caché deux enfants juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.
Cette Belfaidienne, née en 1899 et décédée le 11 avril 1977, avait accueilli, dans sa maison de la Thébaïde, René et Daniel Herszbaum, âgés de 5 et 9 ans. Les deux enfants avaient échappé aux mains de la Gestapo, venue arrêter leur famille. Leur père avait été arrêté un an plus tôt et leur mère avait été déportée ce jour-là, dans les camps de Drancy puis d’Auschwitz. Léontine Bacchi a caché René et Daniel Herszbaum au maximum, malgré les recherches.
Dimanche 27 novembre, la salle était comble, à l’occasion de la remise tant attendue de la médaille et du diplôme des Justes à Léontine Bracchi. Si René est décédé en 2012, Daniel a fait le voyage d’Israël à Beaufay pour cette commémoration.
Géraldine Chaillou-Vogel, maire de Beaufay, a retracé les événements, qui ont permis que soit récompensée Léontine Bracchi au titre honorifique de la plus haute distinction de l’État d’Israël.
Les hymnes ont clos la cérémonie.
JForum.fr avec ouestfrance.fr
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