Ted Cruz, ce champion de la droite religieuse qui a fait tomber Trump
Première défaite pour le milliardaire new-yorkais battu par le sénateur du Texas qui laboure un électorat ultra-conservateur en colère contre les élites. Un éléphant, ça Trump énormément…
SOURCE AFP

Il a renversé le candidat qui dominait les sondages. Cette première victoire dans l’Iowa (27 %, trois points devant Trump) donne le ton et peut changer la dynamique de la campagne des primaires. Le sénateur du Texas Ted Cruz n’était, il y a quelques mois, qu’un petit candidat. Un candidat républicain salué par le chouchou des sondages, Donald Trump, pour ses positions fermes contre le gouvernement fédéral de Barack Obama, contre l’impôt, contre l’avortement ou pour le droit à s’armer. Au fil des semaines – et de sa remontée dans les intentions de vote -, il est devenu le principal rival du milliardaire dans la lutte pour obtenir l’investiture républicaine. L’homme d’affaires new-yorkais fait désormais de Cruz sa principale cible, l’accusant d’être un horrible personnage ou d’être né au Canada, il y a 45 ans, sous-entendant qu’il serait inéligible à la présidence des États-Unis.
Il faut dire que le sénateur du Texas Ted Cruz ne bredouille jamais, son regard est fixe, sa diction cadencée, ses phrases précises, des talents d’orateur lui ont permis de devenir un champion de la droite religieuse et de remporter les « caucus » républicains de l’Iowa. Le milliardaire va redoubler d’efforts pour tenter de reprendre la main. Les deux hommes labourent le même terrain : celui des Américains en colère contre les élites politiques. Ils jouent la surenchère, par exemple dans leurs spots télévisés respectifs tirant l’alarme sur l’immigration clandestine. Ou encore dans leur dénonciation de la « théorie » du changement climatique. Ted Cruz a juré d’annihiler les djihadistes de l’organisation État islamique avec un « tapis de bombes ».
Au coeur du Tea Party
La stratégie de Cruz dans l’Iowa était entièrement construite sur l’électorat protestant évangélique, majoritaire au sein des républicains. Il leur promettait de démanteler totalement « Obamacare », la réforme de Barack Obama pour réformer le système de santé, et de défendre les chrétiens américains face aux menaces de dissolution posées par les démocrates. Pour appuyer son message, Ted Cruz n’a pas hésité à utiliser ses enfants dans des vidéos, voire à faire cuire du bacon sur le canon de son fusil dans un stand de tir, une façon de rappeler l’attachement des Texans à leurs armes. Il y a deux semaines, il s’est toutefois retrouvé vivement critiqué pour avoir dénigré « les valeurs de New York », qui défendent selon lui l’avortement, le mariage gay, l’argent et les médias. Mais Rafael Edward Cruz, qui était le premier candidat officiel à l’investiture républicaine, a depuis longtemps choisi son positionnement, au coeur du Tea Party.
Il ne siège au Sénat que depuis janvier 2013, l’un des deux sénateurs représentant le Texas, et doit sa victoire à la mobilisation locale de la mouvance ultra-conservatrice, qui surprend alors l’establishment républicain. Dès ses débuts, il agace ses aînés par son manque de déférence et sa volonté d’être sous le feu des projecteurs dans l’illustre institution où sa jeunesse devrait l’inciter à l’humilité. Son grand combat a lieu à l’automne 2013. Alors qu’un compromis budgétaire se profile entre chefs républicains et démocrates alliés à Barack Obama, il défend une ligne dure : pas de budget sans abrogation totale d’Obamacare. Il agite en coulisse, emmène avec lui des dizaines d’élus du Tea Party à la Chambre, et tient tête aux dirigeants républicains, humiliés, qui gardent une dent contre ce quadragénaire qui prétend leur apprendre à gouverner. Ted Cruz, même si l’obstruction a échoué, a gagné ses galons.
Défenseur inconditionnel d’Israël
Cruz est né à Calgary, au Canada, le 22 décembre 1970, d’une mère américaine et d’un père cubain, Rafael Cruz, torturé par le régime de Batista et exilé à 18 ans aux États-Unis sans parler anglais. Il grandit au Texas, où le lycéen est déjà fasciné par la Constitution. Après des études à l’université de Princeton puis à l’école de droit d’Harvard, dont il sort diplômé quatre ans après Barack Obama, il entame une brillante carrière juridique avant de revenir au Texas pour devenir l’équivalent de l’avocat d’appel de l’État (« solicitor general »), en 2003. Le poste se transforme en tremplin national pour défendre des causes conservatrices et plaider devant la Cour suprême, ce qu’il fit neuf fois, avec cinq victoires. Le récent rapprochement avec Cuba est pour lui une « terrible erreur ». Défenseur inconditionnel d’Israël, il est aussi vent debout contre l’accord nucléaire qui s’est conclu avec l’Iran.

Camouflet pour Donald Trump battu par Ted Cruz à la primaire républicaine de l’Iowa.
afp.com/NICHOLAS KAMM
Donald Trump a trébuché, Hillary Clinton est accrochée: l’Iowa, première étape des primaires américaines dans la course à la Maison Blanche, a été dure pour les favoris des sondages.
Surprise dans l’Iowa, première étape des primaires américaines dans la course à la Maison Blanche. Côté républicain, Donald Trump a trébuché, battu par l’ultra-conservateur Ted Cruz. Chez les démocrates, Hillary Clinton est pour le moment quasiment à égalité avec le surprenant sénateur du Vermont, Bernie Sanders, 74 ans. Aucune télévision américaine ne s’aventurait à désigner un vainqueur entre les deux candidats séparés par quelques dixièmes de point seulement.
Surprise côté républicain
Donald Trump a incontestablement passé une mauvaise soirée. Car le magnat de l’immobilier, trois fois marié, divise la droite religieuse, qui a aidé à couronner les deux derniers vainqueurs des « caucus » de l’Iowa en 2008 et 2012. Beaucoup d’électeurs évangéliques ont en effet choisi le sénateur du Texas Ted Cruz, qui, selon les projections des télévisions américaines, est arrivé en tête avec environ 28% des voix dans cet Etat rural.
Créature du Tea Party, détesté au Congrès pour son obstruction permanente, le vainqueur du jour a fait campagne contre « le cartel de Washington ». « Ce soir est une victoire pour les courageux conservateurs, dans l’Iowa et à travers ce grand pays », a-t-il lancé, voyant dans ce résultat la preuve que le président des Etats-Unis ne serait pas choisi par « les médias, les élites de Washington ou les lobbyistes ».
LIRE AUSSI >> Qui est Ted Cruz, l’homme qui peut dépasser Donald Trump par la droite
Pour Trump, dont le discours anti-immigrés, anti-musulmans et « politiquement incorrect » lui a permis de faire un bond dans les sondages, l’équation se complique. Celui qui étrille quotidiennement sur Twitter les « loosers » de tous poils, sait qu’il va devoir faire évoluer sa posture après ce premier revers. Il est d’ailleurs étrangement silencieux sur le réseau social. « Demain nous serons dans le New Hampshire (…) et nous nous battrons pour obtenir la nomination républicaine », a-t-il lancé dans un discours au ton inhabituellement posé et conciliant. Grand perdant de la soirée, Jeb Bush, l’ancien gouverneur de Floride, fils et frère de président, termine très loin derrière.
LIRE AUSSI >> Le grand virage à droite du parti républicain
Le très bon score de Marco Rubio, solide troisième chez les républicains selon des résultats partiels, devait faire pousser un « ouf » de soulagement aux ténors du « Grand Old Party ».
« Pendant des mois, on nous a dit que je n’avais aucune chance car je portais un message optimiste (…) ou que mes cheveux n’étaient pas gris », a immédiatement réagi, tout sourire, le sénateur de Floride au visage de jeune premier.
LIRE AUSSI >> Qui est Marco Rubio, l’homme qui pourrait doubler Donald Trump par sa gauche
Incertitude côté démocrate
Hillary Clinton, battue dans l’Iowa il y a huit ans par Barack Obama, était, peu après 00H00 (06H00 GMT), quasiment à égalité avec le surprenant sénateur du Vermont, Bernie Sanders, 74 ans. Dans un discours au ton rassembleur, son mari Bill à ses côtés, l’ancienne First Lady a martelé que le parti démocrate représentait « ce qu’il y a de mieux pour l’Amérique » face à des candidats républicains qui cherchent à « diviser ».
« Les habitants de l’Iowa ont envoyé un message au monde politique, au monde économique et aux médias », a de son côté lancé « Bernie ». Le bouillant septuagénaire, pourfendeur de Wall Street, a une nouvelle fois appelé l’Amérique à une véritable « révolution politique »
LIRE AUSSI >> Bernie Sanders est-il le Donald Trump de gauche?
Premières victimes de cette soirée électorale inaugurale: le démocrate Martin O’Malley, ancien gouverneur du Maryland et le républicain Mike Huckabee, ex-pasteur baptiste et ex-gouverneur de l’Arkansas, ont jeté l’éponge. Le neurochirurgien Ben Carson, arrivé en quatrième position, a lui annoncé qu’il ne suspendait pas sa campagne après les primaires de l’Iowa mais qu’il rentrait chez lui « chercher du linge propre ».
Par LEXPRESS.fr avec AFP , publié le , mis à jour à
![]() |
![]() |
Baroukh Hachem, tout ce qui peut mettre à mal la candidature de Trump me procure joie et bonheur !!!
Un juif fièrement français !!! Pratiquant !!! Et Ami d’Israël !!!