L’ancien chef de Tsahal reconnaît avoir été dupé par le Hamas
Le Hamas a trompé Tsahal : retour sur un aveu marquant et ses conséquences
Quelques semaines après son départ du commandement de l’armée israélienne, le général Herzi Halevi, ancien chef d’état-major de Tsahal, a prononcé des mots lourds de sens. Dans un enregistrement audio révélé par la radio militaire israélienne, il a reconnu que l’armée avait été surprise et trompée par le Hamas lors de l’attaque du 7 octobre 2023. Cet aveu rare, prononcé avec gravité, suscite à la fois indignation et réflexion en Israël.
« Je n’ai pas d’autre choix que de féliciter le Hamas pour nous avoir trompés », déclare Halevi dans cet enregistrement, qui fait partie des documents présentés dans le cadre de l’enquête sur les événements dramatiques de cette journée noire pour Israël. Il évoque notamment la manière dont l’organisation terroriste palestinienne a exploité les préoccupations humanitaires pour dissimuler ses intentions et préparer une offensive sanglante.
Un aveuglement coûteux
« Ils ont su utiliser nos préoccupations humanitaires pour endormir notre vigilance, et ils ont réussi », admet Halevi. Cette déclaration traduit une prise de conscience brutale au sein des rangs militaires : la stratégie du Hamas a été bien plus sophistiquée que prévu, et la réponse de Tsahal, insuffisante.
Selon Halevi, aucun des nombreux scénarios envisagés par l’état-major n’avait anticipé une attaque d’une telle ampleur. « Dans tous les exercices et simulations que nous avons réalisés, même pas 5 % de ce qui s’est produit ce jour-là n’avait été envisagé », confesse-t-il.
Cette autocritique intervient peu après son remplacement par le général Eyal Zamir à la tête de l’armée. Halevi avait annoncé sa démission dès janvier, assumant ainsi sa part de responsabilité dans la défaillance sécuritaire du 7 octobre.
Nir Oz : un symbole de l’abandon
L’un des points les plus tragiques de cette journée reste l’attaque contre le kibboutz Nir Oz, situé à proximité de la bande de Gaza. Ce village a été l’un des plus durement touchés. Selon l’enquête militaire, aucun soldat israélien n’était sur place avant que les 300 à 500 terroristes du Hamas n’aient terminé leur massacre et regagné Gaza. Le bilan est terrible : 47 morts et 76 otages parmi les habitants du kibboutz.
Malgré sa proximité avec le 450e bataillon de Tsahal – situé à seulement deux kilomètres – aucune force suffisante n’a été envoyée à temps. La moitié des effectifs avait été redéployée vers d’autres points jugés prioritaires, comme Kissufim et Kerem Shalom. Nir Oz, perçu comme un village « moins stratégique », a été laissé sans défense suffisante.
L’héroïsme des civils en première ligne
Face à cette absence de soutien militaire, ce sont les civils eux-mêmes qui ont combattu. L’équipe d’intervention d’urgence du kibboutz, en infériorité numérique face aux assaillants, a résisté seule pendant près de deux heures. De nombreux membres ont été tués ou capturés, mais leur courage est unanimement salué.
Le kibboutz a qualifié l’enquête de Tsahal de « déchirante et profondément troublante ». Il a toutefois tenu à honorer la bravoure de ses habitants : « Toute la communauté s’est battue, chacun à sa manière : certains ont pris les armes, d’autres ont protégé leur foyer, envoyé des messages d’alerte ou simplement lutté pour survivre », a déclaré un porte-parole du village.
Appel à des réformes profondes
Au-delà de la douleur, cet épisode soulève des exigences légitimes. Le président du Conseil régional d’Eshkol, Michal Uziyahu, a appelé l’armée israélienne et le gouvernement à tirer les leçons de cette attaque. Il réclame des réformes urgentes du système de défense des localités proches de Gaza, afin d’éviter que de telles tragédies ne se reproduisent.
Vers une réponse israélienne plus forte
Ces événements rappellent avec force que la sécurité d’Israël ne peut reposer sur des suppositions ou une surconfiance face aux menaces régionales. Le Hamas, reconnu comme une organisation terroriste par de nombreux pays, a démontré sa capacité à frapper de manière imprévisible. Il est donc vital qu’Israël renforce ses dispositifs de protection, adapte sa doctrine militaire et reste prêt à répondre avec fermeté.
L’héroïsme des civils de Nir Oz, la lucidité d’un ancien chef d’état-major et la détermination d’un gouvernement résolu à défendre ses citoyens doivent désormais nourrir une stratégie de dissuasion claire. Car la sécurité d’Israël est non négociable, et chaque erreur doit servir à bâtir une défense plus robuste, pour que de telles tragédies ne puissent jamais se répéter.
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Comment ces soi-disant généraux ont-ils gagné leurs galons ? L’E-M d’une des armées les plus performantes du monde serait-il composé d’éminents crétins ?