La confiance russe dans le Hezbollah, dilemme d’Israël©

La confiance russe dans le Hezbollah, dilemme d’Israël©

La confiance russe dans le Hezbollah est le vrai dilemme d’Israël

Israël a finalement mis la main dans le cours des événements mouvantsd qui menacent depuis la Syrie vers ses frontières Nord, en lançant de multiples raids aériens contre la principale base aérienne du Nord Syrien, connu sous le sigle « T-4 », près de Palmyre, au milieu de la nuit du vendredi 17 mars.

Ces événements sont dirigés par la conduite du Hezbollah pro-iranien pour s’emparer du Golan, dans le cadre de sa guerre soi-disant de « résistance » contre l’Etat Juif.  Cette obsession s’est transformé en préoccupation majeure, après les frappes aériennes, où le Hezbollah, pr un aveu rare, a reconnu avoir perdu un Commandant important. Il se nommait Badee hamiyeh et on le décrit comme ayant été tué  » dans la région du Sud-Syrien de Quneitra, près des Hauteurs du Golan détenues par Israël.

 

Une semaine plus tôt, le Premier Ministre Binyamin Netanyahu et le Directeur des Renseignements militaires de Tsahal, le Général-Major Hertzl (Hartzi) Halevi ont exposé au Président russe, Vladimir Poutine, au Kremlin, des cartes décrivant divers mouvements militaires se déroulant de manière incessante en Syrie, en pointant l’accent sur un convoi blindé de plusieurs centaines de miliciens des troupes du Hezbollah, qui provenait de son bastion de Zabadani en direction du Mont Hermon. Le convoi se frayait sa voie en submergeant plus de 30 villages rebelles sur les versants du Hermon, qui permet de contrôler la ville syrienne de Quneitra et la frontière israélienne.

Cette preuve topographique démontrait que le Hezbollah développe un stratagème militaire unique visant à menacer le Hermon détenu par Israël, de contrôler le Golan central et de se préparer à la bataille en vue de restaurer la souveraineté syrienne sous le contrôle unique du Hezbollah dans la totalité de la zone du Golan.

Netanyahu avait espéré que Poutine serait d’accord sur le principe de stopper le convoi du Hezbollah et qu’il tiendrait sa promesse de ne pas laisser l’Iran ni le Hezbollah se déployer sur la frontière israélienne. Cependant, le dirigeant russe est resté insensible à cette demande minimale. Non seulement les Commandants russes en Syrie n’ont reçu aucune instruction leur demandant de restreindre les mouvements du Hezbollah, mais, au contraire, ils ont agi de façon à persuader les rebelles syriens du Mont Hermon et du Golan de se rendre aux envahisseurs chiites libanais.

Et, effectivement, la progression du Hezbollah s’est poursuivie. Son dirigeant Hassan Nasrallah a conçu une équation artificielle afin de justifier son assaut contre le Golan : « Ils nous ont emmené Daesh dans la Plaine de la Beqaa [le bastion libanais du Hezbollah avec le Sud de Beyrouth] et c’est pourquoi la « résistance » [le Hezbollah] est entrée en Syrie. Ils voulaient (les Israéliens] que ce groupe terroriste atteigne Beyrouth, et c’est de cette façon, qu’aujourd’hui, nous sommes présents sur le Golan ».

Voyant la mise en mouvement incontrôlé du Hezbollah, qui se prépare à un bras-de-fer inattendu avec Israël, Netanyahu et Tsahal ont décidé de reprendre les choses en main à leur manière. Ils ont ordonné plusieurs frappes aériennes, vendredi, contre la base aérienne stratégique T-4, relativement éloignée et proche de Palmyre, dans le Nord-Est de la Syrie et « frappé plusieurs oiseaux d’une seule pierre » (fait d’une seule pierre plusieurs coups).

Les sources des renseignements militaires de Debkafile décrivent la Base T-4 actuelle comme le principal terminal pour les avions iraniens qui atterrissent jour après jour et déchargent du matériel de guerre lourd pour leurs propres forces autant que pour l’armée syrienne et le Hezbollah. Cette base aérienne abrite également des hélicoptères d’attaque russes et des troupes des opérations spéciales (Spetsnaz), dont la présence à cet endroit a permis de gagner la confiance de Téhéran et de Nasrallah, en jouant le rôle de bouclier efficace (croyaient-ils) contre les risques d’attaques israéliennes.

Les frappes aériennes de vendredi visaient à leur prouver qu’ils commettaient une grave erreur.

Ces évolutions étaient le texte sous-jacent de la déclaration vidéo faite par Netanyahu, qui a été programmé vendredi dans la nuit par les médias israéliens : « Je peux vous assurer que notre résolution est inébranlable, comme l’attestent nos actions », a t-il dit. « C’est quelque chose que tout le monde devrait bien prendre en considération, tout le monde! ». Lorsqu’il a dit « tout le monde, il ne s’adressait pas seulement à Téhéran et Beyrouth, mais à Moscou tout autant.

Israël n’est pas en train de planifier des actions contre les forces en Syrie,mais si l’armée russe, soit délibérément soit de façon non-intentionnelle, offre à l’Iran et au Hezbollah sa protection, comme elles comptaient le faire grâce à la Base T-4, Israël n’hésiterait pas une seconde à les en dissuader (désillusionner).

Le Kremlin a reçu le message et, quelques heures après les frappes aériennes israéliennes, l’Ambassadeur israélien à Moscou, Cary Koren a été convoqué au Ministère russe des Affaires étrangères. Il n’y a pas eu de protestation officielle, mais le Vice-Ministre des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov a informé  fermement l’Ambassadeur que Moscou ne tolérerait pas d’autres actions d’attaques israéliennes sur les Bases syriennes où les forces russes sont présentes.

Au cours de ce raid, le système anti-missile avancé Arrow d’Israël a fait sa première apparition opérationnelle. Les Chefs de Tsahal redoutaient que les missiles anti-aériens syriens tirés contre les avions de combat israéliens puissent tomber sur des localités peuplées à l’intérieur du territoire israélien et ils ont ainsi décidé d’intercepter les projectiles entrants.

Les experts militaires israéliens ont déclenché une controverse interne, qui durera  probablement des années, pour savoir si cette première apparition du Hetz (ou Arrow 3), dans cette situation, était un bon ou un mauvais geste à faire d’emblée. Cependant, le boom assourdissant de cette arme que Tsahal souhaitait infliger à des millions d’oreilles israéliennes, à l’intérieur d’un rayon de puls de 150 kms, depuis la Vallée du Jourdain jusqu’à la Méditerranée, a offert un petit aperçu de la façon dont ce serait bien pire en cas de conflit d’envergure totale.

DEBKAfile Reportage Exclusif 18  Mars 2017, 10:14 PM (IDT)

Adaptation : Marc Brzustowski

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