Daesh encercle la Base T4 russo-syrienne
La coalition russo-syrienne a subi sa pire défaite contre Daesh, lundi 12 décembre, alors que Daesh s’est emparé de secteurs entiers de la base aérienne T4 syro-russe, mais surtout de la ville de Palmyre et de ses puits de pétrole, pillant sans vergogne une grosse quantité de missiles russes.
Selon des sources proches du régime Assad, cette reconquête des environs de Palmyre aurait été facilitée par la corruption des troupes chargées de surveiller les puits de pétrole : un chef important des fameuses milices des Forces de Défense syriennes, formées par les Gardiens de la Révolution Iranienne, se serait fait graisser la patte pour regarder dans l’autre direction, pendant l’infiltration des forces djihadistes sur les champs de pétrole proches de la ville.
Les officiers russes stationnés à Palmyre auraient fui la ville quatre jours auparavant en constatant la rapidité avec laquelle les cellules de Daesh métastasaient dans le secteur et avançaient rapidement. Les Russes abandonnant leur poste, auraient été suivis, peu de temps après, par l’armée régulière d’Assad et ses milices.
Une partie des Spetsnaz russes présents dans la région aurait été dépêchée, il y a quelques temps sur Alep. Ce qui confirmerait que plusieurs centaines de commandos russes ont pris part aux combats terrestres à Alep, laissant derrière eux une défense aléatoire d’autres sites, comme la région de Palmyre. Les autres personnels militaires russes ont rapidement abandonné la partie, entraînant derrière eux les brigades syriennes, iraniennes et chiites afghano-pakistanaises, face aux terroristes de Daesh pourtant en nombre inférieur.


L’Agence de propagande du groupe terroriste Daesh, Amaq, a publié une vidéo montrant un campement de résidence de l’armée russe àPalmyre. Les séquences montrent les trophées des terroristes- une vaste quantité d’armes (des mitrailleuses lourdes montées sur pick-up, des Kalachnikov de différents types, des lanceurs de roquettes antitanks, des munitions et missiles et du matériel militaire lourd). Toutes ces pièces abandonnées indiquent bien que les soldats russes ont fui en pleine panique, au beau milieu des combats, ce cantonnement (on peut apercevoir un peu d’équipement endommagé, des repas de haricots rouges, servis juste avant que les Russes ne s’enfuient).
Ce cantonnement de l’Armée russe était situé à l’ouest de Palmyre, près de l’ancien hippodrome et de la montagne du Djebel Kasyun (on peut apercevoir le Château musulman Qala’at ibn Maan sur la vidéo). Une bataille féroce se serait déroulée durant deux heures dans le secteur de la montagne et de l’hippodrome. Cependant, cette position n’a pu être tenue, les soldats russes ont battu en retraite, suivis par les soldats Syriens qui dépendent entièrement de la puissance russe.
Pour des raisons inconnues, le commandement militaire russe n’a pas détruit les armes et les munitions abandonnées, préférant les laisser piller par Daesh, alors que l’armada russe bombarde l’ensemble du territoire depuis bientôt un an et demi. Le premier réflexe de n’importe quel chef militaire un tant soit peu conscient serait de détruire totalement les équipements abandonnés : la technique dite de la « terre brûlée » appliquée avec tant d’exhaustivité contre Napoléon ou Hitler…
Pourquoi Poutine ne combat-il pas Daesh, quand il en a l’occasion? Toute la démonstration de force de Poutine, depuis septembre 2015, consiste à prouver que lui, -à la grande différence d’Obama, qui a annoncé le retrait total des soldats américains pour décembre 2011, semblant lâcher les « alliés » irakiens à l’époque,- tiendrait parole et ne lâcherait rien du territoire reconquis sur les groupes rebelles et/.ou terroristes. Or, bombardant Alep jusqu’au dernier carré et incapable de faire face aux vrais terroristes, il exhibe plutôt le fond de sa pensée stratégique : on peut cohabiter ou céder devant le terrorisme, tant qu’on peut accuser l’Occident d’en être responsable et de l’avoir fondé, armé : en réalité, il ne fait pas mieux, mais OTAN. Qui dit qu’un homme averti en vaut deux?
« Assad n’en n’a rien à faire de Palmyre. Il veut Alep, la deuxième grande ville de Syrie par ordre d’importance », pense Pinhas Inbari, analyste politique du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, contacté mardi par téléphone.
« La chute foudroyante de Palmyre démontre que Daesh maintient de hautes capacités de commandement et de contrôle et des ressources majeures pour ses opérations, même s’il doit assurer la défense de Mossoul, en Irak, de raqqa et Al-Bab en Syrie », commentait L’Institut d’Etude de la Guerre, mardi.
« Reprendre Palmyre s’incrit dans les cibles de la guerre psychologique menée par Daesh », souligne le reporter de guerre Saad Salah Khalis à l’attention du Washington Free Beacon mardi.
Par ailleurs, la reprise de Palmyre permet à Daesh de remettre la main sur la manne pétrolière des puits qui entourent la région, alors que beaucoup des ressources en hydrocarbure dont il s’était emparé ont fondu sous les frappes de la coalition contre les puits et contre les convois, transitant par la Turquie. L’un des principaux pénalisés de ce hold-up énergétique restera Bahar Al Assad qui a longtemps négocié ses achats de pétrole au groupe terroriste, contre la signature tacite d’un pacte de non-agression avec Daesh.

Les forces de l’Etat Islamique ont poussé leur offensive toujours plus loin, afin de reprendre la ville centrale syrienne de Palmyre, lundi 12 décembre. Dans la soirée, ils sont entrés dans l’énorme base aérienne russo-syrienne T4, à l’extérieur de la ville, dégageant ainsi des quantités substantielles d’armement russe. Selon les sources militaires contactées par Debkafile, le butin que Daesh peut en retirer comprend différents types de missiles sol-sol, ainsi que des roquettes anti-tanks et anti-aériennes.
Selon Amro al-Hussein, un journaliste-militant kurde, Daesh “a détruit, lundi, au moins trois avions de combat de fabrication russe et s’est rapidement emparé de certaines zones de la base, après des accrochages féroces contre l’armée syrienne ».
A Palmyre même, ce sont des dizaines de soldats syriens et leurs « conseillers » russes qui ont été décimés à coups de mortiers et d’artillerie lourde, avant que la glorieuse armée d’Assad -qui, d’après les témoignages concordants, brûle vivants des civils à Alep– ne décampe, en débandade complète. Un nombre incalculable des soldats syriens a été fait prisonniers, selon les standards de Daesh.

Les forces russes gérant la base ont été évacuées précipitamment de Palmyre et de la base T-4, après la pire défaite de l’armée russe jamais subie face à Daesh en Syrie. Les cercles militaires à Moscou ont commenté d’un ton sinistre que l’armée russe avait subi « un déshonneur (affront) majeur » à Palmyre.
Le Général Yuri Baluyesky, ancien Chef d’Etat-Major, en particulier, a déclaré que la perte de Palmyre est un grave revers qui porte atteinte au « Prestige » à la fois de l’armée russe et de l’armée syrienne. Il a ajouté que ce n’est de venu possible qu’à cause des erreurs de planification commises par les commandants locaux et des conseillers militaires russes.

Gen. Yuri Baluyevsky
Selon nos sources , de longs convois de djihadistes de Daesh appuyés par des tanks se sont emparés du butin de l’armée syrienne, en forçant d’abord la 11ème Division de Tanks à abandonner le carrefour stratégique de jhar. Après cela,la route était libre pour que les colonnes de djihadistes atteigne la Base T-4.


A en juger par l’éruption de reportages affirmant les progrès de l’armée américano-irakienne dans l’offensive de Mossoul contre Daesh et sur le nouvel envoi de forces spéciales américaines supplémentaires postées en Syrie en vue d’une opération américano-kurde imminente pour conquérir Raqqa, le bastion syrien de Daesh, l’Etat Islamique devrait sérieusement être sur le repli et assiégé et bientôt finalement vaincu – ou au moins en fuite.
Mais les faits racontent un autre récit. Daesh est, au contraire, à l’offensive -jusqu’à présent au Moyen-Orient. Tout au long du week-end, les terroristes islamistes sont responsables de dizaines de morts et de blessés par centaines.
Dimanche 11 décembre, au moins 25 personnes, en pèlerinage à l’Eglise Copte St Pierre et Saint Paul, à proximité de la cathédrale St Mark du Caire, ont été tuées et de trsè nombreuses blessées. Le Pape Copte dirige souvent la prière à cet endroit.
Les sources du contre-terrorisme de Debkafile révèlent que l’attentat a été commis par des terroristes islamistes provenant de Raqqa, qui attendaient leur heure pour frapper la capitale égyptienne. Samedi, six hommes de troupe égyptiens ont été tués par une autre bombe islamiste près des pyramides de Gizeh.
Le même jour, les combattants de Daesh ont accompli une percée dans la ville syrienne antique de Palmyre, neuf mois après en avoir été (théoriquement) chassés.
Le bastion terroriste de Raqqa est clairement bien vivace et envoie des coups de pied sur plus d’un front. Un certain nombre de facteurs contributifs permettent à l’Etat Islamique de déclencher une nouvelle vague de terreur.
1. Les menées kurdo-irako-américaines sont partiellement paralysées et ne parviennent pas à chasser Daesh de Mossoul ni à étouffer la liberté de mouvement des djihadistes entre Mossoul et Raqqa, leur bastion syrien.
Le Secrétaire à la Défense américaine, Ashton Carter, qui est arrivé à Bagdad dimanche 11 décembre, a été missionné par l’Administration Obama, pour produire un dernier effort afin de réactiver la campagne de Mossoul. Ses chances de succès sont très maigres. La coalition militaire qui a lancé cette campagne, il y a deux mois, a perdu un élément vital, les Peshmergas kurdes, qui ont fait marche arrière, il y a trois semaines. Les unités de l’armée irakienne qui ont repris un certain nombre de faubourgs de la ville ont été stoppées net quand elles ont atteint les lignes de défense les plus solides mises en place par l’Etat Islamique et elles ont été quasiment incapables de raliser une percée significative, même avec le soutien aérien américain.
Le front irako-chiite pro-iranien qui a entrepris de s’emparer de Tel Afar, dans le but de réduire les liens de Daesh reliant l’Irak à la Syrie, reste parqué à l’extérieur de la ville, après avoir été mis en garde par la Turquie de ne pas mettre un pied dans la ville.
S’ajoutant à ces revers, le CENTCOM américain qui dirige la guerre aérienne en Irak est à couteaux tirés avec le commandement des forces aériennes irakiennes, qui a pratiquement fait atterrir tous les avions de chasse irakiens.
Même si Carter pouvait agiter une baguette magique et résoudre tous ces problèmes, l’élan les grands espoirs qui ont déclenché la campagne de Mossoul quand elle a démarré, sont maintenant retombés et peuvent difficilement être relancés avant que Barack Obama ne quitte la Maison Blanche.
Au moins deux conseillers à la sécurité du Président entrant Donald Trump – le Secrétaire à la Défense, le Général James Mattis et le Conseiller à la sécurité Nationale, le Général Michaël Flynn -ont critiqué cette opération dans sa forme actuelle.
2. Ce qui se produit à Raqqa n’est pas conforme à ce qu’on désigne habituellement par « offensive ». Tout au plus, quelques groupes kurdes et rebelles syriens ralliés montent des raids sporadiques contre les djihadistes de Daesh dans les faubourgs de la ville, avec le soutien de l’Administration Obama. Nos experts militaires disent que Raqqa ne peut être prise aux terroristes islamistes par des moyens conventionnels – principalement parce qu’elle s’étend sur une vaste zone de désert essentiellement vide. Daesh a tiré avantage de ce terrain pour disperser des noyaux durs de défenseurs à travers toute une large zone s’étalant sur des centaines de kilomètres, du nord à l’Est de la Syrie jusqu’aux rives venteuses fortement envahies par la végétation du Fleuve de l’Euphrate.
Donc, quand Ah Carter a annoncé samedi qu’il enverra 200 membres supplémentaires des forces spéciales en Syrie pour se joindre aux combats dans la bataille de Raqqa, il n’avait aucune intuition que lui, les Russes et les Syriens étaient sur le point d’être pris au dépourvu par une nouvelle initiative de Daesh pour tenter de réoccuper Palmyre, la ville syrienne antique dont le groupe terroriste a été chassé en mars.
C’était enfoncer le doigt dans l’oeil du Président russe Vladimir Poutine, qui avait proclamé haut et fort que la reprise de Palmyre des mains de Daesh était le coup marquant pour l’armée russe dans cette guerre contre le terrorisme islamiste. .
3. Il pourrait bien compatir avec le Président égyptien Abdel-Fattah El Sissi. Depuis deux ans, les forces armées égyptiennes mènent une guerre sans merci pour écraser les groupuscules de Daesh infestant la Péninsule du Sinaï. Les djihadistes parviennent à constamment échapper à la répression avec l’aide des tribus bédouines qui les soutiennent.
Toutes les périodes à quelques mois de distance, les djihadistes posent une réelle menace à la stabilité du régime El Sissi en frappant à l’intérieur même de la ville du Caire, la Capitale, par de nouvelles atrocités terroristes, dans lesquelles ils reçoivent l’aide des Frères Musulmans clandestins et des extrémistes palestiniens du Hamas, la Bande de Gaza.
L’attentat à la bombe de l’église copte, samedi, était, de manière inhabituelle, le travail de djihadistes déployés depuis Raqqa, en Syrie. L’Egypte a réagi en plaçant des gardes supplémentaires les lieux saints chrétiens et en déclarant trois jours de deuil national pour cet attentat à la bombe désastreux contre la plus grande minorité d’Egypte.
Ces nouvelles percées islamistes ressemblent furieusement au démarrage de la campagne de terreur des festivités de Hanoukah-Noël et Nouvel An que l’Etat Islamiste a menacé de lancer au Moyen-Orient et bien au-delà. Les services de sécurité des Etats-Unis et d’Europe sont placés en Alerte maximale, en se fondant sur la quasi-certitude que des djihadistes sur le retour sont programmés pour frapper dans leurs pays d’origine.
Alors que les forces gouvernmentales déploient des renforts et se préparent pour une tentative de reconquête de la ville antique de Palmyre, les djihadistes de Daesh réalisent leur poussée dans tout le secteur.
Des reportages ot été publiés montrant que les détachements d’avant-garde de Daesh prennent par le flanc l’armée syrienne et les Forces de Défense Nationales, le long de l’autoroute Homs-Palmyre.
C’est une tactique assez habituelle dan les méthodes de guerre mobile. Le but de l’opération est de détruire les renforts logistiques des forces du régime dans le secteur et de battre à plat couture l’armée et les unités des FDN une par une.
On savait que si les forces russes et celles du régime Assad ne repoussaient pas ces tentatives de Daesh, elles allaient être poussées à battre en retraite au moins vers les zones ouest de la base aérienne de Tiyas (ou T4). Elles n’ont, ensuite, pas eu d’autre choix : les forces russes gérant la base ont été évacuées précipitamment de Palmyre et de la base T-4, après la pire défaite de l’armée russe jamais subie face à Daesh en Syrie. Les cercles militaires à Moscou ont commenté d’un ton sinistre que l’armée russe avait subi « un déshonneur (affront) majeur » à Palmyre.
Voici du matériel lourd de l’armée syrienne d’Assad, une fois de plus, saisi par Daesh près de Palmyre, comme lors de la prise de Mossoul en juin 2014, pillant les stocks de l’armée irakienne :












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