Comment le café a marqué l’histoire des sociétés juives..

Comment le café a marqué l’histoire des sociétés juives..

Produit connu dans  le monde, art de vivre dans de nombreuses sociétés: comment ne pas raconter l’histoire du café, une boisson unique, qui a transformé la société juive et dont le statut est passé d’une interdiction totale à une dépendance totale.

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Le café est la boisson favorite du monde arabe, c’est à partir des villes saintes de l’Islam, La Mecque et Médine que se propage le café. L’alcool étant interdit, cette boisson est servie en médecine.

Le café se répand comme la poudre à travers l’Europe de la Renaissance grâce aux marchands vénitiens en 1615-1616 au moment où les Juifs commencent à être accueillis dans certaines sociétés européennes. A Venise est créé le premier ghetto juif .On conseille au pape Clément VIII d’interdire le café car il représente une menace d’infidèles.
Le café a d’abord été une boisson pour les riches et, en effet, il a été le champion dans la première société des riches marchands juifs qui tentaient d’imiter leurs pairs.

À l’époque, le café était connu comme une boisson au goût infect mais avec des effets stimulants importants. Mais cela faisait déjà un bon bout de temps que les juifs yéménites le goûtaient depuis que les Éthiopiens avaient importés les effets stimulants des baies de caféiers.

La boisson a immédiatement pris chez les Séfarades comme substitut social de l’alcool, interdit en terre d’Islam pouvant garder les juifs pieux éveillés pendant leurs prières du soir.

« On ne peut pas atteindre une présence d’esprit sans l’aide de café », a d’ailleurs écrit le rabbin séfarade italien Ezéchias da Silva à la fin des années 1600.

Il faut quand même relever que c’est un Juif qui a ouvert le premier café en Italie: patrie du cappucino, latte et expresso!

La propagation de la boisson a été suivie d’une immense diffusion de la culture du caféier. Dès la fin du 17e siècle, on a réussi à cultiver des caféiers dans des serres. L’une de ces plantes fut offerte à Louis XIV en 1714 à Paris. Cette plante est considérée comme l’ancêtre de millions de caféiers.

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Par contre, côté ashkénaze, le rabbin Judah Leib Nardin de Londres avait interdit le café en disant que de la graisse de viande était parfois ajoutée à la boisson. Le mot hébreu pour la graisse animale « helev » a longtemps jeté un soupçon sur le lait « halav » mais le Rabbi Nardin a insisté en disant qu’il avait vu de la viande versée dans le café.

En 1650, un juif libanais connu sous le nom de « Jacob le Juif » a fondé le premier café anglais à Oxford. Il existe donc une collection de responsa juive, le Shvut Yaakov de 1670-1733 qui traite du café en demandant si un Juif pouvait boire le café infusé par un Gentil le jour du sabbat (la réponse fut non! ) ou si le café à base de graines était considéré comme des légumineuses et donc interdits à Pessah.

La culture de café est ensuite devenu un incubateur pour l’intelligentsia juive: des sommités comme l’écrivain Stefan Zweig, le psychologue Alfred Adler ou le jeune journaliste et dramaturge Theodor Herzl étaient parmi ceux qui sirotaient un café à Vienne: «une sorte de club démocratique, ouvert à tout le monde pour le prix d’une tasse de café pas cher, où chaque client pouvait passer des heures à parler, écrire, jouer aux cartes et surtout consommer un nombre illimité de journaux et de revues « .

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Au début du 20e siècle, le Brésil est devenu le plus grand producteur de café au monde. Aujourd’hui, presque toute la production de café provient d’Amérique Centrale, du Brésil et des zones tropicales d’Amérique du sud. La production mondiale de café atteint environ 150 millions de sacs par an. Le Brésil concentre plus d’1/3 de ce volume, ce qui le place au premier rang en la matière.

La torréfaction du café à la maison a été remplacée définitivement par le produit fini industriel. En 1901, le Japonais Dr. Sartori Kato a présenté la première poudre de café soluble. En 1938, la société Nestlé a jeté les fondements de la distribution commerciale du café soluble (café instantané). La demande de café a fait de la matière première le deuxième produit commercial le plus important après les produits pétroliers.

Au cours des dernières décennies, la culture du café a été réinventée par l’omniprésent Starbucks américain, créé en 1987 par Howard Schultz, un Juif né à Brooklyn. Fait intéressant, Israël où le café est également roi a résisté aux Starbucks.

Même avant la fondation de l’État, Israël a toujours eu une addiction pour le café ottoman; les membres des forces de la Haganah se réunissaient souvent au Café Atara de Jérusalem, un repaire des intellectuels, des politiciens et d’officiers sionistes.

Selon le Talmud (Eruvin 65b), Rabbi Ilaï lance habilement: «Une personne se reconnait par trois choses: sa coupe, sa poche, et sa colère (“koso, kiso, and ka’aso.)” Or, chez les israéliens, quatre tasses de café sont souvent plus fréquents et appréciés que quatre coupes de vin à Pessah!

Un israélien peut boire presque deux fois plus de café que les Américains! Les israéliens boivent en moyenne plus de 100 litres de café par an, soit près du double de la consommation par habitant aux Etat Unis. Ce breuvage est donc essentiel si l’on veut relever les défis de la vie quotidienne d’olé hadash et si on veut faire partie intégrante de la société israélienne!

By Reuven Emunah

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