Bras de fer entre le ministre de la Défense et le chef de Tsahal

Israël Katz, ministre de la Défense, a récemment tenté d’imposer son autorité en appelant publiquement au renvoi du procureur général militaire de Tsahal. Toutefois, cette initiative a provoqué une réaction immédiate et ferme du nouveau chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, marquant ainsi un tournant décisif dans les relations entre les deux hommes.

Depuis son accession à ce poste, Katz a su imposer ses choix, notamment en obtenant la démission rapide de l’ancien chef de Tsahal, Herzi Halevi. Il a également réussi à rendre publics les rapports internes de l’armée sur les événements du 7 octobre, un geste qui a permis au Premier ministre Benjamin Netanyahu de détourner une partie des critiques vers l’institution militaire et le Shin Bet. Ces actions ont renforcé son influence au sein du gouvernement et consolidé sa réputation de stratège politique.

Cependant, la situation a radicalement changé avec la nomination de Zamir. Contrairement à Halevi, dont la légitimité avait été fragilisée par l’attaque du Hamas, Zamir jouit d’une popularité indéniable et d’un soutien important au sein de l’armée et du gouvernement. Choisi personnellement par Netanyahu, il incarne une figure militaire respectée et inébranlable. Ce soutien a permis à Zamir de s’opposer frontalement à Katz, sans craindre de répercussions immédiates.

L’origine du différend entre les deux hommes repose sur la tentative de Katz de restructurer la division juridique de Tsahal et d’évincer le procureur général militaire, la général de division Yifat Tomer Yerushalmi. Cette manœuvre s’inscrit dans un plan plus vaste visant à affaiblir les institutions judiciaires susceptibles de gêner l’exécutif. Pourtant, cette offensive s’est heurtée à un mur lorsque Zamir a publiquement exprimé son désaccord, rejetant toute ingérence politique dans les enquêtes militaires en cours.

Zamir, bien que perçu comme proche du gouvernement, a démontré qu’il n’entendait pas être instrumentalisé dans des règlements de comptes internes. Son opposition à Katz repose notamment sur la nécessité de préserver l’indépendance de la justice militaire, un élément clé pour la crédibilité de Tsahal, tant en Israël qu’à l’international. Un affaiblissement du procureur général militaire pourrait exposer davantage les officiers israéliens aux enquêtes de la Cour pénale internationale (CPI), un risque que ni Zamir ni l’armée ne peuvent se permettre.

Cette confrontation a laissé Katz dans une position délicate. Habitué à imposer ses décisions sans réelle opposition, il doit désormais composer avec un chef d’état-major dont l’autorité est solidement établie. Pour l’instant, il a été contraint de reculer, évitant une crise institutionnelle ouverte. Toutefois, cette rivalité pourrait resurgir à l’avenir, notamment si le gouvernement poursuit ses efforts pour modifier l’équilibre des pouvoirs au sein de l’armée et du système judiciaire.

Dans ce contexte, le rôle de Zamir devient crucial. Son influence et sa fermeté assurent une certaine stabilité au sein de Tsahal, notamment face aux défis sécuritaires et diplomatiques auxquels Israël est confronté. Sa position en faveur d’une armée autonome et respectée sur la scène internationale renforce la crédibilité d’Israël dans la gestion des conflits et des pressions extérieures. Pour Netanyahu, maintenir cet équilibre entre l’exécutif et l’armée est essentiel pour préserver la cohésion nationale et la légitimité des actions militaires israéliennes.

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Nicole

Si Yifat Tomer est à ce point préoccupée par les juridictions internationales alors qu’elle aille travailler à la CPI et pas en Israël. Son excès de zèle révèle de l’orgueil mal placé et il serait peut-être bon de la démettre de ses fonctions.

Franck DEBANNER

D’accord avec KATS. L’orientation judiciaire doit aller dans le sens du gouvernement. Le ministre et le chef d’état-major doivent s’arranger discrètement. Les gauchistes doivent être mis hors d’état de nuire. Et hélas, il tiennent la justice militaire.

Yéochoua

Cette Yfat Tomer a retardé l’intervention de Tsahal le 7 octobre, en envoyant 100 juristes ultra politisés à la Kirya et dans d’autres bases militaires, pour s’assurer qu’aucune démarche ne contredise le prétendu droit international. Elle considère qu’on aurait des comptes à rendre à la Cpi. Tant que Winter Ofer ne sera pas réintégré au sein de l’armée, il sera permis de douter de la pertinence du choix de Netanyahou.