Authors Posts by Solange Hendi

Solange Hendi

1398 POSTS 3 commentaires

Attentat de Manchester Arena : et si on parlait vrai ?
de Mohamed Louizi
Le temps que l’émotion retombe, bien des médias sont à l’affût du moindre détail, parfois insignifiant, pour saturer l’info en continu et surtout ne rien dire. Dernière trouvaille : le kamikaze libyen de Manchester Arena, Salman Abedi, aurait agi par «vengeance»[1], dit-on. Une autre manière, pour ces faiseurs d’opinion d’expliquer, pour ne pas dire de justifier, un geste abominable.

Pis, entre les lignes, on est invité à considérer le terroriste comme étant une victime du ressentiment. Et ses victimes, comme étant ses bourreaux par similarité à d’autres. Le kamikaze n’aurait fait que se venger, par frustration, par injustice, au nom «d’un ami poignardé», disent certains, au nom des enfants palestiniens et syriens bombardés, disent d’autres.

Il s’agit là d’un même schéma de fuite en arrière, visant à ne toujours pas nommer le mal et à justifier la terreur islamiste par le passionnel.


Le kamikaze n’aurait fait que se venger, par frustration, par injustice, au nom «d’un ami poignardé», disent certains, au nom des enfants palestiniens et syriens bombardés, disent d’autres.
Il s’agit là d’un même schéma de fuite en arrière, visant à ne toujours pas nommer le mal et à justifier la terreur islamiste par le passionnel.

Pour se consoler, titre Le Point, Manchester trouve « du réconfort dans son patrimoine musical ».

Dansons sur les cadavres, diraient les mauvaises langues. Chantons avec The Smiths «There is a light that nerver goes out» : «[il y a] une lumière [qui] ne s’éteint jamais»[2], même si le Cosmos dément cette affirmation joliment poétique. Car bien des étoiles, longtemps lumineuses et brillantes, se sont éteintes définitivement et sont absorbées par de géants trous noirs. A l’échelle des humains et de leurs organisations sociétales, surtout en Occident, il paraît plus facile désormais d’éteindre les Lumières que de chasser l’obscurantisme. L’Angleterre en sait quelque chose !

Et si on parlait vrai ? Car bien des informations capitales, ô combien dérangeantes, sont volontairement tues. Une certaine bienpensance médiatique semble avoir éteint définitivement ses phares, et préfère reculer, éclairée par ses seuls feux de marche arrière. Une façon d’aller à contresens du courage, de l’honnêteté et de la vérité.

Si par lâcheté intellectuelle, on devait considérer Salman Abedi comme étant une «victime», il n’est certainement pas la «victime» de ses victimes : ces dizaines de morts et de blessés innocents, enfants, jeunes adultes et parents.

Il serait la victime de ses propres idées et surtout de son entourage jihadiste le plus immédiat : en l’occurrence, son père géniteur et son père idéologique : tous les deux frères musulmans jihadistes !

1- Salman Abedi, le fils de son père :

D’abord, le kamikaze est le fils légitime du jihadiste Ramadan Abedi, alias Abou al-Qassim.

Le père fut membre des forces de sécurité du régime de Mouammar Kadhafi, avant de déserter son poste au début des années 1990, pour rejoindre la branche de Tripoli du GICL[3] (Groupe islamique combattant en Libye), proche d’Al-Qaïda, qui tentait de renverser par la violence jihadiste le régime libyen[4].

Ses frères ont été capturés. Lui a réussi à s’enfuir avec sa famille pour s’installer à Manchester. Son nom apparaît sur la liste noire des personnes classées «terroristes» par le régime de Kadhafi[5]. Après le déclenchement de la rébellion libyenne, le 17 février 2011, ce fameux «jeudi de la colère», Ramadan Abedi avait rejoint les groupes jihadistes pour combattre à nouveau les forces du régime dans les montagnes libyennes[6].

Des informations, à confirmer, pointent de possibles connexions entre, d’un côté, Ramadan Abedi et ses frères jihadistes libyens, et de l’autre côté, les services de renseignements britanniques : MI6 (Military Intelligence section 6).

Par ailleurs, suite à l’attentat de Manchester Aréna, le gouvernement provisoire libyen – l’un des trois gouvernements en exercice après la chute de Kadhafi[7] – avait publié un communiqué condamnant l’attentat et rappelant aux britanniques leur « responsabilité » d’avoir soutenu, par le passé, le GICL jihadiste et d’avoir laissé prospérer, au sein de la jeunesse britannique et européenne, l’idéologie extrémiste mortifère des Frères musulmans[8].

2- Mustafa Graf, l’imam jihadiste :

Toutefois, en plus de l’exemple donné par le jihadisme de son père légitime, c’est au sein même de Manchester que le kamikaze a reçu un endoctrinement idéologique jihadiste, théorique et pratique, par l’exemple aussi, de la part, cette fois-ci, d’un autre frère musulman libyen, Mustafa Abdullah Khalifa Graf (مصطفى عبد الله خليفة قراف), de son nom complet, qui n’est autre que l’imam de la mosquée de Didsbury : l’un des fiefs des Frères musulmans à Manchester.

Mustafa Graf est aussi libyen. Il est membre de l’UISM (Union internationale des savants musulmans), présidée par l’islamiste égypto-qatari : Youssef al-Qaradawi[9].

Dans une vidéo en arabe[10] -visiblement pas très exploitée pour l’instant : moins de 190 vues depuis 2012!- Mustafa Graf, natif en 1970, explique comment il a quitté la Libye en 1991, pour aller en Arabie Saoudite, puis au Pakistan, puis vers d’autres destinations dont il n’a pas précisé les noms (!), et rejoindre enfin Manchester, dès 1993.

S’agirait-il d’un parcours d’initiation au salafisme et au jihadisme dans des camps d’entraînement ? La question mérite d’être posée.

Passant des détails relatifs à l’époque dite de réconciliation entre le régime de Kadhafi et les islamistes, dans les années 2000 — lorsqu’un processus de «déradicalisation» fut tenté par les services de Kadhafi — l’actuel imam du centre MICDM (Manchester Islamic Centre and Didsbury Mosque)[11] a expliqué, tranquillement, comment après le 17 février 2011, il s’est réuni avec des frères de Manchester, dont de nombreux médecins et cadres, pour réfléchir à la façon d’aider la rébellion jihadiste. Ils ont collecté une bonne somme d’argent et ont décidé d’équiper la rébellion de moyens de télécommunication. Mustafa Graf décida alors de rejoindre le front jihadiste, situé au niveau de la ville de Zaouïa, à moins de 130 km de la frontière avec la Tunisie.

L’imam explique avoir transité, le 25 février 2011, par l’aéroport de Tunis, muni d’un passeport britannique, transportant dans ses bagages les appareils de télécommunication. Il fut rejoint par ses frères libyens à Djerba en Tunisie.

Ceux-là ont dissimulé ces appareils dans une voiture et sont rentrés dans le territoire libyen par le poste de Rasigdir, séparément, pour éviter tout soupçon. Il dit avoir servi la rébellion jihadiste dans ce fief jusqu’à la mort de leur commandant, l’ex-général de l’armée libyenne Hussein Darbouk, tué par les forces de Kadhafi en mars 2011[12]. La ville de Zaouïa étant à l’occasion reprise par les forces de Kadhafi, l’imam jihadiste dit l’avoir quitté, avec d’autres troupes, pour s’installer dans des fermes aux alentours. Dans un autre enregistrement vidéo de la chaîne qatarie al-Jazeera, on l’aperçoit en tenue militaire sur le terrain des combats[13]. Lui et d’autres combattants ont décidé de quitter la Libye et de rejoindre la Tunisie. Le 16 mars 2011, il fut capturé à la frontière de Rasigdir et écroué à la prison d’Aïn Zara, durant trois mois, où il dit avoir été torturé. Dans deux autres vidéos, en arabe, il a montré sa cellule de prison[14] avec un brin de fierté !

Dès son retour à Manchester, il a repris sa fonction d’imam à la mosquée de Didsbury, là où le kamikaze et sa famille avaient leurs habitudes et leurs fonctions aussi. Il est à noter que la version de son départ vers la Libye, qu’il a expliqué en arabe dans la vidéo susmentionnée, n’est pas tout à fait la même que celle communiquée, à son atterrissage à Manchester le 9 octobre 2011, au journal anglais Manchester Evening News[15]. L’imam Mustafa Graf expliqua à ce journal qu’il «était allé en Libye en février pour rendre visite aux membres de sa famille»[16], et non pas pour livrer l’aide logistique aux jihadistes. Quant à la cause de son arrestation, sa version diverge aussi. Au journal, il a donné une autre raison et dit avoir été capturé parce qu’il tentait de «sortir sa maman, Ruqia, âgée de 80 ans, du territoire libyen»[17]. Ça passe mieux comme ça. Comme quoi, la même excursion jihadiste, certainement au vu et au su des services britanniques, mais deux versions différentes, selon le destinataire : un classique du double-discours. Son nom apparaît lui aussi sur la liste noire des personnes classées «terroristes» par le régime de Kadhafi[18] !

3- La mosquée de Didsbury, un fief frérosalafiste :

A son retour, à la mosquée de Didsbury, il a continué à prêcher, mélangeant politique et religion, comme si de rien n’était, en évoquant souvent le conflit libyen[19] selon le prisme frérosalafiste.

Son activisme en faveur de cette cause l’emmena à créer des collectifs de soutien aux victimes de la torture, aux prisonniers jihadistes, ainsi qu’aux dix cadres frères musulmans, arrêtés en août 2014, par les autorités des Emirats-Arabes-Unis, au motif qu’ils finançaient le terrorisme islamiste[20].

Il lança des appels à manifester pour soutenir ses frères jihadistes, depuis Manchester. Le 5 mai 2015, il lança un appel à manifester «pour contester les actions de l’émissaire de l’ONU en Libye et pour soutenir les rebelles aux fronts»[21]. Il a multiplié les apparitions médiatiques en marge de son activisme pro-frériste[22]-[23].

En septembre 2015, il organisa une manifestation devant l’Ambassade des Emirats-Arabes-Unis à Londres, en soutien aux frères musulmans emprisonnés par l’EAU, et pour dénoncer le supposé rôle de ce pays dans le conflit libyen.

Quant à l’ingérence qatarie effective et ostentatoire, elle ne semble pas le déranger pour autant. Dans l’une de ces manifestations, un jeune homme, portant un T-shirt rouge, ressemblant à tout point au Kamikaze Salman Abedi, tenait un panneau avec des photos des frères musulmans emprisonnés par Abou Dhabi !

Naturellement, suite à l’attentat du lundi dernier, il a publié un post pour condamner l’attentat et pour dire, avec une hypocrisie qui crève les yeux, je cite : «All those responsible for senselessly destroying the lives of innocent people do not deserve to live in our community and should be behind bars»[24].

On peut se demander légitimement si lui-même ne devait pas être, au moins, derrière les barreaux. N’est-il pas responsable de la radicalisation islamiste de Salman Abedi ? N’a-t-il pas avoué avoir financé les jihadistes et combattu à leurs côtés ? N’a-t-il pas reçu et tendu le microphone de sa mosquée, à plusieurs reprises, aux prédicateurs frérosalafistes internationaux[25], y compris aux plus extrémistes parmi eux, comme le jihadiste saoudien Saad Labrik[26], très connu pour ses appels au jihad armé, à l’adresse des jeunes[27].

Les responsables de la mosquée de Didsbury, en la présence de l’imam jihadiste, avaient eux-aussi organisé une conférence de presse, certes pour condamner l’attentat, comme le veut la tradition des fréristes partout, mais surtout pour tenter d’inverser l’ordre des choses, se plaçant en victimes, en évoquant ladite « islamophobie » et aussi pour innocenter cette structure idéologique frérosalafiste de tout soupçon jihadiste. Étrangement, le président de ce centre islamique, Fawzi Haffar, avait refusé d’entrée de jeu, de répondre aux questions des journalistes[28]. Avait-il quelque chose à se reprocher ? Certainement.

4- Démanteler la nébuleuse de la mort :

La bienpensance médiatique, aux manettes de la fabrique de l’opinion, ferait mieux d’examiner tous ces éléments factuels et vérifiables à la source.

Choisir un angle passionnel pour camoufler des vérités qui dérangent, alors que des victimes innocentes ont été lâchement assassinées, n’est pas à la hauteur de la situation dans laquelle sombre le monde, petit-à-petit.

Oui, l’idéologie des Frères musulmans, depuis le début, produit des violences jihadistes. Le jihadisme est le fils légitime des Frères musulmans.

Déjà en 2014/2015, la question de l’aspect extrémiste et violent des Frères musulmans était sujette à surveillance en Grande-Bretagne. Un rapport avait défrayé la chronique à ce moment et avait gêné le gouvernement de David Cameron[29]. Ce dernier avait déclaré, en décembre 2015, devant le Parlement britannique, je cite : «Both as an ideology and as a network it has been a rite of passage for some individuals and groups who have gone on to engage in violence and terrorism»[30]. Ce qui pourrait être traduit ainsi : «Tant l’idéologie que le réseau, la confrérie des Frères musulmans est un rite de passage, pour certains individus et groupes, pour s’engager ensuite sur la voie de la violence et du terrorisme» !

L’attentat commis par le réseau frériste, en trame de fond derrière le kamikaze Salman Abedi, pourrait convaincre, enfin, les britanniques à prendre des mesures efficaces contre cette nébuleuse idéologique. La revendication de l’État Islamique ne changera rien, tant le lien direct de parenté entre les Frères musulmans et l’État Islamique demeure solide. Le risque de voir d’autres frères passés à l’acte n’est pas à écarter. Car le logiciel violent est déjà installé dans bien des têtes jeunes. L’expérience égyptienne récente, depuis la chute de Morsi, le montre à celui qui en doute encore[31].

Quant à la France, elle peut continuer à refuser de voir cette réalité en face. Ne pas prendre des mesures nécessaires maintenant, pour protéger les enfants et la jeunesse, est la garantie même d’un lendemain en larmes et en sang : leçon d’histoire. La première mesure est d’abord de cesser le déni et d’engager un audit franc, désintéressé et sans détour de la situation. En même temps, il serait souhaitable d’instaurer, sans tarder, au moins une sorte de «moratoire» sur le financement public de certaines activités et projets menés par les Frères musulmans sur le sol français (associations, enseignement privé, …). D’autres mesures sont à imaginer et à mettre en œuvre au plus tôt. Tout retard, par intérêt clientéliste politicien, ou par impuissance induite par la subordination aux alliés qataris de la mouvance, coûtera très cher au faire-société ensemble et à la paix dans notre pays et ailleurs.

Pour le fin mot de cette histoire, je dirais que le jeune Salman Abedi n’a pas agi par vengeance. Dans son cas, son jihadisme, nourri et entretenu depuis le berceau, par l’idéologie frérosalafiste, est sans appel. L’on pourrait craindre que la débâcle politique des Frères musulmans en Libye ne pousse leurs frères à retourner leurs armes et explosifs contre le pays hôte qui les soutient depuis tant d’années. Un peu comme cette langue histoire entre Al-Qaïda — autre émanation des Frères musulmans — et les USA, depuis l’invasion soviétique de l’Afghanistan.

L’obscurantisme n’est pas une option d’avenir !

Notes et références :
☆☆☆☆☆☆☆☆☆☆

[1]-Lire ici : http://www.leparisien.fr/…/salman-abedi-un-jihadiste-d-orig…
[2]- Lire ici : http://www.lepoint.fr/…/manchester-trouve-du-reconfort-dans…
[3]- Lire ici : https://fr.wikipedia.org/…/Groupe_islamique_combattant_en_L…
[4]- Lire ici : http://www.lemonde.fr/…/les-islamistes-libyens-face-au-defi…
[5]- Lire en arabe ici : http://www.albayan.ae/one…/news-reports/2017-05-24-1.2957081
[6]- Lire ici : https://www.theguardian.com/…/bombers-father-fought-against…
[7]- Lire ici : http://www.la-croix.com/…/Trois-gouvernements-pour-Libye-20…
[8]- Lire ici : http://lytgov.com/بيان-الحكومة-الليبية-المؤقتة-بشأن-اله/
[9]- Lire ici : http://www.qaradawi.net/new/Articles-7452
[10]- Voir et télécharger ici avant disparition :https://www.youtube.com/watch?v=lNx3jK_iHWs
[11]- Voir ici : http://didsburymosque.com/Page.aspx?id=5&type=4
[12]- Lire ici : http://www.lemonde.fr/…/la-bataille-pour-la-libye-toujours-…
[13]- Voir ici à partir de la 3’03’’ : https://www.youtube.com/watch?v=3yhNDljDNEc
[14]- Voir ici : https://www.youtube.com/watch?v=_xhL7KdN-Ms et ici :https://www.youtube.com/watch?v=cxet3TgfP6s
[15]- Voir la vidéo de son atterrissage à l’aéroport ici :https://www.youtube.com/watch?v=A5ak3XRMGKU
[16]- Lire en anglais ici : http://www.manchestereveningnews.co.uk/…/muslim-cleric-tort…
[17]- Idem.
[18]- https://almarsad.co/…/24/تحقيق-هل-كان-مسجد-ديزبري-الذي-إرت…/
[19]- Voir ici : https://www.youtube.com/watch?v=0GXjpkpMIV0
[20]- Lire en arabe ici : http://www.alquds.co.uk/?p=213983 et ici :http://www.qudspress.com/index.php?page=show&id=11025
[21]- Voir la vidéo de la manifestation ici : https://www.youtube.com/watch?v=CkcaJ0mWqis
[22]- Voir ici : https://www.youtube.com/watch?v=B-eDTTSK8xA
[23]- Voir ici : https://www.youtube.com/watch?v=qRzZLa_xKbY
[24]- Lire ici :https://www.facebook.com/mustafagraf/posts/1894170443944656?pnref=story
[25]- Voir ici la chaîne Youtube de cette mosquée et quelques-uns parmi ses invités : https://www.youtube.com/user/DidsburyMosqueUK
[26]- Voir ici à partir de 1’04’’ : https://www.youtube.com/watch?v=XEzbguFg6NI
[27]- Voir ici : https://www.youtube.com/watch?v=nJIAa7f-J98 et écouter en arabe ici : http://audio.islamweb.net/audio/index.php…
[28]- Voir ici à partir de 11’48’’ : https://www.youtube.com/watch?v=fxVqyVM0ddE
[29]- Lire ici : http://www.lefigaro.fr/…/01003-20150317ARTFIG00368-cameron-…
[30]- Lire ici : http://www.parliament.uk/…/writ…/Commons/2015-12-17/HCWS418/
[31]- Lire ici :http://mlouizi.unblog.fr/…/jihadisme-freriste-si-vous-avez…/

L’image contient peut-être : 4 personnes, personnes debout et plein air

L’image contient peut-être : 3 personnes

L’image contient peut-être : 1 personne

L’image contient peut-être : 1 personne, texte

L’image contient peut-être : 2 personnes, barbe et texte

L’image contient peut-être : 2 personnes, texte

L’image contient peut-être : 4 personnes

L’image contient peut-être : 16 personnes, foule et texte

L’image contient peut-être : 7 personnes, personnes souriantes, texte

Aucun texte alternatif disponible.

L’image contient peut-être : 1 personne, debout et texte

L’image contient peut-être : 8 personnes, texte

L’image contient peut-être : 24 personnes, personnes souriantes

Aucun texte alternatif disponible.

Image tirée de la chaîne de télévision Nile News montrant ce qui reste du bus transportant des chrétiens après une attaque par des hommes armés, le 26 mai 2017 dans la province de Minya, en Egypte TV Grab (Nile News/AFP)
Les chrétiens ont encore été visés vendredi en Egypte où au moins 28 personnes, dont de nombreux enfants, ont été tuées par des hommes armés et masqués alors qu’elles se rendaient en bus dans un monastère copte.

Selon le ministère de l’Intérieur, les assaillants étaient à bord de trois pick-up quand ils ont attaqué le bus qui amenait les passagers au monastère de Saint-Samuel, dans la province de Minya, à plus de 200 km au sud du Caire. Ils ont ensuite pris la fuite.

Cette attaque a fait 28 morts selon le ministère de la Santé, cité par la télévision d’Etat, à laquelle un responsable de ce même ministère a par ailleurs expliqué qu’un « grand nombre » de victimes étaient des enfants.

Les hommes masqués ont ouvert le feu « à l’arme automatique », a indiqué le gouverneur de la province de Minya, Essam el-Bedawi.

Des images de la télévision d’Etat ont montré un bus criblé d’éclats de balles et aux fenêtres et pare-brise complètement détruits.

Image tirée de la chaîne de télévision Nile News montrant ce qui reste du bus transportant des chrétiens après une attaque par des hommes armés, le 26 mai 2017 dans la province de Minya, en Egypte
TV Grab (Nile News/AFP)

D’autres images circulant sur les sites des médias égyptiens ont montré des corps sans vie éparpillés dans le sable du désert autour du bus.

Cette nouvelle attaque n’a pas été revendiquée dans l’immédiat, mais elle intervient alors que la branche égyptienne du groupe jihadiste Etat islamique (EI) mène depuis plusieurs mois une campagne contre la minorité copte.

L’EI s’est engagé à multiplier les attaques contre cette communauté chrétienne, la plus importante et l’une des plus anciennes du Moyen-Orient, qui représente environ 10% des quelque 90 millions d’Egyptiens.

« Semer la discorde »

Al-Azhar, prestigieuse institution de l’islam sunnite basée au Caire, a condamné l’attaque qui a eu lieu à la veille du début du ramadan, le mois de jeûne musulman. Le grand imam Ahmed Al-Tayeb l’a qualifiée d' »inacceptable » et affirmé qu’elle visait à déstabiliser l’Egypte.

L’Eglise copte a elle appelé « à prendre des mesures pour prévenir ces incidents qui ternissent l’image de l’Egypte ».

Church bombings in December and April claimed by the Islamic State jihadist group killed dozens of Egypt’s Coptic Christians
MOHAMED EL-SHAHED (AFP/File)

Le président Abdel Fatah al-Sissi a réclamé une réunion d’urgence, ont rapporté les médias locaux.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a présenté ses condoléances au peuple égyptien après ce « terrible attentat ».

« Le terrorisme sera plus rapidement mis en échec si tous les pays s’unissent contre lui », a-t-il affirmé.

Par ailleurs, la vice-ministre des Affaires étrangères israélienne, Tzipi Hotovely a immédiatement réagi, assurant qu' »Israël condamne cette attaque contre des innocents », et a promis de « poursuivre la collaboration aux côtés de ceux qui luttent contre le terrorisme ».

Le président russe Vladimir Poutine a assuré de son côté qu’il s’agissait d' »un nouveau témoignage de la barbarie et de la cruauté du terrorisme ».

« Nul ne doit craindre pour sa vie en pratiquant sa foi », a réagi le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian sur Twitter.

Soutien du pape

Depuis six mois, l’EI a revendiqué des attentats suicide contre deux églises coptes qui ont fait 45 morts au nord du Caire début avril et une autre attaque suicide contre une église en plein coeur de la capitale (29 morts) en décembre.

Après la double attaque du jour des Rameaux, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi avait déclaré l’état d’urgence pour trois mois et accusé les djihadistes de vouloir semer la division dans le pays en s’en prenant aux minorités.

Des chrétiens coptes participent aux célébrations du Vendredi Saint, dans une église orthodoxe au Caire, le 14 avril 2017
KHALED DESOUKI (AFP)

La justice a annoncé la semaine dernière avoir déféré devant la justice militaire 48 personnes soupçonnées d’être impliquées dans les trois attaques contre des églises.

Selon le parquet, les accusés dirigeaient ou appartenaient à « deux cellules » rattachées à l’EI, au Caire et dans le sud de l’Egypte, et avaient suivi « un entraînement militaire dans des camps de l’EI, en Libye et en Syrie ».

Une branche égyptienne de l’EI sévit dans le nord de la péninsule du Sinaï où elle attaque régulièrement les forces de sécurité, notamment depuis que l’armée a destitué le président islamiste Mohamed Morsi en 2013.

Elle y a également procédé à des attaques contre des chrétiens, poussant des dizaines de familles à fuir cette région depuis janvier.

La communauté chrétienne égyptienne a reçu le mois dernier le soutien du pape catholique François qui avait plaidé au Caire pour le dialogue entre musulmans et chrétiens. Il avait rencontré le pape copte orthodoxe Tawadros II et le grand imam d’Al-Azhar et s’était rendu dans l’église visée en décembre.

 

Source : I24 News

Source : Le Monde Juif Info

Le groupe terroriste palestinien Hamas a diffusé en direct jeudi l’exécution publique de deux Palestiniens accusés d’avoir tué pour le compte d’Israël un chef militaire du mouvement islamiste.

Le 24 mars, Mazen Faqha, commandant de la branche armée du Hamas, était abattu de plusieurs balles dans la tête et dans le torse tirées à bout portant à l’aide d’un pistolet muni d’un silencieux.

Achraf Abou Leïla, 38 ans, et Hicham al-Aloul, 42 ans, ont été pendus devant 2000 personnes.

Le site Internet de l’agence de presse Gaza Now, proche du Hamas, a diffusé une vidéo Facebook Live qui aurait été filmée depuis un balcon surplombant la place où ont été exécutés les deux Palestiniens.

Faouzi Ahmed – © Le Monde Juif .info | Photo : DR

Un phénomène étonnant et perturbant que nous rapporte la rédaction de LPH INFOS, sur la base d’un article de www.yadleachim.co.il

Par Guitel Benishay

Source : LPH INFOS


L’histoire est malheureusement riche en périodes où les Chrétiens ont voulu convertir les Juifs par la force. Les récits sont glaçants mais prouvent aussi la grandeur de notre peuple qui a su rester attaché à la Torah et aux traditions.

A notre époque, cette volonté de nous pervertir n’a pas disparu. Pire encore: elle s’exprime sur notre propre terre et  »en douceur ». Finis les buchers de l’Inquisition, les épées des Croisés ou les exécutions de ceux qui refusaient de se laisser embarquer. On cherche désormais à séduire.

Parmi ses importantes missions, l’association Yad Leahim agit quotidiennement sur le terrain pour empêcher les missionnaires d’en gagner. LPH a enquêté auprès d’elle sur un phénomène qui menace notre peuple et notre Torah sur notre terre.

Qui sont les missionnaires?

Détrompez-vous, les missionnaires ne sont pas si faciles à identifier ou à démasquer. En effet, le Rav Shmouel Lipshitz de Yad Leahim nous met immédiatement en garde:

 »Ils ne se présentent pas comme des Chrétiens mais comme des Juifs messianiques, et pour certains ils sont vraiment Juifs! ».

L’association est claire:  » Nous n’avons pas de problèmes avec les Chrétiens en général, que ce soient les Églises catholiques ou orthodoxes. Nous nous battons contre des mouvements sectaires, des pseudo-chrétiens qui sont en fait des Juifs : les Juifs messianiques ou les témoins de Je-hova. Ce sont aussi de plus en plus de mouvements protestants qui s’engagent dans cette voie. Il s’agit véritablement de sectes qui cachent leur but réel, leur identité et leur financement ».

Une oreille attentive, une charité intéressée

Les missionnaires qui agissent en Israël savent choisir leurs victimes. En effet, ils s’adressent en premier lieu aux populations défavorisées.  » Ils sont essentiellement présents dans les milieux qui souffrent d’un manque de connaissance, d’une certaine faiblesse, comme les personnes en réinsertion ou défavorisées. Ils fondent aussi des organisations caritatives. Ils sont présents pour ces populations en leur servant des repas ou en leur offrant un logis. C’est ainsi que certains jeunes, même issus de milieux religieux mais qui traversent des difficultés, peuvent être embrigadés. Puis, ils en profitent pour faire une réinsertion spirituelle nocive », nous déclare un responsable de Yad Leahim.

Et le tout sous couvert de respect du judaïsme. Les missionnaires convient à des sedarim de Pessah, possèdent talit et tefillines. Ils adoptent un folklore juif qui leur donne une vitrine digne de confiance. Mais la théologie et la terminologie sont totalement chrétiennes. Ils parviennent à convertir ainsi les Juifs sans qu’ils s’aperçoivent qu’ils glissent vers le christianisme. Et le jour de leur baptême, ils appellent cela le Mikvé !

Quels sont les signaux qui doivent alerter?

Le Rav Lipshitz nous explique que les missionnaires savent user de beaucoup de ruse pour attirer les Juifs. Néanmoins, certains comportements doivent tout de suite alerter:  »Assez vite, on s’aperçoit que, dans leur discours, ils remettent en cause le Tana’h en posant toutes sortes de questions pour établir un lien avec le Nouveau Testament. Ils soutiennent que l’Alliance de D’ieu avec le peuple juif est  »ancienne et dépassée ». Ils commencent ensuite à introduire Jésus et poussent ceux qui les écoutent à y croire ».

Autant de paroles qui doivent indiquer de mauvaises intentions. Aussi énorme que cela puisse paraitre, de nombreux Juifs se laissent emporter.

Prêts à investir des millions pour un seul Juif

Le Rav Lipshitz nous raconte alors un entretien qu’il a eu avec un Juif, convaincu par les missionnaires, avant de s’apercevoir de la supercherie et de les quitter.  »Il m’a raconté les efforts immenses qu’ils déploient même pour ne convertir qu’un seul juif. Ils dépensent des millions pour cela. S’ils sont prêts à investir autant pour ce résultat, cela nous montre l’importance que nous devons accorder au combat pour sauver ces Juifs menacés ». Il y a environ 160 communautés de ce genre, réparties dans tout Israël. Cela concerne plus de 10 000 Juifs!

L’argent, c’est bien là aussi le nerf de la guerre. Les missionnaires reçoivent beaucoup de financement d’Eglises évangéliques américaines, qui leur dictent leur doctrine. En face, Yad Leahim se bat, avec ses moyens, plus limités, pour les contrer.

»Partout où ils sont, nous les suivons. Ils envoient des courriers, ils font du porte-à-porte, ils organisent des évènements? Lorsqu’ils distribuent des tracts, nous en distribuons aussi pour démonter leur argumentaire. Nous essayons de tout faire pour que leurs événements ne puissent pas se tenir ou attirent le moins de monde possible. Par ailleurs, nous entrons ainsi en contact avec ceux qui pourraient se laisser tenter et nous engageons des discussions personnelles pour leur démontrer comment ils sont manipulés et trompés. Nous montrons le vrai visage de ces personnes qui sont motivées par des sommes d’argent importantes injectées par les Églises évangéliques ».

Etes-vous soutenus en ce sens par l’Etat d’Israël?

Ces missionnaires viennent sur notre terre pour nous nuire. On peut légitimement se demander si les hommes et les femmes politiques du pays ont pris la mesure de cette menace.  »Nous ne bénéficions malheureusement d’aucune coopération politique. Nous sommes aidés uniquement par le public israélien qu’il soit religieux ou non d’ailleurs, qui a pris conscience du risque que représentaient ces mouvements en Israël », nous avoue le Rav Lipshitz, avant de poursuivre par une référence surprenante:  »Tommy Lapid connu pour ses positions anti-religieuses, nous aidaient à lutter contre les missionnaires ».

Si les députés religieux n’agissent pas plus énergiquement, c’est peut-être que la menace n’est pas si sérieuse?  »Les missionnaires sont aujourd’hui à la marge parce que nous sommes là et que nous faisons le maximum sur le terrain. Mais ils tendent à prendre de plus en plus d’importance. Nous ne devons pas baisser notre garde, au contraire, et cela n’est possible que si la prise de conscience du phénomène est réelle aussi bien au niveau du peuple qu’au niveau politique », tranche le Rav Lipshitz, regrettant que la Knesset ne se préoccupe pas davantage de ces Juifs perdus ou menacés de l’être, en Israël.  »Notre Etat est très libéral et très démocratique, ce qui fait que nous laissons tout le monde entrer et s’exprimer au risque de nous mettre en danger. Au cœur même du Likoud, certains militants sont des missionnaires! Ils agissent partout, 24h/24 et avec de gros moyens financiers! Si aucune législation n’est initiée contre ces missionnaires ou aucun budget dégagé, ils ne s’arrêteront pas, au contraire ».

Le Rav Lipshitz est conscient que les ministres et députés doivent prendre en compte de nombreuses considérations avant de décider. Mais pour lui, c’est le test, celui de savoir si nous savons être des Juifs assez forts, sur notre terre.  »Ils œuvrent quotidiennement et au bout du compte, ce sont nos enfants qui risquent de tomber. Ils viennent en Israël, pour prendre des Juifs, nous ne devons pas laisser faire. Comme nous ne sommes pas prosélytes, nous avons toute la légitimité pour exiger des autres qu’ils ne cherchent pas à nous convertir ».

Shavouot: Etre soucieux de son prochain

Le Rav Lipshitz conclut notre entretien par un enseignement autour de la fête de Shavouot, qui correspond à l’esprit de son engagement et de celui qu’il espère être du peuple dans son ensemble:  »Shavouot est la fête lors de laquelle chaque année nous recevons à nouveau la Torah. C’est ce qui nous unit, ce qui fait de nous un peuple particulier, différent des autres. Ce  »lev ehad », ce cœur unique qui bat en nous, nous demande d’être soucieux de notre prochain, c’est la condition pour qu’il soit en bonne santé ».

Yad Leahim

www.yadleachim.co.il

FIGAROVOX/ENTRETIEN – Le député européen LR Arnaud Danjean réagit à l’attentat-suicide perpétré à Manchester et revendiqué par l’Etat islamique.
Source : FigaroVox

Arnaud Danjean est député européen (LR), ancien membre de la DGSE, membre de la sous-commission Sécurité/Défense du Parlement européen et spécialiste reconnu des questions de sécurité.


FIGAROVOX.- Que vous inspire l’attentat-suicide perpétré à Manchester et que l’Etat islamique a revendiqué? Le lieu a-t-il été choisi dans le seul but de provoquer un maximum de morts ou bien faut-il y voir un symbole?

Arnaud DANJEAN.- Les terroristes islamistes recherchent par définition un impact maximal tant en termes de communication que de nombre de victimes. Des rassemblements publics sont donc des cibles «idéales» car combinant ces deux dimensions.

Il est toujours possible de spéculer sur le choix particulier de la date et du lieu (un concert d’une jeune artiste féminine, américaine, en Angleterre, à la veille d’importantes échéances internationales -sommet de l’OTAN, G7- auxquelles participera le Président américain).

Mais il existe aussi une bonne part d’opportunisme dans le passage à l’acte de réseaux désormais plus atomisés et qui ont consigne de frapper où ils peuvent et quand ils peuvent.

Les services de sécurité britanniques ont-ils une réputation de compétence et d’efficacité parmi les professionnels de l’antiterrorisme?

Oui, incontestablement les services britanniques, familiarisés de longue date avec le terrorisme, sous toutes ses formes, sont compétents. Ils sont sans doute ceux – à part peut-être les Israéliens- qui sont allés le plus loin dans l’intégration de leurs différentes structures antiterroristes. Suite au 11 septembre et plus encore après les terribles attentats de Londres en 2005, les services de renseignement (connus sous leurs anciennes abréviations de MI5 pour l’action intérieure et MI6 pour l’action extérieure) et la police ont mis en place des dispositifs centraux et régionaux très opérationnels et très intégrés. Malheureusement, Manchester est l’illustration tragique que même avec un dispositif intelligent et des compétences reconnues, l’infaillibilité n’existe pas en contre-terrorisme.

On a longtemps incriminé la complaisance de Londres envers les islamistes présents en Grande-Bretagne. Était-ce une réalité? Y a-t-il eu un tournant après les attentats qui ont frappé Londres en 2005? Qu’en est-il aujourd’hui?

Le temps du «Londonistan» où les prêcheurs ouvertement jihadistes avaient pignon sur rue est bien révolu, depuis déjà une quinzaine d’années. La législation britannique s’aligne désormais sur le modèle français permettant d’aller très en amont dans l’incrimination en matière de radicalisation. À bien des égards, les Britanniques sont même désormais plus en avance que nous sur le volet prévention/détection de la radicalisation, avec une implication de tous les acteurs publics, notamment dans l’éducation, plus systématisée que nos propres tentatives encore balbutiantes et atomisées.

Si l’on considère l’équilibre délicat à rechercher entre sécurité et libertés, dilemme que tous les pays de l’Union européenne affrontent, où se situent les Britanniques? Accordent-ils à la police et la justice des moyens que d’autres démocraties européennes refuseraient?

Les services britanniques sont, en budget et ressources humaines, mieux dotés que la plupart de leurs homologues européens. Ils ont surtout une organisation qui va beaucoup plus loin dans l’intégration entre services de renseignement (intérieur, extérieur, technique) et police. Avec des moyens légaux très intrusifs, en effet, et qui sont d’ailleurs souvent contestés par des ONG. Les recours devant la justice et les débats publics sont toujours d’actualité en Grande-Bretagne sur ces dispositifs.

La coopération européenne en matière de lutte contre le terrorisme vous paraît-elle aujourd’hui satisfaisante? Que peut-on et doit-on améliorer?

Le poncif absolu et assez irritant, c’est la formule toute faire ressortie par nombre de commentateurs et malheureusement de politiques après chaque attentat: «il faut plus de coopération européenne»!

Comme si elle n’existait pas et surtout comme si cette dimension, qu’on peut certes toujours améliorer, était la réponse magique… Entendons-nous bien, la coopération est décisive. Mais cessons de laisser penser qu’elle n’existe pas alors qu’elle est intensive depuis plus de quinze ans. Mais évidemment, en matière de renseignement, cette coopération se fait par définition de façon discrète et sans «intermédiation» formelle d’une superstructure européenne. Les services travaillent sur des données extrêmement sensibles et un «pot commun» à 28 sans garde-fous n’a guère de pertinence. C’est un peu différent en matière de coopération policière, où Europol peut aider à fluidifier les échanges.

Au niveau européen, la priorité est à l’harmonisation des législations antiterroristes, à l’interopérabilité des nombreux fichiers (qu’il faut bien alimenter si on les veut efficaces!) et à l’élaboration de mesures communes face aux menaces, notamment du retour des milliers de jihadistes européens partis en Syrie et en Irak. Pour ce qui est de l’opérationnel, il faut être au plus près du terrain et ce n’est pas une superstructure européenne qui peut utilement se substituer aux services nationaux. Avant d’échanger un renseignement, le plus dur est de le recueillir et d’en tirer la substance véritablement opérationnelle.

Gilles Kepel : «Le modèle communautariste ne protège pas le Royaume-Uni du terrorisme»
Source : FigaroVox 

Par Alexandre Devecchio

INTERVIEW – Pour l’islamologue, l’attentat de Manchester, moins de deux mois après celui de Westminster, montre que le Royaume-Uni est une cible privilégiée de Daech.

Le FIGARO. – Pour la deuxième fois depuis le 22 mars dernier, l’Angleterre est victime du terrorisme islamiste…

Gilles KEPEL. – Deux mois à peine après l’attentat contre Westminster, précédé d’une voiture lancée dans la foule, qui évoquait l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice et celui de la Breitscheidplatz le 19 décembre de la même année à Berlin, cette attaque évoque davantage le 13 novembre 2015 à Paris.

Il s’agit d’un concert comme au Bataclan et les cibles sont très jeunes. Le kamikaze s’est fait exploser à un endroit où des parents venaient chercher leurs enfants. Un palier a ainsi encore été franchi dans l’horreur de ce que l’État islamique revendique.

Comme dans les cas de Westminster et de Nice, on ne sait pas si le kamikaze était structuré et a agi de manière spécifique ou bien au contraire s’il faisait partie de ces djihadistes de troisième génération qui s’abreuvent à l’idéologie de Daech, mais qui sélectionnent seuls leurs cibles et mettent leur action en œuvre avec les moyens du bord.


L’objectif est de créer des réactions violentes contre la population musulmane et ainsi d’enclencher des guerres civiles qui aboutiraient à l’effondrement de l’Europe et à l’établissement du califat sur le Vieux Continent.

Ce djihadisme réticulaire s’inscrit dans la révolution culturelle terroriste que Daech a mise en œuvre et qui s’inspire des écrits d’Abou Moussab al-Souri, particulièrement de son Appel à la résistance islamique mondiale. Ce texte de 1500 pages publié en 2005 a transformé l’idéologie djihadiste mondiale en ciblant spécifiquement l’Europe. L’objectif est de créer des réactions violentes contre la population musulmane et ainsi d’enclencher des guerres civiles qui aboutiraient à l’effondrement de l’Europe et à l’établissement du califat sur le Vieux Continent.

La France a longtemps été la cible principale de Daech…

Entre l’attentat de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015 et l’assassinat du père Hamel le 26 juillet 2016, la France, avec ses 239 victimes, avait semblé être la cible exclusive du djihad européen. Cela nous avait valu un certain nombre de critiques outre-Rhin et outre-Manche selon lesquelles la France serait un pays post-colonial et trop dogmatiquement laïque qui au fond «l’avait bien cherché».

En réalité, depuis l’automne 2016, la localisation des attentats européens de Daech s’est déplacée vers l’Allemagne et l’Angleterre. Pourtant, l’Allemagne n’a ni passé colonial avec le monde musulman, ni laïcité dogmatique puisque les religions sont financées par l’État. Si le Royaume-Uni a un passé colonial, ses populations musulmanes proviennent pour l’essentiel de ses anciennes colonies, il a mis en place un modèle à l’image de l’Inde britannique qui organise le communautarisme. Dans les villes comme Birmingham ou Manchester, des conseils de charia gèrent assez largement les affaires des musulmans. Les Britanniques pensaient ainsi pouvoir acheter la paix sociale. L’attentat de Westminster et celui de Manchester aujourd’hui ont sonné le glas de cette illusion.

Pourquoi les djihadistes ont-ils changé de cible?

Les services français ont considérablement investi dans la recherche des causes et des effets du djihadisme. Ils ont acquis de solides connaissances et profité des imprudences de Rachid Kassim, ce djihadiste qui a téléguidé plusieurs attentats ou tentatives en France, pour démanteler des réseaux.

Aujourd’hui, pour Daech, notre pays est plus difficile à attaquer que les autres. Comme dans les années 2000 lorsque les attentats se déroulaient à Londres, en Espagne ou ailleurs, et lorsque les terroristes évitaient la France. Que la France soit un État centralisé et jacobin lui confère une efficacité policière en temps réel sur la totalité du territoire, alors que l’Allemagne est handicapée par le fait qu’il y a un système de sécurité autonome dans ses seize Länder. Le Royaume-Uni a également de gros problèmes de coordination du fait de l’empilement de services de sécurité. Dans les deux cas, les procédures sont peu adaptées à ce djihadisme réticulaire. À ce jour, l’Allemagne et l’Angleterre ont du retard sur la France.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas d’autres tentatives d’attentats en France. Mais elles ont toutes été étouffées dans l’œuf depuis huit mois, sauf l’assassinat du policier sur les Champs-Élysées qui était dû davantage à un psychopathe tueur de policiers qu’à quelqu’un qui était lié au califat.

L’Angleterre est touchée à la veille des élections législatives…

La mobilisation des services de sécurité en France a permis d’empêcher que l’élection présidentielle soit prise en otage par la terreur djihadiste.

Les djihadistes souhaitaient le plus grand succès possible du FN dans la mesure où cela est pour eux un élément de propagande très important auprès de leurs coreligionnaires. Cela aurait permis à Daech de leur dire, «vous voyez bien que les Européens sont islamophobes et qu’il faut rejoindre nos rangs».

La France a pu écarter cette fracture et Marine Le Pen qu’on donnait en tête au premier tour depuis deux ans a réalisé une contre-performance relative. En revanche, au Royaume-Uni, les djihadistes réussissent à intervenir sur l’agenda de la campagne puisque celle-ci est temporairement suspendue. Cela démontre leur capacité à peser sur le débat politique institutionnel. Cela se produit en Angleterre au moment où le pays vit une crise d’identité assez grave et où la sortie de l’Europe pourrait ouvrir des difficultés économiques. Il faut aussi se souvenir que l’attentat qui avait été commis à Westminster l’avait été alors même que le Parlement débattait du Brexit.

Photo CoolIsrael
Manchester
Les mêmes causes produisant les mêmes effets, les mêmes crimes produisent les mêmes dégoûts.
Ne nous arrêtons pas sur les façons de faire mais regardons bien les objectifs souhaités ou atteints.  Il n’y a guère de différence entre l’attentat de Manchester et les attaques commises sur les territoires de presque tous les pays d’Europe de l’ouest et du nord y compris la Russie, sans oublier bien entendu le plus important en volume d’entre tous, celui du 11 septembre 2001 à New-York.

A Manchester comme ailleurs, il s’agissait de punir les infidèles qui, malgré les coups reçus, s’obstinent à ne toujours pas vouloir se convertir à l’islam, continuent à soutenir le Grand Satan américain et vraiment dans le pire des cas entretiennent des relations avec Israël, voire même se permettent de laisser leurs concitoyens juifs en nombre inacceptable avoir de bonnes positions dans la société civile.

Il s’agissait de punir les infidèles qui, malgré les coups reçus, s’obstinent à ne toujours pas vouloir se convertir à l’islam, continuent à soutenir le Grand Satan américain et vraiment dans le pire des cas entretiennent des relations avec Israël, voire même se permettent de laisser leurs concitoyens juifs en nombre inacceptable avoir de bonnes positions dans la société civile.
Alors on tue hommes, femmes et surtout enfants.

Souvenez-vous ou apprenez : 15 mai 1974, on vient tout juste de commémorer le 43ème anniversaire, à Ma’alot au nord d’Israël, 22 écoliers, des enfants, plus des 3 profs et 2 couples, abattus de sang-froid. Où est la différence avec Toulouse ou avec Manchester ?
 A oui mais bien sûr, pas de rappel dans la presse car, ne surtout pas l’oublier c’était en Israël. 
Mais c’est qu’à force de ne pas comparer, fermer les yeux pudiquement avec des pensées de soulagement que ce soit là-bas et pas ici, et bien ça finit par arriver ici, par être là presqu’au quotidien et que nos gouvernements soient obligés de reconnaître leurs points faibles et qu’ils finissent par se disputer sur la façon de ne rien modifier dans la chasse aux sorciers islamistes pendant que le sang de toutes les couleurs coule.

Souvenez-vous ou apprenez : 15 mai 1974, on vient tout juste de commémorer le 43ème anniversaire, à Ma’alot au nord d’Israël, 22 écoliers, des enfants, plus des 3 profs et 2 couples, abattus de sang-froid. Où est la différence avec Toulouse ou avec Manchester ?
 
A oui mais bien sûr, pas de rappel dans la presse car, ne surtout pas l’oublier c’était en Israël.
Mais c’est qu’à force de ne pas comparer, fermer les yeux pudiquement avec des pensées de soulagement que ce soit là-bas et pas ici, et bien ça finit par arriver ici, par être là presqu’au quotidien et que nos gouvernements soient obligés de reconnaître leurs points faibles et qu’ils finissent par se disputer sur la façon de ne rien modifier dans la chasse aux sorciers islamistes pendant que le sang de toutes les couleurs coule.
Sauf quelques voix comme Christian ESTROSI qui dit tout simplement : faisons comme en Israël pour lutter contre les assassins.
Il n’y a pas de honte et après tout, ne sommes-nous pas dans le même camp ? celui de la liberté et de la démocratie ? Allez ! gouvernants et gouvernés encore un effort pour l’union des hommes qui veulent demeurer libres et combattre l’ennemi. Il ne faut pas seulement le connaître, il faut aussi l’anéantir…
L’image contient peut-être : 1 personneEditorial sur Radio J de Serge Hajdenberg, Président de Radio J du VENDREDI 26 MAI 2017 – 30 IYAR 5777

Lire, sur le même sujet, notre dernier article : Assassinat antisémite de Sarah Halimi : on paie encore Copernic©

Lettre ouverte à Gérard Collomb : d’Ilan à Sarah Halimi,
la France indigne

Alexandra Laignel-Lavastine

Source : ATLANTICO

« Dix ans plus tard, nous en sommes donc au même point. D’un Halimi à l’autre, d’Ilan à Sarah, nous sommes même devant un cas d’école auquel ceux qui scrutent l’inconscient collectif et ses pathologies seraient bien inspirés de s’intéresser. »

Monsieur le ministre,

Une femme juive, médecin, surprise dans son sommeil, est atrocement torturée pendant plus d’une heure. Elle a 65 ans et elle vit dans un modeste immeuble du XIème arrondissement de Paris, rue Vaucouleurs. Le meurtrier, qui s’introduit chez elle par le balcon, s’acharne avec une violence inouïe sur sa victime, provoquant une vingtaine de fractures au corps et au visage, avant de la défenestrer, agonisante, du troisième étage. Pendant ce temps, la police (aussitôt prévenue) est sur le palier. Les trois hommes armés n’interviennent pas.
Les voisins (plusieurs dizaines de personnes) entendent ses hurlements. Ils ne bronchent pas. Les médias nationaux sont alertés. Ils n’enquêtent pas et passent le meurtre sous silence. Elle s’appelait Sarah… Sarah Halimi.
Cette scène épouvantable ne s’est pas déroulée en 1942, avant ou après la Rafle du Veld’hiv, mais… dans la nuit du 3 au 4 avril 2017 aux cris de « Allah Akbar », dans un minuscule HLM situé à quelques encablures du Bataclan. Une marche blanche à sa mémoire sera organisée le dimanche d’après à Belleville. Elle s’est heurtée à des « Mort aux Juifs ! » de la part de jeunes des cités avoisinantes, certain ajoutant : « On a nos kalach ! ». Dans la foulée, le procureur de Paris, François Molins, s’est empressé d’expliquer qu’il fallait attendre le résultat de l’enquête avant de se prononcer sur la nature du crime. Sait-on jamais : une femme juive âgée sauvagement massacrée par un vigoureux islamiste de 27 ans au lourd passé de délinquant (condamnations multiples pour trafic de drogue et violences) pourrait bien relever d’une simple querelle de voisinage… D’autant que le criminel, Kada Taoré, d’origine malienne, la traitait régulièrement de « sale juive », si bien qu’elle avait confié à son entourage la crainte qu’il lui inspirait. « Nous sommes en guerre », annonçait Manuel Valls le 13 janvier 2015, « pour que les musulmans n’aient plus honte et pour que les Juifs n’aient plus peur ». Remarquable bilan.

Vous venez donc, Monsieur le ministre, de prendre vos fonctions dans un pays où il est redevenu possible d’assassiner des Juifs sans que nos compatriotes ne s’en émeuvent outre mesure. À cet égard, vos prédécesseurs, de droite comme de gauche, ont eux aussi préféré ne pas regarder plus loin que le bout du balai avec lequel ils enfouissaient la poussière sous le tapis. Aucun n’a été la hauteur. Le serez-vous ? Ce dimanche 21 mai, sur la chaîne de télévision i24News, le frère de Sarah Halimi déclarait avec une extraordinaire dignité : « J’ai attendu sept semaines avant de m’exprimer. Le silence de mort qui continue d’entourer l’assassinat de ma sœur est insupportable ». Un fait divers ? Même pas. Dans l’atmosphère déliquescente qui règne au pays de Dieudonné, pour qui « les Juifs sont des chiens » (on se tord de rire), il faut croire qu’un chien écrasé mérite effectivement plus d’attention qu’une Juive assassinée.

En votre âme et conscience, je sais, Monsieur le ministre, que vous partagez ce diagnostic. Je me souviens vous avoir accompagné en Roumanie au début des années 90, peu après la chute du communisme, pour y promouvoir la démocratie, en général assez peu compatible avec l’antisémitisme. À l’époque, nous nous inquiétions ensemble de voir certaines élites d’Europe de l’Est renouer avec leur vieille passion antijuive. Mais voilà que la judéophobie qui fait désormais couler le sang en Europe ne vient plus de l’extrême droite : elle est de facture musulmane.

Beaucoup plus embarrassant… Malgré cette mutation, je me prends à espérer que votre fermeté et vos convictions d’alors sauront arracher la France d’aujourd’hui à son somnambulisme. Car comme le remarque l’un des deux avocats de la famille Halimi, Maître William Goldnadel, « le meurtrier aurait été blond aux yeux bleus, toute la France serait descendue dans la rue. Il est islamiste, toute la France rase les murs ».
C’est ainsi que de ce crime antisémite, il ne fut pas question pendant la campagne présidentielle. Quant aux journalistes, qu’on a vu autrement plus zélés dans l’« affaire Théo », tous se sont mis au garde-à-vous — une première ! — devant les appels à la prudence de Monsieur le procureur. Hormis la presse juive, seul un journal texan en a parlé. Or, le rapport de police vient de tomber et les avocats ont tenu une conférence de presse ce lundi 22 mai pour s’étonner de la « chape de plomb » qui pèse sur cette affaire. De fait, l’enquête confirme ce que nous savions déjà sur le calvaire de la malheureuse. En pire. Son bourreau l’a massacré en récitant des sourates du Coran et en la traitant de « Satan » en arabe (l’attaque a été enregistrée par un voisin). Après l’avoir achevée à la barbe des trois policiers de la Bac présents dans l’immeuble dès 4 heures, mais qui attendaient… des renforts, le tueur est repassé chez les voisins par le même balcon et s’est remis à prier. Les renforts sont arrivés. L’interpellation a eu lieu à 5 heures 35. L’homme n’a pas résisté. Sarah Halimi, elle, gisait, morte, sur le trottoir.

Ces faits sont gravissimes. Mais on trouve une fois de plus, contre vents et marées, le moyen de se rassurer à bon compte. Tout comme le massacreur de Nice, le djihadiste de Belleville serait « fou ». Ouf, on respire ! À ce titre, et parce qu’il était un peu « exalté », les policiers ne l’ont pas incarcéré, mais envoyé dans un hôpital psychiatrique où il est toujours soigné au frais du contribuable. Dans ce domaine, on ne lui connaît toutefois aucun antécédent.

Vous vous souvenez peut-être, Monsieur le ministre, que ce déni a déjà tué sur le sol français. On comment ne tirer aucune leçon des errements policiers durant la séquestration (23 jours) du jeune Ilan Halimi, kidnappé, martyrisé et assassiné parce que Juif par le Gang des barbares en 2006. Le quai des Orfèvres s’était entêté à suivre la piste, absurde mais moins dérangeante, d’un règlement de compte entre bandes. Le patron de la PJ lui-même n’en démordait pas, y compris après la capture de youssouf fofana qui s’était tranquillement enfui en Côte-d’Ivoire (où des agents du Mossad l’arrêteront) : Il n’y a pas et il ne saurait y avoir d’antisémitisme en France !. Pas de chance, la justice retiendra l’antisémitisme comme circonstance aggravante.

Dix ans plus tard, nous en sommes donc au même point. D’un Halimi à l’autre, d’Ilan à Sarah, nous sommes même devant un cas d’école auquel ceux qui scrutent l’inconscient collectif et ses pathologies seraient bien inspirés de s’intéresser. Vous aussi, M. le ministre, et de très près. Deux Juifs suppliciés dont la mort aurait pu être évitée avec un brin de jugeote, cela commence à faire beaucoup. Alors oui, c’est insupportable et c’est désormais votre affaire. C’est insupportable pour les Juifs, mais cela devrait l’être plus encore pour les non-Juifs.

Du moins dans une démocratie « normale » et bien portante. Car la recrudescence de l’antisémitisme constitue toujours un baromètre infaillible s’agissant d’évaluer la santé morale d’une société. Or, qu’avons-nous sous les yeux en 2017 ? La haine autorisée et le passage à l’acte décomplexé des uns. La cécité volontaire et l’approbation, silencieuse ou joyeuse, des autres. Et, last but not least, la tragique indifférence du plus grand nombre.

Il est vrai que si le bourreau n’avait pas le bon profil, la victime non plus. À cet égard, auriez-vous remarqué, M. le ministre, l’étrange phénomène que voici ? Aussi longtemps que nos barbares de fabrication locale ne tuaient que des Juifs — Ilan Halimi en 2006, les enfants de Toulouse en 2012, un couple au Musée juif de Bruxelles en mai 2014, des gens faisant leurs courses Porte de Vincennes en janvier 2015, la réplique de Copenhague juste après et déjà oubliée, ce n’était pas bien grave. Ils devaient quand même être un peu « coupables » puisque cela fait deux mille ans qu’on le dit. Dans le lot, il y avait certes quelques soldats « arabes » et autres journalistes « islamophobes » qui l’avaient peut-être un peu cherché. On n’allait pas en faire une histoire. Mais au Bataclan, des « Français innocents », pour reprendre le lapsus de Raymond Barre après l’attentat antisémite de la rue Copernic en 1980, c’était inacceptable ! Ce refrain, sans que ceux qui l’entonnent pensent nécessairement à mal, nous y avons eu droit sur tous les tons au lendemain du 13 novembre : « Mais pourquoi nous ? Pourquoi la France ? Pourquoi des innocents ? ».

Et pourquoi s’arrêter en si bon chemin au beau milieu du sanglant été 2016 ? Le 31 juillet, une tribune signée par une centaine de personnalités musulmanes procédait ainsi à une soustraction bizarre. Elles réclamaient une réorganisation de l’islam de France « après l’assassinat de caricaturistes, après l’assassinat de jeunes écoutant de la musique, après l’assassinat d’un couple de policiers, après l’assassinat d’enfants, de femmes assistant à la célébration de la fête nationale, aujourd’hui l’assassinat d’un prêtre célébrant la messe ». Cherchez l’erreur… Tous les attentats récents étaient énumérés, sauf ceux ayant visé des Juifs, collectivement massacrés ou individuellement poignardés et blessés. Sans doute par distraction. Des réactions outrées ? Si peu…

Que comptez-vous faire, Monsieur le ministre, pour secouer cette terrifiante apathie ? Il ne suffira pas, cette fois, de briser les avertisseurs d’incendie, forcément « néo-réactionnaires », pour que le feu s’éteigne de lui-même. Un tour de passe-passe où nos bien-pensants de service s’illustrent depuis 2002. À moins que vous ne choisissiez d’avoir tort avec les djihadistes plutôt que d’avoir raison avec les réalistes ? On ne s’en sortira pas non plus à pratiquer la pensée magique et à communier dans ce catéchisme antédiluvien selon lequel le Mal ne saurait en aucun cas surgir du camp du Bien, celui des anciens « damnés de la terre ».

Alexandra Laignel-Lavastine

Docteur en philosophie, historienne, essayiste, longtemps critique au MondeAlexandra Laignel-Lavastine a reçu le Prix de l’Essai européen en 2005, le Prix de la Licra en 2015 pour La Pensée égarée. Islamisme, populisme, antisémitisme : essai sur les penchants suicidaires de l’Europe (Grasset) et la Ménorah d’or 2016 pour l’ensemble de son œuvre. Elle est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages, la plupart traduits à l’étranger.

Maîtres Jean Alexandre BUCHINGER et David-Olivier KAMINSKI/Crédit photo Alain Azria
Sept semaines après l’assassinat antisémite précédé de tortures de Sarah ATTAL HALIMI par son voisin, l’islamiste radical Kada TRAORE, nous avons enfin des éléments concrets sur ce meurtre, grâce aux avocats de la famille et des organisations juives.

Deux d’entre eux, Maîtres Jean Alexandre BUCHINGER et David-Olivier KAMINSKI qui représentent, avec Maître Gilles-William GOLDNADEL, les 3 enfants et le frère de Sarah HALIMI, ainsi que le Consistoire central, le Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIF) et le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme (BNVCA) ont, en effet, tenu un point presse ce lundi 22 avril.

Il est à noter que pour le moment seules sont parties civiles la famille de Sarah HALIMI et le CRIF, le Consistoire et le BNVCA attendant pour ce faire que soit retenue par les magistrats la circonstance aggravante d’antisémitisme, même s’il est clair dans leur esprit comme dans celui de tous que cette qualification est évidente.

Malheureusement, la manière dont s’est déroulée pour le moment la procédure n’a pu faire établir cette circonstance aggravante que la seule lecture des faits impose pourtant.

La famille de Sarah HALIMI, maintenant que la période de deuil religieux est achevée, n’attend qu’une seule chose : que la vérité soit établie.

Ce n’est que le 19 avril que les avocats ont pu accéder au dossier, et, bien que la procédure soit toujours en cours, ils ont pu reconstituer en grande partie les faits de cette nuit du 3 au 4 avril 2017.

Sarah HALIMI a été surprise dans son sommeil par un terroriste, Kada TRAORE, son voisin, qui est sciemment entré chez elle pour la torturer et la défenestrer

Il a fallu attendre 15 jours pour que soit ouverte une information judiciaire et que soient désignés un juge d’instruction et un médecin psychiatre (médecin dont le rapport n’a pas encore été produit), car cet homme s’est retrouvé interné quelques minutes après son arrestation, au centre psychiatrique de Saint-Maurice, après avoir été maîtrisé par 8 policiers de la BAC75.

Internement qui explique qu’à ce jour la police n’ait pu encore véritablement procéder à sa garde à vue.

Cette nuit du 3 au 4 avril 2017, des témoins oculaires, auditifs et les policiers ont assisté en direct à l’assassinat de Sarah HALIMI.

Kada TRAORE, âgé de 27 ans, Français d’origine malienne, au casier judiciaire déjà bien étoffé, y compris en atteintes à l’intégrité physique, et dont les propos antisémites ont importuné bien avant sa mort Sarah HALIMI et sa famille, a passé la journée du 3 avril dans une mosquée vêtu d’une djellaba.

A 4 h du matin, il a fait irruption chez une famille amie malienne habitant un immeuble jouxtant celui de Sarah HALIMI, qui, terrifiée, a ensuite appelé la police, à 4h25.

La police est arrivée à peine 3 minutes plus tard, à 4h28.

Kada TRAORE a utilisé ensuite le balcon de la famille malienne pour enjamber celui de Sarah HALIMI, et est entré chez elle aux environs de 4h30.

Il s’en est suivi alors une heure et dix minutes insensées, pendant laquelle les forces de police de la BAC75 (au nombre de 2, puis une colonne après avoir appelé les renforts) ne sont pas intervenues, alors que les témoins traumatisés ont entendu les pleurs et gémissements de Sarah HALIMI, qui a été torturée pendant environ 30 minutes avant d’être défenestrée (on estime l’heure de son décès à 5h).

Pendant ces 30 minutes, Kada TRAORE,  l’a rouée de coups, lui a infligé des salves de coups de poings (sans qu’il soit nécessaire d’entrer dans le détail des tortures infligées à Sarah HALIMI, il est établi que son salon était baigné de sang), entrecoupées de sourates du Coran, avant de la traîner sur le balcon.

Là il a continué à la battre, profitant des moments où il la croyait morte pour réciter ses sourates, avant de reprendre son oeuvre quand il s’apercevait que Sarah HALIMI vivait encore, avant de la défenestrer

Pour des raisons encore inconnues (les dépositions présentes au dossier des policiers ne permettent pas à ce jour d’établir les raisons de leur inaction), les forces de police ne sont intervenues qu’à 5h35, soit 1h10 après leur arrivée.


Si on ne sait pas encore tout de cet assassinat, du moins tout ce qui précède est établi et ne souffre aucune ambiguïté. 
Kada TRAORE a infligé des tortures et a défenestré Sarah HALIMI car elle était juive et « infidèle » : il s’agit bien d’un acte prémédité, antisémite, commis par un islamiste radical qui n’avait pas perdu son discernement.
De plus, l’inaction de la police n’a toujours reçu aucune justification.

Si on ne sait pas encore tout, du moins tout ce qui précède ne souffre aucune ambiguïté et est établi.

Kada TRAORE a infligé des tortures et a défenestré Sarah HALIMI car elle était juive et « infidèle » : il s’agit bien d’un acte prémédité, antisémite, commis par un islamiste radical qui n’avait pas perdu son discernement.

De plus, l’inaction de la police n’a toujours reçu aucune justification.


Pour ces raisons, les avocats attendent de la justice les choses suivantes :
1) Ne pas avoir pour le moment retenu la circonstance aggravante d’antisémitisme est une lacune de la justice à laquelle elle doit remédier.
2) Force est de constater que la responsabilité pénale de Kada TRAORE peut être retenue. Il n’a pas perdu son discernement. Il suffit, pour s’en convaincre, de rappeler qu’avant de jeter Sarah HALIMI de son balcon, il a eu la présence d’esprit pour se dédouaner de crier : « attention, il y a une femme qui va se jeter du balcon » pour étayer la thèse du suicide. Ou encore de souligner qu’il n’a pas porté atteinte à l’intégrité physique de la famille malienne, qu’il a rencontrée avant Sarah HALIMI ou le fait qu’il ait pris soin de se changer après avoir torturé et tué Sarah HALIMI.
3) Expliquer le fait que la police ne soit pas intervenue pendant 1h10. Car on ne peut s’empêcher de penser qu’en intervenant avant elle aurait pu empêcher la mort de Sarah HALIMI.
Oui, Kada TRAORE est bien un terroriste.

Pour ces raisons, les avocats attendent de la justice les choses suivantes :

1) Ne pas avoir pour le moment retenu la circonstance aggravante d’antisémitisme est une lacune de la justice à laquelle elle doit remédier.

2) Force est de constater que la responsabilité pénale de Kada TRAORE peut être retenue. Il n’a pas perdu son discernement. Il suffit, pour s’en convaincre, de rappeler qu’avant de jeter Sarah HALIMI de son balcon, il a eu la présence d’esprit pour se dédouaner de crier : « attention, il y a une femme qui va se jeter du balcon » pour étayer la thèse du suicide. Ou encore de souligner qu’il n’a pas porté atteinte à l’intégrité physique de la famille malienne, qu’il a rencontrée avant Sarah HALIMI ou le fait qu’il ait pris soin de se changer après avoir torturé et tué Sarah HALIMI.

3) Expliquer le fait que la police ne soit pas intervenue pendant 1h10. Car on ne peut s’empêcher de penser qu’en intervenant avant elle aurait pu empêcher la mort de Sarah HALIMI.

Oui, Kada TRAORE est bien un terroriste.

Si du moins on n’entend pas de façon stricte le terrorisme comme étant des attentats commis sur ordre exprès de Daesh, mais plutôt comme le fait d’agir au nom de son idéologie.

Sarah HALIMI était Satan, šayṭān :  il fallait l’éliminer.

Il faut expliquer pourquoi l’information judiciaire n’a été ouverte que pour homicide volontaire, et non assassinat, ainsi que pour séquestration, mais de la famille malienne, et non de Sarah HALIMI.

Pourquoi la circonstance aggravante d’antisémitisme n’est pas déjà retenue.

Pourquoi il n’est pas fait mention des actes de barbarie par le Parquet, alors que les témoignages abondent en ce sens.

Pourquoi on ne parle pas de l’islamisme de Kada TRAORE, alors que les policiers sur place eux-même en avaient conscience, et du reste après son arrestation ont recherché dans l’appartement de sa mère un drapeau de Daesh.

Pourquoi, avant hier, quasiment personne n’a parlé dans la presse de cet assassinat.

Pourquoi, en France, depuis Copernic jusqu’à Sarah HALIMI, en passant par Sébastien SELLAM, Ilan HALIMI, les attentas de Toulouse…, il est si difficile de dire que non seulement un Français peut être tué chez lui car il est juif, et pour ce seul motif, mais en plus que son assassin n’est pas nécessairement d’extrême-droite.

A quand l’acceptation officielle de l’antisémitisme musulman ?

Franny Fisher, pour JFORUM

Vidéos Franny Fisher/Crédits photos Alain Azria

Affichage de IV1A0944.jpg en cours...
Crédit photo Alain Azria

MANCHESTER, ENGLAND - MAY 23: A police officer stands guard close to the Manchester Arena on May 23, 2017 in Manchester, England. An explosion occurred at Manchester Arena as concert goers were leaving the venue after Ariana Grande had performed. Greater Manchester Police have confirmed 19 fatalities and at least 50 injured. (Photo by Dave Thompson/Getty Images)
Manchester: l’Europe choquée. Mais étonnée ?

Judith Bergman 

Source : Gatestone Institute

Adaptation JFORUM

ISIS (l’Etat Islamique) a attaqué le Théâtre Bataclan à Paris en Novembre 2015,  parce qu’il s’agit d’un lieu, selon ses propres termes, «où des centaines d’infidèles se sont rassemblés pour un concert de la prostitution et du vice.»

Un an plus tôt ISIS avait interdit toute musique comme haram (illégale, profane, interdite). De nombreux érudits musulmans soutiennent en effet l’idée que l’Islam  interdit  comme un «péché» la musique occidentale.

Cela ne devrait surprendre ainsi personne que les terroristes islamiques visaient un concert de la chanteuse pop américaine Ariana Grande, le 22 mai à Manchester. En outre, le département américain de la Sécurité intérieure a averti en septembre dernier que les terroristes avaient pour cibles des concerts, des événements sportifs et des rassemblements en plein air parce que « les attaques sont souvent simples, et mettent l’accent sur l’impact économique et les victimes de masse » en de tels lieux.

L’Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l’attentat-suicide à Manchester, qui a provoqué une explosion. Vingt-deux personnes, enfants et adultes, ont été tuées dans cette explosion, qui a ravagé le lieu du concert à Manchester. Plus de 50 personnes ont été blessées.

Alors que les médias décrivent l’utilisation de ce type de bombes dans la salle de concert comme une tactique nouvelle et surprenante, cette variété est très ancienne et utilisée depuis des décennies par les terroristes arabes contre les Israéliens.

Les politiciens, après avoir appris l’attaque terroriste de Manchester, ont comme d’habitude exprimé leur « choc » et leur « douleur ».

Il s’agit pourtant d’un résultat prévisible de leurs propres politiques.

Les lieux communs habituels pour exprimer leur affliction et leur solidarité avec les victimes de l’attaque n’ont pas fait défaut.

Le Président du Conseil de l’Europe Donald Tusk a ainsi tweeté: « Mon coeur est cette nuit à Manchester. Nos pensées sont avec les victimes .. » Le chef des libéraux-démocrates britanniques, Tim Farron, a condamné l’attentat comme « choquant et horrible ».  Royaume-Uni Accueil Secrétaire d’Amber Rudd a dit que c’était un « incident tragique », alors que le chef du parti travailliste Jeremy Corbyn a parlé d’un « terrible incident ».

Le Premier ministre du Canada Justin Trudeau a déclaré que ses citoyens ont été « choqués par la nouvelle de la terrible attaque à Manchester ce soir. »

La réaction la plus frappante de toutes a été celle de la chancelière allemande Angela Merkel, qui a déclaré qu’elle avait suivi les événements de Manchester «avec tristesse et horreur» et qu’elle avait trouvé l’attaque «incompréhensible».

Après le 11 septembre aux États-Unis, ou les attentats à la bombe à Madrid en 2004, qui a tué près de 200 et 2 000 blessés; les attaques ont visé le métro de Londres en 2005, où 56 personnes ont été tuées et 700 blessées; les attaques de 2015 à Paris, où ISIS a tué 130 personnes et blessé près de 400; les attaques de mars 2016 à l’aéroport de Bruxelles et à la station de métro, où 31 personnes ont été tuées et 300 blessées; l’attaque de juillet 2016 à Nice, où 86 personnes, dont dix enfants, ont été tuées et plus de 200 blessées; l’attaque en décembre 2016 à Berlin, où 12 personnes ont été tuées et près de 50 blessées; mars 2017 et l’attaque de Westminster, où trois personnes ont été tuées et plus de 20 blessées; avril 2017 à Stockholm, où cinq personnes ont été tuées, dont une fillette de 11 ans; et encore après d’innombrables attaques en Israël, devraient dirigeants occidentaux toutes les excuses possibles pour être choqués et surpris que le terrorisme islamique dans leurs villes se produisant avec toujours plus de fréquence.

Toutes les attaques ci-dessus sont tout simplement spectaculaires. Mais il y en a eu d’innombrables autres, parfois à raison de plusieurs attaques par mois, qui n’ont pas fait les gros titres, comme l’homme musulman qui a torturé il y a un peu plus d’un mois, une femme juive âgée de 66 ans à Paris, puis pendant qu’il criait «Allahu Akbar », l’a jetée par la fenêtre (lire : Assassinat antisémite de Sarah Halimi : on paie encore Copernic©); ou l’attaquant de l’aéroport de Paris en Mars, qui est venu « mourir pour Allah » et a atteint son but sans prendre des passants innocents miraculeusement avec eux.

Après la dernière atrocité terroriste spectaculaire en Grande-Bretagne, qui vise le cœur même de la civilisation démocratique européenne, le Premier ministre britannique, Theresa May, a déclaré que l’attentat de Manchester est l’oeuvre de « quelqu’un de tordu et malade »

« Il est faux d’appeler cela une manifestation du terrorisme islamique. Le terrorisme et la perversion d’une religion ».

Il est impossible de lutter contre ce que vous refusez de comprendre ou de reconnaître, mais là encore, il semble que les dirigeants européens n’aient pas l’intention de lutter contre l’islamisme, et ils ont clairement choisi une tactique différente, à savoir l’apaisement.

Chaque fois qu’un leader européen a parlé de l’islam comme d’une grande religion, une « religion de paix » ou a prétendu que la violence dans l’islam est une « perversion de cette religion », en dépit des nombreuses preuves du contraire – le contenu réel et la violence du Coran et Hadith, les exhortations répétées à combattre les « infidèles » – signifie que l’Occident est mûr pour une nouvelle attaque dévastatrice de la part d’organisations telles que ISIS, Al-Qaïda, Boko Haram, le Hezbollah et le Hamas.

Les organisations terroristes et leurs partisans sont conscients de la grande peur des dirigeants européens à provoquer la moindre insulte, en dépit des protestations contraires des dirigeants comme Theresa May.

Cette crainte est accompagnée de la déciion de prétendre à tout prix que l’Europe n’est pas en guerre mais il est clair que d’autres guerre contre l’Europe – et la vie de ses citoyens.

voir ces organisations terroristes est que si les ministres des pays tels que la Suède, où, selon les rapports de presse, 150 combattants ISIS sont de retour et apparemment errent librement, suggèrent l’intégration des djihadistes de l’Etat islamique dans la société suédoise – comme solution au terrorisme! – il n’a pas besoin de grands efforts plus jusqu’à ce que ces dirigeants soumettent pleinement, comme il l’a certainement fait en Suède. Cette « solution » peut servir les terroristes tout comme un encouragement à réaliser encore plus le terrorisme – comme il ressort de la fréquence croissante des attaques terroristes sur le sol européen écrasante.

Alors que les politiciens européens, incroyablement, croient que leurs tactiques pour prévenir le terrorisme, ils l’ont laissé plutôt dans la mesure du possible: Les terroristes ne répondent pas à la sympathie sincère, des ours en peluche et les lumières de fées veillées. Si quoi que ce soit, ils sont probablement encore plus dégoûté par la société occidentale qu’ils veulent tourner sous la loi islamique de la charia dans un califat.

Les politiciens semblent perdre de vue ce qui a été de temps l’objectif islamiste du Califat.

Le terrorisme islamique n’est pas une « violence aveugle », mais une terreur clairement calculée pour forcer à la soumission la société ciblée.

Jusqu’à présent, à voir l’inertie de l’Occident, et son déni du problème, il semble que les terroristes aient gagné.

Judith Bergman est un écrivain, chroniqueur, avocat et activiste politique.

A ce stade, on ne parle plus d’impudeur ou de manque de respect : certaines des réactions sur les réseaux sociaux à l’attentat terroriste de Manchester de lundi soir ont, non pas étonné, hélas, mais choqué.

D’Alain Soral et Hichem Hamza à Xavier Ternisien, des propos qui provoquent le dégoût, mais qui ont le mérite d’être cohérents avec leur positionnement.

Pas d’étonnement, donc, mais, pour reprendre les termes de Gilles Clavreul, oui, « il vient un moment où il faut dire les choses et les exposer publiquement ».

Ainsi, « Voilà deux salopards, Alain Soral et Hichem Hamza, dit Panamza, qui déversent leur haine et leur délire complotiste moins de 24 heures après l’attentat de Manchester.

Je ne ferai pas honte une nouvelle fois aux directeurs d’association « antiracistes » qui les ont encensés, aux « intellectuels » qui les ont défendus, aux blogueurs qui les reprennent, ni aux journalistes qui leur ont tendu un micro complaisant.

Qu’ils se contentent de faire silence.

Gilles Clavreul.

L’image contient peut-être : 1 personne, lunettes_soleil et texte

Aucun texte alternatif disponible.

Alain Soral, le patron d’Egalité et Réconciliation continuant sur son site son oeuvre complotiste (Manchester : quand la « kabbaliste » Ariana Grande souhaitait la mort de ses fans), où il trouve le culot et l’énergie de profiter du message laissé par l’artiste sur twitter suite à l’attentat pour y évoquer sa peine, pour évoquer ses penchants « kabbalistiques » et suggérer qu’elle ne devait pas être si affligée que cela.

Dans un autre registre, Gilles Clavreul a attiré l’attention sur le cas de Xavier Ternisien.

Xavier Ternisien est un journaliste français, et ancien responsable de la rubrique « Religions » au service « Société » du quotidien Le Monde.

On lui a souvent reproché sa complaisance envers l’islamisme, en particulier à l’égard des Frères musulmans et de Tariq Ramadan.

« Oui c’est troublant de se souvenir que ce jeune retraité a été pendant des années rubricard « religions » au Monde, où il chantait les louanges de Tariq Ramadan. »

Gilles Clavreul.

La complaisance envers l’islamisme, et les palestiniens, est malheureusement le fait de beaucoup d’autres en France.

Ainsi du Parti des Indigènes de la République, dont l’antisionisme n’est plus à prouver, et qui fait feu de tout bois pour maintenir éveillée la haine contre le peuple juif et l’Etat d’Israel.

Sans surprise, le PIR s’est ainsi pleinement associé aux terroristes palestiniens emprisonnés en Israel, et qui font la grève de la faim depuis pusieurs semaines, à l’initiative de l’assassin Marwan Barghouti.

Ce dernier bénéficie d’une complaisance inexplicable en Occident, où on feint d’oublier qu’il a été condamné à la prison à perpétuité pour avoir été le leader des Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, la branche armée du Fatah, et organisation considérée comme terroriste par l’Union Européenne, les États-Unis, le Canada et Israël.

Ce groupe a commis de très nombreuses attaques durant la seconde Intifada qui ont causé la mort de dizaines d’Israéliens et blessé des centaines d’autres.

Lire à ce sujet La couverture de la grève de la faim de Barghouti en Occident, Les excuses de Pizza Hut sur Barghouti sont fausses !,  La barre chocolatée de Marwan Barghouti ©La vérité sur la grève de la faim des PalestiniensPrisons : A quand la grève des attentats contre les Juifs ?© et L’écran de fumée de la grève de la faim palestinienne©)

Les assassinats du terroriste n’empêchent pas le déferlement, depuis plusieurs années, d’une vague de sympathie en France, où plusieurs municipalités ont tenu à lui décerner le titre de Citoyen d’Honneur.

Ainsi de la ville d’Aubervilliers, ville où, en 2015, Barghouti est déchu du titre de citoyen d’honneur. Et la justice a débouté ses supporters d’une nouvelle demande, grâce à des avocats comme Jérémie Boulay.

Aux motifs suivants :

« il ressort des pièces versées au dossier que M. Marwan Barghouti est partie prenante dans le conflit israélo-palestinien et qu’il a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité par la justice de l’Etat d’Israël pour des meurtres de civils israéliens… »

Mais comme manifestement sa nomination est devenue une priorité, ses fans se sont à nouveau mobilisés dans la rue le 25 février 2017, menés par la Maire elle-même, Meriem Derkaoui (PCF), pour réclamer que ce terroriste soit citoyen d’honneur.

Les problèmes que connaît Aubervilliers importent peu a ces gens. Il faut récompenser cet assassin…

Autant dire que la grève de la faim observée par Barghouti et ses condisciples est du pain béni pour ses fans français.

De nombreuses manifestations se tiennent régulièrement pour réclamer sa libération.

En dernier lieu, ce soir, mercredi 24 mai, place de l’Opéra, profitant de la venue de l’artiste Sarit Hadad, qui se produit à l’Olympia.

« Soutien à la glorieuse résistance des prisonniers palestiniens en grève de la faim depuis plus de 30 jours !
Youssef Boussoumah: « En #France, au coeur de l’impérialisme, nous devons suivre cet élan de solidarité et ne pas faiblir. Le mois sacré du Ramadan approche, faisons que la victoire des prisonniers #palestiniens soit aussi celle de tous ceux qui sont épris de justice et de liberté à travers le monde ». #FreePalestine

37ème jour de grève de la faim des prisonniers palestiniens. Soutien à la grève de la Dignité et de la Liberté!

Mercredi 24 mai 18h00 : Rassemblement de soutien à la resistance palestinienne, place de l’Opéra (Paris)

A l’instar des rassemblements du BDS, interdits mais tolérés, il ne faut pas espérer que ces rassemblements pro-Barghouti soient interdits.

Il importe peu à l’Etat Français que ces manifestations soient en réalité des appels à la haine.

Comment peut-on raisonnablement déplorer le terrorisme lorsqu’on accepte sur son sol de telles manifestations d’apologie de ses crimes ?

Franny Fisher

Comme Fillon, le ministre n’a rien fait d’illégal

Régis de Castelnau
Source : Causeur

Après avoir été l’instrument – a priori conscient-  du déclenchement de l’opération médiatico-judiciaire organisée pour fausser l’élection présidentielle en faisant battre François Fillon et élire Emmanuel Macron, voici que le Canard enchaîné veut restaurer une impartialité méchamment écornée. En mettant en cause le député socialiste apostat, soutien de première ligne d’Emmanuel Macron, Richard Ferrand.

J’ai pu constater que le nouveau ministre de la Cohésion des Territoires n’hésitait pas, pour contrer ceux qui s’exprimaient contre Macron sur les réseaux, à fouiller les poubelles du Net et à recourir à la menace.

On aurait donc tendance à considérer que ce qui lui arrive est bien fait pour sa pomme. Le problème c’est que, comme d’habitude, le palmipède, profitant de l’aspect technique des choses, présente comme des illégalités grossières et immorales, des comportements qui non seulement n’ont rien de répréhensibles mais ne sont en plus ni inhabituels ni immoraux. Richard Ferrand va probablement avoir droit à une petite fête, il va voir que ce n’est pas rigolo. Si j’étais François Fillon, je me fendrais d’un petit mot personnel de soutien, genre « bienvenue au club »

La morale du Canard l’interdit, pas la loi

Essayons de comprendre à partir des informations présentes dans la presse. Richard Ferrand dirigeait une mutuelle (qu’il avait redressée) et celle-ci recherchait un petit local à louer pour y installer une antenne. La mutuelle n’étant pas une personne morale de droit public, il n’y avait donc pas de procédure formalisée de mise en concurrence. Sa compagne par ailleurs avocate disposait d’une promesse de vente sur un local qui pouvait faire l’affaire. Parmi trois offres dont la mutuelle avait été destinataire, celle de la compagne de Ferrand était la moins chère (travaux compris). Elle a donc été choisie et, munie du bail signé avec la mutuelle, ladite compagne a pu lever son option d’achat du local et le faire financer par la banque. Présenter comme anormal le fait que la société civile immobilière n’ait pas encore été constituée au moment de l’offre à la mutuelle est simplement ridicule. Pourquoi le faire, alors que le choix de la mutuelle n’était pas acquis ? J’ai vu dans ma carrière des dizaines de fois, des promesses de vente signées avec des Sociétés civiles immobilières (SCI) non encore constituées. C’est l’obtention du financement bancaire postérieur à la signature de la promesse de vente qui impose de créer vraiment la SCI, permettant ainsi de passer à la signature de l’acte notarié d’acquisition de l’immeuble, conditions de son opposabilité aux tiers. Et il n’est pas interdit de louer des biens futurs (à la mutuelle en la circonstance), c’est-à-dire avant de les avoir acquis définitivement. Et de le faire au nom d’une SCI en cours de constitution.

Le Canard nous dit que les membres du conseil d’administration qui ont pris la décision n’auraient pas été au courant de ce que cette SCI appartenait à la compagne de Richard Ferrand. C’est difficile à croire, puisque celle-ci était la gérante et avait donc dû signer tous les documents permettant de faire son offre. Ce qui devait figurer dans le dossier remis aux membres du conseil d’administration chargés de choisir.

Tout ceci est un peu léger

Bon, tout ceci est un peu léger (sauf informations complémentaires), et le Canard se sent un peu obligé de saler la soupe. Il se trouve que la compagne de Richard Ferrand est avocate et on nous apprend que ladite mutuelle lui a confié quelques dossiers contentieux… Horreur et putréfaction ! Le choix de l’avocat est libre (liberté garantie par la loi), mais pas pour tout le monde. Pour les moralistes médiatiques, il vaut mieux prendre quelqu’un d’incompétent plutôt que de s’adresser à celui ou celle avec lequel on pourrait avoir des liens de famille. N’importe quoi.

Et ça continue, vous vous rendez compte, la mutuelle a, « sans tambour ni trompette » nous dit le journal,  gardé cette avocate, même après le départ de Ferrand. Et alors ? C’est peut-être parce qu’elle était efficace ?

Et pour finir de porter l’estocade, Richard Ferrand a employé quelques mois son fils comme attaché parlementaire ! Comme les deux tiers du Parlement français, ce qui est parfaitement licite mais qu’à cela ne tienne, après l’affaire Fillon c’est devenu un crime relevant de la cour d’assises.

Il y aura mille raisons de combattre ce nouveau pouvoir, et de continuer à dénoncer les circonstances dans lesquelles l’élection présidentielle de 2017 a été faussée, mais ce populisme médiatico-judiciaire est la pire des méthodes.

Voilement des fillettes : la CAF finance-t-elle les islamistes ?
☆☆☆☆☆
Mohamed Louizi

«Nous acceptons les chèques vacances …» : cette phrase, se terminant par trois points de suspension, est toujours visible sur la page Facebook de l’association islamiste «La Oumma de Brétigny-sur-Orge»[1] que préside la «sœur» Diabou Demble[2].

Cette association a annoncé, le 16 mai dernier, l’organisation d’un séjour pour enfants, filles et garçons de 7 à 16 ans, en Haute-Savoie. Une annonce qui a visiblement subit une «légère» modification très significative. Car, au départ, les trois points de suspension n’existaient pas. Désormais, ils remplacent ce passage initial : « Nous sommes agréé CAF département du RHÔNE et LOIRE, puis VACAF département de la Haute-Savoie, Savoie, Ardèche, Isère, Bas-Rhin (67), Paris (75), Seine saint Denis (92) », comme le montre l’historique des modifications, disponible en cliquant sur « modifier => afficher l’historique des modifications » : ici[3] ! Peut-être, la révélation de cette information sur Tweeter a convaincu les organisateurs de la nécessité de masquer cette information juste scandaleuse[4] !

Si cette information se vérifie, la CAF se rendrait coupable — par naïveté ou par ignorance — de financement des séjours de vacance, organisés par une structure associative islamiste, très active dans le voilement des fillettes. Une situation assurément incompatible avec le contenu même de «La charte de la laïcité de la branche famille» adoptée par la CAF[5]. Celle-ci précise dans son article 3, je cite : «La laïcité a pour principe la liberté de conscience».

Soit. Mais le voilement des fillettes, dès l’âge de 3 ans, est sans doute une négation de cette liberté. Un enfant mineur ne choisit pas sa religion à cet âge. Il subit les manipulations des «adultes». Par ailleurs, l’article 4 de cette charte dit : «La laïcité contribue à la dignité des personnes, à l’égalité entre les femmes et les hommes…». La CAF doit savoir que le voilement des fillettes, dès l’âge de 3 ans, est un viol de l’innocence — le mot est assez faible — effaçant la dignité, instaurant l’inégalité entre les femmes et les hommes et installant, dans l’inconscience des fillettes, l’obligation de se soumettre au diktat moyenâgeux des frérosalafistes !

En espérant que les services centraux de l’Etat puissent examiner cette situation inadmissible, il me semble important de préciser que cette association cible, par ses activités, avec la complicité des parents, en priorité des enfants en bas-âge. Ses activités[6] se passent essentiellement à Brétigny-sur-Orge et dans l’une de ses mosquées. Elles peuvent se dérouler en Arabie Saoudite, comme fut ce voyage «cultuel» en juin 2016. Elles peuvent se dérouler aussi au sein de l’institut idéologique frérosalafiste de Château-Chinon, IESH (Institut Européen des Sciences Humaines), que dirigent les Frères musulmans de l’UOIF et qui reçoit des financements occultes de la Qatar Charity, entre autres. Les photos dévoilent un univers islamiste, tout sauf ludique, que financerait la CAF, inconsciemment. Ladite association se prépare pour ouvrir «incha’Allah une école d’ici 2017-2018. Dans un premier temps une école maternelle puis à la suite une école élémentaire »[7]. Car, disent les responsables : «L’éducation de nos enfants, c’est la formation de la Oumma de demain» !

L’islamisme a plusieurs façons d’imposer son idéologie dans (et sur) les têtes et ses terreurs dans les esprits et dans bien des territoires à conquérir. Le voilement des fillettes sert, à long terme, son contre-projet de société. Plus de fillettes voilées, c’est aussi plus de candidates en rupture avec l’école de la République, pour grossir les rangs des établissements privés islamistes sous (ou sans) contrats d’association avec l’Etat : la FNEM de l’UOIF ne peut que s’en réjouir. L’islamisme «opérationnel» tue des enfants à Manchester. L’islamisme «réserviste», par ce voilement précoce imposé à des fillettes innocentes, «tue» l’enfance au vu de tous. Les deux islamismes se différencient pour s’unir dans l’efficacité, sous la même bannière.

Le cas de Brétigny-sur-Orge est loin d’être un cas à part. De Roubaix à Marseille, en passant par Paris, des associations islamistes endoctrinant d’innocentes fillettes pour préparer les femmes voilées de la Oumma sont nombreuses. L’État se doit de réagir fermement et d’agir sans tarder. Moi, président de la République, même bénéficiant des votes des islamistes, je protégerai l’enfance contre l’endoctrinement précoce. Chaque enfant de la République a le droit d’être ce qu’il est et non ce que l’islamisme voudrait qu’il soit.

.Notes :
☆☆☆

[1]-Lire ici : https://www.facebook.com/LaOummadeBretignySurOrge/
[2]- Lire ici : https://www.facebook.com/diabou.dembele…
[3]- Lire ici : https://www.facebook.com/…/a.57607019251…/1273184789466874/…
[4]- Voir ici : https://twitter.com/ChartierSofia/status/866717811728666629
[5]- Lire ici : https://www.caf.fr/…/Communi…/CP_CharteLa%C3%AFcit%C3%A9.pdf
[6]- Lire ici : http://laoummadebretigny.com/content/7-qui-sommes-nous
[7]- Lire ici : http://laoummadebretigny.com/content/6-notre-projet

L’image contient peut-être : 1 personne, debout et texte

L’image contient peut-être : 7 personnes

L’image contient peut-être : une personne ou plus, personnes debout et texte

L’image contient peut-être : 10 personnes, personnes debout

L’image contient peut-être : 7 personnes, personnes debout et plein air

L’image contient peut-être : 10 personnes, texte

L’image contient peut-être : 8 personnes, personnes debout

L’image contient peut-être : 11 personnes, personnes souriantes, texte

Generated by IJG JPEG Library/Le salon des offres d'emploi pour migrants a eu lieu le 25 février 2016 à Berlin. (Image source: Carsten Koall/Getty Images)

Allemagne: Intégrer les migrants ?

«Nous sommes une société ouverte. Nous marchons à visage découvert. Nous ne portons pas de burqas».

par Soeren Kern

Source : Gatestone Institute
Un groupe de travail gouvernemental mis en place pour promouvoir l’intégration des migrants dans la société allemande a établi et rendu public la liste des caractéristiques qui fondent la culture allemande. 

Cette liste gomme soigneusement un certain nombre de termes politiquement incorrects comme «patriotisme» ou «culture dominante» (Leitkultur) et ramène les traditions et valeurs allemandes au plus petit dénominateur commun. Le groupe de travail fait implicitement du multiculturalisme l’expression essentielle de la culture allemande.

L’initiative pour l’intégration culturelle (Initiative Kulturelle Integration) a été créée en décembre 2016 par le gouvernement allemand pour promouvoir la « cohésion sociale » d’une société allemande qui, grâce à la chancelière Angela Merkel s’est enrichie de plus d’un million de migrants en provenance d’Afrique, d’Asie et du Moyen-Orient.

Le groupe de travail – piloté par le Conseil allemand de la culture (Deutscher Kulturrat) en étroite collaboration avec le ministère de l’Intérieur et deux douzaines d’associations spécialisées dans les médias, les affaires religieuses et l’intérêt général – a été chargé de parvenir à un consensus sur ce qui forme le cœur de la culture allemande.

L’opération avait bien sûr pour but de faciliter l’ « intégration culturelle » des migrants en les encourageant à adhérer à un corpus de valeurs culturelles unanimement partagées.

Après cinq mois de délibération, le groupe de travail a présenté le 16 mai une liste de ce qu’il a affirmé être les 15 principes directeurs de la culture allemande.

Sous le slogan « Cohésion dans la diversité », la liste énumère surtout des idées génériques – égalité entre les sexes, liberté d’expression, liberté de religion, pluralisme et démocratie – qui n’ont rien de spécifiquement allemand.

La liste ne mentionne pas non plus que la culture allemande est la culture de référence (Leitkultur) en Allemagne, ni que cette culture allemande est intrinsèquement liée à chacun des points évoqués ; quant au groupe de travail, il n’exige pas explicitement que les migrants s’assimilent au mode de vie allemand. Les principes directeurs énoncés produisent même le sentiment inverse : ils encourageraient en fait les Allemands à adopter les normes culturelles que les migrants ont apportées avec eux en Allemagne. L’objectif du groupe de travail qui était à l’origine d’inciter à l’intégration et à l’assimilation semble avoir évolué vers la coexistence, la tolérance et l’adoption par les Allemands de la culture de base du migrant.

Le préambule démarre ainsi :

«L’intégration affecte l’ensemble de la population en Allemagne. La cohésion sociale ne se décrète pas et ne peut faire l’objet d’une politique … La solidarité est l’un des principes fondamentaux de notre coexistence. Elle se manifeste dans notre compréhension mutuelle et dans l’attention aux besoins des autres – nous défendons une société de solidarité …
«L’immigration change la société et exige de l’ouverture, du respect et une tolérance mutuelle … Il n’est pas correct d’agiter des craintes et d’afficher son hostilité – nous défendons une société cosmopolite …
«Le processus d’intégration européen n’est pas seulement une garantie pour la paix en Europe, la prospérité et l’emploi, il incite aussi à la convergence culturelle et à l’émergence de valeurs européennes communes – nous voulons une Europe unie».

Le ministre allemand de l’Intérieur Thomas de Maizière, partisan bien connu de l’idée d’une culture dominante (Leitkultur), a exprimé sa déception face au flou dans lequel le groupe de travail s’est cantonné pour ce qui est de la Germanité. « Nous ne pouvons exiger que l’on respecte nos coutumes si nous hésitons à les énoncer », a-t-il déclaré. Lors d’une conférence de presse donnée à Berlin le 16 mai, il a développé :

« Je suis formellement en désaccord avec le Conseil culturel allemand sur la Leitkultur : j’aime ce mot, ce qui n’est pas le cas du conseil. Je n’ai toujours pas compris si ce qui vous dérange est le mot ‘noyau dur’ ou le mot ‘culture’ ou la combinaison des deux mots. A moins qu’il ne s’agisse d’autre chose dans le passé ».

Les tenants de la Leitkultur affirment qu’il faut empêcher qu’en Allemagne, se constituent des sociétés parallèles, notamment quand elles sont régies par la charia islamique. Ces opposants proclament qu’énoncer le principe de Leitkultur obligerait les migrants à abandonner certains éléments de leur identité pour se conformer aux us et coutumes de la majorité – soit le contraire de l’idéal multiculturel qui autorise les migrants à reproduire en Allemagne toutes les composantes de leur identité.

Le 29 avril, De Maizière a publié une tribune dans Bild qui a provoqué un torrent de critiques. Il exigeait des migrants qu’ils acceptent la Leitkultur allemande, affirmant que sans l’adhésion de tous à un « noyau culturel de base, la société perdrait ce fil conducteur d’autant plus nécessaire que les mouvements migratoires et la société ouverte nous rendent plus diversifiés ».

Dans son article, de Maizière a énuméré les dix caractéristiques qui sont à la base de la culture allemande, y compris la méritocratie et le respect de la culture et de l’histoire allemandes. Il a ajouté: « au-delà de notre langue, de notre constitution et du respect des droits fondamentaux, quelque chose nous lie dans nos cœurs, et ce quelque chose nous rend différents et nous distingue des autres».

Concernant la religion, de Maizière a écrit que « notre Etat est neutre, mais amical envers les églises et les communautés religieuses … Les clochers d’église structurent notre paysage. Notre pays est façonné par le christianisme … L’Allemagne fait partie de L’Occident, de manière culturelle, spirituelle et politique ». Il a ajouté :

« En Allemagne, nous disons notre nom et pour nous saluer nous nous serrons la main. Nous sommes une société ouverte. Nous marchons visage dévoilé. Nous ne portons pas de burqas ».

Les réflexions de De Maizière ont été largement tournées en dérision. Martin Schulz, candidat des sociaux-démocrates (SPD) à la chancellerie, a déclaré que la « culture dominante » de l’Allemagne, c’était la liberté, la justice et la coexistence pacifique, lesquelles étaient au cœur de la constitution ».

Jamila Schäfer du Parti Vert, a déclaré :

« Dès que vous définissez votre identité par le pays auquel vous appartenez, vous tendez à adopter une attitude de supériorité. C’est dangereux et antidémocratique car c’est une attitude d’exclusion. Une société est toujours en évolution et les mouvements migratoires sont un facteur de changement. Je ne crois pas qu’un vivre ensemble pacifique passe par la préservation de sa propre culture ».

Poussé à l’extrême, le point de vue de Schäfer indique aux Allemands qu’ils auraient intérêt à renoncer à la culture allemande en échange d’une paix sociale chimérique : le patrimoine judéo-chrétien allemand serait ainsi lentement remplacé par la charia islamique. De nombreux élus allemands sont d’accord avec Schäfer.

Le leader des démocrates libres, Christian Lindner, a accusé de Maizière de rouvrir un débat « vieux et obsolète »: « encore une fois, il s’agit de religion ».

« Une certaine conception de l’islam suggère, voire même interdit, aux hommes de serrer la main des femmes. Ce n’est pas une bonne chose, mais cela ne fait de mal à personne. Le débat sur la Leitkultur n’a rien à voir ici ».

La commissaire allemande à l’intégration, Aydan Özoğuz, a jugé « ridicule et absurde » le débat sur la Leitkultur. Dans une tribune du Tagesspiegel, elle a soutenu :

« Au-delà de la langue, une culture spécifiquement allemande n’est tout simplement pas identifiable. Historiquement, les cultures régionales, l’immigration et la diversité ont façonné notre histoire. La mondialisation et la pluralisation ont amplifié plus encore la diversité. Les immigrants ne peuvent tout simplement pas être régis par une culture majoritaire ».

En dépit de la critique des politiciens allemands, de Maizière semble avoir le soutien de l’opinion publique allemande. Un sondage Insa-Focus du 5 mai, a indiqué que 52.5% des Allemands interrogés estiment que l’Allemagne a besoin d’une Leitkultur. Seuls 25.3% des personnes interrogées ont déclaré qu’elles y étaient opposées.

Les arguments de de Maizière surgissent au beau milieu d’une campagne destinée à rallier à la CDU les votes conservateurs. Une partie de cet électorat, ulcéré par la politique migratoire de Merkel, a rallié Alternative pour l’Allemagne (AfD) un parti d’opposition qui se donne comme objectif de réduire les flux migratoires.

Un sondage Forsa-Stern-RTL du 17 mai a montré que si les élections fédérales de septembre avaient lieu aujourd’hui, la CDU de Merkel gagnerait avec 38% des voix, loin devant le SPD avec 26%. Le FDP obtiendrait 8% des voix, suivi des Verts et de l’AfD qui auraient chacun 7%. Si les Allemands devaient choisir leur chancelier directement, sans passer par les listes d’un parti, Merkel gagnerait avec 50%, contre 24% pour son principal challenger, Martin Schulz, du SPD. Les électeurs allemands, du moins pour l’instant, semblent se satisfaire du statu quo, avec ou sans Leitkultur.

Soeren Kern est Senior Fellow du Gatestone Institute basé à New York.

Photo NBC NEWS
Au lendemain de la visite de Donald Trump au Proche-Orient on peut d’ores et déjà tirer quelques conclusions. La première, et sans aucun doute la plus importante, est l’enterrement officiel de l’ère Obama et d’une doctrine dont les résultats sur la situation géostratégique dans la région se sont avérés catastrophiques.
Trump est un président moins sophistiqué, dont le discours ne sied guère aux intellectuels, mais qui a le mérité de la clarté. Dans son discours à Ryad devant une cinquantaine de dirigeants arabes sunnites, il a affirmé sa volonté de combattre l’islam radical, mais il a rappelé à ces pays que c’était à eux de mettre de l’ordre dans leur propre camp. Les Etats-Unis apporteront leur aide mais ne feront pas le travail à leur place.
Par ailleurs il a dit aux Etats musulmans sunnites ce qu’ils voulaient entendre, à savoir sa détermination à combattre l’Iran et ses alliés en Syrie, au Liban et au Yemen.
En Israël, Trump a prononcé les paroles d’amitié que l’on attendait, en s’engageant à favoriser une négociation directe et un accord de paix.
Sa vision est clairement pragmatique et non idéologique, voire messianique comme celle de John Kerry. Il s’agit pour lui de trouver un deal acceptable pour les deux partis. Lors de sa rencontre avec Abou Mazen il a mis le doigt sur les contradictions dans le discours de l’Autorité palestinienne en affirmant qu’on ne pouvait pas être pour la paix et en même temps faire l’apologie des terroristes, financer leurs familles, nommer des rues et des places en leur honneur.
Dans son intervention au musée d’Israël le plus important n’est pas ce qu’il a dit, mais plutôt ce qu’il n’a pas dit. En effet à aucun moment il n’a évoqué les résolutions de l’ONU, la rengaine habituelle d’une solution à deux Etats, le statut de Jérusalem, ou la question des implantations.

Trump et ses conseillers comprennent qu’une solution définitive du conflit n’est pas envisageable aujourd’hui, car l’Autorité palestinienne ne veut rien accepter d’autre que le retour aux lignes de 1967 et la séparation de Jérusalem, or aucun gouvernement en Israël de droite comme de gauche ne peut accéder à ces exigences.

Trump et ses conseillers comprennent qu’une solution définitive du conflit n’est pas envisageable aujourd’hui, car l’Autorité palestinienne ne veut rien accepter d’autre que le retour aux lignes de 1967 et la séparation de Jérusalem, or aucun gouvernement en Israël de droite comme de gauche ne peut accéder à ces exigences.
Une des propositions mises sur la table serait un accord partiel provisoire pour quelques années de création d’un Etat palestinien sur une partie des territoires de Judée-Samarie. Un Etat démilitarisé, en relation économique avec Israël et la Jordanie, qui permettrait de voir si les Palestiniens sont prêts à une véritable coexistence pacifique.
Un tel arrangement met Abou Mazen dans l’embarras, car il aura le plus grand mal à le faire accepter par la population, et notamment à ses opposants du Hamas et d’autres groupes au sein du Fatah.
Netanyahou, de son côté, risquerait de perdre sa majorité gouvernementale actuelle, mais il serait soutenu par une grande partie de l’opposition, et par l’opinion publique.
Netanyahou n’a pas rejeté l’idée, semble-t-il, même si au fond de lui-même il est persuadé qu’Abou Mazen n’a pas la capacité de « livrer la marchandise », comme on dit.
Contrairement à son prédécesseur, Trump ne considère pas le Premier ministre israélien comme l’obstacle majeur à l’avancée d’un processus de paix, Il a repoussé le transfert de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, à la demande des Etats arabes sunnites, afin de mettre en place un deal régional, qui comprend avant tout une guerre sans merci contre l’Islam radical et le terrorisme, un changement d’attitude vis-à-vis de l’Iran et un accord provisoire en Israël et l’Autorité palestinienne.
Il espère bien que les Etats arabes feront pression sur Abou Mazen pour qu’il ne fasse pas échouer cet accord géopolitique essentiel pour la région et le monde occidental.
Chronique de Michaël Bar-Zvi sur Radio J du 25 mai 2017/Tet be Yaar 5777

Manchester: vous n’avez pas rêvé, les médias ont parlé d’un “incident” terroriste

Ingrid Riocreux

Source : Causeur

En anglais, « a terrorist incident » est un « acte terroriste », de même que « incidents of violence » correspond à notre expression « des actes de violence ». Une erreur de traduction court donc depuis ce matin dans toute la presse.

Nos journalistes ont, semble-t-il, éprouvé une certaine gêne en entendant la police anglaise parler de « terrorist incident ». Mais comme ils raffolent des anglicismes, renonçant à traduire l’expression, ils se sont contentés d’une francisation minimale et se sont abrités derrière les guillemets :

Je ne pense pas avoir été la seule à tiquer puisque quand on clique sur ces trois articles, on constate que les titres en ont été modifiés.

Titre 1 :

Titres 2 et 3 (disparition de l’article n°2, apparemment) :Si l’on en croit l’horaire de modification des articles, la prise de conscience a eu lieu en milieu de matinée:

Il est vrai que ce n’est pas forcément à 2h45 ou à 5h54 du matin qu’on est le plus lucide.

A 6h, on est plus frais. Pourtant (cf. 0:50)

Certes, la journaliste détache le mot par son intonation pour bien montrer qu’il s’agit d’une citation. C’est aussi la fonction des guillemets ici, par exemple :

La question laisse entendre qu’il y aurait une différence de gravité entre « incident terroriste » (« terrorist incident ») et « attentat suicide » (« suicide bombing »). En anglais, ce n’est pas le cas: un attentat suicide est une attaque terroriste (bonne traduction de « terrorist incident »). Donc cette interrogation n’a aucun sens, elle est totalement à côté de la plaque.

En français, le mot « incident » signifie: événement sans gravité.

En anglais, il peut parfois avoir ce sens mais dans son usage courant, il est très proche de l’étymologie latine (in-cidere) qui exprime l’idée que quelque chose nous arrive, nous « tombe dessus », sans présumer de la gravité de ce quelque chose. Comme me l’indique mon bon vieux Collins, « an incident is something that happens ».

En répétant cet anglicisme porteur d’un oxymore ridicule, les journalistes ont donné une piètre image de la police britannique, qui semblait vouloir ainsi éviter de dramatiser ce qui était, manifestement, une horreur. Et puis, bien sûr, ils nous ont donné une fausse information (fake news?) puisque ces policiers n’ont jamais dit que l’attentat de Manchester constituait un « incident terroriste ». Ils ont dit que c’était un « acte terroriste ». Seulement, comme ils sont anglais, ils l’ont dit en anglais.

Merci de faire parvenir cet article à notre nouveau Ministre de l’Education Nationale afin de lui confirmer (puisque c’est, semble-t-il, sa position) qu’il est urgent, en effet, de renforcer l’enseignement des langues anciennes, des langues étrangères… et du français.

L’islamophobie, une instrumentalisation politique

« Pas d’amalgame ! » toi-même

André Versaille

Source : Causeur

À l’instar de l’antisémitisme, on a voulu assimiler l’islamophobie au racisme. Dans cette logique, beaucoup ne manquèrent pas de s’étonner que les actes antisémites soient condamnés comme actes racistes, tandis que l’islamophobie restait impunie au nom de la liberté d’expression.

Apparemment, malgré les explications fournies mille fois, les distinctions entre religion, ethnie et population échappent encore et toujours aux anti-islamophobes qui ne comprennent pas la différence entre l’antisémitisme, manifestation de haine envers les Juifs en tant que personnes, donc condamné comme racisme, et l’antijudaïsme, hostilité à la religion juive, jamais poursuivi : tout le monde a le droit de critiquer la Torah comme le Talmud et de blasphémer Moïse, Josué ou le roi David.

Les mots ont un sens

« Islam », « phobie ». Si les mots ont un sens, il s’agit d’une peur non pas des musulmans mais de l’islam. Peur, en partie, provoquée au vu des barbaries commises par les djihadistes qui ont fait de l’islam une idéologie meurtrière, ou peur de la façon dont l’islam est pratiqué dans les pays musulmans appliquant la charia. L’islamophobie n’est donc pas plus une variété du racisme que ne l’étaient les diatribes de Voltaire et d’autres philosophes des Lumières, contre le christianisme. Par ailleurs, toute religion étant porteuse d’idéologie, la critique adressée à l’islam concerne essentiellement son instrumentalisation idéologico-politique.

« Pas d’amalgame ! » répétons-nous. Or, que font donc ceux qui, en dénonçant l’islamophobie, déduisent délibérément une appartenance communautaire à partir d’une religion supposée pratiquée par la totalité des musulmans, ceux-ci étant essentiellement identifiés comme des fidèles et non comme des citoyens libres de leurs croyances ? Car c’est bien dans une mono identité religieuse que cet islam emprisonne les musulmans. Et comme cette mono identité est déclarée sacrée, le fidèle est enfermé à double tour : hors de l’islam il ne peut y avoir de salut, et toute distanciation sera qualifiée de trahison, sinon d’apostasie.

Cela étant, il est incontestable que, de même que nombre d’antisémites masquent leur détestation des Juifs derrière un antisionisme de façade, beaucoup de racistes dissimulent leur haine des musulmans et des Arabes derrière l’islamophobie. Soit. Cela doit-il empêcher le débat sur les ravages provoqués par les fanatiques qui tentent d’imposer leur idéologie religieuse par le fer et dans le sang ?

En dénonçant immédiatement toute critique rationnelle de la religion musulmane comme raciste, nous avons évacué la possibilité de réfléchir sur l’islam, donc y compris sur les crimes commis au nom de celui-ci.

Un terme choisi à dessein

Ce n’est, à mon sens, nullement par erreur ou par hasard que le terme d’islamophobie a été choisi plutôt que celui de racisme antimusulmans. Ambigu, le mot ne distingue pas la critique des pratiques de l’islam des agressions commises contre les fidèles. En amalgamant la religion à l’origine ethnique, le concept d’islamophobie entretient donc la confusion dans les esprits, et, sous couvert de lutte contre le racisme, sanctuarise l’islam. Et comme dans les pays démocratiques la provocation à la haine raciale ou ethnique est punie par la loi, cet embrouillement devrait amener naturellement les tribunaux à prononcer pour les offenses à la religion les peines appliquées aux délits racistes. Dès lors, comme en Arabie saoudite, au Pakistan, et dans les pays qui appliquent la charia, un individu pourrait se voir condamné pour avoir critiqué non seulement l’islam mais également des crimes commis (ou projeté : la fatwa contre Rushdie, par exemple) au nom de l’islam.

On a beaucoup glosé sur l’origine du terme d’islamophobie. Les sociologues Abdellali Hajjat et Marwan Mohammed, auteurs de Islamophobie, estiment qu’aucun autre mot n’a jamais provoqué autant de critiques ou de rejets du débat public. Pourtant, disent-ils, il n’y a pas de mot pour signifier un racisme ou une haine d’un groupe, qui soit parfait : ni « antisémitisme », ni « homophobie », ni aucun autre. Ces discussions sont stériles, ajoutent-ils, car la question n’est pas sémantique mais politique : ce qui importe, c’est ce qu’il recouvre, en l’occurrence le racisme antimusulman. Et ils considèrent, à juste titre, que refuser un mot qui sert à désigner une réalité, est une manière de nier cette réalité.

Hajjat et Mohammed nous apprennent que le terme d’islamophobie n’a pas été forgé par l’imam Khomeiny, comme beaucoup l’ont cru, mais qu’il fut déjà utilisé au début du XXe siècle. D’ailleurs, disent-ils, il n’y a pas, en persan, de « réel équivalent au mot d’islamophobie ». Je fais confiance à l’érudition de nos deux sociologues, mais en quoi est-ce significatif ? Que le mot soit récent ou exhumé n’a aucune importance : la seule question qui vaille, est de déterminer ce qu’il signifie aux yeux des religieux musulmans : est-il une forme de racisme ou concerne-t-il le blasphème ?

Où est le CCIF quand des musulmans sont brimés en terre d’islam?

Dans le monde arabo-musulman, les minorités étant seulement tolérées et de moins en moins nombreuses (le nombre des chrétiens d’Orient diminue comme une peau de chagrin, quant aux juifs, ils ont pratiquement disparu), toute manifestation raciste envers les musulmans est inconcevable.

Ceux que les régimes islamistes condamnent et persécutent sont donc les personnes qu’ils considèrent comme blasphématrices de l’islam. Dans sa fatwa contre Salman Rushdie, l’ayatollah Khomeiny avait bien utilisé un terme non « réellement équivalent à celui d’islamophobie », pour maudire l’écrivain. Or que lui reprochait-il ? Pas du tout de haïr les musulmans, mais de blasphémer ; il justifiera d’ailleurs sa condamnation à mort en soutenant qu’avec son livre Les Versets sataniques, Rushdie s’était dévoilé comme apostat, crime passible du châtiment suprême. De même, si la tête de Taslima Nasreen a été mise à prix par des fondamentalistes bengalis, ce fut pour avoir combattu en faveur de l’émancipation des femmes et lutté contre l’obscurantisme religieux qui sévit au Bangladesh, son pays d’origine.

De même, Waleed Al-Husseini, blogueur palestinien, à qui il fut reproché d’appeler à la défense des principes de laïcité, ainsi qu’au droit de pouvoir critiquer la religion, et de discuter librement de certains versets de textes religieux, qu’il estimait utilisés par les djihadistes pour justifier leurs crimes.

Dans ces trois cas – et il y en eut bien d’autres – la condamnation a toujours porté sur le blasphème, jamais sur quelque manifestation raciste antimusulmane que ce soit.

Comme on le sait, à l’instar de la Ligue des Droits de l’homme ou de la LICRA, le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) et d’autres associations « anti-islamophobes » musulmanes se sont instituées pour lutter contre la discrimination et la persécution des musulmans en tant qu’individus. On peut toutefois s’étonner de ne les avoir jamais entendus s’insurger lorsque des musulmans étaient brimés en terre d’islam par des régimes despotiques, comme ce fut le cas de Taslima Nasreen, de Waleed Al-Husseini, ou des homosexuels en Tchétchénie.

N’est-ce pas la mission de toutes les ligues de défense des droits humains (et apparentées) que de lutter, en toute indépendance, contre les exactions des gouvernements à l’encontre de ses citoyens ? Force est de constater que, face à la persécution de musulmans, dès lors qu’elle est le fait de régimes ou de sociétés islamistes, le CCIF, les associations et organisations anti-islamophobes affichent une froide indifférence.

Quant à la situation des femmes et des filles dans les cités françaises (et certains quartiers de grandes villes), surveillées, insultées, voire molestées par les « grands frères » si elles ne s’habillent pas « correctement », la question ne se pose même pas…

Retrouvez André Versaille sur son blog, Les musulmans ne sont pas des bébés phoques

50 faits de la ville de Jérusalem
pour le 50ème anniversaire de sa réunification

Source : LPH INFOS

Les Israéliens célébreront le 50ème anniversaire de la réunification de Jérusalem les 23 et 24 mai de cette année. S’appuyant sur la balise du semi-centenaire de la ville sainte, 50 actes mettent en lumière la riche tapisserie de la capitale d’Israël.

 Réunification

1. La Journée de Jérusalem est une fête nationale israélienne qui commémore la réunification de Jérusalem lors de la Guerre des Six-Jours de 1967.

2. Pendant l’occupation jordanienne de Jérusalem, les Juifs n’étaient pas autorisés à accéder à leurs lieux saints, y compris le Mur de l’Ouest.

Histoire

3. Jérusalem a été attaqué 52 fois, capturée et recapturée 44 fois, assiégée 23 fois et détruite deux fois au cours des 3 000 dernières années.

4. Israël est le seul pays à entrer au 21ème siècle avec un gain net dans son nombre d’arbres; Vous pouvez en profiter pendant un pique-nique ou un barbecue dans la forêt de Jérusalem.

5. Le nom «Jérusalem» provient très probablement de «Urusalim», un mot d’origine sémite qui signifie «Fondation de Shalem (l’intégralité)» ou «Fondation de Dieu».

Religion

6. Jérusalem a plus de synagogues par habitant que n’importe quelle ville dans le monde.

7. Jérusalem est la seule ville où vivent une quinzaine de sectes chrétiennes différentes, selon l’Institut de Jérusalem pour les études israéliennes.

8. Jérusalem est considérée comme la capitale éternelle du peuple juif.

9. Jérusalem est la troisième ville la plus sainte de l’Islam, en dehors de la Mecque et de la Médina, qui sont tous deux en Arabie Saoudite.

10. Jérusalem est mentionnée plus de 600 fois dans la Bible hébraïque, mais pas une fois dans le Coran.

11. Au Moyen Âge, les Juifs ont été expulsés de Jérusalem par les chrétiens, mais les musulmans ont ensuite levé l’interdiction.

12. Il existe plus de 70 noms hébraïques différents pour Jérusalem dans l’Écriture juive.

Tourisme

13. Jérusalem est statistiquement plus sûr que la plupart des grandes villes américaines et de nombreuses villes importantes ailleurs dans le monde.

14. Les hôtels de Jérusalem enregistrent chaque année plus de 2,5 millions de nuitées par les touristes étrangers.

15. Trente mille personnes ont couru dans le marathon de Jérusalem de cette année.

Sites saints

16. Le mont des Oliviers de Jérusalem abrite 150 000 tombes juives datant des années 1400.

17. Sous la domination israélienne, les juifs ne sont pas autorisés à prier sur le Mont du Temple, en dépit du fait que c’est le site le plus saint de leur religion.

18. La vieille ville de Jérusalem est divisée en quartier musulman, quartier chrétien, quartier juif et quartier arménien.

19. Le Dôme du Rocher n’est pas une mosquée, mais un sanctuaire islamique situé sur le Mont du Temple.

Gouvernement

20. Bien que toutes les branches du gouvernement israélien aient leur siège à Jérusalem, il n’y a pas d’ambassades étrangères qui se situent dans la ville. Le président Donald Trump aurait envisagé de transférer l’ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem.

Archéologie

21. Les murs de 2,5 milles de long autour de la vieille ville de Jérusalem ont été construits en 1536 par Suleiman le Magnifique.

22. Jérusalem compte plus de 2 000 sites archéologiques.

23. L’archéologie continue d’apporter des preuves que les juifs ont vécu à Jérusalem depuis 3000 av. J-C.

24. Les archéologues ont trouvé une poterie de 3 000 ans dans la ville de David.

Éducation

25. Jérusalem a des systèmes éducatifs et religieux distincts pour ses populations chrétiennes, musulmanes et juives.

Culture

26. Jérusalem possède l’une des boîtes de nuit les mieux classées du monde: Haoman 17.

27. Il existe 26 vignobles à Jérusalem, selon United avec Israël.

28. Bob Dylan a fait la bar mitzvah de son fils aîné Jesse au mur de l’Ouest.

29. L’actrice Natalie Portman est née à Jérusalem.

Données démographiques

30. Jérusalem est la plus grande ville d’Israël, tant dans la masse terrestre que dans la population.

31. La population de Jérusalem est à 61% juive, 36% musulmane, 1% arabe-chrétienne et 1% chrétienne non-arabe.

32. Alors que la population juive « laïque » auto-identifiée d’Israël est de 44%, la population juive laïque de Jérusalem ne représente que 19 %.

33. 62% de la population musulmane de Jérusalem, s’identifient comme religieux et seulement 1% s’identifient comme observants.

34. Jérusalem a eu une majorité démographique juive depuis 1864.

35. Jérusalem représente environ 0,001% de la masse terrestre du Moyen-Orient.

36. Dix-huit pour cent de la population arabe d’Israël vit à Jérusalem, contre 8 pour cent de la population juive totale d’Israël.

37. Onze pour cent des propriétaires de Jérusalem sont des résidents étrangers, contre 3 pour cent en Israël en général.

38. Trente-quatre pour cent des Juifs de Jérusalem s’identifient comme haredi.

Économie

39. Près de 37% de toutes les familles de Jérusalem vivent en dessous du seuil de pauvreté; Cela représente 61% de tous les enfants de Jérusalem

40. Jérusalem abrite plus de 400 entreprises de haute technologie.

41. Le nombre de start-up high-tech à Jérusalem a triplé de 200 à plus de 600 depuis 2012.

42. Quatorze pour cent de la main-d’œuvre de Jérusalem sont des travailleurs indépendants.

43. Les familles arabes à Jérusalem sont presque trois fois plus susceptibles de vivre en dessous du seuil de pauvreté par rapport aux familles juives à Jérusalem. Ceci est attribué à une grande différence du nombre d’années d’études.

44. Soixante-dix-neuf pour cent des femmes juives travaillent à Jérusalem, contre 70 pour cent des hommes juifs.

45. Les femmes à Jérusalem gagnent 25 pour cent de moins que l’homme moyen, comparativement à 46 pour cent de moins à Tel-Aviv.

46. ​​La société basée à Jérusalem, Mobileye, qui a été achetée par Intel cette année, faisait partie de l’acquisition la plus importante d’une société de technologie israélienne.

Immigration et migration

47. Cette année, une proportion nettement élevée (près de 50 pour cent) des nouveaux arrivants à Jérusalem avaient entre 20 et 34 ans.

48. Parmi les Israéliens qui emménagent à Jérusalem, 38 pour cent viennent de Beit Shemesh et Tel-Aviv.

49. L’immigration brésilienne à Jérusalem a triplé au cours de la dernière année.

50. La «nouvelle» population immigrante de Jérusalem – celle qui est arrivée au cours des 20 dernières années – représente environ 13% de la population juive de la ville.

Le conseil des ministres allemand a validé un projet de loi contre les contenus haineux de certains réseaux sociaux comme Facebook ROSLAN RAHMAN (AFP/Archives)
Le journal britannique The Guardian, qui a eu accès à plus d’une centaine de documents internes destinés aux modérateurs de Facebook, révèle entre autres les régles du réseau social concernant les posts négationnistes.
D’après le quotidien, l’un des documents précise que les modérateurs sont chargés de supprimer les posts et images négationnistes uniquement dans les pays où l’entreprise craint d’être poursuivie en justice.

Ainsi, la suppression des messages ou images à caractère négationniste n’est effective que dans quatre des quatorze pays qui interdisent le déni de la Shoah.

Le Guardian cite l’un des passages du document en question: l’entreprise « n’envisagera de bloquer ou supprimer un message ou une image négationniste que si nous risquons d’être bloqué ou sanctionné légalement par un pays ».

Facebook justifie cette politique en insistant sur le fait qu’elle ne se soumet pas à la loi locale si celle-ci « constitue un obstacle à un monde ouvert et connecté. », rapporte le quotidien.

Les quatre pays dans lesquels Facebook applique véritablement sa politique anti-négationniste sont la France, l’Allemagne, Israël et l’Australie.

D’après le Guardian, l’entreprise a réagi en indiquant que le nombre de pays avancé dans le document est « inexact », sans donner plus de détails.

Facebook dit toutefois reconnaître « les sensibilités autours de la question du déni de la Shoah en Allemagne et dans d’autres pays et nous faisons en sorte que nos modérateurs soient respectueux de cette sensibilité ».

Le Pakistan avait bloqué Facebook pendant deux semaines en 2010 après la publication d’un contenu supposément blasphématoire
LEON NEAL (AFP/Archives)

Cette politique de non-censure systématique s’applique aussi aux publications anti-migrants ou anti-réfugiés.

En effet, s’il est demandé aux modérateurs de « supprimer les contenus deshumanisants ou les appels à la violence contre les réfugiés », il est ensuite précisé que cette catégorie de personnes ne « bénéficiera pas de l’entière protection prévue par la politique ‘anti-haine’ de l’entreprise car nous souhaitons que les gens puissent avoir des discussions générales sur les migrants et l’immigration ».

Un commentaire tel que « Fuck immigrant » ne sera donc pas supprimé, indique le Guardian.

Le réseau social est dans le viseur de nombreux pays en raison de la résurgence de messages à caractère haineux et d’appels à la violence.

L’incitation à la haine sur internet est une question très sensible en Europe notamment où les autorités de divers pays, dont l’Allemagne, demandent depuis à Facebook de modérer davantage les commentaires.

En 2014, la police allemande a recensé 1.119 cas d’incitation à la haine sur internet et 3.084 en 2015.

En Israël, un ministre a même accusé le géant de l’Internet, d’entraver les efforts de la police pour attraper les terroristes, et a estimé que Mark Zuckerberg a « du sang sur les mains ».

Source : I24 News

Faut pas stigmatiser quand même…

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Source : Causeur

 

 

Il y a une pétition signée par 1500 personnes. Elle dit, cette pétition, que le quartier de La Chapelle est devenu une « no go zone » pour les femmes, qu’elles y sont régulièrement agressées sexuellement, verbalement et physiquement. Que les agresseurs sont des migrants. Que les femmes ont peur, qu’elles font un détour pour éviter le quartier.

1500 personnes… 1500 racistes, fascistes et colonialistes, c’est sûr !

L’information a été donnée dans un article par Le Parisien. Un autre journal – Libération – s’en est ému à son tour. Et comprenant qu’il s’agissait d’un terrain miné, Libé a envoyé sur place un démineur. Un démineur, ça démine.

Un métier délicat, difficile et dangereux. Il s’en est tiré avec les honneurs. Le titre de l’article dit qu’il s’agit d’un « quartier populaire et métissé ». Ça c’est bien. Quant au ras-le-bol des habitants, et surtout des habitantes, il est qualifié d’ « un peu caricatural ». Et ça, c’est très bien.

« Une pétition lancée ce vendredi dénonce le harcèlement de rue dont sont victimes plusieurs habitantes de ce quartier populaire et métissé du nord de la capitale. Un ras-le-bol un peu caricatural ? »

titre Libé

Attention terrain miné!

N’écoutant que son sens du devoir, le démineur a continué courageusement son travail de déminage.

Pourquoi irait-il interviewer une (un) des 1500 pétitionnaires ? Une femme qui a subi des attouchements et qui s’est entendu dire « on va te baiser sale pute » ne peut évidemment pas être objective. Peut-être même que derrière elle, se profile l’ombre glauque du fascisme ?

Il en a quand même – pour le principe – interrogé une ou deux qui se plaignent. Et aussitôt ces mines mises à jour, il les a rapidement enfouies sous terre.

Car le démineur cherche autre chose. Et quand on sait ce qu’on veut trouver on trouve.

Fanny, décrite comme étant « de sensibilité féministe forte » : « j’habite le quartier depuis sept ans et je n’ai jamais été embêtée » ! Et elle ajoute que la pétition est « bourrée de trucs faux ». Les autres, celles qui ont été embêtées, sont certainement des salopes et des allumeuses.

Parole sera donnée aussi à Jean-Raphaël qui tient à dire que le harcèlement de rue est « également le fait d’hommes blancs et français ».

Et pour faire bonne mesure, le démineur dénoncera « la récupération politicienne » de Valérie Pécresse qui s’est rendue sur place.

Mobilisés par des associations d’aide aux migrants, une vingtaine de militantes et de militants antiracistes ont crié « le sexisme n’a ni race ni religion ». Ah si c’était Anne Hidalgo qui était venue… Mission déminage accomplie.

PS : dernières nouvelles de l’opération déminage. Caroline de Haas, fondatrice d’Osez le féminisme !, suggère « qu’on élargisse les trottoirs » dans le quartier de La Chapelle. Comme ça les dames et demoiselles du quartier n’auront pas à frôler les malheureux migrants.