Le traumatisme des combats a définitivement exacerbé la défiance, déjà, profonde entre Chi’ites et Sunnites. Au cœur du problème, se trouve le rôle joué par l’Iran chi’ite au Moyen-Orient.
Si on veut identifier et combattre ces terroristes qui nous reviennent de plein fouet de Syrie et d’ailleurs ils seraient, au moins, 12.000, dont 3.000 originaires d’Occident, selon Le groupe consultant Soufan Article original« >Article original, il faut comprendre les mécanismes et stratégies qui les font agir, connaître leurs buts, leur projet et réaffirmer les nôtres. Du côté Chi’ite comme Sunnite, on retrouve les lignes de forces de deux plans apocalyptiques.

C’est le Printemps,

Et voici la Main du Printemps

Qui éponge le sang sur son visage.

Adonis (Ali Ahmad Said Esber, poète syrien et essayiste né le 1er Janv. 1930.)

Depuis le déclenchement des rebellions arabes ou de “l’Eveil”, la Shura jihadiste a travaillé à préparer le terrain à cet avènement islamiste-jihadiste au Moyen-Orient. Un appui de grande ampleur, financier et matériel, a été fourni aux diverses entités islamistes, à travers tout le Moyen-Orient, par des équipes d’agents intermédiaires hautement entraînés, appelés les « Fils de la Terre (Ibn ul-Balad) qui opèrent à l’intérieur des cadres non-étatiques de « l’héritage » territorial de référence.

De même, des opérations spéciales terroristes sont conduites conjointement par des équipes de “ l’Armée de l’Ombre ” ( Lashkar al-Zil) revitalisée, qui a été entraînée en Afghanistan-Pakistan et en Tchétchénie, et les réseaux de l’élite jihadiste des divers mouvements d’ « al qaïdat Jihad » (la base ou le fondement du Jihad) locaux, à travers toute la région, qui sont aussi organisés selon les lignes de « l’héritage » territorial, depuis la moitié de la première décennie du 21ème siècle. Le résultat de cet effort est, à présent, visible, par la présence grandissante et l’influence des volontaires étrangers dans le Bilad al-Sham et al-Jazira (Syrie-Irak), ainsi que dans la Péninsule du Sinaï et en Libye-Egypte.

La transformation radicale, interne à la tendance jihadiste Sunnite, a fortement influencé le réalignement de la stratégie turco-iranienne.

Depuis le déclenchement initial des révoltes arabes, à la fin 2010, aussi bien Ankara que Téhéran ont été déchirés par des intérêts vitaux contradictoires. Ces deux puissances ont toujours eu un objectif final commun : réprimer la montée en puissance de l’Arabisme sunnite traditionnel en provenance de Bilad al-Sham et al-Jazira. Cependant, ils ont divergé quant à la posture régionale à adopter, pour faire barrage à cette renaissance de l’Arabisme.

Ankara est déterminé à étendre son hégémonie régionale au détriment du système de pouvoir traditionnel prenant sa source dans la Péninsule arabique, en instaurant un axe sunnite du Nord au Sud, capable d’absorber la Maison des Al-Saoud. Téhéran répugne à renoncer à son Croissant chi’ite Est-Ouest, avec le Hezbollah au Liban et le gouvernement chi’ite irakien qui offre à l’Iran un accès aux rives de la Méditerranée. Actuellement, le dénominateur commun à ces deux puissances se situe dans leur détermination à dominer rapidement le cœur du pays sunnite entre la Syrie centrale et l’Ouest de l’Irak. En même temps, la compétition féroce irano-turque, dans l’établissement de leurs suprématies respectives, demeure la clé de la guerre fratricide, en pleine escalade, en Syrie.

C’est pourquoi la montée en puissance de DAESH ( alias Etat Islamique en Irak et au Levant ou al-Sham ou EIIL, ISIL ou ISIS) et de son Emirat de la Vallée de l’Euphrate est aussi problématique, pour Ankara autant que pour Téhéran.

La lutte pour le pouvoir entre Daesh et les divers groupes jihadistes appartenant à Al Qaïda d’Ayman Al Zawahiri (comme le Front Jabhat al-Nusra, Ahrar al Sham, etc.) consiste à savoir vraiment si le mouvement sunnite jihadiste, étant foncièrement néo-Salafiste – et ainsi, viscéralement anti-chi’ite – peut coopérer avec l’Iran et bénéficier d’une assistance complète de la part des forces Quds des CGRI (armes, financement, conseils tactiques, sanctuaires en Iran, etc.).

Le conflit est devenu aussi cruel que vindicatif à la fin février 2014, après l’assassinat à Alep d’Abu-Khaled al-Suri, l’émissaire personnel d’al Zawahiri en Bilad al-Sham et ami le plus proche d’Abu Musab al-Suri. Cet assassinat, n’était pas seulement la conséquence de l’escalade dans les combats entre les forces jihadistes dans le nord et le centre de la Syrie, mais il a aussi déclenché un débat théologique profond pour savoir si le mouvement jihadiste devait affronter sans compromission tous les apostats et les Chi’ites, ou coopérer avec certains d’entre eux, dans la poursuite conjoncturelle des buts les plus hauts, tels que l’établissement d’un Califat islamiste dans le grand Moyen-Orient.

A la mi-avril 2014, Daesh a encore fait monter d’un cran la controverse, par une mesure symbolique très significative. Abu-Muhammad al-Adnani, l’un des porte-parole de Daesh, est monté d’un ton dans un communiqué féroce : « Al Qaïda, aujourd’hui, n’est plus le fondement du Jihad », a-t-il écrit. « Son cercle dirigeant est devenu un marteau cherchant à briser le projet d’un Etat Islamique ».

Cette menace ne pouvait plus être tolérée parce que “les dirigeants d’Al Qaïda ont dévié du bon chemin du zèle anti-chi’ite »>Article original. Partout, ils ont divisé les rangs des Mujaheedin ».

A la fin avril 2014, Daesh a intensifié la lutte théologique en introduisant « la Promesse de Khorasan ». Muhammad al-Adnani a expliqué que des mesures drastiques étaient impératives, parce qu’”Al Qaïda a dévié de la juste voie », et, par conséquent, « il ne s’agit pas d’une mésentente pour savoir qui il faut tuer ou à qui prêter allégeance. Il est question de pratiques religieuses déformées et d’une approche déviante de la vraie voie ».

Neuf Emirs prédominants du Moyen-Orient, d’Afghanistan, du Turkménistan et d’Iran ont déclaré leur allégeance au nouvel “Emir de la Foi”, Abu Bakr al-Baghdadi al Qurashi, l’Emir de DAESH. Ces neuf dirigeants sont : Sheikh Abu Ubaidah al-Lubnani, Abu al-Muhannad al-Urduni, Abu Jurair al-Shamali, Abu al-Huda al-Soudani, Abdulaziz al-Maqdisi (frère du Sheikh Abu Muhammad al-Maqdisi), Abdullah al-Punjabi, Abu Yunus al-Kurdi, Abu Aisha al-Qurtubi, et Abu Musab al-Tadamuni.

Ces neuf Emirs ont publié une longue thèse théologique, dans laquelle ils expliquent l’impératif urgent d’adopter “la promesse de Khorasan”, dans le cadre de l’histoire du combat jihadiste au Moyen-Orient et au-delà.

Ils ont analysé la controverse sur la quintessence takfirie du Jihad et, particulièrement, la controverse entre Abu Musab Al-Zarqawi et Zawahiri, concernant le Jihad en Irak, dans la première décennie du XXIème siècle.


Al Zawahiri, devant le portrait d’Abu Musab Al-Zarqawi

Cette controverse théologique prend encore plus d’importance pour la guerre actuelle à Bilad al Sham “ où il était du devoir de Daesh de tendre la main et de fournir un soutien à son peuple, pour vaincre la conspiration des deux armées : l’armée syrienne et l’armée syrienne libre (rebelle) ».

Croyant au triomphe inéluctable des forces jihadistes, expliquent ces neuf Emirs, « les forces de l’infidélité et de l’apostasie ont semé les germes de l’hypocrisie, en utilisant de nouveaux groupes sous des noms qui sonnaient islamiques, afin d’être un rival et un obstacle à la fondation de l’Etat islamique ».

Ces Emirs font allusion aux groupes d’Al Qaïda, guidés par Abu-Musab al-Suri, en coopération secrète avec les Forces al Qods iraniennes, dans le but de soutenir leur propre Jihad. Ils ont refusé d’accepter les excuses des dirigeants d’Al Qaïda, disant que ces « groupes n’avaient pas le courage de faire respecter les jugements concernant ceux qui désobéissent à la Shari’a, au prétexte d’éviter la rupture avec le peuple ou du fait de leur incompétence et de leur incapacité, bien qu’ils appliquaient la Chari’a en secret plus qu’ils ne le faisaient au grand jour ».

Au contraire, insistent les 9 Emirs, la coopération tacite et opportuniste avec l’Iran chi’ite ne se limitait pas aux Jihadistes sous la contrainte en Syrie, mais consistait plutôt en une nouvelle tendance au sein du mouvement islamique. L’exemple le plus saisissant de la corruption théologique de la foi jihadiste a été « l’ancien Président égyptien Mohamed Morsi, dont il a été prouvé qu’il s’agissait d’un apostat, même pour ceux qui éprouvaient un semblant de compréhension (envers les Frères Musulmans).

C’est, pensent ces Emirs, à cause de cette déviation hors du chemin juste et droit que les Islamistes ont perdu le pouvoir en Egypte.

Les neuf Emirs ont regretté ne pas s’être levés plus tôt pour relever ce défi, à cause duquel la nation musulmane souffre tant. En conclusion, écrivent-ils : « Nous demandons pardon à Allah pour notre retard à révéler la vérité et corriger ce que nous avons corrompu, où nous avons désobéi et ce que nous n’avons pas voulu accepter. Ainsi, nous rédigeons ce message à la nation musulmane pour demander pardon à notre Seigneur. Nous avons montré que Daesh a raison .

« Il hisse la bannière sans hésitation, ni faiblesse, et sans en rendre compte à quiconque sauf à Allah. Nous comptons sur lui pour cela et aussi longtemps qu’ils persévéreront, ils ont notre soutien et notre allégeance, envers son Emir, le fidèle Sheikh Abu Bakr al-Baghdadi al-Qurashi, notre obéissance dans la chance comme dans l’adversité, dans les temps difficiles et la prospérité, sans jamais défier son commandement. Mais, s’il faiblit ou dévie, il n’obtiendra de nous que ce que d’autres ont obtenu avant lui ».

Bien que cette controverse théologique entourant la “Promesse de Khorasan” masque le problème spécifique de la coopération sunnite avec l’Iran chi’ite , elle est très explicite, quant à la cruauté du combat fratricide qui s’en est suivi. Daesh tient les cercles dirigeants de la mouvance jihadiste pour responsables du commencement de la destruction de Bilad al Sham, de l’Irak et du Nord d’al-Jazira, sacrifiés sur l’autel des bonnes relations avec l’Iran. Abu Ali al-Anbari, un des principaux commandants de Daesh en Irak et qui combat actuellement en Syrie, s’est montré très explicite, quant à l’intensité du combat contre les forces affiliées à Al Qaïda. « Soit nous les éliminons, soit c’est eux qui nous éliminent », a-t-il répété lors des assemblées des commandants du Jihad.

Le schisme takfiri émanant de Bilad al Sham et d’Irak s’est déjà exacerbé et intensifie la myriade de conflits qui empoisonnent le reste du Moyen-Orient.

L’Arabie Saoudite est la victime principale de ce schisme takfiri en pleine escalade et la crise s’aggrave à cause de la détérioration de la santé du Roi Abdallah bin ‘Abd al-’Aziz al Sa’ud’ et du processus non-résolu de sa succession. En principe Daesh aurait dû ou pu être le gardien et le protégé de Riyad, du fait de sa posture anti-chi’ite et anti-Iran sans compromission. Cependant, Daesh affaiblit la prédominance de la structure tribale au pouvoir en Al-Jazira et porte ainsi préjudice à la nation Shamarie, qui est le noyau dur du soutien aux tribus de Nagdi, du centre de l’Arabie Saoudite, qui sont les principaux partisans de la faction d’Abdallah, pour la Maison des Saouds et qui fournissent l’essentiel des recrues fidèles à la Garde Nationale Saoudienne.

Dans la partie occidentale de Bilad al Sham, la coalition des minorités installées depuis longtemps (Alaouites, Druzes, Maronites, etc.), qui dominent l’élite de la sécurité et de l’économie (les Arabes sunnites urbains, les Arméniens, etc.) continue de consolider sa mainmise sur les zones viables de la Syrie d’avant-guerre et du Liban. Alors que le combat stratégique tire à sa fin, un grand nettoyage reste à faire et on doit s’attendre à ce que le terrorisme se poursuive encore longtemps. Il n’y a qu’ensuite que l’énorme tâche de la reconstruction du pays commencera.

Cependant, le triomphe du Président Bachar al Assad à Damas est, à présent, irréversible, indépendamment de l’étendue de l’intervention croissante de la Turquie et du Qatar et, même, d’une éventuelle intervention militaire occidentale menée par les Etats-Unis.

Le combat inter-sunnite cruel concernant l’orthodoxie takfirie ou la coopération avec les forces al Qods a, effectivement, auto-neutralisé les forces sunnites jihadistes dans la zone du Grand Alep : le tout dernier front principal de la guerre.

Pendant ce temps, on a assisté au repli précipité des Arabes sunnites dans le giron d’Assad, pour y chercher protection contre le carnage résultant du combat fratricide entre Daesh et al Qaïda. Actuellement, l’alliance entre Damas et Téhéran pour renforcer le Croissant chi’ite – l’accès territorial à la Méditerranée – a pour effet de contenir, momentanément, les provocations du Hezbollah contre Israël, de restreindre l’ascension au pouvoir des Chi’ites au Liban, mais il permet de fournir un soutien militaire contre l’assaut sunnite.

Dans le nord, l’entité Kurde de facto unifiée, se projette vers une montée en puissance, aussi bien en Turquie (par la relance de l’insurrection du PKK) et dans l’Ex-Irak central et du nord. A la fin avril 2014, le Président de la région du Kurdistan, Massoud Barzani a signé un document secret affirmant que la « confédération résoudra tous les problèmes kurdes ». Ce document met en exergue un programme légalisant et organisant l’intégration progressive des autres entités kurdes dans une vaste entité politique dirigée par Erbil. Erbil fournit ainsi le cadre politique aux autres zones kurdes –à commencer par celle de Turquie – pour faire, un jour, sécession et se joindre au Kurdistan irakien d’Erbil.

Tout le long de la vallée de l’Euphrate, d’Alep à Bagdad, l’Emirat de Daesh accentue la pression sur le gouvernement chi’ite de Bagdad.


Des membres de la redoutable brigade Ousoud al-Anbar (les Lions de Anbar), affiliée à l’État islamique en Irak et au Levant, la branche d’el-Qaëda en Irak. Photo AFP/YouTube

Pour enrayer ce fléau, les Arabes chi’ites de Mésopotamie sont de plus en plus redevables envers les cercles dirigeants de Najaf et Karbala, qui facilitent l’afflux croissant de recrues et de financements pour soutenir l’effort de guerre de Bagdad. Cependant, Bagdad est incapable de faire comme s’il pouvait ignorer la domination de Téhéran et Qom.

La Bagdad chi’ite tente désespérément de contenir la marée provenant de Daesh et du Réveil des Arabes sunnites d’Al Jazira, et jusqu’à présent, n’y est pas parvenu. Le caractère de plus en plus sectaire de la bataille pour Bagdad et la propagande chi’ite au vitriol qui l’accompagne, renvoie la population sunnite dans les bras de Daesh et loin des groupes appartenant à Al Qaïda.

Plus au Sud, l’Arabie Saoudite et le Conseil de Coopération du Golfe (CCG) semblent, de plus en plus, vulnérables, face à la progression chi’ite dans l’Est de la Péninsule Arabique, comme le reflète l’instabilité croissante au Bahrein. Autant Téhéran que ses protégés opèrent sous la couverture de l’Etat Islamique de l’Est de l’Arabie, encore renforcés par l’abandon américain à l’égard de Riyad et des autres Etats du Golfe.

Ces alliés de l’Iran sont convaincus qu’ils peuvent poursuivre et intensifier leur insurrection, du Koweit jusqu’aux Houtis du Yémen, avec la certitude qu’il n’y aura pas de représailles, de la part des Etats-Unis. Riyad est de plus dépendant de l’Ikhwan saoudien (un mouvement militant différent et n’ayant rien à voir avec les Frères Musulmans d’Egypte, mais qui ressemble plutôt à un genre de Cosaques russes, sur la ligne de crête du Norde Caucase), pour combattre et contenir l’insurrection chi’ite locale.

Cependant, l’Ikhwan saoudien correspond à une foi takfirie dont la vision du monde est très similaire à celle de Daesh . Ce n’est, par conséquent qu’une question de temps, avant que ses dirigeants ne commencent à graviter autour de la « Promesse de Khorasan », malgré le conflit entre les tribus Shamari et les Nagdi.

La stabilité et l’unité globale de l’Arabie Saoudite en sera d’autant plus mise en péril.

Pendant ce temps-là, Doha (Qatar) maintient son double-discours dans sa quête pour la prédominance régionale.

Le Qatar agit tacitement au nom de l’Iran, à travers toute la région, afin d’obtenir des gains stratégiques et financiers. D’un côté, le Qatar est le plus proche allié de la Turquie, dans sa campagne de parrainage et de lancement des forces appartenant à Al Qaïda en Syrie et en Irak, dans le but de contenir, à la fois, l’Iran Chi’ite et les Sunnites Takfiris, et de façon à pousser l’axe sunnite nord-sud qui semble en capacité de faire imploser la Maison des Saouds. Ensuite, Doha semble convaincu qu’il sera en capacité de partager l’hégémonie régionale avec Téhéran , sur le reste des pays-membres du Conseil du Golfe et du monde arabe, dans son ensemble.

L’Iran apparaît convaincu que le résultat additionné du triomphe d’Assad à Damas et du carnage fratricide dans la lutte entre Daesh et Al Qaïda empêchera la Turquie de réussir à consolider un axe sunnite nord-sud qui puisse mettre au défi le Croissant chi’ite Est-Ouest.

Et ainsi y a t-il d’autres complots et luttes en Egypte, entre le Hamas et l’Autorité Palestinienne, à la fois au Nord et au Sud de la Jordanie, qui pourrait être directement affectée par le Sursaut takfiri et l’exploitation qu’en fait l’Iran.

Ce printemps et le début de l’été risque d’être tout sauf ennuyeux.

Lundi 28 avril, 2014 | Posted by WorldTribune.com

Par Yossef Bodansky, Senior Editor, Global Information System / Defense & Foreign Affairs

Adaptation : Marc Brzustowski

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Al-Baghdadi, le Chef de Daesh (EIIL) rivalise avec Al Qaïda de Zawahiri

Le dirigeant de l’ombre de milliers de combattants islamistes en Syrie et en Irak, dont de nombreux ressortissants occidentaux, semble surpasser le Chef d’Al Qaïda, Ayman Al Zawahiri, en tant que dirigeant Jihadiste le plus influent dans le monde.

L’Etat Islamique en Irak et au Levant d’ Abu Bakr al-Baghdadi – connu pour ses méthodes impitoyables et ses terroristes-suicide – est, sans doute, la force la plus à même de combattre le Président syrien Bachar al Assad et il a même pris le contrôle d’un ville irakienne de premier ordre, au cours des cinq derniers mois, en tandem avec d’autres groupes.

Les gouvernements occidentaux craignent qu’il puisse, en définitive, rivaliser avec Al Qaïda et frapper à l’étranger (comme à Bruxelles, tout dernièrement), mais leur inquiétude la plus vive, pour le moment, est, probablement, le retour imminent des combattants étrangers attirés par l’EIIL et Baghdadi.

Parmi eux, on trouve des hommes comme Mehdi Nemmouche, un franco-algérien de 29 ans qu’on pense avoir commis la tuerie meurtrière contre le Musée Juif de Bruxelles, en Belgique, le mois dernier, après avoir passé un an à combattre avec l’EIIL en Syrie.

“Au cours des dix dernières années ou plus, Zawahiri a dû se terrer dans les zones tribales de la frontière Afghano-pakistanaise et il n’a guère fait autre chose que de publier quelques déclarations et vidéos », déclare Richard Barrett, ancien directeur du contre-terrorisme au MI6, les services secrets extérieurs britanniques.

“Pendant ce temps, Baghdadi a réalisé une somme impressionnante de choses – il a conquis des villes, mobilisé de grandes quantités de gens, il continue de tuer de façon impitoyable, à travers tout l’Irak et la Syrie.

“En admettant que vous soyez le genre de type à rechercher l’action, il est devenu logique de vous rapprocher, plutôt, de Baghdadi!”, a déclaré Barrett à l’AFP, en remarquant que le défi posé par le dirigeant d’EIIL à Zawahiri constitue une « évolution vraiment intéressante ».

“Où tout cela mènera sera tout-à-fait déterminant quant à la façon dont le terrorisme va se propager ».

– Des milliers de combattants étrangers-

Dans un rapport pour le groupe Soufan, une agence de consulting basée à New-York, Barrett Article original a estimé qu’environ 12.000 combattants étrangers avaient voyage vers la Syrie, dont 3.000 venus d’Occident.

L’EIIL apparaît détenir le plus gros contingent, puisque le Professeur Peter Neumann du King College de Londres estime que 80% des combattants étrangers en Syrie ont rejoint ce groupe.

A la différence des autres groupes combatant Assad, l’EIIL est perçu comme travaillant à l’instauration d’un Emirat Islamique idéal et, si on le compare à la filiale d’Al Qaïda en Syrie, le Front al-Nusra, les obstacles pour y entrer sont moindres.

L’EIIL a aussi cherché à faire appel aux non-Arabes, en publiant récemment deux magazines en anglais, et en diffusant déjà des vidéos en anglais ou avec des sous-titres en anglais.

L’EIIL se vante d’avoir des combattants venus de Grande-Bretagne, de France, d’Allemagne et d’autres pays européens, autant que des Etats-Unis, ainsi que du monde arabe et du Caucase.

Il incarne cette idéologie transnationale ”, déclare Neumann à propos d’EIIL.

“Si vous êtes un gars, britannique ou français, sans relation familiale en Syrie, il n’y a pas de raison de vouloir combattre pour le peuple syrien… La seule raison pour laquelle vous venez là, c’est parce que vous voyez la Syrie essentiellement, comme le centre de gravité (voir plus haut) ou le lieu de naissance potentiel pour cet Etat Islamique que vous espérez créer ».

L’essentiel de l’appel provient aussi du personnage de Baghdadi lui-même – le dirigeant d’EIIL est considéré comme un commandant de terrain et un tacticien, une distinction cruciale dont ne peut se prévaloir le théoricien Zawahiri, qui est un médecin et non un combattant.

Baghdadi a, semble t-il, rejoint l’insurrection qui a éclaté en Irak, peu de temps après l’invasion menée par les Etats-Unis, en 2003.

En octobre 2005, les forces américaines ont déclaré croire avoir tué “Abu Dua”, l’un des pseudonymes de Baghdadi, lors d’une frappe sur la frontière irako-syrienne.

Mais il est apparu que c’était inexact, puisque c’est bien lui qui a pris les rênes de ce qu’on a ensuite connu comme l’Etat Islamique en Irak, en mai 2010, après que deux de ses chefs aient été tués lors d’un raid américano-irakien.

Depuis lors, les détails le concernant ont filtré au compte-gouttes.
En octobre 2011, le Trésor US l’a désigné comme un “terroriste”, dans une notice disant qu’il est né dans la ville irakienne de Samarra en 1971.

Et au début de cette année, l’Irak a diffusé une image affirmant correspondre au portrait de Baghdadi, la première de source officielle, décrivant un homme chauve portant la barbe, en veste et cravate.


Al Baghdadi, selon le Ministère irakien de l’Intérieur.

Le Lieutenant-Général Abdelamir al-Zaïdi, qui dirige un centre de commandement de la sécurité dans le nord, dit que ses forces pensent que Baghdadi se cache dans la province irakienne de Diyala, mais d’autres responsables contestent ce point.

A l’époque où Al Baghdadi a pris les commandes, son groupe semblait sur la corde raide, à la suite du “Surge” (le sursaut) des forces américaines, combiné au changement d’allégeance des hommes des tribus sunnites pour lui infliger un revers.

Mais, ce mouvement a fait son retour en force, par son expansion en Syrie, en 2013.

Baghdadi cherchait à fusionner avec Al Nusra, qui a rejeté l’accord et les deux groupes ont opéré séparément depuis.

Zawahiri a exhorté l’EIIL de se focaliser sur l’Irak et de laisser la Syrie à Al Nusra, mais Baghdadi et ses combattants ont défié ouvertement le chef d’Al Qaïda et, effectivement, ils combattent, non seulement Assad, mais aussi Al Nusra et d’autres groupes rebelles.

“Il a démontré une capacité remarquable à diriger une organisation sous une pression énorme”, dénote Charles Lister, chercheur principal au Centre Brookings de Doha.

“Baghdadi a réussi une remarquable renaissance de la puissance de son groupe”.

Par l’équipe des rédacteurs
Baghdad (AFP) 05 juin 2014

spacewar.com Article original

Adaptation : Marc Brzustowski.

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michel boissonneault

de toute façon que ce soit l’iran qui cause la merde où que ce soit l’arabie saoudite …..
pour moi c’est du pareil au même , ils sont tous foux et l’islam est une religion de fou
et le prétexte est la violence au nom de M….. et de A…..
merci a tout ceux qui ne sont pas musulmans