Un terroriste élu maire d’Hébron

Un terroriste élu maire d’Hébron

La présentation du conflit israélo-palestinien dans les médias occidentaux est, on le sait, fortement obérée par les mensonges ou inexactitudes liés au parti pris pour les palestiniens, au détriment d’Israël, éternel agresseur.

Le journal InfoEquitable s’est donné comme mission de rectifier les faits, au travers de quelques exemples – Dieu sait que la masse du travail en ce domaine est infinie.

Aujourd’hui, il s’intéresse au traitement de l’information selon laquelle un terroriste palestinien, Abu Sneineh,  ayant tué six Juifs a été élu maire de Hébron, la plus peuplée des villes administrée par l’Autorité palestinienne.


La nouvelle est passée inaperçue : un terroriste palestinien ayant tué six Juifs a été élu maire de Hébron, la plus peuplée des villes administrée par l’Autorité palestinienne.

Comme le rapporte le Times of Israel, « Abu Sneineh est l’un des quatre terroristes palestiniens qui, le 2 mai 1980, ont attaqué un groupe d’Israéliens et de Juifs dans une allée de Hébron, tirant et jetant des grenades contre eux. L’attaque a tué les ressortissants américains Tzvi Glatt et Eli HaZeev, le Canadien Shmuel Marmelstein et les Israéliens Hanan Krauthammer, Gershon Klein et Yaakov Zimmerman. Vingt autres personnes avaient été blessées par l’attaque. Les quatre terroristes ont tous été condamnés à des peines de perpétuité, mais ont été libérés dans le cadre d’échanges de prisonniers au cours de la décennie. »

Mais pour l’Agence France-Presse, ce ne seraient là qu’affabulations de médias israéliens :

A Hébron, ville où les tensions entre Palestiniens et colons israéliens sont les plus à vif, la tête de liste, Tayssir Abou Sneineh, a déjà suscité des réactions hostiles côté israélien. Condamné à la perpétuité par Israël, l’homme aujourd’hui âgé de 60 ans avait été libéré en 1983 dans le cadre d’un échange de prisonniers. Certains médias israéliens affirment qu’il a été impliqué dans le meurtre de plusieurs Israéliens.
« Certains médias israéliens » ? Même les Palestiniens reconnaissent ce que l’AFP ne veut pas voir.

L’homme a été « condamné à perpétuité par Israël », mais l’AFP ne donne pas le motif de la condamnation dans la phrase. Israël l’a-t-il condamné sans raison ? Les médias israéliens auraient-ils tout inventé ?

Il est indéniable que Tayssir Abou Sneineh a été jugé par Israël précisément pour l’attaque de Hébron. Le nom du nouveau maire de la ville figure en toutes lettres dans l’édition du Washington Post du 17 mai 1980 qui parlait des suspects – tous membres du Fatah – arrêtés par Israël :

Admettons que la défiance de l’AFP envers Israël soit telle qu’en plus de douter des médias de ce pays, elle ne fasse pas non plus confiance à sa justice. Après tout, peut-être les suspects condamnés n’étaient pas les bons ?

Pour savoir si vraiment le nouvel élu avait bien été impliqué dans le meurtre d’israéliens, il aurait suffit de lire ce que disait lui-même un Palestinien de cette attaque :

« En réaction à cette occupation, au mois de mai 1980, un groupe du Fatah a attaqué les colons de ce que nous appelons « Al Daboya ». Six colons ont été tués et vingt autres blessés. »

Bien sûr, six « colons » tués, ce n’était pas considéré comme du terrorisme par l’auteur de ces lignes qui n’était autre que Anouar Abou Eisheh, qui fut ministre de la culture de l’Autorité palestinienne de 2012 à 2013 et a reçu en 2016… la Légion d’honneur, des mains du Consul général de France à Jérusalem !

L’AFP aurait aussi pu aller voir la page Facebook de soutien à Tayssir Abou Sneineh, où celui-ci apparaît à la fois dans ses atours policés de politicien et sur une photo d’époque où il fait le signe de la victoire en compagnie de ses trois complices.

L’un d’eux, Omar al-Hroub, est le mari d’une femme qui reçut l’année dernière un prix de la « meilleure enseignante du monde », ce que les médias relatèrent sans le moindre mot sur le passé de son époux.

Les faits pour lesquels Israël a condamné les quatre Palestiniens sont donc bien établis. Ils n’ont pas nui à la carrière du terroriste, qui avait déjà été nommé en 2013 par l’Autorité palestinienne directeur de la « mosquée Ibrahimi », le côté musulman du caveau des Patriarches à Hébron.

A tel point que, comme l’a montré Palestinian Media Watch, le Fatah faisait encore en septembre 2016 l’éloge de l’action meurtrière de Tayssir Abou Sneineh :

Texte publié sur Facebook : « Le candidat numéro 2 sur la liste du mouvement Fatah aux élections du conseil municipal de Hébron – le héro de l’opération de Daboya (c.-à-d. l’attaque terroriste de Beit Hadassah qui fit 6 morts) Tayssir Abou Sneineh – l’un des héros de l’opération de Daboya le 2 mai 1980. »

Un long texte rendant hommage aux meurtriers s’ensuivait.

Tant Israël que ses ennemis reconnaissent donc les faits. Là-dessus, ils sont d’accord !

Mais ces faits sont gênants pour qui ne veut pas que soit ébruité que le Fatah, soutenu par les chancelleries occidentales, a du sang sur les mains.
Alors, en plus de mentionner l’élection d’Abou Sneineh au beau milieu d’une dépêche bien que le choix d’un homme si sanguinaire à un poste d’édile mériterait à lui seul de faire les gros titres, l’AFP prétend que seuls certains médias israéliens seraient derrière cette histoire, ce qui sous-entend qu’il existerait une version palestinienne différente… Il n’en est rien.

Quant au scrutin, il était essentiellement un simulacre de démocratie. Les adversaires du Fatah l’ont boycotté; le Hamas a interdit aux habitants de Gaza d’y participer tandis que l’Autorité palestinienne en empêchait les habitants des quartiers improprement appelés « camps de réfugiés »; et dans 181 localités, il n’y eut aucune liste d’opposition.

Il reste que sa tenue même témoigne de l’autonomie dont jouissent depuis les accords d’Oslo la majorité des Palestiniens, qui résident dans des zones sous administration civile palestinienne. Les conseils municipaux de l’Autorité palestinienne y gèrent le quotidien – écoles, hôpitaux, etc.

L’AFP parle de « territoire palestinien occupé depuis 50 ans par Israël » : c’est historiquement faux, puisqu’il n’y a jamais eu de territoire sous souveraineté arabe palestinienne. Mais par ailleurs, en dépit du fait qu’Israël garde le contrôle sécuritaire pour se protéger d’une menace terroriste bien réelle, quelle « occupation » laisserait le peuple « occupé » mener ses élections et s’administrer lui-même ?

Source : InfoEquitable

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