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Kippa

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Greenblatt tête nue porte des Lions

Le représentant du président américain Donald Trump, Jason Greenblatt, était une personnalité parfaitement inconnue en Israël. Jusqu’à l’année dernière où, à la faveur d’une réunion, Trump, alors en pleine campagne pour la présidentielle, l’a présenté aux journalistes des médias juifs, comme étant une éminence en matière de géopolitique Moyen-Orientale.

A partir de là, l’image de Greenblatt qui s’est alors imposée dans les esprits, était celle d’un homme portant une grande kippa noire. Pas une photo qui ne le représentât ainsi coiffé de ce couvre-chef.

Or, c’est tête nue qu’il a fait sa première apparition à Jérusalem, lors d’une réunion, dans sa fonction de délégué aux négociations internationales, de l’Administration Trump. Bien que le fait de porter la kippa ou pas en public, relève d’un choix personnel, et soit relatif à la vie privée, il était impossible de ne pas relever ce changement.

Certains, cependant, ont fait plus qu’en prendre note. Ils ont pris la liberté de le critiquer et commenté avec ironie : Greenblatt se sentait assez à l’aise pour porter une kippa, quand il travaillait avec Trump à la « Trump Tower », mais il y renonce, pour rencontrer le Premier ministre israélien, à Jérusalem.

Mais la raison à cela est limpide. Quand Greenblatt représentait les intérêts commerciaux de Trump à New York, ce qu’il portait sur sa tête était absolument sans conséquence.

Mais maintenant qu’il a été propulsé dans le rôle de médiateur américain pour la paix israélo-palestinienne, il ne veut pas que l’on puisse douter de son impartialité, et le soupçonner d’identification, avec l’une des parties en conflit. Sa crédibilité pourrait s’en trouver infirmée. Porter une kippa lors de négociations pour des transactions foncières à New York, c’est une chose, quand à négocier pour la paix au Moyen-Orient, ç’en est une autre, et mieux vaut ne pas avoir l’air d’habiter Beit Shemesh.

Considérons un instant la situation contraire. Les Israéliens seraient-ils tout à fait à l’aise, si le négociateur en chef des États-Unis du Département d’Etat au Moyen-Orient était une femme de confession musulmane, coiffée d’un hijab?

La comparaison peut paraître un peu superficielle. On peut tout à fait être pro-israélien sans porter de kippa, ou très pro-palestinien sans hijab. Mais le message que l’on donne par son apparence a son importance. Et ce qui a été perçu, c’est qu’en rencontrant Netanyahou tête nue, Greenblatt voulait s’afficher comme étant le représentant impartial du gouvernement américain.

Les photos d’un négociateur américain, circulant dans la région, entre Jérusalem et Ramallah, en kippa, ne contribueraient guère à renforcer la crédibilité de Greenblatt dans le monde arabe. Et lorsqu’une administration fait ses premiers pas, et surtout cette administration-là, sa crédibilité est de la plus haute importance.

Soit dit en passant, ce n’est pas comme si Greenblatt était un juif honteux, soucieux de dissimuler son appartenance et son identité. En route vers Israël, il a tweeté une photo de lui en tallit, avec tefillin et siddour, accompagné d’une légende qui disait que c’était l’heure de la prière du matin à l’aéroport de Francfort. « Prions pour la paix », a-t-il encore écrit.

Pourtant, il y a aussi quelque chose de très symbolique dans la décision de Greenblatt de ne pas porter de kippa. Pendant une campagne électorale, on peut dire certaines choses sans problème. Mais une fois au pouvoir, on voit les choses différemment, et les responsabilités au sein d’une administration tendent à influencer sur la rhétorique choisie.

En pleine campagne, Trump et son équipe, pouvaient aisément parler de déménager l’ambassade américaine à Jérusalem, du droit historique des juifs de vivre en Judée et en Samarie, et soutenir les constructions dans les implantations. Mais une fois en fonction, face à des pressions venant de toutes part, du ministère de la Défense, du Département d’Etat, de Jordanie, d’Egypte et d’Arabie Saoudite, il convient d’être plus nuancé. D’autres considérations entrent en jeu, qui pendant la campagne, pouvait aisément être balayées d’un revers de manche. Une fois au pouvoir, quand leur responsabilité est engagée, chaque mot compte et ils accordent une importance plus aigüe à leurs déclarations.

Greenblatt a navigué cette semaine dans des eaux troubles, dans lesquelles de plus expérimentés que lui ont perdu pieds. Greenblatt est un avocat immobilier, pas un diplomate professionnel. Pour autant, son manque d’expérience, n’est pas nécessairement un handicap. D’autant plus qu’ils sont légions à avoir fait choux blanc avant lui, et pas des moindres négociateurs. Peut-être même que son manque d’expérience lui permettra de voir les choses avec un œil neuf. Il se découvrira le talent de savoir creuser un sillon, là où ces prédécesseurs aguerris avaient négligé arbitrairement de le faire.

Greenblatt a également l’avantage de commencer le travail quand la barre est au plus bas. L’ancien président Barack Obama avait nommé George Mitchell comme ambassadeur du Moyen-Orient, deux jours seulement après son investiture, le gratifiant du titre pompeux d’ « Envoyé spécial pour la paix à mi-chemin vers l’Est ». Le portefeuille de Greenblatt est plus modeste: « représentant délégué aux négociations internationales ». Représentant !

Quand Trump, l’homme d’affaires consommé, regarde vers l’est, il voit miroiter la possibilité d’un «deal ultime» à négocier, qui se profile au Moyen-Orient, dont il serait l’heureux artisan. Mais Greenblatt lui, commence lentement, sans avoir d’attentes irréalistes. Il a évoqué avec Netanyahou, l’amélioration des conditions de vie des palestinien. Et avec Abbas, il s’est entretenu du renforcement des capacités des forces de sécurité palestiniennes et de l’arrêt de l’incitation à la haine. Il parle de convenir de directives avec le gouvernement israélien, qui portent sur où Israël peut ou ne peut pas construire dans les implantations.

Il avance à petits pas, sans coup de théâtre médiatique. Des étapes raisonnables qui indiquent qu’il cherche d’abord à construire des bases solides, et pas immédiatement de remporter le grand shlem. Les visites officielles et gesticulations d’un «Envoyé spécial pour la paix au Moyen-Orient», sont beaucoup plus dramatiques. Alors que quelques avancées pratiques, même modestes sur le terrain, peuvent permettre efficacement de marquer quelques points.

Greenblatt apporte aux problèmes de la région une approche différente, et un style différent. Peut-être que ça marchera, peut-être pas. Mais une chose est sûre: l’approche qui a été celle de ces 25 dernières années, toutes sous la houlette de gens fort d’une incontestable vaste expérience, n’a mené nulle part.

JerusalemPost – Traduction JForum

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La Présidente du Front National Marine Le Pen/ Patrick Kovarik - AFP ladepeche.fr
Marine Le Pen a indiqué dimanche qu’elle interdirait « les signes (religieux) ostensibles dans l’espace public », si elle est élue présidente de la République, y voyant un « sacrifice » nécessaire pour lutter contre l’islam politique.

« Je vais interdire les signes ostensibles dans l’espace public. Je vais prendre la loi de 2004 qui est la loi qui a interdit les signes ostensibles à l’école, et je vais l’étendre dans l’espace public », a expliqué la présidente du Front national, invitée de « BFM Politique ».

Pour Mme Le Pen, cette interdiction ne concernera pas le « personnel religieux », qui pourra « évidemment » être en habit religieux, mais elle touchera indistinctement le voile ou la kippa.

« Je sais que c’est un sacrifice, mais je crois que la situation est trop grave aujourd’hui (…) Je pense que chacun des Français, y compris nos compatriotes juifs, peuvent comprendre que si on leur demande un sacrifice pour lutter contre l’avancée de cet islam politique (…) ils feront cet effort, ils le comprendront, j’en suis absolument convaincue parce que ce sera dans l’intérêt supérieur de la nation », a-t-elle développé.

Le Point

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Amman aurait déploré une « erreur isolée »

La police des frontières jordanienne aurait refoulé un groupe de touristes israéliens car ils portaient la kippa, rapporte le Times of Israel.

Les touristes avaient prévu de se rendre sur le tombeau d’Aaron, situé près de Petra mais les agents ont refusé de les laisser entrer sur le sol jordanien.

L’incident, qui a eu lieu la semaine passée, est remonté aux autorités israéliennes.

Un responsable du ministère des Affaires étrangères a tenté d’obtenir une explication de la part du royaume hachémite, qui a déploré une erreur isolée commise par des gardes-frontières, selon Arutz 2.

En décembre dernier, une famille israélienne dont le mari et les enfants portaient la kippa, avait également été empêchée d’entrer en Jordanie.

L’un des agents jordaniens aurait expliqué aux Israéliens qu’ils n’étaient pas autorisés à entrer en Jordanie « avec des éléments juifs », en référence à la kippa.

La mère de famille avait dénoncé sur Facebook: « les Jordaniens veulent peut-être des Israéliens mais pas des Juifs ».

www.i24news.fr

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Elle est rouge et porte l’inscription brodée en lettres d’or  » Donald Trump » et elle a fait un carton au congrès de l’AIPAC dans la mesure où les participants doivent s’y présenter tête couverte a rapporté le journal gratuit le Beacon.

Marc Daniels, qui vend les kippot avec logo en marge de la conférence de Washington a déclaré au Beacon que le modèle « Donald Trump 2016» était la plus vendue, de loin. En fait, Daniels a dit qu’il était carrément « inondé » de demandes pour cette kippa Trump et qu’il a tout vendu presque immédiatement.


Sont les imitations bon marché chinois trop loin derrière?
« J’ai totalement sous-estimé le degré de soutien que les juifs qui assistent à cet événement ont pour Trump, » Daniels, dont la boutique en ligne, se spécialise dans les kippot avec logos de campagne. «J’ai même eu environ 50 demandes pour des kippot Trump que je n’ai pas pu satisfaire malheureusement car j’avais déjà tout vendu », a déclaré Daniels.
Il n’a vendu que trois kippot Ted Cruz et trois ou quatre John Kasich, a confié le vendeur. Il lui est également resté sur les bras son stock de kippot Hillary Clinton et Bernie Sanders car personne n’en voulait.


Donc, il se pourrait que les ventes ont parlé ! Le vote juif orthodoxe irait apparemment à Trump. Parce que, contrairement à un pins ou un autocollant, une kippa exige une motivation spéciale, ce qui signifie que, comme Daniels a dit: « pour aller jusqu’à acheter une kippa, on peut supposer qu’ils soutiennent le candidat. » En outre, une kippa coûte 1 dollars l’unité ! A titre de comparaison, la kippa Martin Luther King ne coûte que 10 $.

JNi

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La Kippa (couvre-chef) : ses origines, son évolution et sa signification religieuse aujourd’hui.

Une récente controverse, due à un attentat survenu à Marseille, contre  un enseignant juif  se déplaçant  avec son couvre-chef (kippa) sur la voie publique, a placé  le port de la kippa au centre d’un grand débat national. La gravité de cet incident qui aurait pu avoir un fin tragique conduit à s’interroger en toute sérénité sur les origines et la signification de cette pratique  religieuse qui a connu de nombreux développements  au cours de la constitution progressive du judaïsme rabbinique. On l’oublie souvent, mais, contrairement à l’idée toute faite des gardiens sourcilleux d’une tradition immuable et gravée dans le marbre, la Tradition centrale et première a toujours essaimé en une multitude de traditions locales, différentes les unes des autres, selon les pays et les époques… L’effort d’uniformisation et de homogénéisation n’est venu qu’après et fut l’œuvre des codificateurs dont les décisions ont désormais force de loi.

Pour réaliser cette petite enquête, qui réserve quelques surprises, je me suis principalement servi des travaux de quelques savants juifs, allemands et américains, tels Jacob Zallel Lauterbach (1873-1942) Léopold Loewe et Samuel Krauss. (1866-1948),   Je ne cache pas qu’ils suivaient tous les trois une tendance libérale, éclairée par l’évolution historique, ce qui se révèle presque inconciliable avec l’approche de leurs collègues orthodoxes. Car ces derniers s’appuient exclusivement sue le Shoulhan Aroukh de Joseph Caro.

Chemin faisant, on relève qu’il faut  aussi inclure le cas des femmes qui, dans toutes les religions monothéistes, étaient contraintes de se déplacer, tête couverte, afin de dissimuler leur chevelure au regard, de peur de susciter la concupiscence des hommes…

Avant de tomber dans le creuset  des traditions religieuses, cette question du couvre-chef a agité les milieux juifs et était encore récemment (notamment aux USA et en Israël) au centre d’un vif débat entre les partisans du libéralisme et de la réforme, d’une part, et les adeptes d’une orthodoxie pure et dure, d’autre part. On gardera en mémoire que les enquêtes sur cette pratique ont souvent été biaisées suivant les convictions religieuses des uns et es autres. Chaque parti de la religion juive voulait montrer que la tradition authentique était de son côté.

Il faut donc se poser sans a priori la question suivante : existe-t-il une loi biblique ou une prescription talmudique faisant obligation aux hommes et aux femmes d’entrer dans une synagogue ou de participer à un office religieux en se couvrant la tête ? Et s’il n’en existe aucune, ce qui est le cas si l’on scrute les sources juives anciennes sans opinion préconçue, à quand remonte cette tradition qui a fini par s’imposer dans le judaïsme rabbinique, alors qu’à leurs débuts, le libéralisme et la réforme ont cru devoir s’affranchir de cette pratique ? Aujourd’hui, même les rabbins libéraux ou réformés portent la kippa lors des offices religieux.

La réponse de cet éminent historien que fut le professeur Jacob Zallel Lauterbach, aux deux questions posées, est absolument univoque : il n’existe aucune prescription biblique ou talmudique claire allant dans ce sens. Pourtant, en ce qui concerne la gent féminine, on remarque que l’usus, l’usage d’un chapeau ou d’un foulard remonte à des temps très anciens, même en dehors du service religieux. Tertullien qui vivait vers l’an 200 de notre ère note que le couvre-chef des dames juives était si profondément entré dans les mœurs qu’on les identifiait grâce à cela.

On verra dans les développements suivants que des influences babyloniennes, sémitiques ou même, plus tardivement arabo-musulmanes, se sont indéniablement exercées sur cette pratique.

En ce qui concerne le port de la kippa au cours d’offices religieux on peut avancer l’hypothèse que la récitation des prières contenant la Nom divin ont poussé les fidèles à se couvrir la tête en signe de crainte révérencielle ou simplement d’humilité des créatures face au Créateur. Ce sont des explications qui peuvent paraître insuffisantes aujourd’hui mais qui gardent toute leur importance aux yeux de l’humanité croyante, quel que soit son credo, juif, chrétien ou musulman. Mais s’il n’existe aucune prescription légale dans les sources anciennes, notamment bibliques ou dans l’exégèse traditionnelle, pouvons nous penser qu’il ne s’agit là que de rites ou de coutumes ? La prudence s’impose car  ce port du couvre-chef s’est si profondément incrusté dans l’usage synagogal qu’il est devenu une véritable ligne de démarcation entre les libéraux et les orthodoxes. Pour s’en faire une idée, il suffit de rappeler que certains rabbins orthodoxes n’ont jamais pardonné au rabbin Léo Baeck (ob. 1956) d’avoir assisté un jour à une réunion non liturgique dans une synagogue, tête découverte.

Quand on regarde des portraits de grands maîtres des différentes cultures religieuses, on note que Maimonide, Averroès ou d’autres théologiens chrétiens sont toujours représentés, tête couverte. Une certaine influence orientale est ici à l’œuvre. Mais dans ce cas, comme d’ailleurs pour ce qui est des dames, est-ce que le couvre-chef fait naturellement partie de l’habillement général ou répond-il plutôt à une recommandation de nature religieuse ?

Nous devons donc inclure dans nos investigations d’autres sources que celles du judaïsme rabbinique qui était en cours de cristallisation, parallèlement à l’avènement du christianisme. On trouve, par exemple, dans la première épître aux Corinthiens de l’apôtre Paul (11 ; 4s) une intéressante mention concernant à la fois les hommes et les femmes :

Tout homme qui prie ou prophétise, le chef couvert, fait honte à son chef. Toute femme qui prie ou prophétise, le chef non voilé, fait honte à son chef, elle est comme une femme rasée. Si une femme ne se voile pas, qu’on la tonde aussi, et s’il est honteux pour une femme d’être tondue ou rasée, alors qu’elle se voile.

Ce passage néotestamentaire nous intéresse surtout en raison de sa polémique contre une pratique rabbinique, contemporaine de Paul, lequel entendait se détacher entièrement des coutumes juives de son temps. On connaît aussi cet antinomisme radical présent dans l’épître aux Galates, où il milite énergiquement contre la pratique de la circoncision. Par voie de conséquence, les sources juives anciennes prennent le contre-pied ; elles maintiennent mordicus ce qui est attaqué par un adversaire religieux ou doctrinal suivant un adage talmudique qui interdit d’imiter les pratiques des idolâtres (houkkat ha-goy ; al ta’assou ke-ma’asséhém) : dans le cas du couvre-chef, cela donne à peu près ceci : si eux se découvrent lors de leurs dévotions dans leurs églises, eh bien nous, Juifs, nous prieront tête couverte.… Ici aussi, il convient de ne pas sous-estimer le principe selon lequel des minorités religieuses persécutées ou critiquées ont souvent tendance à se poser en s’opposant. C’est la seule arme dont elles disposaient si elles voulaient continuer à exister .

On a évoqué plus haut le cas de Tertullien qui vivait en Afrique du nord vers l’an 200 de notre ère ; le port d’une coiffe par les femmes juives était  si systématique qu’il permettait de les identifier comme telles. On verra par la suite que même dans ce cas précis, les opinions et les pratiques divergeaient à l’époque talmudique, selon qu’on se trouvait en Babylonie ou en terre sainte,.

Si la Bible se contente de donner des indications ou des informations sans dire clairement la conduite à tenir, on peut, néanmoins, glaner des indices sur ce qui se passait dans l’Egypte ancienne, l’Assyrie ou la Babylonie, autant de puissances régionales dont la sphère d’influence comprenait la petite Judée. On relève, en scrutant les stèles ou les bas-reliefs de ces différentes civilisations, que les personnes de rang royal, les membres du haut clergé et de la noblesse sont toujours revêtus d’un couvre-chef ; mais nous restons dans l’incertitude quant à la nature de ce port : s’agissait-il de la simple reconnaissance d’un staut social, d’un haut lignage, ou de la conformité à un rite religieux ?

Le talmud de Babylone (Sanhedrin 92b) a connaissance d’une ancienne coiffure perse faisant penser à une crête de coq  qu’il nomme ainsi : karbalta. Un verset du livre des Rois (I  20 ; 31), parlant du roi Ben Haddad évoque des cordes (havalim) nouées autour de la tête, ce qui rappelle une ancienne pratique égyptienne visible sur certaines stèles.  S’agissait-il d’une coutume ou d’un mode vestimentaire ?

Une remarque concernant la chevelure des dames : en Genèse 24 ;65, nous lisons que Rébecca, à la vue d’Isaac, son futur mari, se saisit d’un voile (tsa’if) et s’en couvrit. Il ne peut pas s’agir de l’ensemble du corps mais seulement du visage et peut être aussi de la tête, donc de la chevelure. Il est difficile d’en tirer un enseignement général puisque dans le livre de la Genèse, lors de l’aventure de Juda avec sa belle fille Tamar, cette dernière se dépouille de ses vêtements de veuvage pour se voiler… comme le faisaient les prostituées !

Le second livre des Macchabées  (4 ;12) nous apprend que l’une des mesures imposées par Antiochus Epiphane aux jeunes Judéens était le port d’un chapeau, ce qui laisserait penser que le couvre-chef n’était pas une pratique courante dans le pays.

Il est donc difficile de dégager une ligne claire et univoque, allant dans un sens ou dans un autre, tant les sources sont loin de nous fournir une direction claire et un enchaînement logique.

En décrivant  les vêtements du grand prêtre, la Bible signale qu’il est coiffé d’une tiare ecclésiastique, signe distinctif d’un grand dignitaire et du respect qui lui est dû. Mais quand le roi David ( I Samuel) doit fuir son palais, suite au coup d’état de son fils Absalon, il part pieds nus mais coiffé d’un chapeau… Ces deux  détails sont antagoniques car dans la précipitation le monarque déchu aurait dû s’enfuir, tête nue. Et lorsque Tamar, fille de David, est violée par son demi frère Amnon (II Sam.  13 ;19) on voit une jeune femme éplorée, courir dans les rues, les cheveux au vent.

Ce couvre-chef, devenu par la suite une kippa, c’est-à-dire un morceau de tissu ne concernant que la tête, est devenu inséparable, lors de certains offices religieux, du talét, le châle de prière, dans lequel l’orant est emmitouflé lors de ses oraisons. Or, on observe depuis les temps talmudiques et jusqu’à nos jours, que certains hommes très pieux remontent l’extrémité supérieure de ce même châle pour s’en couvrir la tête… Le terme hébraïque pour désigner cette façon de se couvrir le corps de ce châle de prière est : le-hit’atéf, ‘atifa.  Aux quatre extrémités de ce même châle ou d’un quelconque habit qui en tient lieu, sont cousues les franges rituelles (tsitsit), qui constituent, quant à elles, une prescription biblique. (Deut. 22 ; 12).

On lit dans le livre de l’Exode (34 ;33) que Moïse avait mis un voile sur son visage qui rayonnait de lumière : il l’ôtait lorsqu’il parlait avec Dieu mais le remettait quand il annonçait aux enfants d’Israël les oracles divins… Nous pouvons rapprocher cet acte de la bénédiction sacerdotale (Nombres 6 ; 24-26) dans les synagogues : les cohanim (descendants du pontife Aaron) se couvrent la tête et le visage de leur châle de prière (talet) lorsqu’ils bénissent les fidèles. Mais même dans ce cas, ceci ne s’applique qu’aux descendants d’Aaron, seuls habilités à prodiguer cette bénédiction ancestrale au reste de la congrégation.

La littérature talmudique prescrit au président du tribunal de s’envelopper dans son manteau (muni des franges rituelles prévues par la Bible) lorsqu’il siège pour rendre la justice ou, par exemple, lorsqu’on délie un fidèle d’un vœu qu’il a prononcé (Nedarim  77b). Etait-ce seulement pour adopter une attitude digne et solennelle, comme dans le cas rabbi Yohann ben Zakkaï, le fondateur du judaïsme rabbinique que ses disciples prièrent de leur enseigner le sens de la vision du char divin dans le livre d’Ezéchiel ? La mishna de Haguiga (ch. II) précise que le sage descendit alors de son âne et s’enveloppa de son châle de prière en précisant qu’il ne saurait évoquer de  si graves sujets en restant juché sur sa monture : par respect pour le maître de l’univers il en descendit, prit place sur un rocher, s’enveloppa de son châle et donna son homélie… Un autre passage talmudique (Shabbat 25b) relate à peu près la même attitude de la part de Juda ben Illaï (vers 150 de notre ère) qui se préparait pour accueillir le sabbat : il ressemblait alors à un ange dans son manteau blanc, muni des franges rituelles.

On peut supposer qua la partie supérieure du châle servait aussi de couvre-chef. Mais jusqu’ici nous n’avons eu affaire qu’aux érudits des Ecritures et non pas aux gens simples, aux paysans, aux petites gens (am ha-arést). Partant, certains actes d’une grande solennité présupposaient un habillement digne et conforme aux circonstances. Mais que se passait-il si, en raison de la pauvreté des habitants du pays, on ne disposait d’aucun châle de prière ? Ne devait-on pas, dans de tels cas, se couvrir au moins la tête afin de témoigner un minimum de respect à Dieu ou aux sujets associés à son essence ?

Pour bien cerner le statut du couvre-chef dans la littérature biblique, il faut mentionner un verbe hébraïque signifiant les cheveux défaits ou dérangés, c’est-à-dire non surmontés d’une coiffe ou d’un tissu en tenant lieu : paro’a, li-fro’a, por’im roch, cette expression signifiant les cheveux lâchés ou en désordre.  Le livre des Juges (5 ; 2) évoque une pratique étrange que le Bible de la Pléiade traduit ainsi : Quant en Israël on laisse flotter la chevelure (bi-fro’a pera’ot)… Etait-ce une tenue pour aller au combat comme semble l’indiquer le contexte de ce poème  de Déborah ?

Un passage talmudique nous rapproche du rite actuel de se couvrir la tête, dès le lever, avant de prononcer les premières bénédictions : Berachot 60b commande de se coiffer du soudar et de réciter le texte suivant : Béni soit Celui qui ceint Israël de bravoure… Mais que signifie au juste ce terme soudar ? Probablement un couvre-chef, mais un couvre-chef réservé aux érudits et aux personnalités importantes. Ne connaissant pas l’origine de ce terme étrange, le talmud (Shabbat 77b) préfère dire qu’il s’agit d’un notarikon d’un verset des Psaumes (25 ; 14) : le secret de Dieu est réservé à ceux qui le craignent : sod ha-Shem liréaw).  Une autre référence talmudique nous met sur la voie :  parlant d’un éminent maître rabbi Kahana, il est dit : rabbi Kahana est un homme important, il lui faut bien un soudar (Kiddushin 8a). Un autre passage dit à peu près la même chose : Maître, votre soudar ressemble à celui d’un érudit des Ecritures  (Pessahim 111b) ce qui fait dire au commentateur Rashi (XIIe à Troyes) : seuls les maîtres portaient un soudar.

Est ce que toutes les classes d’âge, toutes les classes sociales participaient aux offices religieux, tête couverte ? Les enfants n’avaient pas besoin d’un couvre-chef. Le talmud parle d’hommes adultes les qualifiant de têtes aux cheveux noirs (shehoré rosh). Dans certaines communautés ashkénazes, les célibataires se couvrent la tête mais ne portent pas de châle de prière durant les offices religieux.

Au cours du Moyen Âge, une biographie, les Toldot Yeshou, très irrespectueuse de Jésus, de ses origines et de son comportement général, circulait dans les communautés juives et passait pour une sorte d’Evangile du ghetto. C’est un texte composite qui contient des matériaux extra-talmudiques ainsi que des ajouts plus récents. Les Sages se plaignent de l’arrogance (réelle ou supposée) de Jésus qui passait devant eux, tête nue, le buste droit, sans s’incliner devant eux ni même les saluer.

Mais un autre récit talmudique (Shbbat 156b) est nettement plus instructif car il nous renseigne mieux sur la signification religieuse du port de la kippa : un astrologue avait prédit à la mère de rabbi Nahman ben Isaac que son fils deviendrait un grand voleur… Croyant obvier à cette sombre prédiction, elle interdit à son rejeton de circuler tête découverte et motiva son geste ainsi : Couvre ta tête afin que la crainte du Ciel ne te quitte jamais.

Cette référence est essentielle car la plupart des rabbins orthodoxes voient dans le port de la kippa un signe d’humilité et de soumission à la volonté divine. Une manière de reconnaître le statut de créature et qu’elle en est redevable à Dieu…

Le cas de cette femme nous servira de transition vers ce qui est prévu au sujet des dames. Il semble qu’ici le centre de gravité se déplace du domaine du rite religieux pour migrer vers ceux de la décence et la moralité.

Circuler les cheveux lâchés, roshah parou’a, est déconseillé aux femmes mariées, en revanche, certaines sources (Yebamot 113b) le permettent aux jeunes filles. Dans les synagogues aujourd’hui, les femmes mariées se couvrent généralement les cheveux tandis que les jeunes filles n’y sont pas astreintes.

Comment conclure au vu d’attestations traditionnelles si peu univoques ? Comme aucune prescription biblique claire et déterminante n’existe, on peut en inférer que le couvre-chef s’est imposé par mimétisme. Il semble que les Juifs vivant sur le pourtour du bassin méditerranéen aient repris de leurs voisins arabo-musulmans cette coutume de se déplacer et de prier tête couverte.

Mais maintes pratiques juives devenues rigoureusement obligatoires ne sont nullement prévues dans la littérature biblique. Elle se sont imposées au fil des siècles et il serait absolument impensable de les rejeter au motif qu’elles ne sont soutenues par aucune attestation scripturaire. Il ne faut pas perdre de vue que le judaïsme rabbinique n’est pas une religion biblique mais biblico-talmudique. Ce sont, que cela plaise ou pas, les interprétations de la tradition qui priment.

Une pratique remontant à plus d’un millénaire et demi s’est acquis un in déplaçable droit de cité. Ce que Tertullien disait de la femme juive il y a près de deux millénaires peut se transférer sans peine à la kippa d’aujourd’hui. On reconnaît le Juif à sa kippa. Est ce suffisant, est-ce judicieux ? C’est ainsi. Pourtant si l’habit ne fait pas le moine comment admettre que la kippa fasse le Juif ?

Maïmonide (Hilkhot tefilla V, 5) recommande de s’abstenir de réciter les prières, tête nue et pieds nus… Mais il n’a jamais fait du couvre-chef l’essence même du judaïsme. Ni même son simple signe distinctif. Cependant, le port de la kippa est incontournable aux yeux du judaïsme orthodoxe.

Maurice-Ruben HAYOUN

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La pince MTA, vous connaissez ? Eh Bien un habitant de Tel Aviv l’a inventé. Il s’agit de la pince pour tenir la Kippa sauf que celle de notre inventeur ressemble à un couteau Suisse. Elle est à usage multiples

Yaakov Goldberg est le nom de notre génie. Il a ajouté quelques petites fonctionnalités à la pince classique comme par exemple un bord dentelé, une lime à ongles, un ouvre-bouteille, une pièce de monnaie pour les caddies et même une clé de 8 mm.

Les pinces MTA existent en trois couleurs, chacune avec leurs propres usages spécifiques.
Ces pinces ressemblent toujours aux pinces classiques de kippa mais elles sont renforcés avec de l’acier pour s’assurer qu’elles ne vont pas se déformer ou se casser.
La pince peut s’acheter en ligne sur le site Amazon, et coute environ 4 euros pièce.

source koide9enisrael

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A la suite de l’agression d’un enseignant juif à Marseille, lundi 11 janvier, le président du consistoire israélite de Marseille, Zvi Ammar, a « conseillé à la communauté juive de [la ville], provisoirement, [de] ne pas porter la kippa ». Une décision qui a été diversement accueillie par les juifs en France, mais pas uniquement. Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Roger Cukierman, s’est clairement opposé à cette incitation, jugeant qu’il s’agissait là d’une « attitude défaitiste, de renoncement », tandis que le président de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Christian Estrosi, s’est rendu à la synagogue avec une kippa en signe de soutien.

Un engouement qui a fait débat à son tour. D’aucuns dénoncent, à l’image de l’ancien président de l’ONG Médecins sans frontières Rony Brauman, sur Europe 1, le 16 janvier, l’existence d’un « deux poids deux mesures » entre le voile islamique et la kippa. Pour Delphine Horvilleur, rabbine du Mouvement juif libéral de France et directrice de la rédaction de Tenoua, il est « mortifère » de raisonner en opposant les communautés religieuses les unes aux autres.

Il y a beaucoup de confusion autour du concept de « laïcité ». Qu’est-ce qu’il veut dire pour vous, en tant que rabbine ?

Delphine Horvilleur : Ce concept dont on se réclame tous est pour moi une très bonne illustration de l’expression américaine « lost in translation », c’est-à-dire un concept dont la traduction est toujours manquante ou partielle, même quand deux interlocuteurs parlent la même langue. Personne aujourd’hui n’est capable d’énoncer une définition unique de ce qu’est la « laïcité », car on ne sait jamais ce qu’elle veut dire dans la bouche de l’autre.

Il existe quand même une définition, celle contenue dans la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat, qui dit que l’Etat doit être neutre à l’égard des confessions religieuses.

Même ceux qui disent se référer à la loi de 1905, bien souvent, greffent sur celle-ci des choses qui n’en font pas nécessairement partie. L’idée d’une neutralité de l’Etat vis-à-vis des religions est, par exemple, traduite par certains comme une neutralisation des religions, non pas une liberté de pratiquer, mais plutôt une libération à l’égard des pratiques. De plus en plus souvent, les gens opposent, à tort, religion et laïcité, comme s’il s’agissait d’une compétition territoriale où l’un empiéterait violemment sur l’autre. Pourtant, toute rabbine que je suis, je ne m’étais pas rendu compte avant les attentats de janvier 2015 à quel point j’étais « laïque ». Pour moi, la laïcité est un espace où des voix particulières ont la possibilité de contribuer à faire ensemble société, dans la mesure où elles s’inscrivent ensemble dans une volonté de penser et de nourrir l’universel.

Que pensez-vous de l’appel lancé par le président du consistoire israélite de Marseille à ne pas porter « provisoirement » la kippa, après l’agression à la machette d’un enseignant juif à Marseille, le 11 janvier ?

Ce qui est surprenant dans cette affaire, c’est que l’on fait comme si le changement d’attitude chez certains Français juifs était nouveau. Cela fait longtemps déjà qu’on a pris l’habitude de changer nos habitudes. Depuis très longtemps, on dit aux gens qui fréquentent nos offices d’enlever la kippa quand ils sortent de la synagogue, ou en tout cas de faire preuve d’une extrême vigilance. Ce qui est nouveau, c’est que cet appel soit officiel et ainsi médiatisé.

Comment percevez-vous le fort soutien reçu de la part de la société — notamment de non-juifs qui ont porté la kippa en signe de solidarité ?

Bien entendu, j’y suis sensible, comme à l’expression d’une empathie dont on a tous besoin. D’une certaine manière, c’est un prolongement symbolique des fameux panneaux « Je suis… Charlie, juif, policier ». Si moi, juive, je porte une pancarte « Je suis juive », c’est sans intérêt. Ce qui devient intéressant, c’est quand un autre dit « Je suis… », alors qu’il ne l’est pas. C’est une façon de dire : « Je suis capable d’empathie par-delà mon appartenance évidente. » C’est une tentative symbolique d’introduire de la porosité dans la vision si « communautarisée » de certains, ceux qui voudraient que l’appartenance ethnique ou religieuse prenne toute la place dans l’identité de quelqu’un. En disant « Je ne suis pas ce que je vous dis que je suis », j’affirme que ce qui nous rassemble est beaucoup plus grand que ce qui nous différencie.

Mais en adoptant le « costume » de l’autre, le risque est aussi de se déguiser en lui, de façon un peu paternaliste. Bref, cela n’est valable que si cette identification n’enferme pas l’autre dans un statut de victime ou dans une caricature de lui-même.

Le président de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur, Christian Estrosi, porte une kippa en soutien à l'enseignant juif attaqué à la machette le 11 janvier.
Le président de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Christian Estrosi, porte une kippa en soutien à l’enseignant juif attaqué à la machette le 11 janvier. ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

Des musulmanes qui portent le voile se font agresser sans que cela suscite un tel élan de soutien, voire d’appel à porter le voile en signe de solidarité. Pourquoi, selon vous ?

Cette question du deux poids deux mesures me dérange, car elle n’est pas vraiment honnête. Certains disent : si une femme qui porte le voile se faisait agresser, personne n’inviterait des non-musulmans à le porter en signe d’empathie. Je ne crois pas qu’on puisse accuser la société d’avoir une émotion sélective. Si, demain, quelqu’un qui porte le voile ou n’importe quel autre signe d’appartenance religieux est attaqué à la machette, nous serions aussi nombreux à hurler que c’est inacceptable. C’est déjà le cas, me semble-t-il, dans nos luttes contre le racisme antimusulman.

Pour autant, et c’est important de l’ajouter, tous les symboles religieux ne se valent pas. Et il me semble important aujourd’hui de l’affirmer de l’intérieur même de nos traditions religieuses : la kippa, par exemple, est, en principe, un signe de ce qui nous transcende. C’est-à-dire une conscience de la petitesse de l’humain vis-à-vis d’un au-delà de lui-même. Ce type de rite d’humilité n’est absolument pas propre au judaïsme, il existe dans toutes nos religions et leur permet de dire dans leur langage particulier ce qu’est leur souci de l’universel. Mais il existe aussi au sein de nos traditions respectives des rituels ou des habitudes, comme le fait d’éclipser le féminin. Ces rites disent a priori une reconnaissance de la petitesse… de la femme vis-à-vis du masculin, et sont par définition beaucoup moins facilement compatibles avec les valeurs de la république.

Attention, je ne pense pas que, dans l’absolu, toute femme qui porte le voile s’inscrive nécessairement dans une soumission de ce type, mais tant que le discours normatif religieux reste celui-là et véhicule si fortement ces idées, ces rites sont comme « contaminés » par une pensée misogyne. Et dès lors, cette expression du particularisme pose un problème aux valeurs d’universalité que nous avons le devoir de protéger.

Vous dites que la société n’a pas une « émotion sélective ». Or, c’est difficile à croire étant donné qu’à la fin de décembre, Latifa Ibn Ziaten, la mère du premier militaire assassiné par Mohammed Merah, s’est fait huer à l’Assemblée nationale parce qu’elle portait le voile. La semaine dernière, deux députés se sont rendus à l’Assemblée avec la kippa, sans susciter la moindre réaction.

L’agression de Mme Ibn Ziaten est inacceptable et très choquante. Peut-être fallait-il y réagir collectivement de façon plus forte, mais il me semble essentiel de sortir du jeu de l’empathie prioritaire. A quoi cela sert-il de se demander constamment qui se sent le plus seul, le plus abandonné ou le moins soutenu… si ce n’est à nourrir une compétition victimaire mortifère. En bien des circonstances, des Français juifs ont fait l’expérience d’une solitude particulière, comme après l’assassinat d’Ilan Halimi, ou après les meurtres à l’école d’Ozar Hathora. Et pour autant, le défi aujourd’hui n’est pas de tenir la comptabilité de nos souffrances, mais de se demander ensemble comment nos enfants pourront être demain en sécurité, tous nos enfants.

Demander aux juifs, comme on le fait aujourd’hui, s’ils vont continuer ou cesser de porter la kippa me rappelle étrangement les premiers mois après l’attaque de janvier 2015 [contre l’hyper Cacher], quand on leur demandait s’ils allaient oui ou non quitter la France… Ce discours de surresponsabilisation d’une « communauté » s’accompagne souvent d’une tentation de déresponsabilisation du reste de la nation. Or, l’antisémitisme n’est pas le problème des juifs, c’est le problème de tous les citoyens, le mien comme le vôtre.

Vous parlez du voile islamique comme étant un signe de soumission, mais n’est-ce pas comparable aux femmes juives orthodoxes qui couvrent leur chevelure une fois mariées ?

Je pense qu’il y a encore aujourd’hui dans toutes nos religions un problème avec la place qu’on ne fait pas aux voix et aux corps des femmes. La question du féminin dans la religion est d’autant plus critique qu’un système qui ne fait pas de place aux femmes est un système qui ne fera de la place à aucun autre.

Voilà pourquoi il est urgent que le discours religieux sur les femmes change. Bien sûr, les femmes sont tout à fait en droit de se réapproprier les rites religieux et de les interpréter autrement que comme une soumission à un ordre masculin. Mais tant que le discours religieux officiel n’évolue pas lui aussi dans le sens d’une plus grande place faite aux femmes, le rite est comme « contaminé » par les archaïsmes

Le Monde

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Voici une chronique d’Éric Zemmour consacrée au communautarisme et dans laquelle il pourfend très l’hypocrisie ambiante consistant à critiquer le communautarisme musulman (certes indiscutable) sans voir l’autre communautarisme qui lui fait face.

« Je suis Charlie », je suis juif », « je suis musulman »… Et « je suis français », c’est pour quand ?

Voici nos commentaires sur cette chronique, qui comporte beaucoup d’erreurs de notre point de vue.

Les dix erreurs de Monsieur Eric Zemmour, si ce n’est plus sur la kippa et la machette..


« La kippa est une sorte de selfie religieux… par rtl-fr

Première erreur.

La rencontre fortuite d’une kippa et d’une machette ? Il n’y a pas de rencontre fortuite entre la kippa et la machette. La machette était à la recherche d’une kippa, ce qui est fortuit, c’est le porteur de la kippa, non la kippa elle-même.

Deuxième erreur.

La kippa a cru à juste titre non pas au mythe du vivre ensemble, mais à la nécessité absolue d’une société civilisée, voire d’une société tout court où par définition les différences quelles qu’elles soient sont amenées à se côtoyer. Il se ne s’agit nullement de communautés uniquement religieuses, mais d’accepter les différences de toute nature. Réduire la différence à la religion, c’est avoir l’obsession du discours antireligieux. Comment alors défendre l’héritage judéo-chrétien tout en dénonçant ses pratiques ?

Troisième erreur.

Les Juifs, ceux qui avaient décidé de conserver leurs pratiques, non ceux qui avaient choisi l’assimilation, sont toujours restés identifiables, par leur nom, leur manière de se vêtir, leur impossibilité à faire un certain nombre de choses comme les autres à cause du shabbat, de la cacherout, etc.. donc, ils sont toujours restés identifiables. Et combien même, demande-t-on un noir de na ne pas faire dans le «communautarisme» et de devenir blanc. Tout cela n’a pas de sens.

Quatrième erreur.

Les dirigeants de la Communauté juive ne disent pas, je veux mon étoile jaune, mais je veux être libre de choisir la manière de me vêtir et de porter ou non la kippa.

Cinquième erreur.

La laïcité n’est pas l’interdiction d’afficher sa religion. faut-il rappeler à E. Zemmour

Article 1er de la Constitution française : La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances.

Sixième erreur.

Les Juifs dans les années 1960-1970 ne portaient pas la kippa. C’est faux, un certain nombre de jeunes juifs notamment parmi les mouvements sionistes religieux (dont je suis)  portaient la kippa.

Septième erreur

Les Juifs sous Napoléon n’ont jamais dit qu’ils acceptaient la limitation des pratiques israélites, mais ils ont affirmé la compatibilité des lois religieuses avec les lois de la République.

Huitième erreur.

Mettre le voile islamique sur le même plan que la kippa est une grave erreur. Ces deux symboles sont de natures différentes, voire contradictoires. La kippa renvoie à la relation de l’homme à Dieu, le voile renvoie à la relation de la femme à l’homme, voire de la non-relation de la femme à l’homme. Ne pas comprendre, cela oblige à reprendre à zéro la culture philosophique de ceux qui font la confusion entre kippa et voile.

Neuvième erreur

La liberté religieuse totale est impossible. C’est dire que la liberté est impossible. dans la mesure où la liberté quelle qu’elle soit ne nui pas à autrui où est le problème. Les Juifs ne font pas des prières dans les rues sur la voie publique. Tout cela c’est de l’amalgame de bas étage. Zemmour s’égare complètement. rappelons lui la phrase de Pascal :  « L’homme n’est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête. »

Dixième erreur

Il y aurait eu une volonté d’assimilation jusqu’aux années 80. Cela est une énormité. Jamais le judaïsme n’avait été aussi fécond des années 1960 à 1990. Il faut voir pour cela la haute qualité de la pensée juive durant cette période. M. Eric Zemmour dit n’importe quoi.

Moshé COHEN SABBAN

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Le président du Consistoire de Marseille a eu un coup de génie médiatique et politique. Il a réussi à éveiller dans la classe politique française et le landernau institutionnel juif un sentiment, certes, superficiel, mais qui va au fond des choses, bien mieux que ne le feraient des études sophistiquées. En concentrant l’enjeu de la situation sur un objet simplissime et significatif, la Kipa, il a trouvé le code « publicitaire » qui pouvait faire entendre un message au bon moment, un moment charnière, en parfaite synchronisation avec la règle de communication de la société postmoderne…

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Ce message est simple. Il dit crûment et de façon simpliste ce que j’ai analysé de façon complexe, dans un livre, paru en 2006, L’avenir des Juifs de France (Grasset), à savoir que le modèle identitaire juif qui s’était mis en place en France depuis la Deuxième Guerre mondiale est caduc, parce qu’il n’est plus porté par la société française, mais aussi parce qu’il s’est décomposé dans la vie juive elle-même. De ce point de vue, porter la kipa dans la rue devient le symbole de ce qui avait été défini dans les années 1970-1980 comme « le judaïsme dans la Cité », l’Âge d’or du judaïsme français.

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Pour pouvoir apprécier la réalité des choses, il ne faut pas se méprendre sur l’importance de la kipa. Elle n’est devenue que tardivement un symbole incontournable de religiosité. Selon le code de la loi juive (le Shoulkhan Aroukh), en effet, la porter ne relève pas d’un commandement (mitsva) mais d’une « coutume » (minhag). C’est en Israël qu’elle est devenue un signe d’appartenance identitaire, politique et idéologique. Sa forme, la matière dont elle est faite, sa couleur signalent une obédience sectorielle: ultraorthodoxe, sioniste religieuse, hassidique, etc. En France, la Kipa « dans la rue » en est venue aussi à être portée  comme un signe plus identitaire que « religieux »: ce n’était plus exactement l’expression du « judaïsme dans la Cité », tout de même plus exigeant sur le plan de la verticalité et l’effort intellectuel. Parfois, même, le signe d’un judaïsme « hors la Cité »…

Ne plus porter la kipa dans cette perspective, c’est entériner la caducité de cette identité. Sans « kipa », « le Roi est nu » désormais! L’effacement de la communauté juive devient manifeste.

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Otages symboliques

Or, le discours politique est en total porte à faux avec cette réalité. La ministre de l’Éducation peut toujours demander aux Juifs de porter la kipa, mais s’est-il jamais rendu compte de ce qu’est devenue la vie juive en France depuis le milieu des années 1980 lorsque les Juifs commencèrent à être accusés de « communautarisme » et qu’ils devinrent les otages symboliques de l’incapacité de l’État à faire face au problème que pose l’islam à la République?

Porter la kipa dans les milieux de l’éducation, de l’industrie, des médias, de l’université, suffisait et suffit à vous exclure en silence, voire dans le scandale. Point d’ailleurs n’est besoin d’un signe extérieur pour connaître la mise à l’écart des milieux publics, médiatiques, éditoriaux et professionnels pour les Juifs assumant leur identité sans dénoncer d’autres Juifs.

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C’est un véritable jeu de chaises musicales qui s’est mis en place depuis les années 2000, qui a fait porter sur les Juifs l’accusation d’abus identitaire pour réfréner les demandes démesurées de l’islam. Si les Juifs se voient enjoints aujourd’hui de porter la kipa, demandera-t-on demain aux musulmanes de porter la bourka comme signe identitaire? Et alors accusera-t-on les Juifs d’en être responsables? Car si « la kipa » est devenue invivable, c’est  pour justifier l’interdiction de la Bourka et autres voiles.

Porter la kipa?

Appeler les Juifs à porter la kipa illustre parfaitement le côté purement volontariste et déclaratoire d’une politique gouvernementale qui se veut héroïque, mais qui reste inconsistante parce qu’elle ne se confronte pas résolument au problème français, qui n’est pas la « radicalisation » (on ne sait, d’ailleurs, pas de quoi, ni comment dans le débat public) mais une guerre de religion. C’est dans le même discours qui appelle à porter la kipa que s’égrène la ritournelle pathétique de l’incapacité à faire face: « on ne comprend pas », « déséquilibré », « pas d’amalgame » …

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Demander aux Juifs de continuer à porter la kipa, c’est donc leur demander de continuer à faire « comme si », de maintenir le rideau de fumée, que, pendant plus de dix ans, le gouvernement et les médias ont installé et maintenu, qui définissait l’antisémitisme islamique comme un « conflit intercommunautaire » quand il n’était pas « un conflit importé », deux versions qui accusaient (très explicitement dans les médias) le « sionisme » d’être responsable de l’état de fait. Les Juifs se voient enjoints aujourd’hui à perpétuer ce narratif, cache-sexe de la défaillance de la classe politique française, toutes nuances confondues, sans quoi « la République ne serait plus la République ». Evidemment, loin de son invocation incantatoire, la République a démissionné depuis longtemps!

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Comment enjoindre aux Juifs de porter la kipa dans une telle atmosphère, si ce n’est en les maintenant dans leur rôle d’abcès de fixation d’un problème qui se pose avant tout à la nation française? Nous sommes bien toujours dans le même déni. Dans ces conditions, la kipa, c’est comme les barrières autour des écoles et des synagogues: elle enferme un problème national dans la personne des Juifs, tandis que la vie continue ailleurs. C’est les exposer à nouveau solitairement  à l’adversité, en sauvegardant, tant que faire se peut, le décor de théâtre de la quiétude de la société.

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La recommandation du président du Consistoire de Marseille me semble donc très judicieuse et sage, sur le plan du réalisme et nullement démagogique. Il prend acte de la réalité qui pourrait voir les Juifs de France (seulement Marseille?) exposés à la sarabande des couteaux qui frappe déjà les Israéliens depuis plusieurs semaines. Aucune raison d’exposer inutilement les gens. Ce faisant, il révèle que « le roi est nu », à savoir que l’Etat, quoi qu’il fasse, ne peut assurer la sécurité des Juifs à proprement parler (et peut-être bientôt de tout le monde). C’est ce qui explique la réaction du gouvernement et de la classe politique qui ne peuvent plus se protéger derrière le voile de compassion et de cérémonie qui recouvre la réalité de la situation et qui encourage les Juifs à « résister » en silence.

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Quant aux institutions juives qui surenchérissent sur cet appel, elles ont besoin de cacher l’échec de la politique qu’elles ont menée, cette fois-ci depuis 25 ans, en s’inscrivant dans les leurres de la politique dominante (« vivre ensemble », « dialogue », etc). Elles n’ont pas fait œuvre de vérité, préservant leur permanence aux dépens de la confrontation avec la réalité. Le départ en silence de milliers de Juifs constitue pour elles un désaveu cinglant. Il est facile de demander aux Juifs qui vivent dans des quartiers « mélangés » de porter kipa, quand on n’y vit pas soi-même, ou quand on ne porte pas la kipa, ou lorsqu’on la porte pour faire tableau dans les cérémonies « républicaines ».

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L’enjeu

Si les Juifs arrivent à la conclusion qu’ils ne peuvent plus porter la kipa sans danger dans la rue mais aussi sans réprobation et stigmatisation dans toute la société, le constat est cru: le modèle de l’existence juive en France est caduc pour un judaïsme qui ait du sens et de la dignité. Ce constat est d’autant plus dur pour les porteurs de kipa, supposés « religieux », un milieu qui reste souvent très diasporiste. Le secteur ultraorthodoxe notamment devrait tirer une conclusion drastique: son projet de vie repliée sur soi dans la société mais aussi dans la communauté constitue une impasse sécuritaire. Il est aussi caduc. Quant aux Juifs qui se sont repliés dans les beaux quartiers où ils pensent être à  l’abri, ils ont fait eux-mêmes le choix de la démission et opté pour la politique de l’autruche. Ils se sont engagés dans la voie du déni et du salut personnel au lieu d’affronter la situation comme il se doit. Ils manifestent que le modèle du judaïsme français ne compte plus pour eux et, sans doute, ignorent-ils jusqu’à son existence. Alors, la question du « sens » de l’existence juive ne se pose même pas pour eux…

L’enjeu est simple[1]: soit on fait le choix de rester, sans rien faire, et la situation se dégrade,  c’est-à-dire que l’on redevient des « israélites » qui cherchent à se faire oublier, ou bien on reste et on tente de forger une identité qui assure la continuité et la dignité, ce pour quoi il faudra beaucoup d’invention, car il faut trouver, comment s’adapter à une France qui ne sera plus la France (ni « la République »), soit on estime que les conditions ne sont pas réunies, que les forces en jeu sont trop puissantes, et on décide de partir vers des cieux plus accueillants.

C’est cette conclusion qui me semble la plus adéquate à la quête d’une vie juive qui ait du sens et de la dignité, au regard de l’évolution objective de l’Europe et de la France ( ce n’est pas là un jugement de valeur). Mais, attention, ce départ – et je pense à Israël – ce ne sera pas un simple changement d’adresse. Il implique de remettre en chantier sa propre identité, il n’élimine pas d’autres problèmes (plus constructifs toutefois en Israël qu’en France), d’autres impasses possibles. C’est une aventure créative. L’aventure de se hausser à la condition de peuple souverain, un processus encore en cours en Israël même. Défi à relever pour la condition juive mais aussi défi au « nouvel antisémitisme » qui en a fait sa cible planétaire.

Shmuel Trigano

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[1] Je l’ai clarifié dès 2006

 

NDLR : Le fait de se couvrir la tête vient pour les juifs, de lois relatives aux Cohanim, comme le fait de se laver les mains, ce que beaucoup d’entre nous font mal.

C’est aussi une des nombreuses choses que le Christianisme a emprunté au Judaïsme. La tiare du pape est inspirée de la tiare du Cohen Gadol.

Ces emprunts font partis d’un héritage « commun », d’où la facilité qu’ont certains hommes politiques à se vêtir de la kippa (qui ressemble à celle de leurs curés et de nos rabbins) , mais ce qui n’a rien à voir avec le voile.

 

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Quel est le sens de la polémique sur la Kippa qui émeut les médias et la communauté juive depuis quelques jours ? On aura tout entendu dans ce débat, y compris le couplet habituel des hommes politiques sur la laïcité, la tolérance et le vivre-ensemble. Pourtant ce qui est clairement en jeu ici ce ne sont pas les valeurs de la République, mais l’avenir des Juifs en France. On ne cesse de nous dire que sans les Juifs la France ne serait pas la France, mais en parallèle on fait les choux gras de la peur des Juifs, entretenant ainsi un inconscient collectif sur la précarité de la présence juive.

Pourquoi réitérer à longueur de journée des appels aux Juifs à rester en France et enchaîner les reportages sur l’Alya, en la qualifiant de toutes sortes de qualificatifs  bizarres ? L’accumulation des agressions et attentats contre les Juifs est un fait objectif et la peur qui en découle est naturelle, avec ou sans kippa. On ne peut pas surveiller et protéger chaque personne qui porte une étoile de David, qui lit un livre en hébreu dans le métro ou qui se laisse pousser les papillotes.

Les Juifs, comme les autres Français, n’attendent pas des larmes de compassion ou des commémorations aussi émouvantes soient-elles, mais une action efficace pour arrêter la montée de la judéophobie dans les milieux musulmans. Il ne faut pas se leurrer, ce nouvel antisémitisme qui touche les jeunes musulmans s’est construit sur une toile de fond qu’une grande majorité de la classe politique française a tissé depuis des années, c’est-à-dire la haine d’Israël et l’identification à la cause palestinienne, au nom desquelles on a accepté les débordements dans les manifestations, les stades, les écoles et les réseaux sociaux.

L’indifférence de la classe politique française devant les drapeaux palestiniens ou les keffiehs « style Arafat » dans des rassemblements sans aucun rapport avec le conflit au Proche-Orient est consternante. Aucun signal d’alarme face à ces dérives.  On les considérait, tout au plus, comme un exutoire pratique pour exprimer les colères et les frustrations « légitimes » d’une population marginalisée par les fléaux économiques et sociaux. Au fond, déverser sa haine d’Israël dans la rue ou sur Internet ce n’était pas bien grave. Ce que l’on ne voyait pas ou ne voulait pas voir c’est que ce déferlement de violence verbale préparait le terrain d’une autre brutalité. En quelque sorte elle venait  « cachériser » les attaques à venir contre les Juifs.

Dans le judaïsme, la kippa n’est pas un uniforme, ni un signe de reconnaissance, mais le témoin de notre faillibilité, et elle nous rappelle à l’humilité. Car l’important n’est pas seulement le port de la kippa, mais ce qu’il y a sous elle, à savoir une tête intelligente capable de décider en toute liberté de ses choix, de sa vie et de ses valeurs.

Ceux qui viennent poignarder un Juif, lui tirer dessus ou foncer sur lui avec un véhicule à Paris, Marseille, Jérusalem ou Tel Aviv n’ont sans doute pas compris que ce n’est pas ainsi qu’ils nous empêcheront de vivre notre judaïsme. En revanche ils réussissent parfois à faire douter certains de nos amis ou alliés de notre détermination et de notre courage. Souvent le monde préfère les Juifs faibles, apeurés, inquiets à ceux qui se défendent et c’est sans doute ce sentiment qui a engendré l’émotion sur le port de la kippa.

Excusez-moi, mais je n’ai aucune nostalgie d’une époque où les Juifs ne savaient ou ne pouvaient se défendre. Et cette fierté retrouvée, sans être politiquement correct, nous la devons à l’existence d’un Etat juif souverain et fort.

Michaël Bar Zvi   Chronique du 14 janvier 2016 – Daleth be Chevat 5776

 

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Le mouvement, qui appelle les gens de toutes les religions à porter une kippa, ce vendredi, est venu après que le président de la communauté juive à Marseille ait suggéré aux Juifs de cesser de couvrir leurs têtes afin d’éviter d’être pris pour cibles.

Les gens maintenant utilisent le hashtag pour poster des photos de célébrités portant kippa, réellement ou avec montage photoshop.

Zvi Ammar, le président de la communauté, a déclaré à Arutz Sheva que ses commentaires avaient été sortis de leur contexte, mais il est heureux d’apprendre que de nombreuses personnes dans toute la France ont manifesté leur soutien à la minorité juive.

 

Ammar n’est pas la seule personne encouragée par l’appel fait à tous les Français de mettre une kippa. Les Rabbins Chabad à travers le pays ont l’intention de distribuer des kippot pour aider les Français à montrer qu’ils ne permettront pas les attaques contre les Juifs continuent sans qu’ils s’y opposent.

Le grand rabbin de France appelle les supporters de l’OM à revêtir un couvre-chef lors du prochain match au Vélodrome après l’agression à la machette d’un professeur juif à Marseille.

Après les déclarations de Zvi Ammar, le président du Consistoire israélite deMarseille, qui a demandé aux membres de la communauté juive marseillaise« d’enlever la kippa » suite à l’agression à la machette d’un professeur juif dans la cité phocéenne, Haïm Korsia s’est prononcé contre cette interdiction, et fait un appel aux supporters de l’OM.

« Lors du prochain match de l’OM, j’appelle tous les spectateurs à venir avec un couvre-chef quel qu’il soit : une casquette, un chapeau, un bonnet… Une façon de dire : on est solidaires. Et c’est de solidarité et d’unité dont on a besoin aujourd’hui, croyez-moi », a déclaré le grand rabbin de France dans les colonnes à La Provence.

Après son quart de finale de Coupe de la Ligue à Toulouse, l’OM se déplacera àCaen dimanche et disputera son prochain match à domicile le mercredi 20 janvier face à Montpellier au Vélodrome. L’appel du grand rabbin de France y sera-t-il entendu ? Les kippas aux couleurs du club phocéen sont, elles, déjà prêtes.

 

 

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Le président du Consistoire israélite de Marseille, Zvi Ammar, a « incité » mardi les juifs de la ville à « enlever la kippa dans cette période trouble, jusqu’à des jours meilleurs », au lendemain de l’agression à la machette d’un professeur juif. « Aujourd’hui, devant la gravité des événements (…), il faut prendre des décisions exceptionnelles, et, pour moi, la vie est plus sacrée que tout autre critère », a déclaré Zvi Ammar. Aujourd’hui, « on est obligés de se cacher un petit peu », a-t-il déploré, lui qui dit n’avoir « pas le choix » et que cet appel lui fait « mal au ventre ».

« Malheureusement pour nous, on est ciblés : dès qu’on est identifiés, qu’on est juifs, on peut être agressés et même risquer la mort. Là, on a franchi un pas d’une extrême gravité », a ajouté ce responsable communautaire. L’État fait « tout pour nous assurer le maximum de protection », a tenu à souligner Zvi Ammar, mais « on ne peut pas demander plus. On ne va pas mettre un policier, un gendarme ou un militaire derrière chaque juif ».

»Assurer la sécurité des juifs »

La communauté juive de Marseille compte quelque 70 000 membres sur une population de 855 000 habitants, selon le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), ce qui en fait la deuxième plus importante de France, derrière Pariset sa région, et une des plus nombreuses d’Europe également. Interrogée sur la décision du président du Consistoire, la présidente régionale du Crif, Michèle Teboul, a dit penser que « sur le plan personnel, (…) il faut vivre normalement ». « Mais je ne peux pas ne pas me plier (à cette décision) si c’est pour assurer la sécurité des juifs », a-t-elle ajouté.

Un enseignant juif de 35 ans, portant la kippa, se rendait lundi matin dans l’établissement privé marseillais où il enseigne quand il a été attaqué à la machette par un adolescent turc d’origine kurde de 15 ans. Le professeur s’est défendu et n’a été blessé que légèrement. L’auteur des faits, qui a dit aux policiers avoir agi « au nom d’Allah » et du groupe État islamique, a quitté mardi après-midi les locaux de la police marseillaise pour être transféré à la sous-direction antiterroriste à Levallois (Hauts-de-Seine). Le suspect, dont la garde à vue ne peut dépasser quarante-huit heures en raison de son âge, devrait ensuite être présenté à un juge d’instruction antiterroriste pour une possible mise en examen.

Pas de Kippa dans les rues, mais aussi pas de tsitsit visibles.

Nous pouvons mettre un chapeau, une casquette ou tout autre couvre-chef, et faire attention que les tsitsits ne soient pas obligatoirement visibles. Il faut faire le distinguo entre ce qui nous est demandé, c’est-à-dire avoir la tête couverte et porter discrètement son talith katan, ou s’exposer dans certains endroits avec des risques inutiles. Cette décision s’impose vu le contexte actuel. Certains parents exigent quelquefois de leurs enfants des choses qu’ils ne font pas eux-mêmes, et vivent leur judaïsme par procuration.

Tout cela est très regrettable, et c’est un de ces éléments qui participe au choix d’aller vivre en Israël, source d’une réelle liberté. Ce choix doit être fait en toute conscience et avec une réelle préparation. C’est quelquefois dans l’épreuve que l’on trouve la force de faire les bons choix. Ce n’est pas un échec, dans le cas d’espèce, c’est une avancée.

Mais il faut faire très attention aux renoncements, et savoir jusqu’où ne pas aller. Ce qui peut être valable pour des enfants sans défense ne l’est peut-être pas pour tous. Il nous faut un minimum d’affirmation de nos valeurs et de notre identité. Tout cela reste aussi une affaire d’appréciation personnelle, qui doit être bien mesuré.


Marseille: le Consistoire israélite conseille à… par ITELE

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Suite à la violente attaque antisémite dirigée contre 3 jeunes juifs dans un centre commercial de Johannesbourg, des dizaines de sud-africains se sont réunis samedi soir avec des kippot sur la tête ou portant des tzizits.

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« La communauté juive sud-africaine espère que cette sauvage agression n’est qu’un acte isolé. Nous invitions donc tous les sud-africains, juifs ou non-juifs, à se réunir samedi soir et à porter une kippa en signe de solidarité. #KippasAgainstHate« , avait appelé vendredi le Conseil juif sud-africain.

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Les incidents antisémites se sont multipliés en Afrique du Sud au cours de la guerre à Gaza cet été entre Israël et le Hamas et sous l’influence grandissante des actions antijuives de la section locale BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanction).

En septembre dernier, le président sud-africain, Jacob Zuma, s’était personnellement engagé à lutter contre l’antisémitisme dans son pays.




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Photos via Stop the JNF SA – exposées par la Fédération sioniste d’Afrique du sud  et les pages Facebook de Steven Zurel.




israelcool.com

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Peut-on se couvrir la tête avec la main pour réciter une bénédiction? 

 
 

Question :
 
Une personne qui se lève en pleine nuit, et qui se lave les mains pour boire un verre d’eau. Peut-elle simplement placer sa main sur sa tête pour réciter la bénédiction, ou bien doit-elle obligatoirement se couvrir la tête avec une Kipa ou autre ?
 
Réponse :
 
Avant tout, nous devons expliquer l’obligation de se couvrir la tête pour un homme.
Il est prouvé dans la Guémara et les décisionnaires qu’il n’y a pas une réelle obligation pour un homme, de marcher en permanence la tête couverte.
Effectivement, il est enseigné dans la Guémara Chabbat (118b) :


Rav Houna, fils de Rav Yéhochoua’ dit : « Je mérite La Bénédiction, car je n’ai jamais marché 4 Amot (environ 2 m) avec la tête découverte. »


Mais l’auteur du Kol Bo, explique que cet enseignement n’est pas un DIN (une réelle obligation), mais un comportement de grande piété (Midat h’assidout).
 
Malgré tout, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita a écrit que de notre époque, le fait d’avoir la tête couverte, fait toute la différence entre celui qui sert Hachem, et celui qui ne Le sert pas.  En effet, nous pouvons constater que malheureusement, la majorité des gens qui ne se couvrent pas la tête sont des personnes qui rejettent les principales valeurs de la Torah. Il y a donc aujourd’hui beaucoup plus qu’un simple comportement de grande piété dans le fait de marcher, la tête couverte.


Toutefois, lorsqu’une personne se trouve chez elle, et qu’elle se lève la nuit, elle n’a pas de réelle obligation, selon le DIN, de marcher avec la tête couverte.


De même, lorsque l’on se trouve à la piscine ou à la plage (sans mélange d’hommes et de femmes, évidement !!!), où l’on n’a pas l’usage de marcher avec la tête couverte, il n’y a dans ces endroits, aucune réelle obligation selon le DIN, de se couvrir la tête.
 
Il nous reste maintenant à expliquer le DIN, lorsqu’il s’agit, non plus seulement de marcher, la tête découverte, mais de mentionner le Nom d’Hachem, avec la tête découverte.
 
Il est enseigné dans le traité Soferim (chap.14, Halah’a 15) :


Une personne, dont les vêtements sont partiellement déchirés, et dont la tête est découverte, peut lire le Chéma’. Certains disent que si ses vêtements sont partiellement déchirés, il peut lire le Chéma’, mais pas si sa tête est aussi découverte, car cette personne n’est pas autorisée à mentionner le Nom d’Hachem, avec la tête découverte.
 
Il en ressort que le fait de mentionner le Nom d’Hachem avec la tête découverte, fait l’objet d’une Mah’loket (une divergence d’opinions halah’ique) dans la Michna.
MARAN, dans le Beit Yossef (Orah’ H’aÏm chap.91) rapporte au nom de Rabbénou Yérouh’am, que du point de vue de la Halah’a, nous tranchons qu’il est interdit de mentionner le Nom d’Hachem, avec la tête découverte. C’est ainsi que tranche MARAN également dans le Choulh’an ‘Arouh’ (même chapitre).
 
Reste à répondre à notre question initiale : suffit-il de se mettre la main sur la tête pour réciter une bénédiction ?
 
Il est écrit dans le livre Téroumat Hadechen (chap.10) :


Le fait de placer la main sur la tête, n’est pas considéré comme se couvrir la tête, car la tête et la main font parties du même corps. Or, le corps ne peut pas se couvrir lui-même.


Nous constatons que le fait de placer la main sur la tête ne représente pas un couvre-chef. C’est ainsi que tranche également MARAN dans le Choulh’an ‘Arouh’.
Mais MARAN ajoute que selon l’explication du Téroumat Ha-Dechen, il semble que si une autre personne place sa main sur la tête de la personne qui désire réciter une bénédiction, cette personne peut réciter sa bénédiction, car ce n’est pas le même corps.

Conclusion :

Lorsque l’on désire réciter une bénédiction, on est tenu de mettre une Kipa ou autre chose sur la tête. On peut aussi réciter une bénédiction, lorsque la main de quelqu’un d’autre nous couvre la tête. Mais se couvrir la tête avec sa propre main, ne suffit pas pour réciter une bénédiction.

Rubben Salfati

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