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Jason Greenblatt

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L’envoyé spécial de la Maison Blanche pour le conflit israélo-palestinien Jason Greenblatt arrive lundi en Israël afin de « soutenir les efforts visant à apaiser les tensions dans la région », a déclaré un haut responsable américain cité par les médias israéliens.

« Le président Trump et son administration suivent de près les événements qui se déroulent dans la région. Nous sommes engagés dans des discussions avec les parties concernées afin de trouver une solution aux problèmes de sécurité en cours », a ajouté le haut responsable.

La visite de l’émissaire Jason Greenblatt intervient dans un contexte de tensions exacerbées dans la région, qui a mené vendredi au « gel des contacts » entre Israéliens et Palestiniens, décidé par le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.


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L’escalade de violences entre Israéliens et Palestiniens a démarré le 14 juillet dernier par l’assassinat de deux policiers israéliens porte des Lions à Jérusalem.

Au lendemain de l’attentat, Israël a pris des mesures de sécurité exceptionnelles en fermant l’esplanade des Mosquées au public pendant deux jours. Après des fouilles sur le site, des armes à feu, des couteaux et autres armes blanches ont été retrouvés dans l’enceinte d’Al-Aqsa, ce qui a conduit Israël à installer des détecteurs de métaux à l’entrée de l’esplanade.

Ces nouvelles mesures de sécurité ont provoqué l’ire des fidèles musulmans et du monde arabe et entraîné de nombreux affrontements. Trois Israéliens d’une même famille ont été massacrés dans une attaque sanglante à leur domicile vendredi soir, tandis que cinq Palestiniens sont morts au cours d’affrontements avec les forces de l’ordre durant le week-end.

Deux jours avant l’attaque contre les policiers, les Etats-Unis étaient pourtant sur le point d’annoncer la reprise sur le long terme des pourparlers israélo-palestiniens.

Face à la montée des tensions, l’administration Trump s’est dite « très préoccupée », et a exhorté Israël et la Jordanie à rétablir le calme dans la région, dans un communiqué publié la semaine passée.

I24News

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Greenblatt tête nue porte des Lions

Le représentant du président américain Donald Trump, Jason Greenblatt, était une personnalité parfaitement inconnue en Israël. Jusqu’à l’année dernière où, à la faveur d’une réunion, Trump, alors en pleine campagne pour la présidentielle, l’a présenté aux journalistes des médias juifs, comme étant une éminence en matière de géopolitique Moyen-Orientale.

A partir de là, l’image de Greenblatt qui s’est alors imposée dans les esprits, était celle d’un homme portant une grande kippa noire. Pas une photo qui ne le représentât ainsi coiffé de ce couvre-chef.

Or, c’est tête nue qu’il a fait sa première apparition à Jérusalem, lors d’une réunion, dans sa fonction de délégué aux négociations internationales, de l’Administration Trump. Bien que le fait de porter la kippa ou pas en public, relève d’un choix personnel, et soit relatif à la vie privée, il était impossible de ne pas relever ce changement.

Certains, cependant, ont fait plus qu’en prendre note. Ils ont pris la liberté de le critiquer et commenté avec ironie : Greenblatt se sentait assez à l’aise pour porter une kippa, quand il travaillait avec Trump à la « Trump Tower », mais il y renonce, pour rencontrer le Premier ministre israélien, à Jérusalem.

Mais la raison à cela est limpide. Quand Greenblatt représentait les intérêts commerciaux de Trump à New York, ce qu’il portait sur sa tête était absolument sans conséquence.

Mais maintenant qu’il a été propulsé dans le rôle de médiateur américain pour la paix israélo-palestinienne, il ne veut pas que l’on puisse douter de son impartialité, et le soupçonner d’identification, avec l’une des parties en conflit. Sa crédibilité pourrait s’en trouver infirmée. Porter une kippa lors de négociations pour des transactions foncières à New York, c’est une chose, quand à négocier pour la paix au Moyen-Orient, ç’en est une autre, et mieux vaut ne pas avoir l’air d’habiter Beit Shemesh.

Considérons un instant la situation contraire. Les Israéliens seraient-ils tout à fait à l’aise, si le négociateur en chef des États-Unis du Département d’Etat au Moyen-Orient était une femme de confession musulmane, coiffée d’un hijab?

La comparaison peut paraître un peu superficielle. On peut tout à fait être pro-israélien sans porter de kippa, ou très pro-palestinien sans hijab. Mais le message que l’on donne par son apparence a son importance. Et ce qui a été perçu, c’est qu’en rencontrant Netanyahou tête nue, Greenblatt voulait s’afficher comme étant le représentant impartial du gouvernement américain.

Les photos d’un négociateur américain, circulant dans la région, entre Jérusalem et Ramallah, en kippa, ne contribueraient guère à renforcer la crédibilité de Greenblatt dans le monde arabe. Et lorsqu’une administration fait ses premiers pas, et surtout cette administration-là, sa crédibilité est de la plus haute importance.

Soit dit en passant, ce n’est pas comme si Greenblatt était un juif honteux, soucieux de dissimuler son appartenance et son identité. En route vers Israël, il a tweeté une photo de lui en tallit, avec tefillin et siddour, accompagné d’une légende qui disait que c’était l’heure de la prière du matin à l’aéroport de Francfort. « Prions pour la paix », a-t-il encore écrit.

Pourtant, il y a aussi quelque chose de très symbolique dans la décision de Greenblatt de ne pas porter de kippa. Pendant une campagne électorale, on peut dire certaines choses sans problème. Mais une fois au pouvoir, on voit les choses différemment, et les responsabilités au sein d’une administration tendent à influencer sur la rhétorique choisie.

En pleine campagne, Trump et son équipe, pouvaient aisément parler de déménager l’ambassade américaine à Jérusalem, du droit historique des juifs de vivre en Judée et en Samarie, et soutenir les constructions dans les implantations. Mais une fois en fonction, face à des pressions venant de toutes part, du ministère de la Défense, du Département d’Etat, de Jordanie, d’Egypte et d’Arabie Saoudite, il convient d’être plus nuancé. D’autres considérations entrent en jeu, qui pendant la campagne, pouvait aisément être balayées d’un revers de manche. Une fois au pouvoir, quand leur responsabilité est engagée, chaque mot compte et ils accordent une importance plus aigüe à leurs déclarations.

Greenblatt a navigué cette semaine dans des eaux troubles, dans lesquelles de plus expérimentés que lui ont perdu pieds. Greenblatt est un avocat immobilier, pas un diplomate professionnel. Pour autant, son manque d’expérience, n’est pas nécessairement un handicap. D’autant plus qu’ils sont légions à avoir fait choux blanc avant lui, et pas des moindres négociateurs. Peut-être même que son manque d’expérience lui permettra de voir les choses avec un œil neuf. Il se découvrira le talent de savoir creuser un sillon, là où ces prédécesseurs aguerris avaient négligé arbitrairement de le faire.

Greenblatt a également l’avantage de commencer le travail quand la barre est au plus bas. L’ancien président Barack Obama avait nommé George Mitchell comme ambassadeur du Moyen-Orient, deux jours seulement après son investiture, le gratifiant du titre pompeux d’ « Envoyé spécial pour la paix à mi-chemin vers l’Est ». Le portefeuille de Greenblatt est plus modeste: « représentant délégué aux négociations internationales ». Représentant !

Quand Trump, l’homme d’affaires consommé, regarde vers l’est, il voit miroiter la possibilité d’un «deal ultime» à négocier, qui se profile au Moyen-Orient, dont il serait l’heureux artisan. Mais Greenblatt lui, commence lentement, sans avoir d’attentes irréalistes. Il a évoqué avec Netanyahou, l’amélioration des conditions de vie des palestinien. Et avec Abbas, il s’est entretenu du renforcement des capacités des forces de sécurité palestiniennes et de l’arrêt de l’incitation à la haine. Il parle de convenir de directives avec le gouvernement israélien, qui portent sur où Israël peut ou ne peut pas construire dans les implantations.

Il avance à petits pas, sans coup de théâtre médiatique. Des étapes raisonnables qui indiquent qu’il cherche d’abord à construire des bases solides, et pas immédiatement de remporter le grand shlem. Les visites officielles et gesticulations d’un «Envoyé spécial pour la paix au Moyen-Orient», sont beaucoup plus dramatiques. Alors que quelques avancées pratiques, même modestes sur le terrain, peuvent permettre efficacement de marquer quelques points.

Greenblatt apporte aux problèmes de la région une approche différente, et un style différent. Peut-être que ça marchera, peut-être pas. Mais une chose est sûre: l’approche qui a été celle de ces 25 dernières années, toutes sous la houlette de gens fort d’une incontestable vaste expérience, n’a mené nulle part.

JerusalemPost – Traduction JForum