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Photo Boris Allin . Hans Lucas

Jean-Luc Mélenchon, «scélérat» utile de l’islamisme

Curieux personnage que ce Mélenchon. Il considère que la burqa est un «accoutrement obscène» qui porte «atteinte à la dignité de la personne humaine», mais pas question de réprimer : il ne faut pas «donner dans la surenchère pénale». «Cette violation devrait relever plutôt de la contravention que du délit».

En 2012, Mélenchon refuse de «politiser» les meurtres de Mohamed Merah contre une école juive et des soldats français de toutes confessions.

«Ce type n’est rien, c’est un criminel sanglant, un crétin (…) n’acceptons pas une seconde de politiser ce que raconte cet idiot».

En 2015, il regrettera à nouveau qu’en 2012,

«l’affaire Merah (ait) effacé du tableau toutes les questions sociales, culturelles, écologiques que j’étais parvenu à introduire dans la campagne. Tout a été ramené à un conflit religieux et ethniciste.»

En 2014, quand des centaines de manifestants pro-Gaza attaquent les synagogues de la rue des Tournelles, de la rue de la Roquette à Paris et une autre à Sarcelles, il déclare :

«qui peut croire sérieusement qu’à part une poignée d’énergumènes, il y aurait en France, dans la protestation contre Gaza, de l’antisémitisme.»

En janvier 2015, il s’est rendu sur les lieux de l’assassinat de l’équipe de Charlie Hebdo, mais ne stigmatise pas les tueurs, ni leur idéologie. Il entonne le même couplet chrétien que François Hollande : «il faut se serrer les coudes. C’est la force humaine qui va nous permettre de vaincre ce que ces gens essaient de faire».

Le 17 novembre 2015, après les attentats du Bataclan-Stade de France, toujours pas un mot contre l’islamisme meurtrier de l’Etat islamique. Il a certes la conviction que c’est «le sentiment d‘appartenance à une chose commune, notre Patrie républicaine (qui) est en danger», et s’il estime qu’un discours de fermeté est nécessaire, «point n’est besoin d’en rajouter». Dans la même interview aux Inrocks, il compare l’ère du terrorisme à l’ère du sida : «une forme nouvelle d’angoisse est entrée dans une société qui n’imaginait pas que ce type de problème puisse exister».

On meurt donc d’une bombe qui explose comme on meurt d’un virus et personne n’est réellement responsable.


Pour Mélenchon, «l’islam n’est pas plus impliqué dans cette affaire (le terrorisme) que n’importe quelle autre croyance», «le fondamentalisme religieux est le marque d’une guerre pour l’argent et par l’argent. Il faut renoncer à stigmatiser la pauvreté comme source du crime… La cause du terrorisme est dans les guerres entre les puissances pour contrôler une zone du monde ou se contrôle et se produit une richesse immense. C’est la guerre qu’il faut faire cesser ».

Le 25 novembre 2015, intervenant au Parlement européen de Strasbourg, il affirmera que «l’islam n’est pas plus impliqué dans cette affaire (le terrorisme) que n’importe quelle autre croyance».

La faute en revient bien sûr au capitalisme :

«le fondamentalisme religieux est le marque d’une guerre pour l’argent et par l’argent. Il faut renoncer stigmatiser la pauvreté comme source du crime… La cause du terrorisme est dans les guerres entre les puissances pour contrôler une zone du monde ou se contrôle et se produit une richesse immense. C’est la guerre qu’il faut faire cesser ».

En avril 2016, Jean-Luc Mélenchon fait écho aux propos d’Elizabeth Badinter qui a demandé aux femmes de boycotter les marques de haute couture et de prêt à porter qui développent des lignes de vêtements pour femmes voilées. Il commence par stigmatiser «les marchands (qui) ont envahi le temple, (qui) se sont appropriés la religion musulmane pour se faire du fric», mais il termine par «les gens s’habillent comme ils veulent mais on a le droit de dire que l’on n’est pas d’accord».

Au cours du débat, Jean-Luc Mélenchon a estimé que les hôtesses d’Air France en poste sur la nouvelle ligne Paris-Téhéran n’ont pas à porter le voile à leur descente d’avion – «Les Français sont libres et appartiennent à un État laïc. Les Français ne s’abaissent pas» -, mais il se refuse à porter un jugement politique sur l’obligation que les ayatollahs font aux femmes iraniennes de porter le voile. Cette contrainte politique n’est pour lui qu’une « disposition » résultant de « mœurs étranges ».


En pleine affaire du burkini de Nice il gazouille sur Twitter : «dans notre pays, on a persécuté les juifs, puis les protestants et aujourd’hui les musulmans. La solution, c’est la laïcité».

Le 25 août 2016, Jean-Luc Mélenchon frappera encore plus fort.

En pleine affaire du burkini de Nice il gazouille sur Twitter :

«dans notre pays, on a persécuté les juifs, puis les protestants et aujourd’hui les musulmans. La solution, c’est la laïcité».

L’incapacité de Mélenchon à extirper l’islam tapageur et assassin de son statut de victime fera dire à l’avocat Gilles-William Goldnadel : «après le massacre d’enfants juifs à Toulouse, après le Bataclan, après l’hyper kasher, après Nice, après Rouen et autres drames sanglants, le martyre musulman ne m’avait pas frappé.»

Incapable d’énoncer cette vérité simple que les musulmans ne sont pas des victimes et que les bourreaux se recrutent dans leurs rangs, Jean-Luc Mélenchon en arrive à offenser les victimes – les vraies, celles qui ont laissé la vie sur le champ des attaques terroristes.

Stéphane Lacombe, directeur adjoint de l’Association Française des Victimes du Terrorisme (AFVT) n’a ainsi pas supporté que, le 14 janvier 2016, sur RTL, Jean-Luc Mélenchon évoque le terrorisme comme un «amusement public».

«Vous avez accompli un double-exploit : nier le terrorisme djihadiste que vous présentez comme un « amusement public et traîner dans la boue les victimes du terrorisme quelques semaines après l’attentat le plus meurtrier de notre histoire».

Stéphane Lacombe termine sa tribune en affirmant que Mélenchon est un « scélérat ».

Partisan déclaré de l’islam, Mélenchon s’est cru obligé de multiplier les déclarations anti juives.

Le 26 août 2014 en clôture de l’université d’été du Parti de gauche , il déclare : «Nous ne croyons pas à un peuple supérieur aux autres.» Là, il veut parler du peuple d’Israël, et il continue ce 26 août 2014 en déclarant: « Si nous avons quelque chose à dénoncer c’est ceux de nos compatriotes [juifs] qui ont crû, bien inspirés, d’aller manifester devant l’ambassade d’un pays étranger ou d’aller servir sous ses couleurs les armes à la main. »

Mélenchon qui n’a jamais dénoncé les djihadistes qui partent rejoindre l’Etat islamique en Syrie et reviennent ensuite assassiner leurs compatriotes, oublie que si de jeunes Français émigrent en Israël, ce n’est qu’après avoir acquis la nationalité israélienne et n’ont jamais eu pour objectif de combattre l’armée française, ni de revenir en France pour assassiner leurs compatriotes.


«Je voudrais dire au CRIF que cela commence à bien faire. Les balayages avec le rayon paralysant qui consiste à traiter tout le monde d’antisémite dès qu’on a l’audace de critiquer l’action d’un gouvernement. C’est insupportable. Nous en avons assez. La République, c’est le contraire des communautés agressives qui font la leçon au reste du pays. »
Personne n’a rappelé à Jean-Luc Mélenchon que la «communauté agressive» pleurait 9 Juifs assassinés en France en quelques années, que ses synagogues et ses écoles vivaient sous la protection constante de l’armée française et qu’elle incarnait depuis 17 ans plus de 50% de toutes les attaques racistes en France.

Antisémite Mélenchon ? Nenni. Dans ce même discours programmatique d’août 2014, il s’en prend au CRIF en affirmant :

«Je voudrais dire au CRIF que cela commence à bien faire. Les balayages avec le rayon paralysant qui consiste à traiter tout le monde d’antisémite dès qu’on a l’audace de critiquer l’action d’un gouvernement. C’est insupportable. Nous en avons assez. La République, c’est le contraire des communautés agressives qui font la leçon au reste du pays. »,

a-t-il conclu. Personne dans la salle qui applaudissait à tout rompre n’a rappelé à Jean-Luc Mélenchon que la «communauté agressive» pleurait 9 Juifs assassinés en France en quelques années, que ses synagogues et ses écoles vivaient sous la protection constante de l’armée française et qu’elle incarnait depuis 17 ans plus de 50% de toutes les attaques racistes en France.

Texte reproduit avec l’autorisation de son auteur.

Photo de profil de Yves Mamou, L’image contient peut-être : 2 personnesYves Mamou est journaliste et auteur. Il est basé en France. Il a travaillé pendant plus de deux décennies au journal Le Monde avant de prendre sa retraite. Son prochain livre « Infidèles Utiles », les collabos de l’islamisme en France » sera publié aux Editions du Toucan.

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Le député de Trappes vient, avec précision, de développer sa conception de la laïcité.
« Si les filles peuvent se rendre au lycée en minijupe, cela doit être également permis aux filles portant le voile », a-t-il déclaré, vendredi, sur RTL.
Et il a ponctué cette phrase d’un définitif : « c’est ça la laïcité ! ». Oh oui Benoit Hamon c’est bien ça la laïcité !

Mais pas n’importe laquelle. Pas la laïcité à la française, vieillotte, réactionnaire, et fermée aux vents libérateurs qui soufflent de l’Orient. La laïcité telle qu’on l’enseigne dans les madrassas du Yémen… La laïcité telle qu’on la pratique au Soudan… La laïcité telle qu’on la conçoit en Arabie Saoudite… Une laïcité sans minijupe quand même.

Sainte-Laïcité, priez pour nous!

Le député de Trappes est un homme ouvert. Adepte du vivre-ensemble. Et adorateur farouche du « pas d’amalgame ». La sainte qu’il vénère c’est Sainte-Laïcité. Cette sainte est celle qu’il nous faut, que nous devons aimer pour que la France demeure en paix. Sainte-Laïcité tient la main d’une fille voilée et, protectrice, donne l’autre à une fille en minijupe. Le voile est une APD (Arme de pudeur massive).

La minijupe est une ASD (Arme de séduction massive). Elles sont donc faites pour former un couple harmonieux.

Avec le député de Trappes c’est le bonheur et la joie pour toutes. Le voile avec la minijupe… Le niqab avec le porte-jarretelles. La burqa avec le string… Le burkini avec le bikini… Il n’est pas beau ce mélange ? Il faudrait être aveugle pour ne pas voir les merveilleux effets de ce métissage désiré par Benoit Hamon.

On ne fera pas l’injure au député de Trappes d’insinuer qu’il ignore les noms des pays où la minijupe et le bikini sont interdits sous peine de fouet et parfois de lapidation. Mais Benoit Hamon fait campagne pour être le président de la République française. Pas celui du Soudan, du Pakistan ou du Yémen. Et en vrai républicain, il n’aspire pas du tout à devenir roi d’Arabie Saoudite. Il est Français Hamon, Français de chez Français…

Trappes, le califat de la djellaba

Pour la France, lui l’homme de terrain, il a un modèle : Trappes, la ville dont il est le député. C’est pour cette ville, dont plus de 70% des habitants se déclarent de confession musulmane, qu’il avait essayé de faire voter une résolution reconnaissant la Palestine comme Etat. « La résolution-Trappes » avait alors lâché, méprisant, Manuel Valls. Depuis Hamon le hait et Valls le lui rend bien.

A Trappes, les rues sont noires de burqas et blanches de djellabas. C’est pourquoi aucun identitaire islamophobe ne s’y aventure. Les filles en minijupe non plus. Va donc savoir pourquoi ? Mais ça va changer ! Car au nom de sa conception de la laïcité, Benoit Hamon les escortera. Et il interviendra fermement quand on les traitera de « sales putes » ! Et puis – qui sait ? – on verra peut-être grâce à lui dans les rues de la ville des filles voilées portant la minijupe ? Ce serait ça la laïcité selon le député de Trappes.

Benoît Rayski

Source : Causeur

 

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Benoît Hamon n’avait pas besoin de ça.

Sa campagne patine, son projet de revenu universel se voit officiellement remis aux calendes grecques et réduit à quelque micro-expérimentation, les hiérarques socialistes rallient par charrettes entières la locomotive Macron, aucun sondage ne le qualifie pour le second tour de la présidentielle.

Le candidat officiel du Parti socialiste a beau ne traîner aucune casserole judiciaire et mener une campagne de fond, contentant tantôt les objecteurs de croissance, tantôt les multiculturalistes fanatiques, cela ne dessine pas un destin présidentiel. Au mieux une carrure de Premier ministre, sinon de ministre du Budget. Mais voilà qu’un gros parpaing s’est planté dans sa chaussure plombée.

Récidiviste du tweet

Sur Twitter, la “porte-parole égalité femmes-hommes” de la campagne hamoniste, Laura Slimani, s’en est violemment pris au maire de Montpellier.

Ce qui pourrait n’être qu’une subite poussée d’acné à la Bruno Masure devient une affaire judiciaire car l’édile, ex-militant PS exclu du parti il y a quelques années pour candidature dissidente, et passé avec armes et bagages du côté de chez Emmanuel Macron, a très mal pris la joute mi-jeuniste mi-racialiste de l’ex-patronne du MJS, aujourd’hui conseillère municipale de Rouen et présidente des Jeunes socialistes européens.

Voyez plutôt.

“Vieux mâle blanc libéral” : trois péchés irrémissibles ?

Rassurez-moi, naît-on blanc et libéral à la naissance ?

La vieillesse n’a pas d’âge, mais y a-t-il un gêne libéral dont certaines populations leucodermes seraient naturellement porteuses ?

La sociobiologiste Slimani pourrait certainement nous éclairer sur la question.

D’autant que cette militante aguerrie n’a rien d’une péronnelle. Laura Slimani, pur produit du MJS dont Hamon a rédigé les statuts de façon à ce qu’il soit lié éternellement à la gauche du PS, peut difficilement mettre ses sorties sur le compte d’un “double maléfique”, façon Mehdi Meklat du Bondy Blog.  

Car elle n’en est pas à son premier coup d’essai, tant s’en faut. Ainsi, l’été dernier, en pleine polémique sur le burkini, tandis que des islamistes piégeaient les médias sur la plage de Nice à peine quelques semaines après le carnage du 14 juillet, que twittait cette antifa émérite ?

“Hommes blancs” vs “femmes musulmanes” : la Weltanschauung du PIR a fait des petits… Le méchant homme blanc (“souchien” dixit Houria Bouteldja) existe, Laura Slimani l’a visiblement rencontré. Et ça s’est mal passé. Au point que la sémillante socialiste rejette le terme de français de souche, que François Hollande avait imprudemment employé début 2015 à la suite des attentats perpétrés par des suprématistes white et blancos.  ”Brouillage intellectuel” avait dénoncé cette brillante sémiologue née en 1989 et “venue à la politique par le féminisme”.

Légitime défense

Son dernier tweet un tantinet raciste (ou “ethno-différencialiste”, comme disent certains milieux…) serait passé quasi inaperçu hors des frontières de l’Occitanie si le premier concerné n’avait réagi. Or, le maire de Montpellier Philippe Saurel a légitimement décidé de porter plainte pour “injure raciale, injure en raison du sexe, provocation à la discrimination en raison de la race et provocation à la haine en raison du sexe”. 

On pourrait croire à un malheureux concours de circonstances si Benoît Hamon avait fermement condamné les propos incriminés. Ou si l’un des membres de son premier cercle, le député PS Pascal Cherki, n’avait applaudi l’organisation d’une conférence “interdite aux Blancs à l’université Paris 8 l’an dernier : « Pour ma part je pense que la fac de Paris 8 est une excellente fac parfois en rupture avec l’idéologie dominante. Tant mieux ! »

Quoi qu’en disent ses détracteurs, la gauche n’a pas encore totalement adopté ce deux poids deux mesures ethnoracial. Pour le maire de Montpellier et quelques autres, contrairement à La Ferme des animaux d’Orwell, la France ne considère pas certains citoyens comme plus égaux que d’autres…

Daoud Boughezala

Source : Causeur

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Manuel Valls après sa défaite au second tour de la primaire élargie du PS, le 29 janvier 2017 à Paris Eric FEFERBERG (AFP)
L’ancien Premier ministre, grand perdant de la primaire socialiste, sort du silence et livre l’ampleur de son inquiétude sur l’avenir de la France, dans une tribune publiée aujourd’hui dans le Journal du Dimanche.

Dans ce texte, qui prend la forme d’une sorte de plaidoyer, Manuel Valls explique que c’est par « cohérence » et non « trahison », comme certains à gauche le soutiennent, qu’il a décidé de ne pas apporter son parrainage au candidat socialiste à la présidentielle Benoît Hamon.

Dans cette tribune, celui qui est connu pour son fort tempérament, ne mâche pas ses mots et se défend avec virulence contre ceux qui voudraient voir en lui un traître.

« Quelle serait donc cette trahison qui consiste à refuser ce cynisme ambiant où l’on promet tout et son contraire », lâche-t-il.

Benoît Hamon et Manuel Valls après l’annonce des résultats de la primaire à Paris le 29 janvier 2016 Eric FEFERBERG (AFP)

« Un seul souci, l’intérêt du pays et une seule ligne de conduite – la seule qui vaille – la cohérence » ont motivé sa décision, indique l’ancien chef du gouvernement, très critique envers le programme de son ancien rival.

« La gauche dans laquelle je me reconnais c’est celle qui refuse la facilité des postures, qui agit dans la conquête du pouvoir avec la même exigence qu’impose l’exercice des responsabilités », écrit-il, avant de dénoncer entre autres les mesures soutenues par Hamon comme la légalisation du cannabis ou la sortie du nucléaire et l’accuser indirectement de « dénigrer » la valeur travail.

Valls brandit également la « menace de l’extrême droite » et met en garde celui qui remplacera François Hollande à l’Elysée en mai prochain: « il faudra tenir le pays, se dépasser », dit-il, mais aussi « oublier les vieux clivages », quatre mots qui peuvent être interprétés comme un soutien implicite au candidat Emmanuel Macron?

Source : I24 News

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A dénoncer le prix des costumes de François Fillon les médias prendront-ils le risque d’encourager les passions négatives dans l’opinion, développant une forme de néo-populisme anti-riches qui pourrait décourager du choix d’une politique libérale proposée aussi par Emmanuel Macron?
Ce week-end a ouvert le ban à de nouvelles révélations sur la vie de François Fillon. Elles concernent sa manière de s’habiller, dont l’enquête menée par le Journal du Dimanche révèle le coût, et une inconnue : qui paye les factures?
Dieu seul sait pour l’instant où tout cela conduira, parce qu’il n’y a bien sûr rien d’illégal à recevoir des cadeaux s’ils sont légaux, pas plus qu’il n’y en a, à bien savoir s’habiller.
 
De légalité il n’est donc point question a priori dans l’article sur « Les mystérieux paiements des costumes de Fillon ». Mais derrière l’idée de l’achat, c’est bien entendu celle du prix qui est visée.
 
L’enquête confirmant, s’il était nécessaire, que le luxe a un coût, comme tout ce qui est beau et de grande qualité.
 
Les Français le savent bien, du reste, puisque leur pays est précisément l’ambassadeur du luxe dans le monde. Le lecteur est pourtant mis une demeure de s’indigner du coût des costumes du candidat.
 
Et la question sous-entendue est donc au fond la suivante, puisque cela n’est a priori pas illégal :
« Est-il légitime pour un homme politique, candidat à l’élection suprême de dépenser autant d’argent pour s’habiller? ».
Qu’il en paie ou non la facture devenant adjacent, telle est au fond la réflexion soumise au jugement de l’opinion.
 
Chacun est donc conduit à se poser une interrogation dont tous, depuis la nuit des temps, connaissent la réponse.
Quel citoyen en effet souhaiterait voir ses représentants habillés de guenilles, ou tout simplement le voir « mal habillé »? Que n’a-t’on critiqué, y compris chez la plupart de ceux qui se vêtent plutôt chez Zara, Uniqlo, sur le marché ou dans les grands magasins, la mauvaise allure du couple Présidentiel de 2012,  lui s’affichant en maillot informe et elle pas mieux, en première page de Paris Match? On se souvient, a contrario, combien les Français ont apprécié l’élégance de Carla Bruni, tout de Dior vêtue.
 
C’est pourquoi l’affaire des costumes de Fillon est au fond signée par ceux-là même qui stimulent la haine de l’argent et la détestation des riches chez tous ceux qui peinent à boucler leurs fins de mois.
Ils sont légions, y compris dans les classes moyennes, suite à ce quinquennat hollandais désastreux, infligeant une politique et un idéal ayant fait fuir des milliers d’investisseurs. Ayant appauvri la société civile en l’étouffant par l’impôt, les charges patronales et l’inflation des prix.
 
Effondrés, déprimés, angoissés par le terrorisme de gens qui haïssent leurs valeurs, les Français sont manipulés par les tenants d’une idéologie égalitariste absurde mais puissante.
 
Ce populisme anti-riches s’affiche contre une droite libérale qui voudrait relever la tête, avec François Fillon. Lequel porte une morale alternative à la moraline antiraciste et immigrationniste qui domine les mentalités et la vie politique. Mais il est aussi hostile au nouveau Centre gauche inventé par Emmanuel Macron, qui propose de produire des richesses, et encourage les Français à la consommation, y compris le dimanche.
 
De sorte que l’alternative au relèvement économique proposée par ces deux candidats, à travers des politiques de l’offre, ne laisse guère le choix qu’entre deux formes exacerbées de populismes anti-élitistes autant qu’étatistes. Celui du Revenu Minimum de Benoît Hamon, qui plait au MJS et aux frontistes d’ultra-gauche, ou celui du nationalisme frontiste de droite, qui veut la sortie de l’Euro, avec Marine Le Pen.
 
Force est de constater que l’idéal de gauche par lequel François Hollande s’était fait élire en 20012, lorsqu’il mentait aux Français sur ses capacités fumeuses à inverser la courbe du chômage, est aujourd’hui devenu une sorte de populisme social basé sur la haine des riches et des producteurs de richesses.
 
Cet appel aux peuple contre les élites s’appuie aussi sur la défense d’une politique exacerbée de la demande, que ce soit à droite avec le Front national de Marine Le Pen, ou à gauche avec le Parti Socialiste de Benoît Hamon ou encore le Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon.
 
Porteuse d’espoir jusqu’à la fin du XXème siècle cette idéologie anti-libérale et anti-capitaliste, qu’ils revendiquent tous les trois, se nourrissait de son contre-modèle communiste. De nos jours, elle ne survit qu’en soulevant des passions négatives.
 
Tout se passe comme si la belle idée universelle d’égalité des droits, portée par Kant et réalisée en politique par le Contrat Social, basé sur le Suffrage Universel de Rousseau, ne servait plus qu’à alimenter, chez nos concitoyens, l’envie et la jalousie.
 
Mais qui souhaiterait en toute bonne conscience voir les Français s’habiller à la mode de Mao, uniformément, et surtout pour pas cher, fut-ce au nom de cet égalitarisme souhaitant voir advenir l’égalité réelle des individus, mais qui provoquerait un abaissement généralisé, comme au temps des soviets?
 
En mettant les costumes de François Fillon au pilori, c’est la mode, le bon goût mais au fond surtout la liberté de s’habiller chacun selon ses moyens qui est condamnée.
 
Et finalement, ce que cette moraline populiste de gauche très anti-élitiste et très anti-riches pourrait tuer, c’est la seule chose qui reste lorsque le malheur s’abat parfois sur l’Homme avec le visage de la pauvreté ou de la guerre : sa faculté de rêver et son désir de Beauté.

Nathalie Krikorian-Duronsoy

Philosophe, analyste du discours politique et des idéologies.

 

Source : Atlantico

 

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Malika Sorel-Sutter
J’étais en train de lire Décomposition française, le beau livre de Malika Sorel paru le 12 novembre 2015 — la veille des attentats du Bataclan —, qui vient opportunément de paraître en Poche, quand Emmanuel Macron a fait en Algérie les déclarations que nous savons sur la colonisation (« crime contre l’humanité », etc.) et a, quelques jours plus tard, aggravé son cas en reprenant, en meeting à Toulon, la déclaration quelque peu ambiguë de De Gaulle aux Pieds-Noirs en 1958, le célèbre « Je vous ai compris ».

Je dis « ambiguë » parce que sur le coup, la foule massée à Alger n’a pas bien compris ce que MonGénéral (comme l’écrivait à l’époque le Canard enchaîné) était en train de lui faire — collectivement. Mais ils ont pigé assez vite.

J’ai donc eu l’idée de demander son avis à Malika Sorel, ancien membre de ce Haut Conseil à l’intégration dissous sur décision du gouvernement Ayrault (on sait que le PS ne joue pas l’intégration, mais la dispersion façon puzzle de l’identité française en communautés susceptibles de voter pour lui).

Je reviendrai sur Décomposition française (beau titre !) en évoquant le livre qui vient de sortir d’Amine El Khatmi (Non, je ne me tairai plus, chez Lattès). En attendant, merci à Malika Sorel d’avoir bien voulu répondre aux questions de Bonnet d’âne

JPB.  De passage à Alger, Emmanuel Macron fait les yeux doux à la télévision algérienne et décrète que le colonialisme est globalement « un crime contre l’humanité ». Que vous inspire cette déclaration péremptoire et unilatérale ?

Sa déclaration constitue une accusation lourde contre plusieurs générations de militaires français. Une accusation qui ravive par ailleurs des plaies encore douloureuses et qui dresse, de fait, les populations les unes contre les autres.

Cela ne contribue pas à la pacification des esprits mais entretient la bataille des mémoires et la pente victimaire. L’effet peut être désastreux sur des enfants ou adolescents issus de l’immigration algérienne qui éprouveraient un malaise ou un inconfort sur le plan de leur identité personnelle.

La comparaison de la démographie algérienne de 1962 à celle de 1830 met en lumière un fort développement qui invalide le jugement d’Emmanuel Macron.

Ce qui est navrant, c’est aussi l’absence de sagesse. Pourquoi ouvrir un tel sujet alors que nous sommes en état d’urgence ? La France se trouve justement ciblée en raison même d’une haine tenace qui puise sa source dans tout ce qu’elle est ou a été.

JPB.  Quel bénéfice électoral Macron espère-t-il d’une telle prise de position ?

Il convient de rappeler qu’il n’est pas le premier candidat à aller faire la danse du ventre à Alger dans l’espoir de séduire, en France, une portion de l’électorat issue de l’Algérie et plus largement des anciennes colonies.

Les politiques parient sur le fait qu’une part conséquente de l’immigration ne s’est pas assimilée et continue de vibrer au diapason de sa terre d’origine.

Et pour cause ! Ils ont eux-mêmes créé les conditions d’une quasi impossibilité d’intégration culturelle : flux migratoires si importants qu’ils ont aidé à la duplication des cultures d’origine sur la terre d’accueil ; évolution des programmes scolaires et des horaires alloués à la langue française dans le sens d’une dégradation constante de la transmission du patrimoine culturel français…

Alain Viala, qui avait présidé en 2000 la commission chargée de réformer les programmes d’enseignement du français, l’avait reconnu dans un entretien avec Marcel Gauchet, consigné dans la revue Le Débat. Il s’agissait alors d’adapter les programmes à « l’arrivée des nouveaux publics, autrement dit d’adolescents venant de milieux ne leur permettant pas d’avoir une maîtrise suffisante (de la langue française)» selon ses propres termes.

Le misérabilisme d’une partie de nos élites, la propension à penser que les enfants de l’immigration extra-européenne ne seraient pas capables de s’élever comme les autres enfants sont terriblement injustes et blessants.

Au fil des accommodements, il est devenu presque impossible aux enfants issus de l’immigration de s’assimiler. De ce fait, nombre d’élus ou de ceux qui aspirent à l’être se croient contraints, en raison de l’évolution de la composition du corps électoral, d’adapter par anticipation leur comportement. Ils pratiquent un clientélisme ouvert ou larvé, pensant ne pas disposer d’autre choix. Ce faisant, ils se lient les mains.

JPB.  En meeting à Toulon quelques jours plus tard, réalisant la bronca que suscitent ses propos parmi les Pieds-Noirs et leurs descendants (mais pas seulement), Macron lance : « Je vous ai compris ». Cynisme ou gaffe — les ex-rapatriés se souvenant dans leur chair du discours de De Gaulle utilisant cette formule au moment même où il entamait des négociations secrètes avec le FLN ?

Contrairement à un certain nombre de ses collègues dans le monde politique, Emmanuel Macron ne peut bénéficier de l’excuse de l’ignorance. Cet homme semble disposer d’une solide culture. Il connaît l’histoire, la littérature et le poids des mots.

En utilisant cette phrase devenue célèbre du général de Gaulle pour s’excuser auprès de ceux qu’il a pu blesser, il a aggravé son propre cas.

Est-ce du cynisme ? De la perversité ? J’ai tendance à penser que c’est surtout un homme pressé qui s’est pris les pieds dans le tapis de son opportunisme. Capable de faire feu de tout bois pour satisfaire son ambition d’accéder à la fonction suprême.

Examinez attentivement ce passage de son meeting : « Je le dis aujourd’hui, à chacun et chacune dans vos conditions, dans vos histoires, dans vos traumatismes, parce que je veux être président, je vous ai compris et je vous aime. »

JPB.  Le discours anti-colonialiste de Macron est-il à rapprocher des suggestions déjà anciennes de Terra Nova conseillant à la gauche de chercher un nouveau socle électoral chez les immigrés et leurs descendants ? À ce titre, le candidat d’En marche pourrait-il être le fils commun de Terra Nova et de l’Institut Montaigne, de Hollande et de Juppé, de la carpe et du lapin ? Mais est-ce vraiment la carpe et le lapin ?

Je ne sais pas quels sont au juste ses « géniteurs ».

Vous auriez pu tout aussi bien joindre à votre liste Jacques Attali, le conseiller de François Mitterrand qui recommandait en 2008 au Président Nicolas Sarkozy de relancer l’immigration (Rapport pour la libération de la croissance française).

Votre rappel des recommandations de Terra Nova est tout à fait pertinent.

Nous sommes en effet dans la continuité de ce rapport, qui a ensuite donné vie à la fameuse refondation des politiques d’intégration en 2013. Cette volonté de refondation s’était alors traduite en un premier temps par un rapport sur la France inclusive, puis par cinq rapports truffés d’un grand nombre d’assertions et de recommandations toutes plus sidérantes les unes que les autres.

Souvenons-nous : il y était question de « faire France en reconnaissant la richesse des identités multiples », de « nous inclusif et solidaire », d’un « vivre-ensemble égalitaire », de « faire de l’en-commun ». Le prix à payer par notre société y était annoncé sans ambages : « apprentissage d’un savoir-faire avec l’hétérogénéité et dans la conflictualité », car « la rencontre interculturelle doit être conçue comme un échange entre personnes, ou groupes de personnes, de différentes cultures permettant l’émergence d’un espace de négociation », nous prévenait-on. Rendez-vous compte : la conflictualité érigée en promesse de progrès.

Du cynisme à l’état pur ! Lorsqu’ Emmanuel Macron assène dans l’un de ses meetings « il n’y a pas de culture française. Il y a une culture en France. Elle est diverse », il s’érige en digne héritier et défenseur de cette idéologie.

Dans le livre des journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme, François Hollande le dit : « Emmanuel Macron, c’est moi ». CQFD.

JPB.  De façon plus générale, le discours culpabilisateur, qui a déjà de belles années derrière lui, n’est-il pas en train de s’essouffler — ou pire, de susciter une réaction inverse ? Une partie du vote FN ne s’explique-t-elle pas ainsi ?

Malgré les apparences, ce discours a triomphé. Il a imprégné bien des esprits, à telle enseigne qu’un grand nombre d’accommodements déraisonnables de nos principes républicains ne suscitent aucune indignation dans l’opinion publique.

Voyez à quel point l’idéologie de culpabilisation-repentance a inspiré l’action du politique ! Prenons simplement ici un domaine que vous connaissez parfaitement, celui de l’éducation-instruction. Nombre des réformes qui ont été déployées depuis 1981 en procèdent.

Lorsqu’en 2004 Jean-Pierre Raffarin, alors Premier ministre, institue la Charte de la diversité qui s’appuie sur le rapport Les oubliés de l’égalité des chances rédigé sous l’égide de l’Institut Montaigne, il persiste dans la voie qui a été ouverte par la gauche : le renoncement au respect du principe républicain d’Égalité, au profit de la discrimination positive introduite par la circulaire du 1er juillet 1981 qui porte création des Zones d’Éducation Prioritaires.

L’évolution du contenu des manuels scolaires, la réforme des programmes de français évoquée ci-dessus avec Alain Viala dont on mesure à présent les conséquences dramatiques au travers du classement PISA, les pédagogies mises en œuvre, la manière dont sont parfois notées les copies… Dans un autre domaine, la loi dite SRU procède de la même veine.

Quant au vote FN, il faut le lire à l’aune des enquêtes qui se suivent et se ressemblent et qui illustrent le divorce des Français avec leur classe politique.

Dès 1997, l’historien Jacques Julliard relevait que « nulle part le divorce entre le peuple et les élites n’apparaît de façon aussi éclatante qu’à propos de l’immigration ». Tout se passe, disait-il, « comme si les classes populaires s’exaspéraient de la sollicitude de la gauche intellectuelle, et même de la classe politique tout entière, envers les immigrés et à leur détriment ».

Méditez bien ce « à leur détriment ». Aujourd’hui, Jacques Julliard pourrait ajouter « les classes moyennes ».

La clé de décryptage du vote FN est là et nulle part ailleurs.

Tous les partis, sans exception, doivent entendre le cri de détresse du peuple français qui a droit au respect de ses fondamentaux culturels et de son identité, comme c’est le cas pour tout peuple sur un territoire qui est sa propriété.

Malika Sorel et Jean-Paul Brighelli 

Jean-Paul Brighelli est enseignant et essayiste, et anime le blog « Bonnet d’âne » hébergé par Causeur

PS. 7 mars 2017, Georges Bensoussan vient d’être relaxé de tous les chefs d’accusation de racisme et d’anti-islamisme. Le Parquet et le CCIF sont déboutés et dépités. Champagne !

Source : Causeur

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Photo Christian Hartmann/Reuters
FIGAROVOX/TRIBUNE- L’élection présidentielle, qui semblait promise à la droite il y a quelques mois, est plus que jamais incertaine. Pour Céline Pina, la crise des partis à droite et à gauche montre que nous assistons à « la fin d’un système ».

Céline Pina est ancienne conseillère régionale d’Ile-de-France. Elle s’intéresse particulièrement aux questions touchant à la laïcité, à l’égalité, au droit des femmes, à la santé et aux finances sociales. Elle est l’auteur de Silence Coupable (éditions Kero, 2016).


La sidération. C’est ce que ressent tout électeur normal face à cette présidentielle.

En rassemblant une foule inattendue ce dimanche 5 mars, Fillon a fait une démonstration de force qui recrédibilise aux yeux de ses partisans, et même au-delà, sa décision de rester candidat. S’il a réussi à mettre en scène l’image d’un homme, attaqué par tout un système, trahi par les élus de son parti mais soutenu par une partie des électeurs de droite, il n’en reste pas moins que la défection de personnalités importantes, de beaucoup d’élus et de nombre de ses plus proches l’affaiblit. L’épée de Damoclès pèse moins sur sa nuque, mais elle reste bien suspendue au-dessus de son avenir.

Ce qui devait être un boulevard pour la droite, se transforme en chemin de croix. Mais si le discrédit moral de Fillon l’empêche de rassembler sa famille, on constate aussi que s’installe dans une partie de la population le sentiment d’un acharnement suspect et que le thème du complot politique prend de la crédibilité chez certains. Force est de constater également que les défections des élus sont plus vues comme une tentative de sauver leur siège et leur position, que comme un acte de courage et de probité face aux accusations portées contre François Fillon.

Il y a une vraie crainte chez une partie des électeurs de la droite d’être privés du choix, clairement exprimé lors de la primaire, d’avoir un candidat représentant la droite traditionnelle lors de la présidentielle. Pour eux, Alain Juppé était trop proche d’un Emmanuel Macron pour répondre à cette attente. Dans les sondages cela se traduit par le basculement d’une frange de cet électorat sur Marine Le Pen dans l’hypothèse d’une élimination de François Fillon. Autre point fort de Fillon, ce qui a fait la différence lors de la primaire de droite reste aussi sa particularité lors de cette présidentielle: il est le seul à regarder en face la menace islamiste et à parler de totalitarisme, donc à prendre et à dire la mesure de ce que nous affrontons. Et ce n’est pas pour rien s’il a terminé son intervention sur France 2 en employant ce terme de totalitarisme.

Il n’en reste pas moins qu’entre la fracturation de son camp, la prise de distance de Sarkozy, le sec rappel à l’ordre d’Alain Juppé et l’opprobre que le «Penelopegate» suscite chez des Français qui en ont assez de voir des politiques réclamer des sacrifices quand ils s’accordent des privilèges, le pari de François Fillon demeure périlleux et nous ne sommes pas à l’abri d’un énième rebondissement.

Du côté d’Emmanuel Macron, il y a également une fragilité institutionnelle. Le mouvement sur lequel il s’appuie est neuf, il ne consiste pas en une alliance de micro-partis en perte de vitesse, mais il n’a pas encore de consistance électorale. C’est la première fois qu’une présidentielle joue un tel rôle de test pour un mouvement naissant et il y a là un risque d’ivresse, si son entourage interprète comme une adhésion à sa personne le fait que l’audace trouve ici sa récompense. L’ancien système est en train de mourir. Cela est riche d’opportunités pour les audacieux, mais ne suffit pas à faire un chemin pour la France ni un projet pour la société. Le pari d’Emmanuel Macron est certes intéressant, mais il reste impossible aujourd’hui de mesurer ce que cet élan pourrait traduire en termes de majorité législative. Jamais le jeu n’aura été si ouvert.

Pour l’instant, les deux candidats de gauche, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, n’arrivent pas à enclencher de dynamique et ne participent pas encore à l’empoignade. Il faut dire à leur décharge qu’il n’y a pas encore eu de campagne, alors que nous sommes à six semaines de l’élection. Et pas n’importe laquelle…

Et ce n’est pas comme si les deux dernières années n’avaient pas été traumatisantes pour le peuple français. Comme si nous ne traversions pas une crise politique, identitaire, sociale, et économique. Comme si jamais la confiance envers les politiques, la presse, les institutions n’avait été aussi basse. «Et dire qu’il va falloir compter sur eux», cette phrase d’une jeune femme qui faisait l’inventaire des choix qu’elle avait pour cette présidentielle m’a marquée. Alors si cette phrase fait injustice à l’un d’entre eux, qu’il se révèle. En mai nous aurons un locataire à l’Élysée, mais aurons-nous un Président de la République pour autant?

Nous sommes dans l’inédit, la fin d’un système. Les vieilles recettes de cuisine électorale ne marcheront pas. Car ce n’est pas tout de gagner une élection, encore faut-il que ce chemin soit le début de quelque chose. Alors si l’un des candidats a vraiment des choses à dire, si l’un d’entre eux, voire plusieurs, décide de se montrer à la hauteur de la situation et de parler enfin à ses concitoyens, plutôt que de réciter un catéchisme qui ne remplit même plus les chapelles partisanes ; s’il se décide à affronter la réalité, au lieu de faire semblant de participer à une présidentielle normale, en pleine crise de système, alors peut-être aurions-nous moins ce sentiment d’assister à un cirque, dont les acteurs tournent le dos aux spectateurs. Alors que nous affrontons le terrorisme islamiste sur notre sol et que Marine Le Pen se rapproche du pouvoir, jamais les Français n’ont eu autant besoin d’être rassurés et de se sentir protégés et jamais leurs représentants politiques ne leur ont semblés plus éloignés des réalités, tributaires d’une vision irréaliste de l’état de leur société, de la situation des institutions, de la crispation des tensions dans la population…

Aujourd’hui, tandis que cette présidentielle tourne au vaudeville, que les portes claquent, que le décor s’effondre, qu’un des acteurs principaux perd le fil, que nul ne sait autour de quelle ligne politique les Français se rassembleront, on se demande qui est le scénariste qui a pu imaginer un tel jeu de massacre et tant de rebondissements. Nous sommes sidérés, mais pour ce qu’il en est des candidats, il semble juste que le spectacle continue, les condamnations outrées de circonstances dites. Là où nous assistons à une crise démocratique, nos impétrants rejouent le match de 2012, juste plus tard dans le temps. Ils donnent l’impression que leur petit univers ne saurait être affecté, alors que nous, depuis Charlie, nous avons changé de monde.

Cela participe aussi de la sidération.

En mai, il faudra compter sur l’un d’entre eux. On attend encore qu’il se révèle, mais il n’est pas interdit de l’espérer.

Céline Pina

Source : FigaroVox

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Photo AFP
FIGAROVOX/ANALYSE – Grâce à son alliance avec Yannick Jadot, Benoît Hamon s’est assuré d’obtenir les voix écologistes. Pour Guillaume Bigot et Franck Dedieu, on ne gagne pas une élection en séduisant des miettes d’électorat.

Guillaume Bigot est directeur général de l’IPAG. Franck Dedieu est professeur à l’IPAG et Délégué Général de République Moderne.


Fort de son association avec les verts, le candidat socialiste peut se flatter de réunir 4 gauches … pas si nombreuses et pas si radicales.

Hamon, le candidat de la g-ô-ô-ô-ô-che. Cette formule ne risque pas de figurer parmi ses slogans de campagne tant l’orthographe avec un «o» surplombé d’un accent circonflexe sert souvent à moquer cette partie là de l’échiquier.

Et pourtant, elle soulignerait son talent évident à additionner les tendances, à sommer les opinions. Avec le ralliement du candidat vert Yannick Jadot à son panache rose foncé, Benoît Hamon totalise désormais à son actif électoral les quatre gauches des quatre «o».

Le premier «o»: celui des intellos précaires, son socle angulaire sur lequel montent des jeunes chômeurs au long CV et aux stages interminables

Le second «o»: celui des bobos repentis des grandes villes à la recherche du grand frisson social le temps d’une nuit-debout, comme jadis les bourgeois aux rondeurs balzaciennes voulaient s’encanailler dans les guinguettes.

Le troisième «o» incarne certains cathos de gauche rassurés par les propos européistes de Hamon et emballés par l’idée maternelle et bienveillante du revenu universel, ce «care» chrétien si commode pour panser les plaies du système sans le remettre en cause.

Enfin, depuis dimanche 26 février, les écolos fatigués de se battre entre eux, contre le reste du monde et surtout contres des sondages désespérément plats (mieux vaut 5 députés aux législatives que 0,5% aux présidentielles) apportent leur «o» au moulin de Hamon.

Autant l’avouer – et là réside peut-être la formule gagnante d’une primaire réussie – Hamon sait ajouter, rallonger, agrémenter. Comme si ce «narcissisme des petites différences» observé par Freud et si propre à la gauche se trouvait enfin surmonté.

Pas si vite. Une longue colonne de chiffres ne fait pas forcement une somme importante. Tout dépend de la valeur des éléments additionnés. Combien pèsent les intellos, bobos, cathos et écolos de Benoît Hamon?

Pas beaucoup. Les voix recueillies par le candidat socialiste (1,17 million au second tour) additionnées à celles des militants écologistes favorables à l’alliance avec le Parti Socialiste (7 500 suffrages) représentent à peine celles d’Alain Juppé au premier tour des primaires (1,22 million). En somme, la réunion miraculeuse des quatre «o» de la gauche hamoniste représente en poids électoral … l’aile centriste de la droite et seulement 40% des votes en faveur de Fillon au second tour de la primaire de droite.

Au fond, le théorème de Terra Nova se trouve complètement infirmé par la mathématique électorale: sans les classes populaires, les socialistes et ses épigones ne peuvent gagner quand bien même ils parviendraient à réunir sous leur bannière multicolore des bribes de force auparavant désunies. Les 4 «O» pèsent peu sur un plan électoral mais ils ne sont que des feuilles au vent de la mondialisation et du marché.

Sur un plan idéologique en effet, les vaches sacrées de ces quatre «O» peuvent être gardées sans remettre fondamentalement en cause les repères orthonormés d’un système européen avec en abscisse le culte des droits et son relativisme des valeurs et en ordonnée un libéralisme économique à visage humanitaire comme adoucie par une couche supplémentaires de «régulations», de réformes, de normes et autres de réglementations. Ces 4 «O» semblent en pincer pour une radicalité capable d’effaroucher les conseils d’administrations. En fait, il n’en est rien.

Les 4 «O» s’enflamment pour le revenu universel, le monétariste Milton Friedman le proposa avant eux l’impôt négatif. Ils veulent accompagner l’exclusion sociale et la France périphérique comme on accompagne un mourant. Pas étonnant d’ailleurs si le sort des «migrants» – ces nouveaux damnés de la terre – semble leur servir d’idéal social de substitution, souvent au grand bénéfice du patronat comme le montre l’exemple allemand.

Les 4 «O» n’ont plus le peuple avec eux. Mais au fond, soyons honnête, est-ce réellement le peuple qui s’est droitisé? Ces 4 «O» offrent 4 clous sur le cercueil de la gauche tel que nous avions l’habitude de la définir au moins depuis le Congrès d’Epinay. Hamon sera son fossoyeur. Peut-être même avec l’aide de Macron.

Source : FigaroVox

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crédits/photos : FRANCOIS NASCIMBENI (AFP/ARCHIVES) L'écrivain et cinéaste Alexandre Jardin, porte-parole du mouvement "la Maison des citoyens", le 15 avril 2016 à Reims
L’écrivain et cinéaste Alexandre Jardin a annoncé samedi son intention de se présenter à l’élection présidentielle de 2017 en France pour « redonner du pouvoir aux gens ».

Fondateur du récent mouvement « la Maison des citoyens » et de l’association Bleu Blanc Zèbre, il sera le candidat de l’Appel des mouvements citoyens, regroupant six organisations.

« Ce sera moi », a dit l’auteur du roman « Le Zèbre », interrogé sur la chaîne Franceinfo sur le candidat de l’Appel des mouvements citoyens.

En France, « le citoyen n’existe plus, les territoires n’existent plus dans le débat politique. (…) Ce sont les partis centralisateurs (…) que l’on entend, c’est la technocratie parisienne qui s’exprime », a-t-il dit, optimiste quant à la possibilité d’obtenir les 500 parrainages d’élus permettant de participer au scrutin.

Alexandre Jardin a fondé il y a trois ans le mouvement citoyen Bleu Blanc Zèbre, qui invite la société civile à « se prendre en main ». Composé de « zèbres », il s’adresse aux « Faizeux » qui agissent de façon concrète pour résoudre toutes sortes de problèmes (emploi, mobilité, logement etc.).

Le 8 septembre, il a aussi lancé via Facebook « la Maison des citoyens » pour amener les citoyens à réinvestir le débat politique, et qui compte à ce jour plus de 60.000 adhérents, selon son site.

Vendredi, le mouvement s’est réuni dans un café parisien. « Il y avait une pression de la base pour dire ‘il faut que quelqu’un s’y colle’ et soit candidat », a raconté Alexandre Jardin.

« Je ne suis pas porteur d’un contenu mais d’un changement de méthode », a-t-il précisé, évoquant « une révolte de gens bienveillants, porteurs de valeurs altruistes ».

« S’il n’y a pas de révolte positive, il y aura une révolte négative », déclare l’écrivain.

Dans son ouvrage « Des gens très bien » (2011), Alexandre Jardin a fouillé douloureusement le passé de son grand-père Jean Jardin, collaborateur de Pierre Laval, chef du gouvernement, au moment de la rafle du Vélodrome d’hiver en juillet 1942, la plus grande arrestation massive de juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

« Moi, le petit-fils de ‘collabo’, je ne laisserai pas le pays à l’extrême droite », a-t-il déclaré au Monde en juillet 2016.

Fils de l’écrivain et scénariste Pascal Jardin, diplômé de Sciences-Po, il a écrit son premier roman « Bille en tête » pendant ses études.

I24 News

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François Hollande le 25 octobre 2016 à l'Elysée à Paris (AFP/STEPHANE DE SAKUTIN)
Requinqué par les bons chiffres de l’emploi mais confronté à la défiance sans précédent des Français et aux doutes de son propre camp à six mois de la présidentielle, François Hollande célèbre mercredi le centième anniversaire de la naissance de François Mitterrand.
L’exercice au Louvre s’annonce périlleux tant le contraste est frappant entre les deux présidents socialistes de la Ve République.
Selon un sondage publié mardi, seuls 4% des Français approuvent l’action de l’actuel locataire de l’Elysée, qui hésiterait encore à se représenter. A l’inverse, Mitterrand avait été réélu dans un fauteuil en 1988 (54% face à Jacques Chirac). « Si vous parlez de la courbe du désamour, c’est pas une courbe, on est au plus bas », a constaté cliniquement mercredi le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll. La veille, l’annonce d’un recul d’une ampleur inédite depuis vingt ans du nombre de chômeurs (-66.300) a cependant redonné corps à l’idée d’une candidature du chef de l’Etat. Se gardant de triompher, celui-ci y a vu le « fruit » de sa politique et la confirmation d’une « tendance installée depuis début » 2016, tout en soulignant que « la bataille » n’est « pas terminée ».
Deux semaines après la parution du très controversé livre de confidences « Un président ne devrait pas dire ça… » (Stock) et après la forte hausse du chômage en août (+50.200), cette bonne nouvelle vient à point nommé.
Parmi parlementaires et ministres, la parole s’était libérée dans la foulée de cette publication, certains doutant ouvertement de la volonté du président de se représenter voire de l’opportunité de sa candidature. Le choix relève d’une « décision intime » mais François Hollande devra « tenir compte de la situation », a reconnu mercredi Manuel Valls, lui-même « présidentiable », selon le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis. Mardi encore, tout en plaidant devant les députés PS pour un rassemblement de la gauche face au « risque d’être zappée de la présidentielle », Claude Bartolone, le président de l’Assemblée, s’est alarmé d’un « problème d’incarnation » de la fonction présidentielle.
« On ne fait pas de la politique pour être populaire mais pour avoir des résultats dans les domaines de l’éducation, de la sécurité et de la lutte contre le chômage », a rétorqué un proche du président interrogé par l’AFP.
Et François Hollande le répète à l’envi: il ne dira que début décembre s’il brigue un second mandat. A défaut d’être le candidat naturel de la gauche, il se lancerait alors dans une campagne originale, challenger du candidat de la droite avec l’espoir – aujourd’hui mince – de créer la surprise.
Un espoir entretenu par le Premier ministre qui s’est dit « convaincu » que, « contre tous les pronostics », la gauche pouvait « représenter demain un espoir, une espérance » face aux propositions de la droite qui « ne rencontreront jamais l’adhésion des Français ».
En attendant, le discours de François Hollande mercredi après-midi sous la Pyramide du Louvre, l’un des symboles de la présidence de François Mitterrand, sera l’occasion d’un rare moment de concorde à gauche. Hollande rappellera, selon son entourage, « la patiente construction de l’alternance politique en 1981, la volonté de Mitterrand d’inscrire la France dans le projet européen avec la monnaie unique ou encore le choix de la paix dans un contexte de guerre froide ».
Ils seront tous là ou presque pour l’écouter, proches, anciens ministres et collaborateurs de celui qui occupa l’Elysée de 1981 à 1995, à commencer par ses enfants Mazarine et Gilbert. Parmi les très nombreux autres invités sont attendus Robert Badinter, Pierre Joxe, Jack Lang, Jacques Attali, Jean-Luc Mélenchon, Jean-Pierre Chevènement, Michel Charasse, Laurent Fabius, Jean-Louis Bianco, Hubert Védrine, Claude Bartolone, Lionel Jospin, Edith Cresson…
Dans la foulée, le président regagnera l’Elysée pour y recevoir policiers en colère et gendarmes. En fin de semaine, il défendra son bilan économique et social devant les artisans, les Conseils citoyens et le Conseil économique, social et environnemental.

Puis il effectuera, tout au long du mois de novembre, une série de déplacements en France « pour montrer que les engagements pris ont été tenus et qu’ils sont les premiers résultats de la politique menée par l’exécutif », dixit son entourage.