Non aux meetings dans les mosquées!

Non aux meetings dans les mosquées!

Non aux meetings dans les mosquées!

A Montreuil, on a marché sur la laïcité

Par M-L. Brossier et L. Marchand-Taillade*

Source : Causeur
Le samedi 25 février dernier, un événement tragiquement historique a eu lieu à Montreuil : un parti politique a tenu campagne dans une mosquée de 2000 fidèles, en banlieue parisienne : il s’agissait, ni plus ni moins, d’un meeting électoral !

L’animateur de cette séance, Jimmy Parat, proposait une réflexion sur la citoyenneté, définissant celle-ci comme une somme de droits (qu’il ne définit pas) et de devoirs (qu’il résume au paiement de taxes et d’impôts), sous l’égide de Noureddine Aoussat, qui se présente comme imam et professeur de communication, et de Youcef Brakni, s’attribuant les titres de professeur d’histoire et militant des droits de l’homme.

Ces trois-là sont loin d’en être à leur coup d’essai. Noureddine Aoussat  était invité au Salon de la femme musulmane de Pontoise en 2015 et n’eut rien à redire sur les vidéos de ces coreligionnaires, qui prônaient les violences conjugales et le viol des femmes non-voilées.

Jimmy Parat s’est vu retirer sa délégation à la ville, après avoir tenu des propos violents contre l’avortement, lors d’un conseil communautaire, comparant les femmes avortant à des meurtrières devant 90 élus atterrés !

Quant à Youssef Brakni, membre des Indigènes de la République, il a piloté, avec l’ancien maire Marc Everbecq, la nomination, en tant que citoyen d’honneur de la ville, du terroriste Georges Ibrahim Abdallah, qui purge une peine de 30 ans de prison pour complicité de meurtre de deux diplomates.

Cette décision a fait l’objet d’une plainte par le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme, auprès du Tribunal administratif de Montreuil,  qui ordonna l’annulation de la délibération.

Un nouveau parti : “Français et Musulmans”

Après une courte introduction faite par l’élu de la ville, donnant le ton : « dans un environnement islamophobe (…) une islamisation des débats (…) une droitisation des débats à gauche »,  Noureddine Aoussat explique que les musulmans peuvent vivre en paix, selon les lois du Coran, avec ceux qui les traitent de façon équitable… Ses expressions adoptent, ensuite, un vocabulaire guerrier tiré de l’expérience antique entre les Romains et les Byzantins.

Son « prêche » a en fait pour but de démonter les appels à ne pas voter, distribués depuis 2012 à la sortie des mosquées, non pour inciter les musulmans à exercer librement leur citoyenneté, mais bien pour préparer l’intervention suivante, dont le projet est de présenter les contours d’un nouveau parti politique : « Français et Musulmans ».

Cette prise de parole suivante ne laisse aucun doute sur les intentions des organisateurs de cette réunion de propagande : séparer les Français de confession musulmane du reste de la population, en leur servant un discours victimaire, dont la litanie est bien rodée : le « nous sommes perquisitionnables » de Tariq Ramadan est tout proche :  « 4 000 perquisitions avec des armes pointées sur des femmes et des enfants (…) interdiction à des femmes de se voiler pour les humilier volontairement (…) hommes tabassés… ».  Selon cet intervenant, « n’importe qui peut être perquisitionné, il suffit d’être dénoncé par son voisin »… La qualité sous-jacente étant le fait d’être musulman ! Tous les ingrédients sont là pour donner le sentiment d’un Etat foncièrement raciste. Dans l’ambiance insurrectionnelle que vit aujourd’hui notre pays, au sein de ses quartiers, voilà qui est totalement irresponsable.

Communautarisme assumé

La solution est simple, presque infantile, pour ce prétendu « militant des droits de l’homme », qui n’hésite pas à tordre tous les concepts pour les mettre au service de sa doctrine : « avoir ses propres mouvements politiques (…) assumer le communautarisme (…) des opprimés » qu’il compare avec les mineurs du Nord auxquels il attribue le statut d’esclaves ! Tout est là, dans le discours, pour donner à tout musulman des raisons de se rebeller face à son statut de victime post-coloniale, notamment au regard des propos précédents.

Le projet politique est désormais simple : « avoir le pouvoir (…) sur le modèle des opprimés (prolétariat), [notamment] par la voie démographique » et gérer le « projet politique vu à travers notre prisme ».

Charia et partition du pays

Au-delà du fait que cette réunion politique se tient dans un lieu de culte, ce qui est totalement contraire à l’article 26 de la loi de 1905, se pose la question de la teneur du discours qui est hautement condamnable à plusieurs titres. Ces trois intervenants, en agissant de concert, ont un objectif bien déterminé : fracturer la nation par un discours qui tend à soulever une partie des citoyens contre les autres, ce qui correspond totalement à la définition de l’art. 35 de la loi de 1905. Par ailleurs, le second dessein est bien la prise du pouvoir politique de villes entières pour imposer leur projet de société vu à travers le prisme de la charia : la partition ! Le parti politique qui s’est exprimé en ce jour, où les femmes étaient interdites de parole, est bien un parti islamiste, dans la digne lignée d’Ennahdha ou des Frères musulmans égyptiens. C’est bien en cela que cette date est tragique et historique car,  outre le fait que ce soit un parti religieux, ce type d’organisation a déjà démontré sa capacité à enrôler des masses !

Réagissons!

Comment le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur peuvent-ils ignorer ce qui est en train de se tramer sous leurs yeux et laisser faire ? Quand vont-ils enfin prendre leurs responsabilités, face à nos appels souvent restés sans suite,  pour préserver l’unité de la nation et faire respecter le plus précieux de nos principes : la laïcité, une fois de plus bafouée?

Nous ne pouvons pas accepter qu’une communauté, infiltrée par des mouvements dangereux, remette en cause la République et ses lois sous notre nez, sans réagir. D’autant plus lorsque ces prêches ont lieu à proximité de quartiers déjà fragilisés tels que La Capsulerie et La Noue, connus pour faire partie des trois plus grosses plateformes de trafic de drogue d’Ile-de-France.

Ces mouvements identitaires, proches des Frères musulmans, et tenants d’un islam politique virulent, doivent être interdits rapidement sans quoi la République finira par être mise à bas.

 

*M-L. Brossier et L. Marchand-Taillade sont militantes laïques. Marie-Laure Brossier est conseillère municipale, non encartée, au sein de la majorité municipale de Bagnolet. Laurence-Marchand-Taillade est présidente de Forces Laïques, une association qui coordonne les actions d’observatoires de la laïcité locaux et d’associations autonomes. Elle est co-auteur du livre Une France soumise.

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