Les manuels scolaires palestiniens: violence et déni

Les manuels scolaires palestiniens: violence et déni

Les manuels scolaires palestiniens: violence et déni

Par Guitel Ben-Ishay

Source : LPH INFOS

(Lire aussi : L’enseignement palestinien pousse les enfants à la violence, le site d’IMPACT-se et le rapport complet en anglais)

La haine qui anime les foules qui manifestent contre Israël et qui mène aux attentats les plus barbares a de quoi nous interpeller.

Au lendemain des accords d’Oslo, le Docteur Yohanan Manor, assisté, entre autres de  Jean-Claude Niddam ont créé Impact-se, aujourd’hui présidé par Hélène Bornstein. L’idée était de constater comment ces accords allaient être intégrés dans les programmes scolaires de la naissante Autorité Palestinienne et du côté israélien. Impact-se épluche les programmes et les livres et distribuent les bons et les mauvais points.

Que se passent-ils dans les écoles palestiniennes? C’est ce que nous vous proposons de découvrir en détails. Cette étude se base sur le dernier rapport d’Impact-se daté d’avril 2017, présenté par le Dr Eldad J. Pardo et le Directeur d’Impact-se, Marcus Sheff. 

La méthodologie: la reconnaissance de l’autre

Jean-Claude Niddam, aujourd’hui président d’honneur d’Impact-se, nous explique les origines de cet organisme et de sa méthodologie:  « Il nous paraissait primordial d’étudier la façon dont on enseignait et on éduquait à reconnaitre l’autre, c’est la base de toute relation pacifiée ».

Pour réaliser ce travail, les membres d’Impact-se, se basent sur des critères bien précis selon les standards de paix et de tolérance fixés par l’UNESCO: respect, reconnaissance de l’autre comme individu à part entière, absence de haine, promotion de la paix, authenticité des informations transmises.

Le rapport du Dr Eldad Pardo suit donc ces grilles de lecture. Il s’agit du 12e rapport sur les manuels palestiniens depuis la création d’Impact-se et la première conclusion des chercheurs est sans appel: on assiste d’année en année à une radicalisation dans les programmes scolaires palestiniens.   

Le prisme de la lutte nationale violente

 L’étude du Dr Eldad J. Pardo distingue entre les manuels à destination des enfants entre 6 et 10 ans (du CP au CM1) et ceux entre 17 et 18 ans (de la 1e à la Terminale).

Ce qui frappe les observateurs d’Impact-se, c’est l’accent mis dès le CP sur la lutte nationale palestinienne dans les différentes matières enseignées à l’école.

Les programmes scolaires palestiniens des deux groupes étudiés se basent les déclarations de l’OLP. Le plan datant de 1974 exige:  « L’installation de l’autorité nationale sur toutes les parties libérées du territoire palestinien » avec pour objectif  »la libération de tout le territoire palestinien ».

Les enfants et les adolescents sont éduqués dans le sens de la négation de l’existence d’Israël et d’une intransigeance absolue en utilisant un mélange de recours à la force et de diplomatie. Et le rapport de conclure:  « Ce qui était la stratégie d’une guérilla extrémiste est devenu le standard pour les élèves palestiniens ».

De cet enseignement, résultent de jeunes esprits plus malléables pour répondre aux ordres de l’autorité palestinienne. Cette emprise atteint son paroxysme avec les appels à faire couler son sang pour la cause nationale qui parsèment les manuels scolaires palestiniens. On présente aux enfants une cause qu’il faut défendre jusqu’au bout, jusqu’à la création d’une Palestine arabe sur tout le territoire israélien avec Jérusalem comme capitale et un retour de tous les réfugiés.

Ainsi, l’hymne national palestinien, enseigné en CE2, contient un esprit de combat, de revanche et de sacrifices:

« Guerrier, guerrier, guerrier, Oh mon pays, la terre des ancêtres. Guerrier, guerrier, guerrier, Oh mon peuple, les gens de l’éternité. Avec ma détermination, mon feu et le volcan de ma revanche Avec le désir de mon sang pour mon pays et Ma maison, j’ai escaladé les montagnes et j’ai lutté. J’ai vaincu l’impossible et j’ai brisé les chaînes. Avec la résolution du vent et le feu de l’arme Et la détermination de mon peuple à lutter. La Palestine est ma maison et le chemin de la victoire. La Palestine est ma revanche et le pays de la fermeté. Par le serment sous le drapeau Par mon pays et mes gens, et le feu de la douleur, je vivrai comme guerrier, je resterai guerrier, je mourrai en tant que guerrier – jusqu’à ce que mon pays revienne ».

Il est clairement enseigné aux enfants que la lutte pour la Palestine doit se faire au prix du sang et du sacrifice de soi.

Le culte du martyr

Les élèves sont éduqués dans le culte du martyr. Comme dans cette image tirée d’un manuel scolaire palestinien où l’on peut voir la classe regarder avec respect la chaise d’un de leurs camarades, tombé en martyr, comme indiqué sur la pancarte sur le bureau.

On explique aux enfants depuis leur plus jeune âge, l’importance de marcher dans les traces de leurs aînés, morts dans des affrontements avec les forces de sécurité israéliennes.

Pour preuve cet exercice de mathématiques destinés aux enfants de CM1:

« Le nombre de martyrs de la Première Intifada en 1987-1993 a totalisé 2026 martyrs et le nombre de martyrs de l’Intifada des Martyrs Al-Aqsa en 2000 s’élève à 5 505 martyrs tandis que le nombre des blessés atteint 49 760. Combien de martyrs sont morts dans les deux Intifadas »? [Cette question mathématique comprend une photo d’un cortège funèbre comportant des cercueils couverts du drapeau palestinien.] 

Il en va de même pour les prisonniers palestiniens hissés au rang de héros, comme le montre cet exemple d’exercice pour CE2:

« Au cours de l’année 2014, le nombre de prisonniers dans les prisons d’occupation totalisaient 6 500 prisonniers, tandis qu’en l’an 2015, le nombre de prisonniers était de 6 800 prisonniers. En quelle année le nombre de prisonniers était-il plus grand? »

Ou encore pour les classes de CP:

« Une histoire raconte un garçon qui a guéri un oiseau et l’a gardé dans une cage. Sa mère lui rappelle que son oncle était captif. Les questions incluent: « Qui vous rappelle l’histoire de l’oiseau »? Note à côté de la question: « Les réponses acceptables devraient porter sur les histoires de captivité ».

En un mot, les programmes scolaires palestiniens utilisent la cause nationale palestinienne comme base de toutes les matières enseignées, politisant et idéologisant ainsi l’enseignement scolaire depuis le CP et dans toutes ses strates.

L’autre, le Juif n’existe pas mais doit être effacé de la terre: le paradoxe pédagogique palestinien

Le Dr Eldad Pardo, dans son rapport, met en exergue l’absence totale de toute allusion à l’histoire juive dans les manuels scolaires palestiniens. Alors que les Chrétiens sont évoqués, et même l’histoire de Jésus, il est totalement fait abstraction de la présence juive à cette même époque aussi bien qu’auparavant et jusqu’à aujourd’hui.

Cela se manifeste d’abord par une absence totale de l’évocation des Juifs dans les programmes scolaires alors même que l’histoire des Chrétiens est évoquée.

Ainsi le rapport mentionne:  « On n’enseigne quasiment pas aux Palestiniens le lien qui unit les Juifs à la terre d’Israël et qui les pousse à la déclarer être leur patrie. De la même façon, il n’est jamais fait mention de la Shoah ou de la destruction de communautés juives dans les pays arabes ».

Ainsi, les enfants palestiniens grandissent dans l’idée que leur voisin juif n’existe pas ou du moins n’a aucune légitimité à se trouver là où il se trouve.

Partant de là, les cartes des manuels scolaires sont éloquentes. Ainsi, la vieille ville de Jérusalem y est-elle représentée en gommant toute trace du quartier juif dans les légendes:

Voilà ce qu’explique un manuel de CE2:

 « Jérusalem est une ville palestinienne et capitale de l’État de Palestine. Le drapeau palestinien sera hissé sur les murs de la ville après la libération de l’occupation israélienne, si Dieu le veut. (…) Jérusalem est une ville arabe construite par nos ancêtres arabes il y a des milliers d’années. Elle est sacrée pour les musulmans et les chrétiens ».

Il n’y a donc aucune place pour des lieux saints juifs dans la ville, pas plus d’ailleurs que pour la Tombe de Rachel à Beth Lehem et ainsi de suite.

L’appropriation de toute la terre d’Israël par les Palestiniens est transmise bien au-delà de ce que la communauté internationale se plait à appeler  « les frontières de 1967 ». En effet, dans le narratif transmis dans les écoles palestiniennes on ne parle que des frontières de 1948.

Ainsi cet exercice de littérature pour CE2:

 « Je suis Jaffa; Je suis la fiancée de la mère; Je suis une ville palestinienne. Vos ancêtres arabes m’ont construite il y a six mille ans sur la côte méditerranéenne ».

Parmi les questions posées:  « Quand les Arabes ont-ils construit la ville de Jaffa ? »

Il y a aussi un poème sur l’oiseau qui va visiter la Palestine, en visitant des endroits tels que Safed, Tibériade, Akko, Haïfa, Jaffa et Ramle…

Encore plus loin: toute la carte d’Israël est désignée comme la Palestine, chaque ville israélienne ayant un nom arabe, y compris le Mont Hermon, désigné par le nom de Jabal al-Jarmaq ou même Tel Aviv, appelée Tal Al-Rabi:

C’est notamment sur ce point précis de la cartographie que les chercheurs auteurs du rapport ont pu constater une radicalisation de l’enseignement. Ils soulignent que sous Arafat le quartier juif de la vieille ville apparaissait et qu’en 2014 la Palestine était présentée comme une partie de la patrie arabe alors qu’en 2017 elle est une partie du monde musulman.

Le retour des réfugiés

On le constate lors de chaque tentative de négociations avec la partie palestinienne: le retour des réfugiés est l’un des points les plus critiques. Et il s’avère que la jeune génération est, elle aussi, éduquée dans le sens d’une intransigeance totale sur cette question.

Les manuels scolaires mettent en avant les histoires familiales du grand-père qui transmet la clé de sa maison à ses descendants, montrant qu’aucun compromis ne doit être accepté sur cette question:

Les énoncés des exercices de littérature ou de mathématiques y font aussi clairement allusion, mettant en scène des personnages dans les camps de réfugiés. Le rapport d’Impact-se déplore aussi l’atmosphère de haine et de rejet qui transparaît dans ces devoirs scolaires.

Parallèlement aux déformations de l’histoire et de la géographie, les manuels scolaires palestiniens présentent un paradoxe qu’ils sont les seuls à pouvoir tenir avec tant d’appoint: on enjoint les jeunes à haïr les Juifs et Israël tout en ignorant leur présence et leur histoire!

Dès le CP, on enseigne aux enfants cette haine. On leur apprend que les Israéliens empêchent le passage des ambulances et mettent en danger les vies des Palestiniens, qu’ils maltraitent les enfants. Idem pour tous les événements sécuritaires sur le sol israélien, comme ce qui peut se passer sur le Mont du Temple: ce sont les Israéliens qui provoquent des violences.

Le rapport constate: « Les enfants de 10 ans sont exposés à une autre série de prétendues mauvaises actions par les forces israéliennes, cette fois montrant un enfant martyrisé. En plus d’encourager le martyre, le texte ajoute non seulement à l’environnement de la polarisation et de la radicalisation, mais présente les soldats israéliens comme des criminels qui nuisent intentionnellement aux enfants palestiniens. Ce type de propagande met finalement en danger les élèves en incitant et en préparant ces enfants à risquer inutilement leur vie. »

Les enfants du CP au CM1 sont éduqués dans l’idée qu’Israël et les Juifs ne devraient pas exister.

Les élèves de 1e et Terminale sont sensibilisés à la stratégie à adopter face aux Israéliens, à savoir jouer de la pression internationale mais sans jamais perdre de vue que la violence est un moyen optimal pour arriver à ses fins. On trouve dans les programmes scolaires de ces classes davantage d’allusions religieuses.

 »La fin des jours ne se déroulera que lorsque les musulmans se battront contre les Juifs, et les musulmans les tueront jusqu’à ce qu’un Juif se cachera derrière un rocher ou un arbre, puis le rocher ou l’arbre dira: « O musulman, O serviteur de Dieu, il y a un juif derrière moi, alors viens le tuer, à l’exception du buisson salé (Gharqad), car c’est l’un des arbres des juifs ». (Extrait d’un livre de 1e) 

Quel espoir?

Dans ses conclusions le Dr Eldad Pardo estime:  « Le système éducatif de l’autorité palestinienne a créé un nationalisme palestinien incompatible avec l’existence d’Israël ».

Toutefois, deux éléments permettent d’espérer peut-être un léger mieux:

⇒L’introduction d’éléments religieux. L’Islam reconnait le peuple juif et son histoire, le Coran en fait mention. Par ailleurs, les manuels scolaires insistent sur l’importance de La Mecque et Médine comme lieux saints et Jérusalem n’arrive qu’après.

Jean-Claude Niddam attire notre attention sur le fait que « l’Islam dans ses sources (le Coran, le Hadith), dans ses traditions, dans l’expérience de plusieurs siècles de vie commune avec les Juifs, certes parfois dure pour nous les Juifs dans notre galout en pays d’Islam, possède le potentiel de reconnaissance de l’élection du Peuple Juif, de ses droits indéfectibles sur la Terre d’Israël.

Cela se produira, nous le savons, nous, le Peuple juif. La grande question est de savoir à quel moment et dans quelles circonstances, ce processus démarrera. Je crois, paradoxalement, contrairement à la réalité angoissante que nous vivons, que nous nous approchons à grands pas de cette période fondamentale de notre histoire. Nous avons, nous Peuple juif, la connaissance et la possibilité de les aider à arriver à cette ultime reconnaissance. Peut-être qu’avec l’aide du Tout-Puissant, nos travaux y apporteront une toute petite contribution ».

⇒ La diffusion des rapports d’Impact-se auprès de tous les importants preneurs de décisions dans le monde.

« Le monde a l’obligation d’agir contre cette éducation qui nie l’existence de l’autre. Les conséquences se ressentent dans le terrorisme qui frappe le monde entier », estime Jean-Claude Niddam,  »Il faut conditionner toute aide à l’Autorité Palestinienne à l’arrêt de ces enseignements. On crée des générations programmées pour haïr. Ces mauvaises valeurs sont également enseignées dans le reste des pays arabes. Le monde entier est concerné ».

Le rapport porté par le Dr Eldad Pardo et Marcus Sheff semblerait déjà porter ses fruits: l’administration Trump s’est empressée de demander des comptes à l’autorité palestinienne laquelle s’est déclarée, pour la première fois, par la voix de son ministre de l’éducation, favorable à un contrôle plus strict de ses programmes. Paroles ou véritable volonté de changement?

Pour aller plus loin:

www.impact-se.org

Pas de commentaires

Déposer un commentaire