Les déboires du Capitaine Valls, souffre-douleur des Macronistes

Les déboires du Capitaine Valls, souffre-douleur des Macronistes

L’esprit revanchard, le désir d’humilier, seront-ils les caractéristiques de la constitution du nouveau Parti censé guider fraternellement la République en Marche? Sont-ce les seconds couteaux, type Richard Ferrand, qui sont à la manœuvre? Ou les ordres viennent-ils d’En-Haut, plutôt que de ses Saints? On reproche à Valls de ne pas avoir quitté le navire PS naufragé plus tôt et on lui fait payer cher ses engagements. Est-ce là une première illustration publique de la façon dont le Macronisme semble fonctionner, dès ses débuts? Le guet-apens politique contre un hussard de la République, ancien Premier et Ministre de l’Intérieur, sur les marches du Parlement, à la Brutus? 

Rappelons que le Judaïsme condamne l’humiliation en public comme une façon de donner la mort, à travers des paroles aiguisées comme des couteaux. Peut-on s’identifier à ces règlements de compte de voyous? 

Le lendemain de notre publication au sujet de ce déchaînement de violence anti-Valls par les « casseurs » de chez Macron, François Barouin se fendait d’un petit mot d’empathie et de compassion pour une ex-plus haute fonction ministérielle en souffrance, dans les clubs de répression macronistes, peu soucieux de respect pour les figures de la République : 

7h40, 11 mai. Baroin critique la façon dont Valls est traité par Macron. «Rien à voir avec la bienveillance qu’on nous a servie depuis plusieurs mois», commente le chef des LR pour les législatives sur France 2. « On aime ou on n’aime pas Manuel Valls mais, il a quand même servi l’Etat, la manière dont il est traité dit quand même quelque chose sur le côté sectaire du mouvement (En marche, ndlr).»

Le cas Valls irrite les proches d’Emmanuel Macron

Le 16 juin 2015. Manuel Valls, alors Premier ministre, et Emmanuel Macron, ministre de l’économie, au palais de l’Elysée.

En annonçant qu’il irait aux législatives sous l’étiquette d’En Marche !, l’ex-Premier ministre n’a surpris personne. Mais ses méthodes agacent beaucoup.

Peut-on faire plus humiliant ? A peine Manuel Valls annonçait, mardi, qu’il serait candidat de la «majorité présidentielle» dans sa circonscription d’Evry, son fief électoral depuis 2002, que les lieutenants d’Emmanuel Macron le renvoyaient sans ménagement dans les cordes. «Il n’a pas été investi officiellement, n’a pas déposé sa candidature. S’il veut le faire, il ne lui reste que vingt-quatre heures pour se conformer à la procédure», a réagi froidement Benjamin Griveaux, le porte-parole d’En Marche !

En renvoyant ainsi manu militari l’ancien Premier ministre – dont le degré de détestation avec Emmanuel Macron n’est plus à démontrer – au rang de député lambda, pis, de simple candidat à la candidature, les équipes du nouveau parti ont bien l’intention de lui signifier une chose : il n’est plus le patron !

 

QUESTION DU JOUR. Selon vous,le Parti socialiste est-il mort ?

 

«Valls est bien sympa d’aller à la radio sans nous prévenir, s’emporte le député des Français de l’étranger (ex-PS) Arnaud Leroy, soutien du président élu. Mais, maintenant, c’est nous qui sommes à la manœuvre ! Qu’il aille s’inscrire sur Internet comme tout le monde !» lâche-t-il, avec un dédain certain. Le cas Valls irrite tellement au sein d’En Marche ! que la fameuse «bienveillance» érigée en principe de conduite pendant toute la campagne d’Emmanuel Macron souffre manifestement d’une exception. De là à penser que l’intéressé pourrait se voir fermer la porte au nez, il n’y a qu’un pas. «N’a-t-il pas essayé de nous tuer à plusieurs reprises ? Valls, c’est le renard dans le poulailler. Si j’étais le président, je me méfierais. Quel intérêt politique a-t-il à l’accueillir ?» s’interroge un marcheur de la première heure sous couvert d’anonymat. «Franchement, on n’est pas demandeurs, il est trop clivant. Notre objectif, c’est le renouvellement», renchérit un autre.

«Pas de précipitation»

 

Alors à quelle sauce Emmanuel Macron va-t-il manger Manuel Valls ? Sera-t-il investi ou pas ? Au QG du parti présidentiel, on noie le poisson. «Pas d’ostracisme, mais pas de précipitation», explique un conseiller, alors que la liste des 577 candidats sous la bannière République en marche doit être annoncée jeudi avant midi : «Nous avons le choix entre plusieurs profils.» Jean-Paul Delevoye, le patron de la commission nationale d’investiture, a confirmé qu’il y avait déjà une candidate déclarée sur cette première circonscription de l’Essonne, mais s’est bien gardé de dévoiler son nom… Manuel Valls devra donc boire le calice jusqu’à la lie.

Mais l’ancien ministre de l’Economie peut-il vraiment prendre le risque de «dégager» son ancien patron et d’apparaître à ce point revanchard ? «Ce serait un crime politique à ciel ouvert ! s’étouffe un socialiste proche du député d’Evry. C’est un ancien Premier ministre, et il partage avec Macron la même ligne politique ! Les Français ne le comprendraient pas.» Alors, futur allié ou ennemi de l’intérieur ? Le nouveau président tranche d’ici demain.

>Elections>Elections legislatives|Myriam Encaoua (@Myriamencaoua)|10 mai 2017, 9h15 | MAJ : 10 mai 2017, 9h16|

 

Myriam Encaoua (@Myriamencaoua)
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Le Parisien

3 commentaires

  1. S’ils commencent à refuser dédaigneusement tous ceux qui veulent les rejoindre, ils risquent de se prendre une veste aux législatives …
    Messieurs ! Un peu de tenue !

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