Le Maharal: le Rabbin de Prague – vidéos

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Au seizième siècle, à  l’heure où le monde européen est agité par la Renaissance et la Réforme protestante, comment relater la vie et l’oeuvre du célèbre Maharal de Prague ?

Né à Poznan, en Pologne, environ vingt ans après l’expulsion des Juifs de la péninsule ibérique et la découverte des Amériques, Yehouda ben Bezalel Loeb, surnommé le Maharal (acrostiche de « Notre Maître Rabbi Lowe »), est l’auteur d’une œuvre abondante touchant à la plupart des domaines intellectuels de la vie juive, par laquelle il effectue le passage de la pensée juive médiévale à celle de la Renaissance.

D’abord rabbin de Moravie, le rabbin Loew fonde et dirige la yechiva de Prague, avec l’appui de Mordehaï Meisel,  à partir de 1573 jusqu’en 1584. Prague devient un centre d’imprimerie.

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Synagogue Maisel, quartier juif de Prague

 

Une entrevue avec l’empereur Rodolphe II, à la demande de l’empereur, est attestée en février 1592, il est alors accompagné de son frère, Sinai, et de son beau-fils, Isaac Cohen. Il quitte à nouveau Prague en 1592 pour devenir grand rabbin de Poznań. Le contenu de l’entrevue est une enigme mais elle témoigne du renom du Maharal.

Il pose plusieurs fois sa candidature au poste de grand rabbin de Prague, mais n’est élu qu’en 1597, à l’âge de 85 ans. Il y meurt presque centenaire, en 1609, entouré d’une légende de rabbin miraculeux. Sa tombe est au cimetière juif de Prague.

 

Cette activité mouvementée s’explique sans doute par l’indépendance d’esprit de Rabbi Loeb, par ses efforts pour aboutir à une véritable révolution à l’intérieur de la communauté juive, surtout sur le plan pédagogique où il critique la méthode médiévale et scolastique.

Encore très jeune il se fit un nom par son érudition talmudique. Il avait une vingtaine d’années lorsqu’il fut nommé Rabbin de Nikolsburg, en Moravie, situation qu’il devait occuper pendant une vingtaine d’années.

Toutefois, il doit l’apogée de sa célébrité au titre de chef spirituel de la communauté juive de Prague, alors centre principal du Judaïsme en Europe orientale.

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La communauté juive de Prague fut l’une des plus importantes d’Europe : la présence d’une population juive est attestée dans la ville dès le 8è siècle

 

Dans cette ville, le Maharal établit la grande académie talmudique connue sous le nom de Klaus. (Le bâtiment historique de cette académie fut ravagé par un incendie quatre-vingts ans après sa mort, mais fut reconstruit plus tard et appelé la Synagogue de Klaus).

Parmi ses élèves étaient Rabbi Yom Tov Lippmann Heller et Rabbi David Ganz qui devinrent les plus grands talmudistes de leur siècle.

Le Maharal faisait l’admiration de ses contemporains, tels Rabbi Salomon Louria (Maharshal), Rabbi Méir (Mahram) et d’autres encore, qui l’appelaient affectueusement « Pilier de fer, support d’Israël », ou « Notre souffle de vie » ou encore « La merveille de notre époque ».

Par ses grandes connaissances en mathématiques, astronomie et des sciences presque perdues aujourd’hui, Rabbi Judah ben Betsalel Levaï est considéré comme un auteur humaniste.

Il était un ami intime des astronomes Tycho Brahe et Johannes Kepler. Ces deux savants le présentèrent un jour à l’empereur Rodolphe II. On raconte que l’empereur vint souvent en visite chez le rabbin pendant la nuit afin de discuter avec lui politique et sciences et que Rabbi Judah Levaï profita de ses hautes relations pour protéger la communauté juive chaque fois qu’elle était en danger.

Ce grand érudit écrivit de nombreux ouvrages traitant de sujets rabbiniques, dont un des plus importants s’appelle « Gour Aryeh ».

C’est un commentaire sur l’interprétation biblique de Rachi. Quelques-uns de ses meilleurs livres traitent du Moussar ou de l’éthique. Dans ses conférences et dans ses écrits, il ne cessait de souligner l’importance de l’interprétation littérale des Écritures, condamnant la méthode sophistiquée connue sous le nom de Pilpoul.

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À son avis les enfants devraient d’abord acquérir de solides connaissances de la Bible et de la Michnah avant de s’aventurer dans l’étude du Talmud. Tous ses écrits, et plus particulièrement ses commentaires sur Pirkei Avoth ainsi que la collection de ses conférences, comme Netsa’h Israël (« L’éternel Israël »), Netivoth Olam (« Les voies du monde »), reflètent une image du saint caractère de cet homme.

Il est versé aussi bien dans les grands textes du judaïsme que dans les sciences profanes, en particulier les mathématiques. Il entretient des liens étroits avec David Gans qui fut son assistant et l’astronome Tycho Brahe. Ce fut suite aux découvertes de celui-ci qu’il dit la fameuse formule : « en aucun cas la Torah et la science ne peuvent être en conflit, puisque leur domaine n’est pas le même ».

Il fut un grand défenseur de la littérature rabbinique allégorique, le midrash, notamment dans son livre Beer hagola (« Le Puits de l’exil »). Il est connu pour avoir donné un système complet de compréhension de l’aggada, la partie non-législative du Talmud. La plupart des commentateurs préférant ne pas dévoiler cette partie « cachée » du Talmud. Sa méthode, résumée de façon simplifiée, consiste à retranscrire les mots de l’aggada sous forme de « concept ». Ce ne sont pas les « paroles des sages » mais des « paroles sages » disait-il.

Le Maharal a révolutionné les méthodes d’enseignement et d’étude dans les yeshivot (instituts talmudiques) en insistant sur l’ordre de l’apprentissage des textes : Torah d’abord, Mishna ensuite, et après seulement Guemara, chacun servant à comprendre le précédent. Il insiste aussi sur l’état d’esprit nécessaire à l’étude qui se doit d’être désintéressée. Son approche n’est autre que la méthode originale d’apprentissage que l’on retrouve dans le Talmud (sources : tiferet israel, chap. 56, netiv hatorah, gour aryé). Cette méthode se retrouvera chez plusieurs grand penseurs comme le rabbin Samson Rephael Hirsh. Que ce soit d’un point de vue pratique ou méthodique il se caractérise par sa clarté et son intégrité. Il entreprend un immense travail de défense de la torah orale, notamment dans Beer Hagola, pour rendre aux anciens leurs mérites.

Tout laisse supposer que le Maharal de Prague était également un génie kabbalistique, car la légende ne cesse de mentionner ses connaissances de la Création divine et des secrets de D.ieu. Il était connu comme le plus grand thaumaturge.

L’histoire la plus célèbre est celle du Golem. Ce fut la création d’un homme que ce rabbin façonna d’argile et à qui il donna vie en prononçant le nom de D.ieu. Grâce au Golem le Maharal put empêcher de nombreuses calamités de fondre sur les Juifs et réduire à néant les fausses accusations portées contre ses coreligionnaires.

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À la veille de chaque Chabbat, Rabbi Judah enlevait du Golem l’amulette sacrée sur laquelle était inscrit le nom de D.ieu, pour ne pas profaner le Chabbat. Lorsque le Golem eut accompli sa mission, le Maharal le cacha dans le grenier de la synagogue de Prague. Plusieurs années plus tard, la cité de Prague fit ériger devant l’Hôtel de Ville un monument, exécuté par un de ses meilleurs sculpteurs, en souvenir de son grand citoyen.

Peu sont les grands hommes de notre histoire juive autour desquels se sont tramées tant de légendes. Le Maharal avait le renom de posséder des forces illimitées.

Il existe une légende qui veut que le Maharal ait montré à l’empereur par une sorte de vision le château de plaisance que celui-ci possédait loin de la capitale. Une autre légende raconte que le Maharal avait fait apparaître les esprits des douze fils de Jacob en présence de l’empereur.

Pour nous, le côté le plus important de la personnalité du Maharal réside moins dans ses pouvoirs surnaturels que d’apprécier l’homme qui, dans de sombres heures de l’histoire juive, a tant fait pour ses frères dont il était le chef spirituel et le porte-parole. Pour nous, il est celui qui nous a légué une richesse extraordinaire de pensée juive et d’enseignements moraux. Nous le vénérons surtout pour la lumière qu’il a apportée aux étudiants de la Torah et pour la source d’inspiration et de foi contenue dans ses écrits éthiques.

Adapatation Joël

Source 1

Tourisme : à Prague sur les traces du golem

Quartier Josefov, Prague (République tchèque). C’est dans le cimetière juif de la ville que l’on peut retrouver le créateur du golem, un rabbin du XVIe siècle. Et, à défaut de croiser le personnage mythique, vous pourrez toujours tomber nez à nez avec une statue le représentant dans le quartier Josefov.
 
Le quartier juif de Josefov regorge de charme, avec son étonnant cimetière et ses synagogues chargées d’histoire. Plongée au coeur de l’endroit le plus mystérieux de Prague.

Son corps reposerait là, dans le grenier de la synagogue Vieille-Nouvelle à Prague. Un lieu lourd de symboles pour le golem, cet être d’argile fantastique animé grâce à l’inscription «du Nom de Dieu» sur son front. L’histoire de ce héros mystique remonte à 3 000 ans, mais la légende la plus célèbre le concernant se déroule à Prague, au XVIe siècle. Parquée dans un ghetto (Josefov), la minorité juive de la ville fait l’objet à cette époque de diverses accusations, dont la séquestration d’enfants chrétiens pour s’emparer de leur sang. Le rabbin Yehoudah Loew, dit Maharal de Prague, éminent érudit et pédagogue, aurait alors décidé de créer un géant aux pouvoirs surhumains, muet, pour protéger sa communauté de la persécution. Dépassé par sa créature devenue menaçante, le docteur Frankenstein praguois aurait ensuite été contraint de la «désactiver».

Une créature créée à partir de la terre

Dans l’ancien quartier juif de Prague, le souvenir du golem flotte partout. Sur les stands de souvenirs, où trônent des statuettes en bois à son effigie, mais surtout dans les allées de l’envoûtant cimetière juif, le plus ancien d’Europe, érigé en 1440. Faute de place, on superposait les stèles pêle-mêle sur plusieurs niveaux. Il en résulte une forêt chaotique de 12 000 pierres tombales enchevêtrées et couvertes de mousse. Pour des raisons d’hygiène évidentes, plus aucun corps n’y est inhumé depuis 1787. Ici, les anonymes côtoient les grandes figures de la communauté juive de Prague : l’érudit humaniste David Gand, le philosophe et astronome Joseph Solomon Delmedigo et, bien sûr, le père du golem, Rabbi Loew, mort en 1609. Son gendre et disciple, Jizchak, repose juste à sa gauche, un peu en retrait. Selon la légende, il l’aurait aidé à faire naître la créature d’argile. Jizchak représentait le feu, le religieux l’air (le souffle divin) et son plus jeune garçon l’eau. A eux trois, ils allaient créer legolem à partir du quatrième élément, la terre.

 

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Le golem est un véritable symbole de Prague

On accède à ce champ du repos par la synagogue Pinkas, où sont exposés des dessins d’enfants du camp de concentration de Terezin, à 60 km de Prague. Le ticket du vieux cimetière vous donne accès au Musée juif (330 couronnes, soit 12 €), regroupant toutes les synagogues historiques du quartier, à l’exception de la Vieille-Nouvelle (en option, environ 6 € de plus). Pinkas, avec son mémorial de l’Holocauste, est la plus émouvante. Klausen, elle, met l’accent sur les coutumes et les traditions qui rythment la vie des juifs.

Dans un autre style, la synagogue espagnole dévoile une architecture arabo-andalouse sublime. Enfin, Maisel possède une foisonnante collection de 40 000 objets, dont des dessins de Hugo Steiner-Prag. Ceux qui ont servi à illustrer le roman à succès «le Golem», de Gustav Meyrink, popularisant la légende. Et pour boucler la boucle, jetez un oeil à l’arrière de la synagogue Vieille-Nouvelle. L’échelle qui mène au grenier n’a pas bougé. Après tout, comme l’écrivait Gustav Meyrink, «qui peut dire qu’il sait quelque chose sur le golem ? […] On le relègue dans le domaine des légendes jusqu’au jour où un événement survient dans les ruelles qui lui redonne brusquement vie…»

www.leparisien.fr

 

 

 

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