Le judaïsme face au don d’organes post mortem

Le judaïsme face au don d’organes post mortem

Le Rabbin Michael AZOULAY
Le judaïsme face au don d’organes post mortem :
« Tu choisiras la vie ! »(Deutéronome 30, 19).

L’entrée en vigueur, au 1er janvier 2017, d’une loi de 2016 modifiant les modalités de refus de prélèvement, a suscité l’émoi au sein de la communauté juive de France.

Renforçant le principe du consentement présumé de chaque citoyen qui n’a pas fait connaître de son vivant son refus de donner ses organes, cette évolution législative a le mérite d’inciter chaque citoyen à prendre position sur un sujet encore largement tabou, mais néanmoins vital, au plein sens du terme.

Soulignons d’emblée qu’une lecture attentive de la loi fait pièce aux rumeurs selon lesquelles les proches n’auraient désormais plus la possibilité d’exciper du refus de la personne décédée, si celle-ci ne leur a pas confié de son vivant un document écrit dans lequel elle manifeste ce refus. La loi prévoit en effet qu’un proche peut attester par écrit du refus de prélèvement de ce dernier, en « mentionnant précisément le contexte et les circonstances de son expression ».

Une remarque préalable s’impose :

Si tous les juifs français ne se déterminent pas forcément en se référant aux textes religieux du judaïsme traitant du don d’organes, préférant se fier à leur conscience et à leurs convictions, il n’en demeure pas moins que la religion est souvent invoquée pour exprimer un refus. Et ce, trop souvent en méconnaissance des textes qui deviennent ainsi des prétextes.

D’où l’intérêt de s’informer réellement quant à ce que préconise la (« Loi juive ») en matière de don d’organes ?

Les dons du vivant sont autorisés, et même considérés comme un devoir religieux

Les dons du vivant sont autorisés, et même considérés comme un devoir religieux par la quasi-totalité des décisionnaires, en vertu des versets bibliques « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ! » (Lévitique 19, 18) et « Ne reste pas indifférent devant le sang (c’est-à-dire, le risque de mort) de ton prochain ! » (Lévitique, 19, 16).

La préservation de la vie étant une valeur cardinale du judaïsme, le don posthume devrait être unanimement encouragé par les décisionnaires.

Certes, la dégradation du corps consécutive au prélèvement, ainsi que l’inhumation différée qu’il implique constituent des transgressions, mais celles-ci sont moralement et religieusement justifiées par le sauvetage d’une ou de plusieurs vies. « Qui sauve une seule vie, sauve le monde entier », dit le Talmud.

Toutefois, si la vie du receveur est ici en jeu, la vie du donneur l’est aussi au regard de la question complexe de la détermination du moment de la mort.

Quel organe ou quelle fonction, lorsqu’il ou elle s’arrête, détermine le moment de la mort d’un point de vue religieux : arrêt cardiaque et arrêt respiratoire OU mort cérébrale et ’arrêt irréversible de la fonction respiratoire ?

Or, les opinions savantes divergent quant à la question de savoir quel organe ou quelle fonction, lorsqu’il ou elle s’arrête, détermine le moment de la mort d’un point de vue religieux.

Deux opinions, fondées chacune sur une étude approfondie et contradictoire des textes religieux, dominent le débat.

L’une soutient que ce sont l’arrêt cardiaque et l’arrêt respiratoire (le cœur apportant, via la circulation sanguine, l’énergie aux muscles respiratoires) qui déterminent le trépas, tandis que l’autre opte pour la mort cérébrale et l’arrêt irréversible de la fonction respiratoire (contrôlée par le tronc cérébral), définition légale de la mort en France depuis 1968, et en Israël depuis 1986, pour le grand rabbinat d’Israël.

Un diagnostic de mort cérébrale doit de ce fait être établi, après des examens cliniques (de différents réflexes, dont la respiration) et d’imagerie (électro-encéphalogramme ou angio-scanner, afin de vérifier qu’il n’y a plus de sang qui circule dans le cerveau).

Ce débat n’avait pas de raison d’être avant l’apparition de la respiration artificielle, puisque l’arrêt cardiaque et la mort cérébrale étaient alors quasi concomitants. Avec la ventilation artificielle, le cœur continue de battre tandis que le cerveau n’a plus d’activité.

Pour les tenants de l’arrêt cardiaque, le prélèvement d’organes sur un patient en état de mort cérébrale dont le cœur bat, est assimilé à un meurtre que ne saurait justifier le sauvetage de la vie du receveur. Au contraire, les décisionnaires qui ont tranché pour la mort cérébrale considèrent que le cœur battant n’est pas un critère de vie, seul le cerveau (qui ne contrôle pas le cœur mais commande tout le reste) étant le siège de la vie.

Il revient à chaque citoyen juif de décider, en son âme et conscience, d’être donneur d’organes vitaux ou de s’y refuser, après avoir opté pour l’une ou l’autre des orientations religieuses précitées.

Récemment, certaines autorités rabbiniques ont préconisé de s’inscrire sur le registre des refus, en estimant que du fait de cette controverse entre les décisionnaires, un doute persiste quant à la juste définition de la mort, et que l’on ne pouvait se prononcer en faveur d’un don, réalisé au prix d’un homicide et d’un suicide.

Ces mêmes autorités religieuses concèdent toutefois que si le don pose problème, il en va tout autrement du fait de recevoir un organe…

Il revient donc à chaque citoyen juif de décider, en son âme et conscience, d’être donneur d’organes vitaux ou de s’y refuser, après avoir opté pour l’une ou l’autre des orientations religieuses précitées.

Texte de Michaël Azoulay,

Rabbin en charge des affaires sociétales auprès du grand rabbin de France, ancien membre du Comité Consultatif National d’Ethique./Merci au Docteur Stan Kandelman, praticien hospitalier en anesthésie-réanimation, dont les précieux conseils ont permis la rédaction de cet article « en connaissance de cause ».

8 commentaires

  1. combien d’enfants génétiquement modifiés sont nés grâce aux descendants du docteur Mengele aujourd’hui et ce grâce à toutes ces gamines à qui on a volé leurs ovules sans consentement ? Combien d’enfants avortés ont ils servi à soi disant fabriquer des médicaments ? NOUS EN SOMMES PARVENUS A UNE HORREUR ET LA SCIENCE NE FAIT QUE DES HORREURS (voir HECATOMBES MASSIVES D’ANIMAUX DANS LE MONDE Y COMPRIS EN FRANCE !!!!!!!

  2. ce n’est pas Dieu et son paradis terrestre qui nous rend malade, non, mais bien les maladies créées par des hommes et des femmes qui les diffusent sciemment et qui torturent en laboratoire des millions d’animaux et des gens sans argent (voir BIOTRIAL qui tue des gens pour que nos jeunes se flinguent au cannabis…; à moins qu’ils ne nous le diffusent par chemtrails pour que nous soyons tous des moutons bien obéissants que l’on mène dans un sale abattoir après que l’on nous ait extirpé notre force vitale !

  3. quant on sait ce qui se cache derrière le vol d’organe et le vol des données génétiques, on ne peut que refuser le don d’organe.

    Si ces dons d’organes ne profitent qu’aux plus riches, et aux gens les plus affreux (imaginez : réparer Hitler avec le vol des organes que l’on prélève sur des adolescents ou des cobayes qu’on a tué en douce !)….

    Le seul don que j’autorise sur mon corps est celui qui va directement à un membre de ma famille biologique

  4. On pourrait aussi mettre en face des avantages les inconvénients, ou plutôt les crimes commis grâce aux prélèvements d’organes. Quelques recherches sur internet avec par exemple les mots clés « rein trafic Inde » ou « planning familial USA » donnent une idée de la question

  5. à Danielle
    Votre raisonnement inquiète.
    Pourquoi se soigner lorsqu’on est malade, puisque c’est Hachem qui a envoyé cette maladie ?
    Lorsqu’on prélève un organe, on ne décide pas qui doit vivre ou mourir, puisque la personne est morte (suivant les différentes opinions).
    Où avez vous vu qu’on doit restituer son corps tel quel à la terre ? Dans ces conditions pas d’implants dentaires ?

  6. mr X et mr Y arrivent le même jour dans le même service porteurs des mêmes lésions cérébrales graves

    mr X s’est opposé au prélèvement de ses organes
    mr Y ne s’y est pas opposé

    mr X sera soigné de façon à sauver son cerveau donc à le sauver
    la réanimation de mr Y sera menée de façon à préserver les organes susceptibles d’être prélevés, sa vie ne lui appartient plus

  7. Puisque que personne n’a pu se mettre d’accord quant à la définition réelle de la mort, je conclus qu’il ne faudrait tout de même pas mourir pour laisser vivre quelqu’un d’autre.
    De plus, je m’oppose fermement au dons d’organes, et pour cause :
    D’après la Halaha chaque individu reçoit ce qu’Hachem veut bien lui donner; si un organe est déficient au point d’empêcher de vivre, soit on fait appel à la recherche médicale, soit on accepte ce qu’Hachem nous a donné.
    Qui sommes-nous pour estimer qui doit vivre et qui doit mourir ?
    Chaque être humain a un corps qu’on lui remet à la naissance et qu’il doit restituer tel quel à la Terre après sa mort . C’est écrit me semble-t-il.
    Et je ne voudrai pas ici soulever la polémique sur qui a droit en priorité à l’organe prélevé ? oui il faut être compatible, mais lorsque nous sommes tous conformes à cette greffe ?
    Qu’Hachem guérit ses enfants et que chacun garde ses organes.

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