L’artillerie de Tsahal : toujours plus loin et plus précis©

L’artillerie de Tsahal : toujours plus loin et plus précis©

Le Corps d’artillerie de Tsahal prêt à des frappes de portées plus lointaines et de meilleure précision

 

Le Centre de Tir du Commandement Sud de Tsahal- BeerSheva, Israël – Depuis ce nouveau Centre de Commandement haut de deux étages dans le Sud d’Israël, un colonel du Corps d’artillerie des Forces de Défense d’Israël, Tsahal, est responsable de l’orchestration de la puissance de feu, de tous les artilleurs aériens, marins et terrestres, tous étant interconnectés grâce à un unique réseau C4I.
Au cours des opérations de grande envergure à Gaza ou de la quasi-routine consistant à mener des frappes de représailles à cause de tirs de roquettes provenant de la Bande de Gaza contrôlée par le Hamas, des cibles sont assignées, selon la rapidité et la précision que peuvent atteindre les pièces d’artillerie, grâce au réseau.
De plus en plus, ce colonel et bien d’autres dans l’échelon de Tsahal et dans l’industrie militaire, disent que le travail consistant à détruire des cibles fixes, autant que ce qu’on appelle des cibles d’opportunité, revient au corps d’artillerie, qui opère avec des atouts militaires de haute précision auparavant réservés à la force aérienne de Tsahal.

« Qu’il s’agisse des Forces aériennes, de la Marine ou de mon propre corps d’artillerie, je ne dis pas aux différentes disciplines et armes  comment et par quel moyen ils doivent détruire la cible. Ce n’est pas mon problème de savoir s’il s’agira d’un hélicoptère d’attaque ou n’importe quel autre programme de tirs, je leur dit simplement qu’il s’agit bien de la cible et que c’est elle qu’on doit détruire », déclare le colonel.

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Il fait remarquer qu’avec une connectivité grandissante, le nouvel armement et ce qu’il appelle le concept multi-centrique de réseaux d’opérations, les forces terrestres de Tsahal en général – et le corps d’artillerie en particulier -reprennent désormais des missions traditionnellement confiées à la puissance aérienne.
« A présent, nous nous occupons de détecter des cibles, si elles se trouvent dans les fenêtres d’un appartement d’un bâtiment spécifique ou à l’ouverture d’un tunnel… Nous sommes aujourd’hui capables de refermer le cercle en un laps de temps très court et nous sommes devenus plus meurtriers et plus précis au cours de ce processus », déclare le colonel Rami Abudram, un artilleur de carrière qui a récemment terminé de commander la 425ème Brigade « Flamme de feu » du Corps d’artillerie.
Il fait aussi remarquer qu’en plus de ses missiles de meilleure portée et précision, le Corps d’artillerie se sert aussi de drones.
Eli Reiter, un Général de Brigade des forces de réserve de Tsahal, dirige la Division de la Puissance de feu pour les Industries IMI. Ancien chef du Commandement d’entraînement et de Doctrine de Tsahal, Reiter déclare que l’accouplement d’une bonne doctrine et de la technologie permet aux forces terrestres de frapper des cibles à moins de 10 m – indépendamment de la portée – et que cela conduit vers une « révolution conceptuelle et opérationnelle »,pour les forces terrestres israéliennes.

« Ce concept est cristallisant et les principes s’accordent dans la réalisation que les forces sur le terrain sont au moins aussi capables que la puissance aérienne d’ajuster des frappes de précision,que les cibles ne soient qu’à quelques dizaines de kilomètres ou à des centaines de là », souligne Reiter.

Israeli Artillery CorpsOpération Bordure Protectrice.Photo Credit: Ilia Yefimovich/Getty Images

Selon Reiter, les lanceurs disposés sur terre et d’autres infrastructures sont relativement simples à mettre en batterie s’ils sont tous connectés à un réseau C4I commun (C4I veut dire Centre de Commandement, contrôle, communication et Renseignements).
« Vous n’avez pas besoin de planifier ni d’attendre la mise en place d’opérations aériennes complexes. Et parce que nous travaillons avec des systèmes GPS nous n’avons pas besoin de nous préoccuper du brouillard, de la fumée ou du mauvais temps. A partir du moment où vous identifiez la cible, le système C4I sert de déclencheur qui envoie les roquettes. C’est alors une question d’une à trois minutes, selon le temps nécessaire de vol de la roquette. Vous n’avez pas besoin d’attendre l’arrivée d’un avion ou d’un hélicoptère », selon Reiter.
« Les capacités dont nous pouvions seulement rêver il y a quelques années sont à présent déployées. Et cela permet un délestage de toutes sortes de tâches et missions pour les Forces Aériennes de Tsahal, qui peuvent se focaliser sur des missions qui sont essentiellement celles des forces aériennes de pare leur nature ».
L’ancien directeur de l’entraînement et de la doctrine de combat cite plusieurs systèmes d’IMI, la compagnie où il travaille à présent, qui font entrer les forces terrestres d’Israël dans l’ère des frappes de plus en plus lointaines et précises. Ces systèmes comprennent :
  • Extra, une roquette de précision d’une longueur de 4 m conçue pour transporter un ensemble d’ogives de plus de 120 kgs à des distances de 150 kms. A sa portée maximale, IMI affirme marge d’erreur circulaire ou CEP de moins de 10 m, ce qui veut dire qu’Extra frappera dans un rayon de moins de dix mètres des cibles désignées.
  • Romach, qui vient récemment d’être déclarée comme opérationnelle dans le Corps d’artillerie de Tsahal, cette roquette de précision est utilisée pour appuyer les forces en manœuvres ou des cibles de frappe à des portées de plus de 40 kms. Comme Extra, Romach dispose d’un CEP de moins de 10 m.
Avant son départ à la retraite , l’an dernier, Abudram, le commadant de la 425ème Brigade affirme que sa Brigade a utilisé Romach dans des exercices à tirs réels et qu’elle s’est délectée de ses résultats. « Nous l’avons utilisée lors d’un exercice avec la Birgade Sinaï et avons réalisé& des tirs directs. C’était fascinant, Cela incarne ce que les forces terrestres peuvent mettre à profit dans le monde de la frappe de précision ».
Autant les roquettes de précision Extra que Romach peuvent être tirées par un manceur ordinaire Lynx, un produit d’IMI qui est opérationnel dans le Corps d’artillerie. Selon IMI, après que le Lynx a tiré ses missiles, il peut être rechargé en moins de dix minutes, alors qu’une unité de tir avancéet  contrôlé rend ces opérations pleinement automatiques.
Il y a un autre système de portée encore plus longue qui en train d’être évalué actuellement par Tsahal et approuvé par des armées étrangères : le Faucon Prédateur d’IMI, une roquette de 5 mètres de long conçue pour porter des ogives de plus de 200 kgs à des distances de 300 kms. « Cette arme sera extrêmement meurtrière et précise, en creusant très profondément dans le territoire de l’ennemi », dit Reiter.
Le Corps d’artillerie a inauguré une nouvelle école de formation des officiers, comme celle que dirige le colonel de ce centre de tirs de précision, ici, à BeerSheva pour le Commandement du Sud de Tsahal. La nouvelle école, dans une base du cen,tre du pays, vise à certifier les combattants, « Sur la façon d’agir en bataille coordonnée, en travaillant avec les gens du renseignement,côtes à c^cotes… pour comprendre comment attaquer correctement et être plus sélectif dans l’harmonisation de notre puissance de feu contre des cibles spécifiques et selon divers scénarios », déclare le Colonel Dbi Cohen, Commandant-adjoint du Corps d’Artillerie.
Par Barbara Opall-Rome, le 21  février 2017.
Photo Credit: Courtesy of IMI Systems)
Adaptation : Marc Brzustowski

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