La com. mortelle de Sibeth Ndiaye©

La com. mortelle de Sibeth Ndiaye©

AH LA COM !

 

Ceci n’est pas une science !

 

Maître-mot de notre modernité, la communication. Mais la com, comme on dit, participe du semblant, c’est à dire du comme si, c’est-à-dire encore du mensonge.  A nous de ne pas être dupes de ce jeu imaginaire qui voudrait nous faire « prendre des vessies pour des lanternes ». Ce qui est certain, c’est que la nouvelle majorité et le président en tête n’ont pas été avares en matière de com : une poignée de main qui a duré plusieurs secondes et a fait bien plus de commentaires que ce qui avait été dit entre Emmanuel Macron et Donald Trump, puisqu’en fait, rien n’avait été dit ou si peu ! Une simple image donc, presqu’un arrêt sur image ! Cela n’a pas empêché le président américain de sortir de la com 21, oh ! Pardon de la COP 21….Puis on a vu notre président hélitreuillé à bord d’un sous-marin, pour être quelques temps après en tenue de sous-marinier et manier la carte et le périscope avec intérêt et « professionnalisme »…Quelques jours après, on le voyait à nouveau en tenue d’aviateur…Comme quoi, on peut faire tenir une politique à coups de com, mais jusqu’à quand ? Et bien tout simplement jusqu’à ce que la com plie sous le principe de réalité ou qu’elle ne devienne victime de sa propre illusion. Ainsi, les jeunes loups macronnais, serviteurs zélés du nouveau pouvoir en place et qui pensaient que la com les rendrait insubmersibles, se voient rattrapés par ce qu’ils croyaient être une science, une science politique en somme par laquelle ils auraient triomphé de toutes les critiques et de tous les arrangements avec la réalité. Et bien non, ce n’est pas si simple. La dernière victime de cette fameuse com, celle que l’Elysée avait promue sera peut-être Sibeth Ndiaye, chargée justement de la com avec la presse. Si l’info émise par le Canard Enchainé est vraie, cette « spécialiste » de la com va peut-être chuter ce par quoi elle croyait avec toute la certitude d’une conquérante, pouvoir arranger le langage avec l’évènement : Ainsi aurait-elle écrit dans un SMS à propos de la disparition de Simone Veil, cette Grande Dame célébrée par la France entière «  Yes la meuf est dead ! ». Effrayants propos qui s’ils sont vrais voulaient faire jeunes, branchés, bobos, banlieues, mais qui finissent par faire sombrer leur auteure dans la vulgarité. Pire, le « yes » résonne comme un « Oui, super ! »…autrement dit : « Oui, super ! La meuf (femme ou bonne femme) est morte ! » ; S’agissant de Simone Veil qui n’a jamais caché son judaïsme ni son combat contre l’antisémitisme, les propos de Sibeth Ndiaye résonnent vraiment très mal ! Qu’a-t-elle pensé au juste. Je n’ose moi, penser au pire…!

 

La com, un malentendu !

 

Alors, oui, la com n’est pas une science. Elle est un bidouillage, un bricolage de la parole avec un événement qu’il faut faire passer auprès d’un public…Mais manier la parole est un exercice délicat et risqué. La langue fourche, la langue égare, la langue dit ce que son locuteur ne voulait pas dire, elle fait des lapsus, prête à confusion…Alors, faire de la com n’est pas simplement une affaire entre un émetteur, un décodeur et un destinataire, sinon, ce serait simple. Le 13 octobre 1972, Jacques Lacan dans sa conférence à Louvain en riait déjà comme d’ailleurs son auditoire de l’époque. S’adresser à quelqu’un passe donc nécessairement par la propre subjectivité consciente et inconsciente du locuteur, de l’émetteur et donc aussi du récepteur ou du destinataire. C’est pourquoi l’inconscient n’est jamais loin qui fait rater l’objet que la com voudrait viser. C’est ce qui faisait dire à ce même Lacan, que s’adresser à quelqu’un repose toujours sur un malentendu. La com c’est donc aussi un malentendu qui voudrait bien se faire entendre.

Elle est un malentendu car les filtres par lesquels elle veut faire passer son message, déborde nécessairement son locuteur qui plus est si celui-ci est soumis à des impératifs politiques, et idéologiques parfois mal définis eux aussi. Le communicant ne peut donc pas faire l’impasse de sa propre subjectivité dans ce qu’il veut communiquer. C’est aussi pourquoi la com est une tentative imaginaire de symboliser un événement du réel. Parfois ça marche, le plus souvent, ça ne marche pas. C’est parce que c’est le langage qui vectorise la com qu’elle rate presque toujours son objet, car la pulsion y est aussi engagée et l’essence même de la pulsion appelé par Freud pulsion de représentation rate nécessairement son objet. Notre « modernité » est celle des tweet sauvages, des propos écrits à la hâte sur Internet, les pires comme les meilleurs. Mais ces paroles débordent parfois leurs auteurs  qui s’en défendent ensuite, mais enfin ce qui est dit est dit ! Alors, si encore, les propos de mademoiselle Sibeth Ndiaye sont exacts, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle est l’arroseuse arrosée et la victime d’une croyance aveugle en un savoir qu’elle avait pris pour une science mais qui n’est au fond que cette fameuse dimension imaginaire par laquelle nous sommes si souvent bercés, égarés et leurrés dans la production de nos propres représentations. Trop de com tue la com ! Si bien qu’à force de maladresses communicationnelles, le mouvement La République en marche d’Emmanuel Macron pourrait très bien faire marche arrière à cause d’un trop plein d’annonces, de postures, de symboles, d’outils de com donc, qui pourraient le déborder au point de le saborder. Comme quoi, les communicants du président risqueraient de le faire chuter avec les mêmes techniques de com qu’ils avaient utilisées pour le faire gagner et qui rappelle à quelques nuances près et avec humour la fameuse morale de monsieur de La Fontaine, dans sa fable Le Rat et l’Huitre : « Tel est pris qui croyait prendre ».

 

Par ©Jean-Marc Alcalay

4 commentaires

  1. Le nouveau Chef de l’Etat doit son accession au pouvoir, précisément aux publicistes, aux communiquants, et à des clientèles comme la fille , objet de cet article.
    Tout ce monde occupe des postes non pas en fonction de ses compétences; au contraire.
    Comme dans le gouvernement précédent ( où Macron avait un rôle capital, nul ne l’a oublié), les différents postes
    sont pourvus par des copains, en fonction de critères idéologiques ( ou raciaux), pour satisfaire à la parité, à la
    mixité, et à d’autres lubies gauchistes qui sinistrent la France.

  2. Ca sert à quoi la com? Nous, citoyens avons-nous des chargés de communication? Nous gérons très bien nos vies sans eux.
    Si un président n’est pas capable d’être lui-même sans l’aide de ses experts en communication, de son image, cela veut dire qu’il n’est pas mature (puisqu’il doit conseillé) et ne mérite pas d’être président.

    Cette phrase révèle la véritable nature de son auteur: sans classe, inculture, vulgaire au premier abord. Mais, plus grave, cette phrase masque à peine un non dit.

  3. Tres bien observe, et peut-etre rejouissant: qu’une aventure (la REM et son fondateur) qui n’a peut-etre rien d’autre a offrir qu’une facade, construction des medias et de la communication, perisse par les errements de la communication.

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