Ci-dessous un dossier, certes non, exhaustif sur Marine le Pen, mais il donne des éléments de réflexion.

L’analyse de la situation actuelle nous pousse à faire un certain nombre de constats.
Il est claire que Marine Le Pen ne peut pas rejeter l’héritage de son père, sans lequel elle ne serait rien aujourd’hui.
Mais il est clair aussi que le noyau dur du FN ne représente pas grand chose. Il n’est qu’à voir les résultats de Jean-Marie Le Pen en 2007.
Nous pouvons constater deux choses :
Le socle des sympathisants purs et durs du FN représente près de 4% (législatives 2007)

Le FN a progressé quand la gauche était au pouvoir sous François Mitterrand, et pire sous Lionel Jospin qui paiera cher le petit jeu de la gauche avec le FN.
Donc Marine Le Pen cherche à sortir du ghetto dans lequel est enfermé le FN. Pour cela, elle doit donner une image plus acceptable. Sa déclaration sur la Shoa qui serait pour elle "le summum de la barbarie", même si cela lui fait mal au ventre de le dire, fait partie du service minimum.
Quand Jean-Marie Le Pen dit que le FN n’est pas le parti antisémite, raciste et xénophobe que l’on veut dire, et que nos amis juifs n’ont rien à craindre du Front national, peut surprendre, mais cela est tout de même dit. Cela fait partie de la stratégie obligée pour que le FN passe de 4% ce que représente son socle, à 20 voire 25% pour qu’il puisse exister vraiment.
Ce n’est pas simplement pour des raisons politiques que le FN a besoin de ce score, c’est aussi pour des raisons économiques que ce type de résultat s’impose. La dégringolade lors des législatives de 2007 lui a fait perdre les subventions publiques attribuées en fonction de sa représentativité. Ces subventions sont considérables pour le FN et leur perte s’est traduite par un préjudice très important. En fait le FN a présumé de sa victoire en 2007, et avait besoin pour sa campagne de sommes importantes qu’il a emprunté, étant sûr de percevoir lesdites subventions qui les épongeraient. Manque de chance en faisant moins de 5% à ces élections les subventions se sont envolées et les dettes sont restées.
Les dettes contractées lors de ces élections ont été si coûteuses que le FN a du vendre son siège pour les éponger en partie. (voir article en bas de page)
C’est bien dans ce contexte et afin de sauver la "baraque" qu’une stratégie vitale pour le FN s’est développée, dont Marine le Pen est l’actrice principale.
Le FN doit donc payer un prix lourd pour séduire l’électorat, et des concessions majeures doivent être faites. Pour être sûr de gagner il lui faut mettre toutes les chances de son côté. Dans ce contexte, il faut ratisser large :
- La lutte contre "l’islamisation " thème porteur.
- L’insécurité.
- L’euro qui a coûté cher aux français
- Les immigrés
Et dans la liste, il y a les juifs, nos compatriotes, nos amis comme le dit Jean-Marie.
Le FN n’est-il pas obliger de se déguiser pour attirer à lui les voix qui doivent le sauver ? OUI, c’est pour lui vital. Mais en le faisant ne risque-t-il pas de renvoyer une partie de ses militants antisémites purs et durs vers d’autres partis d’extrême droite ? il est fort à parier que oui, mais il n’a pas le choix.
Quant à nous, sommes nous vraiment aussi exigeant à l’égard de la gauche, quand elle défile avec ceux qui passent leur temps à vouloir boycotter Israël et le délégitimer. Nous ne parlons pas de l’extrême gauche, mais bien de la gauche, le PC par exemple qui affiche partout le portrait de Marwan Barghouti, cet assassin d’enfants pour le faire passer pour un héros, ou cette gauche qui au lieu d’aider de vrais déshérités préfère venir en aide au Hamas et autres antisémites pourvu que cela lui rapporte quelques voix.
L’affaire Marine Le Pen et Radio J a été un beau piège dans lequel tout le monde est tombé. Elle ne pouvait rêver mieux. Les Juifs (à travers ceux qui les représentent) sont des antidémocrates qui n’admettent pas le dialogue, alors qu’elle est reçue partout même au journal israélien Haaretz. Nous serions, nous juifs français plus royalistes que le roi.
Un grand BRAVO à nos chers dirigeants, c’est à celui qui crie le plus fort, et qui passera le premier à la radio ou à la télé.
Mais a-t-on demandé au petit juif que nous sommes ce que nous pensions de la chose ?
On nous prend vraiment pour ce que nous ne sommes pas. Certains pensent qu’ils doivent penser pour nous et nous préserver de tout, grâce à leur grande capacité d’analyse.
A lire les réactions sur notre forum, les choses sont loin d’être si tranchées.
Marine Le Pen a commencé à dire des choses inhabituelles. Pourquoi ne pas l’obliger à dire plus ? Quitte à les lui faire répéter encore et encore jusqu’à ce qu’elle s’en persuade elle-même.
Pour faire court est-ce que, les lecteurs de Jforum voudraient poser des questions à Marine le Pen, pour la voir préciser un certain nombre de choses relatives à Israël, les Juifs, la Shoa, et bien d’autres sujets. C’est là l’objet du sondage que Jforum lance et auquel vous pouvez répondre dans la rubrique sondage.
JForum.
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Marine Le Pen dans Haaretz
Adar Primor - Traduction par Pierre Lanoë de Haaretz
L’entretien qui suit est paru le 7 janvier dans le quotidien israélien Haaretz. Marine Le Pen s’y exprime sur bien des sujets brûlants. Si nous ne partageons pas toutes ses analyses, certaines de ses propositions nous réjouissent tout particulièrement et toutes méritent d’être connues et méditées.

Les analystes politiques français affirment que vous avez changé l’apparence du Front national mais non sa substance et que vous jouez un double jeu. Pour 80% des Français, il n’y a pas de différence entre vous et votre père. Alors qui est la véritable Marine Le Pen ?
Aujourd’hui, tout le monde découvre, avec beaucoup de retard, que notre programme dans sa totalité était déjà parfaitement justifié quand nous l’avons rédigé, il y a trente ans. Il n’y a donc aucune raison que nous en changions. Nous avons été les premiers à sonner l’alarme et à mettre en garde contre les conséquences de la politique d’immigration massive, dont l’une d’elles est la montée d’un islam radical qui refuse d’accepter les lois de la République française. Nous avons été les premiers à nous opposer au transfert de parties de notre souveraineté aux institutions de l’Union européenne, les premiers aussi à rejeter le traité de Maastricht et la mise en place de l’euro, qui maintenant s’effondre sous nos yeux. Puisque nous avons eu raison, pourquoi devrions-nous changer d’orientation ?
Quand votre père a déclaré, en 2005, que l’« occupation nazie n’avait pas été particulièrement inhumaine », vous avez claqué la porte et vous avez été sur le point de quitter le Front national. Cependant, vous avez vous même créé un scandale quand vous avez comparé les prières des musulmans dans les rues à l’occupation nazie. Fut-ce un lapsus freudien ou une déclaration délibérée ?
Ce ne fut pas un lapsus freudien mais la reprise de propos que j’avais déjà tenus plusieurs fois durant une conférence de presse que j’avais intitulée « Sarkozy, la débâcle ». J’ai comparé la situation d’aujourd’hui à celle de 1940 parce que, avant tout, nous sommes maintenant sous le contrôle monétaire allemand, et, ensuite, parce que des zones entières du territoire national sont dans un état d’occupation, soit parce qu’y sont appliquées les lois religieuses islamiques ou celles de la maffia. Mon intention était d’opposer la laïcité à l’islam radical, d’évoquer le problème du financement des mosquées et de l’absence d’information sur le contenu des sermons de nombre d’imams en France. Mon intention était de montrer que les lois de la république et la souveraineté nationale française disparaissent graduellement. Le débat qui a été provoqué par mes paroles est positif. Pour la première fois dans l’histoire du Front national, l’establishment politique ne s’est pas uni contre nous, mais a couru après nous. C’est du au fait qu’ils ne proposaient aucune solution aux problèmes que nous soulevions.
Ne pensez-vous pas que les récentes lois interdisant la burka et le niqab sont une forme de solution ?
Actuellement, le monde politique manque de courage et de vision d’ensemble. Il interdit ces vêtements, mais il aurait du interdire aussi le port du voile simple en public, car, après tout, c’est aussi une prise de position politique, comme le sont les prières de masse dans les rues. Dans le passé, le gouvernement a permis de clore une rue le temps de la prière. Maintenant, il y en a quinze de fermées et, bientôt, il y en aura cent. À l’origine ils n’utilisaient pas de haut-parleurs, maintenant ils émettent les prières à plein volume. C’est devenu impossible. Il faut ajouter un article à la constitution qui préserve plus strictement la laïcité.
Nombre de vos collègues de l’extrême droite européenne ont récemment visité Israël à l’invitation de colons et de groupes extrémistes de droite israéliens. Qu’elle est votre opinion sur cette alliance ?
Le fait qu’ils partagent des préoccupations similaires concernant l’islam radical explique cette relation… mais il est possible qu’en plus de cela il y ait un besoin d’avoir des visiteurs venant d’Europe pour modifier l’image qu’y a leur pays… Pour autant que leurs partenaires en Israël soient concernés, je ne comprends pas, pour ma part, la volonté de poursuivre la politique de développement des colonies. Je considère qu’il s’agit d’une erreur politique et j’aimerais qu’il soit clair, dans ce contexte, que nous devons avoir le droit de critiquer la politique de l’État d’Israël, comme celle de tout État souverain, sans être taxés d’antisémitisme. Après tout, le Front national a toujours été favorable au sionisme et a toujours défendu le droit à l’existence d’Israël.
Est-ce que le fait que de rabiques antisémites d’hier se présentent maintenant comme des islamophobes ne prouve pas que l’antisémitisme n’est plus payant dans l’Europe actuelle ?
Il n’y a pas d’antisémitisme européen actuellement. Celui-ci a disparu au lendemain de la deuxième guerre mondiale. L’antisémitisme qui se développe de nos jours est islamique et lié au conflit israélo-palestinien. Comme je l’ai déjà déclaré, actuellement en France, il y a des zones importantes où il n’est pas bon d’être un juif, une femme, un homosexuel ou même un Français de souche ordinaire.
À ce propos, l’ex-commissaire européen Frits Bolkestein, a déclaré que les juifs hollandais feraient mieux d’émigrer en Israël ou aux États-Unis, car il n’était plus possible de les protéger. Qu’en est-il des juifs de France ?
Les juifs de France sont des Français, ils sont chez eux ici et ils doivent y demeurer et non pas émigrer. L’État a le devoir de trouver des solutions pour les zones devenues problématiques du fait du développement de l’islam radical.
Selon certains sondages, un juif, le président du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn, pourrait être le prochain président de la République française. Est-ce qu’il est possible qu’un juif devienne le président de la France ?
Bien sûr. Strauss-Kahn affirme que 5% des Français ne voteront jamais pour un juif. Il oublie de dire qu’il y en a aussi vraisemblablement 5 % qui ne voteront jamais pour une femme. Contrairement à l’image que l’on tente de coller à la France, notre pays est le moins raciste du monde. Ici, on ne juge pas les gens sur leur couleur ou sur leur religion, mais sur leurs valeurs. C’est ce qu’on nomme une méritocratie ; c’est un principe très important et de grande valeur pour les Français. Contrairement à la culture anglo-saxonne, la culture française est influencée, sur ce point, par le christianisme qui juge les êtres humains et non pas les communautés.
Et un président musulman, est-ce que c’est possible ?
Tout est possible. Il y a 10 millions de musulmans en France. Les musulmans, quand ils sont français bien sûr, ne votent pas comme une communauté mais comme le reste de la population. Si, par contre, dans le cadre du renforcement de l’islam radical dans notre pays, un candidat se présentait pour être le port-parole exclusivement la communauté musulmane, ce serait quelque chose de terriblement négatif.
Des rabbins israéliens ont publié une déclaration demandant aux juifs de ne pas louer de biens à des arabes. Que pensez-vous de cela ?
Ces Arabes sont des Israéliens, n’est-ce pas ? Alors dans ce cas, ils doivent être traités comme n’importe quel autre citoyen. C’est à l’État de décider qui obtient la citoyenneté, mais à partir du moment où quelqu’un devient citoyen d’un pays, il doit bénéficier des mêmes droits que les autres citoyens de celui-ci.
Quelle est votre opinion sur la manière dont la société israélienne aborde le problème de l’immigration clandestine et, plus particulièrement, sur l’idée de construire une clôture à la frontière avec l’Égypte et un camp de détention dans le sud du pays ?
Si nous disions en France ne serait-ce qu’un millième de ce qui est dit en Israël sur ce sujet, nous irions immédiatement en prison pour incitation à la haine raciale. De manière concrète, un État doit adopter une politique préventive et effective vis-à-vis de l’immigration. Celle-ci doit inclure des poursuites judiciaires pour les employeurs d’immigrés illégaux et de lourdes sanctions financières. Il faut aussi mettre en application l’idée de préférence nationale et abolir toutes les incitations à l’immigration, par exemple la sécurité sociale, l’éducation gratuite pour les enfants, l’accès aux services de santé et de logement. Les autres mesures, par exemple le rapatriement des immigrés, ne fonctionnent pas. Tant qu’il y a des tentations, les immigrés continuent à venir. Je les comprends : même s’ils n’ont pas de travail ici, grâce au chômage, ils ont plus de revenus que s’ils étaient au travail chez eux. Quand ils n’auront plus de raisons d’immigrer, ils cesseront tout simplement de venir.
En 2004, dans le premier entretien que vous avez accordé à Haaretz, en commun avec votre père, vous avez dénoncé le président Chirac pour sa déclaration de 1995 dans laquelle il avait accepté, au nom de la France, la responsabilité pour les crimes du régime de Vichy. Êtes vous prête, aujourd’hui, à dénoncer le régime du maréchal Philippe Pétain et les crimes du fascisme français ?
Absolument pas ! Tout d’abord je me refuse à dire du mal de mon pays. Ensuite, je suis convaincue que Jacques Chirac a eu tort. Ce n’était pas la France qui était responsable, ce n’était pas l’État français, c’était un régime. C’est une erreur de faire de constants et systématiques mea culpa. Nous devons accepter notre pays tel qu’il est avec ses périodes de splendeur et celles qui le sont moins, avec ses erreurs, ses drames et ses désastres. L’histoire de la France est de très longue durée. Il convient de la traiter comme un tout et non de la découper en tranches de salami sans connections les unes avec les autres, afin de se donner politiquement un beau rôle.
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Marine Le Pen divise la communauté juive
Faut-il traiter Marine Le Pen de la même façon que son père ? Sur cette question, la communauté juive française reste divisée. L’annulation de l’invitation de la présidente du Front national lors de l’émission politique de Radio J, dimanche, en est la preuve. Face à la "pression" et à la colère des associations juives, la radio communautaire a dû renoncer à recevoir Marine Le Pen. Radio J lui réserve finalement le même sort qu’à son père, qui a toujours été boycotté à l’antenne suite à ses déclarations sur la Shoah.
En tête dans le mouvement de protestation, l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) et le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Richard Prasquier ont salué l’annulation de l’invitation, jugée "inacceptable". "Cette invitation pouvait faire croire à une forme de complaisance de la communauté juive et de ses institutions à l’égard de Marine le Pen. (...) Son parti reste structurellement antisémite, raciste et hors du champ républicain", a réagi la présidente de l’UEJF Arielle Schwab. Même son de cloche du côté du Crif. "Même si l’entretien est sans concessions, comme le dit la radio, ce qui aura compté, c’est qu’elle aura été reçue par une radio communautaire juive ; et ça, c’est un symbole qui est inacceptable", a souligné son président, Richard Prasquier. Arguant que Marine Le Pen "n’a pas fondamentalement changé par rapport à son père", il refuse de lui accorder un "brevet de respectabilité".
"Bridage de la pensée" (Goldnadel)
En revanche, Gilles-William Goldnadel, avocat, membre du comité directeur du Crif et auteur de Réflexions sur la question blanche (éd. Gawsewitch), n’hésite pas à faire entendre une voix discordante. Il dénonce "un bridage de la pensée", "un manque de liberté d’expression" et un "déni de démocratie". "On ne peut pas traiter sur le même plan l’homme du point de détail et sa fille qui a déclaré dans les colonnes du Point que la Shoah avait été le summum de la barbarie", juge-t-il. Précisant qu’il s’exprime "à titre personnel", il enchaîne : "Cette déclaration dans le Point est un premier pas même si c’est encore très insuffisant. Le FN est devenu très pro-palestinien et Marine Le Pen reste entourée de personnes appartenant à l’extrême droite antisémite." Mais le président de l’association France-Israël se montre sévère à l’égard de ceux qui ont réclamé à cor et à cris l’annulation de l’invitation de la numéro un frontiste. "Depuis maintenant trente ans, il existe une faute politique de la part de la communauté juive, qui consiste à privilégier la lutte contre l’antisémitisme d’extrême droite au détriment de la lutte contre l’antisémitisme d’extrême gauche qui a beaucoup progressé", juge-t-il.
Également éditorialiste à Radio J, Gilles-William Goldnadel déplore : "J’aurais justement voulu entendre Marine Le Pen dimanche au sujet des membres de son entourage, de son environnement, de sa façon de concevoir l’immigration." Un regret également exprimé par l’animateur de Radio J Frédéric Haziza. "Je voulais simplement faire mon travail de journaliste", a-t-il expliqué au micro de France Inter.
En attendant, le FN a décidé de réagir. Le parti frontiste va réactiver son Cercle national des juifs français, un cercle de réflexion tombé en déshérence après la mort de son animateur Robert Hemmerdinger en 2004. Il faut "lutter contre la discrimination organisée par le Crif et un certain nombre de lobbies", soutient Louis Aliot, vice-président du parti. En revanche, aucune déclaration ou geste fort à l’égard de la communauté juive n’est prévu prochainement.
Par SÉGOLÈNE GROS DE LARQUIER - Le Point.Fr
Marine Le Pen, une personnalité de plus en plus fréquentable dans les médias

PARIS — Forte de sondages favorables pour la présidentielle, Marine Le Pen, présidente du FN, devient de plus en plus fréquentable dans les médias à la différence de son père, qui y fut longtemps "persona non grata", mais la vigilance reste de mise dans les rédactions.
Pour la première fois dans l’histoire de Radio J, Marine Le Pen, contrairement à son père, était ainsi invitée sur la plus importante radio juive. Une révolution qui n’aura duré que quelques jours, puisque sous la pression des organisations communautaires juives, la radio a du faire marche arrière.
Reste qu’un tabou est tombé. Et que les médias sont de plus en plus décomplexés, vis à vis de Marine Le Pen, qui cultive son image de femme moderne décontractée, mère de trois enfants, à l’opposé du style martial de son père.
C’est dans l’hebdomdaire féminin Elle de cette semaine que s’affiche la blondeur féminine de la présidente du Front national : un portrait très distancié, sur deux pages avec une grande photo de cette "passionnaria" de la politique.
Pour Caroline Laurent-Simon, qui a brossé le portrait de Marine Le Pen, il s’agissait de "voir justement sa tentative de séduction des médias et d’utilisation systématique de son genre féminin".
"Au Front national, on nous la vend comme un pur slogan publicitaire, a confié à l’AFP la journaliste. On nous dit : "Regardez comme elle est douce, c’est une femme, elle est formidable et n’a pas d’idées extrémistes". Mais c’est faux. C’est du copié-collé du père".
Cet article a valu à l’hebdomadaire une violente attaque de Jean-François Copé, accusant Elle de faire de la publicité à Marine Le Pen. Une remarque jugée jeudi "désobligeante" par la Société des Journalistes du magazine.
Couronnée par de récents sondages, Marine Le Pen a de fait su habilement déjouer les craintes qu’avait pu inspirer dans les médias son père, avec ses propos antisémites.
Jean Daniel, dans son éditorial du Nouvel Observateur, s’étonne d’ailleurs cette semaine que "les médias accordent une importance complaisante à tous les propos de cette charmante héroïne".
En écho, Maurice Szafran, directeur de la publication de Marianne, interrogé par l’AFP, s’interroge sur cette banalisation du phénomène Marine Le Pen. "Puisqu’elle a dit que la "shoah" est la plus grande tragédie de l’histoire contemporaine, elle redevient tout d’un coup fréquentable, alors qu’elle tient sur les immigrés et sur les musulmans des propos absolument épouvantables".
Au Monde, "on reste vigilant et très attentif à ce qu’il n’y ait pas de banalisation du phénomène Marine Le Pen, souligne Françoise Fressoz, chef du service politique. Mais on est interpellé sur la personnalité de Marine Le Pen qui peut créer de l’empathie, beaucoup plus que son père et qui est dans une sorte de phénomène populiste".
Sur les plateaux de télévision, Marine Le Pen a aussi trouvé sa place. Mais, pas question d’ostracisme ou "a contrario" de favoritisme. Car le Conseil supérieur de l’Audiovisuel veille.
"On est soumis à des règles assez simples d’équilibre des temps de parole", souligne le directeur des rédactions de France Télévisions, Thierry Thuillier. Pour lui, la question de la place du FN dans les médias est réglée en grande partie depuis avril 2002, avec Le Pen au deuxième tour de la présidentielle. "Honnêtement, cette banalisation des Le Pen a commencé bien avant l’arrivée de Marine Le Pen", estime-t-il.
Si à Canal+, l’émission "Le Grand Journal" a ouvert son studio à Marine Le Pen comme à son père, deux animateurs de France 2 Michel Drucker et Laurent Ruquier ont fait entendre leur différence, refusant d’accueillir la leader du FN.
De Isabelle DENIEUIL (AFP)
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Fernand Le Rachinel, député frontiste : "Le FN me doit 6,5 millions d’euros"
« Je prêtais régulièrement de l’argent au Front National. Ça s’est toujours bien passé avant… » Fernand Le Rachinel est plutôt amer. Ce député européen et membre du bureau politique du Front National attend depuis un peu moins d’un an le remboursement de son prêt au parti pour les élections présidentielles et législatives de 2007. Un prêt, contracté, affirme-t-il, sous son seul nom, et atteignant les huit millions d’euros.Personne ne semblait avoir envisagé une déroute du FN lors de ces élections, et par conséquent la baisse importante du financement public. « Le FN connaît aussitôt l’état de ses finances », estime Maitre Robert Apéry, l’avocat de Fernand Le Rachinel. « Le parti aurait dû prendre des mesures radicales dès ce moment-là. » Mais les choses ne se dérouleront pas comme ça et Fernand Le Rachinel prend en septembre 2007 des garanties pour le paiement de ses créances, en obtenant la saisie conservatoire d’une partie des parts de la SCI Clergerie-Hugo, qui est propriétaire du « Paquebot », immeuble mythique de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) abritant les bureaux du parti. Or l’histoire de ce bâtiment, actuellement en vente (pour la modique somme de 15 millions d’euros environ), fait les choux gras des quotidiens.
Le député s’énerve
Voyant que le dossier n’avance pas, Fernand Le Rachinel s’énerve et décide donc de poursuivre le FN devant le TGI (tribunal de grande instance) de Nanterre. Un premier règlement de 1,5 millions d’euros intervient alors fin décembre 2007. Fernand Le Rachinel pense que tout rentre dans l’ordre et que son parti est prêt à le rembourser. Cependant, à l’approche de l’échéance finale de paiement le 16 mars dernier, le FN dépose auprès du tribunal de nouvelles conclusions. « Pour ne pas payer son solde », selon Maître Apéry.Dans ces conclusions, le FN prétendait notamment que les sociétés d’imprimerie de Fernand Le Rachinel avaient mis en place un système de fausses factures dont le parti s’était accommodé un temps. « Ce qui est inexact, incohérent et irresponsable ! », indique Maître Apéry. « Mon client a toujours produit des devis, contrôlés par la Commission nationale des comptes de campagnes et des financements publics », poursuit-il.
Le FN l’accuse de surfacturation
Le 5 mai dernier, nouveau changement avec une modification des conclusions par le FN qui n’accuse plus Fernand Le Rachinel d’avoir produit de fausses factures mais d’avoir mis en place un système de surfacturation (surevaluation de prestations effectuées) de ses services d’imprimerie. « Le FN tente de gagner du temps pour ne pas payer. Mais je pense aussi pour régler des comptes politiques à l’interne, avant le départ possible de Jean-Marie Le Pen », explique Maître Apéry.Le dossier doit être plaidé d’ici un mois au TGI de Nanterre. Fernand Le Rachinel réclame maintenant 500 000 euros de dommages et intérêts pour les « fausses accusations » portées contre lui. Quant à ces rapports avec le FN ? « Ils sont plutôt tendus. Le FN me doit encore 6,5 millions d’euros… »
Maria Pladys VSD.fr


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