Euro-shekel : ce qui nous attend

Euro-shekel : ce qui nous attend

Nous écrivions il y a quelque temps que le shekel ne remonterait pas. Et pourtant, nous avons vu  ces dernières semaines qu’il est repassé au dessus de 4,20 face à l’euro. Notons que la situation est autre pour le dollar s’échangeant  à 3,63 contre   3,58 en début d’année.

Certains économistes, il y a peu n’hésitaient pas à se projeter en 2020 à un Shekel/dollar à 4,04 et un euro/shekel à 4,20. Le fait est que pour l’Euro nous y sommes déjà… D’autres analystes, à plus court terme,  plaident pour un cours dans une zone entre 4,21/4,32 sur toute l’année 2017 et pensent que si le résistance de  4,32 cédait cela pourrait l’amener  à 4,45 minimum !

Mais que se passe-t-il ? Pourquoi une variation de quasi 8% en deux mois ? Il ne s’agit en fait pas d’une baisse du shekel, mais d’un renforcement de la monnaie Euro suite à une amélioration de la croissance en zone Euro enregistrant une hausse de 0,6% au deuxième trimestre 2017.

L’investissement repart aussi avec une progression de 8,5% au T2 2017 contre 4,7% en 2015. Le fait nouveau et intéressant est que ces améliorations sont maintenant synchronisées et partagées par la quasi totalité des pays membres de la zone euro.

Il s’agit par contre d’une déception pour la croissance américaine. La présidente de la FED Janet Yelen lors de son audition bi-annuelle mettait l’accent « sur le terme graduel »  de la hausse des taux d’intérêts devant une commission de la chambre des représentants, expliquant qu’ils devraient rester entre 1% et 1,25%.

Cela a pour conséquence une baisse du dollar. C’est pourquoi, même si les variations du shekel sont la, on constate tout de même que nous sommes loin sur le court moyen terme de celles que nous avons connu ces dix dernières années, avec pour mémoire un shekel à 5,90 pour un euro.

Les variations du shekel majoritairement liées aux spéculations

Yossi Franck, CEO de la société Energy Finance, explique que 80% des variations du Shekel cette dernière année est de la pure spéculation, sans aucune connexion avec l’économie. On voit donc que la variation de la monnaie ne remet pas en cause pas son niveau fondamental, lié à la force de son économie.

Les temps ont changés, le shekel est devenu une des monnaies les plus recherchées, certains disent même une monnaie refuge. L’économie Israélienne est réputée par de nombreux experts  pour être  forte, et  ainsi en est-il de sa monnaie.

Lorsque l’on sait que les gains sur le marché des devises se réalisent principalement grâce aux effets de levier, on comprend que la monnaie d’une économie réputée stable est plus échangée qu’une monnaie dont l’économie est émergente, plus volatile, donc plus risquée.

Israël dans la cour des grands

C’est bien  la que se trouve la nouveauté pour l’état d’Israël. En 70 ans à peine, cet état se trouve dans la cour des grandes économies, bien plus vieilles. Israël s’est hissée au niveau des économies les plus fortes, dont les monnaies sont les plus échangées tels le Dollar, l’Euro, ou le yen.

Biens sur, nous sommes bien loin du niveau des échanges de ces pays, mais le changement est la. Notre économie fait mieux que les USA, et la vieille Europe.

Le monde ne peut plus se passer d’Israël. Les grandes économies ont besoin de nous. Toutes les tentatives de boycott aux étalages des supermarchés Auchan, ne sont que pures fantaisies, et n’ont aucune incidence sur l’économie réelle si ce n’est l’objectif  à court terme de diffamer l’Etat juif.

En mai dernier, un fonds d’investissement Chinois nommé Mizmaa, déclarait son intention d’investir plus de 100 millions de dollars. La Chine est aujourd’hui le deuxième partenaire de l‘état avec 2,7 milliards d’investissement en 2015 et plus de 8 milliards d’échanges bilatéraux. Cet engouement est récent, il a moins de 10 ans.

Les Chinois sont déjà présents dans de très gros chantiers d’infrastructures israéliens. A tel point que les autorités commencent à craindre pour l’indépendance économique du pays. Le ministère Israélien des Finances s’est ainsi  opposé au rachat de la compagnie d’assurances « Phoenix ». Le groupe chinois en question était considéré « à risque » pour les épargnants et le marché des capitaux de l’état.

Nous l’avons compris Israël est victime de son succès. Israël est victime de l’extrême brillance de ces matières grises. Un ami me disait récemment « Israël le plus grand des petits pays ».

Quelle classe !!

David Boukhabza

CEO de la société CAYA HARMONY CAPITAL. Spécialisé dans la recherche et la sélection d’opportunités d’investissements dans le domaine financier et immobilier. Installé en Israel depuis 2 ans, David Boukhabza s’est toujours fixé comme mission principale de rendre accessible les investissements d’ordinaires destinés aux gros investisseurs.

coolamnews

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