Equilibre budgétaire et dépenses militaires par Michel Rozenblum ©

Equilibre budgétaire et dépenses militaires par Michel Rozenblum ©

Donald Trump reproche avec raison (pour une fois) aux Européens de ne pas assez contribuer à la défense du « monde libre » et de profiter indûment du « parapluie américain ».

Ce reproche est assorti de menaces sur la pérennité de la participation des Etats-Unis à la défense de l’Europe. Cette menace ne concerne d’ailleurs pas seulement l’Europe, mais aussi l’Asie, et plus particulièrement le Japon.

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Si l’on examine les dépenses militaires on constate que plusieurs pays ont « bradé » leur matériel, notamment les blindés, pour réduire les coûts d’entretien de l’armée. On pourra citer la Belgique, les Pays-Bas… La Grande Bretagne avait aussi réduit ses dépenses, de même que la France.

 

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Dépenses militaires mondiales: l’arc oriental fourbit ses armes. 26 Avril 2016

 

Les attentats en France ont interrompu un processus de réduction des effectifs et un léger mouvement se dégage dans le sens inverse, avec une nouvelle campagne de recrutement pour pallier les effets de l’opération Vigie Pirate qui a lourdement prélevé sur les effectifs.

Et l’usure prématurée des matériels par leur utilisation dans les différents engagements extérieurs risque d’obliger la France à investir dans des matériels de remplacement, sauf à constater, comme actuellement, des taux d’indisponibilité inquiétants du matériel lourd.

Le problème est que les Etats qui ont réduit leurs dépenses militaires sans basculer les économies sur d’autres dépenses se sont rapprochés de l’objectif de la Communauté Européenne en matière de déséquilibre du Budget de l’Etat.

Et celles qui ont accru leurs dépenses militaires, comme la France, en raison des engagements internationaux voient augmenter leur déficit budgétaire.

Pourtant ces dépenses supplémentaires sont réalisées pour répondre aux demandes de pays alliés et empêcher la création de nouvelles terres où les terroristes qui attaquent l’Europe pourraient en toute impunité préparer des attentats contre nous.

N’oublions pas que l’attentat des tours jumelles, à New York, fut préparé à partir de la zone de non-droit que constituait l’Afghanistan.

Pour les Autorités françaises, participer aux combats en Syrie ou au Mali, ce n’est pas seulement défendre nos intérêts économiques ou notre sécurité, c’est aussi indirectement protéger les membres de la Communauté qui en profitent en n’y participant pas, ou si peu.

Sur la proposition de la France, les instances européennes pourraient exclure une partie des dépenses militaires du calcul de l’équilibre budgétaire.

Une manière de ne plus sanctionner les pays qui contribuent à notre sécurité en Europe.

C’est une bonne initiative mais elle comporte un bémol.

Si nos instances européennes nous imposent un plafonnement du déficit budgétaire, ce n’est pas pour la beauté du geste, c’est parce que ce déficit mine l’avenir des générations futures qui devront rembourser les dettes que nous leur auront imposées.

Au risque que les seuls remboursements d’intérêts suffisent à assécher les finances publiques, au détriment de la croissance économique et du bien-être social.

Alors que l’Europe régente tout, ou presque, le domaine de la défense reste presque totalement le pouvoir régalien des Etats, augmentant les coûts de production en multipliant les modèles pour un même matériel et les coûts d’utilisation des matériels.

Sur ce dernier point, une première démarche, salutaire, se développe depuis plusieurs années, la mise en commun d’installations et de matériels pour l’entraînement des militaires à l’utilisation de certains équipements, aéronefs notamment.

Mais il s’agit d’accords inter-étatiques, conclus au coup par coup, et non d’une politique européenne, financée par un budget européen et donc réparti sur l’ensemble des participants à la communauté européenne.

 

Michel Rozenblum

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