Drôles de fréquentations. Pas de chèque en blanc pour Macron.

Drôles de fréquentations. Pas de chèque en blanc pour Macron.

Les débats animent autant les couloirs de la recomposition parlementaire que les rédactions des journaux et sites internet. 

Deux reproches fondamentaux sont faits à ce nouveau mouvement « En Marche! » et à son leader, le Président Emmanuel Macron : il aurait les défauts de ses qualités, à savoir que ne prônant pas de ligne idéologique précise et ferme, il serait en carence de réponses sur les principaux sujets identitaires et sécuritaires ayant animé la campagne.  Pire, ce mouvement serait « la porte ouverte à toutes les fenêtres » (pour paraphraser Gad El Maleh), en matière migratoire et d’entrisme des salafistes et Frères Musulmans dans la société française, par cette petite porte arrière de l’empathie manifestée en France, et consacrée par sa politique étrangère, envers la sacro-sainte cause Palestinienne. Pour nous en faire une idée précise, on sera particulièrement vigilant et attentif aux nominations qui tardent à plusieurs Ministères régaliens : les Affaires étrangères, à l’Intérieur, à la Justice, à la Défense. Des noms sont régulièrement avancés, dont ceux, dans le désordre, des signataires de l’Appel à saisir la main tendue du Président. Parmi eux, on trouve, entre autres, ceux de Christian Estrosi ou/et Nathalie Kosciusko-Morizet. Sans tirer de plans sur la comète, qu’en serait-il de ces doutes toujours légitimes sur « l’orientation », prétendûment pro-islam ou/et pro-palestinienne de l’ensemble de ce mouvement et du gouvernement qu’il en censé porter, si ces deux-là, parmi d’autres, creusaient leur sillon dans ces ministères? Il est encore trop tôt pour le dire.  Il y aura un second régime après les législatives, pourquoi pas avec un autre Premier Ministre de la « vraie » Droite. Il y a donc encore de la ressource avant de crier « au loup » (ou avec eux). On n’est pas obligé de désespérer Billancourt comme dirait Jean-Sol Mélenchon… 

©Marc Brzustowski, pour Jforum. 

Le 7 mai au soir, de nombreux journalistes et les principaux soutiens d’Emmanuel Macron ont célébré son élection comme un exploit, la marque de son audace, et un signal envoyé au monde. Le signal d’une France dont le nouveau Président, jeune et moderne, a cassé les codes et réuni le pays.

Sans lui dénier un talent certain, cet enthousiasme emprunte des raccourcis trompeurs. La campagne de François Fillon, torpillée par des rumeurs dont rien n’est encore prouvé et par une communication véritablement calamiteuse, lui a bénéficié au premier tour. Au second, l’abstention record, les votes blancs massifs et une peur réflexe d’être gouverné par un parti d’extrême-droite l’ont propulsé à l’Elysée.

S’il convient de lui reconnaître le tour de force d’avoir été élu Président de la République alors qu’il était inconnu il y a deux ans, il n’en reste pas moins que l’élection d’Emmanuel Macron n’est représentative de rien si ce n’est de l’absence de majorité présidentielle et de la perte de repères abyssale des Français. Ce sont en effet moins de 45% des inscrits qui l’ont élu au plus haut poste de l’Etat, et près de la moitié d’entre eux ont voté contre Marine Le Pen et non pour lui.

Emmanuel Macron est un Président par défaut, heureux bénéficiaire d’un front républicain en fin de vie.

Mais ne soyons pas dupes, Marine Le Pen et son entourage ne sont pas les seuls périls auxquels la France pouvait être confrontée. On retrouve en effet dans le biotope d’En Marche ! des individus qui fleurtent, de plus ou moins près, avec les Frères Musulmans ou d’autres encore qui soutiennent activement le mouvement BDS. Et avec 50% des investitures puisées dans la société civile, il y a de quoi être inquiet.

Bariza Khiari, sénatrice PS, est l’une des délégués d’En Marche ! Elle a signé une tribune polémique dénonçant le terrorisme islamiste mais omettant d’en citer les victimes juives et une lettre de soutien au CCIF, au gala duquel on retrouve entre autres Rachid Abou Houdeyfa (l’imam radical de Brest), Houria Bouteldja (PIR) ou Tariq Ramadan (petit-fils d’Hassan Al-Bana, fondateur des Frères Musulmans, cette organisation islamiste, violemment antisémite, prônant l’application de la Charia et l’instauration d’un califat mondial par le djihad armé).

Christian Gérin, investi en Charente Maritime, demandait récemment la séparation du Crif et de l’Etat, soutenait le mouvement BDS, partageait des messages sur le « nazisme israélien », comparait Netanyahou à Goering et Rabin à Khadafi. Rien que ça. Depuis ces révélations, son investiture aurait été suspendue. Pas retirée ?

William Tchamaha, investi en Seine-Maritime, relaye lui aussi des appels au boycott des produits israéliens et se demande si les Juifs qui font leur alyah ne devraient pas perdre leur nationalité française.

Haouaria Hadj-Chikh, investie à Marseille, aurait été exclue en raison de son passé guériniste. On aurait pu croire que c’était en raison de son soutien à la libération de George Ibrahim Abdallah, de sa connivence avec le PIR et le BDS, ou parce que tout en dénonçant « les actes terroristes », elle considère « que Charlie est responsable de ses actes. Combien de unes ont-ils fait sur le Prophète ? C’était de l’acharnement. Les musulmans l’ont mal vécu ».

Aussi inquiétant, les cas de Richard Ferrand et de Christophe Castaner. Le premier, député PS du Finistère et secrétaire général d’En Marche, a financé l’AFPS* sur sa réserve parlementaire en 2016. Le second, député des Alpes de Haute Provence et porte-parole de la République En Marche !, a participé à une journée AFPS de soutien aux prisonniers palestiniens (notamment Salah Hamouri, membre du FPLP) et au collectif BDS. Or, l’AFPS mêle boycott actif des produits israéliens et soutien aux organisations Hamas (mouvement terroriste palestinien et émanation des Frères musulmans) et FPLP (fondé par le terroriste Georges Habache) dont elle demande qu’elles soient retirées de la liste des organisations terroristes de l’Union Européenne.

Contrairement à l’explication donnée par R. Ferrand, ce n’est pas à une école palestinienne que sa réserve parlementaire était destinée mais bien aux frais de fonctionnement de l’association. C’est également à la demande de cette dernière qu’il interpelle le ministre des affaires étrangères en octobre 2016 pour dénoncer le blocus israélien de Gaza sans pour autant évoquer le blocus égyptien, autrement plus strict. Coutumiers du genre, les députés Ferrand et Castaner avaient déjà sollicité de Mme Taubira, alors Garde des Sceaux, la dépénalisation du boycott des produits israéliens et l’abrogation de la circulaire Alliot-Marie.

Entre ses lieutenants, désormais ministres, et ses « marcheurs » potentiellement investis, on a de quoi s’inquiéter. Le renouvellement de la vie politique peut avoir du bon. Ça dépend avec qui.

*Association France-Palestine Solidarité

A propos de l’Auteur

Oudy Bloch

coolamnews.com

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