Dispositif exceptionnel de sécurité pour l’élection présidentielle en France

Dispositif exceptionnel de sécurité pour l’élection présidentielle en France

Des soldats devant la Tour Eiffel le 18 novembre 2015 à Paris dans le cadre du plan Vigipirate JOEL SAGET (AFP)
Plus de 50.000 policiers et gendarmes, appuyés par les militaires de l’opération Sentinelle, seront mobilisés pour assurer la sécurité de l’élection présidentielle, a annoncé le ministre de l’Intérieur Matthias Fekl dans une interview au Journal du Dimanche (JDD).

Outre le risque terroriste, les forces de l’ordre veilleront également aux éventuels « débordements venant d’extrémistes de tous bords » entre les deux tours de scrutin, qui se tiendront les 23 avril et 7 mai.

19 interpellations antiterroristes au mois de mars

« Aucune menace n’est écartée. Notre objectif est de permettre au suffrage universel de s’exprimer librement et sereinement », a déclaré le ministre.

La menace terroriste est « permanente et de haut niveau, comme en atteste la multiplication des actes à Londres (cinq morts et une cinquantaine de blessés le 22 mars, ndlr), Stockholm (quatre morts et quinze blessé le 7 avril, ndlr) et ailleurs », a-t-il rappelé, en affirmant que « 19 interpellations antiterroristes » ont eu lieu en mars en France, placée sous l’état d’urgence depuis les attentats djihadistes de novembre 2015 (130 morts et plus de 300 blessés).

Pour sécuriser les 67.000 lieux de vote, « plus de 50.000 policiers et gendarmes sont mobilisés. A quoi s’ajoutent les militaires de l’opération Sentinelle. J’ai adressé en ce sens une circulaire à l’ensemble des préfectures tant sur les mesures de prévention à prendre que sur les éventuelles interventions en cas de difficultés », a expliqué ministre de l’Intérieur.

Les ministres de l’Intérieur et du Logement, Matthias Fekl (D) et Emmanuelle Cosse, au chevet des migrants de Grande-Synthe après l’incendie du camp, le 11 avril 2017 PHILIPPE HUGUEN (AFP)

Face aux risques de mobilisation que pourraient susciter les résultats, comme la présence de Marine Le Pen pour le second tour, Matthias Fekl a affirmé que, « quel que soit le scénario, la République ne saurait tolérer des troubles à l’ordre public ».

« Il peut y avoir des débordements venant d’extrémistes de tous bords. Mais nous envisageons aussi de fortes mobilisations citoyennes et sincères dont il faudra assurer le bon déroulement », a-t-il expliqué.

Les principaux candidats à l’élection présidentielle sous menace

De plus, la sécurité des candidats à l’élection présidentielle pourrait faire l’objet de projets terroristes, selon les informations du JDD.

Les services de renseignements redoutent une action contre les candidats. L’hebdomadaire révèle que des notes ont été adressées cette semaine à certains directeurs de campagne, notamment ceux de François Fillon et Emmanuel Macron.

« Cela fait quelques jours que nous avons été informés d’une menace visant François Fillon. Nous avons même été avisés que des renforts de policiers seront mis en place lors de chaque meeting ou de chaque déplacement », a affirmé un proche de François Fillon au JDD dans son édition de dimanche.

Un duel entre F. Fillon et M. Le Pen au second tour de l’élection présidentielle reste le scénario le plus probable mais E. Macron pourrait se qualifier pour la finale sous certaines conditions.
AFP

L’hebdomadaire révélait déjà en décembre que Marine Le Pen, comme Florian Philippot, avaient recours au service de la protection (SDLP) un service de la Police nationale française chargé de missions de protection rapprochée et d’accompagnement de sécurité au profit des dirigeants ou anciens dirigeants de la République française.

Cette semaine, le rez-de-chaussée de l’immeuble accueillant le QG de campagne de Marine Le Pen à Paris a fait l’objet, dans la nuit de mercredi à jeudi, d’une tentative d’incendie sans gravité, et un tag faisant mention du FN a été retrouvé.

Le risque de piratage informatique

Pour éviter tout piratage informatique, « nous avons renforcé la sécurisation de la transmission des résultats », a assuré Matthias Fekl.

« Nous avons travaillé avec l’ANSSI (Agence nationale de sécurité des systèmes d’information) pour mettre en place un système fiable. Le 31 mars, ce système a pu être homologué. Tous les résultats seront centralisés au ministère de l’Intérieur, et authentifiés », a-t-il assuré, en rappelant que, pour les législatives (les 11 et 18 juin), le vote électronique des Français de l’étranger a été annulé « car les conditions de sécurité n’étaient pas réunies ».

(avec agence)

Source : I24 News

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