Torah

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Souccot ou fête des Cabanes est l’une des fêtes les plus joyeuses de la tradition juive; elle est d’ailleurs appelée Époque du Réjouissement dans la prière. La fête de Souccot débute le 15 du mois juif de Tishri (octobre) et dure sept jours, dont les deux premiers sont chômés. Elle est immédiatement suivie par la fête de Chemini Atseret.

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Elle rappelle : La protection particulière que l’Eternel accorda pendant quarante ans aux enfants d’Israël, depuis leur sortie d’Egypte jusqu’à l’arrivée en terre promise.

Les cabanes que construisirent les Hébreux dans le désert.
 Ces deux explications soulignent à la fois la protection générale qui s’exerce sur Israël, en tant que peuple témoin de la Révélation divine, et la valeur de chaque maison d’Israël au sens propre, comme au sens des différences approches identitaires.

Lors de leur traversée du désert, après la sortie d’Égypte, les Hébreux étaient protégés en permanence par D… sous la forme de colonnes de feu la nuit et de nuées le jour. Ils pouvaient et devaient s’en remettre entièrement à lui de façon sincère et confiante, ce qui était en fait la condition pour que Dieu leur fournisse cette protection tandis qu’ils étaient vulnérables.

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Dès lors, il a institué la fête de Souccot, Fête des Cabanes, qui est la proclamation de l’abandon de soi à Dieu par la reconnaissance que la vie terrestre n’est qu’un épisode de l’âme, et que les biens matériels ne sont accordés que par le Créateur.

Aussi, pendant les sept jours de la fête, la Torah prescrit d’habiter dans des cabanes construites de feuillages et de bois, en signe de confiance en Dieu et d’indifférence au confort matériel.

Toutefois la Halakha (loi) préconise de prendre les repas dans la Soucca, mais de n’y passer plus de temps que si le climat le permet, afin de ne pas dénaturer l’esprit de joie et de fête qui doit présider pendant cette semaine.

Pendant Souccot, à l’époque du Temple, on offrait 70 taureaux pour faire expiation des fautes des 70 traditionnelles nations de la terre. Une manière d’associer l’humanité au jour de Kippour d’Israël.

Les symboles de Souccot : la Soucca et le Loulav

Aussitôt après le Yom Kippour, toute la famille commence dans un esprit de réjouissance la construction de la Soucca, dans le jardin, sur le balcon ou dans tout autre lieu décent à ciel ouvert.

La Soucca doit être construite selon des règles et des proportions précises, et le toît en est l’élément le plus important. A défaut, une caravane sera utilisée. Il est de coutume de décorer la Soucca, en y accrochant des fruits par exemple et en l’arrangeant de manière à la considérer comme un lieu d’habitation.

Le deuxième point clé de la fête de Souccot est le Loulav, ou rituel des Quatre Espèces (arba minim) : le saule, la myrte, la palme de dattier et le cédrat.

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Il est ordonné de prendre en main ces quatre végétaux et de les utiliser pour se réjouir devant Dieu chaque jour de la fête (sauf le Shabbat), c’est-à-dire de les agiter dans les quatre directions et vers le haut et le bas, en symbole de l’omniprésence de Dieu. Les quatre espèces représentent les quatre caractères de l’ensemble des membres du Peuple d’Israël :

· le palmier, sans parfum mais aux fruits savoureux ;

· la myrte, odorante mais sans fruit ;

· le saule, sans odeur ni fruit ;

· le cédrat ou étrog, fruit savoureux au parfum délicieux,

où les fruits symbolisent l’étude de la Torah, dont le goût est dit comparable à celui du miel, et le parfum fait allusion à l’observance des mitzvot, dont l’odeur est agréable à l’Éternel (dixit la Thorah). Elle dit aussi de réunir ensemble ces quatre espèces dans un élan de solidarité et d’unité complète du peuple d’Israël pour déclarer son attachement à Dieu.

De plus, ces quatre espèces évoquent les membres du corps humain : le cédrat, étrog, rappelle le cœur lieu de l’intellect (pour la Bible, c’est le cœur, et non le cerveau, qui est le siège des pensées) afin de mettre l’intelligence au service du Créateur, qu’Il soit béni; la branche de palmier évoque la colonne vertébrale qui soutient l’homme, afin que l’homme tende toujours vers Son service, béni soit-Il ; le myrte ressemble aux yeux, pour signifier de ne pas s’égarer après les désirs de son regard au moment des festivités; quant au saule, il symbolise les lèvres, car par la bouche l’homme pose la touche finale à son action, d’où la nécessité de mettre une bride pour ne pas se laisser aller au moment de la joie.»

Quelques principes fondamentaux

On a l’obligation de manger dans la Soucca chaque fois qu’on prend un repas ou une collation constitué de céréales cuits (à l’exception des fruits et des boissons).

En accomplissant cette Mitsva, la personne doit réciter la bénédiction appropriée :  » leychev bassoucca  » :  » Bénis sois tu , Eternel roi de l’Univers qui nous a sanctifiés par ses commandements et nous a donné l’ordre de nous asseoir dans la Soucca « .

Chacun de nous a l’obligation de manger du pain dans la Soucca le premier soir de la fête. Il faut qu’il y ait au moins Kebetsa de pain ; environ 30 grammes. On doit aussi s’efforcer d’y étudier la Thora chaque jour et de dormir uniquement dans la Soucca même si on ne fait que somnoler.

LES EXCEPTIONS

La loi étant que  » la Soucca est comme notre propre maison « , il est des cas où on sera dispensé d’habiter dans la Soucca. Par exemple, une personne légèrement souffrante n’a pas besoin de dormir dans une Soucca. En effet, une telle personne n’aurait pas envie de rester dans sa propre maison si un endroit plus confortable lui était proposé. (O.H 640 :3, MB640 :6)

De la même manière, une personne incommodée par le froid ne doit pas dormir dans la Soucca. (Rama O.H 639 :2) On appliquera des mesures analogues aux autres inconforts tels que des insectes, une mauvaise odeur, bien qu’à priori il ne faille pas construire une Soucca dans un endroit où cela est susceptible d’arriver. (M.B 639 :31, O.H 640 :4)

La question qui se pose le plus fréquemment est : que faire s’il pleut pendant Souccot ?

Tant que la personne n’aurait pas quitté son propre domicile si la pluie y pénétrait, elle ne quittera pas non plus sa Soucca (Rama O.H 639 :5)

Toutefois la pluie, quelle qu’en soit la quantité, dispense de la Mitsva de dormir dans la Soucca car même un léger écoulement d’eau agace celui qui cherche à se reposer. A ce propos, une personne qui est à priori dispensée par la Hala’ha de rester dans la Soucca et y reste malgré tout n’accomplit aucune Mitsva et ne reçoit par conséquent aucune récompense. Elle est plutôt considéré comme un sot (Rama O.H 639 :7)
Les prières

KIDDOUCH du 1er soir de SOUCCOT

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Ele moade Ado-naï mikrae kodech acher tikreou otame bemoadame.
Savri maranane.

Baroukh Ata Ado-naï elo-hénou melekh haolam bore peri haguefen.
Baroukh Ata Ado-naï elo-hénou melekh haolam acher ba’har banou mikol am veromemanou mikol lachone vekidechanou bemitsvotav. vatitene lanou Ado-naï elo-hénou moadime lesim’ha ‘haguime lessassone ett hag hassouccot haze veete yom tov mikra kodech haze zmane sim’hatenou mikra kodech zekher litsiat mitsraim, ki vanou ba’harta veotanou kidachta mikol aamim, oumoade kodchekha besim’ha ouvessassone hin’haltanou.
Baroukh Ata Ado-naï mekadech israel vehazemanime.

(si on mange dans la souccah, on dira : Baroukh Ata Ado-naï elo-hénou melekh haolam acher kidechanou bemitvotav vetsivanou lechev bassouccah.)

Baroukh Ata Ado-naï elo-hénou melekh haolam chee’heyanou vekiyemanou vehiguianou lizmane hazé.

Nétilat yadaïm :

on se lave les mains en se versant trois fois de l’eau sur toute la main droite, puis trois fois sur toute la gauche. on dit la bénédiction avant de les essuyer.

Baroukh Ata Ado-naï élo-hénou mélèkh haolam achèr kidéchanou bémitsvotav vétsivanou al nétilat yadaïm.
motsi :

le chef de famille dit la bénédiction avant de couper le pain et le distribue à l’assistance. chaque personne présente répond amen. on trempe le pain dans le miel avant de le manger.
Baroukh Ata Ado-naï élo-hénou mélèkh haolam hamotsi lé’hèm min haarèts.

Souccah :

Pendant les sept jours de la fête, on se doit de ne prendre ses repas que dans la souccah. Si l’on consomme plus de 30g de pain ou de gâteau, on dira avant de s’y asseoir la bénédiction :
Baroukh Ata Ado-naï élo-hénou mélèkh haolam achèr kidéchanou bémitsvotav vétsivanou lechève bassouccah.

Loulav : Pendant toute la semaine de Souccot, sauf Chabbat, chaque homme, femme et enfant s’efforcera d’accomplir cette Mitsvah exceptionnelle. On doit chaque jour agiter les « quatre espèces » ensemble durant la journée. On récite la bénédiction suivante. La première fois on dira également la prière de Chéhé’héyanou.
Bénédictions du Loulav : Baroukh Ata Ado-naï élo-hénou mélèkh haolam achèr kidéchanou bémitsvotav vétsivanou al netilat loulav.Baroukh Ata Ado-naï élo-hénou mélèkh haolam chéhé’héyanou vékiyémanou véhiguianou lizmane hazé.

Sim’hat Torah

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Sim’hat Torah est l’aboutissement d’un mois qui a enrichi toutes les dimensions de notre être. Nous nous sommes tenus dans la crainte, devant le Roi de l’univers et nous avons accepté Sa souveraineté. Nous avons reçu Son pardon et nous avons été purifiés par l’effet de Sa miséricorde. Nous avons alors éprouvé la joie de l’union avec la Divinité dans l’accomplissement de Ses Commandements.

Maintenant, c’est avec Sa Torah que nous nous réjouissons. Il est dit que la Torah elle-même se réjouit lorsque nous prenons dans nos bras les rouleaux sacrés et qu’avec eux nous dansons, l’érudit comme l’ignorant, ensemble, sans distinction aucune. Et pendant la danse, les rouleaux demeurent dans leur enveloppe de tissu traditionnelle. Car le temps alors n’est pas à l’étude.

La joie de Sim’hat Torah est bien au-delà de celle que nous pourrions retirer d’une compréhension intellectuelle. Ici encore, nous éprouvons le niveau sublime qu’atteint notre âme juive lorsque, réunis tous ensemble, nous ne faisons qu’un.

Le 7ème jour de Souccot est Hoshana Raba. 
Le lendemain le peuple juif célèbre la fête de Shmini Atseret.
Shmini Atseret et Simha Thora ont lieu le même jour en Israel, mais en diaspora elles sont l’une après l’autre. Shmini atseret est le 8ème jour de clôture.

QUELQUES LOIS :

Chemini Atsérèt (hors d’Israel), nous prenons encore nos repas dans la Souccah, mais sans prononcer la bénédiction « Léchèv Bassoucah ».

Sim’hat Torah, nous ne mangeons plus dans la Souccah mais dans nos maisons.

Le soir de Sim’hat Torah, nous accomplissons sept tours de la synagogue en dansant et chantant autour de la Bimah (table) avec les rouleaux de la Torah.

Le matin de Sim’hat Torah, on achève la lecture du cycle annuel de la Torah. Alors, immédiatement, est lue la première section, Béréchit, qui inaugure le cycle de la nouvelle année. Ainsi, demeurons-nous attachés de tout notre être à l’infinie sagesse de la Torah de D.ieu, la force éternelle qui nous porte depuis plus des milliers d’années.

source : Rav Yehoshua Ra’hamim Dufour, Wikimédia, Site du Consistoire de Paris, Ministère des Affaires Etrangères d’Israel.

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2016Les quatre espèces (hébreu : ארבעת המינים, arba’at haminim) communément appelé loulav sont l’une des prescriptions majeures et caractéristiques de la fête biblique de Souccot. Elles doivent, selon la tradition juive rabbinique, être rassemblées en faisceau, portées (hébreu : נטילת לולב netilat loulav) et balancées lors de la récitation du Hallel et des hoshaanot au cours des sept jours de la fête.

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Les quatre espèces dans les sources juives

Dans la Bible

Il est prescrit, dans le Lévitique, de prendre « le premier jour, du fruit de l’etz hadar, des palmes de dattier, des rameaux de l’etz ’avot et des saules de fleuve, et de se réjouir devant YWHW votre Dieu, pendant sept jours (1). » La Torah et les livres prophétiques n’élaborent pas davantage sur cette prescription mais, lors du retour à Sion, les notables prescrivent au peuple, après avoir entendu la lecture publique de la Torah, de «  rapporter de la montagne »des feuilles d’olivier, des feuilles de l’arbre qui donne de l’huile, des feuilles de myrte, des feuilles de palmier, des feuilles d’arbres touffus, faire des soukkot (huttes), comme il est écrit (2) ».

Dans la littérature des Sages

La Mishna identifie ces quatre espèces au loulav (palme de dattier), à l’hadass (branche de myrte), à l’arava (branche de saule) et à l’etrog (cédrat). Leur définition, vraisemblablement conventionnelle (3), se veut néanmoins basée sur les caractéristiques décrites dans la Bible (4).

Leur prescription consiste, selon les rabbins, à unir un ou plusieurs exemplaires de chaque espèce en un faisceau (agouda) attaché par un kesher gamour (« nœud complet », c’est-à-dire au moins deux nœuds), à apporter ce faisceau au mont du Temple et à l’y balancer dans toutes les directions (nord, sud, est, ouest, haut et bas) pendant les sept jours de la fête (un seul jour en province). Le beit din (tribunal rabbinique), constatant que beaucoup se frappent mutuellement en le faisant, ordonne de réaliser les balancements (naanouïm ou ni’nouïm) chez soi (c’est-à-dire dans sa soukka) (5).
Bien que la prescription et sa bénédiction se rapportent aux quatre espèces, elles ne se réfèrent qu’au loulav qui est l’espèce la plus grande du faisceau (6).

La tradition s’accorde pour conférer à ce rituel une charge hautement symbolique depuis ses fondements : les quatre espèces ont toutes un rapport plus ou moins évident avec l’eau (7), thème majeur de la fête (8). Leur agouda peut, selon le Midrash, représenter :

– l’union (agouda) de tous les attributs en Dieu (9),

– les patriarches (Abraham, Isaac, Jacob et Joseph) ou les matriarches (Sarah, Rebecca, Léa et Rachel) (10)

– les rangs des dirigeants de la génération (l’etrog représente le grand Sanhédrin, le loulav les disciples des Sages, l’hadass les trois rangées des disciples qui se tiennent devant eux et la arava les scribes des juges) (11),

– l’union de tous les Juifs, quel que soit leur degré d’attachement à Dieu (l’etrog, ayant bon goût et bonne odeur, représente l’individu versé dans l’étude de la Torah et les bonnes œuvres tandis que l’arava représente celui qui est dépourvu de l’une comme des autres, hadass et loulav correspondant à des types intermédiaires) (12),

– l’union des organes du corps (l’etrog est le cœur, le loulav la colonne vertébrale, l’hadass l’œil et l’arava la bouche) (13), etc.

Quant aux naanouïm, selon Rabbi Yohanan (qui élabore sur l’enseignement « on apporte et on donne, on élève et on descend (14) »), ils sont effectués pour présenter les quatre espèces à Celui auquel appartiennent les quatre vents, les cieux et la terre ; selon une autre opinion rapportée au nom de son disciple Rabbi Yosse ben Hanina, ils conjurent les vents mauvais et les mauvaises rosées (6) et selon Rav Aha bar Yaakov, ils ont pour but de lutter contre le satan (15). Le Midrash suggère lui aussi que loulav et etrog symbolisent la victoire d’Israël sur les nations lors du jugement que celles-ci lui ont intenté à l’occasion de la nouvelle année (16) .

Après la chute du Temple, Rabban Yohanan ben Zakkaï décrète que la cérémonie doit être réalisée tous les jours en tout lieu, en souvenir du Temple (17).

Dans la littérature médiévale

C’est au Moyen Âge que ces ordonnances prennent leur forme définitive, les décisions du Talmud de Babylone l’emportant sur ceux du Talmud de Jérusalem. Sur la question du port du loulav à chabbat, notamment, bien que la Mishna l’autorise, les docteurs babyloniens l’interdisent (18). Les deux pratiques coexistent encore à la fin de l’ère des gueonim (19) mais l’usage des Juifs de Galilée, expressément récusé par Moïse Maïmonide (20), n’apparaît plus dans les codes ultérieurs (21).

Diverses exégèses continuent par ailleurs à être apportées au choix des quatre espèces : Saadia Gaon suggère dans ses hoshaanot que les quatre espèces servent de propitiatoire pour les fautes commises par les organes qu’ils représentent selon le Midrash (l’etrog pour les balbutiements du cœur, le loulav pour l’échine qui se tient orgueilleusement droite, le hadass pour les yeux indiscrets et l’arava pour la bouche malveillante) (22), Moïse Maïmonide estime qu’ils représentent les étapes de l’entrée des Israélites en terre d’Israël (23), etc.
 Le Zohar fait quant à lui fond sur le Midrash pour doter le rite de nouvelles significations et coutumes. Ainsi, les trois branches de hadass, les deux branches d’arava, le loulav et l’etrog représentent respectivement les trois patriarches, Moïse et Aaron, Joseph et David, les sept invités de Souccot qui symbolisent eux-mêmes les sefirot de hessed, gvoura, tiferet, netza’h, hod, yessod et malkhout (24). Cette exégèse s’exprime sur de nombreux modes, dont les ordonnances nouvelles d’Isaac Louria et le piyyout Soucca veloulav de Moshe Adahan, devenu un chant traditionnel de Souccot dans les communautés juives d’Afrique du Nord et d’Orient (25).

Observance de la prescription dans le judaïsme rabbinique

Les espèces devant obéir à des impératifs de qualité, il est d’usage de les faire vérifier par un expert ; il est en outre recommandé d’« embellir la prescription » (hiddour mitzva) en achetant les espèces de la meilleure qualité possible (26).

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Constitution du faisceau

Une branche de loulav, deux branches d’arava et trois de hadass doivent être assemblés pour former le bouquet du loulav (loulav agoud), dans le sens de leur croissance. Les ashkénazes disposent les aravot à gauche du loulav et les hadassim à droite (que l’on soit droitier ou gaucher (27)), tandis que certains séfarades et hassidim les disposent de part et d’autre (une branche à droite, une branche à gauche et, pour le hadass, une branche au centre), selon l’usage d’Isaac Louria. Souvent liées par un lacis en feuilles de palme, les branches doivent être au même niveau en bas ; en haut, les hadassim dépassent légèrement les aravot et le loulav les domine d’au moins une palme. Tous doivent être attachés par deux, trois ou dix-huit nœuds (selon l’usage), également en feuilles de palme. La branche de loulav doit être laissée libre sur au moins une paume de longueur afin de pouvoir être remuée lors des naanouïm (28).

Port et balancement du loulav

La prescription de la netilat loulav peut être réalisée tous les jours hormis le chabbat (29), de l’aube jusqu’au coucher du soleil. Il est interdit de manger avant de s’en être acquitté mais on ne peut jeûner au delà de la mi-journée à yom tov et hol hamoëd (30). Pour la réaliser, le loulav doit être porté de la main droite et l’etrog de la main gauche (chez les ashkénazes mais non les séfarades, cet ordre est inversé pour les gauchers) (31). Ceux qui ont l’habitude de mettre les tefillin à hol hamoëd les retirent avant la netila (32).

Comme la bénédiction sur la prescription (« béni sois-Tu, Adonaï, notre Elohim, roi du monde qui nous a sanctifiés par ses prescriptions et nous a prescrits le port du loulav ») doit être réalisée avant la prescription proprement dite et que celle-ci est de tenir les quatre espèces dans le sens de leur croissance, les ashkénazes la récitent en tenant l’etrog dans le sens inverse c’est-à-dire le bouton vers le bas ; l’usage des séfarades et des hassidim est de ne pas le tenir du tout au cours de la bénédiction mais après. Le premier jour (ou le second si le premier à lieu à chabbat), on récite aussi la bénédiction shehehiyanou (33).

La prescription ne peut être accomplie lors du premier jour de la fête (et, en diaspora, lors du second) qu’avec un faisceau qui n’a pas été emprunté. Il est cependant possible de faire don à autrui d’un loulav agoud à titre temporaire et conditionnel ou d’en acheter un en partenariat avec autrui (ce fut, historiquement, souvent la seule solution pour les communautés juives qui vivaient en Europe orientale voire en des endroits où les quatre espèces étaient relativement plus aisément accessibles) (34).

Après la ou les bénédictions, on joint l’etrog au loulav (dans le sens de leur croissance) et on les balance aux quatre vents (est, sud, ouest, nord) (Pour ceux qui suivent le Ari Zal c’est Sud Nord Est Haut-bas-Centre) Ouest , en haut et en bas. Cet ordre est le même lors du Hallel. Certains séfarades et hassidim, suivant l’usage d’Isaac Louria, le font selon un ordre différent (sud, nord, est, haut, bas, ouest).

En cas d’erreur sur un ou plusieurs de l’ensemble de ces points, on recommence le rituel sans bénédiction (33).

La prescription du port du loulav étant limitée dans le temps (car elle ne doit se faire que lors des sept jours de la fête de Souccot), elle ne s’applique techniquement qu’aux hommes et les femmes en sont dispensées. Beaucoup choisissent cependant de la réaliser, en récitant (selon l’opinion ashkénaze) ou non (selon l’opinion séfarade) les bénédictions (35).


Le premier jour de la fête, les enfants ne peuvent réaliser la netila qu’après les adultes, étant donné qu’ils « acquièrent mais ne peuvent faire acquérir (36). »

Les balancements lors du Hallel

Le loulav est balancé pendant le Hallel, lors de hodou (« hodou ladonaï ki tov ki lèolam ’hasdo »), verset d’ouverture et de conclusion du psaume 128 (37), répété deux fois, yomar na (« yomar na Israël ki lèolam ‘hasdo (38)») et ana (« ana Adonaï hoshia na (39) »).

Selon la tradition ashkénaze :

le verset hodou comportant six mots (outre le nom divin), on balance le loulav dans une direction à chacun de ces mots : hodou – vers l’est (c’est-à-dire, dans la plupart des communautés, vers l’avant, les Juifs se dirigeant vers l’est pour prier), ki – vers le sud, tov – vers l’ouest, ki – vers le nord, lèolam – vers le haut, ’hasdo – vers le bas. Il en est de même pour le verset suivant, yomar na, qui contient six mots (et pas de nom divin).
L’officiant n’agite son loulav que lorsqu’il récite hodou et yomar na tandis que l’assemblée le secoue également lorsqu’elle répète ces versets.

le verset ana ne comprenant que trois mots (outre le nom divin), le balancement s’effectue dans deux directions par mot : ana – vers l’est et le sud, hoshia – vers l’ouest et le nord, na – vers le haut et le bas.

le verset hodou de conclusion étant identique au premier, on procède de même.

L’usage séfarade ne comporte que cinq balancements, tant pour l’officiant que pour l’assemblée : le premier lors du premier hodou, deux balancements lors de la récitation d’ana et de sa répétition et deux lors du hodou final. Selon Isaac Louria, il n’y a qu’un balancement lors du hodou final et quatre naanouïm en tout.
Ce dernier prescrit à l’orant de se tourner dans la direction des balancements. Selon les autres, on ne se tourne pas. Les ashkénazes secouent doucement le loulav lors des naanouïm, les séfarades et les hassidim ne le font pas (40).

Les processions autour de l’autel

Les quatre espèces sont également utilisées pour les hoshaanot, processions autour de l’autel ou, de nos jours, de l’estrade de lecture. Les hoshaanot ont également pour but d’obtenir les pluies abondantes mais leur nature est davantage propitiatoire (41). Bien qu’elles n’y jouent qu’un rôle secondaire par rapport aux aravot, reposant sur les côtés de l’autel au temps des Temples et battues au septième jour de Souccot jusqu’à nos jours, les quatre espèces sont nécessaires pour la réalisation des processions : seuls ceux qui en sont pourvus peuvent et doivent procéder (42).

La netilat loulav ne pouvant être réalisée le chabbat, il existe diverses coutumes concernant les hoshaanot en ce jour (43).

Observance de la prescription dans les traditions non-rabbiniques

Dans le karaïsme

Les Karaïtes, adeptes d’un courant du judaïsme n’acceptant que la Bible hébraïque comme divinement inspirée et rejetant la Torah orale des rabbins, basent leurs interprétations des quatre espèces sur le verset de Néhémie (2). Ils en déduisent d’une part que les quatre espèces ne sont pas celles définies par les rabbins et qu’elles n’ont d’autre but que de servir de matériau de construction à la soukka. Concernant l’identification des quatre espèces, il s’agit plutôt de quatre catégories : des feuilles pouvant fournir un bon ombrage, toute sorte de palmier, toute sorte d’arbre fruitier, tout type d’arbre poussant sur les rives des wadis (44, 45).

Dans le samaritanisme

Les Samaritains, adeptes d’un mosaïsme concurrent au judaïsme qui ne reconnaît que leur version du Pentateuque et du Livre de Josué comme canoniques, interprètent la prescription des quatre espèces de façon plus ou moins similaire. Toutefois, les quatre espèces (cédrat, branche de palmier, branches d’arbres touffus et une plante croissant près des berges, souvent remplacée par des poivrons rouges) ne servent qu’à construire le skakh (toit de la soukka), leur soukka ne comportant pas de parois latérales. Ils arrangent ces fruits selon des motifs géométriques élaborés et les consomment au sortir de la fête (46).

Dans la tradition des Beta Israël

Les Beta Israël d’Ethiopie sont les dépositaires d’un judaïsme pré-rabbinique principalement basé sur la Bible, en voie de disparition depuis leur émigration massive en Israël et leur adoption du judaïsme orthodoxe.

Bien que leur calendrier comptât la Ba’ala Massalat (« la fête de l’ombre ») (47), fêtée du 15 au 20e jour du septième mois, ils ignoraient totalement la prescription de la soukka ainsi que celle des quatre espèces (48).

Les quatre espèces en Israël

ארבעת המינים

Si, historiquement, l’acquisition des quatre espèces et de l’etrog en particulier présentait un problème annuel pour de nombreuses communautés, y compris dans les pays comme le Maroc où ces espèces étaient relativement disponibles, l’établissement des Juifs en terre d’Israël a permis de les rendre nettement plus accessibles à tout public.
Au lendemain de Yom Kippour, des marchés des quatre espèces (hébreu : שוק ארבעה מינים shouk arbaa minim) font leur apparition en divers endroits du pays (Tel Aviv, Bnei Brak, Jérusalem, Haïfa, …), souvent en périphérie de shoukim préexistants, proposant une gamme étendue de produits en plusieurs variétés et sur plusieurs échelles de qualité. Ces marchés, où les clients s’attardent souvent à vérifier la qualité de leurs achats et les sceaux de garantie, sont également fréquentés pour l’atmosphère qui s’en dégage ’49).

Voici quelques règles de base concernant les quatre espèces :
Etrog ou cédra

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– On le choisira plutôt jaunissant que vert

– La peau ne doit être abîmée en aucun endroit et il ne faut pas qu’il manque le moindre morceau de peau

– La peau ne doit pas être trop souple, craquelée ou sèche

– Le plus petit point noir sur la partie supérieure le rend inapte

– Sa forme doit plutôt ressembler à une tour : large en bas et étroit au sommet

– Si cet Ethrog a poussé avec une protubérance (appelée le Pitom) on ne la retire pas

Haddas ou branche de myrte

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– On a besoin de trois branches de myrte

– Pour que le myrte soit Cacher il faut que de chaque tige sortent trois feuilles sur une seule ligne à la même hauteur.
Ce modèle de trois feuilles doit se répéter au moins sur la moitié de la longueur de la tige.

– Chaque tige doit mesurer au moins 29 cm.

– La tige ne doit pas être desséchée

Arava ou branches de Saule

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– On a besoin de deux branches de saule

– La tige doit de préférence être rougeatre

– La tige doit mesurer au moins 29 cm

– Les feuilles doivent être allongées et non arrondies

– Le bord des feuilles doit être lisse et non dentelé

Loulav ou branche de palmier

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– Regarder le haut de la branche et s’assurer que la tige centrale n’est pas fendue, mais fermée

– Le sommet de la branche ne doit pas être coupé

– Le Loulav ne doit pas être desséché

– Il doit mesurer au moins 39 cm

– Plus droite est la branche, mieux c’est.

 

HAG SAMEAH

JForum et Wikipédia

Notes et références

1; Lévitique 23:40

2. a et b Néhémie 8:15

3. Cf. Vayikra Rabba 30:15

4. Cf. T.J. Soukka 3:5 (53d), T.B. Soukka 32b & 33b-34a

5. Mishna Soukka chap. 3

6. a et b T.B. Soukka 37b

7. T.J. Taanit 1a

8. Mishna Roch Hachana 1:2, cf. Zacharie 14:16-19

9. Vayikra Rabba 30:9

10. ibid. 30:10

11. ibid. 30:11

12. ibid. 30:12

13. ibid. 30:14

14. Mishna Menahot 5:6 & T.B. Menahot 62a

15. T.B. Soukka 38a

16. Vayikra Rabba 30:2 & Midrash Tehillim sur Psaumes 17:5

17. Mishna Soukka chap. 4:4

18. T.B. Soukka 43a-44a

19. Cf. Sefer hahilouqim bein bnei mizrah oumaarav, n°51

20. Mishné Torah, Hilkhot shofar vesoukka veloulav 7:18

21. Cf. Choulhan Aroukh Orah Hayim 658:2

22. Siddour Rav Saadia Gaon , éd. Assaf, Davidson & Joel, p. 245  archive »>Article original sur HebrewBooks. Consulté le 15 octobre 2010

23. Maïmonide, Guide des Égarés, troisième partie, chapitre 43

24. Zohar, parashat Pinhas, 256a

25. Cf. (he) Présentation du piyyout Soucca veloulav  archive »>Article original sur Hazmana lèpiyyout

26. R’ Shlomo Ganzfried, Kitsour Choulhan Aroukh, chapitre 136, paragraphes 1 à 6 & 10 (136:1-6 & 10)

27. Mishna Beroura 651:12, citant le Pri Megadim
28. K.C.A. 136:8 & Yossef Daat ad loc.

29. K.C.A. 137:7

30. K.C.A. 137:5

31. K.C.A. 137:2 & Y.D. ad loc. ; cf. Choulhan Aroukh Orah Hayim 651:3 & Rem »a ad loc.

32. K.C.A. 137:2 & Y.D. ad loc.

33. a et b K.C.A. 137:1 & Y.D. ad loc.

34. K.C.A. 137:8-9

35. Cf. K.C.A. 129:9, 135:15 & Y.D. ad loc.

36. K.C.A. 137:10

37. Psaumes 128:1 & 29

38. ibid. 128:2

39. ibid. 128:25

40. K.C.A. 137:4 & Y.D. ad loc.

41. Cf. Présentation de la fête de Souccot  archive »>Article original. Consulté le 15 octobre 2010

42. K.C.A. 137:11 & Y.D. ad loc.

43. cf. K.C.A. 137:12 & Y.D. ad loc.

44. Nehemia Gordon, « Hag Ha-Sukkot  archive »>Article original » sur Karaite Korner. Consulté le 15/10/2010

45. Gil Shefler, « Karaite Jews prepare for Succot with a lemon twist  archive »>Article original ». Consulté le 15/10/2010

46. Educational guide  archive »>Article original sur The-Samaritans.com

47. Cf. Soukkot in Dictionnaire encyclopédique du judaïsme, S.-A. Goldberg (éd.), éd. Cerf/Robert Laffont, Paris, 1996, p. 965

48. S. Saltzman, « The status of Ethiopian Jews  archive »>Article original », 1986. Consulté le 15 octobre 2010, p. 282

49. Pursuing beauty at Jerusalem’s Four Species Market  archive »>Article original sur GoJerusalem

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La sainteté du corps

Pour ma bar-mitzwah, j’ai reçu en cadeau le livre de prière de la fête de kippour (ashkénaze), avec traduction en français. La personne qui me fit ce présent avait eu une louable initiative. En effet, pour quelqu’un qui ne comprend pas l’hébreu (c’était mon cas à l’époque), être à même de suivre et de comprendre ce qui se passe à la synagogue ce jour saint entre tous est très important. Les décisionnaires ont même précisé que la confession (vidouï), que nous disons au total 26 fois au cours de ces 25 heures de kippour, doit être prononcée dans une langue que l’on comprend. Si le jour de kippour est un dialogue entre l’individu et Dieu, comment établir une conversation véritable si l’on ânonne des textes qui restent obscurs ?

Assez rapidement, je me suis aperçu que le seul passage des cinq prières qui n’était pas traduit était celui de la lecture de la Torah de l’office de l’après-midi (minha). Voilà qui semble assez étrange. Le principe de la lecture publique de la Torah consiste à faire connaître le contenu de la loi d’Israël à tout à chacun. Pourquoi donc priver les « ignorants » dont je faisais partie d’une découverte d’un passage de la parole divine ? Il se trouve que l’extrait qui est lu concerne les interdits sexuels (Lévitique, chapitre 18 dans son intégralité). Les responsables de l’édition française ont donc considéré qu’il y avait quelque chose de gênant, voir d’honteux, dans ce passage, et ils ont préféré le censurer afin de ne pas choquer les âmes innocentes !

Ce fait n’est pas isolé dans le Judaïsme d’aujourd’hui. Souvent, le sujet de la sexualité est escamoté, camouflé, parfois dans les milieux les plus pieux. Prenons un autre exemple francophone : dans la traduction de Rashi par le rabbinat, certains commentaires « sexuels » du maître du moyen-âge ont été purement et simplement « oubliés ». Mais si ce sujet est scabreux, voire honteux, pourquoi occupe-t-il une place centrale dans la liturgie du jour de Kippour ?

Abordons la réponse à travers un texte très intéressant du Maharal de Prague, dans son livre fameux « le puits de l’exil ». Rapportant un texte du Talmud parlant des relations sexuels des maîtres d’Israël, il écrit : « Beaucoup de philosophes, parmi ceux qui, à partir de leur seule intelligence poursuivent des investigations au sujet des créatures, soutiennent que tout ce qui touche aux relations entre les sexes est une chose honteuse et dégradante pour l’homme ; ils en viennent à conclure, avec une belle unanimité, que l’instinct sexuel est, pour nous, une chose honteuse.

C’est cette opinion que les Sages ont voulu réfuter, car elle est inconcevable pour la raison ; il est inconcevable que ce fondement de tout ce qui assure la perpétuation du monde, par le moyen de la reproduction, ait pour base un fait ignominieux. Plus encore, il ne serait pas digne de la Gloire de Dieu que ce qui est la base du monde fût fondé sur un instinct qui serait une honte ; car lorsque la base est viciée, tout ce qui est fondé sur elle s’écroule. C’est pourquoi il faut réfuter une telle opinion. Car il n’y a, dans le fait de l’union de l’homme avec son épouse, aucun aspect dégradant » (cinquième puits, traduction d’Edouard Gourévitch).

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Le Maharal, et avant lui tout une série de maîtres de la tradition juive, considérerait sans doute que nous vivons une période étrange. Tandis que la sexualité est devenue objet de consommation et d’abandon des principes moraux les plus élémentaires, ceux qui devraient combattre ce phénomène d’inversion des valeurs refusent de se mesurer avec le sujet, ou bien se contentent d’en parler par allusions discrètes comme s’il s’agissait là d’un sujet opposé aux principes du Judaïsme ! Mais la journée de kippour est justement là pour nous rappeler qu’il n’y a pas de sainteté de l’âme sans sainteté du corps. Nous nous abstenons de manger pour nous rappeler l’importance fondamentale de la nourriture, et que nous avons l’obligation de sanctifier notre manière de manger. De même, nous nous abstenons de relations intimes pendant kippour afin de nous rappeler l’importance positive de la sexualité dans la vie humaine, mais que celle-ci doit être sanctifiée également, sans fausse honte d’un côté, et, de l’autre, sans oubli des frontières qui séparent vie saine de la dépravation.

NDLR – L’attitude de l’homme qui respecte les règles relatives à la sexualité marque la différence entre l’animalité la plus bestiale et la spiritualité dans ce qu’il y a de plus intime en l’homme à savoir sa sexualité.

Cette relation n’est pas une relation avec un objet sexuel, mais avec sa propre « moitié » avec soi-même en quelque sorte. Aussi cette relation codifiée ne peut avoir lieu en dehors de ce cadre, et si la Torah ne l’avait pas inscrite comme base fondamentale, il n’est pas certain que l’homme aurait pris conscience par lui-même de cette exigence.

Dès lors, le jour du Kippour, jour qui nous renvoie à nous-mêmes, à notre spiritualité, et à notre intimité, nous renvoie aussi de facto à notre sexualité et nous met en garde dans l’intérêt de notre société contre les travers d’un comportement source de désordre social, conséquence inéluctable d’un désordre moral et spirituel. Ces injonctions nous mettent en garde le jour de Kippour, jour de notre introspection en vue de notre rédemption, pour nous conduire à la préservation de notre intégrité morale et spirituelle.

Il n’est plus la question simplement de nos rapports avec Dieu, ou avec quelqu’un d’autre que nous, mais de notre rapport avec nous-mêmes et celui ou celle partage notre existence au sens plein du terme. Une relation partagée et non subie, un acte en définitive fusionnel, qui nécessite le respect de soi et de l’autre, base essentielle d’une société Humaine. ( Moshé COHEN SABBAN)

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Rabbin Alain Michel – Rabbin Massorti à Jérusalem et historien

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Yom Kippour (hébreu : יום הכיפורים Yom Hakippourim « le jour des propitiations »), également appelé le Jour du Grand Pardon, est une fête juive considérée comme la plus sainte de l’année juive.

Observé le dixième jour du mois de tishri, en terre d’Israël comme en diaspora, le jour représente la culmination d’une période pénitentielle de dix ou quarante jours selon qu’elle est inaugurée à Roch Hachana ou au mois d’eloul. Il a lieu, selon les années, en septembre ou en octobre dans le calendrier grégorien.

Outre un chômage et un jeûne complets, Yom Kippour est marqué par d’autres rites de mortification. Cinq offices de prière, de nombreuses compositions liturgiques, confessions et autres coutumes dont le jeûne de la parole viennent renforcer l’atmosphère austère et solennelle du jour.

L’envoi du bouc à Azazel (gravure de W.J. Webb) 

Dans le Livre de l’Exode, lorsque Moïse reçoit sur le mont Sinaï les instructions divines pour la construction du sanctuaire, un jour par an, « éminemment saint devant Dieu » est prévu pour la purification de l’autel de l’encens, situé derrière le voile dans le saint des saints. Aaron doit recouvrir les cornes de cet autel avec le sang des offrandes expiatoires de propitiation (’hatat hakippourim)1. Cependant Moïse doit redescendre en hâte car son peuple a, en son absence, érigé un veau d’or2.

Dans le Lévitique, lors de l’inauguration du Tabernacle, les deux fils aînés d’Aaron meurent faute d’avoir respecté les instructions concernant l’encens3. Après leur mort, Dieu prescrit un nouveau rituel de propitiation des fautes dans le sanctuaire, chargé de purifier non seulement le sanctuaire mais aussi le peuple. Il comporte, outre les offrandes, l’envoi dans le désert d’un bouc chargé de toutes les fautes d’Israël4. Ce rituel est fixé au « dixième jour du septième mois » et défini comme un shabbat shabbaton (« sabbat solennel »), jour annuel de chômage généralisé et de mortification des âmes pour toutes les générations5. Ces prescriptions, à observer du soir du neuvième jour au soir du dixième jour du mois, sont rappelées plus loin ; il est ajouté que quiconque n’observerait pas le chômage ou la mortification s’expose à être retranché du peuple6. C’est aussi à la fin de ce jour qu’il est prescrit de faire retentir dans tout le pays le son du chofar au terme de sept cycles de sept ans afin de marquer la cinquantième année du jubilé, où les habitants du pays recouvrent leur liberté et leurs biens7.

Peut-être est-ce ce jour, avec ses pratiques et ses offrandes8, qu’évoque Isaïe pour proclamer que Dieu demande avant tout des dispositions éthiques saines et traduites en actes9. Le prophète ne mentionne cependant pas Yom Kippour nommément et il n’apparaît plus dans la Bible de façon explicite. Ézéchiel indique bien recevoir des visions au commencement de l’année, le dix du mois (soit le dixième jour du septième mois selon l’exégèse rabbinique10) mais ne mentionne pas le jeûne ni le rite11 ; il prophétise d’autre part qu’après la reconstruction du Temple, deux jours seront consacrés à la purification du sanctuaire et à la propitiation des fautes au moyen du sang d’un taureau expiatoire mais ils ont lieu au premier et au septième jour du premier mois12. Yom Kippour ne coïncide pas non plus avec les jeûnes de Zacharie13 ni avec celui d’Ezra et Néhémie14 (bien que Roch Hachana et Souccot qui ont respectivement lieu avant et après Yom Kippour soient mentionnés15).

Ce silence prophétique a conduit à des spéculations diverses : l’une d’elles, basée sur la version grecque d’Ézéchiel (qui ne lit pas le « septième jour du premier mois » mais le « premier jour du septième mois16 ») et de l’apparente tendance de ce prophète à faire commencer le mois au dixième jour11, déduit que ces versets d’Ézéchiel constitueraient la première trace du jour des propitiations et que les versets apparaissant comme antérieurs dans la Bible auraient été ultérieurement rédigés17. La tradition rabbinique laisse entendre quant à elle, fût-ce allusivement, que ce culte aurait bien eu lieu à l’époque de l’arche de l’alliance18. Tous s’accordent cependant pour reconnaître à ce jour une importance centrale à l’époque du second Temple17.

Dans les livres de la période tannaïtique

Le Djebel Montar, lieu probable d’où l’on jetait le bouc à l’époque du Second Temple

L’importance et la centralité de Yom Kippour dans la vie juive à l’époque du Second Temple sont attestées dans les compilations des Tannaïm (docteurs de la Mishna), le Siracide, les écrits de Philon d’Alexandrie, le Livre des Jubilés et les Antiquités judaïques de Flavius Josèphe.

Les Tannaïm ont consacré à Yom Kippour un traité de la Mishna intitulé Yomale jour ») où le rite dans le sanctuaire occupe une place prépondérante. Tant la Mishna que Ben Sira soulignent la majesté splendide du jour et du Grand prêtre qui l’accomplit19,20. Cependant, le bouc émissaire n’est plus, comme dans la Bible, abandonné à son sort dans le désert mais jeté d’une falaise escarpée21 (Josèphe écrit cependant le contraire22). Les formules prononcées par le Grand prêtre lors des confessions19 ne se trouvent pas non plus dans la Bible, de même que sa prière pour le peuple après avoir allumé l’encens23 et sa lecture des passages de la Torah se rapportant au rituel (Lévitique 16 & 23:26-32, ainsi que Nombres 29:7-11, récité de mémoire)24. La destruction du second Temple et la cessation des offrandes qui en résulte n’entraînent pas la fin de Yom Kippour, le jour pouvant, par sa vertu propre, assurer la propitiation25,26. Cependant, le message des prophètes reçoit un fort retentissement à travers la Judée : une réflexion approfondie des Sages sur les rôles respectifs du jour, des offrandes et du bouc émissaire27 parvient à la conclusion (partagée par les auteurs du Livre des Jubilés28 et du Siracide29) que la teshouva (repentir) sincère et totale est un prérequis indispensable à la propitiation des fautes26,30, bien qu’elle soit, selon les Sages, insuffisante par elle-même pour permettre la propitiation des fautes au-delà d’une certaine gravité30. En outre, Yom Kippour ne recouvre les fautes commises envers autrui qu’après lui avoir donné satisfaction30.

En dépit de sa haute solennité, Yom Kippour semble avoir été considéré dans la tradition tannaïtique comme un jour joyeux. C’est en ce jour que Moïse serait redescendu du Sinaï avec les secondes Tables de la Loi, concrétisant ainsi la promesse faite par Dieu de pardonner à son peuple après le péché du veau d’or31. Un rabbin rapporte qu’en ce jour, ainsi que le 15 av, les jeunes filles célibataires se rendaient dans les vignes et y dansaient en rondes, attendant là leur futur mari32. Du point de vue légal, le sabbat des sabbats est assimilable en tout au chabbat, hormis le châtiment pour les transgressions volontaires (le karet divin pour Yom Kippour, la mise à mort par un tribunal rabbinique pour le chabbat)33. Par conséquent, lorsque la préservation d’une vie est en jeu, tous les statuts de Yom Kippour sont annulés34. De l’expression « c’est le sabbat des sabbats », les rabbins extraient cinq règles de mortification : l’abstention de nourriture, l’abstention de boisson, l’abstention de baignade, l’abstention d’onction, l’abstention de rapports sexuels35. Seuls les deux premiers et la réalisation d’une tâche interdite le chabbat rendent cependant passibles de karet36.

yom-kippour-jour-du-pardon

Présentant le judaïsme dans un monde hellénisé et soucieux d’en démontrer la légitimité face à la philosophie, Philon décrit le jour des propitiations comme un jour de prière, de supplications et de jeûne suivi par tous, y compris « ceux qui ne font rien de religieux le reste du temps » ; il semble le premier à émettre une doctrine qui fera fortune ultérieurement selon laquelle le jeûne, loin d’affliger l’homme, le libère des contingences matérielles et qu’en ce niveau de spiritualité supérieur réside la joie du jour37.

Ancien midrash rejeté par la tradition rabbinique, le Livre des Jubilés, suivi par les sectaires de la Mer Morte, considère Yom Kippour comme un jour de deuil au cours duquel l’on rachète la faute des enfants de Jacob qui causèrent à leur père un deuil profond en lui annonçant faussement la mort de Joseph et en présentant pour preuve sa tunique tachée du sang d’un agneau38. Le calendrier qu’il propose entraîne par ailleurs les sectaires de la Mer Morte à l’observer à une date différente du reste du monde juif39.

Observances

Observances générales

Yom Kippour est le jour de la repentance, considéré comme étant le jour le plus saint et le plus solennel de l’année juive. Son thème central est le pardon et la réconciliation.

Lévitique 16:30 : « Car en ce jour on fera l’expiation pour vous, afin de vous purifier : vous serez purifiés de tous vos péchés devant l’Éternel ».

Lévitique 16:31 : « Ce sera pour vous un shabbat shabbaton, et vous affligerez vos âmes. C’est une loi perpétuelle ».

Uu verset 16:31, les Sages ont déduit qu’il fallait respecter les interdictions du Shabbat (par exemple, ne pas travailler, ni allumer de feu, ne pas écrire ni toucher l’électricité). Quant à l’affliction des âmes, elle est réalisée selon la mishna Yoma 8:1, par l’interdiction de nourriture, de baignade, d’utilisation de cosmétiques, du port de la « sandale » (c’est-à-dire de semelles de cuir) et de l’intimité conjugale. L’abstention totale de nourriture et de boisson commence généralement une demi-heure avant le coucher de soleil (ce qui s’appelle « tossefet (ajout) Yom Kippour »), afin de limiter le risque de manger pendant la fête par inadvertance. Elle termine après le coucher du soleil de la nuit suivante. Bien que le jeûne soit obligatoire pour tout individu sain âgé de plus de 12 ans pour les femmes, 13 pour les hommes (bat ou bar mitsva), y compris les femmes enceintes, il est interdit, en vertu du pikkouah nefesh, de jeûner pour toute personne qui pourrait s’en porter mal, particulièrement les diabétiques et les personnes devant prendre des médicaments. Les femmes qui viennent d’accoucher dans les trois derniers jours sont également exemptées.

L’observance de Yom Kippour varie légèrement selon les communautés. Les Juifs séfarades l’appellent « le jeûne blanc », et se revêtiront de blanc, afin de symboliser leur désir « blanc » (pureté) de se libérer des péchés. Leur liturgie comporte des musiques assez joyeuses, surtout par rapport à leurs frères ashkénazes qui, tout en reconnaissant la joie originelle de ce jour, auront une attitude plus solennelle, accentuant la remémoration des disparus et des martyrs.

Observances dans le public laïc

 

La « Fête des Bicyclettes » en 2004 (Tel Aviv).

Yom Kippour est un jour si important qu’il est respecté par une vaste majorité de Juifs laïcs, quand bien même ils n’observent pas strictement les autres célébrations. Beaucoup assisteront à au moins un office synagogal, ce qui en double l’affluence, et a entraîné une habitude d’acheter sa place à la synagogue en ce jour de crainte de ne pouvoir en trouver. Plus encore jeûnent.

En Israël, la non-observance publique (comme manger ou conduire un véhicule motorisé) est tabou, au point que Yom Kippour y ait reçu le surnom de « Fête des Bicyclettes40 », vu le nombre d’enfants qui roulent librement dans les rues sans crainte des voitures. On dénombre toutefois beaucoup d’accidents de vélo (242 le jour de Yom Kippour 201041). Les programmes télévisés sont suspendus, il n’y a ni transport public, ni commerce (dans les régions juives), ni transport aérien.

La veille de Yom Kippour

Également appelé Erev Yom Kippour, le jour précédant le Yom Kippour est une partie intégrante de cette fête. Plus qu’un jour destiné aux préparatifs, c’est un moment où chacun doit pardonner son prochain, a fortiori manifester son amour, son amitié à tous, quels qu’ils soient. En bref, c’est une période qui, combinée avec le Yom Kippour, veut rectifier les habitudes de l’Homme42.

Il est de coutume de manger un grand repas festif, la seoudat hamafsèqet après la prière de minha précédant le jour de Kippour. On y consomme traditionnellement du couscous chez les Séfarades, des kreplach et du riz chez les Ashkénazes. Beaucoup ont également coutume de manger un autre repas riche en poisson avant celui-là.

Beaucoup de Juifs orthodoxes s’immergent également dans un mikveh.

Les kapparot (shlogn kapores en yiddish) sont une cérémonie traditionnelle, consistant à faire tourner un poulet vivant au-dessus de sa tête en récitant une formule traditionnelle43 : « Voici mon double, voici mon remplaçant, voici mon expiation. Puisse cette poule ou ce coq aller jusqu’à la mort pendant que je m’engagerai et continuerai une vie heureuse, longue et paisible44. » Autrefois populaire, elle fut abondamment critiquée vers les xve et xvie siècles, comme substitut médiocre des offrandes sacrificielles interdit au vu de l’absence de Temple fonctionnel, et n’est aujourd’hui pratiquée que par certaines franges des milieux religieux, principalement Hassidim. D’autres préfèrent remettre la contre-valeur d’un poulet à une œuvre charitable.

Offices de prière 

Les hommes (et, chez les Réformés, certaines femmes) se couvrent d’un tallit (châle de prière) pour les prières du soir, Yom Kippour étant le seul office vespéral où cette pratique est réalisée45 Beaucoup d’hommes mariés portent également un kittel, un vêtement blanc ressemblant quelque peu à un drap.

Les offices de prière commencent par celui de « Kol Nidre », spécifique à Yom Kippour, qui doit être récité avant le coucher du soleil, et se poursuit avec l’office du soir (ma’ariv ou arvith), qui comporte un service de Seli’hot (demandes de pardon) et de viddouï (« confession ») particulièrement étendu. Chaque Juif demande à Dieu de pardonner ses propres fautes et celles de la communauté, mais seulement celles commises à l’encontre de Dieu Lui-même. Les offenses commises à l’encontre du prochain (considérées comme plus graves que celles envers Dieu) doivent être individuellement réparées, de préférence avant Yom Kippour.

L’office du matin est précédé par des litanies et des seli’hot ; à Yom Kippour, de nombreuses seli’hot sont entrelacées avec la liturgie habituelle. L’office de Moussaf46 est, comme à Rosh Hashana, particulièrement enrichi de prières et piyyoutim. La Min’ha de Kippour est suivie d’un office également spécifique à Yom Kippour, la Neʿila (« fermeture » — des portes du ciel aux prières). Yom Kippour se termine par la récitation du Shema Israël, ou du Kaddish Titkabal (Kaddish complet), au cours duquel on sonne le shofar, qui marque la conclusion du jeûne. Les portes du Ciel se referment et plus aucune demande de pardon n’arrive à Dieu.

Les sections de la Torah spécifiquement lues en ce jour sont le chapitre 16 du Lévitique le matin, et le chapitre 18 (parashat guilouï arayot47) l’après-midi. Le Livre de Jonas est lu comme haftarah l’après-midi.

Selon le noussakh (la « version », ashkénaze, séfarade, etc.) des prières, certaines communautés prieront du matin au soir sans interruption, tandis que d’autres intercalent une courte pause.

Expiation

Pardon et viddouï (confession) 

D’après le Talmud (Rosh Hashana 16b), Dieu ouvre trois livres le 1er Tishri ; l’un est pour les totalement justes, le second pour les totalement méchants, le troisième pour les cas intermédiaires. Ceux-ci voient leur jugement en suspens jusqu’à Yom Kippour.

Selon Maïmonide (Yad, Hilkhot Teshouva 3:4), « tout dépend si les mérites de l’homme dépassent les démérites portés sur son compte », il est donc désirable de multiplier les bonnes actions avant le comput final au Jour de l’Expiation (que les Juifs de France appellent plus volontiers Jour du Pardon). Ceux qui sont jugés valables par Dieu entrent, selon la tradition, dans le Livre de la Vie, d’où la prière : « Fais-nous entrer dans le Livre de la Vie. » D’où également la salutation « Puisse cela terminer pour vous par une signature pour une bonne année » (« Gmar ‘Hatima Tova »), à l’origine du « bonne année ». Les lettres de vœux écrites entre Rosh Hashana et Yom Kippour se concluent souvent par ce souhait.

La confession du pénitent est un prérequis « sine qua non » pour l’expiation, qui se réalise sinon par des punitions et des afflictions. À Yom Kippour, chaque prière (qu’elle soit individuelle et silencieuse, ou collective et bruyante) inclut un viddouï. Il s’agit d’une confession standardisée, courte ou longue (laquelle est omise lors de l’office de la Neʿila). Toutes deux se déroulent selon l’ordre alphabétique, probablement afin de faciliter la mémorisation. À noter la confession pour le péché d’un « viddouï pè », une confession « de la bouche », qui ne va guère plus loin que celle-ci, et n’atteint en tout cas pas le cœur, en clair une confession peu sincère.

Réconciliation avec autrui 

« Yom HaKippourim absout des péchés envers Dieu, mais pas des péchés envers son prochain à moins que le pardon de l’offensé ne soit obtenu. »

Mishna Yoma 8:9

Pour cette raison, il est de coutume de résoudre les conflits et disputes au plus tard la veille du jeûne. Le processus commence lors de la période de dix jours entre Rosh Hashana et Yom Kippour. Les âmes des disparus sont comprises dans la communauté de ceux auxquels on pardonne à Yom Kippour.

Les enfants des défunts, outre la cérémonie de Yizkor incluse dans la liturgie de Yom Kippour, auront coutume de faire une mention publique dans la synagogue de leurs parents disparus, et de faire des dons charitables en faveur de leur âme.

Notes et références[modifier 

  1. Exode 30:1-10
  2. Exode 32:7-15
  3. Lévitique 10:1-3
  4. Lévitique 16:1-28
  5. Lévitique 16:29-34
  6. Lévitique 23:26-32
  7. Lévitique 25:9-10
  8. Nombres 29:7-11
  9. Isaïe 58:1-8
  10. T.B. Arakhin 12a
  11. a et b Ézéchiel 40:1
  12. Ézéchiel 45:18-20
  13. Zacharie 7:1-5
  14. Néhémie 9:1
  15. Néhémie chap. 8 & 9
  16. Version grecque d’Ézéchiel 45 et sa traduction en anglais [archive]
  17. a et b Jewish Encyclopedia 1906
  18. Mishna Yoma 5:1-2
  19. a et b Mishna Yoma 3:8, 4:2, 6:1 & 6:2
  20. Siracide 50:5-21
  21. Mishna Yoma 6:6
  22. Josèphe, « Antiquités judaïques, livre III, chap. 10, §3 » [archive]
  23. Mishna Yoma 5:1
  24. Mishna Yoma 7:1
  25. Sifra (éd. Weiss), parashat Aharei Mot, parasha 5, chap. 8, §1 (8:1)
  26. a et b Sifra, Emor, parasha 11, 14:1
  27. Mishna Shevouot 1:6
  28. Jubilés 5:17-18
  29. Siracide 34:26
  30. a, b et c Mishna Yoma 8:8-9
  31. Seder Olam Rabba (éd. Leiner), chap. 6
  32. Mishna Taanit 4:8, cf. Jewish Encyclopedia 1906
  33. Mishna Meguila 1:5
  34. Mishna Yoma 8:5-7
  35. Mishna Yoma 8:1 ; cf. Sifra Aharei Mot, parasha 5, 8:3 & Emor, parasha 11, 14:4
  36. Mishna Yoma 8:2-3 ; cf. Sifra Aharei Mot, parasha 5, 7:1-9
  37. Philon 1854, De Specialibus legibus (The Special Laws) I:186 & II:193-203
  38. Jubilés 1913 34:17-20
  39. Pesher Habacuc 11:4-8, cité in Encyclopedia Judaica 2008
  40. (en)Yom Kippur at AllExperts [archive].
  41. (en) « Yom Kippur: 3 drown, 93 faint due to fast », Ynet,18 septembre 2010 (lire en ligne [archive])
  42. http://www.divreinavon.com/pdf/ErevYomKippur.pdf [archive] Erev Yom Kippur – The purpose of the day as seen through Talmudic anecdotes (PDF)
  43. Michael Wex, Kvetch, Denoël, 2008 p. 91.
  44. Michael Wex, p. 92.
  45. Le tallit n’est normalement porté qu’au cours de la journée. Bien que cette pratique de Kippour ait fait l’objet de nombreuses interprétations plus ou moins récentes, la raison traditionnelle est qu’on porte le tallit afin d’honorer la Présence Divine, particulièrement présente en ce jour.
  46. Prière additionnelle, supplémentaire récitée le Chabbat et les jours de fête. Elle remplace le sacrifice supplémentaire qui était offert dans le Temple ces jours là. voir Lévitique 23 : 27 et Nombres 29,7.
  47. Ou guilouy arayot « dévoilement de la nudité » relatif aux relations sexuelles prohibées.

Bibliographie

Source : Wikipédia / JForum.fr

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Depuis la fin de Rosh ha Shana hier soir, après le coucher du soleil, les Juifs traditionalistes ou carrément pieux entrent dans une période cruciale, censée déterminer leur avenir au cours de l’année qui commence : la hiérarchie céleste a déjà décidé du sort de chacun. D’aucune vivront en bonne santé et dans l’aisance, d’autres seront moins bien lotis, hélas, et d’autres, enfin, seront condamnés. Mais le jugement divin n’est pas sans appel : là-haut fonctionne la meilleure cour d’appel, voire de cassation. Et les condamnés ont dix jours pour se racheter.  Comme le dit le chapitre XVIII du prophète d’Ézéchiel : Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais son retour, qu’il se détourne de ses mauvaises voies… et il vivra

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Il convient donc de mettre ces dix jours  à profit afin d’échapper à la rigueur implacable du jugement. Il y a de légères modifications liturgiques au sein desquelles l’accent est mis sur la crainte révérencielle que nous inspire le fonctionnement de cette Cour de justice suprême au-dessus de laquelle plus rien n’existe. Il faut dire que la notion même de pénitence occupe un rôle central dans la théologie juive. On parle de teshuva, de repentance, pour bien montrer que le monothéisme éthique, l’idée qu’il existe une divinité juste et équitable qui instaure et garantit un ordre éthique universel, s’oppose au fatum du paganisme et de l’idolâtrie. En effet, ce fatum est suspendu au-dessus de nos têtes, comme une épée de Damoclès que rien ne peut éloigner de nous. L’individu est écrasé par un destin implacable qui finira toujours par l’emporter. Le paganisme ignore l’effet bénéfique de la prière. Sa divinité est sourde, elle n’est pas l’amie de l’homme qu’elle poursuit parfois d’une haine inexpiable.

Pourquoi ? Parce qu’il existe une rivalité entre les divinités et l’homme, deux essences qui ne sont pas, dans le paganisme,  séparées par un mur hermétique. Évhémère qui a donné son nom à l’évhémérisme parle des dieux comme de héros divinisés.

Le judaïsme a toujours opté pour cette dialectique très instable de la justice et de la grâce. Il insiste souvent sur la seconde, mais ne néglige jamais la première. Et le jeûne de Kippour a pour fonction de montrer à l’homme qu’il ne survivrait point si Dieu s’en tenait à la lettre du jugement. Une belle oraison jaculatoire hébraïque le dit : Seigneur, si nos péchés témoignaient contre nous, mais qui, donc pourrait passer cette épreuve avec succès (im awonoténou anu banu, D- mi ya amod ?)

La liturgie du Kippour est intarissable en ce qui concerne cette notion du repentir et de son corollaire, le pardon. Une très belle prière dit que le pardon vit auprès de Dieu (ki immékha ha-seliha). On assiste là à une personnification d’une notion théologique, élevée au rang d’une essence spirituelle, vivant de sa propre nature.

Au sujet de l’imploration du pardon divin, la liturgie juive utilise le terme de guezéra pour exprimer la notion de décret divin néfaste. Au cours du Moyen Age, la terminologie philosophique a emprunté ce terme au vocabulaire religieux pour connoter l’idée de déterminisme astral : un jugement vous concernant et que rien ne peut dévier de vous… Mais Kippour permet justement, par la prière mais aussi par l’aumône, de déchirer ce décret divin qui redevient favorable à l’homme. Dans la liturgie ashkénaze il est spécifié que la prière, l’aumône et jeûne annulent la malédiction du décret divin.

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Mais le philosophe a quelques réserves et notamment celle-ci : comment pénétrer dans l’intime de la justice divine ? Comment oublier l’interrogation du prophète Isaïe qui clame justement son impuissance et son ignorance face au fonctionnement de la justice de Dieu, de la théodicée, comme dirait Leibniz ? Qui siège, demande le prophète, dans cette cour céleste ? Qui est assez savant pour nous dire comment fonctionne ce conseil suprême de la magistrature ?

Mais bien avant Isaïe qui vivait au VIIIe siècle avant notre ère, remontons au prophète Samuel, contemporain de la royauté davidique, qui était du XIe-Xe avant notre ère. Samuel se demande comment plaider son propre dossier face à Dieu. La liturgie lui emboîte le pas en ces termes : devant un tribunal de chair et de sang, donc humain, les plaideurs ont toute latitude pour se défendre car il suffit de disposer d’un bon défenseur et en général nous sommes acquittés. Mais devant Dieu, tout effet de manche et tout mouvement de menton sont inopérants car, nous dit-on, le créateur sonde les reins et les cœurs. Et surtout, il n’oublie rien (eyn chikhha mi-lefanékha).

Le philosophe judéo-français Emmanuel Levinas parle lui aussi de la justice humaine et de la justice divine. Sans s’en référer explicitement à la liturgie de Kippour, il parle des relations de l’homme avec autrui. Et il va, contrairement au modèle de Martin Buber, jusqu’à plaider en faveur d’une relation asymétrique. Ce qui signifie que même si mon prochain, autrui, ne me rend pas la pareille, je n’en suis pas moins obligé de lui être favorable, de l’aider et de l’aimer. Levinas parle d’être l’otage d’autrui, ce que même son collègue et ami, le protestant Paul Ricœur, qualifiait d’excessif et d’hyperbolique…

Lorsque son biographe François Poirié lui faisait remarquer qu’on ne pouvait pas pardonner et encore aimer son persécuteur et son tourmenteur, Levinas a répondu que cette attitude ne s’appliquait qu’à lui-même et que pour tous les siens, il réclamait la justice. On en revient donc à la dialectique de Kippour : la confession de ses péchés pour en obtenir la rémission. C’est le second nom de la solennité de kippour : yom selihat hé-awon, le jour de la rémission des péchés…

Une dernière remarque historique qui fut mise en avant par les adeptes du libéralisme et de la réforme : comment obtenir le pardon des fautes, la rémission des péchés depuis la chute du temple et la cessation du culte sacrificiel ? À ce moment crucial de son histoire religieuse, le judaïsme s’était trouvé dans une situation critique, voire très délicate.  C’est alors que Rabbi Akiba, le meilleur représentant du judaïsme rabbinique négocia finement ce virage qui fit passer la religion d’Israël du culte sacrificiel  au culte du cœur. C’est-à-dire à la prière. Les rabbins libéraux allemands du XIXe siècle, notamment Samuel Holdheim (mort en 1860) le dirent sans ménagement : seule la détresse a contraint les rabbins à prier… Entendez par là que la disparition du culte sacrificiel ne leur laissait pas le choix.

Toujours est-il que ce judaïsme rabbinique en devenir a donné naissance aux prières et aux implorations les plus émouvantes.

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Je ne puis m’empêcher de signaler le cas de Franz Rosenzweig, jeune philosophe juif en crise, à deux doigts de se convertir au protestantisme. Imagine-t-on une telle perte pour la philosophie juive du XXe siècle, un judaïsme quitté par celui qui allait en devenir le meilleur porte-drapeau et qui publia en 1921 son Étoile de la rédemption ?

C’est sa présente à l’office de Kippour dans un petit oratoire polonais de Berlin, près de la Potsdamer Brücke (Pont de Potsdam) où de pauvres Juifs, simples, sans orgue ni chanteurs d’opéra comme à la grande synagogue libérale, déversaient leur ferveur religieuse devant un Dieu, souvent demeuré sourd à leurs prières… Certes, ce ne fut que la goutte d’eau, la dernière d’une longue évolution, amorçant le retour.

Un peu comme le jeûne de Kippour amorce et concrétise le retour.

MRH petit

Maurice-Ruben HAYOUN

 

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HILKHOT ROCH HACHANA

Retrouvez  toutes ces lois  en cliquant ici (format PDF)

VEILLE DE ROCH HACHANA

LE JEÛNE

1) Dans de nombreuses communautés, on a l’habitude de jeûner la veille de Roch Hachana à partir de l’aube jusqu’à l’après-midi (Min’ha Kétana) ou tout au moins jusqu’à la moitié de la journée.

2) Selon certains décisionnaires (comme le Rama) ilest permis et même recommandé de manger avant le jour. Cependant, selon le Zohar Hakadoch, il faut éviter de manger entre le réveil et la Tefila. Aussi, si cela est possible, on se contentera de ne prendre qu’une boisson (café ou thé).

3) Il est bien de faire la Tefila de Min’ha avant de manger. S’il n’y a pas minyan on peut manger avant de faire Min’ha. Les sefaradim ne disent pas le passage de « Anénou » dans la amida étant
donné que l’on ne jeûne pas toute la journée. En revanche, selon le Rama et le Michna Beroura
(coutumes ashkénaze) on dit le passage de «Anénou » dans la Tefila de Min’ha avant de
manger (en omettant les mots « tsomtaaniténou »).

4) Il n’est pas nécessaire de dire la kabalat hataanit (texte à dire dans la amida de Min’ha, la veille du
jeûne) l’avant-veille de Roch Hachana, contrairement à ce qui est fait pour les jeûnes volontaires.

5) Une personne qui est un peu souffrante n’est pas obligée de jeûner, même si elle avait l’habitude de
jeûner chaque année.

6) S’il y a une brit mila (même si ce n’est pas le huitième jour) ou un pidione habèn, on peut participer au repas et on est donc exempt du jeûne (ceci n’est pas valable pour tous les autres jeûnes).

AUTRES PREPARATIFS

7) Étant donné que les conséquences relatives aux voeux prononcés (accomplis ou non accomplis) peuvent s’avérer graves, on a l’habitude de se délier des voeux que l’on a dit pendant toute l’année et que l’on a oubliés. Cela doit se faire devant trois hommes adultes, avant Roch Hachana. Cela doit se faire dans la langue que l’on comprend. En revanche, pour les voeux dont on se rappelle et que l’on ne peut pas accomplir, on doit demander à un Rav comment faire.

Une habitude religieuse que l’on a répété trois fois sans engagement précis (comme par exemple le
fait de ne pas manger le jour de Roch Hachana jusqu’à ‘Hatsot) peut être déliée par la hatarat
nedarim de Erev Roch Hachana. Les femmes mariées peuvent demander à leur mari d’être leur intermédiaire pour les délier de leurs voeux. Les femmes célibataires s’appuient sur le Kol Nidré.

8) La veille de Roch Hachana, on se coupe les cheveux, on se lave, on se trempe au Mikvé, et on met les vêtements de Chabat, tout cela en l’honneur du Yom Tov, pour montrer que nous sommes confiants en l’indulgence de Hachem à notre égard.

9) La veille de Roch Hachana, aussi bien pour Cha’harit que pour Min’ha, on ne dit pas les supplications qui suivent le chemoné essré (nephilat apaïm). Le matin, lors des seli’hot, les supplications sont dites normalement même si les seli’hot se prolongent pendant le jour. Si celles-ci ont commencé après le lever du jour, on ne dit pas ces supplications.

10) Certains ont la coutume d’aller au cimetière (de préférence auprès de tombes de tsadikim) qui est un endroit où les prières sont plus facilement exaucées. Cependant, il faut adresser ses demandes à Hachem, afin que par le mérite de ces niftarim (décédés), Hachem nous exauce, et non pas s’adresser directement aux morts. Selon la coutume générale, on peut aussi prier les niftarim, pour qu’eux-mêmes prient Hachem pour nous.

11) La veille de Roch Hachana on ne sonne pas du chofar, même si le premier jour de Roch Hachana est un Chabat. Il y a deux raisons à cela :

La première, pour distinguer les sonneries du mois de Eloul de celles de Roch Hachana qui sont obligatoires.

La deuxième, pour troubler l’ange accusateur, en faisant comme si Roch Hachana était déjà passé.
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12) On doit réviser les tefilot de Roch Hachana et enseigner aux enfants les différences avec celles de l’année, pour ne pas être dérangé au milieu des prières.

LES DIX JOURS DE TECHOUVA

13) Pendant les dix jours de techouva (depuis Roch Hachana jusqu’à Yom Kipour inclus) on termine la
troisième bénédiction du chemoné essré par « Baroukh ata Hachem Hamélèkh Hakadoch » et non pas par «hakel Hakadoch ». De même, on termine la bénédiction de « Hachiva chofténou » par « Baroukh ata Hachem hamélèkh hamichpat » et non «melekh ohèv…».

ERREUR DANS HAMELEKH HAKADOCH

14) Si l’on s’est trompé et dit « hakel Hakadoch » on reprend depuis le début du chemoné essré (car les trois premières bénédictions sont en fait considérées comme une seule).
15) Cependant, si tout de suite après s’être trompé on a rectifié par « hamélèkh Hakadoch » on continue normalement (« tout de suite » veut dire le temps de dire trois mots).

16) Mais si après s’être trompé, on a commencé un mot de la bénédiction suivante, on doit recommencer depuis le début.
17) Si une personne doute avoir dit « hamélèkh Hakadoch » elle doit recommencer le chemoné essré car elle a certainement dit ce qu’elle dit habituellement. A Roch Hachana et Yom Kipour, si on dit le texte qui précède la bénédiction de « hamélèkh Hakadoch », c’est-à-dire « ouvkhen », même si on a un doute sur la conclusion de la berakha, on supposera avoir dit la formule exacte.

18) Les soirs de Roch Hachana, si on a dit « hakel Hakadoch », le ‘Hayé Adam ainsi que Rav Moché Feinstein pensent que l’on est quitte (pour la même raison que « yaalé véyavo » à Roch ‘Hodech, puisque l’on ne sanctifie pas le mois pendant la nuit). Cependant, selon d’autres décisionnaires, on doit recommencer (Chaar hatsiyoun).

ERREUR DANS HAMELEKH HAMICHPAT

19) En ce qui concerne la bénédiction « Hachiva choftenou » (pendant les jours entre Roch Hachana et Yom Kipour) si l’on a dit le texte habituel « mélèkh ohèv tsedaka oumichpat », si l’on peut rectifier de suite, on le fera. Si le temps de dire trois mots s’est écoulé ou si l’on doute d’avoir bien dit, Le Michna Beroura et la majorité des décisionnaires pensent que l’on est quitte, étant donné que l’on a mentionné le mot « Mélèkh ». En revanche certains décisionnaires (comme le Choulhan Aroukh) pensent que si l’on n’a pas terminé le chemoné essré, on revient à la bénédiction de « Hachiva » et si l’on a complètement terminé, on redit tout le Chemoné essré.

AUTRES CHANGEMENTS
20) Si l’on a omis de dire les quatre passages que l’on rajoute pendant les dix jours de techouva (Zokhernou, Mikhamokha, Oukhtov, Oubessefer), si l’on a déjà dit le nom de Hachem de la fin de la bénédiction suivante, on ne revient pas en arrière.
21) De même, si pendant Roch Hachana ou Yom Kipour on a sauté les paragraphes de «ouvkhen », on ne revient pas en arrière.

22) Pendant les dix jours de techouva, les ashkenazim terminent tout Kadich et amida en disant «ossé
hachalom » et non « ossé chalom ». Les sefaradim ne changent que pour la amida et le kaddish qui suit
la amida (titkabal). Dans tous les kadichim, les achkénazim disent deux fois le mot «leéla » (mikol
birkhata). Les sefaradim ne font pas ce changement.

23) Après la Tefila de Arvit des deux soirs, on a la coutume de se souhaiter réciproquement : «
Lechana tova tikatèv veté’hatèm lealtar le’hayim tovim oulchalom » (que tu sois tout de suite inscrit
pour une nouvelle bonne année). A une femme on souhaite : « Leshana tova tikatvi veté’hatmi … »
Le matin en revanche, après la Tefila on se souhaite seulement «chana tova « (car, seuls les
gens mauvais n’ont pas été encore jugés et inscrits).

24) Bien que toute l’année nous devions prier le chemoné essré à voix basse, à Roch Hachana et à
Yom Kipour on peut légèrement hausser la voix. Cependant, les décisionnaires pensent qu’il est
préférable de faire comme toute l’année.
25) Rav ‘Hayim Vital zal témoigne que son maître, le Ari zal, pleurait le jour de Roch Hachana. Le Ari zal
disait que ne pas pleurer à Roch Hachana montre une certaine dureté de coeur et lorsque la personne pleure cela prouve qu’elle est jugée à ce moment -là.
26) La Guemara de Roch Hachana dit au sujet de la Tefila : « Toute année qui est pauvre au début,
deviendra riche à la fin. Rachi explique : «qui est pauvre » veut dire : quand les Bené Israël se
considèrent comme des pauvres qui supplient. »
27) Pendant les dix jours de techouva nous disons «Avinou malkénou » après la amida. Cependant, le Chabat et Roch Hachana on omettra les phrases dans lesquelles nous parlons de nos fautes telles que «‘hatanou lefanékha » ou «sela’h lanou». Les achkénazim disent tout le texte de « Avinou malkénou » à Roch Hachana; en revanche, Chabat et vendredi après-midi, ils ne disent pas du tout ce texte.
28) Roch Hachana qui se trouve être un Chabat, les sefaradim disent «tsidkatekha » après la Tefila de
Min’ha ; les achkénazim ne le disent pas. Pendant Roch Hachana et Yom Kippour même si ces jours tombent Chabat, il est permis et recommandé de prier sur tout ce que l’on désire, car ces jours ont été donnés justement pour prier et demander à Hachem ce dont on a besoin.

REPAS DE ROCH HACHANA

29) On allume les Nerot en disant léadlik ner chel Yom Tov. Et si Roch Hachana tombe Chabat on dit Ner chel
Chabat ve Chel Yom Tov.
Yom Tov on allume les nerot que lorsqu’il fait déjà nuit (évidemment sauf la veille de Chabat).
Les Sefaradim ne disent pas « chééhyanou » au moment de l’allumage des nérot, et s’en acquitent au moment du Kidouch.
Les deux soirs de Roch Hachana, après avoir trempé le motsi dans le sel et le miel, nous avons la coutume de
consommer certains aliments en signe d’une bonne nouvelle année et aussi afin de se rappeler les choses sur
lesquelles nous devons prier à Roch Hachana.
Si l’on n’a pas les aliments nécessaires, on peut aussi bien dire les prières qui s’y rapportent.
Le Kaf ha’haïm cite l’ordre suivant :
· karti (poireaux) : Yehi ratson milefanékha Hachem Elokénou véloké avoténou shéyikartou soneénou (que
nos ennemis soient détruits).
· silka (blettes ou épinards) : Yehi ratson milefanékha Hachem Elokénou véloké avoténou chéyistalkou
oyvénou (que nos ennemis soient détruits).
· témarim (dattes) : Yehi ratson milefanékha Hachem Elokénou véloké avoténou shéyitamou soneénou (que
disparaissent nos ennemis)
· kra (courge) : Yehi ratson milefanékha Hachem Elokénou véloké avoténou shéyikara gzar dinénou
véyikareou lefanékha zekhiyoténou (que notre décret soit déchiré et que nos mérites apparaissent devant
Toi).
· roubia (sésames ou haricots blancs) : Yehi ratson milefanékha Hachem Elokénou véloké avoténou
chéyirbou zekhiyoténou (que nos mérites soient nombreux).
· rimone (grenade) : Yehi ratson milefanékha Hachem Elokénou véloké avoténou chénihyé meléïm bemitsvot
karimon (que nous soyons pleins de Mitsvot comme la grenade).
· roch kevess (tête de mouton ou poisson) : Yehi ratson milefanékha Hachem Elokénou véloké avoténou
chéniyé leroch velo lezanav. (que nous soyons à la tête et non à la queue).
· tapoua’h bidvach (pomme dans le miel) : Yehi ratson milefanékha Hachem Elokénou véloké avoténou
chétit’hadesh alénou chana tova oumetouka (que la nouvelle année soit bonne et douce).
Avant de commencer le Seder il est bon de dire boré péri aéts sur une datte et haadama sur un fruit de la
terre.
30) Certains ont l’habitude de ne pas manger pendant les deux jours de Roch Hachana tout aliment acide ou amer.
De même, certains ne consomment pas de noix dont la valeur numérique en hébreu est égale au mot «’het »
(faute) et car cela entraîne aussi une certaine difficulté à s’exprimer clairement (pendant les prières). Certains
ont aussi la coutume de ne pas consommer de raisins noirs (Zohar Hakadoch).

31) Le deuxième soir, on dit le kidouch en rajoutant « chéhé’héyanou » dans le kidouch. Si cela est possible on pose sur la table un nouveau fruit (car selon certains avis on ne dit pas « chéhé’héyanou » le deuxième soir car les deux jours sont considérés comme une seule journée).

32) Si le deuxième jour de Roch Hachana est un motsaé Chabat, on rajoute la havdala dans le kidoush ainsi que dans la Tefila. Si on a oublié de la dire dans la Tefila, on ne recommence pas étant donné qu’on la mentionne dans le kidoush.
33) A Roch Hachana, si l’on a oublié de mentionner « yaalé véyavo » dans le birkat hamazone, on ne recommence pas (selon toutes les opinions).
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LE CHOFAR

34) A propos du chofar, le Rambam dit : « Bien que la Mitsva de sonner le chofar soit une Mitsva sans raison apparente, on peut malgré tout y trouver l’allusion suivante dans les textes sacrés : «Réveillez-vous de votre sommeil, inspectez vos actions et faites techouva (il s’agit de ceux qui perdent leur temps dans les choses futiles), souvenez-vous de votre Créateur, scrutez-vous, rectifiez vos actions et abandonnez vos mauvaises actions et mauvaises pensées. »

35) A propos de l’importance de la Mitsva du chofar, la Guemara nous dit : « Étant donné que le chofar est là pour rappeler les mérites des Béné Israël et de leurs ancêtres, au moment des sonneries, on se trouve être comme dans le Kodech hakodachim (Saint des Saints). « C’est-à-dire qu’au moment où l’on sonne du chofar, on se trouve à une très grande proximité de Hachem. A cet instant, peut se déverser sur nous une influence divine pour toute l’année, si évidemment il y a eu une grande préparation à cela par la techouva.

COMBIEN DE SONS

36) Selon la Tora, pour se rendre quitte de la Mitsva du chofar, il faut entendre neuf sons. Trois fois le même groupe de trois sons qui sont une tequiya (son long et simple), une teroua (son saccadé) et de nouveau une tequiya. A cause du long exil, les ‘Hakhamim ont eu un doute à propos de la teroua (qui veut dire pleurs) dont parle la Tora. S’agit-il d’un son coupé que l’on va appeler chevarim (comme quelqu’un qui gémit) ou d’un son complètement saccadé que l’on appelle teroua (comme quelqu’un qui pleure nerveusement),
ou encore les deux ensembles (chevarim-teroua). Pour cela, on doit sonner trente sons :
· trois fois : tequiya chevarim teroua tequiya
· trois fois : tequiya chevarim tequiya
· trois fois : tequiya teroua tequiya

Selon l’opinion de Rav Haï (ainsi que le Zohar) les différents sons ont tous une raison d’être. On a l’habitude de ressonner les mêmes 30 sons dans le Moussaf (à voix basse) et 30 sons dans la répétitionbdu Moussaf et 10 sons après le Moussaf. Les Achkénazim ne sonnent pas le Chofar dans le Moussaf à voix basse.
Dans le premier et le deuxième groupe de sons, on sonne Chévarim – Teroua d’un seul souffle (avec une
petite interruption entre les deux sons). Dans le troisième groupe de sons, on sonne Chévarim- Teroua en reprenant sa respiration entre les deux  sons. En fait, nous avons la coutume de sonner cent
sons au cours de la matinée.

AU SUJET DE LA BERAKHA

37) Étant donné que la Mitsva s’accomplit essentiellement avec les tequiyot du Moussaf, (car les sons sont accompagnés de trois groupes de versets) on ne doit pas s’interrompre avec des paroles qui n’ont pas de rapport avec le chofar ou avec autre chose que les prières, depuis la bénédiction du chofar jusqu’à la fin de tous les sons.

38) Certains ont l’habitude de dire certaines prières entre chaque groupe de sons, mais le Mishna Beroura pense qu’il vaut mieux les dire à la fin des trente premiers sons. En revanche, il est bien de demander pardon de ses fautes pendant la sonnerie du chofar sans les exprimer oralement.

39) Une personne qui a déjà accompli la Mitsva du chofar peut répéter la bénédiction pour une
autre personne mais il est préférable que la deuxième la dise elle-même si elle en est capable.

40) Un homme qui s’est déjà acquitté de la Mitsva ne peut pas répéter la bénédiction pour rendre
quitte une femme. Elle dira elle-même la bénédiction. Selon la coutume séfarade, certaines femmes ne disent aucune bénédiction pour les Mitsvot auxquelles elles ne sont pas astreintes. La
Mitsva du chofar fait partie des Mitsvot liées au temps pour lesquelles les femmes n’ont pas
d’obligation.
41) Un enfant qui n’est pas encore Bar Mitsva ne peut rendre quitte qui que ce soit de la Mitsva.

42) Bien que Chabat et Yom Tov il est interdit de jeûner même jusqu’à ‘Hatsot (la moitié de la
journée), cela est permis le jour de Roch Hachana. Si la Tefila dure jusqu’à ‘Hatsot, il est
préférable de boire du café ou du thé avant la Tefila et cela, particulièrement si Roch Hachana tombe un Chabat. Certains ne consomment aucun aliment (ou même du café) après le lever du jour du fait de la Mitsva
exceptionnellement rare du chofar. Une personne qui a l’habitude de ne rien consommer jusqu’à ‘Hatsot, doit se délier de son voeu si elle décide de changer.

43) Une personne souffrante ou une personne qui a besoin de manger pour se concentrer dans
les tefilot pourra manger un peu (moins que 60g qui est le le volume d’un oeuf de pain ou
de gâteaux), en faisant le kidouch avant la Mitsva du chofar.

LES SONS ET LES VERSETS.
44) La Guemara Roch Hachana nous dit au nom de Rabi Akiva : Hachem nous demande : « Dites devant Moi des malkhiyot (versets où l’on désigne Hachem comme Roi), des zikhronot (versets qui soulignent l’attachement de Hachem aux Béné Israël) et des chofarot (versets qui parlent du chofar).

Des malkhiyot afin de Me faire régner sur vous, des zikhronot afin que Je Me rappelle de vous avec indulgence, et tout cela grâce au chofar. »
Le Ritba explique qu’ici le mot chofar désigne le chofar lui-même, et fait aussi allusion aux versets de chofarot (le jour où on ne peut pas sonner le chofar, les versets de chofarot le remplacent pour faire monter nos prières.)

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45) Dans les communautés où l’on sonne du chofar pendant le Moussaf dit à voix basse, on ne doit pas
s’interrompre au milieu pour corriger les sonneries (car de toutes façons nous sommes déjà quittes de la Mitsva par les sonneries d’avant le Moussaf et de plus on va écouter les sonneries pendant la répétition du Moussaf).

46) Si l’on entend les sonneries alors que l’on se trouve au milieu d’un paragraphe du Moussaf, on doit s’arrêter pour écouter et seulement après reprendre la suite du Moussaf.
47) La Guemara demande : « Du fait que l’on a déjà sonné avant le Moussaf, pourquoi doit-on sonner à
nouveau pendant le Moussaf ? » La Guemara répond que c’est pour troubler l’ange accusateur. Rashi explique que lorsque l’ange accusateur remarque avec quel amour les Béné Israël aiment et multiplient les Mitsvot, il n’arrive plus à les accuser.

48) Après avoir accompli la Mitsva du Chofar, on ne peut pas sonner du Chofar en vain (en tant qu’interdiction de faire de la musique pendant Yom Tov). Si cela est nécessaire comme pour s’acquitter d’une autre opinion, c’est permis. En revanche, on laisse les enfants sonner du Chofar même après avoir terminé la Mitsva.
49) Certains ont l’habitude de ne pas dormir la journée de Roch Hachana. Le Ari Zal dit qu’il est permis de
dormir après ‘Hatsot. Dans tous les cas, il vaut mieux dormir et étudier plutôt que de rester sans rien faire
(ce qui équivaut à dormir).

50) Certains décisionnaires pensent qu’à notre époque il faut éviter de fumer Yom Tov, ou tout au moins le
premier jour de Yom Tov (les travaux permis à Yom Tov le sont seulement si cela correspond à un besoin commun à toutes les personnes). Étant donné que les deux jours de Yom Tov sont considérés comme le même jour, certains ne fument pas pendant les deux jours de Roch Hachana.

51) Le premier jour de Roch Hachana, après la Tefilat Min’ha on a la coutume de se rendre au
bord d’un fleuve ou d’une source, ou d’un puit, pour dire « tachlikh ». L’essentiel du « tachlikh » est le verset : « mikamokha… kol ‘hatotam. » On a la coutume de remuer les pans de ses vêtements.
Les Décisionnaires précisent que le « tachlikh » ne doit pas entraîner des mélanges entre hommes et femmes.
Si Roch Hachana se trouve être un Chabat on dit « tachlikh » le deuxième jour. Une personne qui ne peut le dire pendant Roch Hachana, peut dire Tachlikh jusqu’à Hochana Raba.

52) Les Sefaradim ont l’habitude de dire la bénédiction de Chehekhianou pour le Chofar seulement le premier jour. Les Ashkenazim la répètent aussi le deuxième jour. Le Chabat on ne sonne pas le Chofar, par conséquent quand Roch Hachana tombe Chabat tout le monde dit la Berakha de Chéhékhianou le deuxième jour.

53) Bien que pour certaines choses, les deuxjours de Roch Hachana soient considérés comme un seul jour, il est malgré tout interdit de faire des préparatifs le premier jour de Yom Tov pour le deuxième jour.
Certains décisionnaires permettent de faire des préparatifs (non fatiguants, tel que sortir des mets du congélateur, ou déplacer des objets d’une pièce à l’autre) du premier jour pour le deuxième jour de Yom Tov et particuliérement pour Roch Hachana. Cela a condition de le faire quand il fait encore grand jour.

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1) Lorsque Yom Tov se trouve être vendredi, ou jeudi et vendredi, et que l’on veut cuire des mets ou
préparer certaines choses pendant Yom Tov pour Chabbat, il faut pour cela, la veille de Yom Tov, procéder au Erouv Tavchiline.

Un Erouv Tavchiline est constitué d’un pain ou de Matsa (pour pouvoir cuire du pain) et d’un met
(pour préparer des mets). La coutume générale est de le constituer d’un pain et d’un met pour les autres Yamim Tovim et pour Pessa’h d’une Matsa et d’un met. A posteriori, un met suffit.

2) Même si on a déjà préparé tous les mets de Chabbat avant Yom Tov, on fait tout de même le Erouv Tavchiline.

3) Tout en tenant le pain ou la Matsa dans la main, on dit la Berakha : « ….acher kidéchanou
bemitsvotav vetsivanou al mitsvat Erouv ». Ensuite, on dit la formule : « Beden Erouva…………………»

4) Si on ne comprend pas l’hébreu, on dit le texte suivant : « Avec ce Erouv qu’il nous soit permis de
faire cuire du pain (ou de la Matsa), des mets, d’allumer du feu, et de préparer tout ce qui est nécessaire pour Chabbat.»

Si on a omis de dire ce texte, le Michna Beroura précise que le Erouv est tout de même valable.
Si l’on doit faire aussi un Erouv ‘Hatsérot, on dit une Berakha pour les deux Erouvim.

5) Le plat doit être un aliment qui accompagne le pain comme de la viande ou du poisson ou un
légume. Certains ont l’habitude d’utiliser un oeuf parce qu’il s’abîme moins vite. Il faut faire attention de ne pas l’éplucher car un oeuf épluché qui a passé la nuit est inconsommable (Roua’h ra), et ce, même s’il est enfermé dans une boîte. A notre époque il est préférable d’utiliser de la viande ou du poisson (ce sont des mets plus importants).

6) Le met doit être du volume d’un Kazaït (environ 30 grammes), et à priori le pain ou la Matsa du volume d’un Kabetsa (environ 60 grammes).

7) A priori on utilise un met qui a été cuit la veille de Yom Tov.

8) En principe, chaque famille doit préparer un Erouv Tavchiline. Une personne ou une famille invitée dans une autre famille ne doit pas faire de Erouv. Cependant, si cette famille doit allumer ses propres nérote (ce qui est généralement le cas) on doit aussi préparer un Erouv Tavchiline mais sans bénédiction (car il y a une divergence d’opinion, si l’on peut allumer des nerot pour Chabbat sans le Erouv Tavchiline) ou se rendre quitte de la Bénédiction des hôtes. Il est préférable que cette famille prépare des mets (pendant Yom Tov pour Chabbat) afin de pouvoir accomplir la Mitsva du Erouv avec Bénédiction.

9) De même, une famille qui se trouve à l’hôtel et qui y prend ses repas doit aussi préparer un Erouv Tavchiline sans Berakha (puisqu’elle y allume ses Nerote). Il est préférable que le responsable de l’hôtel fasse acquérir à une personne le Erouv Tavchiline pour tous les clients, afin de les acquitter du Erouv.

10) Le Erouv doit être fait avant le coucher du soleil. A posteriori, on pourra le faire jusqu’à la nuit tant que la communauté n’a pas encore commencé la prière de Yom Tov. Si le Erouv Tavchiline a été mangé ou a disparu avant les préparatifs pour Chabbat, on peut s’appuyer sur le Erouv du Rav de la communauté ou de la ville.

11) Une famille qui a oublié de préparer le Erouv, peut s’appuyer sur le Erouv du Rav, qui généralement fait un Erouv pour toute la communauté. Une personne qui par négligence n’a pas fait de Erouv, ne peut s’appuyer sur le Erouv du Rav. Une personne qui a oublié de préparer le Erouv deux fois (certains disent deux fois consécutives) doit demander au Rav comment faire.

12) Lorsque jeudi et vendredi sont Yom Tov et que l’on a oublié de préparer le Erouv le mercredi, on peut encore le faire le jeudi mais sans Berakha. On prend le met et le pain (ou la Matsa) et on dit le texte suivant : « Si Yom Tov est seulement vendredi, que ce Erouv soit un véritable Erouv et si Yom Tov est seulement jeudi, que cela ne soit pas un Erouv et en conséquence on peut cuisiner vendredi pour Chabbat. »

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Lorsque Yom Tov est vendredi ou vendredi et Chabbat (ou en Erets Israël où il y a seulement un jour de Yom Tov) on ne peut utiliser cette facilité. De même, pour les deux Yamim Tovim de Roch Hachana on ne peut pas utiliser cette facilité.

13) La coutume est de consommer le Erouv pendant Seouda chelichit et de faire Motsi avec le pain ou la Matsa du Erouv.

14) Lorsque Yom Tov est jeudi et vendredi et particulièrement vendredi et Chabbat, les décisionnaires précisent qu’il faut terminer les préparatifs de Chabbat le vendredi le plus tôt possible (et ce, afin que les mets soient déjà consommables vendredi car selon une opinion on ne peut pas préparer de Yom Tov à Chabbat sauf si les mets sont déjà finis pour Yom Tov). Afin d’éviter ce problème, on a la coutume de commencer la Kabalat Chabbat, le plus tôt possible après le Plag Hamin’ha.

15) Le Erouv ne permet de préparer pour Chabbat seulement le vendredi mais pas le jeudi qui est le premier jour de Yom Tov.

16) Le Chla Hakadoch cite à propos du Erouv Tavchiline : « c’est une importante et chère Mitsva, que cette Mitsva ne soit pas légère à tes yeux et d’ailleurs les Hakhamim disent que Avraham Avinou accomplissait la Mitsva du Erouv Tavchiline ».

ASSERET YEME TECHOUVA

1. Le lendemain de Roch Hachana (le 3 Tichri), est un jour de jeûne, « Tsom Guedalia ». Guedalia ben A’hikam était le gouverneur d’Erets Israël après la destruction du Temple. Lorsqu’il fut tué, le dernier espoir des Béné Israël s’éteignit avec lui, et grand nombre de Béné Israël furent tués. Lorsque le 3 Tichri est un Chabat, on jeûne le dimanche qui est le 4 Tichri.

2. Ce Taanit, comme les autres jeûnes, sont là pour éveiller nos coeurs à la Techouva, et pour nous remémorer nos mauvaises actions, au même titre que celles de nos ancêtres, ce qui leur a valu, et qui nous vaut encore, des malheurs. Il y a donc une obligation ce jour là de scruter nos actions car cela est l’essentiel du Taanit.

3. Une personne malade est exempte de jeûner. Une femme enceinte, ou une femme qui allaite est exempte du jeûne. Selon le Rama, elles sont obligées de jeûner, mais si ces femmes sont quelque peu faibles, elles ne doivent pas jeûner. Les décisionnaires précisent qu’à notre époque toute femme qui est enceinte ou qui allaite est considérée comme faible. A ce sujet, une femme enceinte, cela veut dire, après 40 jours de grossesse. Avant cela, elle ne jeûne pas si elle se sent faible. De même, si la femme allaite (en pratique) elle est exempte du jeûne. Si par contre, elle n’allaite pas, durant les 24 mois qui suivent l’accouchement, elle est considérée comme une femme qui allaite seulement si elle est quelque peu faible.

4. Les enfants, au dessous de la Bar Mitsva ne doivent pas jeûner, et ce, même quelques heures

5. Une personne qui veut manger ou boire avant le lever du jour doit préciser la veille avant d’aller se coucher, qu’elle pense manger ou boire avant le début du Taanit. Selon le Zohar Hakadoch, il faut éviter de manger entre le début du jour et la Téfila.

6. Il est bien de donner de la Tsedaka le jour du Taanit. Certains évaluent ce qu’ils auraient du dépenser pour leur repas et le donnent aux pauvres.

7. Il faut dire Anénou dans la bénédiction de Choméa Tefila. Si l’on a oublié on peut le dire dans Elokaï Netser. Et si de nouveau on a oublié on ne recommence pas la Amida. L’officiant dit Anénou (lors de la ‘Hazara) entre Goël Israël et Réfaénou. S’il a oublié, il se rattrape en le disant, comme les fidèles dans Choméa Téfila.

8. Le Rambam écrit : « Bien que la Techouva et les pleurs sont bons toute l’année, pendant les 10 jours de Techouva, la Techouva est acceptée tout de suite. Tous les Béné Israël ont l’habitude de multiplier les bonnes actions, la Tsedaka, l’étude de la Tora pendant ces 10 jours. » Durant ces jours, il faut lire des Sefarim de Moussar (Chaaré Téchouva, Messilat Yecharim, Derekh Hachem) plus que pendant toute l’année. Le Michna Beroura précise, au nom du Zohar Hakadoch, qu’il faut se repentir sur ses fautes avant de se coucher.

9. Le Michna Beroura précise que les 7 jours entre Roch Hachana et Yom Kippour sont comparés aux 7 jours de la semaine. Chacun des 7 jours doit servir de réparation au même jour durant l’année écoulée.

10. Le Choul’han Aroukh conseille d’être plus minutieux dans son comportement. Par exemple, une personne qui mange du pain d’une boulangerie non juive, devra veiller pendant cette semaine, à n’utiliser que du pain pour lequel le four utilisé est allumé par un juif, et ainsi de suite. (Il est à noter, qu’à notre époque, d’autres
problèmes se posent quant à acheter du pain dans une boulangerie non cachère). De même, il est écrit : « Tout celui qui ne tient pas rigueur à son prochain, sera pardonné facilement de ses faute ».

Retrouvez  toutes ces lois  en cliquant ici (format PDF)

chiourim.com

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A la veille de la fête du Nouvel An juif, l’effervescence règne au 77 de la rue Nahalat Benyamin, au sud de Tel Aviv. Près des nouvelles boutiques branchées du quartier du souk se dresse une maison quelque peu délabrée. Cette bâtisse, l’une des plus anciennes de Tel Aviv, — elle date des années 1930 — recèle des trésors. C’est l’atelier de fabrication des chofars d’Israël, « Barsheshet – Ribak Chofarot Israël ».

Des dizaines de personnes à la recherche d’un chofar pour Rosh Hashana se pressent à l’intérieur de ce lieu où presque rien n’a changé depuis soixante-dix ans.

Une forte odeur de bouc imprègne l’atmosphère; un peu partout sont accrochés des chofars de toute sorte et de toute taille, couverts de poussière. Il y a les machines pour creuser la corne du bélier, et les outils qui feront de cette matière brute l’instrument au son puissant, pur et profond qui, le jour de Rosh Hashana, ébranlera les hommes en prière.

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Le père de Zvika, Meir Bar-Sheshet avec des enfants à Tel Aviv dans les années 60

Cet atelier raconte une belle histoire de rivalité et d’amitié. Dans les années 1950, Abraham Rivak hérita cet atelier de son oncle; déjà, en Pologne, depuis des centaines d’années, la famille fabriquait des chofars.

A quelques milliers de kilomètres de la Pologne, les ancêtres de Tvika Bar Sheshet, avaient, eux aussi, fondé un atelier de chofars. C’était au XIVe siècle, à Barcelone.

 

Le père du Rabbi Itshak Bar Sheshet, le Ribash, s’était rendu célèbre en sonnant le Chofar à six reprises pour annoncer le début du Shabbat à ses coreligionnaires.

D’où le patrimoine de Sheshet, six en langue hébraïque. Six jours de la création, six sonneries du chofar. Expulsée d’Espagne, la famille Bar Sheshet s’installa pendant quelques siècles en Algérie, puis au Maroc, avant d’immigrer au milieu du XXe siècle à Haïfa.
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Le polissage d’un chofar yéménite

Et pendant ce temps, la fabrication des chofars se poursuivit de génération en génération.

Durant des années, les familles Rivak à Tel Aviv, et Bar Sheshet à Haïfa se sont livrées une guerre sans merci pour se partager le marché des chofars. Jusqu’au jour où Tsvika Bar Sheshet a proposé une alliance à son rival.

Depuis, « Ribak Chofarot Israël » fabrique plus de 70% des chofars produits en Israël ; quant à Abraham Ribak et Tsvika Barsheshet, ils voyagent ensemble au Maroc, en Australie, en Afrique à la recherche de cornes de bélier, de mouton, d’antilope ou de gazelle de qualité.

Leurs enfants, eux, ont introduit le marketing digital dans l’atelier familial.
Pour Bar Sheshet junior, il n’est pas question de changer de branche.

« Fabriquer des instruments pour parler à Dieu, on ne quitte pas un tel métier ! »

Extrait de “En direct d’Israël, Chronique intimes d’un pays” Katy Bisraor Ayache Edition Inpress 2013

Katy Bisraor Ayache/ En direct de Jerusalem Blog Article original

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Le Shofar, témoin de l’histoire du peuple juif

Rien n’est comparable au son du Chofar. Depuis l’aube de l’histoire du peuple juif, ce son nous accompagne, appelant à la Téchouva mais aussi au rassemblement, à la fierté juive et à la liberté. Au musée des terres bibliques à Jérusalem s’est ouvert, il y a quelques jours, une exposition consacrée au chofar et son rôle le long des générations. L’occasion pour Hamodia de se pencher de plus près sur cet instrument unique si intimement lié à Roch Hachana et que l’on rencontre à chaque tournant de l’histoire de notre peuple.

Le Chofar dans la Bible

C’est dans le livre de Chémot (19, 16) qu’on retrouve pour la première fois le mot Chofar dans la littérature biblique : « Or, au troisième jour, le matin venu, il y eut des tonnerres et des éclairs et une nuée épaisse sur la montagne et un son de Chofar très intense. Tout le peuple frissonna dans le camp ».

Mais c’est particulièrement la connotation militaire qui est en général liée au son du Chofar dans le Tana’h : c’est ainsi que le Chofar sert à déclarer la guerre (Juges 3, 27 et 6, 34 ; Chemouel 13, 3 ; Né’hémia 4, 14) ou encore à annoncer une attaque (Osée 4, 8 et Ézéchiel 33, 3) ou enfin à dissuader l’ennemi de s’approcher (Juges 7, 19). Par ailleurs, le Chofar était également utilisé par les gardiens de la ville pour prévenir d’un danger menaçant (Jérémie 6, 17).

Mais c’est surtout au moment de la conquête de Jéricho que le rôle du Chofar et son côté « miraculeux » sont mis en exergue puisque le livre de Yéhochoua (Josué, chapitre 6) nous décrit comment les murailles de Jéricho tombent après que le peuple a sonné du Chofar.

Le Chofar a retenti à Jérusalem lorsque l’Arche d’alliance contenant les Tables de la Loi pénétra dans la ville : « Et David et toute la maison d’Israël escortaient l’arche du Seigneur avec des cris de joie et au son du Chofar ».

Le Chofar fait également partie du cérémonial de couronnement des rois d’Israël (Chemouel Beth 15, 10 ; Méla’him Aleph 1, 39 ; Méla’him Beth 9, 13) et lorsque dans les Téhilim (98, 6), David parle du «Roi Hachem », il fait précéder cette nomination par un appel à faire retentir « le son du Chofar ».

Enfin, le Chofar en tant qu’annonciateur de la délivrance est mentionné dans le livre de Ichaya (27, 13) : « En ce jour résonnera le grand Chofar ; alors arriveront ceux qui étaient perdus dans le pays d’Achour, relégués dans la terre d’Égypte, et ils se prosterneront devant l’Éternel, sur la montagne sainte, à Jérusalem ».

Étonnamment, la seule mitsva de la Torah concernant le Chofar n’est pas liée à Roch Hachana mais au Jubilé qu’on annonce une fois tous les 49 ans, le jour de Kippour : « Tu compteras chez toi sept années sabbatiques, sept fois sept années, de sorte que la période de ces sept années sabbatiques te fera quarante-neuf ans ; puis tu feras circuler le retentissement du Chofar, dans le septième mois, le dixième jour du mois : au jour des expiations, vous ferez retentir le son du Chofar à travers tout votre pays ». (Vayikra 25, 9)
Roch Hachana est toutefois appelé dans la Torah « Jour du souvenir de la sonnerie » ce qui a conduit nos Sages (Rocha Hachana 33b) à ordonner de sonner du Chofar le jour de Roch Hachana.

Le Chofar et le « ‘hérem » (exclusion)

À Roch Hachana, le son du Chofar appelle à la téchouva mais au cours des siècles, il a également servi de conclusion à des verdicts de « ‘hérem » (exclusion ou anathème) prononcés par les tribunaux rabbiniques.
C’est ainsi qu’on a découvert plusieurs Chofarot sur lesquels étaient gravés les mots : «  »Hérem Nidouï » et « Shamta », le « Shamta » étant un éloignement limité à trente jours.

Ces Chofars servaient probablement à prévenir la communauté qu’un de leurs membres avait transgressé la loi divine et avait été jugé par le Beth Din qui avait décidé de son exclusion et limité toute relation avec lui de sorte à ne lui laisser que la possibilité minimale de subvenir à ses besoins vitaux.

Le ‘hérem était en général prononcé par le Av Beth Din, le président du tribunal rabbinique, et dans les cas très sévères, cette cérémonie se déroulait à la synagogue, devant l’arche sainte. L’un des cas les plus célèbres de ‘hérem concerne le philosophe Barou’h Spinoza, excommunié le 27 juillet 1656.

Le Chofar pendant la Shoah

Un des Chofarot exposés au musée des pays bibliques raconte une histoire particulièrement émouvante : celle d’Israël Mizra’hi, natif de Turquie, qui a émigré en Belgique, à Anvers, un peu avant la Seconde Guerre mondiale.

Israël, son épouse Esther et leurs deux enfants, Lili et Yossef, âgés de moins de 10 ans, pensaient que leur nationalité turque les protégerait des nazis. Mais lorsque les Allemands envahissent la Belgique, la famille comprend qu’elle est en danger, décide de fuir et demande aux voisins de garder leur appartement et ce qu’il contient.

Malheureusement, en 1943, les Mizra’his sont rattrapés par les nazis et envoyés au camp de Mechelen, qui servait de camp de transit pour les Juifs belges à partir duquel ils étaient transférés vers les camps d’extermination. Au mois de décembre, Israël est envoyé au camp de Buchenwald où il décède. Esther et ses deux enfants sont envoyés au camp de Ravensbrück.

À la fin de la guerre, elle part à la recherche de son époux, mais apprend qu’il est mort dans les camps. Elle retourne alors à Anvers avec Lily et Yossef. Les voisins lui expliquent que la maison est désormais habitée par d’autres personnes et qu’ils n’ont réussi à sauver que quelques objets qui se trouvaient dans le grenier.
La voisine tire alors de son buffet le Chofar d’Israël et le donne à Esther. Une photo et un Chofar : ce sont là les seuls souvenirs de ce père de famille aimant et dévoué, parti en fumée en décembre 1943.

Une autre histoire liant le Chofar et la Shoah a lieu en 1943, dans le camp de travail de Skarżysko-Kamienna, en Pologne : Roch Hachana approche et l’Admour de Radochitz, rabbi Its’hak Finkler, ne conçoit pas de renoncer à sonner du Chofar. Il est intimement convaincu que cette mitsva doit être respectée, car, plus que jamais, il faut en appeler à la miséricorde divine.

Trouver une corne de bélier pour fabriquer un Chofar alors qu’on est entouré de barbelés est une mission difficile, voire impossible. Mais l’Admour refuse de baisser les bras. Il réunit une somme d’argent parmi les prisonniers et soudoie un des gardiens polonais du camp. Celui-ci lui amène une corne, mais c’est une corne de bœuf, impropre selon la hala’ha.

Le gardien ne veut rien entendre : il veut encore de l’argent. On réunit une nouvelle somme et la corne de bélier est enfin entre les mains des prisonniers juifs

Reste à la transformer en Chofar. L’Admour demande à Moché Winterter, un serrurier originaire de Radovitch, de se charger de cette mission. Winterter refuse dans un premier temps : utiliser les outils de la serrurerie du camp pour préparer autre chose que ce que les gardiens du camp lui demandent pourrait bien lui valoir d’être fusillé. « Lorsque le rabbi m’a demandé en pleurant de préparer un Chofar, j’ai éclaté moi aussi en sanglots : je ne connaissais absolument rien au processus de fabrication du Chofar. Je ne savais pas non plus comment j’allais transporter la corne depuis le camp et jusqu’à l’usine située à 3 km, alors que durant toute la marche, j’allais être entouré par des SS qui n’hésitaient pas à procéder à des fouilles. Mais je n’ai pas pu résister aux larmes du rabbi. J’ai accepté.

J’ai réussi par miracle à transporter la corne de bélier, mais là, il me restait un problème à résoudre : comment fabrique-t-on un Chofar ? Par quoi commence-t-on ? Les conseilleurs ne manquaient pas : l’un me disait de tremper la corne dans de l’eau chaude, l’autre m’affirmait qu’au contraire, il fallait de l’eau froide et le dernier me disait que si je voulais assouplir la corne de bélier pour en faire un Chofar, il me fallait la tremper dans du lait bien chaud ! En fin de compte, je crois que je l’ai assouplie avec mes larmes… »
Malgré le danger, Winterter parvient donc à fabriquer le Chofar et le transmet au rabbi la veille de Roch Hachana. Très vite, la rumeur court dans le camp : l’Admour va sonner du Chofar pour Roch Hachana !

Avraham Altman a participé à cet office de Roch Hachana 1943. Son témoignage a été publié par le musée Yad Vachem : « Rien ne saurait décrire les prières que nous avons récitées dans la cabane du rabbi. Les pleurs et les cris, les téfilot prononcées avec une ferveur immense […] Lorsque le tsaddik a crié, juste avant la sonnerie du Chofar :  » Du fond de ma détresse, je t’ai appelé Hachem !  » Nous avons tous eu l’impression que ce verset avait transpercé les cieux et que tout le cortège céleste était descendu pour participer à notre office ! […] Nous avions perdu durant l’année passée tous nos proches, nos enfants et nos parents et nous sentions qu’eux aussi étaient avec nous et cette prière, ce son du Chofar, nous a donné la force de survivre à tout ce qui nous est arrivé par la suite »

Moché Winterter a précieusement gardé ce Chofar durant toute la période passée dans le camp de Skarżysko-Kamienna puis dans celui de Tchenstochova, mais n’a pas pu le prendre avec lui lorsqu’il a été transféré au camp de Buchenwald.

Après la guerre, Moché est monté en Israël et en 1977, il a retrouvé la trace de son Chofar, qui se trouvait alors à New York, chez une famille juive. Aidé par le musée Yad Vachem, il a convaincu cette famille de faire don du Chofar au musée, où il est exposé jusqu’à aujourd’hui.

Le Chofar et le Kotel

Hamodia avait rapporté l’année dernière l’histoire de ces jeunes Juifs, âgés entre 13 et 20 ans qui, bravant l’interdit du Mandat britannique, sonnaient chaque année du Chofar au Kotel, à la sortie de Kippour, entre 1930 et 1948, ne craignant pas de passer ensuite quelques jours en prison pour ce « crime ». L’année dernière, plus de soixante ans après, quelques-uns de ces « résistants » se sont retrouvés au Kotel pour y sonner tous ensemble du Chofar. Les circonstances étaient bien différentes puisqu’à la place de soldats britanniques haineux, ce sont des soldats juifs qui leur ont fait honneur durant cette cérémonie émouvante.
Le dernier à avoir fait sonner son Chofar était Avraham Elkaïm, qui a bravé les soldats de Sa Majesté à la sortie de Kippour 1947, l’année qui a précédé la prise de la Vieille ville par les Jordaniens.

Lorsqu’en 1967, le Kotel est libéré, il accompagne l’aumônier de Tsahal, le rabbin Goren et sonne en même temps que lui du Chofar. Ce Chofar du rabbin Goren lui avait été transmis quelques heures plus tôt par son beau-père, le rav Hanazir, rav David Hacohen qui, depuis la division de Jérusalem en 1948 et jusqu’à sa libération en juin 1967, refusait de sortir de son appartement et demeurait cloîtré chez lui. Lorsque le rabbin Goren, qui sera ensuite l’un des premiers soldats de Tsahal à toucher le Kotel, lui demande la permission d’utiliser son Chofar, le rav Hacohen accepte bien évidemment. Le son de ce Chofar accompagnera les parachutistes durant toute leur avancée dans la Vieille ville.

Le Chofar dans l’art juif

Une bonne partie de l’exposition sur les Chofarot du musée des pays de la Bible est consacrée au Chofar dans les arts et les objets de Judaïca.

Le peuple juif a manifestement considéré tout au long de son histoire le Chofar far comme un symbole. On retrouve par exemple le Chofar dans de nombreux objets datant de l’époque suivant la destruction du Second temple : mosaïques, fresques, assiettes, chandeliers, pierres tombales, figurines… Pour les Juifs de cette époque, le Chofar représentait manifestement l’espoir de la délivrance, d’un retour à Jérusalem et d’une reconstruction rapide du Beth Hamikdach. En effet, très souvent, le motif du Chofar n’est pas représenté seul dans ces objets et il est accompagné d’une Ménorah à sept branches ou, d’une Ma’hta (pelle utilisée durant les sacrifices), objets utilisés dans le Temple.

Les Juifs de cette époque, en quête d’identité après leur départ en Galout, ont donc choisi le Chofar comme élément rassembleur, un peu comme à notre époque, la Maguen David.

De très nombreux livres de prières et des manuscrits datant du Moyen Âge utilisent le Chofar comme motif, accompagné parfois d’un dessin représentant le Machia’h : là encore, on retrouve cette aspiration à la Délivrance.

Enfin, après la création de l’État d’Israël, le Chofar est également très présent, particulièrement dans la philatélie israélienne puisqu’un nombre impressionnant de timbres où figurent des Chofarot ont été imprimés.

Pourquoi est-ce à Moussaf qu’on sonne du Chofar ?
L’utilisation militaire du Chofar est abondamment mentionnée dans la littérature biblique. Le Talmud de Jérusalem, quant à lui, nous fournit sa propre explication au moment choisi par les Sages pour sonner du Chofar durant les prières de Roch Hachana.
On sait que c’est à Moussaf que le Chofar est sonné et la question qui se pose est : pourquoi ? Pourquoi cette mitsva n’a-t-elle pas lieu durant Cha’harit ?

Selon le Yérouchalmi (Roch Hachana 4a), le Chofar retentissait toujours à Cha’harit, jusqu’à ce que cette coutume eut des conséquences gravissimes : « Une fois, on sonna du Chofar durant la prière de Cha’harit et nos ennemis pensèrent qu’on allait les attaquer, se sont retournés et ont tué [la communauté] ». La Tékia retentissant à l’aube avait induit les Romains en erreur et les avait persuadés qu’une attaque juive était imminente. Les Sages ont donc décidé de repousser la Tékia en fin de matinée, car à cette époque, la stratégie militaire imposait de partir en bataille à l’aube et il était donc exclu que le son du Chofar retentissant en fin de matinée puisse signifier le début d’une attaque.

De la corne au Chofar
Le processus de fabrication du Chofar débute par la sélection de la corne. Selon la Hala’ha, pour qu’un Chofar soir casher, la corne doit répondre à trois critères :
1. La corne à partir de laquelle on va fabriquer le Chofar doit provenir d’un animal casher, propre à la consommation.
2. Seules les cornes des animaux affiliés à la famille des bovidés peuvent être utilisées. Cette famille compte environ 140 espèces divisées en une dizaine de sous-familles parmi lesquelles on trouve les bovinés (dont font partie les bovins), les caprinés (qui englobent les ovins) et les antilopes.
3. Enfin, bien que la viande de bœuf soit casher, il est interdit d’utiliser les cornes de bœuf pour fabriquer un Chofar. La Guémara (Roch Hachana 26a) nous fournit l’explication de cette exclusion : « C’est parce que le Katéguor (l’accusateur) ne peut pas devenir Sanéguor (défenseur) », sous-entendu : les cornes de la bête qui a servi au veau d’or ne peuvent pas servir de défenseur pour le peuple d’Israël.
Quant à la forme du Chofar, elle est différente en fonction de communautés. Les Ashkénazes ont l’habitude de travailler le Chofar de l’intérieur et de l’extérieur et c’est pourquoi le Chofar ashkénaze est lisse et brillant. Par ailleurs la corne est majoritairement droite et forme un angle au bout, cette incurvation étant mise en parallèle avec le cœur de l’homme qui doit se pencher et se prosterner devant Hachem le jour du Jugement. Le son de ces Chofars est aigu.
Par contre, les cornes de Yaël (bouquetin) et de koudou, utilisées par les Yéménites, sont beaucoup plus longues et plus incurvées et de ce fait, leur son est beaucoup plus fort et profond.
Parmi les communautés séfarades issues d’Espagne, quelques-unes préfèrent utiliser des Chofarot droits et plats, émettant un son très étouffé. Selon une tradition populaire, cette forme permettait de dissimuler plus facilement le Chofar sous les vêtements au moment de l’Inquisition.

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Par Laly Derai, en partenariat avec Hamodia.fr

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Le tashlikh (hébreu תשליך, « Tu enverras [au loin] ») est une coutume juive d’origine ancienne. Elle est pratiquée l’après-midi de Rosh Hashana (le Nouvel An civil selon le calendrier hébraïque). Les péchés de l’année écoulée sont symboliquement « envoyés », en jetant des bouts de pain, dans une rivière, un lac, la mer, l’océan, ou tout point d’eau courante, naturel de préférence.

La coutume et son nom sont dérivés d’un passage du Livre de Michée :

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« Quel Dieu est semblable à Toi, Qui pardonnes l`iniquité, Qui oublies les péchés du reste de Ton héritage ? Il ne garde pas Sa colère à toujours, car Il prend plaisir à la miséricorde. Il aura encore compassion de nous, Il mettra sous ses pieds nos iniquités; Tu enverras au fond de la mer tous leurs péchés. Tu témoigneras de la fidélité à Jacob, de la bonté à Abraham, comme tu l`as juré à nos pères aux jours d`autrefois. »
On se réunit donc près d’un courant l’après-midi de Rosh Hashana, et l’on récite ce passage, ainsi que des prières pénitentielles. La plupart des sources juives retracent l’origine de la coutume au rabbin allemand Jacob Mölin (décédé en 1425), qui y fait la première référence directe du dans son Sefer Maharil: il y relie le tashlikh à l’Akeda d’Isaaccar, selon un midrash, le satan aurait voulu les empêcher de se rendre sur le mont Moriah, en se transformant en un profond cours d’eau; cependant, Abraham et Isaac plongèrent résolument dans la rivière jusqu’au cou, priant pour l’aide divine, et la rivière disparut.

Cependant, des sources textuelles pourraient indiquer une origine plus ancienne au Tashlikh:

  • Flavius Josèphe évoque le décret des Hélicarnassiens permettant aux Juifs de « réaliser leurs rites saints suivant la loi juive, et d’avoir leurs lieux de prière près de la mer, selon la coutume de leurs ancêtres ».
  • le Zohar, référence en matière de mysticisme juif, écrit que « ce qui tombe dans les abysses est perdu à jamais; […] il remplit le rôle du bouc émissaire pour l’absolution des péchés ».

La coutume avait gagné force de loi chez certains Juifs, puisque le Rema, auteur de la Mapa, grâce auquel le Choulhan Aroukh devint la référence universelle des Juifs en matière de Halakha, écrit : « Les abysses de la mer virent la genèse de la Création; c’est pourquoi jeter du pain dans la mer à Rosh Hashana, qui est le jour anniversaire de la Création, est un tribut approprié au Créateur. »

Cependant, Jacob Mölin lui-même, s’oppose à la pratique de jeter des bouts de pain aux poissons  de la rivière, particulièrement le jour du Sabbath (pendant lequel il est interdit de porter). Actuellement, le tashlikh est déféré au second jour de Rosh Hashana si celui-ci tombe un Shabbat.

Par ailleurs, la pratique kabbalistique de secouer les coins des habits lors de la cérémonie, de façon à chasser les klippot, (« [démons] appendus »), a mené les opposants à la Kabbale, en particulier les Maskilim, à dénoncer la coutume, car elle pourrait selon eux inciter les gens simples à penser qu’en jetant « littéralement » leurs péchés, ils pourraient y « échapper » sans se repentir ou s’amender. Dans une satire populaire écrite dans les années 1860s par Isaac Erter  Samaël regarde les péchés des hypocrites tombant dans la rivière.

Le Gaon de Vilna ne souscrivait pas non plus au tashlikh. De nos jours, la coutume est jugée acceptable et encouragée par les grands courants juifs modernes, particulièrement le judaïsme orthodoxe, à l’exception d’un petit groupe de fidèles au Gaon de Vilna localisé à Jérusalem.

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Durant la première journée de Rosh Hashana (sauf quand cela tombe un shabbat, dans lequel cas on le fait le deuxième jour), les juifs ont pour coutume de s’approcher d’une source d’eau vive pour y jeter symboliquement leurs mauvaises actions, comme des miettes de pain que l’on jetterait aux poissons.

Je me souviens de longues marches, le livre de prières sous le bras, pour atteindre le point d’eau où la cérémonie pourrait se faire. Jusqu’à la Seine à Paris, jusqu’à la source du petit village de Lifta en ruine à l’entrée de Jérusalem, jusqu’à la mer à Nice. Les juifs du monde entier unissent tous les océans et les fleuves du globe terrestre ce jour-là.


L’essentiel de ce rituel consiste à aller au bord de l’eau, à sentir la présence de l’eau, à s’imprégner de cette présence. Le peuple du livre a bien entendu lié du texte à cette pratique, mais le texte est une illustration, l’essentiel demeure le lien spirituel à l’eau qui est essentiel pour la tradition juive.

L’eau représente la vie, vie biologique bien entendu mais également spirituelle, la Tora est comparée à l’eau et l’eau est la source de toute chose. L’eau des quatre fleuves arrosait abondamment le jardin d’Éden. L’eau est également celle du liquide amniotique, d’où un jour nous fûmes expulsés comme le furent avant nous Adam et Ève du jardin d’Éden.


Durant la cérémonie de Tashlikh nous nous inclinons sur les eaux dans lesquelles nous jetterons symboliquement nos fautes. On peut donc y voir une déconstruction du mythe de Narcisse. Celui-ci, amoureux de sa propre image, tombe dans l’eau et meurt après avoir prétendu s’être approprié son propre reflet.

Durant ces jours intenses de Yamim Noraim, où nous sommes confrontés à notre propre image, à la lumière du jugement divin. Loin de pouvoir nous satisfaire de notre image, nous devons la briser, tout comme notre ego, ce qui est le sens même des fêtes de Tishri.

L’eau purifie et il est clair que le rituel de Tashlikh forme une sorte de Mikve symbolique, psychologique et collectif.

Historique

Ce rituel n’est mentionné ni dans la Bible, ni dans le Talmud.

Certains ont voulu lui trouver des racines très anciennes en s’appuyant entre autres sur le texte du livre de Néhémie (8.1-3) décrivant une cérémonie de Rosh Hashana à Jérusalem à la porte des eaux :
« Alors tout le peuple s’assembla comme un seul homme sur la place qui est devant la porte des eaux. Ils dirent à Esdras, le scribe, d’apporter le livre de la loi de Moïse, prescrite par l’Éternel à Israël. Et le sacrificateur Esdras apporta la loi devant l’assemblée, composée d’hommes et de femmes et de tous ceux qui étaient capables de l’entendre. C’était le premier jour du septième mois. Esdras lut dans le livre depuis le matin jusqu’au milieu du jour, sur la place qui est devant la porte des eaux, en présence des hommes et des femmes et de ceux qui étaient capables de l’entendre. Tout le peuple fut attentif à la lecture du livre de la loi. »

Certains auteurs signalent de vieilles coutumes juives consistant à prier au bord de l’eau.

Il apparaît pour la première fois sous la plume de Rabbi Yaakov Molin (connu comme le Maharil, 1360 – 1427), qui lui trouve une allusion biblique dans les mots du prophète Mikha (7:19) :  » Et tu jetteras tous tes péchés dans les profondeurs de la mer « .

Le premier jour de Rosh Hachana en début de soirée, après le service religieux de min’ha (sauf quand le premier jour de l’année coïncide avec shabbat car dans ce cas l’on repousse la récitation du Tashlikh au jour suivant), nous les Juifs nous nous réunissons au bord d’une rivière, un ruisseau, un lac, la mer ou tout autre extension d’eau courante. La vue des poissons est censée nous évoquer un verset de Kohelet (Ecclésiaste 9.12) :

« L’homme ne connaît pas non plus son heure, pareil aux poissons qui sont pris au filet fatal, et aux oiseaux qui sont pris au piège ; comme eux, les fils de l’homme sont enlacés au temps du malheur, lorsqu’il tombe sur eux tout à coup. »

Pour des raisons de Halakha, le Maharil s’oppose à la coutume populaire de vider nos poches remplies de mies de pain et de les jeter dans l’eau aux poissons comme si elles incarnaient nos propres fautes, car il est interdit de nourrir un animal qui n’est pas le nôtre ce jour là (Yom Tov).
Ceux qui habitaient trop loin d’un cours d’eau avaient coutume de monter sur les toits les plus gros de la ville et de faire la cérémonie tournés dans la direction de la mer ou d’un lac.

Au Kurdistan, les juifs avaient coutume d’entrer tous dans l’eau pour réciter la formule, afin d’être nettoyés de leur péchés par les vagues.
En Galicie orientale, après avoir récité la formule, on posait des bougies allumées sur des planches ou des petits radeaux de paille afin de les laisser emporter par le courant du fleuve. Si la bougie s’éloignait en restant allumée, c’était considéré comme un bon signe pour l’année à venir.

Le Maharil rapporte une autre raison au Tashlikh.

Le Midrach Tanhouma (Parachat Vaiera) nous apprend que quand Abraham a été défié par l’ordre divin de sacrifier son fils Isaac, Satan avait alors carte blanche pour faire appel à tout moyen par lequel il pourrait arrêter Abraham dans sa dévotion.

Après des échecs réitérés, Satan prend, finalement, la forme d’une rivière profonde obstacle au chemin d’Abraham et d’Isaac. Cependant, père et fils s’enfoncent dans les eaux et seul Abraham demande de l’aide à Dieu quand, ayant de l’eau jusqu’au cou, il s’aperçoit qu’il ne pourra pas arriver à la destination fixée. Il clame alors le verset des psaumes
(69:2)

« Sauve-moi, ô Dieu ! Car les eaux menacent ma vie ».

Dieu intervint et la rivière disparut.

Rappelons que le récit biblique de l’Akeda (ligature d’Isaac) est celui que nous lisons le jour deRosh Hashana et que le shofar symbolise le bélier sacrifié à la place d’Isaac.

Le Rama (Isserles 16ème siècle) lie la coutume du Tashlikh avec la création du monde qui repose, croyait-on alors, sur les eaux de l’abime (mey tehom), les mêmes eaux invoquées par le verset du prophète Mikha. Rosh Hashana est l’anniversaire du monde, son jugement. Nulle surprise donc que l’on en invoque les fondements.

Si l’on trouve toutes sortes de raisons de raccrocher la coutume du Tashlikh au sens profond de Rosh Hashana, il n’en demeure pas moins que comme beaucoup d’autres coutumes, son origine et sa signification réelles restent mystérieuses.

Rien d’étonnant donc que le même Rama émet quelques réticences par rapport à cette coutume qu’il semble trouver un peu bizarre. À la fin du XVIIIe siècle, le Gaon de Vilna tenant du rationalisme, la réprouvera. Il n’y participera jamais personnellement et l’interdira à ses élèves (voir Sefer Ma’aseh Rav).

C’est ainsi que certains ont voulu abandonner cette pratique.
Nous avons cependant suffisamment invoqué de bonnes raisons de la garder. Le contact avec l’eau, même visuel, doit être pour nous une occasion supplémentaire de réfléchir et de faireTeshouva. De plus, vu la quantité d’aliments que nous ingurgitons à Rosh Hashana, une promenade digestive ne saurait nuire à personne.

Actualiser :

Par nature les coutumes sont faites pour être renouvelées. Tashlikh s’y prête parfaitement.

Voici une suggestion :

Prévoir quatre étapes sur la route qui nous mène au point d’eau.

A la première étape, penser à quelque chose que l’on veut rejeter par rapport à l’année passée. Quelque chose de très concret, que l’on peut même personnaliser dans un objet.

Deuxième étape : penser à quelque chose de positif que l’on a réussi à faire l’an passé et que l’on voudrait garder.

Troisième étape : prendre une résolution par rapport à l’année qui vient. Quelque chose que nous allons essayer d’accomplir.

Quatrième étape : le rituel classique, c’est-à-dire la prière que l’on peut accomplir en mangeant à nouveau des pommes et du miel (c’est toujours à l’heure du goûter après tout).

On peut également prendre une feuille de papier, écrire tout ce que l’on veut changer en soi et dans le monde (il faut seulement faire attention décrire avant la fête), ensuite on plie le papier en forme de bateau, on le pose sur l’eau à fin que le courant et le vent l’emportent.

Yeshaya Dalsace

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עת שערי רצון

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Etude des Sli’hot qu’on appelle la Akedat Its’haq qui reprend le récit de la Akedat Its’haq dans le Marzor lui-même. 

Je vous ai promis de vous donner une petite  biographie de l’auteur : retenez que traditionnellement on l’attribue à Judah Halévi ( Rabbi Juda (Yehouda) ben Shmouel ibn Alhassan haLévi, rabbin, philosophe, médecin et poète séfarade, né à Tudela dans l’émirat de Saragosse vers 1075, surnommé le Chantre de Sion. Auteur du Kuzari), Il laisse huit cent poèmes, dont les Odes à Sion.. Les critiques historiographes contemporains en se basant sur les acrostiches de chaque paragraphe nous donnent les noms : A’him Abass Yehoudah Shmouel. 

Indépendament de cela le Rabin Kalifa a établi qu’il s’agit quand même de la famille de Judah Halévi. Et que ce nom est celui des trois frères avec celui de Yehoudah au milieu. Donc c’est probablement de Judah Halévi lui-même, quoique d’une façon générale le style n’est pas le sien. Mais ce poème a gardé une très grande notoriété dans toutes les communautés séfardim et a été adopté dans certaines communautés ashkénazes aussi. 

Il y a un 2ème Piyout bâti sur le même modèle poétique qui est attribué à Maïmonide et qui lui n’a pas pour thème la Aqédat Yits’haq mais la Teshouvah les jours de Yamin Noraïm. Texte un peu plus difficile. 

Je vous propose d’avoir sous les yeux le texte de la Akédat Its’haq dans Bereshit.

Bereshit Parshat Vayera Chapitre 22 versets 1. Pour pouvoir se référer aux versets eux-mêmes.

Nous verrons que dans le poème le sens exact d’après la tradition du Midrash et du Talmoud est repris dans le récit. 

עֵת שַׁעֲרֵי רָצוֹן לְהִפָּתֵחַ

Et Shaarei Ratson léhiPatea’h

Lorsque c’est le temps pour les portes de la bienveillance le bon vouloir . Celui qui demande l’ouverture des Shaarei Ratson demande à être agréé dans sa prière : 

יוֹם אֶהְיֶה כַפַּי לְאֵל שׁוֹטֵחַ

Yom ehyeh khapaï …

Au jour où je serais tendant mes paumes vers Dieu 

Il y a donc un moment privilégié dans le temps de Rosh hashana et dans le temps de Kipour, où dans le temps qui est visé ici, les Shaarei Ratson s’ouvrent.  Il y a ‘Hamishim Shaarim 50 portes différentes et l’une de ces portes entre notre monde et les mondes supérieurs est Shaarei Ratson. Certains textes du Talmud déjà font allusion à cette notion qu’entre les mondes supérieurs et nous, il y a des Shaarim qui s’ouvrent ou qui se ferment suivant l’ordre du mérite.  Par exemple une Guémarah célébre [Baba Metsiah 59a – Brakhot 32b] dit :

Rabi Eleazar : « Depuis que le Beit hamiqdash a été détruit les portes de la prières ont été vérouillées, Comme le dit le verset Lamentations 3 :8 : « Même si tu cries, je n’entends pas ; ta prière est fermée. » Mais les portes des larmes n’ont pas été fermées. Psaume 31 « Ecoute ma voix, Dieu, et entends ma plainte. Ne te rends pas sourd à mes larmes. » » 

La prière entraîne très souvent les pleurs ou l’envie de le faire. On raconte d’un grand ‘Hassid, le Tsadik de la communauté qui n’arrivait pas le soir de Kol Nidrei à commencer la Tfilah. Et la communauté s’impatientait. Et il annonce son incapacité car les Shaarei Tefilah sont fermées… Il leur dit : Allez dans la villes me chercher 10 brigands juifs.  Ils les a mis autour de la Tévah et il a commencé la Tefilah qui est montée. On lui a ensuite demander des explications. Il a répondu : les portes étaient verrouillées, j’ai utilisé ceux dont c’est la spécialité d’ouvrir les portes en les forçant. 

Et Shaarei Ratson léhiPatea’h

Pour Rosh Hashanah, ce moment est aprés la lecture de la Torah. C’est le moment du commencement du Moussaf. Après la lecture de la Torah et avant Bat Kehat Shofar qui est entre Sha’harit et Moussaf. Et pour le jour de Kipour c’est le moment de Min’hah.  D’après la tradition de la Kaballah, le Zohar en particulier, la Akédat Its’haq a eu lieu le jour de Kipour. Si nous avons le temps je reprendrais le compte du calendrier pour l’indiquer.

Je reprends la lecture : 

Et Shaarei Ratson Léhipatea’h

Lorsque c’est le temps pour les portes de la bienveillance – shaarei ratson – Le jour oú je serais tendant mes paumes vers Dieu 

אָנָּא זְכֹר נָא לִי בְּיוֹם הוֹכֵחַ

Ana zakhar na li beyom tokha’ha

De grâce rapelle le souvenir pour moi le jour de la To’ha’hah.  Le jour de la réprimande, admonestation, le jour du jugement, le jour où il faut faire la preuve, le jour d’interpellation de réprimande… 

עוֹקֵד וְהַנֶּעְקָד וְהַמִּזְבֵּחַ

de celui qui a attaché, celui qui a été attaché et l’autel sur lequel cela s’est passé.  C’est le sens de Akedat Its’haq, le fait que Its’haq a été attaché sur l’autel – Laaqod  .   

C’est-à-dire trois moment ou trois facteurs Oqed – HaNééqad – HaMizbea’h . Il y a 3 niveaux du mérite de la sainteté auxquels il est fait allusion.  C’est le refrain. 

le jour où nous sommes interpellés par la Midat Hadin nous demandons que le Zekhout du Tsadik de l’épreuve de la Midat HaDin soit rappellé en faveur d’Israël, en protection pour Israël. 

Nous aurons à étudier après la lecture du texte le 1er thème indiqué par ce verbe Laaqod, ce qui s’est passé dans cette Akédah. Ce sera la première étude. 

A la fin, l’allusion est ici que  Abraham a été éprouvé 10 fois. C’est une Mishnah du 6ème chapitre des Pirqey Avot. Et la dernière des 10 épreuves est celle de Akédat its’haq. 

בָּאַחֲרִית נֻסָּה בְּסוֹף הַעְשָׂרָה

A la fin a été éprouvé à la fin des 10 (épreuves)

                      הַבֵּן אֲשֶׁר נוֹלַד לְךָ מִשָּׂרָה

                      Le fils qui t’a été enfanté de Sarah…

                      אִם נַפְשְׁךָ בוֹ עַד מְאֹד נִקְשָׁרָה 

Cela renvoit au fait que très longtemps Abraham a hésité de comprendre, de savoir, que le fils promis dans la promesse de fécondité de sa postérité serait Ishmaël ou Its’haq. Cela se réfère au 2ème verset dans le ‘Houmash – Bereshit Vayera 22 :2

AK 1

Vayomer kach-na et-bincha et-yechidecha asher-ahavta et-Yitschak

velech-lecha el-erets haMoriah veha’alehu sham le’olah al achad heharim asher omar eleycha

(Dieu) dit : prend stp ton fils ton unique celui que tu aimes Isaac… 

Regardez la progression : le Midrash nous dit qu’il fallait que Abraham se prépare d’étape en étape à l’épreuve elle-même, d’avoir à rendre à Celui qui lui avait donné Its’haq lui-même. Mais à travers même ce Midrash nous voyons qu’il y a les différents critères de sélection pour arriver à Its’haq. 

Je cite le Midrash :

Quand Dieu lui demande :

–          « ton fils ! » Il répond : – « lequel ? les 2 sont mes fils !»

–          « ton unique ! » – « les 2 sont uniques pour leur mère ! »

–          « celui que tu aimes ! » – « les 2 je les aime ! »

–          et « Its’haq » – c’est le niveau final. 

Donc on retrouve ici l’atmosphère de cet enseignement. 

                      הַבֵּן אֲשֶׁר נוֹלַד לְךָ מִשָּׂרָה

                      Le fils qui t’a été enfanté de Sarah… 

Et là il y aurait à reprendre la différence d’identité entre ces deux lignées, toutes deux ayant pour principe le même Tsadik Abraham. L’une qui va aboutir à Ishmaël et l’autre qui continue l’histoire des Toladot, à travers Its’haq. Vous voyez donc que la forme même qui nous est donnée dans le texte est très directement reliée à l’enseignement traditionnel. Ce nest pas une information stam. 

                      אִם נַפְשְׁךָ בוֹ עַד מְאֹד נִקְשָׁרָה    

                      Im Nefshkha bo ad meod niqsharah

Bien que ton Nefesh est très liée à lui…  

« Im » a ici le sens de Bien que comme souvent dans le Miqra.

L’expression est prise dans l’un des récits de l’histoire des patriarches mais pas d’Abraham. C’est avec Yaaqov pour Benyamin: Venafsho kshurah venafsho.

Le Nefesh du fils est attaché au Nefesh du père.

C’était lorsque Judah plaide pour que Joseph ne fasse pas descendre Binyamin d’Erets Knaan en disant : 

Vayigash 44 : 30

AK 2

Ve’atah kevo’i el-avdecha avi vehana’ar eynenu itanu venafsho kshurah venafsho.

(C’est Judah qui dit à Joseph 🙂 

Et maintenant, en retournant chez ton serviteur, mon père, nous ne serions point accompagnés du jeune homme et son Nefesh est attaché à son Nefesh ! Cela veut dire : Si Jacob voit que Binyamin n’est plus là, il risque d’en mourir. La fin de Biniamin serait la fin de Jacob. 

Avant de voir ici le lien qu’il y a ici entre le Nefesh de Yts’haq et le Nefesh de Abraham, nous avions appris à propos de Yaaqov et Benyamin que Benyamin représente la dernière chance d’Israël. L’expression venafsho kshurah venafsho n’est donc pas une information Stam des liens affectifs qui les lient et dont on voit ces implications littéraires auxquelles elle pourrait donner lieu, mais c’est que Benyamin représente la dernière chance d’Israël. Si Benyamin disparait, il n’y a plus d’Israël ! Le Nefesh de Jacob dépend du Nefesh de Benyamin. 

Et cela jour un très grand rôle ensuite dans la lutte des deux tendances messianiques dans l’histoire d’Israël, celle qui va du côté de Joseph et celle qui va du côté de Judah : c’est là où se trouve Benyamin que passe l’avenir messianique de l’histoire d’Israël… 

Alors, nous avons le même problème ici :    

                      אִם נַפְשְׁךָ בוֹ עַד מְאֹד נִקְשָׁרָה    

                      Im Nefshkha bo ad meod niqsharah

Bien que ton Nefesh est trés liée à lui…  

Bien que ton Nefesh est très liée à celle de Its’haq, mets-la en question dans cette épreuve.  Cela veut que si Its’haq ne continue pas l’identité d’Abraham, Abraham disparait. Parce que Abraham est la première étape de l’identité d’Israël.  Si elle ne mène pas à l’identité Its’haq la Bible n’aurait jamais parlé d’un Abraham qui aurait engendré Ishmaël. Elle n’en parle que parce que les engendrements ont abouti jusqu’à Israël. Et donc le Nefesh d’Abraham est lié – Qshourah – au Nefesh de Its’haq. Cela veut dire que la mise en question d’Its’haq met en question Abraham.

Vous voyez ce qu’il y a sousjacent dans l’expression. 

Pourquoi la Torah nous raconte-t’elle l’histoire d’Abraham ? Parce qu’elle devait raconter l’histoire de Its’haq ! Et pourquoi raconte-t’elle l’histoire de Its’haq ? Parce qu’elle devait raconter l’histoire de Jacob… 

L’histoire d’Abraham nous est racontée comme une préface préhistoire de l’histoire de Jacob qui est Israël. Alors un Abraham qui aurait donné Ishmaël et non pas Its’haq aurait disparu du récit. Il aurait été dans un quelconque Midrash des Toladot qui auraient repris à un certain moment pour donner un Israël vraiment. Le Tsadik de la Midat Ha’Hessed qui n’aurait pas donné le Tsadik de la Midat HaDin – Abraham–Yits’haq – n’aurait pas été raconté par la Torah comme quelque chose d’exceptionnelle. Il y aurait eu un Remez à propos des Tsadikim depuis Adam Harishon… 

Au même titre que nous savons par les Midrashim qu’il y a aussi eu des Tsadikim, des ‘Hassidim, des Neviim, mais qui n’ont pas fait partie de la lignées des Toladot qui ont mené à Israël. 

Je vais vous dire comment le Midrash exprime ce même thème : Cela veut dire que la gravité de l’épreuve c’est qu’il s’agit de rendre à Dieu ce fils de la promesse qui a été si difficile à engendrer et à mettre au monde. A la limite, il y a le fait que cela annule par l’absurde tout l’enthousiasme de sainteté qu’il y a eu jusque-là. L’énorme capacité de fidélité d’Abraham à la promesse de Dieu va s’annuler dans cette épreuve-là. Cet enfant que Tu m’as promis Tu me le redemande en sacrifice ? Par conséquent, cela annule dans l’absurde tout ce qui s’est passé auparavant. 

Après nous verrons la logique et la cohérence de cette mise à l’épreuve. 

קוּם הַעֲלֵהוּ לִי לְעוֹלָה בָרָה

                      Lève-toi et érige-le en Olah (holocauste sacrifice qui tout entier brûlé et monte) pur                     

Ici l’auteur a tenu compte d’un enseignement que va reprendre le Malbim en nous disant dans le Pshat du verset de Bereshit Vayera 22:2 : 

AK 1Vayomer kach-na et-bincha et-yechidecha asher-ahavta et-Yitschak

velech-lecha el-erets haMoriah veha’alehu sham le’olah al achad heharim asher omar eleycha

(Dieu) dit : prend stp ton fils ton unique celui que tu aimes Isaac…

veha’alehu sham le’olah Littéralement : Fais le monter en Olah 

Il n’est pas du tout indiqué qu’il doit y avoir sacrifice dans le sens de She’hitah. Pourquoi ? Parce que l’expression du Miqra pour dire le sacrifice de Olah c’est Laassot Olah et non pas comme ici Léhaalot Olah. Faire monter en Olah. 

Par conséquent, dès le début nous sommes avertis qu’il se passe là quelque chose d’autre que le fait de répondre à cette interpellation d’ « assomption » n’a pas à se faire par un sacrifice. Cela c’est la Haslakhah de ce temps-là si j’ose dire. C’est la coûtume de ce temps-là que pour offrir son fils à Dieu on l’égorgeait. Ce n’est pas cela qui est forcément demander par le verset qui aurait précisé : « Assoh Olah tu le feras Olah » et non pas « tu le feras monter en Olah ». 

Un Midrash explique qu’il fallait l’envoyer à la Yeshivah, c’était là l’holocauste…

D’ailleurs on sait qu’à la fin de la Aqédah, Isaac va passer 12 ans à la Yeshivah de Shem et Ever… 

קוּם הַעֲלֵהוּ לִי לְעוֹלָה בָרָה 

On voit l’intervention du Midrash qui nous dit que Dieu avait d’une certaine manière besoin d’Abraham :  Vayomer kach-na prends-le je t’en prie-aide-moi  dit Rashi en citant le Midrash.  Dieu avait besoin qu’Abraham démontre par son témoignage qu’il était capable aussi de la religiosité des Goyim. Parce que la grande contestation du Satan en haut c’est de comparer Israël aux païens. Alors il faut faire la preuve de la capacité d’être religieux comme les Goyim. Alors qu’il nous faut aussi faire la preuve d’être capable de l’être mais sans l’être. Le Satan dirait : « Les Goyim te construisent des cathédrales, mais Tes Juifs en sont incapables ? » Alors les Juifs doivent faire la preuve qu’ils sont capables de construire des grandes synagogues. Mais de ne pas aller y prier… 

Q : …

R : On revient sur la même question. Rashi cite un certain nombre de Midrashim parmi d’autre. La quesiton du Midrash c’est que :  Vayéhi A’harei HaDevarim haEleh « Et il arriva après ces paroles… »

[Gn. 22:1:  ]

AK 3

Le sens habituel c’est « Il arriva après les événements précédents… »

Une indication du Midrash dit qu’il faut lire « Méa’horei HaDevarim HaEleh.  Et il arriva que ce qui était impliqué dans les événements précédents doit être mis en évidence dans une épreuve pour voir de quoi il s’agit vraiment. Un des Midrashim dit que le Satan conteste le choix par Dieu d’Abraham en disant : « Hazaken hazeh ce vieillard tu lui a donné un fils, il a fêté à l’âge de son sevrage et abattu des troupeaux entiers pour ses invités mais rien pour Toi ? » Et Dieu répond : « Tout cela il l’a fait pour Its’haq mais si Je lui demande Its’haq en sacrifice il Me le donnera » 

Pour bien comprendre la cohérence de ce Midrash : où est l’épreuve ?

Où est l’épreuve ? Il faut que Abraham fasse la preuve qu’il est Tsadik !

Vous voyez que cela répond à la tentation qu’ont les Goyim lorsqu’ils parlent de cette histoire en disant que le choix d’Abraham a été gratuit. Il faut qu’Abraham le justifie en en faisant la preuve. Nous savons d’autre part que le choix d’Abraham n’est pas gratuit. C’est une autre étude qui vient avec les textes précédents le nôtre. Abraham n’est pas n’importe qui ! Si la Torah nous dit de façon circonstanciée depuis Adam Harishon d’où vient Abraham c’est pour nous faire comprendre pourquoi c’est Abraham qui a été choisi.  L’approche des Goyim de ce récit consiste au contraire à fonder la notion de choix arbitraire de la grâce absolue de celui que Dieu choisit. Or, le récit de la Torah dément cela : il y a des raisons pour lesquelles Abraham est choisi. Et c’est pourquoi la Torah nous donne une très longue préface de la carte d’identité d’Abraham pour nous dire qui est Abraham. Cela ne signifie pas qu’Abraham ne doit pas justifier l’identité qu’il a en potentiel, d’où ces 10 épreuves dont nous avons parlé. Il faut qu’Abraham fasse la preuve qu’il est bien Abraham, mais il n’y a qu’Abraham qui peut être choisi. Et donc la contestation est de dire qu’il y a une espèce d’injustice à priori. On peut élargir d’ailleurs la formule de cette constestation qui consiste à dire: pourquoi « asher ba’har banou » ? Pourquoi ce choix gratuit de ce peuple plutôt qu’un autre ? 

On retrouve d’ailleurs cela dans un Midrash qui fait parler Ishmaël se déclarant véritable aîné et véritable fils d’Abraham, car Isaac a eu sa circoncision à 8 jours sans mérite alors que lui c’est adulte à 13 ans… 

Ce sont les deux contestations des religions bibliques qui affirme qu’il n’y a pas de mérite à l’élection d’Israël et que le mérite selon l’esprit va à ceux qui ont par eux-même accepté la parole de Dieu alors qu’elle est imposée à Israël. Alors il faut faire cette preuve. 

Je reviens sur ce point précis : Le Satan réclame qu’Abraham fasse la preuve qu’il est au moins capable de la piété des Goyim.  Alors semble-t’il tout s’enclenche : Abraham est tenté de faire la preuve qu’il est capable de cette piété suprême qu’on trouve chez les Goyim : le premier né est offert en sacrifice en l’honneur de la divinité.  

On pourrait se demander, revenu à ce stade culturel, où est le mérite d’un tel sacrifice ? C’était cela le sacrifice religieux banal chez les Goyim : offrir le 1er né en sacrifice !

Vous vous rappelez ce que disent les historiens des religions à ce propos. 

De la même manière on pourrait se demander où est le mérite de la foi d’Abraham quand Dieu lui promet d’avoir un enfant ? Avoir un enfant c’est banal !  Donc c’est que les choses ne sont pas si simples… 

Abraham si j’ose dire est tenté de conduire cette épreuve selon la « Halakhah » en usage pendant ce temps-là. Lorsque Dieu demande « Lehaalot Olah » il comprend « Halakhah leMaasseh : laassot olah », mais ce n’est pas ce que Dieu a demandé. 

Il y a un verset que je vous ai cité la dernière fois de Jérémie (3:19) qui dit :

אֲשֶׁר לֹא צִוִּיתִי וְלֹא עָלְתָה עַל לִבִּי,

asher lo tsiviti vélo âltah al libi

…Que je n’ai pas ordonné et qui ne m’est jamais venu à l’esprit . Vous êtes en train de sacrifier vos enfants en croyant que c’est ce que j’ai demandé à Abraham » dit Rashi. Et jene vous ai jamais demandé cela.

Regardez bien le texte c’est ce que Malbim souligne: « Lehaalot Olah » et non pas : laassot olah ! 

L’explication que je voulais vous citer est la suivante :

Abraham est ici interpellé : es-tu capable d’être pieux au moins à la manière des Goyim ?

C’est un sujet qu’on pourrait étudier pour lui-même. Il comporte deux dimensions qui me semblent importante, au moins à signaler:

Précisément la tentation des Juifs de conduire leur culte à la manière de celui des Goyim. Je ne veux pas dire que c’est pour faire cette prueve-là qu’ils font cela comme ça, mais on pourrait le mettre en évidence.  Et deuxièmement l’interpellation des Goyim eux-mêmes qui nous accusent – rappelez-vous les historiens romains – d’être le peuple le plus athée de la terre. Il faut dire d’ailleurs que les Juifs jouent à cela.  

Simplement je vous citerais un comportement à la mode chez les intellectuels juifs : si être croyant c’est l’être à la manière des Goyim alors autant être athée… Vous voyez comment cela se rattache au problème… 

C’est dire qu’il n’en reste pas moins qu’il y a une revendication des Goyim par rapport à Israël : comment se fait–il que ce peuple théophore – « porteur de Dieu » – soit un peuple athée ? 

Il y a là une double tentation du peuple d’Israël :

–          imiter la manière des Goyim d’être devant Dieu.

–       donner aliment à cette contestation du Satan qui porte la revendication des Goyim et qui souligne l’athéisme d’Israël peuple choisi par Dieu… 

Midrash sur le Satan :

Rabi Yohanan a dit (Sanhédrin 89b) : Après quoi est-ce arrivé que Dieu ait demandé à Abraham « prends-moi ton enfant bien-aimé et élève-le en Olah » ? Après les paroles du Satan ! 

Chaque fois qu’il y a un doute sur un Tsadik, le Satan est celui qui formule à voix haute ce doute-là. Pour le Midrash, le Satan ne s’occupe que des Tsadikim. C’est une surprise car chez les Goyim le Satan ne s’occupe que des Reshayim. Les Reshayim, il les a déjà, il les laisse tranquille ! Là où il y a doute, le Satan intervient. Il est l’accusateur public au tribunal céleste. 

Q :

R : Les 9 premières épreuves sont pour éprouver Abraham pour savoir s’il est le Tsadik de la Midat Ha’Hassed. La 10ème c’est pour savoir s’il peut être le point de départ de ce peuple qui doit être Tsadik de l’unité des valeurs : « VéAmekh Koulam Tsadikim » mais « Shéma Israël Hashem Eloqeinou Hashem E’had ». Ce n’est pas que Midat Ha’Hessed ou que Midat HaDin, en résumant car il y a 13 Midot, mais le Yi’houd HaMidot.  

Abraham doit faire la preuve qu’il est le Tsadik de la Midat Ha’Hessed. En cela il est le commencement d’Israël mais pas encore Israël.  

Seulement, il ne peut être vraiment le Abraham d’Israël – et pas seulement le « Ibrahim » d’Ishmaël – que si étant le Tsadik de la Midat Ha’Hessed, il est capable aussi d’être Tsadik de la Midat Hadin bien que ce ne soit pas sa spécialité. Le Tsadik de la Midat HaDin doit être Its’haq.  

On retrouve cela chez Its’haq qui va être éprouvé 9 fois pour savoir s’il est le Tsadik de la Midat HaDin, et la 10èmefois pour savoir s’il est capable d’être aussi le Tsadik de la Midat Ha’Hessed. Sinon, ils ne sont pas dirigés vers Jacob-Israël qui est l’unité des valeurs.  

Par conséquent, cette mise à l’épreuve nous la voyons. Rashi a cité parmi les Midrashim deux d’entre eux. Parc equ’un 3ème groupe de Midrashim disent les i’hourim d’aAbraham lui-même. Les Devarim de qui ? Les Devarim d’Abraham lui-même. Les Devarim sont alors ici ceux d’Abraham lui-même. « Cette enfant que tu m’a promis c’est lui que tu me réclames ? »  

On indexe cela au mérite des pères : ils n’ont vu que des promesses sans voir le commencement d’une réalisation. On cite pour Abraham cela. L’enfant a été promis à Abraham mais c’est l’enfant qui lui est demandé ! Il a vécu ces épreuves-là et les a surmonté.  

Par conséquent, dire à voix haute le doute possible sur l’intégrité d’Abraham en tant que Tsadik c’est le Satan qui s’en fait le porte-parole.  

Je continue le Midrash :

… Le Satan qui portait accusation : De tout le festin qu’Abraham a fait pour fêter son fils, il n’a pas approché de Toi ni un taureau ni un bêlier ? Dieu lui a répondu : tout cela, il ne l’a fait que pour son fils et si Je lui avait dit : « zevakhoto léfanaï sacrifie-le devant moi ! » il ne l’aurait pas empêché.  

 Malgré le mot de Zévar qu’on a ici, je reviens au Malbim,  c’est l’épreuve d’avoir à faire la preuve qu’on est capable de ce qui est demandé mais jamais la chose en elle-même.  

Retoruvez ici ce verset de Jérémie avec Rashi qui cite le Talmud là-bas :

אֲשֶׁר לֹא צִוִּיתִי וְלֹא עָלְתָה עַל לִבִּי

Asher lo tsiviti vélo âltah al libi

…Que je n’ai pas ordonné et qui ne m’est jamais venu à l’esprit 

« une chose qui n’est pas venue à l’esprit ».

Ici, Jérémie a une prophétie de To’ha’hah, une admonestation contre tous ces Hébreux pieux de ce temps-là qui faisant comme les Goyim sacrifiaient leurs enfants au Molokh parce que c’était cela la piété.  

Je reviens á ce que je disais :

Il y a une interpellation des Goyim vis-à-vis d’Israël dont le Satan se fait le porte-parole : faites la preuve que vous être capables d’être pieux comme nous ! 

Et les juifs se laissent prendre à ce piège…  

Quel est le contenu de cette contestation ?

Le contenu de la contestation porte sur l’athéisme supposé du peuple d’Israël.

Or, les juifs jouent à cela… 

קוּם הַעֲלֵהוּ לִי לְעוֹלָה בָרָה
עַל הַר אֲשֶׁר כָּבוֹד לְךָ זוֹרֵחַ

lève-toi et érige-le en Olah pur

sur la montagne sur laquelle pour toi le Kavod brillera 

אָמַר לְשָׂרָה כִּי חֲמוּדֵךְ יִצְחָק

Il a dit à Sarah ton fils Isaac  

גָּדַל וְלֹא לָמַד עֲבוֹדַת שַׁחַק

Il a grandi et il n’a pas appris l’adoration du ciel 

L’idolâtrie : sha’haq est un certain niveau des cieux she’haqim עֲבוֹדַת שַׁחַק c’est l’adoration du ciel, c’est-à-dire l’idolâtrie).

Q : Sha’haq et Ist’haq ?

R : C’est un joli Midrash parce qu’une fois dans tout le Miqra, Its’haq est écrit avec la lettre Sin en place du Tsadik. C’est à ce propos-là. 

אֵלֵךְ וְאוֹרֵהוּ אֲשֶׁר לוֹ אֵל חָק

J’irais lui révéler ce qui est la vérité de Dieu pour lui (C’est-à-dire sa loi)  

Le mot de ‘Haq ici est très peu employé en hébreu et il a le sens de l’expression arabe : le ‘Haq la vérité absolue – en hébreu le ‘Hoq.  

אָמְרָה לְכָה אָדוֹן אֲבָל אַל תִּרְחַק

Elle a dit : Va mon maître mais ne t’éloigne pas

עָנָהּ יְהִי לִבֵּךְ בְּאֵל בּוֹטֵח

Il a répondu « Que ton coeur ait confiance en Dieu» 

שָׁחַר וְהִשְׁכִּים לַהֲלֹךְ בַּבֹּקֶר

Il se réveilla de bon matin et se leva pour aller au matin

                      וּשְׁנֵי נְעָרָיו מִמְּתֵי הַשֶּׁקֶר

                      Et avec lui les 2 jeunes gens « mortels du mensonge » 

מִמְּתֵי הַשֶּׁקֶר  Il faut toute une paraphrase pour traduire cela : Il font partie de ceux dont la vie s’arrêtera à la vie terrestre – on les appelle les Métim – mais qu’on traduit en général par les mortels – il faut entendre « ceux qui n’ont pas Olam haba », parce qu’ils ne sont pas les hommes du Emet mais les hommes du Sheqer – mimetei hasheqer : Ishmaël et Eliezer. 

יוֹם הַשְּׁלִישִׁי נָגְעוּ אֶל חֵקֶר

Le 3ème  jour ils se sont heurtés – sont arrivés à – ‘Heqer – destination

וַיַּרְא דְּמוּת כָּבוֹד וְהוֹד וָיֶקֶר

Et (Abraham) vit l’apparence de la gloire et la magnifiscence de ce qui qui a du prix

עָמַד וְהִתְבּוֹנָן לְהִמָּשֵׁחַ

Il s’est tenu debout et a réfléchi pour commencer le rite (de la cérémonie de l’onction). 

יָדְעוּ נְעָרָיו כִּי קְרָאָם לֵאמֹר       

Ont su les deux jeunes gens qu’ils les avait appellé pour leur dire

אוֹר הַרְאִיתֶם צָץ בְּרֹאשׁ הַר הַמֹּר

Vous avez été appellé à voir la lumière qui scintille au sommet du mont Moriah

וַיֹּאמְרוּ לֹא נֶחֱזֶה רַק מַהְמוֹר

Ils ont répondu nous ne voyons qu’un trou – un abîme. 

Il faut lire Mahamor avec un Sheva-Pata’h.  Ce mot existe une fois dans le Tanakh dans le Psaume 140 verset 11. Il existe au pluriel sous la forme Mahamorot, avec Shéva-Pata’h. Traduit par l’abime.  Abraham veut savoir si Ishmaël et Eliezer sont capables de percevoir ce que lui Abraham et Its’haq sont capable de percevoir, c’est-à-dire la manifestation de la gloire de Dieu sur le Har HaMoriah. Ils ne voient que l’horizon…

עָנָה שְׁבוּ פֹה עַם מְשׁוּלִים לַחֲמוֹר

Restez ici avec l’âne

וַאֲנִי וְהַנַּעַר לְהִשְׁתַּטֵּחַ

Et moi et l’enfant irons nous prosterner 

Bereshit 22 Verset 5

ה וַיֹּאמֶר אַבְרָהָם אֶלנְעָרָיו, שְׁבוּלָכֶם פֹּה עִםהַחֲמוֹר, וַאֲנִי וְהַנַּעַר, נֵלְכָה עַדכֹּה; וְנִשְׁתַּחֲוֶה, וְנָשׁוּבָה אֲלֵיכֶם

Vayomer Abraham el naarav nelékhah ad koh

Vénishta’haveh vénashouvah eleikhem

Et Dit Abraham à ses gens : Tenez vous ici avec l’âne, et moi et l’enfant nous irons jusque là-bas

Nous nous prosternerons et nous reviendrons vers vous. 

Une des manières de l’étudier que nous avons eu l’occasion de voir en relation avec un enseignement très important du Rav Na’hman de Braslav sur ce qu’on appelle la Hitbodedout qui est un des comportements de la piété des ‘Hassidim qui consiste à se retirer de la cité, de l’environnement actuel, pour s’isoler – cela s’appelle Bédidout – pour prendre des forces spirituelles – et nous avions étudier assez longuement à propos de ce verset que cela n’est légitime que si c’est en vue de revenir. 

Il y a une visée de quelque chose d’au-delà du monde où nous sommes mais y aller pour s’y perdre alors qu’on est encore là ce n’est plus la Torah. Cela n’est légitime que si c’est en vue de prendre des forces pour revenir dans ce monde-ci. 

Il y a un moment très important dans le récit. C’est qu’Abraham prophétise que le sacrifice d’Isaac n’aura pas lieu puisqu’il dit : nous reviendrons. 

Q : …

R : Il ne savait pas encore qui de lui ou d’Isaac devait être sacrifié. Bien que le 2ème verset avait dit à propos de Isaac : Véhaâlahou sham laôlah  וְהַעֲלֵהוּ שָׁם, לְעֹלָה. Il faudrait reprendre l’ensemble du contexte, sinon chaque année on réétudie cela inévitablement. On arrive à un stade où il y a 2 Tsadikim. Un Midrash va dire qu’ils étaient comme des sosies, et c’est là pour la première fois qu’Abraham va prier pour que la vieillesse entre dans le monde et qu’on distinue les âges des Tsadikim entre le père et le fils. Jusque-là ils étaient comme deux sosies. Or, ils ne sont pas les Tsadikim de la même Midah. Abraham est le 1er à avoir prier pour la Ziqnah la vieillesse, de telle sorte qu’on les distingue. Cela se réfère au fait que la Midat Ha’Hessed c’est la Midah des vieillards et la Midat HaDin est la Midah des jeunes gens.   

C’est pourquoi d’ailleurs la Halakhah ancienne – qui devrait être appliquée par la société israélienne – enseigne qu’on ne nomme comme juge que quelqu’un qui est Zaqen. Si on nomme un homme trop jeune comme juge c’est une catastrophe parce qu’il va être juridique, méticuleux, maniaque.. recherchant l’absolue de la forme de la loi…etc.  N’avait le droit d’être Shofet qu’un Zaqen parce qu’il a l’expérience de la vie. 

Il y a beaucoup de sources là-dessus. Quand j’ai lu Hugo j’ai trouvé un beau vers de Victor Hugo qui décrit cela:

« La flamme dans le regard des jeunes gens

Et la lumière dans le regard des vieillards ».

C’est Midat HaDin et Midat Ha’Hessed. Isaac et Abraham.

Vous voyez comment Abraham et Isaac sont ,       קְשׁוּרָה בְנַפְשׁוֹ  וְנַפְשׁוֹ . venafsho kshurah venafsho.

On  peut le dire de cette manière : de telle sorte que les deux Midot soient distinguées.

Cette vieillesses dont on parle ce n’est pas forcément celel qui vient avec l’âge.

Ziqnah n’est pas Sévah – un vieillard n’est pas un vieux. Il y a une expérience de la sagesse du vieillard qui peut être acquise jeune. On l’appelle dans le Midrash : « Zéh shéqanah ‘Hokhmah –

Celui qui a acquis la sagesse ». Cest la démultiplicaiton du mot Zaken = Zeh shé Kanah ‘Hokhmah.

 הָלְכוּ שְׁנֵיהֶם לַעֲשׂוֹת בִּמְלָאכָה

Ils sont allés tous deux ensemble pour accomplir son devoir

וְיַעֲנֶה יִצְחָק לְאָבִיו כָּכָה

Et voici ce que commence à dire Its’haq à son père : 

אָבִי רְאֵה אֵשׁ וַעֲצֵי מַעֲרָכָה

Père, vois le feu et les bois que l’on va disposer sur l’autel

אַיֵּה אֲדֹנִי שֶׂה אֲשֶׁר כַּהֲלָכָה

Mais où est l’agneau qu’il faut selon la règle 

Voyez la perplexité : ils sont partis pour le sacrifice : Abraham, Isaac, le feu et le bois. Et l’animal du sacrifice ? Il y a là un élément d’une dimension profonde qui ne va se dévoiler qu’à la fin. Cela ne peut être que Abraham ou Isaac. C’est cela qu’il y a entre les deux. 

הַאַתְּ בְּיוֹם זֶה דָּתְךָ שׁוֹכֵחַ

Oublies tu ta « religion » aujourd’hui ? 

וְיַעֲנֶה אָבִיו בְּאֵל חַי מַחְסֶה

Et son père lui répondit :aies confiance en le Dieu vivant

כִּי הוּא אֲשֶׁר יִרְאֶה לְעוֹלָה הַשֶּׂה

Car c’est lui qui verra l’agneau pour l’holocauste

דַּע כָּל אֲשֶׁר יַחְפֹּץ אֱלֹהִים יַעֲשֶׂה

Sache que Dieu fait ce qu’il veut. 

Je continue ici sur le fait que le Midrash dit de ces deux Tsadikim qu’ils étaient des sosies, c’est pourquoi Abraham a du prier pour avoir la vieillesse. Et voilà qu’il y a 2 Tsadikim tous deux absolument Tsadikim. Il faut donc décider quelle est la volonté de Dieu. Ce sont deux manières d’être Tsadik. Mais quelle est la volonté de Dieu. Est-ce que sa créature est réussie lorsqu’elle devient le Tsadik de la Midat Ha’Hessed ou bien est-elle réussie lorsqu’elle devient le Tsadik de la Midat HaDin ? Ce sont deux vertus que nous serons par la suite amener à rendre complémentaire et à unifier mais qui sont incompatibles l’une avec l’autre. Ou celle-ci ou celle-là. 

Je voudrais expliquer la perplexité d’Abraham à travers un commentaire du Or Ha’Hayim qui s’appelle le Maor Hashemesh :

On arrive à une impasse avec deux religions possibles : celle d’Abraham et celle d’Isaac. Servir Dieu en tant qu’être l’homme de la vertu de charité ou servir Dieu en tant qu’être l’homme de la vertu de la justice. Et vous savez à quel point c’est incompatible. Le mystère d’Israël c’est que c’est la même identité qui est capable des deux.

C’est incompatible parce qu’au moment où je suis occupé à la vertu de charité je viole la vertu de justice, et au moment où je suis occupé à la vertu de justice je viole la vertu de charité.

Et le drame d’Israël c’est qu’il y a énormément de Tsadikim comme Abraham d’un côté et énormément de Tsadikim comme Isaac de l’autre côté, mais dans la société israélienne, il y a très peu d’enfants d’Israël, c’est-à-dire des Tsadikim de l’unité des valeurs.

Or, nous ne sommes pas Abraham, nous ne sommes pas Isaac, mais nous sommes Israël. Et quand les enfants d’Israël se conduisent comme Abraham, et comme Abraham seulement, ils sont en porte-à-faux avec l’identité d’Israël et nous créent milles problèmes. Et quand ils se conduisent comme Its’haq et comme Its’haq seulement, c’est la même chose de l’autre côté et ils nous créent milles problèmes de l’autre côté. 

Sans Abraham et sans Isaac il n’y a pas d’Israël, mais Abraham seul ou Isaac seul, ce n’est pas Israël. C’est d’un côté Ishmaël et de l’autre côté Essav par ailleurs. 

Maor HaShemesh :

Abraham ne sait pas encore laquelle des deux Midot doit être sacrifiée. Il faut donc supprimer un des deux exemplaire du Tsadik. 

Où est la volonté de Dieu ? Etre Tsadik de la Midat Ha’Hessed ou bien être le Tsadik de la Midat HaDin ? Et Abraham ne sait pas ce qu’il va entendre au moment du sacrifice. Si c’est Isaac qui va être justifié, Abraham s’efface ? Ou si c’est Abraham qui va être justifié et Isaac doit s’effacer ? 

Je vous donne de suite la solution :

Il ne faut pas supprimer la Midat HaDin. Its’haq ne sera pas sacrifié. Il faut la ligoter, la réprimer. Qui va réprimer en la ligotant la Midat HaDin ? Les mains d’Abraham c’est-à-dire la Midat Ha’Hessed. Voilà la solution. Alors Israël peut naître. 

La tentation, où a basculé le chritianisme, serait d’annuler la justice au nom de la charité. La tentation inverse serait d’annuler la charité au nom de la justice. Cela a été la réaction au christianisme qui je pense, très schématiquement, est représentée par la révolution socialiste. On va annuler la charité au nom de la justice. Mais cela vient enr réaction à l’échelle du christianisme qui avait annulé la justice au nom de la charité.

Et vous voyez à quel point les Juifs ont été tenté par ces deux hérésies-là.

Sacrifier Isaac au nom d’Abraham ou sacrifier Isaac au nom d’Abraham.

La solution nous est donnée par une formule qui revient très souvent dans les sources : c’est Mateh kelapei ‘Hessed. (Il incline vers le ’hessed).

Cela veut dire que l’unité des valeur est inclinée du côté de Abraham. Du point de vue de l’imagerie des Midot, nous voyons Jacob qui est au mileu d’Abraham et d’Isaac. Abraham est à droite et Isaac à gauche. Et Jacob est au milieu. Midat Ha’Hessed, Midat HaDin et Midat HaRa’hamin.

Mais la tête de Jacob est penchée vers Abraham. C’est Mateh kelapei ’hessed.

Et nous avons énormément de sources dans les Souguiot de la Guémara, la juridiction talmudique qu’on ne peut pas comrpendre sans cela. Cela veut dire : dans la juridiction formelle pure, on ne peut pas trancher, les deux valeurs sont en compétition et la Halakhah de la Torah demande de trancher du côté du ‘Hessed.  Inclination vis-à-vis du ‘Hessed : c’est le ‘Hidoush de la Torah chaque fois qu’il y a un problème insoluble d’après la législation rationnelle, romaine.

La formule de la Mishnah c’est Merouba midat tashoul e kefel

Cela se lit du point de vue des Midot : Meruba Midat Ha’Hessed méMidat HaDin. Et cela s’appelle la Midat HaRa’hamin.

C’est-à-dire que c’est une clef qui est donnée aux Dayanim. Lorsque vous avez á choisir entre deux décisions juridiques, il faut privilégier la décision par ‘Hessed à la decision par Din.

Cela va beaucoup plus loin, la Guemara Yoma dit : Jérusalem a été détruite parce qu’on appliquait Din Emet Laaamito (un jugement de vérité complétement vrai). Cela va loin : Jérusalem a été détruite parce que les juges décidaient d’après la loi ! Et non par Mateh kelapei ’hessed. Et vous savez à quel point nous sommes en grand danger de cela.

C’est le manque d’humour absolu.

Tous les problèmes de cassures en milles morceaux de cette société viennent de ce que les juges manquent d’humour.

On pourrait ici mettre en forme un enseignement im,portant à partir des sources de la Guémara pour notre temps. L’échec de la société humaine survient lorsque les juges se prennent au sérieux. C’est très grave. 

Il y a une phrase un Passouk de de la Torah (Devarim 25:1) qui dit :

AK5

 on déclarera innocent l’innocent, et coupable celui qui a tort. 

C’est la fonction du juge de dire que le Tsadik est Tsadik et que le Rashâ est Rashâ. Mais si ce n’était que cela on n’aurait pas besoin de lui ! Un ordinateur aplliquerait tout aussi bien mécaniquement le code.

En réalité le Pshat dit וְהִצְדִּיקוּ, אֶתהַצַּדִּיק ils justifieront le Tsadik.

Cela veut dire qu’il ne s’agit pas de condmaner mais de rendre juste. Ils rendront Tsadik le Tsadik et ils rendront Rashâ le Rashâ. Aujourd’hui que fait-on ? On accuse !

C’est la grande différence. Ce n’est pas le métier du juge d’accuser. Le métier du juge c’est de rendre Tsadik : de justifier dans le sens étymologique.

Et on arrive à ces situations où le droit est satisfait mais pas la justice (morale). On bascule dans la mentalité romaine tout simplement. Ce n’est pas par hasard que ce sont les scoiété de droit romain qui sont les sociétés les plus injustes. C’est un grave problème et il faut bien le comprendre. 

Je reviens à la Guémara d’où j’étais parti:

Jérusalem a été détrite parce qu’oin jugeait Din Emet Laamito (un jugement de vérité complétement vrai). Les juges sont devenus des mécaniques du jugement.   

Au fond on a déjà la réponse à l’expression « Akédat Its’haq ».

Si Isaac est omnté sur l’autel dans l’impétuosité de la Midat HaDin. Il en est redescendu avec un Midat HaDin adoucie. Voilà ce qui s’est passé au Har HaMoriah et ce n’est pas du tout qu’un père voulait tuer son fils parce que Dieu l’aurait demandé ! Cela c’est du paganisme d’idolâtres extérieur à la Torah. J’espère vous l’avoir montrer très clairement. 

Mais avec toutes ces dimensions dont nous avons parlé avec le Midrash précédemement, imaginez à quel point nous devons faire effort de purification de toute cette fausse mentalité biblique qui s’est imprégnée des mythes chrétiens. Puisque finalement le christianisme a pour objectif de nous faire vivre le sacrifice d’Isaac. Notre histoire c’est cela vis-à-vis du chrisitianisme. Nous sommes le peuple du Siegneur tant qu’oin vit le sacrifice d’Isaac. Dès qu’on sort de ce cadrede la mentalité païenne – les psy savent à quel point il s’agit de conduites névrotiques.  

Leur mythe c’est le sacrifice de Isaac pleinement réussi. Et ils nous font vivre cette histoire.

Et ne sont pas contents quand on en veut pas la vivre : cela dérange leur confort spirituel… 

Il faut bien comprendre que c’est un danger lorsque la piété juive elle-même risque de basculer là-dedans, et de croire que c’est là le rôle d’Israël d’être la victime expiatoire de l’humanité alors que c’est un mythe païen qui nous est raconté. Le texte de la Akedat Its’haq n’a rien à voir avec cela. 

Je dirais si j’osais – c’est un thème trop énorme pour en parler en 4 phrases – que ce récit de la Akedat Its’haq c’est l’anti-oedipe. Chez les Goyim le fils tue son père. Le récit de la Torah nous montre que chez les Hébreux le père ne tue pas son fils. S’il y avait une tentation hébraïque ce n’est pas l’Oedipe. C’est celle du juif assimilé mais pas celle du Juif de la Torah. La tentation

Hébraïque serait de subjuguer et réprimer l’impétuosité de la Midat HaDin qui apparait dans le sosie du père qu’est le fils adolescent. Mais la tentation, le vertige serait de tuer le fils. Ce serait la piété par excellence.

Alors que le récit nous raconte que le père ne tue pas son fils, contrairement à l’Oedipe ou le fils tue son père. On ne peut pas faire entrer l’âme juive, ou la psyché juive comme diraient les Grecs, là-dedans.  

La première fois où j’ai eu cette éclairage c’est par l’auteur Choupak qui a étudié ces choses-là à Strasbourg, la première fois qu’il en a parlé. Je crois que cela mériterait d’être mis en forme pour mettre un point final à l’utilisation du thème de l’Oedipe par les auteurs juifs contemporains qui cherchent cela dans la société juive. Cela peut se trouver à la rigueur dans une société juive de type hellénisante chez les Juifs. 

Mais le véritable probléme de la vie psychique chez les Juifs c’est celui de la Akedat Its’haq.

Il s’agit d’empêcher l’échec de l’unité des valeurs. Il faut d’abord installer la Midat Ha’Hessed, ensuite installer la Midat HaDin, mais empêcher que la Midat HaDin supprime la Midat Ha’Hessed. Pour cela la solution hébraïque c’est d’atténuer la Midat HaDin. Sinon on va oublier la Midat Ha’Hessed. 

C’est au fond pour arriver à la Kavanah de la prière dans la liturgie même de Rosh hashanah : ce qu’on demande à Dieu c’est de réaliser cela même dans les valeurs d’en-haut. Cela veut dire de ligoter la Midat HaDin d’en-haut comme la Midat HaDin d’en-bas l’a été par Abraham. Ce n’est pas plus compliqué comme Kavanah. C’est la que réside l’appel au Zekhout (mérite) de Akédat Its’haq. Fais pour nous ce que nous avons fait.

Retour au texte : 

נִבְנֶה בְנִי הַיּוֹם לְפָנָיו כִּסֵּא

Mon fils nous allons construire aujourd’hui devant lui un trône

אָז יַאֲמִיר זֶבַח וְהַזּוֹבֵחַ

Alors sera dit qui sera le sacrifice et le sacrificateur

עוֹקֵד וְהַנֶּעְקָד וְהַמִּזְבֵּחַ 

On voit comment le texte est précis : alors seulement on saura lequel des deux sera le sacrifié et lequel des deux sera le sacrificateur. 

Théoriquement, nous aurions pu avoir une issue autre : que la Midat Ha’Hessed soit ligotée par la Midat HaDin. Mais voilà par où passe le judaïsme : par la Midat HaDin ligotée par la Midat Ha’Hessed. 

Dit de manière un peu symbolique : avant de monter sur l’autel pour y être ligotée par Abraham, Its’haq est le père d’Esaü – c’est-à-dire Essav-Edom le droit romain et la raison d’état. Après être monté sur l’autel il est le père de David duquel on dit aussi « Admoni » mais « Yéfé eïnayim ».

Il est la royauté, mais la royauté aux « yeux doux ». Un roi aux yeux gentils.

Alors que Essav est le type du roi tyrannique. Et la Midat Hadin est tyrannique. C’est le Din Qashé, alors que c’est le Din Rafé que représente la Midah de Malkhout de David. 

Il y a un très beau texte du Rav Kouk lorsqu’il dit :

« Nous avons abandonné la politique aux Goyim jusqu’à ce qu’arrive le temps où une société humaine puisse ne pas être barbare ». 

Cela veut dire que Malkhout appartient à Essav tant que Malkhout c’est la barbarie. Lorsqu’on pourra avoir une société basée sur la morale, alors les Juifs auront leur société. Il a prophétisé cela il y a 50 ans, et le temps est arrivé. 

Effectivement, dans le temps de l’histoire des civilisations, c’est le moment de la civilisation humaine toute entière où l’on a commencé à parler de cette utopie que la société humaine pourrait être basée sur un projet moral et non plus sur un projet de puissance. C’est là que le sionisme a commencé à exister et à formuler sa charte.  

En termes symbolique de la Kaballah cela s’appelle la naissance de Joseph. Ce sont les Orot du Mashia’h ben Yossef qui commencent. 

Du même événement, la révolution française, ont surgi parmi d’autres, deux réactions du peuple juif : l’assimilation qui a mené au consistoire central des israélites… etc. Et le sionisme.

Et cela a été formulé par la France: liberté-égalité-fraternité comme charte de la société, et les Juifs ont cru à l’arrivée du Mashia’h ben Yossef, et attirés par la flamme comme un papillon ils se sont assimilés. Mais c’est la première fois qu’un signe clair de la fin de l’empire romain dans le sens traditionnel de l’histoire juive, ou si vous voulez, la fin du cycle romain quand on a commencé à entendre que la société humaine pouvait être basée sur un projet moral. Alors c’est là que les Juifs ont commencé à parler d’avoir leur propre état… Et le Rav Kouk l’a dit de façon simple et claire. 

On peut garder cette image en tête si vous voulez:

Avant la Akédat Its’haq, d’Its’haqa sort Essav- Rome la Midat HaDin.

Après la Akédat Yits’haq il sort David.  

דָּפְקוּ בְּשַׁעְרֵי רַחֲמִים לִפְתֹּחַ

Ils ont frappé aux portes de la miséricorde pour les ouvrir. 

הַבֵּן לְהִזָּבַח וְאָב לִזְבֹּחַ                                                          

Le fils pour être sacrifié et le père sacrificateur

קֹוִים לָאֵל וּבְרַחֲמָיו לִבְטֹחַ

Ils espérent en Dieu – El et ont confiance en sa miséricorde

וְקֹוֵי יְיָ יַחֲלִיפוּ כֹחַ

Et ceux qui ont foi en Hashem renouvelleront leur force

(C’est un verset des Psaumes – renouveller leur force comme on renouvelle un habit)

דָּרְשׁוּ בְּנַחְלַת אֵל לְהִסְתַּפֵּחַ

Ils ont cherché à s’annexer à l’héritage de Dieu.

עוֹקֵד וְהַנֶּעְקָד וְהַמִּזְבֵּחַ
 הֵכִין עֲצֵי עוֹלָה בְּאוֹן וָחַיִל

Il a préparé les bois de l’holocauste avec force et vaillance.

וַיַּעֲקֹד יִצְחָק כְּעָקְדוֹ אַיִל

Et il a attaché Isaac comme on attache le bélier

וַיְהִי מְאוֹר יוֹמָם בְּעֵינָם לַיִל

Et le luminaire de leur jour était pour leurs yeux la nuit

(La lumière du jour était pour eux la nuit)

וַהֲמוֹן דְּמָעָיו נוֹזְלִים בְּחַיִל

Et l’abondance de leurs larmes ruisselait avec force

עַיִן בְּמַר בּוֹכָה וְלֵב שָׂמֵחַ

L’oeil pleurant amèrement mais le coeur en fête.

עוֹקֵד וְהַנֶּעְקָד וְהַמִּזְבֵּחַ

 Ensuite vient l’interpellation à Sarah : c’est Isaac qui parle.

שִׂיחוּ לְאִמִּי כִּי שְׂשׂוֹנָהּ פָּנָה

Racontez à ma mère que sa joie l’a quitté

הַבֵּן אֲשֶׁר יָלְדָה לְתִשְׁעִים שָׁנָה

Le fils qu’elle avait enfanté à 90 ans

הָיָה לְאֵשׁ וּלְמַאֲכֶלֶת מָנָה

A été la proie du feu et du couteau

אָנָה אֲבַקֵּשׁ לָהּ מְנַחֵם אָנָה

Comment/ de grâce lui trouver un consolateur pour elle

צַר לִי לְאֵם תִּבְכֶּה וְתִתְיַפֵּחַ

Je suis désolé lorsque la mère pleure et se lamente

עוֹקֵד וְהַנֶּעְקָד וְהַמִּזְבֵּחַ
 מִמַּאֲכֶלֶת יֶהֱמֶה מִדְבָּרִי

Mon palais est ému à cause du couteau

Ce n’est pas la langue c’est la cavité buccale intérieure profonde : Midbar.

נָא חַדְּדָהּ אָבִי וְאֶת מַאְסָרִי

S’il te plait ne tremble pas dans

Isaac demande qu’Abraham ne tremble pas dans son geste

חַזֵּק וְעֵת יְקַד יְקוֹד בִּבְשָׂרִי
 קַח עִמְּךָ הַנִּשְׁאָר מֵאֲפְרִי

Prend avec toi ce qui restera de ma cendre

וְאְמֹר לְשָׂרָה זֶה לְיִצְחָק רֵיחַ

Et tu diras à Sarah ceci est le parfum restant de Isaac

Il y a une autre allusion c’est que la combustion du sacrifice s’apellait Rea’h. 

עוֹקֵד וְהַנֶּעְקָד וְהַמִּזְבֵּחַ
וְיֶהֱמוּ כָּל מַלְאֲכֵי מֶרְכָּבָה

Tous les anges du trône céleste se sont émus

אוֹפַן וְשָׂרָף שׁוֹאֲלִים בִּנְדָבָה

Ofan et saraf interrogent avec générosité

מִתְחַנְּנִים לָאֵל בְּעַד שַׂר צָבָא

Supplient El par l’intermédiaire du chef des armées

(c’est une des catégories des anges)

אָנָּא תְּנָה פִדְיוֹם וְכֹפֶר הָבָה

Donne la possibilité d’un rachat Pidion vé Kofer Havah ce sont des mots parallélles.

אַל נָא יְהִי עוֹלָם בְּלִי יָרֵחַ

que le monde ne reste pas sans la lune. 

On voit bien que celui/ceux (si ce sont ces trois frères) qui a/ont écrit ce poème est/sont de l’école de Judah Halévi parce que là il est évident qu’il parle d’après les sources de la Kabalah : que le monde ne reste pas sans la lune.Or c’est la lune qui représente la Midat Hadin. Le Tsimtsoum de la Midat haDin : la Midat HaDin ligotée est représentée par la lune. 

עוֹקֵד וְהַנֶּעְקָד וְהַמִּזְבֵּחַ
אָמַר לְאַבְרָהָם אֲדוֹן שָׁמַיִם

Alors le maître du ciel a dit à Abraham

אַל תִּשְׁלְחָה יָד אֶל שְׁלִישׁ אוּרַיִם

Ne porte pas ta main sur celui qui est l’une des trois lumières

(‘Hessed-Din-Ra’hamin)

שׁוּבוּ לְשָׁלוֹם מַלְאֲכֵי מַחְנַיִם

Retournez en paix les anges des camps

Cf. ceux qui accompagnent le voyage de Jacob

יוֹם זֶה זְכוּת לִבְנֵי יְרוּשָׁלַיִם

Ce jour (RoshHashanah et Kipour) est un jour de mérite pour les enfants de Jérusalem

בּוֹ שַׁעֲרֵי רַחֲמִים אֲנִי פּוֹתֵחַ

En ce jour-là je pardonne la faute des enfants de Jacob 

עוֹקֵד וְהַנֶּעְקָד וְהַמִּזְבֵּחַ
לִבְרִיתְךָ שׁוֹכֵן זְבוּל וּשְׁבֻעָה

Pour ton alliance toi qui réside dans les cieux zevoul et

זָכְרָה לְעֵדָה סוֹעֲרָה וּנְגוּעָה

Rappelle le serment que tu as fait pour l’assemblée (Knesset Israël) qui est tourmentée et atteinte de blessures.

וּשְׁמַע תְּקִיעָה תּוֹקְעָה וּתְרוּעָה

Et écoute Tekiah Tokeaah et Térouah (Shvarim) – (Les trois formes du Shofar) 

וֶאֱמֹר לְצִיּוֹן בָּא זְמַן הַיְשׁוּעָה

Et dis à Tsion :le temps du salut est arrivé

יִנּוֹן וְאֵלִיָּה אֲנִי שׁוֹלֵחַ

J’envoie Yinon et Eliyah – (le nom du Mashia’h et Eliyahou HaNavi qui le précède)

עוֹקֵד וְהַנֶּעְקָד וְהַמִּזְבֵּחַ

C’est la fin du texte. Si on avait eu le temps on l’aurait chanté dans les différents airs des différentes communautés.

Manitou – Over blog

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Les séli’hot débutent pour les Séfarades le lundi 5 septembre 2016 au matin tandis que pour les Ashkénazes elles débutent le dimanche 25 septembre 2016.

Les seli’hot (hébreu : סליחות « pardons ») sont, au sens large, des offices de prière et, au sens restreint, des pièces liturgiques juives implorant la clémence divine pour les fautes commises par les enfants d’Israël.

La lecture des seli’hot est associée aux jours redoutables (les ashkénazes l’initient peu avant les dix jours de pénitence tandis que les séfarades le font pendant quarante jours, à partir du mois d’eloul mais on les récite également lors de certains jeûnes.

L’« office des jeûnes » (seder ta’aniyot) est décrit pour la première fois dans la Mishna : à l’ère du second Temple, lorsque la pluie se fait attendre trop longtemps, une série de jeûnes est décrétée au cours desquels ledit office se tient en public et à ciel ouvert. L’officiant commence par citer les Livres de Jonas et de Joël, appelant l’assistance à se repentir véritablement et non pas verbalement ou superficiellement. Il récite ensuite une prière qui comprend vingt-quatre bénédictions, soit six de plus que la prière des jours ordinaires. L’assemblée examine ses actes, confesse ses fautes et l’on procède à une lecture publique de la Torah avant de poursuivre la journée en supplications.

Dans la littérature des Sages

Ces supplications ainsi que les six bénédictions supplémentaires consistent en compilations de versets bibliques adaptés aux circonstances. Cependant, des compositions pénitentielles apparaissent à leurs côtés, comme le Mi she’ana qui clôture chacune des six bénédictions ou l’Avinou Malkenou qui, dans sa version originale, ne contient que deux vers mais parvient, selon le Talmud, à susciter la pluie plus efficacement que l’office des vingt-quatre bénédictions.

Abordant plusieurs questions que la Mishna n’a pas traitées, le Midrash fait remonter l’office des jeûnes et les seli’hot au verset Psaume 20:2 (« Dieu te répondra au jour de la détresse ») : son auteur, le roi David, le rédige après avoir pressenti la destruction du Temple et, par conséquent, la disparition du rite des offrandes qui permet aux enfants d’Israël d’obtenir l’expiation de leurs fautes ; Dieu lui fait alors savoir qu’il répondra à leurs prières aux heures d’adversité s’ils se réunissent pour réaliser les « offices du pardon » (sidrei seli’ha).

C’est ainsi qu’il a agi après la faute du veau d’or, comme le déduit Rabbi Yohanan d’Exode 34:5-7. Du fait de cet enseignement, l’énonciation des treize attributs de la miséricorde divine contenus dans Exode 34:6-7 devient l’élément central de l’office du pardon. Un autre midrash sur Psaumes 47:6 sert par ailleurs d’inspiration directe à la seli’ha El melekh yoshev (« Dieu Roi trônant »), composée pour introduire la récitation des treize attributs.

Cette seli’ha et d’autres comptent sans doute parmi les premières tentatives du piyyout, un genre lyrique apparu aux premiers siècles de l’ère commune dans les communautés juives hébraïsantes afin d’embellir et, dans certains cas, remplacer les prières établies (bien que beaucoup, dont Vèhou ra’houm, demeurent en usage). Élaborées pour la plupart au viie siècle, elles sont communes à la plupart des rites liturgiques, avec des variations de formulation et de mise en musique plus ou moins importantes. Beaucoup s’inspirent de la littérature biblique tardive et en particulier des Psaumes, tant par les thèmes (exil, oppression, repentir etc.) que par la forme : il s’agit de litanies constituées de phrases courtes, éventuellement arrangées selon l’ordre alphabétique, comme Ashamnou mikol ‘am ou l’ordre alphabétique inversé comme Tamanou mèra’ot. Certaines pièces, comme Anshei emouna avadou, tentent de produire un rythme, en jouant sur les syllabes, les accents toniques ou les divisions dans les vers ; d’autres, comme El erekh apayim et Adon haseli’hot, essaient en outre d’évoquer la rime en recourant aux assonances ou aux refrains.

Dans la littérature médiévale

Tandis que le piyyout se développe en Galilée, les premières codifications du rite paraissent en Babylonie, dans le Seder (« Rituel ») d’Amram ben Sheshna à la fin du ix siècle et, un siècle plus tard, dans celui de Saadia ben Joseph, gaon de Soura.

S’appuyant sur l’autorité de son prédécesseur Cohen Tzedek ben Abimaï, Amram prescrit de réciter l’office des seli’hot au petit matin des dix jours de pénitence (de Roch Hachana à Yom Kippour) ; après l’Ashrei (une prière composée de psaumes qui introduit les offices de prière), il se poursuit par la récitation de plusieurs compilations de passages bibliques et de litanies. Chaque compilation est séparée de l’autre par l’énonciation des treize attributs, laquelle est précédée par El melekh yoshev et suivie de la confession des fautes. L’Avinou Malkenou (amplifié au cours des siècles précédant la rédaction du seder et contenant désormais une forme de confession ainsi que de nombreuses requêtes) est quant à lui intégré aux offices quotidiens du matin et de l’après-midi des mêmes jours.

L’ordonnancement de Saadia est similaire mais il y ajoute librement nombre de pièces liturgiques de sa composition, introduisant le piyyout dans un milieu qui lui était, jusque là, fortement hostile et y apportant ses propres innovations formelles et thématiques. Il est ainsi le premier à rédiger des seli’hot fondées sur le midrash des Dix Martyrs.

La coutume de lire les seli’hot pendant les dix premiers jours de tishri découle vraisemblablement d’un usage ancien de jeûner en ces jours. Elle est suivie par Haï Gaon de Poumbedita puis Moïse Maïmonide, Abraham ben Nathan de Lunel et la communauté de Gérone. Cependant, des communautés d’Orient puis d’Espagne lisent les seli’hot à partir du mois d’eloul en vertu d’un midrash sur Psaumes 47:6. David Aboudirham indique que certains le font à partir du 15 eloul. La communauté de Barcelone commence dix jours plus tard (le 25 eloul étant le premier jour de la création selon l’opinion de Rabbi Eliezer) et celle de Perpignan lors des lundis et jeudis d’eloul (outre les dix jours de pénitence). Quant au Mahzor Vitry, rituel des communautés établies au xi siècle dans le nord de la France et de la vallée du Rhin, il prescrit de commencer la lecture dans la nuit qui suit le chabbat précédant Roch Hachana.

Se diversifient significativement au niveau du style et il devient possible de les distinguer et de les classifier selon leur forme, leur rythme, leur thème etc.

Le style évolue avec le temps, avec l’apparition de strophes puis de rimes et l’adoption progressive des canons utilisés par les civilisations byzantine, syrienne et arabe au sein desquelles vivent les Juifs. Les poèmes sont graduellement rédigés avec des strophes à deux lignes (les selihot sont alors dites sh’niyot), trois lignes (shlishiyot) et quatre lignes (shalmoniyot). Les shniyyot comprennent des lignes de trois à sept mots. Certaines sont pourvues d’une rime au milieu de la strophe, dans la première ligne comme dans la seliha intitulée Torah hakedosha ou dans les deux lignes comme dans le Makhnisse ra’hamim d’Eléazar de Worms. Dans l’Arid bessi’hi, Isaac ben Yakar pousse le raffinement à faire figurer la rime intermédiaire non seulement dans les deux lignes mais aussi dans la rime finale. De plus, la seconde hémistiche commence par le dernier mot de la première. Les shlishiyot marquent le passage vers la rime et leur dernière ligne est souvent un verset biblique.
Ces poésies sont le plus souvent anonymes (seule une poignée de poètes sont nommément connus avant le x siècle, parmi lesquels Yosse ben Yosse et Saadia Gaon et ne sont pas appelées seli’hot mais rahamim, bakkashot, ‘atirot, tehinnot ou tahanoun car il ne s’agit pour leurs auteurs que de « requêtes », d’« implorations » ou de « supplications » envers Dieu, seul à dispenser du pardon.

Dans la littérature ultérieure

Les standards des seli’hot sont fixés au milieu du xvie siècle : Joseph Caro adopte la coutume pour les séfarades de lire les seli’hot depuis le début du mois d’eloul tandis que Moïse Isserlès confirme l’habitude des ashkénazes de les commencer le dimanche précédant Roch Hachana ou le dimanche de la semaine précédente lorsque Roch Hachana commence un lundi ou un mardi. Un commentateur ultérieur fait dériver la pratique ashkénaze de l’interprétation rabbinique de Nombres 15:3  : « vous ferez une offrande par le feu à Dieu » devient « vous vous ferez offrande etc. » et il convient d’inspecter les animaux destinés à l’offrande pendant quatre jours à la recherche d’éventuels défauts. D’après un autre, l’usage est dicté par la volonté de concilier la coutume pieuse de jeûner pendant dix jours et l’impossibilité de le faire pendant les deux jours de fête de Roch Hachana, lors du chabbat précédant Yom Kippour et lors de la veille de celui-ci.

Au niveau du rituel également, bien que diverses seli’hot soient composées au cours des siècles suivants, elles n’intègrent plus la liturgie ou seulement dans les communautés locales et en des occasions particulières.

Les Sél’hot qui se récitent quarante jours durant avant le Yom Kipour renvoient en tout premier lieu aux supplications de Moïse pour obtenir le pardon d’Israël à la suite de la faute du veau d’or, alors que ces dernières avaient duré, elles aussi, quarante jours et quarante nuits pour aboutir au pardon accordé le Yom Kipour.

Si elles sont souvent chantées, c’est bien pour favoriser un plus grand ressenti intérieur des fidèles invités à vibrer avec une mélodie qui doit favoriser cette vibration indispensable.

Mais le but essentiel est surtout la prise de conscience du devoir d’effort permanent pour éviter les transgressions de tout genre et tendre vers un respect plus scrupuleux des lois Divines. C’est à travers cet effort quotidien durant quarante jours que s’instaure un mode de conduite plus résolu.

Wikipédia et JForum.fr

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Une perspective philosophique pour éclairer ce qui semble être un contre-sens économique.

Pourquoi la Torah l’oblige-t-elle de soutenir autrui, même au risque de perdre entièrement ses richesses durement gagnées.

 » N’empruntez ni ne prêtez jamais « , énonce un vieil adage. La Torah pourrait souscrire à sa première partie, mais elle s’opposera vigoureusement à sa deuxième. Car elle énonce à la fois une obligation active de prêter à ceux qui en ont besoin, et une sévère réprobation de celui qui refuse par avarice de consentir un prêt.

Même quand il est possible qu’un prêt devienne irrécouvrable, la Torah exige qu’il soit néanmoins accordé. Par exemple, beaucoup d’agriculteurs ont un besoin impérieux pendant l’année sabbatique de contracter des emprunts pour survivre, puisqu’ils ne peuvent pas disposer des produits de leurs champs.

Or, à la fin de cette même année, selon la loi de la Torah, on ne pourra plus réclamer le remboursement d’un prêt. Mais la Torah donne un avertissement au prêteur :  » Prends garde à toi, de peur qu’il n’y ait avec ton cœur une pensée néfaste qui dise : « La septième année approche ! », et tu agiras cruellement envers ton frère pauvre, il pleurera vers D.ieu, et cela te sera compté comme un péché  » (Deutéronome 15, 9).

On peut s’interroger sur cette attitude intransigeante envers les prêts. Après tout, la Torah a déjà strictement interdit toute forme d’usure, ce qui est déjà étonnant en soi, puisque le prêteur pourrait aisément investir son argent et lui faire produire un rendement fructueux au lieu de le prêter. Pourquoi la Torah l’oblige-t-elle de soutenir autrui, même au risque de perdre entièrement ses richesses durement gagnées ?

De plus, l’obligation qui lui est ainsi imposée semble constituer un contresens économique. Comment une entreprise pourra-t-elle survivre si on lui impose de faire crédit jusque dans les situations les plus risquées ? Certes, à une époque tardive de l’histoire juive, Hillel, le célèbre Sage, a constaté que les gens s’abstenaient de prêter de l’argent avant l’année sabbatique à cause de la crainte, très compréhensible au demeurant, de ne pas rentrer dans leurs fonds.

Aussi a-t-il institué le prousboul, un mécanisme juridique destiné à permettre le recouvrement des dettes après l’année sabbatique. Étant donné que cette mitsvah constitue un contresens économique, quelle est la logique de la Torah lorsqu’elle exige que nous accordions des prêts aussi hasardeux ?

UN MOYEN EFFICACE DE COMBATTRE LA PAUVRETE
Celui qui est provisoirement à court de fonds et dont le crédit est au plus bas doit obtenir la possibilité de se rétablir.

Cette question doit être examinée dans une perspective philosophique. Le judaïsme croit que les richesses ne seront pas partagées d’une manière uniforme et que  » la pauvreté ne cessera pas dans le monde  » (Deutéronome 15, 11). D.ieu a fait de certains des hommes riches et d’autres des êtres indigents afin de nous rappeler que les actes de bonté (‘hessèd) sont le fondement du monde. Les riches doivent déployer tous leurs efforts afin d’adoucir les effets du dénuement sur les pauvres.

Or, l’un des moyens les plus efficaces de combattre la pauvreté est de rétablir le crédit de l’individu dans le besoin afin qu’il puisse retrouver une activité économique. Cela ne créera certes pas une égalité totale, mais cela aboutira à ce  » qu’il n’y ait pas de pauvre parmi vous  » (ibid. 15, 4), dès lors que l’on se sera porté à son aide, par des actes de charité ou par des prêts sans intérêts, et que le riche aura rempli la fonction pour laquelle on lui a octroyé ses richesses. Cette société idéale deviendra alors si opulente qu’elle pourra s’acquitter du même devoir à un niveau macro-économique :  » Tu prêteras à de nombreuses nations, et toi tu n’emprunteras pas  » (Deutéronome 15, 6).

Cette promesse est intimement liée aux prêts accordés aux nécessiteux pendant l’année sabbatique, puisque c’est une des manifestations les plus fondamentales de la bonté humaine.
Il n’existe aucune obligation de prêter à quelqu’un qui s’est dérobé à ses obligations lors de précédents emprunts, ou qui a gaspillé l’argent qu’il avait alors obtenu (Ahavath ‘hessèd 1, 9). En revanche, celui qui est provisoirement à court de fonds et dont le crédit est au plus bas doit obtenir la possibilité de se rétablir. Cela profitera d’ailleurs à toute la société,  » car à cause de cette chose-là D.ieu te bénira dans toute ton activité et dans toute entreprise de ta main  » (Deuyéronome 15, 10).

Cette croyance fondamentale en la providence divine intervenant dans toute activité économique sert de base à notre attitude lorsque nous prêtons de l’argent et accomplissons des actes charitables.
Si D.ieu ne nous l’avait pas ordonné, il n’y aurait aucune raison d’ordre économique à accorder des prêts sans intérêts, sans parler du fait que, sans la munificence de D.ieu, nous n’aurions pas d’argent du tout.

Une autre catégorie de bénéficiaires est constituée par les étudiants désargentés,qui seront plus tard capables de subvenir à leurs besoins.

Dans son livre In the Marketplace, Meir Tamari, fondateur du JCT (Centre pour l’éthique dans les affaires et pour la responsabilité sociale), indique que le prêt sans intérêts était utilisé au siècle dernier comme l’un des moyens de résoudre les difficultés rencontrées par les immigrants venus d’Europe de l’Est.

La plupart d’entre eux ne disposaient d’aucune réserve pour se créer leurs propres affaires, et les banques hésitaient à leur accorder des crédits, puisqu’il était difficile d’évaluer le risque engagé et que beaucoup d’entre eux n’avaient pas de répondants.

En revanche, ces immigrants juifs ont pu avoir recours à beaucoup de sociétés pratiquant le prêt sans intérêts, ce qui leur a permis d’ouvrir des commerces et de les faire fonctionner en attendant de pouvoir faire appel à d’autres instruments de crédit.

En plus, Meir Tamari relève que ces sociétés de prêts sans intérêts permettent également de réadapter les salariés qui font l’objet de mesures de licenciement économique prises par des entreprises en voie de restructuration. Beaucoup de ces salariés seraient réduits à la misère s’ils ne pouvaient pas trouver un autre emploi ou se réadapter aux nouvelles conditions du marché du travail.

C’est ainsi que ces sociétés peuvent se révéler très utiles pour permettre aux travailleurs de se mettre à leur compte ou de trouver d’autres emplois. Une autre catégorie de bénéficiaires est constituée par les étudiants désargentés, qui seront plus tard capables de subvenir à leurs besoins, mais qui ont besoin d’un soutien financier pour pouvoir en arriver là.

Le ‘Hafets ‘hayim, Rabbi Yisrael Méir Hakohen, suggère que chacun se constitue chez soi une petite caisse de prêts sans intérêts, dans laquelle il puisera pour venir en aide à des pauvres. Il accomplira de cette manière bien plus d’actes charitables que celui qui prête aux riches, et chaque prêt constituera une mitsvah distincte (Ahavath ‘hessèd, 2ème partie, chap. 13).

Il ajoute :  » Je sais que l’on préfère prêter à des gens plus à l’aise, là où il y a moins de risques de voir son argent perdu … mais c’est là précisément la raison pour laquelle la Torah a dû nous ordonner de préférer le pauvre … et nous promettre que  » à cause de cette chose-là D.ieu te bénira dans toute ton activité « .

Forts de cette croyance, renforçons notre résolution d’employer notre argent à la seule fin pour laquelle il nous a été donné : venir en aide à autrui.

(Le rabbin Yoël Domb a été diplômé par le JCT (Center for Business Ethics and Social Responsibility –  » Centre pour l’éthique dans les affaires et pour la responsabilité sociale « ) et il appartient à la faculté du JCT Pari Midrach. Boursier du Centre pour l’année universitaire 2000-2001, il effectue actuellement des recherches sur les sujets d’éthique dans les affaires contenues dans la loi juive et il prépare un cours destiné à faciliter l’enseignement de ces sujets dans les yechivoth.)

Traduit et adapté par Jacques Kohn

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Dans cette paracha Moïse poursuit l’oeuvre d’édification historique, morale et spirituelle commencée avec Devarim. Cette oeuvre est littéralement une tokhah’a, une admonestation au sens du Lévitique. L’on se souvient du principe fondamental en la matière «.. ne te venge pas, ne garde pas rancune, admoneste ton compagnon (okhiah’vetokhiah’) et tu aimeras ton  prochain comme toi même : Je suis l’Eternel ».

Si Moïse n’avait pas ressenti un immense et incorruptible amour pour le peuple libéré de l’esclavage pharaonique, d’abord il n’aurait pas contribué à sa libération, ensuite il ne l’aurait pas sauvé de ses fautes les plus graves ( Le Veau d’or, les explorateurs, Korah’, etc ) enfin, sachant que,  lui, ne traverserait pas le Jourdain, il l’aurait laissé à son propre sort, même si la relais avait été formellement pris avec Josué.

Cet amour a été éprouvé au creuset de ces épreuves. Il s’atteste à présent, depuis plusieurs parachiot, précisément par ces toh’akhot, par ces récits récapitulatifs, cette anamnèse  synthétique qui met en évidence, sans complaisance mais sans nul ressentiment  non plus, les échecs, les fautes, les transgression mais simultanément, il ne faut jamais l’oublier,  la capacité de surmonter ces échecs, ces fautes, ces transgressions. Moïse met réellement en application les prescriptions énoncées  dans le verset essentiel consacré à l’amour du Prochain.

C’est ainsi qu’une nouvelle fois, et sous un angle différent, le peuple est invité à faire preuve d’esprit de suite, de cohérence comportementale et intellectuelle. Lorsque l’on fait un vœu, que l’on s’est engagé par un serment ou par une promesse, il faut donner suite à cette parole là.

De même lorsque l’on s’est porté partie prenante à l’Alliance du Sinaï, aux dix Paroles, capillarisées dans les 613 mitsvot, il n’y a plus d’autre alternative : il  faut en respecter les énoncés, mettre en application ce qu’elles autorisent ou s’empêcher d’accomplir ce qu’elles interdisent. D’où cette nouvelle admonestation: «Vois : j’ai donné devant vous aujourd’hui la bénédiction et la malédiction».

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La bénédiction se réalisera à condition que la Loi soit respectée et réalisée. Sinon, ce sera la malédiction. Afin que nul ne s’y trompe  l’une et l’autre s’identifieront à deux monts distincts, le mont Guérizim, dans le premier cas, le mont Êibal dans l’autre. D’où ces deux questions  aussi.

Pourquoi solliciter ici la vue, alors que la prière centrale, le Chemâ, sollicite l’ouïe? On aura compris qu’il ne s’agit pas ici de faire prédominer un sens par  rapport à l’autre. Dans chaque cas, est sollicité celui des sens qui se relie le mieux à son objet et permet de le discerner  de la manière la plus précise.

L’écoute est sollicitée  lorsqu’il faut saisir le sens d’une parole, la portée d’une prescription ; la vue lorsque le moment est venu de la réaliser en milieu physique, relativement aux êtres vivants. Dans tous les cas, les sens sollicités le sont corporellement mais le sont aussi intellectuellement et spirituellement. La vue, au sens optique, ne se dissocie pas de la vision, au sens intellectuel  et même prophétique.

Mais pourquoi avoir référé la bénédiction et la malédiction à deux monts distincts? Justement aux fins de différenciation, sans ambiguïté. La bénédiction est porteuse de vie, présente et future.

La malédiction a  partie liée avec la mort. Il faut à tout prix distinguer les deux domaines, ne pas s’imaginer qu’il soit possible de mixer ces deux contraires, de les synthétiser. Le choix est inéluctable et se formulera bientôt de manière on ne peut plus catégorique : «J’ai mis devant toi la vie et la mort, la malédiction et la bénédiction. Choisis  la vie». Nous aurons à y revenir.

La vie ni la mort ne sont des idées vagues, des notions fumeuses. La mort est l’inverse de  la vie. Elle la prend à rebours pour recouvrer les voies du chaos originel, toujours présent. En retour, la vie est le contraire de la mort. Plus le choix en est fait fortement et lucidement et plus l’emprise de la mort se desserrera.

Ce n’est pas  matière à débats académiques. La vie et la bénédiction résultent non pas de vœux pieux mais de la mise en oeuvre de la loi. La vie et la loi sont deux aspects conjoints de la même réalité. La Loi est loi de vie.

Elle préserve et consolide celle qui est déjà acquise ; elle favorise celle qui s’édifie ;  elle annonce celle qui surgira de l’une et de l’autre. Autrement, il ne faut pas croire qu’il ne se passera rien ; que la non- application de la Loi ne produira que de l’indifférence, du neutre. Cette illusion  par elle même est déjà mortelle. C’est elle qui sévit en Erets Canaan  et qui a assigne leur  terminus  aux peuplades qui croient y vivre alors qu’elle n’y sont que posées, tels des objets sur un support.

Moïse en appelle à cette forme de pensée que l’on pourrait qualifier de «  calcul spirituel » assimilable au calcul mental. Calculer mentalement c’est le faire en se passant d’objets  tangibles, pommes, petits cailloux, ou bout des doigts. Il n’en va  pas autrement de la réflexion morale en ce qu’elle anticipe des conséquences autrement inéluctables.

C’est pour en avoir douté que le peuple d’Israël fera l’amère  expérience de l’exil, et c’est pour en avoir recouvré la capacité que cet exil a pris fin. Le pire des exils est celui de la pensée, celle, vivace, qui procède de cette sagesse de cœur grâce à laquelle le Sanctuaire du désert d’abord, le Temple de Jérusalem ensuite ont pu être édifiés. Pourquoi le proroger! La pensée disqualifiée parce que asservie au désir de mort n’en sera jamais assouvie.

Raphaël DRAÏ Z’l

 

 

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« Tu mangeras, tu te rassasieras et tu rendras grâce à l’Éternel ton D.ieu pour le bon pays qu’il t’a donné »(Deutéronome, 8, 10)

Dans sa longue harangue, Moise rappelle ici que pendant les quarante années de leur séjour dans le désert, nos ancêtres ont été redevables de leur nourriture à D.ieu.

C’est lui qui, journellement, leur fournissait la manne; c’est donc bien grâce à sa bienveillance et à sa sollicitude qu’ils avaient pu manger normalement et à leur faim sur ces terres arides.

Chaque matin ils avaient senti, en allant recueillir sous la rosée la nourriture céleste, que c’était bien l’Eternel qui la leur avait préparée. journellement ils avaient eu de la sorte l’occasion de lui exprimer leur reconnaissance.

II allait en être tout autrement maintenant. Ils allaient pénétrer en Canaan, sur une terre de culture où dorénavant, il leur faudra tirer leur nourriture de la terre par leur effort personnel. Certes « ils ne manqueront de rien », dit l’Eternel, car le pays est arrosé, fertile, produisant de riches récoltes. Mais ils ne pourront en profiter que dans la mesure où ils travailleront la terre. II ne pourra plus être question de  » recueillir la manne « , si auparavant on n’a pas labouré, semé, arrosé, moissonné, etc.

Cette nouvelle situation recelait un danger contre lequel Moise tient à mettre en garde les enfants d’Israël. Il se peut que, dans ces conditions, ils en arrivent à  » oublier D.ieu  » et à se dire :  » C’est ma propre force, c’est le travail de mes bras, qui m’a valu toute cette richesse « . Il se peut qu’ils s’attribuent à eux-mêmes toutes leurs réussites et en arrivent à méconnaître la part de D.ieu dans le résultat de leurs efforts.

Aussi, Moïse tient-il à signaler que, même lorsqu’il peut sembler que D.ieu n’intervient pas directement – comme ce fut le cas dans le désert -dans la fourniture de notre nourriture quotidienne, il est en vérité à nos côtés pour nous faire prospérer et réussir. II est donc indiqué que nous tenions à l’en remercier.

On a trop tendance à croire qu’il est normal que chaque être vivant trouve sa part quotidienne de nourriture. II devrait certes en être ainsi, mais malheureusement ce n’est pas le cas et le nombre des hommes affamés – et qui meurent de faim ! – à travers le monde est extrêmement grand. Nombreux sont ceux qui, malgré un travail dur et pénible, n’arrivent pas à manger convenablement ni à nourrir leur famille.

Si nous avons le bonheur de manger à notre faim, sachons ne pas oublier celui qui nous a permis de nous rassasier et prions et agissons pour que de moins en moins d’hommes soient tiraillés par la faim.

Jean SCHWARZ

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Dans la parasha précédente au cours de laquelle nous avons réécouté les Dix Paroles et l’acte de foi du Juif : « shémâ Israël »,  la Torah nous rappelle qu’il existe d’autres mitsvoth qui, bien qu’elles succèdent aux précédentes ne doivent pas être prises à la légère.

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La paracha de la semaine: Ekev par infolivetv

Le mot EKEV  vocalisé différemment signifie talon (AKEV) et, étant de la même racine, le mot EKEV peut signifier « à cause de » ce qui, dans ce contexte précis, pourrait signifier : bien que ces mitsvoth suivent les précédentes (okevot = talonner) ou encore :à cause des mitsvoth  (précédentes).

Et Shimshon Raphaël Hirsch interprète différemment : ne foulez pas ces mitsvoth aux pieds (avec vos talons). Ceci vient confirmer ce que nous avons déjà appris : nul ne peut donner une valeur croissante ou décroissante à des mitsvoth et nous devons nous efforcer de les observer toutes tant que faire se peut même si certaines nous apparaissent plus négligeables ou plus importantes que d’autres.

Nous pourrons aussi inverser les lettres de ekev pour faire le mot kevâ (fixe) pour nous signifier que nous devons faire de toutes ces mitsvoth  une règle fixe et immuable.

Nous avons compté cette année pour tishâbeav que 1948 ans nous sépare de cette si triste date et, à ce propos je voudrais attirer votre attention  dans la parashat Ekev Moïse rappelle que c’est lors de l’alliance « beynhabetarim »  que D conclut avec Abraham Avinou (promesse d’une nombreuse descendance et d’un merveilleux pays).

Or,  cette alliance eut lieu  en l’an 1948 depuis la création du monde !  Et, l’Indépendance de l’Etat d’Israël  fut promulguée ainsi que le monde entier le sait en 1948  ou en תש »ח    initiales que l’on peut commenter ainsi  תהיה שנת חרות   cette année sera l’année de la liberté.

Les promesses exprimées par D dès le début de la péricope EKEV démontrent d’un amour profond et sans limite du Créateur pour Ses créatures. Pour l’observation de la Torah et pour rendre à D l’amour qu’IL nous porte, le Saint Béni soit IL promet solennellement de nous épargner tous les fléaux, toutes les plaies, toutes les maladies, de nous faire vainqueurs de tous nos ennemis.

A  propos des plaies dont Hashem nous épargnera, le Gaon de Vilna[1] se pose la question de savoir pour quelles raisons tous ces rabbins de Bné Brak dans la Haggada de Pessah commentent les plaies et cherchent à en connaître le nombre exact l’un dit soixante, un autre deux cent cinquante  et d’autres encore, le Gaon propose de comprendre les choses ainsi étant donné que nous serons dispensés des plaies terribles qui se sont abattues en Egypte,  plus nous en dénombrerons et moins nous risquerons d’être touchés mais, la raison qui semble être la plus acceptable est que toutes les plaies et leurs dérivés étaient au nombre de 610 auxquelles s’ajoutent les trois groupes de plaies דצ »ך עד »ש באח »ב  ce qui amène le Sefat Emet[2] à affirmer que HaShem nous a donné les 613 mitsvoth de la Torah pour nous permettre de lutter contre tous les fléaux qui s’étaient abattus sur l’Egypte.

Le verset 17 nous précise que même si nous ne nous exprimons pas de vive voix, même si nous avons conscience que nous ne nous sommes pas acquittés de nos devoirs même si nous avons commis de grosses fautes et que nous ne le reconnaissons pas publiquement, D nous pardonnera et remplira Sa promesse.  Ainsi, petit à petit les Nations qui nous haïssent et qui ne veulent pas nous laisser vivre en paix sur notre Terre, seront vaincues, chassées et effacées.

Au chapitre suivant, chapitre VIII, le verset 3 nous enseigne : …. L’homme vit de tout ce qui sort de la bouche de D.  La parole de D : il s’agit tout autant de la parole spirituelle (la Torah) que la parole qui sert au matériel (shéhakolnihyabidvaro la bénédiction que l’on prononce après avoir mangé quelque chose qui n’est ni un fruit de l’arbre ou de la terre ou de la vigne).

Lorsque ce même homme (haadam האדםvaleur numérique 50) évolue dans la vie, il suit une certaine progression  tout comme nous l’enseigne D Lui-Même : tu mangeras, tu seras rassasié (et alors) tu remercieras l’Eternel pour le bon pays qu’Il t’a donné. Etant donné que nous devons remercier D pour la nourriture qu’Il nous donne tant matériellement que spirituellement, les Sages en ont conclu que l’homme (haadam) devra s’acquitter vis-)-vis du Créateur d’un total de 100 bénédictions quotidiennes  (haadam -50- multiplié par deux).[3].

Bénédiction en hébreu se dit ברכה  (berakha) et dans ce mot on en distingue un autre : ברך, bérekh : genou. Toutes les lois qui donnent une direction à nos actes s’appellent ‘halakhot : הלכות  dont la racine est le verbe aller ou lalékhet ללכת. Or qu’est ce qui nous permet d’articuler nos jambes pour marcher sinon le genou, c’est-à-dire en d’autres termes que la berakha, que nous faisons nous mène sur la voie de la loi, de la ‘halakha.

Le pain, la bénédiction et le pays sont les thèmes centraux de cette parasha bien que l’on y évoque aussi les tefiline et la mezouza.

Le pain est la base de l’alimentation encore que D ait dit que « l’homme ne vivra pas seulement de pain mais de tout ce que l’Eternel a créé pour la consommation »…. Pourtant, à chaque fois qu’il est question de subsistance, il est question de « mihya »,  qui est d’ailleurs un mot qui vient du mot hayim : vie.

La vie du peuple juif doit se dérouler dans ce pays que D donne à Son peuple. La Terre. Le Pays. En l’espace de trois versets le mot eretz est écrit 7 fois allusion aux 7 fruits par lesquels le pays s’est distingué ainsi qu’il est écrit :

כי ה’ אלוקיך מביאך אל ארץ טובה : ארץ נחלי מים עינות ותהומות יצאים בבקעה ובהר, ארץ חיטה ושעורה וגפן ותאנה ורימון ארץ זית שמן ודבש, ארץ אשר לא במסכנות תאכל בה לחם לא תחסר כל בה ארץ אשר אבניה ברזל ומהרריה תחצוב נחושת. ואכלת ושבעת-וברכת את ה’ אלוקיך על הארץ    הטובה אשר נתן לך      

A la lecture de ces versets se pose une question : pourquoi les « fruits de la terre » qui sont les 7 fruits par lesquels le pays a été gâté apparaissent-ils dans cet ordre ?

De cet ordre-là, en effet, on déduira dans quel ordre on devra faire notre berakha on commencera par les produits fabriqués à partir des 5 céréales (blé, orge, seigle, épeautre et l’avoine) puis, si sur une table se trouvent les fruits d’Eretz Israël, on fera d’abord la bénédiction sur le vin/jus de raisins/raisin, puis sur les figues, les grenades, les olives et les dattes. Datte étant désignée sous l’appellation générique de miel, car à l’époque biblique, les abeilles n’existaient pas dans le pays et le miel était celui des dattes (silan).

Caroline Elisheva REBOUH



[1]Eliyahou ben Shlomo Zalman  (1720-1797) surnommé HaGra –acronyme de HaGaon Rabénou Eliyahou).

[2] Yéhouda Arieh Leib Alter 1847  Varsovie (Pologne) -1905  GoraWalakiya (Pologne) surnommé Sefat Emet d’après le titre de son œuvre majeure. Petit-fils de Ytshak Méïr Alter  et fils de Abraham Mordékhay Alter. Yéhouda Arieh Leib Alter eut deux fils qui furent eux aussi continuateurs de cette lignée.

[3]  Si nous prenons en considération que déjà avec trois fois par jour amida de 18 bénédictions = 54 avec les autres bénédictions de la vie courante nous atteignons rapidement le total de 100 et comme pour le shabbat ce ne sont pas 18 bénédictions mais 7×3+1 moussaf il nous faut donc veiller à faire d’avantages de bénédictions sur les mets et autres.

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« Pour prix de votre obéissance (êkev tichmeôun) à ces lois et de votre fidélité à les accomplir, l’Eternel votre Dieu sera fidèle aussi au pacte de bienveillance (eth haberith véeth hah’essed) qu’il a jurée à vos pères. Il t’aimera, te bénira, te multipliera. Il bénira le fruit de tes entrailles et le fruit de ton sol, ton blé (deganekha), ton vin (tirochekha) et ton huile (veytsharekha), les produits de ton gros et menu bétail dans le pays qu’il a juré à tes pères de te donner » (Dt, 7, 12, 13). Bible du Rabbinat.

On le constate, la Parole divine se veut d’engagement réciproque. Mais de quelle sorte de réciprocité? En contre-partie de l’obéissance requise des enfants d’Israël, ceux –ci se verront gratifiés de tous les bienfaits cités au texte. Cette réciprocité est indiquée par un mot particulier: êkev dont il s’agit de comprendre le sens intime et les implications.

A priori êkev désigne le talon, autrement dit la partie du corps qui marque la jonction entre la terre et la direction du ciel, elle même indiquée par la station debout, la seule qui caractérise l’être humain. Ainsi disposé, le corps forme bien un trait d’union entre le monde d’en-haut et le monde d’en-bas.

Le talon est également la partie du pied qui touche le sol la première lorsque la personne marche. Au contraire de la plante, l’homme n’est pas statiquement enraciné mais il se déplace, et ses trajets sont inhérents à ses projets.

En ce sens, le talon indique le point de tangence et non pas d’immobilisation entre les dimensions horizontale et verticale de l’être.

Il comporte d’autres significations encore car quelle est la différence entre la démarche consciente et le fait de se mouvoir en titubant, comme si l’on allait s’effondrer à chaque pas?

Dans la démarche consciente les pas sont liés entre eux et forment ce qu’il est convenu de nommer une démarche.

C’est sur quoi insistent les versets précités: à la fin de la Traversée du désert où il est arrivé plus d’une fois que le peuple ait titubé, au moment de franchir le Jourdain et ainsi s’engager dans l’univers des peuples, plus que jamais le peuple doit se convaincre qu’il n’est pas d’alternative à la cohérence de ses pensées et de ses itinéraires.

Le mot êkev se rapporte alors non plus à la cohésion physique de la marche et à son équilibre externe mais à la cohérence des consciences que doit habiter l’esprit de suite, la relation vitale de cause à effet.

Comme on y a maintes fois insisté, il serait contraire à cet état d’esprit d’avoir adhéré à une Alliance et de ne pas la mettre en pratique, d’être un peuple sacerdotal et de se profaner du soir au matin.

Un éclairage étymologique permettra de mieux le comprendre. Le mot êkev est construit sur la racine ÂKV que l’on retrouve dans le nom du patriarche Jacob, Yaâkov. Lorsque les lettres de cette racine sont désordonnées, elles forment le mot BaKÂ, qu’on retrouve dans BiKÂ, la faille, la cassure, la béance.

C’est sur une bikâ que s’établit la civilisation de Babel, une civilisation amnésique et décervelée, avec la catastrophe qui s’ensuit. Selon cette acception, la civilisation d’Israël est à tout le moins une contre-Babel: là où la cassure sévit, elle promet l’unité et le lien; là où l’irrationnel l’emporte elle fait prévaloir comme on l’a dit l’esprit de suite et la relation responsable de cause à effet.

Et c’est pourquoi les bienfaits qui découlent de cette réciprocité lucide et conséquente sont nommés comme ils le sont. On observera en effet que les trois produits essentiels: dagantiroch et ytshar se rapportent tous trois au vocabulaire de la Genèse alors que l’Humain se trouvait établi dans le lieu adéquat à son être et à sa vocation.

DaGaN, le blé se rapporte comme son nom l’indique au Gan Eden; dans tiRoCh se trouvent les lettres composant le mot roCh que l’on retrouve dans BeRéChit, et enfin dans le mot ytsh’HaR se retrouvent les lettres HR qui se trouvent dans le mot HaR qui désigne l’éminence topographique mais aussi la conception biologique et la conception intellectuelle.

Autrement dit, comme contrepartie de l’observance d’une Berith qui est aussi un acte de grâce, de h’essed, le peuple pourra bénéficier d’une abondance matérielle continue.

Cependant, cette abondance ne concernera pas que les corps: elle fera accéder le peuple tout entier et par lui l’Humain au degré spirituel originel que le nom de ces trois produits symbolisent.

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Raphaël DRAÏ Z’l

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«Maintenant donc, ô Israël, écoute les lois (h’oukim) et les règles (michpatim) que je t’enseigne (melamed) pour les pratiquer (laâssot); afin que vous viviez (tih’you) et que vous possédiez (richtem) le pays que l’Eternel, Dieu de vos pères vous donne» (Dt, 4, 1). Bible du Rabbinat.

 

La conception juive de la Loi a tant souffert des médisances et des caricatures liées aux polémiques théologiques puis philosophiques qui ont assombries la pensée humaine, qu’il importe de lui restituer son vrai visage. Le verset précité y contribue.

On constate que cette conception s’ordonne selon deux niveaux: les h’oukim, ou principes génératifs, et les michpatim, ou règles de droit positif, effectif; ensuite que h’oukim etmichpatim doivent s’enseigner, donc en appeler à l’intelligence de leur forme et de leur contenu; et enfin qu’ils doivent se pratiquer. Cette dernière obligation se rapporte à l’engagement souscrit par les Bnei Israël au Sinaï lorsqu’ils déclarèrent à l’unisson: «Nous ferons et nous comprendrons (naâssé venichmâ) ».

La formule a suscité un nombre considérable de commentaires. On insistera sur un seul groupe d’entre eux concernant en effet non pas la seule intelligence théorique, l’on dirait presque contemplative, de la Thora mais bien sa mise en pratique. Une mise en pratique dont il faut néanmoins discerner la perspective générale et les modalités particulières.

La perspective générale est tracée dès le récit de la Genèse lorsqu’il est indiqué à propos des commencements de la Création qu’elle fut accomplie mais non parachevée, de sorte qu’il y eût encore à faire, littéralement: laâssot. La reprise de ce verbe au livre du Deutéronome n’est pas anecdotique: elle corrèle génériquement la mitsva précitée à la parole du Créateur.

Chaque fois que l’on observe un h’ok, que l’on donne substance et sens à un michpat, que l’on accomplit effectivement une mitsva, au delà des prescriptions particulières concernées l’on poursuit l’oeuvre d’ensemble de la Création. Créer à ce niveau devient donc si l’on peut ainsi s’exprimer l’exposant, ou le coefficient, duh’ok, du michpat et de la mitsva en cause. Mais il y faut une condition: qu’il s’agisse véritablement d’un accomplissement.

Le verbe laâssot doit ainsi être exactement compris: il ne s’agit pas pour les Bnei Israëld’exécuter tout simplement et passivement la loi à laquelle ils ont souscrit comme si elle était un ordre venu de l’extérieur. En accomplissant la Loi ils ne se comportent nullement comme de simples exécutants mais comme des créateurs. Le verbe laâssot se rapporte bien à une manière créatrice de faire, de se comporter.

C’est pourquoi les Pirkei Avotdisposeront: «Pas de Thora sans dérekh éretz», pas de loi sans une certaine manière de se conduire marquée par l’attention à autrui, la politesse, la courtoisie, l’aménité. Car ce qui rend la Loi effective ce ne sont ni les démonstrations savantes, pour aussi utiles qu’elles soient, ni les plaidoyers véhéments mais tout simplement la manière de faire, la façon de se conduire vis à vis d’autrui et de soi même.

L’on peut à ce propos reprendre le Décalogue entier, puis les 613 mitsvot l’une après l’autre. Une fois qu’on aura démontré leur origine divine, il restera à faire une autre démonstration: que cette origine-là soit relayée par la volonté humaine, que l’humain s’avère véritablement le coopérateur, le choutaf du Créateur pour parachever l’oeuvre de la Création. Autrement sévissent le clivage au plan psychique, et l’hypocrisie, lah’aniphout, au plan moral.

A quoi bon affirmer que l’univers a été créé par les dix Enonciations divines, les dix Maamarot, si l’on ne respecte pas la parole que l’on a donnée, la promesse que l’on a dispensée, l’engagement que l’on a pris? A quoi sert de rappeler que la Création s’est ordonnée en six phases actives et une phase réflexive pour le Créateur lui même si l’on s’avère personnellement incapable de réguler une activité devenue fin en soi? A quoi bon affirmer aimer Dieu si ce même amour n’est pas dispensé au prochain, pour qui je suis moi même prochain en ce sens là?

Comme le disent parfois certains philosophes ce ne sont pas nos comportements qui donnent sens à nos valeurs. Nos comportements sont déjà des valeurs en eux-mêmes. Et si tout cela doit faire l’objet d’un enseignement, c’est que nul ne saurait être juge à ses propres yeux de sa propre cause.

Il faut apprendre à se comporter de telle manière que les valeurs qui éclairent nos existences soient validées par nos existences proprement dites. Tel est l’enseignement que Moïse dispose à un peuple qui, au bout de quarante années d’enseignement continu, doit prouver par sa façon de vivre que l’engagement souscrit au Sinaï ne constitue pas une suite de vains mots. Ainsi apparaît, au moment de franchir le Jourdain, sa responsabilité pour les temps à venir.

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 Raphaël DRAï

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« Ecoute Israël, l’Eternel notre D.ieu est un D.ieu unique » (Deutéronome, 6, 4)

En plus d’une répétition des Dix commandements, nous trouvons dans cette sidra un des versets les plus connus et les plus populaires parmi les juifs: le Chema.

Si ce verset jouit d’une telle notoriété, c’est parce qu’il constitue la profession de foi du judaïsme : la croyance en l’unité de D.ieu.

 » Ecoute Israël « , dit Moise, fais bien attention à ce que je vais te dire maintenant car c’est particulièrement important :  » L’Eternel notre D.ieu est un D.ieu un.  » Celui que nous aimons actuellement nous seuls, ce D.ieu auquel nous nous soumettons et dont nous reconnaissons la souveraineté, est en vérité le seul et unique D.ieu.

Et si aujourd’hui tant d’hommes ne le vénèrent pas encore et n’admettent pas qu’il est l’unique, nous sommes persuadés qu’un jour viendra où il sera reconnu comme tel par tous les hommes.

Nous savons qu’Abraham a été le premier à identifier le D.ieu unique et à le faire connaître et aimer autour de lui. Et sa  » découverte  » a constitué un progrès immense à son époque. La pluralité des dieux entraîne, par la force des choses, des cultes différents et les adeptes de ces cultes ne peuvent faire autrement que se détester et même s’entretuer.

Les dieux eux-mêmes sont d’ailleurs censés se battre pour remporter la victoire et prouver leur supériorité sur un autre dieu rival.

En affirmant et en proclamant l’unité de D.ieu, la Torah lutte donc, non seulement pour faire connaître une vérité évidente – que le monde n’a qu’un souverain maître, de même qu’il n’a eu qu’un créateur – mais aussi pour établir l’entente, la paix, le bonheur entre tous les hommes, unis par une même foi en un même D.ieu unique.

Pour l’instant, il y a un D.ieu unique et un peuple unique qui a bien voulu accepter de s’allier à lui par l’intermédiaire de la Torah unique.

C’est le peuple d’Israël qui est le témoin vivant, de par sa fidélité, de l’unité de D.ieu ; il est le TÉMOIN – mot formé par les dernières lettres du premier et du dernier mot du CHEMA, écrits dans la Torah en plus gros caractères que le reste du verset.

Mais pour témoigner utilement en faveur de cette unité il nous faut  » aimer l’Éternel de tout notre cœur, de toute notre âme et au prix de tous nos biens  » et œuvrer pour la constitution d’une humanité unique.

LE RABBIN JEAN SCHWARZ

 

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Vespasien entama le siège de Jérusalem. Néanmoins, un élément qu’il n’avait pas pris en compte vint entraver ses visées expansionnistes. En effet, la solidité des murailles ainsi que la complexité de leur assemblage constituaient autant de facteurs dissuadant toute attaque.

Désabusé, il entreprit d’encercler la ville dans sa totalité dans l’espoir de briser ainsi tout élan de résistance de la part de la population. Tel était donc le bilan d’une pareille situation : la ville se voyait assiégée, les allées et venues anéanties.

Les Sages de la Torah siégeant à Jérusalem envisagèrent une solution pacifique afin d’éviter le pire. Ils déclarèrent ainsi : « Sortons et concluons un accord de paix avec les romains ! » Mais Jérusalem comptait en son sein quelques factions composées d’éléments aux imposantes carrures qui n’envisageaient en aucun cas quelque reddition que ce fut.

« Sortons et livrons combat aux romains ! » proclamèrent-ils. Les sages d’Israël, avec à leur tête Yo’hanane ben Zakaï, étaient opposés à une telle démarche. Les contingences actuelles s’avéraient défavorables à une quelconque résistance armée. Les sages comprenaient parfaitement que toute tentative de lutte était vouée à l’échec et n’entrainerait qu’un bain de sang inutile. Les opposants abusés par leur attitude rebelle placèrent le long des murailles une imposante garde afin de dissuader toute personne tentée de sortir et de nouer un pacte de paix avec les romains.

Cependant, lorsque cette situation perdura, ils décidèrent de franchir une étape nouvelle dans leur stratégie de résistance à l’ennemi : ils incendièrent tous les entrepôts de blé et d’orge, afin de pousser les habitants de Jérusalem à l’insurrection. Cet acte précipité n’eut que pour unique conséquence l’instauration d’un état de famine aux proportions démesurées.

Les murailles de Jérusalem s’effondrent

Vespasien, devant se rendre à Rome pour prendre possession du pouvoir, désigna son fils Titus afin de conquérir Jérusalem. Le lendemain de la fête de Pessa’h, la troisième année … débuta l’invasion romaine. Titus entreprit dans un premier temps l’enfoncement des murailles à l’aide de béliers en acier constitués à partir de poutres de bois dont l’extrémité était enduite d’acier épais.

La puissance de leurs coups désagrégeait peu à peu la solidité des murailles. Sur les côtés, étaient disposées de redoutables catapultes qui projetaient des rochers d’un poids de 35 kg sur une distance de 300 mètres. Titus utilisa également une sorte de « perceuse de murailles », engin en acier qu’il était possible de faire graviter à vive allure dans la roche, et qui devait percer les murailles.

Néanmoins, Titus ainsi que ses soldats étaient pleinement conscients que par voies naturelles toutes ces machines de guerre restaient totalement obsolètes. Mais le poids des fautes entraîna la destruction de la ville.

Ainsi, le 7 Iyar Titus parvint à fendre la muraille extérieure (surnommée la « troisième muraille ») de Jérusalem. Lorsque la muraille s’éventra il s’exclama : « D.ieu guerroie pour nous, seule la main redoutable de D.ieu a expulsé les juifs de ces murailles imprenables. Que peuvent tenter de faire les mains de l’homme ainsi que ses machines de guerre face à de telles forteresses ?! »

Les jours qui suivirent, Titus ainsi que ses généraux élaboraient un nouveau plan concernant la deuxième muraille ; ainsi, quelques jours après, celle-ci céda également.

Une seule muraille demeurait imprenable et continuait d’assurer la protection du mont du Temple. Celle-ci étant davantage renforcée, servit de socle pour l’édification du « fortin Antonia », qui se distinguait par sa robustesse et se situait entre le nord et l’ouest du mont du Temple servant ainsi de rempart protecteur pour l’ensemble de la ville.

Vers le début du mois de Tamouz, les Romains entamèrent la conquête de la dernière muraille. Ils devaient faire face à une résistance farouche. Les dissensions qui jadis minaient le peuple s’effacèrent devant l’union à la résistance.

Les habitants livrèrent un combat sans merci, mais le sort de Jérusalem était définitivement scellé ; le 17 Tamouz le rempart d’Antonia fut totalement détruit, libérant la voie vers le mont du Temple.

La maison de D.ieu devient la proie des flammes

Néanmoins, il n’est point de sagesse, ni de conseil, et ni de bravoure face aux décrets divins.

Un soldat romain s’approchant des ailes situées sur le flan nord du Temple réussit à s’élever sur l’une des fenêtres et à projeter une torche qui embrasa très rapidement l’ensemble du Beth Hamikdach.

Les tentatives les plus audacieuses visant à éteindre le feu échouèrent, et cela au prix même de leurs vies ; le décret était désormais scellé.

Le 9 et 10 Av de gigantesques flammes déployaient leurs tentacules vers les cieux, emportant avec elles les cris des enfants de Sion dont le cœur ne pouvait supporter la vue d’un pareil opprobre fait à la maison de D.ieu ; ainsi, une multitude d’entre eux préférant la mort à un tel supplice moral se jetèrent au travers des flammes.

Les Romains parvenant finalement à pénétrer au sein du Temple, passèrent par le glaive les premières victimes se trouvant sur leur passage ; tout en impurifiant le sanctuaire de D.ieu, ils s’acharnèrent à propager le feu aux moindres recoins.

Jérusalem fut détruite jusqu’à ses fondements ; une population en grande partie décimée par la férocité de l’ogre romain ainsi que des survivants que l’on acheminait vers les geôles de César, autant d’éléments qui traduisaient l’ampleur d’une situation où le néant régnait en maître.

Ni l’amoncellement de ruines, ni les tunnels souterrains n’offrirent de caches suffisamment fiables à la population ; les Romains parvinrent à débusquer la quasi-totalité des fuyards.

Les chefs de la rébellion périrent également lors des combats ; Yo’hanane de Gouch ‘Halav brisé et en proie à l’épuisement dû à la faim ainsi qu’à l’usure d’une guerre qui semblait ne jamais s’achever, sortit de sa grotte pour tomber entre les mains de l’ennemi.

Shimon Bar Guiora tenta lui de fuir par un tunnel aboutissant à l’extrême opposée de la ville mais fut également fait prisonnier. Ces deux symboles de la rébellion juive devaient connaître le même sort que leurs concitoyens ; ils furent embarqués à bords de vaisseaux en direction de Rome.

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Le jeûne du 9 Av, commémorant entre autre la destruction des deux Temples de Jérusalem, a commencé hier soir dès la sortie du Chabbat en Israël et dans le monde entier. Cette date particulière recèle à la fois la tristesse et l’espoir en des jours meilleurs.

La neuvième jour du mois de Av est une date marquée par de nombreuses tragédies dans l’histoire juive. Ce jour-là:

  • Les Juifs dans le désert pleurèrent de peur après avoir entendu le rapport des explorateurs qui avaient parcouru la Terre d’Israël, et D. a décrété, comme relaté dans Nombres 13-14, qu’ils ne seraient pas autorisés à entrer en Terre d’Israël jusqu’à ce que toute la génération ait disparu. Nos sages disent que les paroles de D. étaient une prophétie: « Vous avez pleuré pour rien, et je vais vous donner une raison de pleurer pour les générations à venir. »
  • Beitar, la dernière forteresse à tenir au cours de la révolte de Bar Kochba en l’an 135 de l’ère commune, tomba aux mains des Romains et plus de 100.000 juifs furent tués.
  • Un an plus tard, la zone du temple a été labourée, marquant la dernière étape de la présence nationale juive dans la terre promise jusqu’à l’époque moderne.
  • C’est un 9 Av que les juifs ont été pour la première fois de France en 1306. C’est à la même date qu’ils avaient été expulsés d’Angleterre en 1290.
  • L’expulsion cruelle des Juifs d’Espagne par le roi Ferdinand et la reine Isabelle en 1492 a eu lieu en ce triste jour.
  • La Première Guerre mondiale a éclaté en 1914, causant des souffrances indicibles aux Juifs d’Europe et de Palestine.
  • C’est aussi un 9 Av que Heinrich Himmler reçut l’ordre d’approbation de la Solution finale le 2 août 1941.
  • La déportation massive des Juifs du ghetto de Varsovie au camp d’extermination de Treblinka a commencé le 9 Av 1942.
  • Il y a une tragédie plus récente. Les Juifs du Goush Katif ont passé leur dernière journée légale dans leurs maisons à Tisha BeAv en 2005, et en ont été expulsés trois jours plus tard.

Pourtant, les sages enseignent aussi que le Messie sera né un 9 Av et que la partie la plus triste des prières quotidiennes – les lamentations – n’est pas récitée ce jour, dans l’anticipation de la Rédemption joyeuse finale qui transformera le 9 Av en un jour de joie. Une vieille coutume Jérusalem était de blanchir les murs de sa maison dans l’après-midi du jeûne, en préparation pour l’arrivée du Messie.

Pour illustrer notre réflexion, on relate cette histoire mettant en scène le célèbre rabbin Akiva[3]qui a soutenu l’une des dernières révoltes juives antiromaines dirigée par Bar Kochba[4].

Rabbi Akiva, raconte le Talmud, passa un jour avec ses élèves près du Mont du Temple, quand ils aperçoivent un renard qui rôde sur l’emplacement du Saint des Saints. Les compagnons de Rabbi Akiva fondent en larmes, mais Rabbi Akiva sourit :

« Pourquoi ris-tu ? » lui demandent-ils. « Et pourquoi pleurez-vous ? ». « Nous voyons l’endroit où seul le grand Prêtre avait accès hanté par les renards et nous ne pleurons pas ? » « C’est pour cela, répond Akiva que je ris. Si la menace divine de détruire son sanctuaire s’est bien réalisée, sa promesse de le reconstruire plus beau qu’avant s’accomplira certainement aussi » et les autres de s’écrier « Akiva, tu nous as consolés ».

Cette anecdote contient les thèmes majeurs de l’histoire du monde juif: splendeur, destruction et renaissance.

CAN

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Dans notre société de consommation et d’abondance, que l’on soit pratiquant ou pas il n’est pas toujours facile de concevoir un jeûne de près de 25 heures. Et pourtant, le jeûne est souvent recommandé pour améliorer sa santé ou même se soigner (pas seulement pour maigrir!).

Dans le judaïsme le rôle du jeûne est double: laisser la place au spirituel et se déconnecter, afin de mieux analyser notre conduite (« Heshbon Nefesh).

Pour ceux qui vivent le jeûne comme un événement quasi traumatique, voici quelques conseils afin que celui du 9 Av le soit le moins possible.

  1. Il est recommandé de diminuer l’absorption de caféine un à deux jours précédant le jeûne.
  2. Il faut boire fréquemment la veille, 10 à 12 verres d’eau.
  3. Il est préférable de manger plusieurs petits repas sains avant le repas de clôture.
  4. Eviter les boissons gazeuses, les mets relevés ou trop épicés, salés.

Conseils pour le menu du repas d’avant le jeûne:

  1. Préférez les aliments contenant des glucides: le riz, le pain complet, le boulgour. Ceci créera des « réserves ». Ajoutez à cela un peu de gras comme la Ta’hina (crème de sésame), de l’avocat ainsi que des protéines comme du thon et des œufs. Et comme cette année la veille du jeune tombe un shabbat, vous pouvez manger de la viande et du poulet, .
  2. Il est très important de bien mâcher (tout au long de l’année d’ailleurs) et de manger lentement.
  3. Au dessert n’optez pas pour quelque chose de sucré. Le sucre provoque la production d’insuline qui donne un sentiment de faim.
  4. N’attendez pas la dernière minute pour terminer votre repas, laissez-vous le temps de boire à nouveau avant le début du jeûne.
  5. Durant le jeûne, évitez toute activité physique.

L’après 9 Av:

  1. Ne pas boire vite et/ou beaucoup et/ou froid! Un thé ou un jus de fruits avec un gâteau fera le lien avec le repas. Faites ensuite un arrêt. Une petite pause d’une demi-heure avant le repas sera parfaite.

Personnes malades, femmes enceintes, personnes âgées ou prenant des médicaments pour maladies chroniques: il vous est conseillé de prendre l’avis du médecin et du Rav (les deux!) avant le jeûne pour savoir comment se conduire en cas de graves faiblesses ou malaises potentiels.

CAN