Torah

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Vue d’ensemble de la fête de Pessa’h en 2011

Dimanche

17 avril – 13 Nissan

Avez-vous déjà vendu votre ‘Hamets ? Votre autorité rabbinique locale peut vous aider (cliquez ici pour trouver l’émissaire ‘Habad-Loubavitch le plus proche de chez vous) ou bien envoyez par e-mail votre formulaire « d’autorisation de vente du ‘Hamets ».

Faites la recherche du ‘Hamets à la tombée de la nuit (cliquez ici pour l’heure exacte). Récitez la bénédiction avant la recherche, puis l’annulation du ‘Hamets (Kol ‘hamira) suite à la recherche. Cliquez ici pour plus d’information sur la recherche et la suppression du ‘Hamets.

Lundi

18 avril – 14 Nissan

La Veille de Pessa’h

Lois & Coutumes :

Le Jeûne des premiers-nés. Il est d’usage d’être exempté du jeûne en participant à un repas donné en l’honneur de l’accomplissement d’une Mitsva, par exemple pour la conclusion de l’étude d’un traité du Talmud (« Siyoum massekhet »). De tels repas sont généralement organisés dans les synagogues après la prière du matin de ce jour.

Avez-vous bien vendu votre ‘Hamets ? Dernier appel ! Votre autorité rabbinique locale peut vous aider (cliquez ici pour trouver l’émissaire ‘Habad-Loubavitch le plus proche de chez vous) ou bien envoyez par e-mail votre formulaire « d’autorisation de vente du ‘Hamets ».

Arrêtez de manger du ‘Hamets avant la fin de la quatrième « heure solaire » (cliquez ici pour l’heure exacte).

Brûlez votre ‘Hamets restant (qui n’a pas été vendu) avant la cinquième « heure solaire » (cliquez ici pour l’heure exacte).

Il est de coutume de réciter « L’ordre de l’offrande du sacrifice Pascal » après l’office de Min’ha.

Allumez les bénédictions de la fête après la tombée de la nuit en utilisant une flamme existante, en récitant les bénédictions 2 et 4. Cliquez ici pour les bénédictions et ici pour l’heure d’allumage des bougies dans votre ville. Cliquez ici pour un résumé des lois de Yom Tov.

Le Hallel complet est récité durant l’office de Maariv (office du soir) de la fête.

Premier Sédère : le Sédère inclut l’observance de nombreuses Mitsvot bibliques et rabbiniques, parmi lesquelles manger de la Matsa et du Maror (herbes amères), boire quatre verres de vin, raconter l’histoire de la sortie d’Égypte à nos enfants, s’accouder en signe de liberté, etc. (Cliquez ici pour le guide du Sédère.)

Pour trouver un Sédère public près de vous, cliquez ici (en anglais).

La première nuit de Pessa’h est dénommée « Leïl Chimourim » (une nuit protégée), en référence à Exode 12, 42.

Mardi

19 avril – 15 Nissan

1er jour de Pessa’h

Lois & Coutumes :

Office du matin. Le Hallel entier est récité. Deux rouleaux de la Torah sont extraits de l’arche.
Lecture de la Torah : Exode 12, 21 à 51 et Nombres 28, 16 à 25.
Haftarah : Josué 3, 5-7 ; 5, 2 à 6, 1 ; 6, 27.

A partir de la Amida de Moussaf, nous disons « morid hatal », la prière pour la rosée, et nous cessons la prière pour la pluie. Cette pratique se poursuit jusqu’à Chemini Atseret, la fête qui suit immédiatement Souccot.

Les Cohanim bénissent l’assemblée au cours de la prière de Moussaf.

Repas de fête.

Le Halel complet est récité au cours de l’office de Maariv (office du soir), suivi du « Compte du Omer ». Nous comptons ce soir le premier jour du Omer. Le compte du Omer est récité chacun des 49 jours prochains, jusqu’à la fête de Chavouot le cinquantième jour. Ces 49 jours représentent les 49 étapes de développement personnel qui nous amènent du départ de notre « Égypte personnelle » jusqu’au pied du mont Sinaï, lorsque nous sommes prêts à accepter la sagesse de la Torah.

Allumez les bénédictions de la fête après la tombée de la nuit en utilisant une flamme existante, en récitant les bénédictions 2 et 4. Cliquez ici pour les bénédictions et ici pour l’heure d’allumage des bougies dans votre ville.

Deuxième Sédère : le Sédère inclut l’observance de nombreuses Mitsvot bibliques et rabbiniques, parmi lesquelles manger de la Matsa et du Maror (herbes amères), boire quatre verres de vin, raconter l’histoire de la sortie d’Égypte à nos enfants, s’accouder en signe de liberté, etc. (Cliquez ici pour le guide du Sédère.)

Mercredi

20 avril – 16 Nissan

2ème jour de Pessa’h

Lois & Coutumes :

Office du matin. Le Halel entier est récité. Deux rouleaux de la Torah sont extraits de l’arche.
Lecture de la Torah : Lévitique 22, 26 à 23, 44 et Nombres 28, 16 à 25.
Haftarah : Rois II 23, 1-9 et 21-25.

Les Cohanim bénissent l’assemblée au cours de la prière de Moussaf.

Repas de fête.

Après la tombée de la nuit, on compte le 2ème jour du Omer.

Après la tombée de la nuit, récitez la cérémonie de Havdalah, en omettant les bénédictions sur les épices et la flamme.

On célèbre les jours intermédiaires (de demi-fête) de Pessa’h. Dans cette période qui sépare les deux premiers des deux derniers jours de Pessa’h, nous pouvons reprendre la plupart de nos activités habituelles (mais pas toutes). Cependant, nous continuons bien sûr à consommer exclusivement de la nourriture cachère pour Pessa’h. Il est de coutume de boire un verre de vin ou de jus de raisin chaque jour, comme élément de célébration de la fête.

Jeudi

21 avril – 17 Nissan

3ème jour de Pessa’h

1er jour de ‘Hol Hamoed (demi-fête)

Lois & Coutumes :

Office du matin : Dans la plupart des communautés, on ne porte pas les Téfilines lors des jours intermédiaires de Pessa’h.

Le Hallel réduit est récité. Deux rouleaux de la Torah sont extraits de l’arche. Lecture de la Torah : Exode 13, 1-16 et Nombres 28, 19-25. On récite la Amidah de Moussaf. Durant tous les jours intermédiaires, on ajoute Yaaleh Veyavo dans toutes les prières et les grâces après les repas.

Les jours intermédiaires de Pessa’h, certaines restrictions s’appliquent quant aux activités professionnelles et les tâches qu’il est permis d’effectuer.

Après la tombée de la nuit, on compte le 3ème jour du Omer.

Vendredi

22 avril – 18 Nissan

4ème jour de Pessa’h

2ème jour de ‘Hol Hamoed (demi-fête)

Lois & Coutumes :

Office du matin : Dans la plupart des communautés, on ne porte pas les Téfilines lors des jours intermédiaires de Pessa’h.

Le Hallel réduit est récité. Deux rouleaux de la Torah sont extraits de l’arche. Lecture de la Torah : Exode 22, 24-23, 19 et Nombres 28, 19-25. On récite la Amidah de Moussaf. Durant tous les jours intermédiaires, on ajoute Yaaleh Veyavo dans toutes les prières et les grâces après les repas.

Les jours intermédiaires de Pessa’h, certaines restrictions s’appliquent quant aux activités professionnelles et les tâches qu’il est permis d’effectuer.

Avant le coucher du soleil, allumez les bougies de Chabbat et récitez la bénédiction 1. Cliquez ici pour la bénédiction et ici pour l’heure d’allumage des bougies dans votre ville

Les prières du soir de Chabbat débutent par Mizmor LeDavid et non par Lékhou Néranena. Après la Amidah, on compte le 4ème jour du Omer.

Appréciez un relaxant repas de Chabbat avec une nourriture de Pessa’h (pas de ‘Halot, bien sûr. On fait le motsi avec deux Matsot).

Chabbat

23 avril – 19 Nissan

5ème jour de Pessa’h

3ème jour de ‘Hol Hamoed (demi-fête)

Lois & Coutumes :

Office du matin : Office de Chabbat normal. On ajoute Yaaleh Véyavo dans la Amida.

Le Hallel réduit est récité. Deux rouleaux de la Torah sont extraits de l’arche. Lecture de la Torah : Exode 33, 12-34, 26 et Nombres 28, 19-25. Haftarah : Ézéchiel 37, 1-14.

On récite la Amidah de Moussaf des fêtes, avec les ajouts spécifiques à Chabbat.

Repas de fête.

Prière du soir. On ajoute Atah ‘honanetanou dans la Amidah. Après la Amidah, on compte le 5ème jour du Omer.

Après la tombée de la nuit, on récite la Havdalah.

Dimanche

24 avril – 20 Nissan

6ème jour de Pessa’h

4ème jour de ‘Hol Hamoed (demi-fête)

Lois & Coutumes :

Office du matin : Dans la plupart des communautés, on ne porte pas les Téfilines lors des jours intermédiaires de Pessa’h.

Le Hallel réduit est récité. Deux rouleaux de la Torah sont extraits de l’arche. Lecture de la Torah : Nombres 9, 1-14 et Nombres 28, 19-25. On récite la Amidah de Moussaf. Durant tous les jours intermédiaires, on ajoute Yaaleh Veyavo dans toutes les prières et les grâces après les repas.

Les jours intermédiaires de Pessa’h, certaines restrictions s’appliquent quant aux activités professionnelles et les tâches qu’il est permis d’effectuer.

Allumez les bougies pour le 7ème jour de Pessa’h et récitez la bénédiction 2. Cliquez ici pour les bénédictions et ici pour l’heure d’allumage des bougies dans votre ville.

Office du soir. Après la Amidah, on compte le 6ème jour du Omer.

Repas de fête avec le Kidouche de la fête.

C’est une tradition dans de nombreuses communautés de veiller toute la nuit en étudiant la Torah, en commémoration du grand miracle de l’Ouverture de la Mer qui eut lieu le 7ème jour de Pessa’h.

Lundi

25 avril – 21 Nissan

7ème jour de Pessa’h — Chevii Chel Pessa’h

Lois & Coutumes :

Office du matin : Le Halel réduit est récité. Deux rouleaux de la Torah sont extraits de l’arche.
Lecture de la Torah : Exode 13, 17-15, 26 et Nombres 28, 19-25.
Haftarah : Samuel II 22, 1-51.

Les Cohanim bénissent l’assemblée au cours de la prière de Moussaf.

Repas de fête.

Office du soir. Après la Amidah, on compte le 7ème jour du Omer.

Allumez les bougies pour le 8ème jour de Pessa’h après la tombée de la nuit, en utilisant une flamme existante, et en récitant la bénédiction 2. Cliquez ici pour les bénédictions et ici pour l’heure d’allumage des bougies dans votre ville.

Mardi

26 avril – 22 Nissan

Dernier jour de Pessa’h — A’haron Chel Pessa’h

Lois & Coutumes :

Office du matin : Le Halel réduit est récité. Deux rouleaux de la Torah sont extraits de l’arche.
Lecture de la Torah : Deutéronome 15, 19-16, 17 et Nombres 28, 19-25.
Haftarah : Isaïe 10, 32-12, 6. cette Haftarah décrit l’ère messianique ainsi que la personnalité du roi Machia’h.

La prière de Yizkor en mémoire des défunts est récitée après la lecture de la Torah.

Les Cohanim bénissent l’assemblée au cours de la prière de Moussaf.

Repas de fête.

En ce dernier jour de Pessa’h, nous aspirons à un plus haut degré de liberté : celui de la Rédemption messianique. Suivant la coutume instaurée par le Baal Chem Tov, nous terminons Pessa’h par Séoudat Machia’h, le « repas du Machia’h » en consommant un repas supplémentaire avec de la Matsa et quatre verres de vin, au cours duquel nous célébrons l’arrivée imminente du Machia’h (le Messie). Ce repas commence avant le coucher du soleil et se prolonge jusqu’après la tombée de la nuit.

Prière du soir. Après la Amidah, on compte le 8ème jour du Omer.

Après la tombée de la nuit, on récite la Havdalah, en omettant les bénédictions sur les épices et la flamme.

La tombée de la nuit marque la fin officielle de Pessa’h (cliquez ici pour l’heure exacte dans votre ville). Attendez une heure pour donner au rabbin le temps de racheter votre ‘Hamets avant d’en consommer.

Mercredi

27 avril – 23 Nissan
Le jour suivant la fête est dénommé Isrou ‘Hag. Il est interdit de jeûner en ce jour.

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« ‘Hamets » signifie du grain fermenté. À Pessa’h, non seulement nous ne mangeons pas de ‘hamets, mais nous ne devons pas même en posséder. Si un aliment ou une boisson contient ne serait-ce que des traces de blé, orge, seigle, avoine, épeautre et leurs dérivés et n’a pas été empêché de lever ou de fermenter, c’est du ‘hamets. Ce qui signifie que n’importe quelle nourriture fabriquée industriellement de nos jours est présumée ‘hamets, sauf si elle est certifiée ne pas l’être.

Le problème est que nos maisons en sont infestées. C’est pourquoi nous nous lançons dans une mission d’extermination à travers un grand nettoyage de printemps les semaines qui précèdent Pessa’h. Nous attaquons tous les endroits où la nourriture peut pénétrer (laissez tomber les endroits où la nourriture ne rentre jamais).  Ous déplaçons les meubles, cuisinières et réfrigérateurs, cherchons sous les coussins des canapés et frottons les chaises, les placards et les étagères. Ensuite, il y a le bureau, les poches des manteaux et la voiture.

Le problème est que nos maisons en sont infestées. C’est pourquoi nous nous lançons dans une mission d’extermination.

La cible principale est, bien sûr, la cuisine. Après l’avoir nettoyée, recouvrez toutes les surfaces entrant en contact avec la nourriture avec de l’alu ou du papier.
Il vous faudra des ustensiles et des appareils électroménagers spéciaux pour Pessa’h. Si cela représente trop, sachez que certains ustensiles peuvent être rendus cachères pour Pessa’h. Cliquez ici pour plus d’informations à ce sujet.

La vente

Maintenant vous vous dites, « Et qu’en est-il de mon whisky Ballantine’s 30 ans d’âge et de la tour Eiffel en bretzels de mon fils ? » Pour ces choses-là, il y a une alternative : assurez-vous simplement qu’elles ne vous appartiennent pas pendant Pessa’h.

Prenez le ‘hamets que vous voulez conservez – soit les aliments, les boissons et les ustensiles utilisés pendant l’année (et non rendus cachères pour Pessa’h) – et rangez-les dans un placard ou une pièce que vous verrouillerez ou scellerez avec du scotch. Puis donnez pouvoir à un rabbin expérimenté pour en faire une vente légalement valable, aussi bien du point de vue de la loi juive que du droit civil (Cliquez ici pour faire cela en ligne). Il vendra votre ‘hamets juste avant Pessa’h et le rachètera dès que la fête sera terminée. La nuit qui suit la fin de Pessa’h, vous pourrez ouvrir cette bouteille de whisky pour faire le’haïm.

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Toutes les pièces de notre maison sont nettoyées pour Pessa’h, mais nous portons une attention à la cuisine parce que (a) c’est là que notre ’hamets se trouve principalement pendant toute l’année, et (b) nous allons utiliser notre cuisine pour préparer nos repas de Pessa’h.

Vaisselle et ustensiles

Aujourd’hui, la plupart des familles observant Pessa’h ont une vaisselle spéciale pour Pessa’h, ce qui inclut des assiettes, des couverts, des marmites, poêles et divers ustensiles de cuisine, y compris des appareils électro-ménagers. Si cela est nécessaire, certains ustensiles utilisés toute l’année peuvent être utilisé, à conditions d’être cachérisés pour Pessa’h. Ceci peut s’avérer assez complexe. Il vous faudra consulter un rabbin concernant vos ustensiles.

Le four

Le four électrique peut être cachérisé au moyen d’une pyrolyse. À noter cependant que la pyrolyse ne permet pas de cachériser les plaques du four. Pour la cachérisation de ces plaques ainsi que pour celle de tout autre type de four, on consultera un rabbin.

Le fourneau

Les plaques électriques seront scrupuleusement nettoyées, ainsi que la surface qui les entoure, suite à quoi on les fera chauffer pendant 1h à la température maximum. On procédera de même pour des brûleurs à gaz, si ce n’est que la grille devra faire l’objet d’une cachérisation à part. Pour cela, ainsi que pour les autres types de plaques (vitrocéramique et induction), on consultera un rabbin.

Le four à micro-ondes

On le nettoiera soigneusement. On ne l’utilisera pas pendant vingt-quatre heures, puis on y chauffera un récipient rempli d’eau (30 cl), jusqu’à l’évaporation totale de cette eau.

Pendant Pessa’h, utilisez un objet plat et épais, qui passe au micro-ondes, pour séparer le fond du four de votre plat. Les plats mis au micro-ondes pendant Pessa’h seront soigneusement enveloppés de toutes parts.

L’évier en inox

Il sera consciencieusement nettoyé et le siphon sera vidé. On ne l’utilisera pas à chaud pendant vingt-quatre heures. Ensuite, faites bouillir de l’eau dans un ustensile propre qui n’aura pas été utilisé pendant 24h et verser en trois fois sur toutes les parties de l’évier, y compris le siphon, puis rincez à l’eau froide. Ensuite, tapissez l’évier de papier aluminium.

Pour les autres types d’éviers, consultez un rabbin.

Le lave-vaisselle

Il est préférable de ne pas l’utiliser pendant Pessa’h.
Le réfrigérateur, le congélateur, les éléments de cuisine, les placards, tables et tiroirs

On les nettoie méticuleusement, afin d’en retirer toutes les miettes et tous les restes. Ensuite, on recouvre, par exemple d’un papier aluminium, les surfaces entrant en contact avec la nourriture ou les récipients.

Nappes et napperons

On les lave avec une lessive sans amidon.
Voitures, garages, etc.

Passez l’aspirateur dans votre voiture. Nettoyez votre sous-sol, votre garage ou tout autre local que vous possédez. Soyez particulièrement scrupuleux pour des objets que vous allez utilisez ou des pièces dans lesquelles vous vous rendrez pendant Pessa’h.

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La veille de Péssa’h (14 Nissan), il est interdit de consommer de la Matsa, afin que l’on puisse la consommer avec appétit lors du Séder. 
Par contre, le soir du 14 Nissan (le soir qui précède le Séder), il est permis de consommer de la Matsa.

Il est permis de consommer de la Matsa appelée « Masta ‘Ashira » (galette douce pétrie uniquement avec des jus de fruits ou du vin sans le moindre ajout d’eau) même la journée du 14 Nissan (veille de Péssa’h), car on ne peut s’acquitter de son obligation de consommer la Matsa le soir du Séder avec une telle Matsa puisque la Torah exige un « pain de misère » (Péssah’im 36a), c’est pourquoi il est permis de la consommer.

Par contre, s’il s’agit d’un gâteau fait à base de farine de Matsa (Matsa ordinaire pétrie à l’eau) à laquelle on a ajouté du miel ou du vin ou autre, et que l’on ensuite enfourné, un tel gâteau ne peut être consommé la veille de Péssah’.

La veille de Péssah’, il est permis de consommer une Matsa qui a été frite ou bouillie.

La veille de Péssah’, dès la 10ème heure du jour (en heures saisonnières, c’est-à-dire 3 heures avant la sortie des étoiles. En Israël, vers 15h30 environ, et en France vers 17h30 environs), il est interdit de prendre un repas même s’il n’est pas accompagné de Matsa, afin de consommer la Matsa avec appétit, et le fait de manger à un tel moment peut entraîner un rassasiement qui freinera l’appétit lors de la consommation de la Matsa le soir du Séder. Cependant, il est permis de consommer des fruits ou des légumes ou bien du riz même après la 10ème heure de la journée, à la condition de ne pas s’en remplir le ventre.

La Matsa avec laquelle on s’acquitte de son obligation le soir de Péssah’ doit être une Matsa « Chémoura » (surveillée) depuis la moisson des blés. Ce qui signifie que dès la moisson des blés, toutes les dispositions ont été prises pour que les grains de blés n’aient aucun contact avec l’eau. Il est très juste de se procurer de la Matsa Chémoura « fabriquée à la main ». 
Etant donné que de nombreux problèmes de Cacherout liés à la Matsa peuvent se poser, il faut veiller à acheter uniquement des Matsot vendues sous un contrôle rabbinique officiel. De notre époque, il existe Barouh’ Hachem dans le commerce des Matsot fabriquées à la main sous un contrôle très rigoureux et il est très facile de se procurer de telles Matsot pour le Séder. 


On ne doit réciter la bénédiction « .Acher Kiddéchanou Bé-Mitsvotav Vé-Tsivanou ‘Al Ah’ilat Matsa » que le soir du Séder, mais pour les autres jours de la fête où la consommation de la Matsa n’est pas une obligation, on ne récite pas cette bénédiction. 


Le Gaon auteur du livre Chou’t Véhéchiv Moché (tome Orah’ H’aïm chap.28) traite du cas de la personne qui a consommé involontairement de la Matsa la veille de Péssah’. Doit-elle réciter le Birkat Ha-Mazon ou pas ? En effet, selon la Halah’a, une personne qui consomme un aliment interdit ne récite ni bénédiction initiale ni bénédiction finale, comme l’écrit le RAMBAM (chap.1 des règles relatives aux bénédictions Halah’a 19) et comme le tranche MARAN dans le Choulh’an ‘Arouh’ (chap.196). Il semble apparemment que cette personne ne doit pas réciter le Birkat Ha-Mazon après avoir consommé par inadvertance de la Matsa la veille de Péssah’, puisqu’elle a consommé un aliment interdit. 


Mais notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita cite une preuve selon laquelle cette personne doit réciter le Birkat Ha-Mazon, car un malade en danger qui doit manger le jour de Yom Kippour, récite le Birkat Ha-Mazon, comme le tranchent les décisionnaires. Il est vrai que dans une autre situation où un malade en danger doit consommer des aliments interdits comme de la viande non Cacher, il ne récite aucune bénédiction sur ces aliments, il y a malgré tout une différence entre un aliment qui est de part lui même interdit à la consommation comme de la viande non Cacher, et un aliment permis mais qui est momentanément interdit comme de la nourriture Cacher le jour de Yom Kippour ou de la Matsa la veille de Péssah’.

Par conséquent, une personne qui a consommé par inadvertance de la Matsa la veille de Péssah’, doit réciter le Birkat Ha-Mazon.

Halakha Yomit.co.il

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Parachath Metsora’ – Pourquoi deux oiseaux ?

« Le kohen ordonnera, et il prendra, pour celui qui se purifie, deux oiseaux vivants purs… » (Wayiqra 14, 4).

Pourquoi faut-il deux oiseaux, et non un seul, pour purifier celui qui est atteint de tsara’ath ?

La valeur numérique du mot hébreu צפור (« oiseau ») est 376, la même que celle du mot שלום (« paix »).

Or, on sait que le néga’ tsara’ath est engendré par la médisance, c’est-à-dire par des propos malveillants tenus par une personne sur le compte d’une autre.
La guérison de celui qui a été atteint de tsara’ath passe, par conséquent, par le rétablissement de la paix entre ces deux personnes, d’où la multiplication par deux de cette valeur numérique, et donc de l’oiseau offert en sacrifice. En outre, le doublement de cette valeur numérique donne 752, c’est-à-dire la même valeur que זהב (« or ») : Rétablir la paix entre deux personnes est aussi précieux que l’or.

(D’après VEDIBARTA BAM).

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Haftarath parachath Metsora’ – Deux enseignements en un seul

La haftara de la parachath Metzora’ contient en fait deux enseignements réunis en un seul. D’abord le sort d’une ville, Samarie, assiégée par les troupes syriennes, La situation de la population est désespérée : Sa seule nourriture est constituée par des têtes d’âne et de la fiente de pigeon, se surcroît hors de prix.

L’histoire commence deux versets avant le début de la haftara, lorsque le prophète Elisée annonce que le prix de la farine redeviendra bientôt raisonnable. L’officier chargé de garder la porte de la ville se moque de lui, rejetant effrontément sa prophétie pleine d’espoir.

Quatre lépreux, en revanche, considèrent ce qui leur arrive de façon pragmatique, et se demandent : « Nous faut-il souffrir de la faim avec nos concitoyens dans l’enceinte de la ville, et y attendre que la mort nous atteigne, ou bien vaut-il mieux que nous tombions à la merci des troupes ennemies, qui pourront soit nous montrer de la pitié, soit nous tuer ? » Les lépreux choisissent cette seconde option car elle est la seule à leur offrir un espoir de survie.

L’histoire a une fin heureuse, et une autre tragique. Les lépreux s’approchent du camp ennemi et le trouvent vide, l’ennemi pris de frayeur s’étant enfui. Ils pillent le camp pour eux-mêmes, puis ils pensent à avertir leurs concitoyens que le siège a été levé. Aussitôt, le prix des denrées chute jusqu’à un niveau enfin abordable. Les habitants de la ville se précipitent pour acheter de la farine et, dans la confusion qui s’ensuit, l’officier qui avait critiqué Elisée est piétiné à mort avant d’avoir pu profiter de la réalisation de la prophétie.

Jacques KOHN.

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Comment comprendre Pessa’h à partir de la notion de liberté ? Qu’est-ce que signifie être libre pour la Thora ?

Par le Rabbin Raphaël SADIN
A l’occasion du don de la Thora, surgit un paradoxe : d’un côté, la Thora enseigne qu’on ne saurait être libre en dehors de la Thora. Mais d’un autre côté, le don de la Thora lui-même se réalise à travers une violence qui nie toute liberté. Puisque, lorsque D.ieu donne la Thora à son peuple, Il se saisit du Mont Sinaï, le place au-dessus de la tête du peuple juif, et déclare : « Ou vous acceptez la Thora ou vous mourrez tous ».

L’essence du choix

Or, le Maharal de Prague explique que si la Thora devait être donnée de cette manière, c’est parce qu’elle est d’une absolue nécessité. En effet, s’il on avait pu choisir d’avoir ou de ne pas avoir la Thora, cela aurait signifié qu’il est tout à fait possible de vivre sans elle, que le monde est possible sans Thora. Inversement, dire que la Thora est nécessaire, c’est affirmer en quoi elle n’est pas une religion. C’est reconnaître que la Thora existe avant même la création du monde, comme il est enseigné : « D.ieu a regardé dans la Thora et a crée le monde ». L’être répond à une orientation première inscrite de toute éternité dans la Thora. Dire au contraire qu’il est possible de choisir la Thora, cela reviendrait à poser que ce qui est absolument premier, c’est la liberté. Or, c’est le contraire qui est vrai. Car, avant même la liberté, il y a la responsabilité de répondre au sens de la création. L’obligation que nous avons de découvrir le sens de la création constitue un impératif qui concerne l’univers entier, mais aussi chacun d’entre nous. Nous avons été créés pour quelque chose.

Dans cette optique, la liberté est un moyen pour nous permettre de découvrir quelque chose qui, tout en étant plus ancien que soi, relève pourtant de l’identité humaine. La Thora a toujours été là. De même qu’Adam possédait la Thora, elle est enseignée dans sa totalité à l’enfant alors qu’il se trouve encore dans le ventre de sa mère. Avraham Avinou a découvert la Thora en regardant le monde.

La Thora n’est pas juste un texte tombé du ciel. Elle est la structure même de l’être, son sens le plus intime

Ce que nous appelons le don de la Thora, c’est en réalité le message de D.ieu présent dans les choses elles-mêmes. Si D.ieu a regardé la Thora pour construire le monde, cela signifie que la Thora est intrinsèque au monde. Le Gaon de Vilna par exemple était capable de voir dans les choses ou dans les êtres, les lettres du passage de la Thora correspondant à leur racine première. La Thora n’est pas juste un texte tombé du ciel. Elle est la structure même de l’être, son sens le plus intime.

Si l’on pense vraiment que le monde possède une signification avant même d’exister, que la vie de chacun d’entre nous répond à une finalité avant même le fait d’exister, cela signifie donc que nous sommes attendus, que l’on attend de nous quelque chose. A l’opposé donc de Jean-Paul Sartre qui affirmait que « l’existence précède l’essence », la Thora enseigne : l’essence précède l’existence, et tout le travail de l’existence consiste précisément à révéler le sens profond de mon essence. Le monde, pour elle, n’est pas neutre. Il n’attend pas que l’homme, en existant, lui confère une signification qu’il n’avait pas. En un mot : elle ne pose pas l’existence de la liberté comme ce qui est premier. La majorité des gens pourtant vivent l’insignifiance d’un monde dont l’homme expérimente le sens qu’il lui a lui-même donné. Or, cette manière de voir est en grande partie stérile, puisque le sens de la vie est ici déterminé par le hasard des événements. Rien n’y est essentiel. Tout est livré aux vicissitudes de l’existence.

L’origine de la pensée

Les textes de notre tradition enseignent que les seuls êtres qui pensent vraiment sont ceux qui existent. En ce sens, seuls les hommes existent, non pas les choses ou les animaux. Car exister, cela signifie littéralement s’arracher de sa condition. Or, seul l’homme détient cette capacité. Certes, certains animaux possèdent une forme d’intelligibilité, mais cette intelligence ne se donne pas à travers des concepts. L’animal n’a pas la liberté de créer de nouvelles idées. Il ne peut penser ce qui n’est pas.

Comprendre d’où provient cet arrachement, c’est saisir en quoi la pensée est une conséquence du spirituel, en quoi elle découle du fait que l’homme a accès à D.ieu. Le miracle de la pensée est synonyme d’un arrachement à la matière, il désigne la haute dimension spirituelle de l’homme. Il ne suffit pas de dire que la vertu de la pensée consiste à hisser l’être humain à des conclusions philosophiques dont le contenu spirituel importe peu. Une telle affirmation ne rend pas compte de l’originalité fondatrice de la pensée.

On ne pense pas parce qu’on est un être de spiritualité, mais on est un être de spiritualité parce qu’on pense. Au fondement se trouve la spiritualité.

Pour la Thora, dire que l’homme est susceptible de penser, c’est reconnaître en quoi il a rencontré D.ieu. C’est comprendre en quoi cette rencontre entre le fini et l’infini est révélatrice d’un choc ayant provoqué une fissure au cœur même de l’identité humaine. C’est affirmer que cette fissure produit une ouverture sur l’infini qui engendre la pensée. En ce sens, l’existence serait le lieu du miracle de la pensée. On ne pense pas parce qu’on est un être de spiritualité, mais on est un être de spiritualité parce qu’on pense. Au fondement se trouve la spiritualité.

C’est la raison pour laquelle le peuple juif ne pouvait choisir la Thora. Car le choix correspond à un acte intellectuel. Or, l’acte intellectuel de choisir étant déjà lui-même la conséquence de la spiritualité, on comprend en quoi il serait absurde de dire que la conséquence puisse choisir sa cause. La Thora a donc été donnée de force. Non pas parce que le choix serait indésirable, mais parce qu’il est impossible.

Le don

La faculté de pensée procède du fait que l’homme est en contact avec l’infini. De même, toutes les grandes mitsvot sont précédées pas l’obligation de donner. Quand on est capable de donner quelque chose, on ouvre en soi un espace qui n’est pas soi et qui va permettre non seulement à D.ieu, mais aussi à l’autre, de se révéler. C’est à cela que l’on reconnaît un véritable « baal ‘héssed », un véritable être charitable. La générosité authentique consiste en effet à donner à l’autre la possibilité d’exister, à lui offrir une place. Tout acte de ‘héssed devrait être précédé par cette question : est-ce qu’à travers ce don l’autre va exister grâce à lui, ou contraire risque-t-il d’être anéanti par ce geste ? Certaines personnes font du ‘héssed toute la journée, alors qu’en vérité, parce qu’elles sont davantage soucieuses de la place qui les attend dans le monde futur, elles instrumentalisent celui qui est censé bénéficier de leur générosité.

Ouverture sur l’infini du sein du fini qui fait éclater les bornes de l’ego et qui m’ouvre à la Révélation de la transcendance, il est dit du juste (le tsadik) qu’il se découvre en abandonnant son ego

Nous disons que le fini rencontre l’infini quand, du sein même de notre finitude, nous sommes susceptibles de libérer en nous une place qui n’est pas nous-mêmes, et à travers laquelle ce qui nous dépasse et nous transcende va pouvoir s’exprimer. Le grand secret du judaïsme, c’est cet espace libre que je laisse advenir au sein de ma subjectivité afin de devenir le lieu même de la Révélation divine. La place offerte à l’autre permet à la Révélation de se dévoiler au plus profond de mon intimité. Ouverture sur l’infini du sein du fini qui fait éclater les bornes de l’ego et qui m’ouvre à la Révélation de la transcendance, il est dit du juste (le tsadik) qu’il se découvre en abandonnant son ego.

Qu’est-ce qui est premier, la matière ou la forme ?

La pensée scientifique établit que toute chose provient de la matière à partir de laquelle l’évolution se poursuit. Du minéral à l’animal ; du règne animal au singe ; du singe à l’homme ; puis, de l’homme à la spiritualité, l’homme étant le seul parmi les vivants à penser D.ieu. Une architecture de la nature qui irait de la matière vers l’idée.
Mais la Thora dit explicitement le contraire : D.ieu a d’abord créé la forme séparée – la pure spiritualité – à partir de laquelle Il crée la matière dont le but sera d’incarner cette idée.

Or, l’hypothèse que la matière est première ouvre la porte à nombre d’opinions qui prennent pour point d’appui l’histoire de la matière elle-même.

Inversement, soutenir qu’avant toute pensée, il existe une signification première, la « liberté de penser » consiste alors soit à découvrir et à dévoiler ce domaine du sensé, soit à l’oublier.

Et tel le sens profond de la fête de Pessah : s’arracher de ce mode du penser qui pose la matière comme ce qui est premier, afin de s’élever à un monde où l’idée est première. Car, en définitive, la vraie liberté consiste à réaliser ce pour quoi nous avons été créés, ou au contraire à le refuser.

Une autre conception de la liberté

Lorsque les Dix Paroles furent gravées sur les Tables, il est dit : « ‘harout al aLou’hot ». Et la Michna des Pirké Avot d’enseigner : « Ne lis pas ‘harout (gravé), mais ‘hérout (liberté) ».

Il convient pourtant de s’interroger : où se trouve la liberté dans l’impératif : « Tu ne tueras point », « Tu ne voleras point », etc. ?

La liberté, explique le Maharal, consiste à être soi-même. A vivre son essence. Or, les Dix Paroles, et toutes les mitsvot qui en découlent, nous offrent la liberté en ce sens qu’elles nous permettent d’être nous-mêmes.

Nombreux sont ceux en effet qui considèrent que les mitsvot sont des impératifs divins qui s’imposent, pour ainsi dire, de l’extérieur. Or, c’est le contraire qui est vrai : chaque mitsva correspond, selon la Guemara, à un membre précis du corps. Elles sont l’épanouissement le plus profond de notre intimité. Au point qu’être libre, c’est précisément accomplir les mitsvot dont le pouvoir est de dévoiler notre essence première. Chaque mitsva révèle l’une de nos potentialités. Par exemple, l’interdiction de tuer est respectée, non pas parce qu’on nous aurait ordonné de ne pas tuer, mais parce que ce commandement constitue une partie intrinsèque de nous-mêmes. Parce que tuer un homme innocent, en réalité, c’est se détruire soi-même.

Pour le juste accompli (le tsadik gamour), ce qui est évident au niveau du meurtre, l’est pour toutes les mitsvot. Un tsadik ne peut pas vivre sans chabbat.

Or, le vrai bonheur, c’est d’être à la fois soi-même et vivre son identité en accord avec sa dimension d’absolu, d’infini. Il est intéressant de noter que, pour le Gaon de Vilna, l’intimité du soi s’exprime à travers la dimension du roua’h (littéralement : le souffle, et plus particulièrement : la parole). Pour cette raison, la meilleure façon de connaître quelqu’un, c’est d’être attentif à la manière dont il parle.

Une autre conception du temps

Comprendre l’antériorité de la forme sur la matière implique par ailleurs que nous repensions notre rapport au temps. Le concept de zman (le temps en hébreu) possède une étymologie extraordinaire. Il répond au terme de zamin qui signifie inviter.

Se tenir au sein d’un système qui pose l’existence de la matière comme première revient à vivre une temporalité prédominée par le passé. C’est toujours l’avant, ce qui est antérieur, qui fixe les conditions futures de l’architecture du présent. Et l’on comprend pourquoi les grandes civilisations de l’Histoire ont été détruites : il suffisait en effet que les causes de leur existence disparaissent pour que s’écroule tout l’édifice.

Inversement, vivre en accord avec la Thora, la préexistence de la forme sur la matière, c’est comprendre que la temporalité est toujours elle-même le prétexte à une convocation. C’est le temps qui nous invite. Pour cette raison, le peuple juif est indestructible. Car le centre de gravité de sa temporalité, c’est précisément ce qui n’est pas encore advenu. L’attente. La Révélation. En vivant la temporalité présente comme un appel du futur, du fait même que ce futur est un « pas-encore-apparu », on ne peut jamais mourir.

La matsa

La matsa doit être un aliment qui ne doit pas avoir gonflé. Un pain qui gonfle est un pain qui obéit au processus naturel de la fermentation, c’est-à-dire qui précisément obéit au temps. Or, à Pessa’h, justement nous devons court-circuiter le temps.

Le Maharal enseigne à cet égard que la matsa doit être pure, qu’elle ne doit posséder rien d’autre que sa propre essence : de la farine et de l’eau. La matsa en effet symbolise cette forme pure, séparée du processus matériel.

Lorsqu’à Pessa’h, nous mangeons de la matsa, nous réveillons en nous ce lien qui relie le peuple juif à la primauté de l’essence, à l’a priori de la forme séparée.

Accomplir le rituel de Pessa’h, c’est justement vivre au fond de nous-mêmes la liberté qui nous habite

L’un des dialogues de la Aggada met ainsi en scène le fils rebelle (le racha) qui s’interroge : « Que faites-vous ? Voilà trois mille ans que nous sommes sortis d’Egypte, et vous, vous continuez à commémorer cet évènement que nous avons depuis si longtemps intégré ! N’est-il pas temps de passer à autre chose ?! »
Ce à quoi, nous lui répondons : « C’est précisément pour cela que nous sommes sortis d’Egypte ! »

Le racha croit que la fête de Pessa’h commémore la sortie d’Egypte, la spiritualisation de cet épisode historique désormais institutionnalisé. Or, c’est le contraire qui est vrai : si nous sommes sortis d’Egypte, c’est parce que D.ieu ne voulait pas que notre Torah s’exprime sous le mode de l’abstraction. Il voulait au contraire donner une assise historique réelle à l’idée même de liberté. La sortie d’Egypte n’est qu’une conséquence de l’idée première. Elle est donc toujours actuelle. Car accomplir le rituel de Pessa’h, c’est justement vivre au fond de nous-mêmes la liberté qui nous habite.

Et si le séder de Pessa’h doit s’accomplir par le moyen de la parole, ce n’est pas un hasard. La Guémara nous dit en effet que la parole est le lieu même de la liberté. Que la parole est libératrice.

Et pour cause : étant la rencontre entre ce qui relève de la pure spiritualité et le monde physique, la parole est l’organe par excellence où le fini et l’infini se retrouvent. Car, comme nous l’avons vu, je ne deviens moi-même que lorsque je suis capable de m’arracher à la finitude de mon ego. Or, la parole est toujours double. D’une part, elle indique quelque chose. Et d’autre part, elle révèle toujours beaucoup plus que ce qu’elle profère. Comme le dit Borges : « Piètre est l’écrivain qui a mis dans son œuvre que ce qu’il voulait y mettre ». Une parole inspirée est une parole qui porte plus que ce qu’elle dit.

Rav Raphaël Sadin

Les cours du Rav Sadin sont disponibles sur le site www.koltora.com Article original

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Qu’est-ce que la Bédika ?

La veille du 14 Nissane, à la tombée de la nuit, on doit rechercher le ‘Hamèts à la lumière d’une bougie. On a l’habitude de prier auparavant la prière de ‘Arvite (du soir) et tout de suite après, il faut se presser de rentrer chez soi pour accomplir cette Mitsva (Choul’hane ‘Aroukh Ora’h ‘Haïm chap. 431 par. 1-2).

On remarque l’importance de la Mitsva de la recherche du ‘Hamèts du fait qu’il est défendu de consommer un repas, d’entreprendre un travail et même d’étudier la Tora avant de l’avoir accomplie, et ceci à partir d’une demi-heure avant la nuit. Néanmoins, l’étude est permise jusqu’à la nuit si quelqu’un nous rappelle d’effectuer la recherche du ‘Hamèts, ou si on assiste à un cours publique à la synagogue (Michna Béroura id. 7). Dans le cas où la personne est faible, elle peut consommer quelques gâteaux ou des fruits, et peut également boire. Il est permis à quelqu’un qui est fatigué de se reposer pendant une demi-heure ; mais dans ce cas, il faut qu’il y ait sur place quelqu’un qui le réveille et lui rappelle qu’il doit rechercher le ‘Hamèts.

Si le propriétaire de l’appartement ou du magasin, qui est en principe obligé lui-même de vérifier ses dépendances, ne peut le faire, il a l’obligation de nommer quelqu’un et même de le rémunérer afin qu’il recherche le ‘Hamèts à sa place. Dans ce cas, c’est le remplaçant qui récitera la bénédiction.

Pour que la recherche du ‘Hamèts ne soit pas trop pénible, on a pris l’habitude de bien nettoyer la maison d’avance ainsi que les ustensiles et les habits qui s’y trouvent.

Avant dde commencer la recherche, certains ont l’habitude d’éparpiller dix morceaux de pain dans la maison, afin que même si tout est propre, on puisse trouver du pain et que de ce fait la bénédiction n’ait pas été dite en vain (cette habitude a été adoptée dans de nombreuses communautés, mais n’est pas obligatoire – Choul’hane ‘Aroukh Ora’h ‘Haïm chap. 432,2). Il est conseillé de laisser ces petits morceaux dans des sachets en plastique pour éviter que ces miettes ne s’éparpillent, ce qui rendrait obligatoire une nouvelle Bédika !

Si on les cache dans divers endroits, il vaut mieux en dresser la liste, car en cas d’oubli, il faudrait également reprendre tout le travail…

La bénédiction

La bénédiction doit être récitée avant le début de la recherche et l’on dit : « Béni sois-Tu, S. notre D., Roi du monde, Qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné de faire disparaître le ‘Hamèts. »

Celui qui a commencé la Bédika sans réciter la bénédiction doit la dire tant qu’il n’a pas encore fini de vérifier. Il ne faut pas parler de choses sans rapport direct avec la recherche du ‘Hamèts pendant toute la durée de la recherche (Choul’hane ‘Aroukh Ora’h ‘Haïm chap. 432 par. 1).

Une seule bénédiction suffit, même si l’on doit vérifier plusieurs endroits différents. Toutefois, s’il y a une grande distance entre deux endroits, il faut réciter la bénédiction deux fois en ayant à chaque fois l’intention de ne dire la bénédiction que sur l’endroit précis que l’on va vérifier.

S’il est difficile au propriétaire de vérifier tout seul, il peut se faire aider par d’autres personnes qui devront être présentes au moment où le maître de maison récite la bénédiction (Choul’hane ‘Aroukh Ora’h ‘Haïm 432,2).

Le mode d’éclairage

Il faut se servir d’une bougie en cire qui n’a qu’une mèche (Choul’hane ‘Aroukh Ora’h ‘Haïm 433,2) (de nos jours, nous nous servons de bougies en paraffine).

Si l’on n’a pas de bougie ou si l’on doit vérifier un endroit où la bougie risque de s’éteindre, on peut se servir d’une lampe électrique (de même pour les endroits où il est dangereux de se servir d’une flamme).

L’éclairage électrique normal de la chambre ne suffit pas, car les coins de la pièce sont mal éclairés.

Les endroits à vérifier

On doit vérifier toutes les chambres de la maison ou de l’appartement, ainsi que les mansardes, les cagibis et les balcons. Toutefois s’il y a des endroits où l’on n’a pas mis de nourriture et dans lesquels les enfants n’ont pas non plus accès, on n’a pas le devoir d’y rechercher le ‘Hamèts.

Il ne faut pas oublier de vérifier la voiture, les armoires, le dessous des lits, les poches des vêtements (surtout celles des enfants !), le réfrigérateur, le récepteur du téléphone, l’aspirateur, etc. Cela comprend une recherche minutieuse dans tous les coins et les trous où il y a une possibilité de trouver des miettes de pain.

On n’est pas obligé de vérifier les livres dont on se sert pendant l’année, si l’on a fait très attention de ne pas s’en servir pendant les repas. Si on s’en est servi durant les repas, en revanche, il faudra les vérifier très soigneusement. Néanmoins, de nombreuses personnes ont pris l’habitude de vérifier tous les livres dont ils se sont servis durant l’année.

Comme le ‘Hamèts qui est collé sur les parois des casseroles est très difficile à enlever, on a l’habitude de mettre ces ustensiles dans une armoire spéciale, et le ‘Hamèts qui s’y trouve sera vendu à un non Juif pour la durée de la fête.

Tous les endroits que l’on veut vendre à un non Juif pour la durée de la fête n’ont pas besoin d’être vérifiés ; toutefois certains décisionnaires sont d’avis qu’il faut les vérifier si la vente du ‘Hamèts n’a effet que le 14 Nissane au matin (certains organismes rabbiniques proposent une vente au 13, ce qui évite ce problème).

Il faut bien vérifier les boissons alcoolisées, car la majorité d’entre elles ne sont pas consommables pendant Péssa’h, voire comportent du ‘Hamèts (Whisky entre autres), et il faut les vendre à un non Juif. De même pour certains médicaments et pour de nombreux articles de parfumerie.

Une personne qui possède plusieurs appartements doit tous les vérifier, et s’il ne peut le faire lui-même, il doit déléguer quelqu’un à sa place.

Il en est de même même pour tous les entrepôts qui lui appartiennent. Néanmoins s’il ne compte pas s’en servir pendant la fête, il peut les vendre à un non Juif, et dans ce cas il n’est pas obligé de les vérifier.

La cage d’escalier doit être aussi vérifiée (si la majorité des habitants de la maison sont juifs, alors il faut entièrement la vérifier ; sinon, il suffit de vérifier l’étage auquel correspond l’appartement).

Même chose pour la chaufferie (s’il est à craindre qu’on y ait mangé ou que des enfants y aient laissé du ‘Hamèts) et pour les poubelles. Il est bon que chaque voisin vérifie son étage ou qu’on délègue une personne qui soit chargée de vérifier tous les endroits publics de la maison.

La synagogue et les salles de classe doivent être vérifiées par ceux qui sont responsables de ces établissements. Il est recommandé qu’au moment où ils récitent la bénédiction, avant de commencer la recherche chez eux à la maison, ils aient aussi l’intention de vérifier ces lieux.

Celui qui n’a pas eu cette intention avant de commencer à vérifier chez lui, s’abstiendra de réciter la bénédiction avant de vérifier la synagogue (‘Hazone ‘Ovadia – Séfaradim). Un Achkénaz pourra la réciter à nouveau (Michna Béroura chap. 433 alinéa 43).

Qui est tenu de vérifier et qui ne l’est pas ?

Quelqu’un qui a loué un appartement, même s’il n’y a pas encore habité et qu’il ne compte pas y habiter pendant la fête, doit soit le vérifier, soit le louer à un non Juif par l’intermédiaire du Rav auprès duquel il vent son ‘Hamèts.

Celui qui va à l’hôtel pour la fête de Péssa’h n’est pas considéré comme un locataire mais comme un invité, et il n’est pas obligé de vérifier sa chambre, même s’il se trouve dans sa chambre déjà le 14 Nissane au soir, et doit juste enlever le ‘Hamèts qui s’y trouve éventuellement (Kinyane Tora I, p. 295). Il est bon qu’il se mette d’accord avec le gérant, afin qu’il puisse louer la chambre de l’hôtel. Dans ce cas, on ne pourra pas le faire changer de chambre durant toute la durée de la location (selon Rav Eliyachiv, il faut faire la Bérakha sur une Bédika de chambre d’hôtel).

Celui qui loue un appartement pour la durée de la fête ou pour plus longtemps, s’il s’y trouve déjà le 13 Nissane ou s’il a reçu les clefs avant le début de la nuit du 14 Nissane, devra réciter la bénédiction et faire la Bédika. S’il arrive plus tard ou le lendemain, il devra se renseigner si la Bédika a été faite ; sinon il devra la faire et dire la bénédiction, même pendant la fête. Même si le propriétaire n’est pas juif, le locataire devra dans tous les cas dire la bénédiction et faire la Bédika. En revanche, c’est au maître de maison de vérifier une chambre d’hôte, même si l’invité la reçoit pour son usage exclusif.

Les étudiants se trouvant dans un internat doivent vérifier leurs propres chambres. S’ils quittent l’internat pendant les trente jours qui précèdent la fête, ils devront rechercher le ‘Hamèts sans dire la bénédiction. La direction de l’internat est responsable des endroits publics de l’institution.

Quiconque ne se trouve pas chez soi le soir de la vérification, mais sera de retour pour Péssa’h, doit nommer quelqu’un qui devra vérifier à sa place. Dans le cas où personne n’a été nommé, ce sera sa femme, ou son fils (âgé de plus de treize ans) ou sa fille (âgée de plus de douze ans) qui devront vérifier et devront aussi réciter la bénédiction. S’il n’y a personne à la maison, il doit vérifier avant de quitter sa maison, même si c’est quelques mois avant, s’il pense être de retour chez lui pour la fête.

L’annulation du ‘Hamèts (Bitoul)

Une fois la recherche terminée, il faut entreposer le ‘Hamèts qu’on brûlera le lendemain dans un endroit bien précis, afin qu’il ne se répande pas nouveau dans la maison (il faut faire attention de ne pas le laisser à portée des enfants). De même pour le ‘Hamèts qui reste encore pour le déjeuner du lendemain matin.

Après la recherche, on doit annuler (Bitoul) tout le ‘Hamèts se trouvant en notre possession en récitant cette phrase:
 » Kol ‘Hamira Va’hami’a Dé-Ika Birechouti Déla ‘Hamité Oudéla Bi’arté Libatèl Véléhévé Héfkèr Ké’afra Déar’a  »

Il est bon de la dire aussi dans sa propre langue, si l’on ne comprend pas cette phrase en araméen : « Que soient annulés tout pain levain et toute pâte levée qui se trouvent en ma possession et que je n’ai ni vu, ni fait disparaître, qu’ils soient considérés comme ne m’appartenant plus tout comme la poussière de la terre. »

Certains récitent cette phrase trois fois (les Séfaradim d’après le ‘Hida et le Bèn Ich ‘Haï). Si un remplaçant le dit à la place du propriétaire, il devra dire : « …Qui appartiennent à tel et tel… »

Celui qui n’a pas vérifié à temps

Celui qui n’a pas vérifié le 14 Nissane à la tombée de la nuit peut vérifier durant toute la nuit. S’il n’a pas non plus pu vérifier la nuit, il devra le faire le lendemain matin et il devra réciter la bénédiction. Il en est de même pour quelqu’un qui n’a pas vérifié du tout avant la fête : il devra vérifier pendant ‘Hol Hamo’èd et réciter la bénédiction.

S’il n’a pas vérifié du tout pendant la fête ni avant, il doit tout de même vérifier après la fête (sauf bien sûr s’il a donné sa maison à un non Juif), car on n’a pas le droit de tirer profit du ‘Hamèts qui n’a pas été détruit, ni annulé, ni vendu avant la fête ; dans ce cas, néanmoins, on ne devra pas dire la bénédiction.

Celui qui ne compte pas revenir pendant la fête, s’il a quitté sa maison plus de trente jours avant le 14 Nissane, n’est pas obligé de la vérifier (il est cependant tenu de la vendre à un non Juif). S’il l’a quittée pendant les trente jours qui précédent le 14 Nissane, il est obligé de la vérifier avant de partir (sauf s’il loue son appartement à un non Juif) sans réciter la bénédiction. Dans tous les cas, il doit réciter le Bitoul (« Kol ‘Hamira… »). Il est conseillé dans ce cas de jeter ou de brûler tout le ‘Hamèts qui s’y trouve (Michna Béroura chap. 436 alinéa 5).

Dans le cas où on a vérifié avant la nuit du 14 Nissane en se servant d’une bougie, si c’était le jour, on doit refaire la Bédika le soir du 14 Nissane (sans bénédiction). Si c’était la nuit, et que la Bédika a été faite avec une bougie, il n’y a pas besoin de la refaire, bien qu’on ne l’ait pas faite avec bénédiction. Il est clair que dans les deux cas, il faut faire attention à ne plus faire rentrer du ‘Hamèts dans l’appartement vérifié (le Michna Béroura conseille quand même de refaire la Bédika dans le dernier cas – Choul’hane ‘Aroukh Ora’h ‘Haïm 433,1).

Donc, de nos jours, même lorsqu’on a l’habitude de bien nettoyer avant le soir de la Bédika, puisqu’on ne se sert pas d’une bougie, il nous incombe de faire la Bédika le soir du 14 Nissane, et de dire la bénédiction. Néanmoins, il est possible de se contenter d’effectuer une vérification plus superficielle si on est certain que tous les endroits où on risque d’avoir déposé du ‘Hamèts ont bien été nettoyés auparavant (Halikhote Chélomo Péssa’h) et qu’on a fait bien attention à ne plus y faire rentrer du ‘Hamèts.

Il est possible aussi de faire la Bédika auparavant avec une bougie, le soir, et de laisser pour le soir du 14 une pièce (de plus de 2 mètres sur 2) pour effectuer la Bédika avec bénédiction.

La consommation du ‘Hamèts le 14 Nissane

Le lendemain matin, veille de Péssa’h, on peut manger du pain pendant le premier tiers de la journée, jusqu’à la fin de la quatrième heure.

Pour calculer cela, on comptera les heures à partir du lever jusqu’au coucher du soleil, on divisera les heures de la journée en douze. Puis on multipliera ce chiffre par quatre et on l’ajoutera à l’heure du lever du soleil (il est bon de se servir d’un calendrier hébraïque qui donnera les heures exactes). Cette année (2007), on peut consommer le ‘Hamèts à Jérusalem jusqu’à 9 h 38 (selon le Gaone de Vilna et le Ba’al Hataniya). La consommation de ‘Hamèts doit être terminée à Paris avant 11 h 13, et l’heure à laquelle le ‘Hamèts doit être vendu est 12 h 34.

A partir du début de la cinquième heure on ne peut plus consommer de ‘Hamèts. On devra obligatoirement procéder à la vente du ‘Hamèts avant le début de la sixième heure, car à partir de ce moment-là, on ne peut plus ni profiter du ‘Hamèts ni le vendre (10 h 41 à Jérusalem, et 12 h 34 pour Paris). Bien entendu, une personne qui utilise les services de Rabbanim pour effectuer sa vente devra le faire bien avant, afin que cette personne puisse encore joindre ce ‘Hamèts à la vente que l’on effectue en général bien plus tôt, voire la veille.

Avant la sixième heure il faut se rincer la bouche, vérifier les ongles et les dents, pour être sûr qu’il n’y reste plus de miettes de pain.

La destruction du ‘Hamèts

Il faut donc donc brûler ou détruire le ‘Hamèts avant le début de la sixième heure. Il est bon de brûler au moins une quantité de 15 gr (Kazaïte). Il faut que l’intérieur de la miche de pain aussi soit brûlé (il est donc préférable de le couper en morceaux).

Celui qui n’a pas récité la bénédiction lors de la recherche du ‘Hamèts doit la réciter pendant qu’il le brûle. Il ne faut en aucun cas jeter le ‘Hamèts dans une poubelle nous appartenant, car de cette façon-là, le ‘Hamèts demeurerait encore dans notre propriété. Il est possible de le jeter dans une poubelle publique, qui ne se trouve pas dans le domaine privé du propriétaire. Il faut donc faire bien attention qu’il ne reste pas de ‘Hamèts dans la poubelle privée après la sixième heure (même chose dans un sac d’aspirateur). Certains ont l’habitude de renoncer aux droits qu’ils ont sur la poubelle de la maison en la rendant Héfkèr.

Si on ne peut pas brûler le ‘Hamèts, il faut faire en sorte qu’il devienne inutilisable en versant de l’essence dessus afin de le rendre impropre à la consommation. On peut aussi le jeter dans une rivière.

On peut nommer un remplaçant qui brûlera le ‘Hamèts à la place du propriétaire.

Après avoir brûlé le ‘Hamèts, on l’annule à nouveau et l’on dit la formule suivante : « Kol ‘Hamira Va’hami’a Dé-ika Birechouti Da’hamitéh OudeLa ‘Hamité, Débi’arté Oudela Bi’arté, Libatèl Véléhévé Héfkèr Ké’afra Déar’a »

Il est bon de la dire dans une langue qu’on comprend : « Que soient annulés tout levain et toute pâte levée qui se trouvent encore en ma possession, que j’ai vus ou non, que j’ai fait disparaître ou non, ils ne m’appartiennent plus du tout et qu’ils soient considérés comme la poussière de la terre ». Le propriétaire peut réciter le Bitoul là où il se trouve ; même s’il a délégué un remplaçant, il est préférable que lui-même ou sa femme récitent également le Bitoul. Dans le cas où un remplaçant le dirait à la place du propriétaire il doit dire : « …Qui se trouvent en possession de tel et tel… »

Le ‘Hamèts découvert tard

Si on trouve du ‘Hamèts après l’heure du Bitoul, mais avant la fête, ou bien pendant ‘Hol Hamo’èd, il faut le brûler de suite. Pendant le premier jour (et le second pour ceux qui habitent en Gola) et le septième jour (et le huitième pour ceux qui habitent en Gola), il faut le recouvrir avec un pot ou un vase (mais pas avec un ustensile dont on se sert pour manger pendant Péssa’h !) et le brûler à l’issue du Yom Tov (jour férié).

Il est évident que le ‘Hamèts qui a été vendu à un non Juif n’a pas besoin 
d’être détruit.

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Cette fête, qui est plus populaire chez les juifs du sud tunisien, mérite plus d’attention, parce que, comme la Séoudat Ytro elle est une fête  spécifiquement tunisienne ou presque (les Juifs de Libye la fêtent aussi.) Voici encore quelques raisons :
–         Elle est célébrée au Rosh-Hodesh Nissan qui est le premier jour de l’année à partir duquel la Bible classe les fêtes Hebraiques ; par exemple, il est écrit que  Pessah débutera le 14e jour du premier mois et le jour de Kippour est le 10e jour du 7e mois etc.…. Pour ma mère ce soir était aussi important que celui de Rosh-Hashanna. Pour nous c’était parce qu’il n’avait pas la gravité du Heshbon-Nefesh et la Solennité des grands moments. L’atmosphère presque laïque de cette fête rappelle plutôt celle de Hanoukka, de Pourim ou de Yom Haatsmaouth.

–         Quoi de plus beau que de commencer l’année avec le printemps et la nature qui  refleurit, alors que Rosh-Hashanna annonce l’automne.

 
–         L’union de toute la famille avec les doigts couverts d’huile qui plongent dans une cuvette et mélangent ensemble les ingrédients symbolisant la prospérité et le bonheur qu’on se souhaite mutuellement.

 
–         Cette fete réveille tous nos sens : l’odeur enchanteresse de la poudre de la Bsissa et de ses épices, les reflets des bijoux en or immergés dans le Kandil allumé, le toucher de ce mélange onctueux dans lequel on plonge ses doigts  et les chants qu’on récite en le remuant, enfin le goût velouté de cette pâte farcie de tant de bonnes surprises. 

 
Une occasion pour les plus petits de salir la main dans cette ‘boue’ et d’y dénicher des sucreries.

Je suis sur que d’autres lecteurs connaissent des raisons que je n’ai pas citées ici, alors vos suggestions, s’il vous plait.

 
Recette de la Bsissa telle qu’elle m’a été communiquée par une cousine qui me l’envoie tous les ans, depuis que j’ai perdu ma mère. Elle en prépare plus de 5 kg  qu’elle distribue à la famille et aux amis.

L’élément de base étant le blé, il sert aussi  d’unité pour les proportions :

Pour 1 kg de blé

250 gr de petites fèves sèches

250 gr de pois chiches

des grains de coriandre

des grains d’anis

On peut y ajouter des amandes, des noisettes, des pelures d’oranges séchées et autres épices selon le goût. Le tout bien grillé au four est ensuite moulu ou pris au Moulin (on en trouve paraît-il à Béer-Shéva ou Kiriat-Gat) pour obtenir une poudre très fine de couleur beige et d’un parfum inoubliable.

A cette poudre mise dans un grand bol, on ajoute des dates, des amandes, du nougat, de la Halva ou autres sucreries. Chaque membre de la famille y trempe sa main en tenant une clé, on verse de l’huile qui coule sur les doigts et la Bsissa. Tout en remuant cette pâte huileuse avec nos clés on chante tous, en Hébreu et en judéo-tunisien « ptah lanou shana hadasha oumevourekhet , shnat briout o’sher veosher » « Haréqna el bsissa bénéftah, hel alina ya
Fatahh » (ouvre-nous une année nouvelle et bénie, année de santé, bonheur et prospérité). On en mange alors avec les doigts et avec la clé, plus tard on peut passer à la  fourchette.

Cette pâte est si riche, qu’il reste peu d’appétit pour le couscous-boulette-de-fete qui est servi, après le dégraissage de nos mains.

La Bsissa, loin d’entrer dans le menu des ‘weight-watchers’, était avec la Helba et le couscous, le régime de nos arrières-grand-mères durant la période des fiançailles. Cela s’appelait la E’lfa, car une mariée devait être ‘saine’ et ronde de partout pour passer sous la Houppa.

Avec ces premiers bourgeons de mon oranger j’envoie aux lecteurs de Harissa tous mes vœux  de bonheur.

Avraham Bar-Shay (Benattia)  

Harissa.com

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Les listes à consulter pour Pessah’ ne sont pas que des listes alimentaires. Lors des fêtes de Pessah’, la consommation de produits à base des cinq céréales suivantes, blé, orge, avoine, épeautre et seigle est interdite. Mais il est également interdit de posséder tout ce qui est « ‘hamets », à savoir à base de ces céréales levées. Les listes à consulter pour Pessah’ ne sont pas que des listes de produits alimentaires, il y a aussi les listes des cosmétiques et des produits d’entretien.

Les « listes » de Pessah’ du site du Consistoire de Paris Article original

Pessah’ Sameah’ et bonne préparation !

Jforum.fr

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Du 29 au 31 mars s’est tenue à Jérusalem la 10ème rencontre de la Commission bilatérale de la délégation du Grand Rabbinat d’Israël et du Comité pour les relations religieuses avec les Juifs du Saint Siège.

Le jeudi 31 mars, ils se sont exprimés dans une déclaration finale « dans l’espoir que les questions en suspens dans les négociations entre le Saint-Siège et l’État d’Israël puissent être résolues rapidement, et que les accords bilatéraux soient bientôt ratifiés en faveur des deux communautés. »

COMMUNIQUE :

La responsabilité des fidèles juifs et catholiques est de témoigner de la présence de Dieu dans notre monde tout en reconnaissant leurs échecs dans le passé à être de vrais témoins de cette présence.

C’est ce déclarent les participants à la rencontre de la Commission bilatérale des délégations du grand rabbin d’Israël et de la Commission du Saint-Siège pour les relations religieuses avec le judaïsme, dans une déclaration publiée ce vendredi par la salle de presse du Saint-Siège. Cette dixième rencontre de la commission bilatérale, qui portait sur les défis de la foi et du leadership religieux dans la société laïque, s’est déroulée du 29 au 31 mars.

La délégation juive était présidée par le rabbin Shear Yashuv Cohen et la délégation catholique par le cardinal argentin Jorge Maria Mejía.

Les deux délégations constatent que dans la société, malgré « de nombreux bénéfices », « les progrès technologiques rapides, le consumérisme rampant, une idéologie nihiliste avec un accent exagéré sur la personne individuelle » se sont développés « au détriment de la communauté et du bien-être collectif » et « ont conduit à une crise morale ». Notre monde moderne est « privé d’un sens d’appartenance, de signification et de but ».

Juifs et catholiques ont reconnu que ces deux religions ont « un rôle crucial à jouer », « en offrant à la fois l’espérance et une conduite morale découlant de la conscience de la présence divine et de l’image divine dans tout être humain ».
« Nos traditions respectives déclarent l’importance de la prière, à la fois comme expression de la présence de Dieu et comme la manière d’affirmer cette conscience et ses implications morales », ajoutent-elles.
« La responsabilité des fidèles est de témoigner de la présence de Dieu dans notre monde tout en reconnaissant nos échecs dans le passé » expliquent-elles, en soulignant la nécessité d’offrir ce témoignage dans l’éducation, parmi les jeunes, dans les médias, à travers « la mise en place et la gestion d’institutions d’assistance avec une attention spéciale pour les personnes vulnérables, les malades et les personnes marginalisées, dans l’esprit de ‘tikkun olam’ (guérir le monde) ».

Les délégations expriment par ailleurs dans leur déclaration le « souhait que les questions en suspens dans les négociations entre le Saint-Siège et l’Etat d’Israël » soient « rapidement résolues et que les accords bilatéraux » soient « ratifiés sans tarder ».

Gisèle Plantec
ROME, Vendredi 1er avril 2011 (ZENIT.org) –

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Jerusalem: March 31, 2011, Adar II 25, 5771

Chief Rabbi Shear Yashuv Cohen
(Chairman of the Jewish Delegation)

Chief Rabbi Rasson Arussi
Chief Rabbi David Brodman
Chief Rabbi David Rosen
Mr Oded Wiener

Cardinal Jorge Maria Mejìa
(Chairman of the Catholic Delegation)

Cardinal Peter Kodwo Turkson
Patriarch Fouad Twal
Archbishop Bruno Forte
Archbishop Antonio Franco
Bishop Giacinto-Boulos Marcuzzo
Mons. Pier Francesco Fumagalli
Father Pierbattista Pizzaballa, O.F.M.
Father Norbert Hofmann, S.D.B.

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Parachath Tazri‘a

Les sacrifices après un accouchement

Après un accouchement, les femmes devaient offrir en sacrifice « un agneau comme holocauste et un petit de la colombe ou une tourterelle comme expiatoire » (Wayiqra 12, 6).

Pourquoi une double offrande ?

En punition pour avoir mangé du fruit défendu, Hachem a condamné Eve, de même que toutes les femmes après elle, à enfanter dans la douleur (Berèchith 3, 16).

Or, la faute commise par Eve a été double. Elle a commencé par « voir que l’arbre était bon comme nourriture, et désirable pour les yeux » (Berèchith 3, 5), puis elle a « pris de son fruit et en a mangé » (Ibid.) – faute d’intention d’abord, puis faute par l’action ensuite.

De là l’offrande d’un holocauste, sacrifice ayant pour fonction de faire pardonner les mauvaises pensées (Wayiqra  rabba 3, 6), suivie de celle d’un expiatoire, destiné à procurer le pardon pour les péchés effectivement commis (Keritoth 22b).

(D’après VEDIBARTA BAM)

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Haftarath parachath ha-‘hodech

Les devoirs du « prince »

La haftara que l’on récite le Chabbath parachath ha-‘hodech (Ezéchiel 45, 16 à 25 et 46, 1 à 18) énumère les sacrifices qui seront présentés sur l’autel lors de notre libération finale. Et elle s’achève, de façon inattendue, par une exhortation adressée au « prince » : Il aura le droit de faire des donations à ses enfants, selon les règles de la dévolution successorale, mais il ne pourra pas déposséder ses sujets de leurs biens (46, 16 à 18).
Ces principes contrastent avec certaines pratiques connues sous l’ancienne monarchie, comme le vol de la vigne de Naboth organisé par le roi Achab avec la complicité de sa femme Jézabel (I Rois 21, 1 et suivants).

Si les Sages qui ont fixé l’ordre des haftaroth ont maintenu ces trois versets dans celle qu’ils ont associée à parachath ha-‘hodech, c’est peut-être parce qu’ils ont voulu mieux définir les réalités que nous connaîtrons à l’ère messianique : Ce ne sont pas seulement les pratiques cultuelles qui seront différentes, mais aussi, et peut-être surtout, le comportement de nos futurs dirigeants.

Jacques KOHN

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Parachath Chemini – L’interdiction de boire du vin

Après la mort de Nadav et Avihou, il est devenu interdit à Aaron et à ses descendants de « boire ni vin ni boisson enivrante à leur venue dans la tente d’assignation » (Wayiqra 10, 9), et cette défense a été répétée par Ezéchiel (49, 21).

Aujourd’hui encore, le kohen n’a pas le droit de boire du vin ou une autre boisson enivrante avant la bénédiction sacerdotale (Kitsour Choul‘han ‘aroukh 100, 3).

Pourquoi est-ce précisément à ce moment-là qu’a été promulguée cette interdiction ?

Bethsabée, dans ses ultimes recommandations à son fils Salomon, l’a exhorté à « donner de la boisson forte à celui qui va périr, et du vin à ceux qui ont l’amertume dans le cœur » (Proverbes 31, 6).

De là vient l’usage d’offrir du vin aux endeuillés afin d’alléger leur tristesse.

Mais ce qui est recommandé comme une règle générale ne l’est pas pour les kohanim dans l’exercice de leurs fonctions. Voilà ce que vient nous notifier la Tora (D’après Vedibarta bam).

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Haftarath parachath Para ­– Un cœur nouveau

Le message d’Ezéchiel contenu dans la haftara de la parachath Para contient des versets peu encourageants. Il annonce, certes, la libération d’Israël de son exil, mais les circonstances de sa délivrance sont très peu prometteuses. Comme beaucoup d’autres prophètes, Ezéchiel considère que l’exil d’Israël a été causé par ses péchés. Nos souffrances ne s’effaceront pas, cependant, par notre repentir ou nos bonnes actions. Hachem ne nous sauvera que parce que notre séjour en exil est en lui-même une profanation de Son nom. En d’autres termes, l’exil d’Israël est pour Lui une cause d’embarras : « Ils vinrent chez les nations où ils sont venus, et ils profanèrent Mon saint Nom, en ce qu’on disait d’eux : C’est ici le peuple de Hachem, et ils sont sortis de son pays » (Ezéchiel 36, 20), et le prophète d’ajouter : « Je me suis ému pour Mon Saint nom, que la maison d’Israël a profané parmi les nations où ils sont venus » (36, 21).

Ezéchiel est pessimiste quant à la capacité du peuple juif de changer de son propre chef. Sa libération ne sera obtenue qu’avec une aide divine. Hachem restaurera d’abord son identité nationale (36, 24 : « Je vous prendrai d’entre les nations, et Je vous rassemblerai de tous les pays, et Je vous amènerai sur votre terre »), et ce n’est qu’ensuite qu’Il le fera se rapprocher de lui : « Je vous donnerai un cœur nouveau, et Je mettrai au dedans de vous un esprit nouveau ; et J’ôterai de votre chair le cœur de pierre, et Je vous donnerai un cœur de chair » (36, 26).

Il existe cependant un Midrach qui atténue quelque peu la rigueur de cette prophétie : « Lorsque le peuple a appris que Hachem avait pardonné le péché du veau d’or et qu’Il avait demandé qu’on lui construise un Tabernacle pour résider en son sein, il se réjouit grandement et apporta avec enthousiasme tout son argent. Et c’est parce que les enfants d’Israël ont contribué de tout leur cœur et de toute leur âme, qu’Il a décidé d’implanter en eux un nouveau cœur et un esprit, ainsi qu’il est écrit : « Je vous donnerai un cœur nouveau, et Je mettrai au dedans de vous un esprit nouveau… » (Midrach ha-gadol sur Chemoth 35, 20).

Jacques KOHN

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Un jeu de massacre…« Une nation s’élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume ; il y aura de grands tremblements de terre, et, en divers lieux, des pestes et des famines ; il y aura des phénomènes terribles, et de grands signes dans le ciel (Luc, 21, 10-11) ».

« Loï ! Loï ! Pourrait dire le guetteur Isaïe… Des peuples entiers sont plongés dans les alarmes et les larmes. Un même sang rouge irrigue les corps de toutes couleurs de peau. Des tsunamis ravageurs déferlent sur les côtes lointaines. Des radioactivités mortelles sont les fruits aventureux de la science. Ulcérés et cruels, des Rois et Chefs d’Etats sombrent mentalement entre confusion du mal et du haut mal. Egarés qu’ils sont dans les ombres de la vallée de la mort, ils entraînant avec eux dans les affres de la folie qui les habite un grand nombre de leurs sujets. Par cycles imprévisibles se révèlent des signes métaphysiques annonciateurs…

Quand l’ange de la mort fauche des moissons de vivants dans ses terres orientales, européennes, asiatiques, africaines ou américaines, on peut s’interroger sur la raison de ces soubresauts à l’aube du troisième millénaire ; sur la dérive des civilisations humaines les plus avancées, face à la résurgence des barbaries anciennes. Préludes au jugement de l’orgueil des nations ? A l’arrogance des puissants, souriants aux clameurs de haine, sourds aux cris des désespérés ?

Personne n’est à même de se lever pour guider des dirigeants égarés. Dans les temps de dérélictions qui s’ouvrent devant nous, quel prophète élèvera la voix avec des paroles qui éclairent ou alertent des périls à venir ? Quel visionnaire tracera une voie de salut dans l’épaisseur des ténèbres ? Quel génie humaniste ou homme de foi expliquera pourquoi les mots sont menteurs sur les maux qui s’abattent continûment ? Quel homme de dimension spirituelle formulera une projet salvateur ?

Quand la plus abusive des ruses du Diable suborne l’esprit des intelligents et des innocents sur sa non-existence, alors qu’il est plus que jamais présent ; on mesure à quel point les hommes d’aujourd’hui occultent sciemment l’Eternel de leur cœur ; combien ils relativisent leur conscience du bien et du mal, au point de l’inverser à 180°. Grande est leur soif de se vouloir autonome, d’être je suis par eux-mêmes, de s’affranchir des carcans cultuels et culturels surannés, alors qu’ils s’intoxiquent de mensonges quotidiens, de connaissances dénuées d’éthique, de cupidité et de cynisme, tout en déifiant leurs jeux de modus vivendi futiles ou mortifères.

Qui perçoit le risque de ce que les lumières de la civilisation ne s’éteignent sur l’Europe, matrice vieillissante des sociétés avancées ? Et quand est-il du devoir citoyen d’instruire et de proclamer autour de lui que la violence est inhérente à la théologie de l’islam notamment, à ses dures Lois de la charia ? Violence congénitale endémique dans l’esprit et la lettre de ces fondements médinois exhortant leurs fidèles aux barbaries médiévales pour réactiver la cruauté des razzias, des burqas geôliennes, des crimes d’honneur horribilis, des lapidations, mutilations et décapitations décrétées au nom d’un Akbar miséricordieux ?

Mais en fait, quelle est la dimension numérique de la menace ? Un milliard trois cent millions de musulmans, soit un cinquième de la population mondiale dont la très grande majorité ne sont pas des islamistes. Entre séculiers, agnostiques, athées et membres de croyances diverses, 5 milliards de non mahométans sont assez puissants pour tenir en respect le noyau dur des idéologues et mollahs hégémonistes qui gangrénent le cœur du coran et de l’Oumma. A condition d’être informés, enseignés, organisés et déterminés, quelques centaines d’ex-islamistes rescapés, quelques milliers de musulmans réformateurs et quelques dizaines de milliers de non musulmans éclairés peuvent détruire ces nodules cancérigènes. Il est grand temps de créer un réarmement moral des peuples occidentaux, conscients des rapports de puissances antagonistes, convaincus de la force de nos valeurs historiques démocratiques et du souffle de liberté qui nous meut.

Dans le capharnaüm d’un nouveau monde oriental arabe qui cherche à se défaire des tyrannies ancestrales, en quête de nouveaux repères, l’apparition du concept de démocraties islamiques apparaît bien improbable, voire fallacieux, étant miné par une charria sous-jacente, inhérente au coran fédérateur, coercitive et contraignante en regard des valeurs d’indépendances entrevues… en trompe-l’œil. Ces sociétés arabes qui aspirent légitimement à se relooker en habits de libertés s’engendrent dans des révoltes sanglantes, exaltées par des incantations Allahriques. Elles risquent fort de se découvrir des lendemains corsetés de nouvelles frustrations en flash-back.

Le christianisme est à nouveau la religion la plus persécutée au monde. Des chrétiens qu’on égorge çà et là, des communautés religieuses persécutées en Chine, au Bangladesh, en Inde, au Vietnam, en Indonésie, en Corée du Nord. Bref, là où les chrétiens sont minoritaires, là s’y déclenchent les haines meurtrières, surtout en pays musulmans. Sur les lieux même où le christianisme prit naissance, rayonnant jadis sur tout le Moyen-Orient, d’ancestrales manières se perpétuent : attentats, crimes, viols et tortures. En Arabie Saoudite, le culte chrétien est puni de mort. En Turquie, les anciennes communautés chrétiennes, antérieures à l’islam, sont amenées à disparaitre (histoire, culture, corps et âmes). En Egypte, les coptes ; au Liban, les maronites, forcés d’émigrer en Occident. En Irak, harcèlement incessant des communautés chrétiennes jusqu’à ce leurs disparition. Partout et en tous lieux, églises attaquées et brûlées, prêtres assassinés…

Qui d’autres seront les grands perdants des chambardements actuels ? Les Etats-Unis, par fautes et trahisons Husseiniennes de leur Président-fossoyeur, qui les font décliner sur de nombreux plans ; l’Europe, économiquement affaiblie, submergée d’une masse migratoire colonisatrice et la perte de ses valeurs humanistes par la déchristianisation mortelle de son âme ; le Japon en souffrance, qui pense ses plaies et devra lutter jour et nuit pour redresser son pays-Titanic avant de regagner son niveau de croisière techno-économique ; et enfin le sempiternel bouc-émissaire israélien, traqué par la haine irrationnelle d’Amalek, un des innombrables archétypes incarnés du Malin. Au cœur du dilemme métaphysique, une Jérusalem harcelée, pressurée par l’hostilité des nations coalisées. Yéroushalaïm, cœur spirituel d’Eretz Israël, qui ne devra son salut qu’aux défenses sacrificielles de ses armées.

Quant à l’interrogation sur le sens de l’avenir de la vie ? Les pertes sont désastreuses, spécialement celles du sentiment de liberté de parler et de penser par soi-même ; l’impossibilité d’agir en secours solidaires ; la défection du courage des élites, et la cupidité mercantiles généralisées : grèves en cascades, blocages économiques, paupérisation exponentielle. Plus d’échappatoire. Impossibilité de croire et d’espérer en la providence, qui fut supplantée par un concept d’Etats providences fictifs et trompeur. Le rideau rouge d’une fin de partie de nos sociétés civilisées est en train de descendre sur le spectacle affligeant de notre monde qui délire et se désagrège.

A mes yeux, ce naufrage de l’humanité sans Dieu, qui se manifesta en pointillés tout au cours de l’Histoire, se trouve actuellement symbolisé par le massacre de la famille Fogel, dans la ville d’Itamar en Samarie, terre israélienne depuis trois millénaires. Ehud un père pionnier valeureux, Ruth, une mère courage, Yoav, un enfant de onze ans, Elad, un autre de 3 ans et Hadas, un bébé de 3 mois, poignardés ou égorgés, massacrés parce que juifs israéliens sur la terre de leurs ancêtres… par des assassins palestiniens, fruits maudits d’un palestinisme idéologique, aveuglément encensé par un monde insensé, avec la complicité active des politico-média-stases du mensonge. Cependant que çà et là, des populations arabo-palestiniennes endoctrinées, viscéralement hostiles aux juifs depuis le temps des Philistins, fêtaient cette abomination avec des cris de joie, des chants et des gâteaux dans leur univers de barbarie. Des malédictions s’abattirent jadis sur les Philistins. Il en sera de même sur les palestiniens qui pratiquent la barbarie criminelle, ainsi que leurs alliés politiciens et médiasticiens qui se déshonorent à jamais en les soutenant.

« Qu’en est-il de l’humanité ? Un jeu de massacre… répondent mon cœur affligé, ma gorge serrée et mes yeux pleins de larmes dans le Parvis des Gentils (1). Depuis la nuit des temps, l’équité et l’éthique de la valeur de la vie n’ont pas changé d’un iota. Que l’Eternel nous viennent en aide par l’avènement du Messie.

François Celier Pasteur et écrivain

Partie du Temple de Jérusalem où les non juifs avaient le droit de s’approcher de Ha’shem.

http://www.libertyvox.com/article.php?id=458

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Selon vous, lorsque Martine Aubry quitte la Mairie de Lille, drappée dans ces étoffes cherche-t-elle a incarner la reine Vashti, femme puissante et noceuse au caractère bien trempé ou bien une femme héroïque, qui sauve le peuple juif de son oppresseur : La princesse Esther ?

Pourim Sameah !

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Trois foyers devaient être allumés chaque jour au-dessus de l’autel. Ainsi que l’explique Rambam/Maïmonide (Hilkhoth temidim ou-moussafim 2, 4 et 5), le premier était un grand feu sur lequel étaient brûlés  les sacrifices quotidiens et d’autres offrandes; le second, sur le côté et plus petit, servait à y prendre du charbon pour brûler chaque jour de l’encens. Quant au troisième, il ne servait à rien si ce n’est à obéir au commandement qui prescrivait : « Un feu perpétuel brûlera sur l’autel, il ne s’éteindra pas » (Wayiqra 6, 6).

La tradition nous apprend, poursuit Rambam, que cette régle résulte des versets : « … il sera sur son brasier sur l’autel » (verset 2), ce qui indique un grand foyer, « … et le feu de l’autel y brûlera » (ibid.) désigne le foyer de l’encens, « Et le feu sur l’autel y brûlera » (verset 6) désigne le foyer permanent qui ne doit jamais être éteint.

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Haftarath parachath Zakhor – Le « regret » de Hachem

Le roi Saül a gravement péché en épargnant Agag, et Hachem déclare au prophète Samuel : « Je regrette d’avoir établi Saül pour roi ; car il s’est détourné de Moi et n’a point exécuté Mes paroles… » (I Samuel 15, 11).

Le Midrach suivant s’efforce d’expliquer comme suit l’échec du roi Saül et sa désobéissance à l’ordre divin :

« Ne sois pas juste à l’excès, ni trop sage» (Ecclésiaste 7, 16) : N’essaie pas d’être plus juste que ton Créateur. Cela s’applique à Saül, comme il écrit: « Saül vint jusqu’à la ville d’Amaleq » (I Samuel 15, 5). Rav Houna et rav Banaya ont enseigné : Avant que Saül soit allé à la ville, il a tergiversé sur le commandement divin d’éradiquer les Amalécites »>Article original et il a émis des objections à son exécution : « Tu as dit : “Va maintenant et frappe Amaleq” » (ibid. verset 3) Les hommes ont certes péché, mais quel a été le péché des femmes, quel a été le péché des enfants, quel a été le péché du bétail, des taureaux et des ânes ? » Une voix divine a répondu : « N’essaie pas d’être plus sage que ton Créateur » (Adapté de Qohéleth rabba 7, 16).

Ce midrach est l’illustration de la situation décrite par le récit biblique. Il nous apprend que l’on ne doit pas essayer de deviner ce que dissimulent les commandements divins, mais le fait même que ce midrach existe indique que les rabbins ont trouvé difficile l’ordre donné à Saül et déconcertant le châtiment que Hachem lui a infligé. Abarbanel tente de concilier la difficulté de l’ordre divin et la sévérité de la punition de Saül. Il affirme que le peuple d’Amaleq était un type particulier d’ennemi auquel Israël a dû faire face dans le passé. Ce peuple n’avait pas de frontière commune avec Israël, et les enfants d’Israël ne pouvaient constituer pour lui une menace. Leur seul but, selon Abarbanel, a été de se rebeller contre Hachem en détruisant Ses témoins. Telle a été la raison de l’ordre divin.

Abarbanel compare la punition de Saül avec celle de David, après le péché de Bethsabée. Il fait observer que le péché de David a été, selon les apparences, beaucoup plus grave que celui de Saül. Il conclut que la punition de Saül n’a pas été le résultat de l’infraction relativement mineure de ne pas exécuter à la lettre l’ordre divin, mais le résultat de sa faute ayant consisté à suivre la volonté du peuple plutôt que de conduire celui-ci à accomplir la volonté divine.

Jacques KOHN

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Le tremblement de terre catastrophique qui vient de frapper le Japon nous incite à nous tourner vers la Bible afin d’en dégager les références sismologiques qui s’y trouvent.

On sait qu’Erets Yisraël se trouve le long de ce qu’on appelle la « Vallée du grand Rift », le plus grand des fossés d’effondrement du monde, qui s’étend depuis la Turquie du sud à travers la Syrie, la Jordanie et la Mer Rouge, en Afrique de l’Est et au sud jusqu’au Mozambique, et ce sur plus de 9000 kilomètres. Cette « vallée », géologiquement active, d’une largeur de 40 à 60 kilomètres, et de quelques centaines de mètres de profondeur, a toujours été exposée à des tremblements de terre.
Plusieurs séismes ont eu lieu en Terre sainte au cours des derniers millénaires.

En 1837, le nord du pays a été frappé par une secousse de magnitude 7 sur l’échelle de Richter. Bilan : des milliers de morts. Le 11 juillet 1927, c’est un tremblement de terre d’une magnitude de 6,2 qui a secoué l’ensemble du pays, mais plus particulièrement Jérusalem, Ramleh, Naplouse, Tibériade, et Safed. Le bilan : 500 morts, 800 blessés, des milliers de sans-abri, des quartiers rasés. En 1995, une secousse a atteint 7,2 sur l’échelle de Richter. L’épicentre s’étant cependant situé au cœur de désert de Judée, loin de tout centre habité, les dégâts ont été limités.

On trouve dans la Bible quatre allusions prophétiques à un tremblement de terre passé ou futur.

C’est ainsi que le livre d’Amos commence par les mots : « Paroles d’Amos, qui était d’entre les bergers de Teqoa, qu’il a vues sur Israël, aux jours d’Ozias, roi de Juda, et aux jours de Jéroboam, fils de Joas, roi d’Israël, “deux ans avant le tremblement de terre (ha-ra‘ach)”. »

Ce prologue n’apporte ici rien d’autre qu’une indication sur l’époque où Amos a commencé de prophétiser. Le tremblement de terre auquel il fait allusion est celui qui s’est produit lorsqu’Ozias, roi de Juda, a abusé de ses fonctions en présentant dans les Saint des saints, le jour de Yom kippour, l’encens qu’aurait dû y faire brûler le kohen gadol. Ce péché très grave n’a pas eu seulement pour effet de faire apparaître la lèpre sur le corps du monarque et de le faire mourir prématurément, mais il a également eu pour résultat de provoquer un tremblement de terre (Voir II Chroniques 26, 16 et suivants).

C’est à ce tremblement de terre que fait allusion le livre d’Isaïe : « L’année de la mort du roi Ozias, je vis Hachem assis sur un trône haut et élevé, et les pans de sa robe remplissaient le temple … »>Article original Les fondements des seuils ont été ébranlés à la voix de celui qui criait, et la maison était remplie de fumée » (Isaïe 6, 1 et suivants). Les commentateurs indiquent que cet « ébranlement des fondements des seuils » est une évocation de ce tremblement de terre.

Deux autres prophètes signalent un tremblement de terre, mais en l’annonçant pour l’avenir.

« Et dans Ma jalousie, dans le feu de Mon courroux, J’ai parlé : En ce jour-là, il y aura un grand tremblement de terre (ra‘ach) sur la terre d’Israël » (Ezéchiel 38, 19). Ce séisme est annoncé comme un événement collatéral à la guerre de Gog et Magog, qui aura lieu à la fin des temps.

De même, le prophète Zacharie annonce : « Vous fuirez dans la vallée de mes montagnes ; car la vallée des montagnes s’étendra jusqu’à Atsal ; et vous fuirez comme vous avez fui devant le tremblement de terre, aux jours d’Ozias, roi de Juda » (Zacharie 14, 5).

Jacques KOHN.

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Le livre d’Esther ne nous livre que peu de détails sur la reine Vachti. Nous savons d’elle qu’elle a organisé un banquet pour les femmes en même temps qu’Assuérus, son mari, offrait un festin au peuple de Suse. Nous apprenons aussi qu’elle a refusé de se présenter devant la cour royale et qu’elle a été aussitôt répudiée par son seigneur et maître, lequel a saisi cette occasion pour affirmer la primauté de l’homme sur son épouse.

Et pourtant, sans Vachti il n’y aurait pas eu d’Esther, de sorte qu’on peut se demander si elle n’aurait pas mérité mieux dans le récit biblique.

En vérité, la discrétion du texte est largement compensée par l’abondance des détails que nous fournit la tradition midrachique.

En premier lieu, on nous apprend qu’Assuérus a commencé par « régner », et non qu’il était déjà « roi » (Esther 1, 1), et que ce n’est que dans la « troisième année de son règne » (1, 3) qu’il a offert un banquet aux membres de sa cour.

Que s’est-il passé pendant ces trois ans ?

Selon le Midrach, Assuérus n’était roi que parce qu’il était le mari de Vachti. Il lui a fallu trois ans pour s’affirmer comme monarque, et c’est pour marquer son triomphe, et aussi pour asseoir solidement son pouvoir jusqu’alors précaire, qu’il a convié les membres de sa cour à un banquet de 180 jours.

Nous savons, par le livre de Daniel (Voir notamment son chapitre 5) que le royaume de Babylone, dont le dernier roi a été Balthazar, a été conquis par les Mèdes. Ceux-ci, avec les Perses, ont été désormais les maîtres de tout le Moyen-Orient.

Or, Vachti était la petite-fille de Nabuchodonosor, roi de Babylone (Meguila 10b). La nuit où fut tué Balthazar, elle fut enlevée par Darius, roi des Perses. Celui-ci la prit en pitié et la donna pour épouse à Assuérus.

De sang royal, elle ne pouvait avoir que du ressentiment envers les conquérants du royaume de son grand-père, ce qui explique son refus d’être exposée aux regards du peuple de Suse lorsque son mari, pris de boisson, ordonna qu’elle lui soit exhibée.

Le texte, si on le lit attentivement, souligne son état d’esprit. Alors que le roi avait ordonné qu’on lui amène « Vachti la reine », c’est de « la reine Vachti » qu’est venu son refus (1, 11 et 12), comme si l’auteur du livre d’Esther avait voulu marquer qu’elle avait voulu, dans sa rébellion, affirmer son origine royale : Elle était « reine », et ce avant d’être devenue l’épouse d’un roi.

De même, lorsqu’elle a organisé un banquet pour femmes, c’est dans « la maison royale » qu’elle a reçu ses invitées (1, 9), et non « dans la cour du jardin du palais du roi » comme l’a fait son mari (1, 5). En d’autres termes, elle a choisi de rester bien à l’abri sous les ornements du palais, et d’abandonner à son mari et à ses invités les jardins qui l’entouraient, assurément moins prestigieux que les salles de la demeure royale.

Vachti, Esther et Zérech, la femme de Haman, trois femmes au caractère bien trempé et à la forte personnalité. Elles n’avaient pourtant été choisies pour épouses qu’à cause de leur beauté physique, comme il apparaît pour Esther qui « n’avait pas révélé son peuple ni sa naissance » (2, 10). On comprend mieux la crainte qu’ont éprouvée Assuérus et sa cour de voir se développer, à la suite de l’insoumission de Vachti,  un « Mouvement pour la libération de la femme », et il n’est pas étonnant qu’ils aient pris aussitôt les mesures qui s’imposaient pour préserver l’autorité des maris.

Jacques KOHN

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Parachath Wayiqra – Les sacrifices « expiatoires »

Les six derniers versets de la paracha (Wayiqra 5, 21 à 26) portent sur les offrandes expiatoires que l’on devait apporter après avoir perpétré une atteinte aux biens d’autrui, comme un vol, un détournement, ou une extorsion que leur auteur avait déniés sous serment (אשם גזלות).

Cette offrande consistait en une restitution à la victime de l’objet du vol, ainsi que du paiement à celle-ci d’un cinquième de son préjudice (Wayiqra 5, 24), suivis de la présentation sur l’autel d’un bélier sans défaut (Verset 25).

Nous voyons ainsi qu’il ne suffit pas d’un sacrifice, mais que l’on doit surtout dédommager la victime, ainsi que le prescrit une Michna (Baba Qama 9, 12) : « Une restitution sans sacrifice est valable ; un sacrifice sans restitution est inopérant… »

Sforno (ad Wayiqra 5, 23) explique que l’expiation d’un vol ne devient complète que si l’on a apaisé au préalable la partie lésée (אין הקרבן מכפר אלא אם כן פייס את הניזק קודם הבאת הקרבן). Car le voleur commet un double péché : l’un, entre lui et Hachem, en tant qu’il transgresse la Tora (Wayiqra 19, 13), et l’autre entre lui et sa victime. De la même façon, le processus d’expiation est double : On doit offrir un sacrifice expiatoire, et aussi restituer à son propriétaire ce qui lui a été volé.

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Haftarath parachath Wayiqra – « Et tu ne M’as pas invoqué, Jacob ! »

Dans le deuxième verset de la haftara, Hachem se désespère, si l’on peut dire, de la conduite des enfants d’Israël : « Et tu ne M’as pas invoqué, Jacob ; car tu as été las de Moi, Israël » (Isaïe 43, 22).

La parabole suivante illustre ce sentiment de déception éprouvé par Hachem :
Rabbi Yossi fils de Rabbi ‘Hanina a dit : Hachem a proclamé : « Si seulement mes enfants pensaient à moi comme ils pensent au dessert à la fin d’un repas ! » Rabbi Youdan a dit : Cela ressemble à un serviteur du roi qui a invité à sa table l’ensemble de ses amis sans avoir invité le roi son maître. Celui-ci, profondément blessé, se lamenta : « Si seulement mon serviteur me traitait au moins aussi bien qu’il traite ses amis ! » C’est ce qu’a voulu dire le Saint béni soit-Il : « Si seulement ils languissaient après Moi comme ils espèrent le dessert à la fin d’un repas ! Au lieu de cela, “tu ne M’as pas invoqué, Jacob !” Tu travailles durement toute la journée sans te fatiguer, mais quand vient le moment de prier pour Moi, tu es trop las, de sorte que lorsque Je t’invite à prier, tu réponds que tu es trop fatigué » (Adapté de Eikha Rabba).


Jacques KOHN.

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Parachath Peqoudei

Enfin débarrassés du « ramassis »

La parachath Peqoudei, dont la lecture sera suivie, en cette année 5711/2011, par celle de Cheqalim, présente, entre autres particularités, celle de revenir sur la contribution d’un demi-chéqel que devait offrir chacun des membres de la communauté d’Israël : « Un bèqa’ par tête, un demi-chéqel selon le chéqel du sanctuaire, pour quiconque se soumet au dénombrement, depuis celui qui est âgé de vingt ans et plus, pour 603 550 » (Chemoth 38, 26).

Le Midrach Tan‘houma (Ki thissa) est admiratif : « Admirez Israël, à qui même ses péchés procurent de bonnes choses ! Les frères de Joseph ont vendu celui-ci en esclavage, ce qui a procuré au monde de quoi se nourrir pendant sept années de famine. Ici aussi, les enfants d’Israël ont péché avec le veau d’or, ce qui leur a procuré la mitswa du demi-chéqel.

Etonnant Midrach que celui-là ! Il est vrai que le péché des frères de Joseph a permis un développement positif dans le plan divin. Mais attribuer à la faute du veau d’or un mérite quelconque paraît abusif.

En fait, si les enfants d’Israël ont réuni, pour la fabrication du Tabernacle, 603 550 demi-Chéqels, comme indiqué plus haut, cela veut dire à l’évidence que le « ramassis » (ערב רב) qui les a accompagnés, et dont la Mekhilta évalue l’importance à plus d’un million d’hommes, n’y a pas participé.
Or, c’est ce « ramassis » qui a porté la responsabilité première de la confection du veau d’or, et il est ainsi démontré qu’il a été tenu à l’écart de la fabrication du Tabernacle.

Sa disparition a ainsi marqué un moment décisif dans le destin du peuple d’Israël, qui a ainsi trouvé, grâce au veau d’or, si l’on peut dire, l’unité qui lui faisait défaut.

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Haftarath parachath Cheqalim

Le roi Joas et les fissures dans les murs du Temple

Ce Chabbath est le premier des quatre Chabbathoth « spéciaux » qui précèdent Pessa‘h. Il rappelle que le moment était venu de contribuer par le versement annuel d’un demi-chéqel aux services quotidiens et à l’entretien du Temple.

La haftara pour ce Chabbath raconte comment le roi Joas a ordonné que les sommes perçues à cet effet soient utilisées pour les réparations à faire dans le Temple : « Tout l’argent des choses saintes qui est apporté dans la maison de Hachem, l’argent de tout homme … »>Article original que les kohanim le prennent, chacun de la part de son donateur, et qu’ils réparent les brèches de la maison (בדק הבית), partout où il se trouvera des brèches (בדק) » (II Rois 12, 5 et 6).

L’expression בדק הבית faisait référence, à l’époque de la monarchie, aux « fissures » dans les murs. Plus tard, elle a désigné les fonds utilisés pour assurer l’équilibre financier d’une institution. Radaq présente comme suit le contexte historique de l’initiative du roi Joas : « Joas a décidé de rénover la maison de Hachem, car il fallait réparer les dommages que lui avait causés Athalie, fille du roi idolâtre Omri, et ses fils. Sinon, le Temple serait resté sans réparation depuis sa construction, 155 ans auparavant. C’est pourquoi Joas entreprit de le réparer et il collecta de l’argent à cette fin » (Ad II Rois 12, 7).

L’argent utilisé ici pour les réparations, selon Radaq, n’a pas été une charge exceptionnelle. Il explique que les gens sont venus avec les montants dont ils étaient déjà redevables, mais que, par négligence, ils n’avaient pas versés. Ils n’ont fait que régler des arriérés.

Jacques KOHN.

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Parachath Wayaqhel – Les femmes et la construction du Tabernacle

Les femmes occupent une place importante dans le récit de la construction du Tabernacle, récit qui forme l’essentiel de la paracha Wayaqhel, la part qu’elles y ont joué étant signalée à plusieurs reprises (Chemoth 35, 22 ; 35, 25 ; 35, 26 ; 35, 29 et 36, 6), alors qu’il n’en est pas fait mention du tout dans celui de la construction du Temple Salomon. Sans doute la Tora a-t-elle voulu les récompenser pour ne pas avoir pris part du péché du veau d’or.

Dans leur empressement, elles sont venues avant les hommes, ainsi que le souligne le texte : « Sont venus les hommes en outre des femmes… ויבאו האנשים על הנשים »>Article original (Chemoth 35, 22), ce qui veut dire, comme l’explique Abarbanel, que les femmes sont venues en premier, en apportant immédiatement leurs ornements, leurs boucles d’oreilles et leurs bagues, et les hommes les ont ensuite suivies.

Elles ont également occupé la vedette dans la fabrication de la cuve et de son support (Chemoth 38, 8), pour la réalisation desquels elles ont offert leurs miroirs.
Comme l’explique Ibn Ezra (ad loc.), ces femmes, dans leur amour de Hachem et des mitswoth, avaient abandonné toute coquetterie et elles venaient chaque jour prier devant la porte de la Tente d’assignation.

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Haftarath Wayaqhel – La valeur du nombre π (pi)

Il est écrit : « Il fit la mer de fonte, de dix coudées d’un bord à l’autre, ronde tout autour, sa hauteur était de cinq coudées, et sa circonférence était de trente coudées tout autour » (I Rois 7, 23).

Il semble résulter à l’évidence de ce verset, qui concerne la fabrication des ustensiles du Temple, que le rapport « circonférence/diamètre », appelé communément π (« pi » grec), est exactement de 3.

Une lecture plus attentive du texte nous permettra cependant de découvrir la valeur réelle de ce rapport.

Le mot « circonférence » se dit en hébreu dans ce verset קו. Or, ce mot, tel qu’il figure dans le verset en question, présente une anomalie scripturale (qeri kethiv) : Il s’écrit קוה, mais il se prononce קו.

La valeur numérique de ces deux mots donne respectivement 111 et 106, soit un rapport de : 111 / 106 = 1,0471698…

En multipliant ce nombre par 3, on obtient : 1,0471698 x 3 = 3,1415094…
Or, la valeur réelle de π est : 3.1415926…

La différence entre « 3 x 111 / 106 » et π est : 0,0000832, soit une marge d’erreur insignifiante de 0,00026% (D’après le Gaon de Vilna).

Jacques KOHN.