Torah

0 7

Dans la paracha Choftim, Moïse enjoint au peuple de nommer des juges et des officiers de police dans chaque cité. « Justice, c’est la justice que tu poursuivras », commande-t-il et elle devra être rendue sans corruption ni favoritisme.

Les crimes seront l’objet d’investigations méticuleuses et les preuves soigneusement examinées. Il faut qu’au moins deux témoins crédibles soient entendus pour qu’un suspect soit reconnu coupable et qu’une sanction puisse être prononcée.

Dans chaque génération, dit Moïse, certains se verront confier la charge d’interpréter et d’appliquer les lois de la Torah. « Selon la doctrine qu’ils t’enseigneront, selon la règle qu’ils t’indiqueront tu procéderas ; ne t’écarte de ce qu’ils t’auront dit ni à droite ni à gauche. »

La paracha de Choftim contient aussi les interdits relatifs à l’idolâtrie et à la sorcellerie, les lois régissant la nomination et la conduite d’un roi, les règles présidant à la création des « villes de refuge » destinées au meurtrier involontaire.

Nombre des lois de la guerre sont aussi affirmées : l’exemption du jeune marié, de celui qui vient de construire sa maison, de planter une vigne ou qui est effrayé ; l’obligation de proposer la paix avant d’attaquer une ville ; l’interdiction de détruire arbitrairement quelque chose de valeur, illustrée par la loi interdisant d’abattre un arbre fruitier en faisant le siège d’une ville (dans ce contexte, la Torah énonce la célèbre sentence « Car l’homme est un arbre des champs »).

La paracha s’achève avec la loi de la Eglah Aroufah, la procédure qui doit être suivie lorsqu’un cadavre dont le meurtrier est inconnu, est trouvé dans un champ, soulignant ainsi que la responsabilité de la communauté est engagée non seulement au regard de ce qui est commis, mais aussi pour les actes qu’elle n’a pu empêcher.

chabad.org

La parasha Choftim commence par deux mots très importants et très lourds de sens :

שופטים ושוטרים תיתן לך בכל-שעריך אשר ה’ אלקיך נתן לך לשבטיך ושפטו את-העם משפט-צדק :

Des juges et des policiers tu prendras pour toi dans tes portes que l’Eternel ton D. t’a données pour tes tribus et ils jugeront le peuple et établiront des jugements équitables.

Un peu plus loin dans la parasha nous trouverons aussi un verset très célèbre et ces deux  versets  nous permettront de comprendre l’esprit du premier des thèmes de la sidra :

צדק צדק תרדוף למען תחיה וירשת את הארץ.

Tu poursuivras la justice pour pouvoir vivre dans le pays dont tu hériteras.

La recommandation est d’instituer des juges et des policiers et de chercher la justice activement. En effet, D énonce un commandement : donne-toi des juges et des policiers. Dans un premier stade il nous faut comprendre la différence entre ces deux offices puis de saisir que nous assistons à une première esquisse de quadrillage de la société. En effet, de manière très schématique nous dirons que les juges sont là pour « faire » des lois et les policiers pour les faire appliquer. Où ? Dans « tes portes »   est-ce dire dans tes villes ? Non, car il est écrit dans tes portes que l’Eternel ton D t’a donné pour tes tribus : cela donne une dimension: les juges seront nommés ainsi que les policiers dans chaque « agglomération » et dans chaque région que D a attribué à chaque tribu : agglomération, région, district…… et, avec des fonctionnaires qui seront supérieurs aux simples juges puis d’autres qui seront supérieurs aux derniers ou, si l’on préfère on possède ici un organigramme ou une structure élaborée du système judiciaire. Et, après que ce système ait été imaginé, D demande : tsedek tsedek tirdof : poursuis la justice mais plus précisément : tu vas chercher et bien chercher pour extraire de la justice (tsedek) ce qui peut être encore plus juste. Ou, encore, il faut que tu t’attaches à ce qui peut exister de plus juste au sein même  de la justice. Chercher et fouiller encore et encore jusqu’à extirper de tout ce qui s’appelle système judiciaire la véritable justice morale, celle qui prend l’Autre en compte, chercher et écouter et aller vers l’autre pour que la véritable justice s’exerce.

Rashi explique : ce sera grâce aux bons juges et aux bons policiers que nous pourrons être dignes du pays d’Israël mais, pour cela il nous faut atteindre un degré tel de justice que nous vivrons dans une société juste véritablement.

Le « Sefat Emet » explique un peu différemment ce « shoftim veshoterim titen lekha ». Pour lui, si D ordonne « titen lekha » tu te donneras des juges et des policiers : le grand penseur s’exprime ainsi : ce n’est pas que tu doives toi en tant que peuple : nommer des juges et des policiers mais toi, prends toi, en tant qu’individu, pour toi-même ou envers toi-même, deviens un juge et un policier car tu as reçu des commandements applique les pour toi et fais les appliquer par les autres, et juge-toi toi-même !

Il existe dans les mots שעריך- tes portes –  et שוטרים   – des policiers/gardes – des allusions très importantes que nos Maîtres mettent en relief : dans ces deux mots, disent-ils, D a voulu nous faire comprendre que trois organes peuvent provoquer nos réactions : les yeux, les oreilles et la bouche ce sont « nos portes » (שעריך) et les policiers ou gardes sont les paupières que par notre volonté nous allons baisser pour éviter à nos yeux de voir certaines choses, nos lèvres ou notre langue que nous allons fermer et/ou empêcher de fonctionner et nos doigts (auriculaires) à l’aide desquels nous pourrons empêcher nos oreilles d’entendre ce qu’il ne faut pas entendre. Le fait d’empêcher nos yeux/oreilles/bouche de fonctionner se fera sous l’impulsion de notre libre-arbitre.

Ceci est si aléatoire et difficile à réaliser que nous avons des exemples dans notre histoire d’une période où les juges étaient corrompus et qu’il fallait qu’eux-mêmes soient jugés ainsi, le livre de Ruth commence par les mots : ויהי בימי שפוט השופטים  « Ceci se passait au temps où les Juges étaient jugés ». Cette corruption, ce manque de véritable justice n’est pas innocente et le peuple en pâtit : car la corruption des juges amène la guerre et la famine, conséquences directes de la corruption.

Le Or HaHayim dit à propos de ces versets que les juges et les policiers sont indissociables les uns des autres car s’il n’y a pas de juges pour faire des lois, il n’est nul besoin de policiers pour faire appliquer des lois qui n’existent pas ! Mais le grand penseur nous fait remarquer qu’il est possible qu’une « erreur grammaticale » se soit glissée dans le verset où D S’adresse au Juif à la deuxième personne du singulier pour ensuite parler de jugement au pluriel. L’explication est simple : si un juge peut être seul à juger, un témoignage ne peut être recueilli que s’il émane de deux personnes ainsi qu’il est dit : « על פי שני עדים יקום הדבר » Un témoignage ne peut être pris en considération que s’il provient de deux personnes.

Le juge devra enquêter et écouter, et chercher de manière à faire ressortir un détail qui pourrait être important.

De manière à ne pas défavoriser un pauvre vis-à-vis d’un riche, on aidera le pauvre à paraître de la même façon que son adversaire  soit en priant le riche de s’habiller comme un pauvre ou en aidant un pauvre à s’acquitter de sa peine/dette en cas de besoin.

Le Zohar attire notre attention de manière à  comprendre que le jugement ne peut être que divin et l’on demande aux juges d’être circonspects en rendant la justice : « malheur aux juges d’en bas s’ils renient l’œuvre de la création et si un juge ne se prononce pas de la même manière que l’autre car « en-haut » existent aussi des juges et des policiers et il y en a qui jugent les âmes car les juges et les policiers « d’en bas » sont corporels, alors que ceux d’en haut sont liés aux âmes : l’un n’est pas mieux que l’autre, et les uns comme les autres doivent être égaux.

Lorsqu’il est question de משפט צדק  c’est pour exprimer le fait que entre le moment où la justice va être rendue, on doit rechercher le lien qui existe entre les deux jugement et justice l’un n’étant pas l’autre.

Le mishpat est d’un degré supérieur au tsedek.

Lorsqu’on fait la tsedaka on fait ou bien on rétablit la justice au nom de HaShem car tsedaka c’est tsedek plus la lettre hé : HaShem.

En donnant de l’argent à quelqu’un, on répare une injustice et on enlève un peu de la part qui nous a été donnée pour agrandir la part de l’autre ou encore, pour radoucir le sort de quelqu’un qui n’a pas fait l’objet d’une répartition équitable pour des raisons qui nous échappent.

Caroline Elisheva REBOUH

1 10

Quelques jours avant la sidra Choftim, ou, selon les années,  lors même de ce shabbat, débute le sixième mois de l’année : Eloul, mois des selihoth, du retour-teshouva.

La signification la plus courante de ce mois d’Eloul est que ce nom est un sigle formé  par l’initiale des quatre mots tirés d’un verset du Cantique des Cantiques : Je suis à mon Bien-Aimé et mon Bien-Aimé est à moi. (אני לדודי ודודי לי).  Si les initiales de ces 4 mots viennent former le mot d’ Eloul, ces 4 mots se terminent tous par la lettre youd dont la valeur numérale est 10 et donc, leur terminaison fait allusion aux 40 jours de selihoth de rosh hodesh eloul à yom kippour.

Chez les Sefaradim, on procède chaque jour (à l’aube ou bien après minuit) à un rituel pour faire part au Tout Puissant de notre regret de nous être conduits inconsidérément  et de ne pas avoir été pointilleux dans l’application des mitsvoth contenues dans la Torah.

Chez les Ashkenazim, tout au moins dans certaines communautés, on sonne du shoffar pour rappeler que lorsque Moïse est remonté pour la seconde fois  sur le Mont Sinaï pour prendre les secondes tables de la Loi, le son du shoffar avait pour fonction de rappeler à chaque Juif de ne pas céder, une fois de plus à l’idolâtrie.  Le son allant en s’amplifiant pour signaler la présence divine de plus en plus  ainsi qu’il est dit :

עלה ה’  בתרועה… ה’ בקול שופר…..

De façon à nous forger une protection, il est recommandé pendant ces 40 jours (30 du mois d’Eloul + 10 jours “redoutables) de lire deux fois par jour, le psaume 27.

Tandis que les jours (« yamim norayim ») redoutables sont appelés les jours de jugement et de miséricorde,  les jours de teshouva sont appelés, les jours de selihoth verahamim (de pardon et de miséricorde).

Pour quelle raison, dans le Cantique des Cantiques, Shlomo HaMelekh  emploie-t-il le terme « dod » -oncle- pour désigner D ? Cette poésie lyrique est, nous le savons, non pas une intrigue amoureuse mais un chant allégorique vantant l’amour réciproque de D et de Son peuple. La raison est la suivante : lorsqu’un enfant naît, il devient, de manière indéfectible, partie intégrante d’une même famille et un oncle restera un oncle quel que sera  l’avenir de cet enfant ce qui n’est pas réciproque avec un conjoint qui peut, has vehalila, devenir un « ex ». En employant le terme de Dod (oncle), le Roi Salomon a voulu signifier au peuple juif que quelle que soit sa conduite, ce peuple sera toujours aimé par son Souverain, son D.

Dans la longue supplique que nous adressons à D pendant tous ces jours de selihoth ou de teshouva, après avoir récité la Amida : Avinou Malkénou (notre Père, notre Roi) nous demandons que soient bouclées les bouches de nos accusateurs. Le Hafets Hayim explique ainsi : si l’homme arrive à dominer son penchant et sa bouche pour ne jamais dire de mal d’aucune personne,  lorsqu’arrivera le moment, à 120 ans, d’être jugé, HaShem bouclera les bouches de tous nos accusateurs potentiels.

De plus, au moins pendant ces jours de selihoth et de teshouva (repentance), il est recommandé de faire des mitsvoth supplémentaires ou de se renforcer dans celles que nous faisons telles que : la visite aux malades, l’accueil d’invités, les prières,  les études de Torah et/ou le soutien aux étudiants/yéshivoth, le soutien aux nécessiteux.

En éduquant les enfants dans le respect de la Torah, le respect de l’Autre, en jugeant le prochain avec le bénéfice du doute et surtout en ne point céder aux commérages, nous  œuvrons pour notre propre personne.

En nous penchant sur nos actes et en opérant un changement sur nous-mêmes, nous agirons comme des orfèvres qui prennent à cœur de  former une magnifique couronne enchâssée de pierres précieuses  dont D ceindra Sa Tête avec Magnificence pour Rosh Hashana.

 

Caroline Elishéva REBOUH

0 6

La péricope Réeh s’ouvre sur une parole au singulier qui se poursuit par un pluriel ainsi est-il écrit dans le Deutéronome chapitre XI, verset 26 :

רְאֵה, אָנֹכִינֹתֵןלִפְנֵיכֶם–הַיּוֹם: בְּרָכָה, וּקְלָלָה.

Vois,  je vous propose en ce jour, d’une part, la bénédiction, la malédiction de l’autre.

(Reé, anokhi noten lifenékhem hayom : berakha oukelala).

De tous temps les Sages se sont interrogés sur la forme que revêt ce verset et la réponse est qu’en fait, D. S’adresse à chacun d’entre nous (au singulier) pour nous signifier que nous ne sommes qu’une infime facette de tout un ensemble qui est le klal Israël et nous faire comprendre à nous, individus, que nos actions, notre façon de réagir et notre façon d’appliquer et d’observer ce que nous enseigne la Torah a une double portée : nos actions sont inscrites à notre actif/passif  mais ces actes sont l’indication de notre implication dans l’entité que représente tout le peuple d’Israël.

C’est la raison pour laquelle il est dit que : «  Israël est garant l’un de l’autre » : אל ערבים זה לזה Israël ârévim zé lazé.

Cette lecture hebdomadaire Réeh  permet de recenser 55 mitsvoth énoncées dans ces chapitres. L’une d’elles est la tsedaka (« charité ») qui dans ce contexte revêt une importance particulière. En effet,  cette sidra se trouve généralement avant Rosh hodesh Eloul ou pour rosh hodesh Eloul ce qui signifie que l’on se trouve à une quarantaine de jours de Yom Kippour.

Le nom de ce mois, ELOUL, en hébreu : אלו »ל , est commenté de diverses façons dont celle-ci, traditionnelle : אני לדודי ודודי לי  Ani Ledodi Vedodi Li : Je suis à mon Bien-Aimé et mon Bien Aimé est à Moi.  Cette époque est celle des retrouvailles de l’époux et de son épouse (de manière allégorique D. est l’Epoux et Israël l’épouse) c’est-à-dire qu’en ces jours de Selihoth,  Israël,  fait Teshouva et examine sa conduite en se rapprochant du Créateur pour pouvoir se rapprocher tout-à-fait pendant ces jours de pénitence se terminant par les dix jours « redoutables » de Rosh Hashana à Kippour.

Cependant il est une autre façon de commenter ce nom du mois Eloul : איש לרעהו ומתנות לאביונים  Ish Lerééhou Oumatanot  Laévyonim : Chacun vis-à-vis de son prochain et des offrandes pour les pauvres.

Dans les Proverbes de Salomon on trouve à deux reprises l’affirmation selon laquelle « faire la tsedaka sauve de la mort » ; Maïmonide lui-même consacre quelques chapitres aux règles de la parnassa et, les Hazal dans la guemara  de Baba Batra nous aident à mieux saisir le message :

Tout d’abord pourquoi Shlomo  HaMelekh insiste-t-il sur le fait que la tsedaka sauve de la mort  en inscrivant ces mots une deuxième fois ? C’est pour nous apprendre deux principes : lorsqu’un  quémandeur tend la main pour y recevoir la charité, cela le met mal à  l’aise et, en conséquence il faut répondre positivement et   généreusement sans avoir pour ceci à se soumettre à un effort  considérable (לפתוח את היד ובלי לאמץ את ליבו –לבבו- ou : ouvrir sa main sans faire  un effort) : en effet, lorsque l’on fait la tsedaka, il ne faut pas penser que l’on possède moins  d’argent après, car la récompense se calcule non pas seulement en argent mais encore en mérites.  D. procure au donateur la possibilité de donner d’avantage d’argent et de recevoir des mérites qui se calculeront en années de vie par exemple.

A ce propos, il est bon de signaler que souvent dans la Torah,  D donne un commandement formulé par le double emploi d’un terme (forme emphatique) comme par exemple ici : Patouah tiftah, ou bien naton titen, héânek taânik  et bien d’autres encore c’est pour mettre l’accent sur la mitsva à faire, sans rechigner car, aller demander de l’argent à quelqu’un est humiliant et Rashi précise que le manque dont fait preuve le pauvre est suffisant, donc patouah tiftah eth yadekha nous enseigne qu’il faut donner et donner encore et même ne pas attendre qu’on nous demande mais aller au-devant et pourquoi insister sur le mot main ?

C’est ici une allusion : lorsque la main est fermée, tous les doigts sont à la même hauteur alors que lorsque la main est ouverte la différence entre les cinq doigts est flagrante et c’est ce que nous ordonne la Torah : considère celui à qui tu donnes car ses besoins ne sont pas les mêmes que ceux d’un autre : à un ancien riche, il faut donner plus car il a été habitué à d’avantage.

Le pauvre a les yeux tournés vers le ciel en une supplique,  et le ciel considère celui qui donne généreusement, en se conduisant comme un frère envers celui qui est dans le besoin, comme quelqu’un qui peut être sauvé puisqu’il a tendu la main à son prochain.

La tsedaka sauve de la mort dit Shlomo HaMelekh car, si l’heure d’un homme est venue et qu’il ne veut pas mourir car il désire encore étudier ou faire des mitsvoth ou donner encore d’avantage de tsedaka, le seul procureur qui peut arriver à faire différer l’heure de la mort est la tsedaka, c’est la seule mitsva……….. Les autres seront prises en compte bien entendu mais celle-ci  a une double portée celle citée précédemment et aussi, celle d’éviter les jugements de la Géhenne (guéhinom).

Lorsque D. a voulu créer l’homme, il est écrit dans le midrash que HaShem S’est entouré de l’avis des Anges du Service Céleste et en particulier : de la Vérité (Emet), de la Paix (Shalom) et de la Vertu (Hessed)  et de la Charité (Tsedaka). Il y eut deux voix pour et deux voix contre. Les deux voix contre étaient celles de la vérité et de la paix car la vérité a dénoncé le fait que l’homme saurait mentir et la Paix que l’homme serait querelleur. D  écarta la V             érité et, Il créa l’homme pour que celui-ci pratiquât la Tsedaka et se conduisît avec Hessed.

Pour en revenir au mois d’Eloul, il faut souligner que l’homme vertueux doit redoubler dans sa tsedaka de rosh hodesh eloul jusqu’après yom kippour car, cette mitsva indique que D est proche de Ses créatures encore bien plus que pendant les autres périodes de l’année comme le précisent les rabbins du Talmud : Pourquoi D n’a-t-IL pas fixé Rosh Hashana pendant la période des semailles et des différentes récoltes ? C’est parce qu’il aurait été préoccupé tandis qu’après les récoltes, il a tout le loisir de procéder à un examen de conscience et d’opérer en lui des changements dans son comportement et ses habitudes. Se concentrer sur l’esprit de la Tsedaka est important car il est écrit : וצדקה תהיה לנו כי…,  à la terminaison de ces quatre mots se trouvent les lettres du Tétragramme.

Le verset des tehilim :   אבן מה עשו הבונים הייתה לראש פנה    Les Hakhamim ont fait remarquer que les trois lettres du  mot “pina”    פנהsont les initiales des trois mitsvoth : « patouah  tiftah » de « naton titen » et de « haânek taânik »   ouvre ta main, donne et procure.  Les trois lettres du verbe « natan »   noun-tav-noun  faisant allusion au fait que nous sommes tous garants les uns pour les autres : nefesh tahat nafesh.

Caroline Elishéva REBOUH

ה

 

0 5

La paracha de Réé (14, 1) nous dit : בָּנִים אַתֶּם לַיהוָה אֱלֹהֵיכֶם לֹא תִתְגּדְֹדוּ (Vous êtes les enfants de l’Eternel votre D.ieu, ne vous tailladez pas le corps). Le Yalkout Chimoni rapporte une interprétation différente des mots : « Lo titgodédou » [littéralement : « ne vous tailladez pas »], selon laquelle il s’agirait d’une défense de former au sein du peuple juif des groupes divisés les uns des autres [de la racine « agoudot » : des groupes]…

On raconte qu’un homme vint trouver un jour le ’Hafets ’Haïm en lui demandant : « Comment se fait-il que notre peuple connaisse tant de coutumes et de mouvements différents les uns des autres ? Les ’Hassidim prient d’une certaine manière, les Mitnagdim d’une autre et les Séfaradim encore d’une autre façon. Même au sein des mouvements hassidiques, chacun d’eux opte pour une approche spécifique : certains prient avec enthousiasme et ferveur, d’autres plus calmement, voire avec austérité, etc. Ne serait-il pas préférable que toute la communauté juive s’accorde pour suivre un même rite ? »
« En vérité, répondit le ’Hafets ’Haïm, vous auriez pu poser la même question au tsar en personne. Pourquoi a-t-il besoin de se doter d’armées différentes, elles-mêmes composées de régiments distincts ?
Pourquoi donc disposer d’une infanterie, d’une cavalerie, d’une marine, d’une artillerie, etc. ? Ne seraitil pas plus sage de rassembler toutes ces troupes dans un seul corps militaire, de toutes les munir avec les mêmes armes et de nommer à leur tête un seul général en chef ? Je suis certain qu’en agissant ainsi, le tsar s’épargnerait beaucoup de tracas…
Mais la réponse, toute personne sensée la connaît : chaque unité militaire possède ses propres fonctions et doit remplir des missions spécifiques. Le but d’une armée est en effet de défendre le pays et de vaincre l’ennemi et pour ce faire, elle est obligée d’étendre ses champs de manoeuvre pour être présente sur tous les fronts.
Et de fait, ce qu’un fantassin parvient à réaliser, aucun cavalier ne le peut, et vice-versa. Si le fantassin peut tenir tête à l’ennemi sur le front, le cavalier jouit quant à lui d’une capacité de mouvement beaucoup plus importante et peut ainsi poursuivre l’ennemi dans ses retranchements ou battre plus vite en retraite.
De même pour l’artillerie : elle est capable d’atteindre l’ennemi à longue distance, ce qu’aucun autre soldat ne peut faire. Même les soldats qui sonnent du clairon ont leur propre importance car bien qu’ils ne mènent pas le combat, ils sont néanmoins capables de galvaniser les troupes au son de leur instrument.
« Quant à nous, enchaîna le ’Hafets ’Haïm, notre mission sur terre est de vaincre le Satan, qui nous incite à nous détourner de la Torah. Nous sommes donc continuellement en quête de stratégies pour le dominer et le vaincre. C’est la raison pour laquelle notre « armée » est composée de différentes troupes : une infanterie, une cavalerie, une artillerie, etc.
Chacune d’elles a sa propre importance, car elle affronte l’ennemi à sa manière, avec les armes qu’elle maîtrise le mieux, et nul ne saurait se substituer à l’action de l’autre. Un groupe utilise la force de l’étude de la Torah, un autre celle de la prière et un troisième sa flamme et son enthousiasme. L’essentiel est que chacun de ces groupes sache que tous mènent un seul combat, à savoir une guerre contre le mauvais penchant. »

Extrait du livre « Pniné haTorah » – Editions Torah-Box – © Tous droits réservés

Rav David Haddad -Torahbox

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Dans Devarim, le cinquième livre de la Torah,  on nous demande de privilégier le sens de l’ouïe au sens de la vision ou de la perception par la vision ou les visions (prophétiques). Dans Réeh, cette section de la  Torah fait appel dès le premier mot au sens de la vue : ראה Vois !

 


Ainsi, l’homme est invité à faire appel au sens qui va lui donner la possibilité de percevoir les choses, les événements et de pouvoir considérer en pleine conscience ce qui se trouve devant lui de façon concrète.

Un commandement qui est entendu fait son chemin vers la réflexion de manière abstraite alors que l’image vue concrétise la chose.

D. dit : Vois Je place devant toi la bénédiction et la malédiction plus bas nous apprenons dans quelles conditions l’homme pourra recevoir une bénédiction אשר תשמעו si vous avez écouté les mitsvoth c’est donc que l’ouïe-réflexion vit en symbiose avec la vue, la perception des choses et de cette façon ce qui est bien comme ce qui est mal « sautera aux yeux ».

 

« Ce qui est bien aux yeux de HaShem » est ce qui est conforme à l’observance des mitsvoth….
Ainsi, D met à notre disposition les deux entités : le bien et le mal, la bénédiction et la malédiction, la vie et son contraire et, le texte, après nous avoir exposé tous ces aspects nous conseille : tu choisiras la vie. Que nous est-il donné de comprendre avec ces propositions : devons-nous comprendre en termes simples que si nous nous conduisons bien, nous serons récompensés ?

Monts Grizime et Ebal (Samarie)

 

Non, comme nous l’enseigne la mishna : sekhar mitsva, mitsva ; sekhar avéra, avéra ou : le salaire de la mitsva est une mitsva et celui d’une dérogation à la loi, par une autre dérogation… cela équivaudrait à penser que lorsqu’on est imprégné de l’esprit d’une mitsva, on a envie d’en faire une autre ou bien qu’une faute commise entraîne à en commettre une autre.

« Tu choisiras la vie » c’est-à-dire que nous avons le choix, nous sommes LIBRES de choisir comment nous devrons nous conduire, bien, comme le veut notre Créateur, selon les préceptes qu’Il nous a donnés pour mieux nous guider et parce que nous L’aimons de manière inconditionnelle, parce que nous savons que Lui Seul sait ce qui est bon pour nous et surtout parce que nous acceptons tous Ses commandements sans essayer le pourquoi de ces commandements, mais simplement parce qu’ils émanent de notre D et que notre volonté est de Lui obéir.

 

C’est en cela que réside le libre-arbitre. Ainsi que nous l’apprenons dans les Pirké Avot : הכל צפוי והרשות נתונה ou, en d’autres termes : D. a Son plan : tout est prévu en ce qui concerne les grandes lignes : le début la fin, les moyens mais, et c’est là qu’intervient le libre-arbitre : le choix de l’homme est préservé, l’homme peut fauter mais aussi il peut s’en rendre compte et en ce cas, il peut aussi se repentir.

D’une manière plus actuelle le libre-arbitre ((רשות va se transformer en : .הבחירה החופשית Conférant au libre-arbitre un plus large éventail d’action : le choix par liberté, dans le sens de volonté et non pas être libre de choisir. Il y a là une très faible nuance mais elle existe : je suis libre de choisir et je fais ce qu’il me semble bien de faire et non pas je dois choisir et je choisis ce que je veux car dans le libre arbitre je dispose d’une entière liberté choisir ou pas et bien ou mal alors que dans l’autre, je dois choisir, et, je choisis ce que je veux.

La nuance est très faible mais elle existe et elle nous permet de voir ainsi à quel point l’homme craignant D peut, de par son choix et sa propre intervention, influer sur son avenir et son destin même si les grandes lignes ont été décidées (הכל צפוי). L’avantage est que l’homme en décidant d’agir dans le sens de la mitsva va ressentir hic et nunc(immédiatement) les bienfaits et la satisfaction morale du devoir accompli alors qu’en n’observant pas ce que l’Eternel a demandé à Ses enfants de faire, l’être humain se sent « poursuivi » par le sentiment de culpabilité.

La bénédiction et la malédiction résidant en ce sentiment de bien-être ou de mal-être engendré par la satisfaction du devoir accompli ou non. L’accent doit être mis sur l’action : l’homme qui exerce un choix et qui agit est actif alors que celui qui subit est passif.

 

En acceptant la Torah l’homme a pris une décision, il est actif. En recevant, il est passif mais en décidant d’accomplir ce qu’on lui a proposé de faire il redevient actif et c’est en cela qu’il exprime son libre arbitre, il agit de son plein gré.

S’il décide de recevoir sans réagir, il redevient passif. Or, l’homme ne peut être éternellement passif car il ne subit pas constamment, il agit aussi pour manger, travailler, vivre et évoluer au sein du microcosme de la cellule familiale ou du macrocosme de la société, du monde dans lequel il est actif.

L’homme se distingue de la bête sous plusieurs aspects : la parole et l’intelligence mais aussi sa faculté de décision, d’action libre. Le Maharal de Prague a défini (schématiquement) la différence entre l’homme et la bête qui porte un joug : l’homme se tient debout la tête se dressant vers le Royaume des Cieux alors que la bête se tient la tête baissée vers la terre.

 

Judah Loew ben Bezalel

La bête est passive, elle subit le joug imposé par l’homme alors que l’homme est libre : il est libre d’accepter ou de refuser le Joug du Royaume des Cieux et de s’y conformer ou de se révolter. D nous conseille : tu choisiras la vie !

Car c’est en étant en vie que l’on profite de tout ce que l’Eternel a créé pour notre plaisir et même si parfois tout n’est pas « rose », la satisfaction d’avoir fait une berakha par exemple avant de consommer un mets ou la satisfaction d’avoir remercié le Créateur pour un bienfait dont nous aurons été les bénéficiaires directs, nous remplit d’aise.

La vie est bonne, choisissons-la et n’opérons de choix que dans les priorités qu’il nous semble devoir donner aux actes.
Parmi les actes, il y a les bons qui nous maintiennent dans la bonne voie et les mauvais qui peuvent nous entraîner dans le mauvais chemin, les mauvaises pensées ou réflexions, les mauvais choix. Quel est donc le remède pour nous apporter toute la félicité, le bonheur et le bénéfice d’un choix judicieux ? L’étude de la Torah pour laquelle nous nous devons de consacrer du temps et qui nous guidera vers les choix judicieux.
Reeh, Vois, Je place devant toi le bien et le mal, ….. Tu choisiras la vie…..

Caroline Elisheva Rebouh

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Rivkah Bloom a grandi à Charlotte, en Caroline du Nord. Dans l’établissement où elle a été scolarisée jusqu’en 4e, elle était la seule élève juive de sa promotion. A l’époque, elle ne connaissait pas grand-chose à la religion. Inquiets face à la perspective que leur fille ne devienne une adulte complètement déconnectée de ses racines, ses parents l’ont alors envoyée dans un camp d’été juif.

Le déclic pour Rivkah. « J’ai été happée par ce que j’ai vu dans cette colonie de vacances. Tout me paraissait beau. » C’est ainsi que la jeune fille s’est peu à peu rapprochée de la Torah.

Rivkah était particulièrement douée dans les matières scientifiques. Elle a étudié les maths à un très haut niveau, dans des classes remplies de garçons. Cependant, il lui était difficile d’être la seule élève à respecter le chabbat, dans un milieu où tout le monde assistait à des matchs de football le vendredi soir.

Avec l’entier soutien de sa famille, elle a donc décidé de s’inscrire dans un lycée juif de Pittsburgh. A mesure que sa pratique religieuse se renforçait, celle de ses parents et de ses quatre frères et sœurs s’est aussi développée. Afin de maintenir son niveau en sciences alors qu’elle étudiait dans une école de filles chabad, Rivkah a reçu la permission d’assister à des cours dans un lycée de filles à proximité, et passait ses étés dans des camps dédiés aux maths et aux sciences. A ce moment-là, son identité juive était suffisamment affirmée. « Je savais vraiment qui j’étais désormais. J’étais certes différente, mais sûre de moi ».

Une fois le lycée terminé, elle a étudié pendant un an au Mahon Shoshanat Yeroushalaim, juste avant d’entrer au prestigieux MIT, l’Institut technologique du Massachussets. Elle s’y est spécialisée en informatique et en ingénierie électrique, puis a obtenu un master en informatique. Rivkah s’y est sentie comme un poisson dans l’eau. Les quelques étudiants juifs religieux résidaient au même étage et disposaient d’une cuisine cachère. Par la suite, la jeune femme s’est mariée et a déménagé à New York, où elle a commencé à travailler dans le domaine exigeant du conseil financier.

Puis elle a accouché de son premier enfant, atteint de problèmes de santé. « J’ai alors décidé de quitter mon travail. Grâce à Dieu, son cœur s’est finalement remis tout seul. Mais avec cette expérience, je suis passée d’une femme carriériste, à une mère qui a fait de sa famille sa priorité », dit-elle. Lorsque son mari s’est vu proposer un poste de rabbin en Floride, la famille a déménagé.

La parfaite combinaison

Lors d’un chabbat en 2005, Rivkah a reçu une femme de 37 ans qui venait d’opérer un retour à la religion. En évoquant les lois de pureté familiale, celle-ci lui a dit combien elle trouvait compliqués les calculs liés au cycle menstruel.

L’idée est alors venue à Rivkah de créer un calendrier de mikvé en ligne. « J’étais très excitée par ce projet qui combinait mes aptitudes en maths et en sciences, avec mon amour pour la Torah ! », explique la jeune femme. Elle a commencé par contacter un certain nombre de rabbins pour connaître leur avis, mais ces derniers n’ont pas montré un grand enthousiasme. Jusqu’à ce que le rav Fishel Jacobs, un expert en lois de pureté familiale, lui dise : « Non seulement nous pouvons, mais nous devons le faire ! ».

Rivkah s’est alors associée à un ancien camarade du MIT, avec lequel elle a commencé à travailler sur l’actuel MikvahCalendar.com. Leurs objectifs étaient simples : ils souhaitaient mettre au point un algorithme fiable à 100 %, mais aussi que le programme soit simple d’utilisation et accessible à toutes les femmes, indépendamment de leurs coutumes.

Le calendrier a finalement été lancé en 2009, après avoir passé une série de tests minutieux, de façon à s’assurer que les calculs soient toujours corrects. Une exigence qui a payé, puisqu’aucune utilisatrice n’a jamais dénoncé de défaillance. Aujourd’hui, le calendrier compte 65 000 utilisatrices, dont 15 000 qui vivent en Israël. Le programme, disponible en anglais, hébreu, espagnol, français et russe, est capable d’envoyer des sms dans la langue de l’utilisateur, à chaque étape relative aux lois du mikvé.

« Chaque jour de nouvelles utilisatrices s’inscrivent sur le site », constate fièrement Rivkah. « Les personnes chargées d’enseigner les lois de pureté aux futures mariées conseillent même d’utiliser notre calendrier car il est plus fiable que les calculs manuels. » En 2011, MikvahCalendar.com est devenu une application disponible pour Android et IPhone. Rivkah passe au moins trois heures par jour à guider les utilisatrices et à améliorer son produit en y ajoutant des fonctionnalités et des langues, en fonction des demandes.

Pratique facilitée

En parallèle, un nouveau site sera lancé cet été, dont l’inspiration a également pour origine une conversation à la table du chabbat. Cette fois, c’est un couple de jeunes mariés que Rivkah avait invité, dont l’homme et la femme avaient chacun grandi dans une famille religieuse, avant de s’éloigner de la pratique. En se mariant, ils se sont engagés à respecter de nouveau le chabbat, la cacherout et les lois de pureté familiale. Ils ont confié à leur hôte qu’ils percevaient comme une limite infranchissable le fait de faire vérifier les taches menstruelles douteuses par un rabbin ; ils avaient donc cherché un rav qui accepte de rendre un avis en se basant sur des photos. « Les gens sont tellement mal à l’aise avec le fait de montrer ces taches qu’ils finissent par statuer par eux-mêmes. Ce couple m’a demandé s’il y aurait une possibilité de créer une application qui permette de conserver l’anonymat lors de cette démarche, tout en recevant des réponses précises », relate Rivkah. L’idée de Tahorapp était née.

Depuis le début de cette aventure, il était clair pour la jeune femme qu’elle désirait travailler avec des rabbins orthodoxes, pour s’assurer que les réponses seraient données en fonction d’une application stricte de la loi juive. Ainsi, en utilisant l’application pour iPhone, qui possède de multiples dispositifs pour s’assurer de la qualité de l’image, une femme a la possibilité d’envoyer à un rav une photo de la tache en question de façon anonyme. L’application est gratuite et chaque question est traitée comme un achat « in-app », tandis que l’utilisatrice et le rav communiquent par des messages envoyés à travers la base de données.

RIVKAH LAMBERT ADLER

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La Paracha Ekev met l’accent sur les valeurs «matérielles » d’Eretz Israël. C’est ainsi que la qualité de son blé et de son orge, de ses raisins et de ses figues, de ses grenades, de ses olives et de ses dattes illustre l’ampleur des bénédictions divines toutes spéciales accordées à cette terre. C’est alors que nous est prescrite une mitsva merveilleuse que l’on doit accomplir après chaque repas conséquent – notamment pris avec du pain : « Tu mangeras et tu te rassasieras, et tu loueras Hachem ton D.ieu pour le bon pays qu’Il t’a donné ».

Rav Guédalya Schorr zatsal explique que cette mitsva du « Birkat Hamazone » appartient à la fois aux deux catégories existantes des mitsvot : les commandaments positifs (il faut toujours se souvenir de Hachem), et les mitsvot négatives (ne jamais L’oublier).
En effet, grâce à nos paroles de remerciements ainsi adressées à D.ieu pour la nourriture qu’Il nous a donnée comme Il le fait pour toutes Ses créatures, nous obéissons au commandement positif suivant : « Tu te souviendras de Hachem ton D.ieu, car c’est Lui qui te donne la force de t’enrichir (…) », (Dévarim, chapitre 5, verset 18).
Or, la Torah nous dit aussi en nous prescrivant une interdiction : « Garde- toi d’oublier Hachem, ton Dieu, de négliger Ses préceptes, Ses institutions et Ses lois, que Je t’impose en ce jour. Peut-être, jouissant d’une nourriture abondante, bâtissant de belles maisons où tu vivras tranquille, voyant prospérer ton gros et ton menu bétail, croître ton argent et ton or, se multiplier tous tes biens,
peut-être ton coeur s’enorgueillira-til, et tu oublieras l’Éternel, Ton Dieu qui t’a tiré du pays d’Égypte, de la
maison de servitude. (…) Et tu diras en ton coeur : ‘ C’est ma propre force, c’est le pouvoir de mon bras, qui m’a valu cette richesse ’ ! », (Dévarim, chapitre 8, versets 11 à 17).
Se prémunir contre l’oubli… pour ne pas oublier l’immense
générosité de Hachem ! Or, nous constatons là que la Torah
s’étend bien plus longuement sur l’aspect négatif de ces commandements que sur leur caractère positif. Pourquoi
cela ? C’est que, selon le Or Ha’hayim Hakadoch, l’homme est constamment guetté par son mauvais penchant…
Celui-ci a ainsi recours à de nombreuses « ruses » pour lui faire oublier que tout lui vient de Hachem. Et dès le moindre oubli à ce niveau, la voie devient libre pour que le mauvais
penchant inocule dans l’être humain des désirs de désobéissance à Hachem, jusqu’à lui faire désirer d’adorer
des idoles (voir le verset 19). La moindre fissure dans la muraille de la gratitude que nous devons manifester
envers le Créateur est génératrice de ce qu’il y a de pire en matière d’opposition à Hachem.
Tout cela illustre donc clairement le fait qu’il est très important de toujours être conscient que c’est Hachem qui
nous donne tout ce que nous avons ! Une attitude de « reconnaissance » et de louanges censée nous inciter à reconnaître en toute circonstance la Providence divine. D’autant que dans la haftara de Chabbat ‘Hazon, le Chabbat précédant Ticha béAv, nous avons entendu le prophète Isaïe clamer ses reproches de toutes ses forces : « Un boeuf connaît son possesseur, un âne la crèche de son maître, mais Israël ne connaît rien, Mon peuple n’a pas de discernement ! »,
(chapitre 1, verset 3).
Initier le monde à la connaissance de D.ieu par le Birkat Hamazon. Le ‘Hidouché Harim citait son maître, le fameux rabbi de Kotzk, qui rapportait le Midrach relatant comment notre patriarche Abraham Avinou invitait des idolâtres, leur servait un bon repas et les incitait ensuite à réciter le « Birkat Hamazone » afin de remercier le Créateur grâce auquel ils
venaient de se rassasier.
C’est en fait de la sorte qu’Abraham initiait le monde à la connaissance divine, à partir des remerciements et de la gratitude contenus dans le Birkat Hamazone, des sentiments susceptibles de pouvoir submerger un athée et de le transformer en croyant ! Il est donc surprenant, disait le rabbi de Kotsk, que nous ne parvenions pas aux plus hauts niveaux de crainte de Hachem en récitant simplement
notre Birkat Hamazone…
Rabbénou Bé’hayé explique quant à lui que D.ieu a accompli tous les miracles « nécessaires » de la Sortie d’Égypte pour nous faire atteindre notre but et nous installer en Terre
Promise. Voilà pourquoi c’est grâce à nos souvenirs que nous pouvons nous permettre de pleinement ressentir
notre gratitude envers Hachem, un devoir que nous assumons en récitant avec concentration le Birkat
Hamazone, faute de quoi nous risquons de perdre toutes nos valeurs juives et toute proximité avec D.ieu !

D.ieu attend la prière exprimant la reconnaissance des Justes ! Or, Hachem attend de recevoir les prières des Justes car Il est bon et aspire à nous combler de Ses bienfaits : Il souhaite donc qu’on Le remercie et qu’on prie pour solliciter de Lui les bienfaits dont nous avons besoin.
Grâce à cette idée avancée par rabbénou Bé’hayé, nous découvrons une immense richesse dans le Birkat Hamazone
: car se côtoient dans ce texte fabuleux à la fois notre modestie consistant à remercier Hachem – car, encore une fois, nous Lui devons tout, absolument tout ! -, et aussi
une fierté extraordinaire de l’honneur inappréciable de contribuer aux décisions qu’Il prend dans Sa bonté
pour nous sustenter. De nos jours, notre vraie place en tant que Juifs est en Eretz-Israël. Même si notre exil aux quatre coins du monde s’est prolongé pendant de si longs siècles,
cette dispersion ne saurait constituer pour nous une norme de vie. Or, il suffit que la téchouva – le repentir authentique de tout notre peuple – prenne sa véritable dimension pour que Eretz-Israël nous reçoive enfin tous ensemble sous la conduite du Machia’h ! Voilà pourquoi dans notre vie, où qu’elle se déroule, le Birkat Hamazone garde toute sa valeur et toute sa signification contribuant à nous attacher encore davantage à D.ieu. Il est certes bon de manger du pain, mais sachons donc ensuite faire un Birkat Hamazone digne de ce nom !

Rav Hayim Yaacov Schlammé

Chiourim.com

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La période douloureuse comprise entre le 17 tamouz (où furent brisées les Tables de la loi suite au péché du veau d’or) et le 9 av (marquée par la faute des explorateurs et la destruction des deux temples) est appelée Bén ha-Métsarim : « entre les étaux » (ou « entre les détresses »), expression tirée de la Meguila d’Eikha (« Lamentations » 1, 3) : « Yehouda a été exilé […] tous ses poursuivants l’ont atteint entre les étaux » – où nous continuons d’être pressés et comprimés.
Vingt-deux jours séparent ces deux tragédies – correspondant, selon certains (Ohev Yisrael, fin Pin‘has), aux 22 jours de fêtes que nous célébrons tout au long de l’année juive, et selon d’autres, aux 22 jours compris entre Roch ha-Chana et la fin de Soukoth.

En effet, pour le Yalqout Chim‘oni (Pin‘has),c’est pendant les mois d’été – tamouz, av et eloul – marqués par les récoltes et par le contentement qui en résulte, que nous aurions dû initialement célébrer les fêtes de tichrei : Roch ha-Chana aurait dû ainsi avoir lieu le 17 tamouz ; Yom Kippour le 9 av, et Soukoth aurait dû débuter Roch ‘hodech eloul.
Ce nombre 22 est hautement symbolique pour une raison supplémentaire, soulignée par le traité Sanhédrin (104a) : « Pourquoi [Israël] a-t-il été frappé [avec les 22 lettres de] l’alphabet ? Parce qu’ils ont transgressé la Tora, donnée [et écrite avec toutes les lettres de] l’alef-beith. En effet, les quatre premiers chapitres (sur 5) de la Meguila d’Eikha se présentent comme une suite d’acrostiches suivant l’ordre alphabétique. En outre, ses chapitres 1, 2, 4 et 5 comportent 22 versets – correspondant aux lettres de l’alphabet, mais aussi aux 22 jours susmentionnés. Quant aux chapitres 2, 3 et 4, ils sont marqués par cette « anomalie » : le verset débutant par la lettre devance celui du ‘ayin¸ alors que dans l’alphabet, le ‘ayin précède le. Or, comme nous le savons, désigne aussi la « bouche », et ‘ayin l’« œil ». Pour Rachi (Eikha 2, 16), cette inversion fait allusion à ceux [les explorateurs] qui ont exprimé avec leurs bouches ce que leurs yeux n’avaient pas vu.
Sous l’effet de nos préjugés, influencés par notre vécu et notre expérience personnelle, nous avons tendance à nous exprimer en « dépassant » notre œil. Telle est l’origine de nos pires malheurs, car cette déformation nous empêche de voir ce que Dieu veut que nous percevions. Les explorateurs n’ont menti à aucun moment. Leur faute a consisté à dire ce que leurs préjugés leur ont montré, et à parler sans avoir vu ce qu’ils auraient dû voir. Il en a résulté la tragédie que nous connaissons. La nuit de leur retour, le peuple, effrayé par leurs propos, a gémi, et cette date – le 9 av – a été fixée par Hachem comme un jour de malheur et de pleurs pour les générations (Ta‘anith 28b).
Car cette conduite relève du désordre du monde, créé par la Parole, par la langue sacrée générée par les 22 lettres de l’alphabet. En cette période de lamentations et de gémissements, nous sommes déroutés par nos propres pleurs, par les larmes qui voilent nos yeux et nous empêchent de déceler l’ordre des choses et la voie à suivre.
En ces jours douloureux, tentons plutôt de voir clair ! Prenons conscience de la confusion dans laquelle nous sommes plongés pour avoir activé le avant le ‘ayin. Veuille Hachem nous permettre de rétablir cet ordre, à l’instar de celui des 22 lettres, de manière à transformer les lamentations d’Eikha en manifestations de joie ! Amen 

 Rav Dov Roth-Lumbroso – chiourim.com

 

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A Ticha Bé’av, le 9 Av, ont eu lieu cinq catastrophes nationales. A l’époque de Moïse, les juifs dans le désert adhérent au compte rendu calomnieux des douze explorateurs. En punition, ils ne sont pas autorisés à entrer en Terre d’Israël (en -1312 ).

Le Premier Temple est détruit par les Babyloniens avec à leur tête Nabuchodonosor. Cent mille juifs sont massacrés et des millions d’autres exilés (-586 ) Le Second Temple est détruit par les Romains menés par Titus. Quelque deux millions de juifs meurent et un million d’autres sont exilés (68-70).

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La révolte de Bar Kochba est écrasée par l’empereur romain Hadrien. La ville de Bétar, dernière résistance juive contre les Romains est capturée et liquidée. Plus de 100.000 juifs sont massacrés (135) Le Temple et ses environs sont rasés par le Général romain Turnus Rufus. Jérusalem est reconstruite comme ville païenne, rebaptisée Aelia Capitolina et les juifs n’ont pas le droit d’y accéder.

D’autres malheurs se sont produits pou les juifs le 9 Av : 

Le pape Urbain II déclare la première croisade. Des dizaines de milliers de juifs sont tués et nombre de communautés juives sont décimées. L’inquisition espagnole culmine avec l’expulsion des juifs d’Espagne le 9 Av 1492. La Première Guerre Mondiale éclate Tich’a Bé’av 1914 lorsque la Russie déclare la guerre à l’Allemagne. La rancoeur des Allemands suite à cette guerre pose les bases de la shoah A Ticha be’av débute la déportation des juifs du ghetto de Varsovie.

LES ASPECTS DE DEUIL : L’APRES MIDI PRECEDANT TICH’A BE’AV

L’après midi précédant Tich’a Bé’av, on a la coutume de prendre un repas copieux afin de se préparer au jeûne En fin d’après midi, nous faisons la Séoudah Hamafsékèt, repas composé uniquement de pain, d’eau et d’un œuf dur L’œuf symbolise par sa forme ronde, le cycle de la vie.

Plus on cuit un œuf, plus il devient dur ; symbole de la capacité du peuple juif à résister aux persécutions. La nourriture que l’on mange à Seoudah Hamafseket est trempée dans de la cendre, en signe de deuil. Ce repas est pris en solitaire, assis par terre à la manière des endeuillés.

Lorsque l’après midi précédent Ticha Béav tombe Chabbat, il n’ya pas de Seoudah Hamafseket avec les œufs et les cendres. On prendra le troisième repas traditionnel de Chabbat mais sans invités ni « fanfare »

RESTRICTIONS LE JOUR DE TICHA BE’AV

Dès le crépuscule, les manifestations de deuil suivantes doivent être respectées : Il est interdit de manger ou boire jusqu’au lendemain, à la tombée de la nuit : les femmes enceintes ou qui allaitent doivent aussi jeûner. Une femme, dans la période de trente jours suivant son accouchement, n’a pas l’obligation de jeûner. Pour les personnes âgées, faibles ou malades, il faut consulter un Rabbin.

On pourra prendre certains médicaments le jour de Tich’a Bé’av mais sans eau de préférence. En cas de malaise, on pourra se rincer la bouche avec de l’eau. On fera cependant bien attention à ne rien avaler.

Autres interdictions

Il est interdit de se baigner ou de se laver à moins que ce soit pour enlever une saleté spécifique par exemple dans les yeux (Choul’han Arou’h Ora’h ‘Haïm 554 :9,11).

En ce qui concerne la toilette du matin avant les prières ou en sortant des toilettes, on ne se lavera que les doigts. (554 :10, 613 :3, MB 554 :26) S’enduire de cosmétiques pour le plaisir (le déodorant est autorisé).

Avoir des relations conjugales.

Porter des chaussures en cuir (il est permis de porter une ceinture en cuir).

Etudier la Torah, parce que cela rend joyeux.

On a cependant le droit d’étudier les textes relatifs au 9 Av et au deuil ; par exemple le Livre des Lamentations, Job,des extraits du traîté talmudique Moed Katan, Guittin 56-58, Sanhedrin104,la fin du traîté Taanit (Yerouchalmi) el les lois relatives au deuil. On s’abstiendra de toute étude approfondie. (MB554 :4)

 

Autres usages des endeuillés

Ne pas s’asseoir à plus de 30,48 cm du sol. Dès la mi- journée, on pourra s’asseoir sur une chaise. (O ‘H 559 :3).

Ne pas s’occuper de son travail ou de toute autre tâche qui détournerait notre attention à moins que cela ne nous évite une perte substantielle. (O’H 554 :24).

S’abstenir de saluer autrui et d’offrir des cadeaux (O’H 554 :20).

Eviter les bavardages ou les activités de loisir Après Tich’a Béav, on peut reprendre toutes nos activités habituelles mises à part celles qui suivent, pour lesquelles il faudra attendre l’après midi du 10 Av. L’incendie du Temple s’est en effet poursuivi le 10 Av.

Se couper les cheveux et laver le linge (Lorsque Ticha Béav tombe le Jeudi, on aura le droit de le faire dès la fin de Ticha Béav en l’honneur de Chabbat) Se Baigner (lorsqu Ticha Béav tombe un jeudi, on pourra se baigner dès vendredi matin.)

Consommer de la viande et du vin. Ecouter de la musique et nager.

 

 

Les prières

On éteint les lumières de la synagogue, on allume des bougies et on retire le rideau de l’arche sainte qui renferme les rouleaux de la Torah. Le Chantre dirige la prière à voix basse et sur un ton mélancolique. Cela nous rappelle la présence divine qui a quitté le temple sacré. On lit, le soir et le matin, le livre de Eikha, les Lamentations, complaintes poétiques de Jérémie sur la destruction de Jérusalem et du premier temple.

Après les offices du soir et du matin, on récite les Kinot (élégies) Le matin, on lit dans la Torah une section extraite du Deutéronome 4 :25-40 qui traite de la prophétie concernant le mauvais comportement et l’exil futurs du peuple juif. On lit ensuite la Haftara (Jérémie 8 :13,9 :1-23) qui décrit la désolation de Sion.

L’après midi, on lit l’Exode 32 :11-24 puis la Haftara de Isaïe 55-56. Le Talit et les Tefiline représentant la gloire, on ne les porte pas à Cha’harit mais on les porte à Min’ha lorsque certaines restrictions de deuil sont déjà levées. On ne fait Birkat Cohanim qu’à Min’ha et pas à Cha’harit On insère dans la Amidah de Min’ha des prières de consolation de Sion et « Aneinou » Avant de casser le jeûne, on a la coutume de faire Kiddush Levana.

Traduction et adaptation de Hanna Cohen www.lamed.fr

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La  Haphtara Hazon, vision en hébreu, du prophète Isaïe. (Isaïe   I, 1 à 27), donne le nom au Chabbat qui  précède le 9 Av.

Isaïe fils d’ Amotz  est né au VIIIème siècle avant l’ère vulgaireet il est mort au VIIèmesiècle au royaume de Juda. Il est le premier des quatre grands prophètes (Isaïe, Ezéchiel, Jérémie et Daniel).

Au temps d’Isaïe est noté un certain laisser-aller dans la société judéenne  dans laquelle les « disciples » de Tsadok le grand prêtre, procèdent à des réformes,  ce qui a pour effet  d’exacerber le désespoir du prophète qui ne cesse de vitupérer et de prophétiser devant l’impression qu’il a d’une intervention divine immanente.

Le prophète prend les cieux à témoin de ce qui risque d’arriver et pour cela il met à contribution trois des cinq sens de l’être humain comme l’a écrit le « Tour » sur les sept orifices que compte la tête, cinq d’entre eux sont interpellés : les deux oreilles, puis les deux yeux et la bouche c’est-à-dire l’ouïe, la vue et la parole.

L’ouïe car il exhorte les Cieux de lui prêter oreille, la vue car il veut décrire la vision qui s’offre à lui et c’est grâce à la parole qu’il avertit et déclame ses messages.

Malheureusement l’admonestation d’Isaïe décrit à merveille à quel point les sacrifices qui sont offerts par des gens peu scrupuleux sont devenus insupportables à D.

Plus loin, dans les mêmes prophéties d’Isaïe on pourra lire un verset exprimant le même dégoût de la part d’HaShem devant les festins de ces mêmes personnes  (Isaïe XXVIII, 8).

Isaïe a exercé ses fonctions pendant une partie du règne de Hizkiyahou (Ezéchias) qui fut le roi  de Juda durant 29 ans.

Les Assyriens envahirent le royaume d’Israël et déportèrent une partie de la population tandis qu’une autre partie se réfugia en Juda.

Cependant, Sennachérib oppressa la ville de Jérusalem et Hizkiyahou fut contraint de payer un lourd tribu (prélevé sur le Trésor du Temple) pour sauver la ville et la population.

Hizkiyahou fut un homme pieux  et respectueux du culte. Il construisit un tunnel pour permettre la circulation de chariots véhiculant de l’eau pour abreuver la population de Jérusalem en cas de besoin.

Caroline Elishéva REBOUH

Et moi, Daniel, seul j’ai eu la vision mais le peuple avec moi ne l’a pas vue ; et pourtant une grande terreur s’est emparée d’eux et ils ont fui pour se cacher (Daniel 10 : 7).

Mai, s’ils n’ont pas eu la vision, pourquoi étaient-ils terrifiés ? Parce que bien qu’eux-mêmes ne vissent pas, leur âme voyait (Talmud Meguila 3a).

Le neuvième jour du mois d’Av (Tichea beAv) nous jeûnons et pleurons pour la destruction du Temple de Jérusalem. A cette date furent détruits à la fois le premier Temple (833-423 avant l’ère commune) et le second Temple (69 après). Le Chabbat qui précède ce jour de jeûne est appelé le «Chabbat de la Vision» car nous y lisons un chapitre des Prophètes (Isaïe 1 :1-27) qui commence par ces mots : «la vision d’Isaïe…».

Mais le nom de ce Chabbat évoque également un sens plus profond qu’exprima le Maître ‘hassidique, Rabbi Lévi Its’hak de Berditchev, par la métaphore suivante :
Un jour, un père prépara un magnifique costume pour son fils. Mais l’enfant ne prit pas soin du cadeau de son père et bientôt le costume fut en lambeaux. Le père donna à son fils un second costume, mais très vite celui-ci fut également abimé par l’enfant.
Le père fit alors faire un troisième habit. Mais cette fois-ci, il ne le donna pas à son enfant. De temps en temps, à des occasions particulières, il le lui montrait en lui expliquant que quand il apprendrait à l’apprécier et à en prendre soin, il le lui donnerait. Cela conduisait l’enfant à améliorer son comportement jusqu’à ce que, progressivement, cette bonne attitude devienne sa seconde nature et qu’il mérite le cadeau de son père.
Lors du «Chabbat de la Vision», explique Rabbi Lévi Its’hak, à chacun d’entre nous est permis d’avoir la vision du troisième Temple qui, lui, sera éternel, de sorte que, pour paraphraser le Talmud, «bien que nous ne le voyions pas, nos âmes le voient». Cette vision éveille en nous une réponse profonde, même si nous ne sommes pas conscients de la cause de cette inspiration soudaine.

La Résidence Divine
Le Temple de Jérusalem était le siège de la présence manifeste de D.ieu dans le monde physique.
Un principe fondamental de notre foi tient au fait que «la terre entière est remplie de Sa présence» (Isaïe 6 : 3) et «il n’existe pas un endroit vide de Lui» (Tikouneï Zohar 57).

Mais la présence et l’implication de D.ieu dans Sa création sont masquées par ce qui paraît être les œuvres indépendantes et arbitraires de la nature et de l’histoire. Le Temple constituait une ouverture dans le voile, une fenêtre à travers laquelle D.ieu faisait irradier Sa lumière dans le monde. Là, l’implication de D.ieu dans notre monde était ouvertement déployée par un édifice dans lequel les miracles faisaient naturellement partie intégrante du fonctionnement quotidien et dont l’espace lui-même reflétait l’infinité et l’omniprésence du Créateur. Là, D.ieu se montrait à l’homme et l’homme se présentait devant D.ieu.

A deux reprises nous fut attribué le don d’une Présence Divine en notre sein. A deux reprises, nous ne sûmes pas apprécier ce don et nous bannîmes la Présence Divine de notre vie.

Ainsi D.ieu construisit pour nous un troisième Temple. Mais contrairement aux deux précédents, qui avaient été réalisés par une construction des hommes et étaient donc sujets à l’éradication à cause de leurs fautes, le troisième Temple est aussi éternel et indestructible que son architecte omnipotent. Mais D.ieu garde ce «troisième costume» loin de nous, le confinant dans une sphère supérieure et céleste, au-delà du regard et de l’expérience de l’homme de ce monde.

Chaque année, lors du «Chabbat de la Vision», D.ieu nous montre le troisième Temple. Notre âme saisit la vision du troisième Temple dans les cieux, dans un statut spirituel et abstrait, tout comme le troisième vêtement que le père a fait confectionner pour son enfant mais qu’il ne lui fait que contempler de loin.

Mais c’est aussi une vision qui renferme une promesse, la vision du troisième Temple prêt à descendre sur terre, une vision qui nous encourage à corriger notre comportement et hâter le jour où cette vision spirituelle deviendra une réalité concrète.

Le sens essentiel de la métaphore est évident mais de nombreuses perspectives subtiles se cachent dans ses détails. Pourquoi, par exemple, les trois Temples sont-ils représentés par trois costumes ? L’exemple de l’édification d’une maison n’aurait-il pas été plus adéquat ?

Une maison tout comme un costume «abritent» et enveloppent la personne. Mais l’habit le fait d’une manière beaucoup plus personnelle et individuelle. Une maison reflète, par ses dimensions et son style, la nature de son occupant mais ils le font d’une manière plus générale et moins spécifique et intime qu’un vêtement. D’un autre côté, la nature individuelle d’un habit limite sa fonction à un usage personnel. Une maison peut abriter de nombreuses personnes, un vêtement n’est porté que par un seul homme.

D.ieu choisit de révéler Sa présence dans une «résidence», une structure commune qui va au-delà de l’individuel pour convenir à un peuple tout entier, à l’entière communauté des hommes. Et pourtant le Temple de Jérusalem possédait également certains aspects caractéristiques des vêtements.

En effet, le Temple était une structure fortement compartimentée. Il y avait une cour des femmes et une cour réservée aux hommes, un espace réservé exclusivement aux Cohanim (les prêtres), un «Sanctuaire» (Hé’hal) imprégné d’une plus grande sainteté que les «cours» et le Saint des Saints , chambre dans laquelle seul le Grand Prêtre pouvait pénétrer et exclusivement à Yom Kippour, le jour le plus saint de l’année.

En d’autres termes, bien que le Temple exprime une vérité unique, la Présence omniprésente de D.ieu dans notre monde, il le faisait pour chaque individu de façon personnalisée. Bien que ce fut une «maison» dans le sens où il servait à de nombreux individus, en fait au monde entier, comme lieu de rencontre avec l’infini, chaque homme y trouvait un «costume» sur mesure pour ses besoins spirituels spécifiques, selon sa relation personnelle et intime avec D.ieu.

Chaque année, le Chabbat qui précède Tichea beAv, nous est montrée une vision de notre monde comme d’une résidence divine, un lieu où toutes les créatures de D.ieu jouiront de Sa présence. Mais c’est aussi la vision du «costume» divin, de la relation personnelle avec D.ieu qui convient spécifiquement à notre caractère individuel et à nos aspirations particulières, une relation dont chacun d’entre nous bénéficiera quand le Troisième Temple descendra sur terre.

Source

 

TEHILIM   96 à 100

Ces psaumes sont lus dans la plupart des communautés le shabbat et ils traduisent la joie de célébrer le Créateur pour tous les bienfaits dont IL comble la Terre et les humains et tous ceux qui LE craignent, LE respectent et L’adore en observant Ses lois et préceptes.

David, lorsqu’il emploie le futur se réfère à l’ère messianique où toutes les nations rendront leur hommage au Maître de l’Univers.

Ces six chapitres sont courts et dans les synagogues sont chantés sur des mélodies transportant le cœur d’exaltation et d’adoration.

 

Caroline Elishéva REBOUH

0 4

Voici que nous approchons de 9 beAv avec la sidra de Devarim (Deutéronome), le cinquième Livre de la Torah.

Ce livre est presque entièrement constitué par un seul grand discours prononcé par Moïse avant sa mort, aux portes mêmes de la Terre promise.

Dans ce long exposé, Moise a répété un certain nombre de lois de la Torah – dont les Dix commandements. Mais il a tenu aussi à rappeler plusieurs épisodes importants de l’histoire du peuple d’Israël depuis la sortie d’Egypte.

Pourquoi Moïse a-t-il jugé bon de haranguer si longuement le peuple d’Israël avant sa mort et, surtout, de reprendre une deuxième fois un grand nombre de lois ?

Certes il y a le fait, tout d’abord, que l’on était maintenant quarante ans après la sortie d’Egypte et la Révélation.

Toute une génération était morte pendant la traversée du désert. Ceux qui s’apprêtaient actuellement à franchir le Jourdain étaient les enfants de ceux qui avaient écouté les mauvais conseils des explorateurs. II était donc indiqué qu’on leur rappelât les lois essentielles de la Torah qu’il avaient eu le temps d’oublier entre temps.

Mais, en réalité, il y a bien plus. Avant de quitter pour toujours ce peuple qu’il avait mené dans de si dures conditions, Moïse veut lui donner, en passant, une dernière leçon.

Il tient à lui faire comprendre que la parole de Dieu est si vaste qu’on ne la possède jamais suffisamment, qu’il faut toujours et encore l’étudier à nouveau pour mieux la saisir et l’approfondir. Jamais on ne peut dire qu’on la connaît complètement.

Voyez Moïse; il avait appris la Torah de Dieu lui-même sur le Mont Sinaï, il l’avait enseignée tant et tant de fois au peuple pendant son séjour dans le désert.

Qui donc mieux que lui pouvait se vanter de connaître véritablement le message divin ?

Et pourtant, à la veille de sa mort, il a tenu à répéter la parole de Dieu comme pour mieux s’en pénétrer encore et en dégager l’essence.

Combien plus, devons-nous, de notre côté, étudier et répéter continuellement le message de Dieu pour être à même d’en faire véritablement le guide de toute notre existence.

LE RABBIN JEAN SCHWARZ

 

Cherche désespérément un appartement sur le Mont du Temple

Les premiers  versets  de cette péricope nous servent de guide : tout d’abord, le Deutéronome est un livre de réprimande au long duquel Moïse admoneste le peuple rebelle que D a fait sortir d’Egypte. La première de cette suite de remarques est construite comme un mémorandum : le Prophète rappelle toutes les  étapes qui ont servi de décor à toutes les  colères divines.

Cette période de trois semaines de deuil entre le 17 tamouz et le 9 av est propice aux réprimandes etsera suivie par des consolations beaucoup plus nombreuses que ne l’auront été les reproches.

La Tradition juive conseille, en suivant cet exemple, lorsque l’on veut adresser des remarques à quelqu’un de les enrober de compliments ou d’appréciations de manière à éviter de blesser l’ego de l’interlocuteur.  La force de ce premier « discours »  réside dans le fait que Moïse met en exergue que l’union du peuple est le ciment qui rendra cette assemblée indestructible face aux ennemis jurés des Hébreux.

Le peuple est sorti d’Egypte et il ne  tient qu’à lui de rester solide et uni face aux nations qui guettent le moindre faux-pas. Si le peuple est fidèle aux prescriptions de la Torah tout ira bien, sinon…………. Le Rav Dessler fait la lumière sur  les deux destructions du Temple qui ont eu lieu : Le Temple construit par Salomon a été détruit en -586 par Nabuchodonosor pour trois raisons qui, à elles seules, enflamment la colère divine : l’idolâtrie (avodazara),  les meurtres gratuits (shefikhoutdamim) et les relations sexuelles interdites (guilouyârayot גילוי עריות ). Ces trois infractions vis-à-vis de D suffisent en elles-mêmes à exaspérer D et à provoquer des exils, des famines etc….. Cependant, le Temple n’a été détruit qu’en partie et ses fondations ont été épargnées mais, le peuple revenu sur ses terres après son exil à Babel, l’absence de résidence divine sur la terre des hommes n’a été longue que de 70 ans !!

La différence entre cette destruction et celle qui eut lieu par Titus plus de 500 ans après est énorme : ce qui a entraîné ce « séisme spirituel » est que la faute qui entraîna ceci fut la Haine Gratuite (sin’athinamשינאת חינם) laquelle n’était pas vis-à-vis du Créateur  mais, vis-à-vis des humains  ignorant le commandement de ne pas haïr notre frère en notre cœur. La sanction fut terrible étant donné que dans cette destruction même les fondations du Temple ont été touchées et que plus de 1940 ans après, la haine existe toujours empêchant la reconstruction et, ce qui est tout au moins aussi grave sinon plus grave, nous n’essayons pas d’établir avec le Maître du Monde pour Lui signifier que nous en avons assez de ne pas voir Sa résidence parmi nous et réclamer qu’IL mette fin à cette situation car nous désirons ardemment Le voir résider parmi nous Maintenant.

Le Rav Dessler fait ressortir encore deux points pour lesquels l’exil de Nabuchodonosor a envoyé les enfants d’Israël  en Babylonie et celui de Titus à Rome et ailleurs. C’est que, écrit-il, les trois fautes qui sont à l’origine de l’exil de Babel sont les fautes caractéristiques des peuples de l’Asie Mineure.

Les Juifs sortis d’Egypte ont, par leur conduite lors de la faute du veau d’or et des explorateurs et de leurs récriminations diverses sectionné le lien qui les reliait à D en proclamant que le veau était désormais une divinité et en accusant (kiveyakhol) D de les avoir affranchis de l’esclavage parce qu’IL les haïssait ! Et Moïse de rappeler : c’est parce qu’IL vous hait qu’IL vous a donné la manne pendant 40 ans, de l’eau (avec le puits de Myriam) pendant 40 ans, que vous avez marché à l’ombre et dans la fraîcheur et sans serpents sans scorpions pendant 40 ans, que vous n’avez eu aucun besoin ni en vêtements ni en quoi que ce soit  pendant tout ce temps ?

Quant à Titus, voici l’explication du Rav Dessler : ESSAV et EDOM sont les mêmes. Essav a fait une mitsva très importante : le respect dû aux parents (kiboud av vaem). Néanmoins, il nourrissait en son cœur de sombres desseins pour assouvir sa haine vouée à son frère.

Ainsi, Essav montre un visage ou une apparence extérieure accueillante alors que l’intérieur (ses pensées et sa façon de vivre) est pourri.  L’occident par exemple est attirant son visage extérieur est beau mais ses pensées vis-à-vis des Juifs n’est pas si net.

Caroline Elishéva REBOUH

 

 

 

0 3

Si quelqu’un a provoqué, sans le vouloir, la mort d’un de ses frères juifs, il risque d’être tué par les proches de la victime. La Thora lui enjoint donc de se diriger vers une ville de refuge où il sera protégé de ce danger, et, parallèlement, de faire techouva. Il ne peut sortir de cet abri que quand le Cohen Gadol décède.

La michna nous apprend qu’étant donné que la sanction du meurtrier dépend de la mort du Cohen Gadol, il est assez probable qu’il prie pour que le celui-ci périsse et pour être vite libéré.[1] Par conséquent, la mère du Cohen Gadol avait l’habitude d’offrir des cadeaux au criminel, en espérant que ce dernier ne prie pas pour la mort de son fils.

La guemara demande pourquoi il fallait craindre l’exaucement de ses prières – le Cohen Gadol n’avait commis aucune faute et ne méritait donc pas de mourir. Elle répond qu’il est quelque peu coupable, parce qu’il aurait dû prier pour qu’une telle catastrophe n’arrive pas au sein du peuple juif.

Ce manquement le rend condamnable et les prières du meurtrier peuvent provoquer sa mort. Le Ben Ich ‘Haï zatsal demande quel est le sens de ces prières – s’il est coupable, il est passible de mort même sans elles ! Et s’il est innocent, qu’a-t-il à redouter ? Par ailleurs, son erreur ne semble pas si terrible. Il n’a pas causé de tort de manière active, il a « simplement » négligé de prier comme il le devait – la punition paraît disproportionnée !

Pour comprendre ce point épineux, il nous faut analyser les attentes de la Thora concernant le ‘hessed. Il existe trois niveaux de liens avec autrui ; lui faire du mal, l’aider ou bien rester inactif (ne rien faire de bien ni de mal). Dans la société occidentale, faire du mal à quelqu’un sans raison valable est considéré comme négatif ; le fait d’aider l’autre est jugé positivement ; l’inaction est neutre.

La Thora considère également que le fait de causer un dommage est mauvais et que le fait d’aider est honorable, mais que pense-t-elle de celui qui ne fait rien ?

La guemara dans Baba Metsia parle de l’interdit de « tsaar baalé ‘haïm » — faire souffrir les animaux.[2] Elle demande d’où on apprend ce issour (interdiction) et répond qu’on le déduit de l’obligation d’aider à décharger un âne qui souffre du poids de sa charge. Le fait de laisser un animal dans cet inconfort est considéré comme « tsaar baalé ‘haïm ». Cette référence est quelque peu surprenante – on aurait plutôt pensé que l’on fait souffrir un animal en le battant, en le mutilant…

Mais le fait de ne pas aider à soulager un animal en détresse ne semble pas entrer dans cette catégorie – cela semble neutre, peut-être froid et insensible, mais ce n’est pas une action négative et nuisible.

Or, la guemara voit les choses différemment ; elle considère que le fait de s’abstenir d’aider un animal qui souffre correspond tout à fait à l’interdit précité ; peu importe si l’on est actif ou pas dans le tort causé. Ainsi « l’inactivité » est une marque de cruauté.

Prenons également l’exemple rapporté par la guemara, de Pharaon qui prit conseil auprès de trois personnes quant à la façon de traiter les Juifs en Égypte.[3] Bilaam lui recommanda de se comporter très durement envers eux, Yitro voulut suggérer de rester indulgent et gentil, mais, sachant qu’il serait tué en avançant une telle proposition, il prit la fuite. Iyov, quant à lui, garda le silence.

Bilaam fut tué par l’épée, en punition pour son conseil cruel. Iyov n’a rien fait de mal – il est simplement resté silencieux. Pourtant, il dut subir d’incroyables épreuves, endura des souffrances que personne n’a jamais connues (elles sont mentionnées dans le Livre de Iyov). Sa passivité est manifestement jugée défavorablement par la Thora.

Ce concept ne se limite pas à la hachkafa (idéologie, vision du monde), elle a d’importantes implications au niveau de la halakha. La Thora ordonne : « Ne reste pas indifférent au danger de ton prochain. »[4] Si quelqu’un voit son frère juif en danger, il est dans l’obligation d’essayer de le sauver. Les décisionnaires expliquent que cette mitsva s’applique aussi à l’aide à apporter à une personne démunie financièrement[5].

La Thora nous demande également de nous soucier d’un objet perdu et d’essayer de le rendre à son propriétaire ; c’est la mitsva de achavat avéda, au sujet de laquelle il est écrit : « Tu ne pourras pas t’abstenir »[6] — on ne peut pas choisir d’ignorer la peine de l’autre. Rabbénou Yona met en avant la gravité de ce commandement et affirme que si quelqu’un néglige cette mitsva et qu’un dommage en résulte, il sera tenu responsable.[7]

On peut à présent comprendre pourquoi la Thora est si sévère vis-à-vis du Cohen Gadol qui n’a pas prié pour qu’une tragédie ne survienne pas au sein du peuple juif. Il n’a pas investi suffisamment d’efforts pour éviter ce désastre, ce qui est considéré comme une grave faute.

Cette leçon ne s’applique pas seulement au Cohen Gadol, mais à tout un chacun, selon son niveau. La vie est remplie d’opportunités d’aider activement les gens dans le besoin. On peut par exemple prier pour la guérison d’un malade, aider un autre Juif à porter une lourde charge…

Devenir un véritable baal ‘hessed (bienfaiteur) demande un travail constant, une attention permanente et de gros efforts. Le fait d’intérioriser la leçon du Cohen Gadol nous aidera à améliorer grandement notre vie et celle des personnes qui nous entourent.

Torah Box

[1] Makot, 11a.
[2] Baba Metsia, 32b.
[3] Sota, 11a.
[4] Parachat Kedochim, Vayikra, 19:16.
[5] Rambam, Séfer Hamitsvot 297 ; Séfer Ha’Hinoukh, mitsva 237.
[6] Devarim, 22:3.
[7] Chaaré Techouva, 3:70.

Rav Yehonathan GEFEN

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Les Bnei Israël sont à présent tout près de franchir le Jourdain pour investir la terre occupée par les Cananéens et la restituer à sa vocation abrahamique originelle.

La Traversée du désert a duré pas moins de quatre décennies, quarante années éprouvantes, tumultueuses mais aussi profondément révélatrices des dispositions intimes de ce peuple voué  au sacerdoce de l’Humain.

Moïse demeure l’unique survivant de la fratrie libératrice. Il sent la mort s’approcher et, comme tout homme, il doit faire la balance entre ce qu’il a su accomplir et ce qui lui aura échappé: il n’entrera pas en terre de Canaan pour la transformer en Erets Israël.

Ses injonctions se font plus dures, ses ordres se veulent sans répliques. Son irascibilité est celle des agonisants. Certes Josué a été institué comme son légitime successeur.

Moïse lui a dévolu non pas une part mais deux  parts de l’Esprit qui l’invigorait depuis le Buisson ardent. Mais l’idée même de succession est ressentie comme un avant- goût de la mort. Comment se défaire d’une vie, si remplie, tellement que la Présence divine ne s’y est pas refusée? En poursuivant son enseignement.

De ce moment  jusqu’à celui du grand départ, de la vie encore s’écoulera. De la vraie vie qu’il faut savoir féconder, jusqu’à l’instant ultime. Et sur quoi porteront son enseignement et la transmission infatigable de la Loi divine? Sur le respect des vœux que l’on a cru devoir prononcer.

La loi juive n’encourage pas ces serments qui lient  celui ou celle qui les prononce pour un avenir qui, de ce fait même, n’en est plus complètement un puisqu’il se trouve préempté par les obligations issues de pareils engagements.

De même, elle encadre fortement les pratiques du « naziréat » qui tendent à s’imposer des restrictions supplémentaires, des interdits surnuméraires relativement à ceux  que la Loi a prévus.

Le Deutéronome le précisera: cette Loi là, il ne faut rien y ajouter, et n’en retrancher rien. Interdits et permissions s’équilibrent par leur nombre et leur valence spécifiques, comparables en cela aux deux plateaux d’une balance.

Cependant, dans le cas où l’on a cru bon de se lier pour l’avenir par un serment, à prononcer des vœux afin de s’obliger à accomplir une action en surnombre, à s’interdire ce qui ne se décompte pas dans les 365 prohibitions de la Thora, il faut respecter ce que l’on a proféré.

Les mots qui sortent d’une bouche humaine ne sont pas assimilables aux sons qui sortent de la gueule d’une bête. Ils engagent celui qui les prononce. Aucun mot ne saurait être prononcé à la légère. On peut trouver cette prescription exagérée, et de nature à induire des comportement obsessionnels puisque selon le traité Nédarim du Talmud il n’est jusqu’aux onomatopées qui ne recèlent un sens et celui-ci engage bel et bien  la personne qui les expectore.

Cette prescription se comprendra mieux lorsque l’on aura rappelé que le peuple qui va franchir le Jourdain est constitué d’anciens esclaves. Durant un  temps innombrable de servitude il leur a été interdit de parler, de s’exprimer. L’accès à la parole enfin libre devait alors être régulé comme le serait l’absorption d’une boisson enivrante. Depuis l’histoire de Noé nul n’en ignore les suites.

L’usage de la parole ne saurait être pulsionnel, assimilable à un de ces «keri» qui suscite la pollution séminale, qui marque la prévalence du désir inconscient sur la faculté de jugement. La réflexion doit précéder l’usage de la parole non pour l’écrêter ou pour l’affadir mais affin qu’elle demeure  inter-humaine et par suite susceptible d’engager le dialogue avec le Créateur.

L’usage de la parole reste ainsi assujetti à la conciliation de ces deux facultés constituantes et incessible de la conscience humaine: la liberté et la responsabilité, de sorte que la responsabilité soit assumée en pleine liberté et que, simultanément, la liberté vécue soit une liberté responsable.

Il importait de le souligner précisément à ce moment là: juste avant  de quitter le désert. N’est- ce pas par une parole satisfaisant à ces deux critères que la notion de Berith, d’Alliance trouve sa réelle signification? L’Alliance du Sinaï n’a t’elle pas déjà pris la forme, au sens juridique et indissociablement éthique, d’un serment, culminant dans le «Nous ferons et nous écouterons»?

Au futur. L’Alliance paradigmatique passée au Sinaï avec le Créateur devient effective lors des engagements ordinaires de la vie quotidienne et qui en assurent la continuité. Sinon, elle resterait un schéma abstrait, ineffectif, le nichmâ sans le naâssé.

Dans ces conditions comment comprendre ce qui semble être une différence flagrante de traitement entre les voeux prononcés par les hommes et ceux prononcés par les jeunes filles, encore  dans le ressort paternel, ou par les femmes mariées: deux versets pour les premiers, pas moins de quinze pour les autres ? Serait ce une forme «légale» de discrimination?

Il ne le semble pas. Le statut de la fille et de la femme durant cette période se justifie par la nécessité de leur sécurité. Il faut se souvenir du rapt de Saraï, de l’enlèvement de Rébecca, du viol de Dinah. Encore fallait-il en concilier les  exigences avec celles précitées de la liberté des femmes comme des hommes d’Israël. N’ont-ils pas accueilli ensemble la révélation du Décalogue?

L’hypothèse qui se forme pourrait se formuler ainsi: certes la fille comme la femme se trouvent engagées par les dits statuts. Cependant les clauses de ceux-ci ne sauraient les empêcher de former librement à leur tour des engagements licites et conformes à la dignité de l’Humain.

Lorsqu’il s’avère que dans l’exercice de leur liberté  le serment formulé ou le vœu décidé n’y satisfait pas, il convient de les en délier de sorte, une fois de plus, à respecter ces deux «standards», comme dirait les juristes.

La signification d’une disposition juridique et la nature d’une institution ne sont pas complètement réductibles aux conditions matérielles d’une époque. Elles en rendent compte néanmoins. Et s’il faut juger les institutions d’Israël, en ce temps là, dans ces paysages physiques et mentaux, il faut le faire selon toutes les obligations que le peuple devait assumer. Et cela reste son indéfectible mérite de n’avoir pas sacrifié les unes au nom des autres. Qui peut  en dire autant ?

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 Raphaël Draï Zal

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De manière à ce que la parashat Devarim tombe toujours  le shabbat avant 9 beav  surnommé  « shabbat Hazon » et que le shabbat qui suit 9 beav soit toujours « Vaethanan » surnommé « shabbat nahamou », les sidrot « matot-mass’ê » sont lues séparément ou ensemble.

Cette année, la première des trois semaines étant shabbat « pinhas », le shabbat qui suit sera « mattot-mass’ê ». Il y sera question entre autres sujets des vœux, des villes-abri, des différentes stations dans le désert.

Mattot commence par les lois sur les vœux et les promesses en tout genre[1] : qui prononce un vœu et qui a la possibilité de l’annuler. Quelles sont les modalités d’annulation ? Quelle est la valeur du vœu et quelle est son implication  dans la vie quotidienne ? Qu’en est-il du vœu prononcé à la légère par l’homme, la femme ou l’enfant ?

Ainsi comprendrons-nous l’importance que l’être humain doit accorder à chaque parole émise car, en effet, sous l’emprise de sentiments divers : colère, jalousie, peur, ferveur, amour, quiconque peut être amené à prononcer un vœu qui pourra porter sur une période bien déterminée  et ce vœu non réalisé peut devenir un handicap pour l’avenir-même de la personne intéressée.

C’est la raison pour laquelle, si un homme adulte prononce un vœu et que par la suite il regrette de l’avoir fait il peut demander à un groupe de trois personnes d’annuler sa promesse mais, si le vœu a été émis par une femme, son mari peut l’en délier de même qu’il peut délier sa fille ou son jeune fils mais dès celui-ci arrivé à l’âge des mitsvoth celui-ci devra procéder tel un homme adulte.

Les membres des tribus de Ruben, de Gad et la moitié de la tribu de Menashé vinrent trouver Moïse pour lui demander d’intercéder en leur faveur et de leur attribuer dès à présent leurs territoires de ce côté-ci du Jourdain, étant encore en Cisjordanie cette contrée  semblant si riche en pâturages et ils voulaient aussi construire des villes pour leurs enfants.

D’autre part, le fait de vouloir dès cet instant recevoir leur « part d’héritage »  viendrait prouver qu’ils étaient désireux de se séparer de leurs frères et par conséquent du reste du peuple en prenant en ligne de compte uniquement leur avenir matériel et en se désintéressant du sort commun, de la communauté.

Cependant, leur désir de résider dans cette région  peut être interprété différemment et dans une volonté de former une barrière protectrice pour les autres tribus : en effet, les membres de la tribu de Gad étaient de farouches guerriers comme le confirme Moïse dans sa bénédiction : « ils marchèrent en avant » et leur réputation leur valut que les Midianites prirent la fuite devant eux et c’est ainsi que Gad et Ruben s’enrichirent considérablement.

La parashat mass’ê[2],  commence par l’énumération des nombreuses étapes qu’ont franchies les bné Israël depuis l’Egypte jusqu’à leur entrée en Israël pour nous montrer qu’en réalité, s’il n’avaient pas commis de fautes et suscité le courroux divin, ils auraient pu toucher au but du voyage en onze jours  au lieu d’errer pendant 40 années. En fait pour certaines étapes, ils ont séjourné de nombreuses années comme ce fut le cas à Kadesh Barnéâ .

En dénombrant ces stations (42), le Shlah HaKadosh opère un rapprochement entre ce nombre d’étapes et l’un des noms sacrés de D qui comporte 42 lettres ainsi que cela est exposé dans  la supplique Ana bekoah dans lequel on invoque la clémence divine pour que l’Eternel  de Sa main droite (clémence = midat harahamim) nous sauve et nous pardonne nos péchés et que la clémence subordonne la justice (midat hadin)  .

C’est  à propos du verset 53 du chapitre 33 que nos Sages  ont défini en quelque sorte les règles premières du « yishouv haaretz » c’est-à-dire de la façon dont nous devons « peupler » ce pays où D habite.

C’est aussi dans cette parasha qu’il est question des villes abri (âré miklat)  qui seront situées sur tout le territoire de manière à permettre à toute personne ayant attenté à la vie d’une tierce personne sans intention, par inadvertance, de se mettre à l’abri de ceux qui voudraient   éventuellement  « venger  »  le sang de la victime.

La période de séjour dans la ville abri est limitée à la durée de vie du Cohen HaGadol.  Le Tirgoum Yonathan implique la responsabilité du Grand Prêtre qui, à Yom Kippour doit prier, entre autres, dans le Saint des Saints pour qu’au cours de l’année qui vient, aucune transgression sexuelle,  aucune faute d’idolâtrie, et qu’aucun crime par inadvertance ne soient commis ; n’ayant pas prié dans cette intention, le Grand Prêtre mériterait de mourir car il a de par ses fonctions la faculté d’ajourner de tels évènements.

Si, à la suite d’un meurtre involontaire,  les récoltes s’avéraient mauvaises, il ne faudrait pas en rendre la terre responsable.

Cependant, il faut prendre en considération qu’un meurtre apporte l’impureté et que dans de telles conditions, la Shekhina se retirera, car chacun des bné Israël doit savoir et être conscient que de par sa propre conduite il peut amener la disgrâce sur tout un peuple.

Caroline Elishéva REBOUH

 

[1]Quelle différence y a-t-il entre un vœu (neder en hébreu   נדר), un serment ( shevouâ en hébreu – שבועה), par un vœu,  le neder est un vœu qu’on s’impose vis-à-vis de D tandis que le serment concerne plutôt une privation que l’on s’impose vis-à-vis même d’un être humain comme ne plus jamais parler à quelqu’un pour la vie ou pour une certaine période l’accent étant mis sur le fait qu’en général le serment est fait au nom de D.

[2] Le nom de la parasha vient du mot massa’ôthמסעות de la racine sâסע voyager. Il est question ici des différentes stations faites dans le désert durant toutes les pérégrinations.

 

 

HAFTARAT MATOT MASS’E: LES LECTURES DES 3 SEMAINES ET LES DIFFERENTES COUTUMES

Les Hakhamim ont fixé des lectures prophétiques qui sont lues chaque semaine après la lecture de la Torah et qui offrent un lien avec  les sidroth et, la plupart du temps, entre les différentes communautés existent des différences minimes.

Pourtant,  à une période de l’année, les haftaroth n’ont pas de lien avec la parasha,  comme l’enseigne le Tossefot : « de Bereshit au 17 tamouz on lit des haftaroth ayant un lien avec la parasha mais à partir du 17 tamouz, c’est différent. » Pourtant, si la parasha de Pinhas est lue  avant  la semaine du 17 tamouz ou après, les communautés s’engagent sur des terrains différents : les ashkenazim, les sefaradim, les edothhamizrah et parmi eux  on remarque encore des divergences selon qu’il s’agisse d’une communauté yéménite ou tunisienne ou autre, on ne lira pas les mêmes extraits.

Le Shlah HaKadosh[1]  donne des « simanim » (ou repères) concernant les haftaroth des sections se succédant de mattot-mass’é jusqu’à la fin du livre de devarim ou deutéronome. Il enseigne ainsi que dans la tête qui abrite notre intellect on peut dénombrer 7 orifices devant lesquels, dit-il, il faudrait  poster des juges et des policiers (shoftim veshoterim) pour empêcher l’homme de chuter et de céder aux fautes qui peuvent s’imposer à lui facilement. En effet, depuis la fin du livre des Nombres (Bamidbar), se profilent 12 parashioth que l’on peut diviser en trois sortes : les trois semaines de catastrophes, les sept semaines de consolation et les deux semaines de teshouva. A l’instar des dix plaies d’Egypte qui ont été regroupées en « familles » de plaies, ces douze haftaroth ont été regroupées en trois sortes en associant les initiales de chacun des textes prophétiques.

Les trois haftaroth de pourânouyoth (catastrophes) sont : « dashah » initiales de DivréYirmiyahou, Shim’ôudvar HaShem et Hazon. Ces trois textes font allusion à 5 sur 7 des orifices de la tête : Divré = la bouche ; Shim’ôu = oreilles ; Hazon = yeux. Car c’est à partir de ces organes que s’exprime le lashon harâ (médisance). Et, qu’à cause de la médisance surgit souvent la haine gratuite d’autrui.

Le deuxième groupe de haftaroth est :  « noâ-arkash » (nahamou de vaethanane, vatomartsion de êkev, âniya de re’é, anohianokhi de shoftim, rani âkara de kitetsé, koumiori de kitavo, de sossassisss de nitsavim).

Le troisième groupe appartenant à shouva Israël pour la teshouva. Cette semaine dans la plupart des communautés sera lue la haftara mettant en scène le jeune Jérémie. HaShem le prévient qu’il va être prophète et il répondra (comme Moïse devant le buisson ardent) qu’il n’est pas apte à remplir une telle fonction parce qu’il est trop jeune et HaShem par la métaphore de l’amandier lui confirme qu’il a été choisi pour cela. La métaphore de l’amandier est que si telle est la volonté du Tout Puissant, de même que dans l’Arche la branche d’amandier d’Aharon a fleuri et produit des fruits en une nuit, lui Jérémie pourrait être prophète dès lors qu’HaShem l’aura décidé et qu’en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, il sera prophète.

LE PROPHETE JEREMIE naquit en -655 près de Jérusalem. Il n’était âgé que de 59 ans lorsque fut détruit le temple de Salomon. Il fut exilé et continua à prophétiser même lorsqu’il se trouvait en Egypte où et il fut enterré. Il commença à être prophète à 28 ans alors que Yoash était roi en Israël.  Les rois qui se succédèrent pendant sa fonction furent : Yoahaz, Joachim, Yehoyakhin, Tsidkiyahou.  Comme toujours Jérémie exhorta le peuple à se renforcer et à revenir vers D, et il prévint ses compatriotes de catastrophes qui pourraient arriver au peuple s’ils ne revenaient pas à de meilleurs sentiments.

Jérémie serait décédé en -411 à l’âge de 244 ans.

Le mot français « jérémiade » vient du nom de Jérémie car il utilisait comme langage des plaintes pour illustrer ce que serait le futur de ce peuple à la conduite inconstante.

Caroline Elishéva REBOUH.

[1]Yshâya Halévy Horowitz auteur du célèbre ouvrage « shnélouhothhabrith » (d’où le diminutif « shlah ») 1558-1630.

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Pinhas, nous dit la Torah était le fils d’Eléazar lui-même fils d’Aharon HaCohen. La plupart des commentateurs et les Rabbins de la Guemara s’interrogent sur la raison pour laquelle la généalogie de Pinhas est citée à la fin de la parasha précédente et au début de cette parasha.

Nous savons, en effet, que rien dans la Torah ne s’y trouve par hasard et que donc de bonnes raisons se trouvent derrière chaque chose et, si le texte insiste sur le fait que Pinhas est fils d’Eléazar et d’Aharon c’est pour une raison bien précise et surtout pour une raison capitale qui va nous faire mieux comprendre la suite des évènements.

La personnalité de Pinhas est  si forte et entièrement tournée vers D. que tout comme  à l’époque de la traversée de la Mer Rouge, Nahshon ben Aminadav a plongé suivi par tous les siens sans hésitation aucune car plein de confiance en D., ici, Pinhas voyant devant lui ce qui était déplaisant à HaKadosh baroukh Hou, n’a pas hésité un seul instant et a transpercé les corps des contrevenants de manière à ce que rien ni personne ne puisse contester cet acte commis par Zimri ben Salou.

Cet acte de zèle religieux fut largement récompensé par une longévité hors pair puisqu’il a vécu  400 ans durant (jusqu’à Yftah –Jephté) puis il a été nommé comme prophète (Eliahou HaNavi) en recevant, en conséquence, l’avantage d’être encore vivant ainsi que nous le développerons dans la haftara de Pinhas.

La Guemara Sanhédrin page 82b détaille la raison sur une autre dimension : Les Sages du Talmud affirment que les descendants d’une famille, peu importe où ils se situent sur l’échelle du temps, se rattachent toujours à leurs aïeux en recevant leurs gènes.

Ainsi, Pinhas, petit-fils d’Aharon qui était « ohev shalom verodef shalom » אוהב שלום ורודף שלום c’est-à-dire qu’il aimait la paix et la recherchait toujours, était lui aussi comme son grand-père et c’est au nom de ce shalom, que voyant ce qui se déroulait devant ses yeux et malgré ce qui aurait pu se dire contre lui, attrapa sa lance et embrocha Zimri ben Salou et Cosbi la Midianite et ainsi, il parvint à calmer la colère de D.

Une question se pose à nouveau : qu’aurait-on pu dire contre lui ? C’est la raison pour laquelle on insiste sur le fait que Pinhas était fils d’Eléazar. Car, en effet, Eléazar prit pour épouse une fille de Jéthro, prêtre de Midiane et le peuple – les contestataires – aurait pu dire : Qu’a-t-il fait là ?

A-t-il oublié que sa mère est Midianite pour aller tuer une Midianite ? Pour qui se prend-il surtout lorsque son grand-père lui-même a participé à la faute du veau d’or ?

Pinhas savait qu’on pourrait soulever ces questions, cependant, il n’a pas procédé à des calculs de probabilité mais il s’est  lancé dans la bataille pour faire respecter la Parole divine !

Pour faire régner le shalom sur le camp et c’est la raison pour laquelle que le vav de shalom se trouve retranché ici pour se retrouver ailleurs en signe de perfection ainsi, par la suite on retrouvera dans tout le Tanakh le nom d’Eliahou sans le vav à 5 reprises tout comme on retrouvera à 5 reprises dans le Tanakh le nom de Yaakov avec un vav car, entre ces deux éminents personnages, le vav  peut être ôté ou ajouté pour ajouter un signe  complémentaire.

Ainsi, lorsque l’on a évoqué dans la parasha de Korah la généalogie de ce contestataire, l’énumération de ses aïeux s’arrête à Lévy alors que tout le monde sait que Lévy fut le troisième fils de Jacob mais, cela vient illustrer un acte réprouvé par Jacob.

Lorsque le viol de Dina fut dévoilé et que les habitants de Shekhem furent au troisième jour de leur circoncision, Shimôn et Lévy passèrent tous les mâles de Shekhem au fil de l’épée sans s’être concertés avec leur père dont ils savaient sans doute qu’il n’aurait pas adhéré à cette expédition punitive. Aussi le patriarche demanda à ne pas être nommé dans la généalogie de Korah car il n’était pas concerné.

Un sujet d’importance est également traité dans cette péricope : Tselofhad et ses filles. Tselofhad est lui aussi nommé avec sa généalogie : il fait partie de la tribu de Ménashé et le texte précise encore que Menashé était le fils de Joseph.

Là encore, tout le monde sait qui était Joseph alors pourquoi préciser ceci ? Les exégètes remarquent deux éléments : après que les explorateurs aient fait leur rapport et qu’ils aient déblatéré sur le pays, certains chefs de famille ont demandé à retourner en Egypte.

Et, de remarquer que de tous les fils de Jacob, le seul à avoir exigé expressément de ne pas oublier ses ossements en Egypte mais de les faire sortir  avec eux, était Joseph, démontrant s’il en était besoin de son attachement au pays de Canaân. En dignes descendantes de Joseph, les filles de Tselofhad demandèrent en conséquence de récupérer la part  domaniale qui aurait dû échoir à leur père.

Les noms des 5 filles de Tselofhad sont Mahla, Noâ, Hogla, Milka et Tirtsa, belineder, nous consacrerons quelques lignes à ces noms qui sont très significatifs lorsque nous arriverons, sDv, à la parashat Mass’ê où nous rencontrerons ces femmes face à leur destin.

Certains voient dans ces cinq jeunes-filles des féministes mais il n’en est absolument rien : elles  sont des femmes responsables et patriotes et désireuses de perpétuer la descendance de leur père àtravers une possession territoriale.

Caroline Elishéva REBOUH

 

HAFTARAT PINHAS: ELIYAHOU HANAVI

 

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La Haftara de Pinhas se trouve dans le premier  livre des Rois du chapitre XVIII verset 46 au chapitre XIX verset 21 et on y voit un personnage aimé de tous que l’on évoque à chaque havdala ou sortie de shabbat ainsi qu’à chaque brith mila auxquelles il est tenu d’assister après qu’il ait exprimé son regret de voir que les gens pratiquaient moins la brith mila sur leurs enfants  (Rois Ier livre chapitre XIX verset 14.

D’après le fait que la généalogie d’Eliyahou HaNavi (le Prophète Elie) ne soit pas citée, la tradition fait de lui un être d’essence angélique et ce bien que soit attachée au personnage la personnalité de Pinhas, petit-fils d’Aharon HaCohen.

Vers la fin du Xème siècle avant l’ère vulgaire, après la mort du Roi Salomon, alors qu’au royaume d’Israël régnait le roi  Ahab et sa femme  la cruelle Jésabel (en français Isabelle ou Jésabel )venant de Sidon.  Ces souverains propageaient l’idolâtrie et le niveau de piété avait chu  lamentablement, d’autant que Jésabel fit exterminer les cohanim.

  1. demanda à Elie d’avertir les souverains impies qu’une sècheresse s’abattrait sur le pays s’il ne s’opérait pas de changement exemplaire. D ordonna à Elie de se réfugier auprès d’un torrent proche du Jourdain (Kérith) et dans une grotte. D chargea un corbeau[1] d’apporter de la nourriture à Elie matin et soir (pain et viande) tandis que le prophète pourrait étancher sa soif avec les eaux pures du torrent.  Cependant, au bout d’un certain temps, le torrent fut tari et Elie ne pouvait plus s’abreuver c’est alors que D  envoya Elie ailleurs, près de Sidon en lui promettant que là-bas une veuve lui procurerait de la nourriture. Arrivé à proximité de l’endroit, il aperçut une femme à laquelle il quémanda de l’eau mais elle n’en avait point et il lui demanda de lui cuire une galette moyennant quoi, elle ne manquerait jamais ni de farine ni d’huile. Peu de temps après, le fils de cette veuve pris d’une forte fièvre mourut. Elle se plaignit à Eliyahou qui s’adressa à D et sa prière fut exaucée et l’enfant revint à la vie.

D ordonna à Elie de se rendre auprès d’Ahab et de Jésabel pour les prévenir que depuis trois années qu’une goutte de pluie n’était tombée en Israël,  et que la famine et la sècheresse se termineraient si le peuple revenait au culte de D   Elie exigea alors devant un peuple hésitant que les prêtres de Baal fissent  un sacrifice et qu’ils implorent l’idole de consumer leur offrande mais rien ne se passa. En revanche Elie sacrifia un taureau et prépara l’offrande en l’arrosant d’eau et implora D qui fit descendre un feu du ciel qui consuma en un instant la victime et plus une seule trace d’eau ne persista. Le peuple alors s’agenouilla et implora le pardon de l’Eternel. Le peuple tua tous les prêtres de Baal et Jésabel fut prise de fureur devant sa défaite et décida de se venger du prophète qui sur l’ordre divin s’était enfui vers le sud. La pluie s’abattit sur le pays.  Elie, épuisé s’effondra de fatigue et D lui fit parvenir avec un ange un pain et de l’eau et il put ainsi (après avoir marché 40 jours et 40 nuits à parvenir au Mont Horeb. Là, après que D lui ait adressé d’autres ordres comme d’aller oindre Jéhu et de trouver Elisée (Elisha) qui deviendra prophète à sa suite, Elie,  après avoir prophétisé contre Ahab et sa maison qui continuait à mal agir vis-à-vis de l’Eternel et après que les punitions soient infligées à chacun de ceux qui avaient été prévenus et qui ne s’étaient pas repentis. Après que Jéhu vécut et régna pendant près de trente années, Elie se prépara à quitter ses fonctions. Il fit ses adieux à Elisée qui demanda de recevoir d’avantage de prophétie qu’Eliyahou. Puis, Eliyahou s’éloigna et, un char  apparut descendant du ciel et qui enleva Elie dans ce char de feu.

Eliyahou HaNavi est celui qui viendra annoncer la Rédemption finale (HaGuéoulaHaShelema) avec le Roi Messie.

Lorsqu’est célébrée une brith mila, il faut arriver si possible avant la cérémonie pour ne pas faire attendre le prophète et il faut beaucoup prier car, lorsque le prophète est là, les fautes de chacun sont pardonnées par son propre mérite.

Caroline Elishéva REBOUH

[1] Lorsqu’Abel mourut, Adam et Eve ne surent que faire de la dépouille et c’est grâce au corbeau ensevelissant quelque chose qu’Adam sut comment enterrer son fils.

Lors du déluge, le corbeau avait été « sauvé » dans le but justement de nourrir Elie le Prophète.

 

 

 

TEHILIM   91 à 95

Les trois premiers psaumes sont récités  généralement pour des motifs très  différents : le chapitre 91 par exemple est un chapitre très fort surtout lorsque l’on se sent déprimé, trop seul et que l’on a besoin d’un réconfort moral, quant aux chapitres 92 et 93 sont récités ensemble principalement le shabbat.

91 : Moïse recommande de se réfugier sous les ailes de la Shekhina (présence divine) car sans Lui pour nous préserver de tout piège, de tout leurre, comment pourrions-nous subsister ? Lui seul peut nous protéger des écueils.  Peu importe les fléaux qui atteignent ceux qui se trouvent à ta droite ou à ta gauche devant toi ou après toi car toi personnellement, rien ne t’atteindra car tu te reposes sur Lui et tu seras préservé de tout danger.

92 et 93 : Psaume interprété par les Léviim, sur des instruments à corde en l’honneur du shabbat :  Il est bon et réconfortant de  rendre grâce  à l’Eternel pour les bienfaits dont Il nous comble et nous pourrons répéter et chanter notre foi aux jours de la rédemption (guéoula) le matin et le soir et Tu es toujours là pour me relever lorsque je tombe et les tsadikim fleuriront et se renforceront.

94 : Ne croyez pas créatures de la terre que le Maître du Monde ne peut vous voir ni n’entend vos propos !  Il entend tout et connaît tout de vos pensées et de vos intentions ! Je sais que l’Eternel est à mes côtés prêt à me soutenir pour m’empêcher de tomber. Et, Il anéantira mes ennemis.

95 : Louanges et Cantique pour l’Eternel qui règne sur le monde entier et nous empêche de chanceler. Il est le Créateur des cieux et de la Terre, de la mer et des abîmes Il est le Maître de toutes les créatures et nous devons à tout jamais Lui rendre grâce !!!!

Caroline Elishéva REBOUH

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Jusqu’ici nous avons vu émerger du milieu du peuple d’Israël surtout des hommes qui étaient en opposition avec Dieu et avec Moise.

La péricope Pinhas de cette semaine nous présente, par contre, un héros qui, lui, a pris la défense de Dieu et de sa Torah.

Il s’agit de Pinhas, petit fils d’Aaron, qui, de son propre chef, est intervenu énergiquement et courageusement à un moment bien difficile de notre histoire.

De quoi s’agissait-il? C’était après la défaite de Balak, qui n’avait pu obtenir que fût maudit le peuple d’Israël. Les Hébreux campaient toujours à proximité du pays de Moab et là, se laissèrent entraîner à l’idolâtrie et à l’immoralité par les filles de ce pays.

Des notables mêmes, qui auraient dû pourtant donner le bon exemple, avaient l’audace de s’afficher publiquement avec ces filles étrangères et leur inconduite notoire laissa découragé et sans réaction Moïse lui-même.

Et c’est alors que, pour redresser la situation, Pinhas osa, de sa propre initiative, mettre à mort publiquement un des chefs coupables et la femme qui l’avait entraînée loin de Dieu.

Ce geste courageux eut pour résultat de faire cesser l’épidémie qui sévissait au milieu du peuple tout entier et Pinhas fut distingué tout particulièrement par l’Éternel pour avoir pris Sa défense et avoir repris en main une situation risquant d’être catastrophique pour le peuple d’Israël.

Pinhas était un jeune homme, sans expérience. Et pourtant, en un moment critique, il a montré ses capacités de chef. « Là où il n’y a pas d’homme, disent nos Sages, sois un homme, toi! » Il a su l’être.

Au lieu de laisser se détériorer la situation en se disant que la décision n’est pas de son ressort, Pin’hass a pris des responsabilités qui n’étaient pas les siennes et a sauvé le peuple entier de la perte.

En vérité, tout un chacun a en lui l’étoffe d’un chef; il lui faut seulement vouloir l’utiliser et non pas toujours s’en remettre aux autres pour que, eux, prennent à sa place des mesures qu’il est à même de prendre, lui, Car à un moment donné le sort de beaucoup d’hommes peut dépendre de l’esprit de décision de chacun de nous.

LE RABBIN JEAN SCHWARZ

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Les 3 semaines qui séparent ces deux dates : 17 tamouz et 9 av sont une période triste et désignées en hébreu par l’expression בין המצרים  (beyn ‘hametzarim) que l’on pourrait traduire par : « entre les limites », cependant que se dégage de cette expression une idée d’étroitesse, voire d’angoisse, en dehors du fait que l’idée du pays d’Egypte se profile derrière ceci puisque מצרים  s’écrit exactement comme Egypte, pays où nous avons été réduits en esclavage, pays où l’on a exercé sur nous une pression extrême.

 

 

Le mot מצרים  comporte en son centre, la racine צר  (tsar) étroit.

Des règles précises s’attachent à cette période que l’histoire a pourvue en évènements tragiques parfois uniquement pour le peuple juif mais, parfois, les événements tragiques ont eu une portée universelle !

Nous savons que lorsque Moïse descendit du Mont Sinaï pourvu des Tables que D avait gravé par Lui-même, attristé (pour ne pas dire catastrophé) devant le spectacle du peuple débauché devant le veau d’or, brisa les premières tables de la Loi.

Lors du siège de Jérusalem, une première brèche fut ouverte dans les murailles entourant la ville tant au temps de Nabuchodonosor (-586) qu’au temps de Titus (70 après) 656 ans plus tard.

Devant le manque de bétail, les sacrifices au Temple furent suspendus.

Un sefer Torah fut brûlé à cette date.

Une idole fut introduite dans l’enceinte du Temple.

Trois semaines plus tard, le 9 av, est une date à laquelle le peuple juif se désole car :

C’est un 9 av qu’eut lieu le rapport des explorateurs qui effraya le peuple dans le désert et qu’ils refusèrent de rentrer sur la terre que D offrait à Son peuple.

C’est un 9 av que le premier Temple fut détruit en -586 par Nabuchodonosor.

C’est encore un 9 av que par Titus fut détruit le deuxième Temple de Jérusalem en l’an 70.

C’est en 120 que fut détruite Bétar par les Romains alors que Bar Kokhba tentait de sauver le pays des envahisseurs.

Bien, plus tard, c’est aussi un 9 av que le soc d’une charrue laboura le lieu où s’était élevé le Temple.

Mais, le Rav Dessler (MikhtavMéEliahou) énuméra encore bien d’autres catastrophes  telles que l’expulsion des Juifs d’Angleterre le 9 av 1290, l’Inquisition d’Espagne le 9 av 1492  puis il rappelle que les deux grandes guerres mondiales furent déclarées en cette même période : date funeste s’il en est……..

Dès lors, personne ne s’étonnera du fait que ces trois semaines soient considérées comme une période de deuil.

Cependant, selon les communautés, existent des usages différents : chez les Ashkenazes, ne seront célébrés ni bar mitsvoth ni fiançailles ni mariages ou autres évènements festifs comme pendaison de crémaillères (hanoukat bayit) et autres.

Certains s’abstiennent même de consommer des fruits nouveaux et d’écouter de la musique comme bien entendu se couper les cheveux (y compris le halaké évidemment), étrenner un vêtement neuf et même aller se baigner.

Chez les sefaradim, en Israël tout au moins, on célèbre bar mitsvoth, fiançailles et mariages jusqu’à la veille de Rosh hodesh Av.

Pendant les neuf jours allant du 1er au 9 av on peut relever des coutumes différentes (minhaguim).

Ainsi, chez les Ashkenazes, de même que l’on ne se coupe pas les cheveux, on ne se rase pas et on ne se parfume pas. De même, à la veille de Rosh Hodesh  av, on prépare des vêtements  pour pouvoir se changer pendant les neuf jours (on sort des vêtements propres et pas neufs dont on se vêt pendant quelques heures et que l’on va laisser de côté pour la semaine), on ne se baignera et ne se douchera pas, on ne fera pas de lessive, on ne fera pas le ménage et on ne consommera aucune nourriture carnée, sauf pour les repas du shabbat.

Si, pendant les neuf jours a lieu une brith mila (circoncision) on présentera à la séouda des plats lactés ou neutres et avec du poisson.

Pour le shabbat il est possible de consommer de la viande.

Chez les Sefaradim, il y a une disposition qui permet de se laver sauf pendant la semaine où « tombe le jeûne » (hashavouashéhalbo) c’est-à-dire que si le jeûne tombe le mardi, la stricte observance de « deuil » de 9 beav aura lieu les dimanche, et lundi  jusqu’à lundi soir veille du jeûne. Ainsi, toutes les autres coutumes concernant la toilette, les vêtements et même la nourriture ne seront observées que peu de jours. A la sortie du Shabbat qui se poursuit par la semaine « où tombe le jeûne », les Sefaradim ont coutume soit de congeler les restants carnés avant la sortie du shabbat soit de jeter ces restants. Les originaires du Maroc ont parfois conservé  la coutume du « khli » – viande séchée et cuite très longtemps dans de la graisse et conservée ainsi.

Edoth ‘HaMizrah (Persans, Irakiens, Kurdes, Bné Menashé, Indous, Yéménites etc….)  consomment de la viande sans cesse même lorsqu’ils sont dans une semaine de deuil pour la perte d’un proche.

LE JEÛNE : A la veille du jeûne on se mettra à table et on consommera un plat unique puis, pour la séôuda mafséket (repas avant le jeûne), on consommera soit un œuf dur que l’on écalera soi-même, soit un plat de lentilles. Là encore, lemin’hag a force de loi. Certains mangent œuf dur et lentilles.

Le lendemain matin, après l’office on n’aura le droit d’étudier ou de lire que les Lamentations et non pas lire des Tehilim ou étudier le Shoulhan Aroukh sauf s’il s’agit des lois concernant 9 beav. On n’a pas le droit de travailler ni de fumer.

Le soir, après le jeûne on ne consommera pas encore de viande car le Temple a brûlé jusqu’au 10 av à 14h.

Que cette année , le 9 av soit transformé en jour de joie ! Amen !

Caroline Elisheva REBOUH

 

 

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La paracha Pinhas est intimement articulée à celle qui la précède. La fin de la parachat Balak relate comment les Midianites, constatant que la tentative de malédiction ourdie par Balak et mise en oeuvre par Bilaâm avait tourné court, et même qu’elle avait muté en bénédiction, décident d’employer, si l’on peut dire,  les grand moyens.

Ils font affluer vers le peuple d’Israël des escouades de prostituées afin d’inciter le peuple de l’Alliance à l’orgie sexuelle et ainsi de renier cette Alliance avec le Dieu qui la promeut et par laquelle s’atteste sa Présence.

Un grand nombre de Bnei Israël s’y laissent aller dans la sidération des dirigeants du peuple, Moïse et Aharon compris, Moïse qui lui même avait décidé de se séparer de sa femme depuis le don de la Thora, sachant que la Parole divine pouvait lui être adressée à n’importe quel moment.

C’est alors que Pinh’ass, fils d’Eléazar, et  petit fils d’Aharon, mû par une autre passion: celle de Dieu, se saisit d’une lance et embroche   le couple de meneurs qui fautait au regard de l’Eternel, comme s’ils avaient décidé de souiller sa Loi en toute impunité.

Et le fléau qui avait entre temps frappé le peuple cessa, fléau physique et  plaie mentale.

Il faut bien mesurer la gravité d’une pareille transgression. Elle afflige le peuple au moment où celui-ci après quarante années de pérégrination se trouve sur le point de franchir le Jourdain pour investir la terre de Canaan que le  Créateur avait originellement dévolue à ses Pères.

Durant toutes ces années, ce peuple d’anciens esclaves a appris à réguler ses pulsions, à modérer ses emportements, à apprendre l’usage de la parole interhumaine.

On le croyait sorti de l’état pulsionnel et voilà que les Midianites tentent de l’y replonger, et cela de manière irréversible puisque la prostitution à laquelle il est incité n’est pas seulement sexuelle. Elle implique aussi des pratiques idolâtriques.

Dans de telles circonstance, si Pinh’ass ne s’était trouvé là, lucide, attentif et zélé, ce que la Mer Rouge n’avait pu engloutir, les plaines  de Moab l’eussent anéanti.

Et c’est pourquoi Pinh’ass en est loué par le Créateur, aux oreilles de Moïse  de sorte que celui-ci le proclame à tout Israël.

La Tradition juive verra dans Pinh’ass une préfiguration du prophète Elie, lui aussi  brûlant  de zèle pour Dieu face à Ah’ab et à Jézabel, le couple de rois oublieux de l’Alliance, au point de fermer les  Portes de la pluie.

Et pourtant  Pinh’ass n’est pas érigé en exemple par la Thora. Plus exactement, si son acte est jugé digne de louange, il  doit demeurer une exception.

Deux allusions scripturaires le donnent à comprendre. En premier lieu, le nom de Pinh’ass lui même est transcrit, étonnamment, avec  un «youd» minuscule. Comme s’il fallait en déduire une incomplétude constitutionnelle.

On sait qu’en hébreu la lettre « youd », qui correspond au chiffre 10, est justement celle de l’accomplissement.

Le Décalogue comporte à cet égard 10 lois, et non pas 9 ou 11. Cette réduction de taille atteste au passage à quel point dans la Thora, lue en sa langue originelle, la lettre est riche de sens et d’enseignements.

Ce «youd» rapetissé est sans doute le signe que la connaissance de la Thora chez Pinh’ass en était à ses commencements.

Si le zèle est louable il est aussi symptôme d’immaturité. Pour le dire autrement, le comportement de Pinh’ass est loué à cause des circonstances d’extrême urgence où il s’est produit  et à cause de la passivité des responsables institué du peuple d’Israël.

Il ne saurait constituer un précédent  ni un exemple à suivre pour les temps courants.

Une autre particularité de la transcription graphique du récit biblique le confirme. Le Créateur accordera à Pinh’ass et à sa descendance une Alliance particulière: l’Alliance de paix: Bérith Chalom.

Cependant, dans le Sépher Thora d’une part les mots bérith et  chalom ne sont pas reliés entre eux, ne sont pas interconnectés mais légèrement disjoints, d’autre part le vav de chalom est lui même brisé par le milieu et non pas écrit  d’une seul trait, comme il  aurait dû l’être.

Même justifiée,  la violence n’est pas érigée en but ultime, en comportement ordinaire.

Lorsqu’elle s’exerce, fût ce à juste titre, elle laisse des séquelles et des cicatrices.

D’autant que Pinh’ass est fils et petit fils de cohanim et que la fonction élective du cohen est la réconciliation, le recouvrement de la paix sociale après celle des esprits.

Et c’est sans doute pourquoi cette même paracha relate un épisode de sens opposé, celui qui concerne d’autres femmes, les filles de Tséloph’ad.

Elles s’en viennent questionner Moïse, aprés le décès de leur père, et en l’absence de fils, sur les règles régissant l’héritage des filles.

Cependant elles s’en acquittent sans violence, sans acrimonie, laissant à Moïse le temps d’y réfléchir et la possibilité de leur répondre de manière compréhensible pour les temps à venir également. Moïse en est si heureux qu’il décide d’« approcher (vayakrev) » leur demande face à l’Eternel ; de la considérer comme un véritable korban digne d’être présenté devant le Créateur.

Les filles de Tséloph’ad ont démontré, au terme de cette si longue, tumultueuse et éprouvante Traversée du désert que le peuple d’Israël venait enfin- lui qui avait été condamné en Egypte esclavagiste à des siècles de mutisme – de recouvrer le sens de la parole dialoguée, la seule qui permette de fonder  et de faire vivre des ensemble  humains dignes de ce nom.

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Raphaël Draï zatsal, 26 juin 2013

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C’est une bien étrange visite que reçoit Balaam en cette fin d’après-midi. Une délégation, vient, de la part de Balak, roi de Moab, lui demander de maudire le peuple d’Israël. C’est que Balak, affolé à l’idée de voir les Hébreux passer sur son territoire, veut absolument les en empêcher.

Or il sait que Balaam possède un pouvoir surnaturel et il veut l’utiliser pour réaliser ses desseins.

Balaam cependant, qui croit en Dieu, demande à le consulter avant de se décider. II ne peut agir contre la volonté de l’Éternel ; il lui faut donc connaître celle-ci. Et l’Éternel lui fait savoir qu’il ne peut être question de maudire le peuple d’Israël puisque, de par la volonté de Dieu, il est béni.

Lorsque Balak insiste cependant, et envoie auprès de lui une délégation plus importante que la première fois, Balaam, sur le conseil de Dieu, accepte de se rendre chez le roi de Moab. Mais, au grand dam de Balak, malgré les promesses royales que celui-ci lui a faites et les honneurs dont il était prêt à le combler, Balaam refuse de maudire Israël. Bien au contraire, il ne peut qu’ajouter à plusieurs reprises ses bénédictions à celles que l’Eternel déjà a accordées aux Hébreux.

C’est que le peuple d’Israël a été choisi et distingué par Dieu en vue d’une mission bien précise parmi les autres peuples. Tant qu’il reste conscient de son rôle, tant qu’il reste fidèle à l’alliance contractée avec l’Eternel, il jouit, de son côté, de la bénédiction et de la protection divines. Personne, jamais, ne réussit à transformer celle-ci en malédiction, car l’Eternel fait tout pour s’y opposer.

Bien plus, dans toute la mesure où – tout comme le fit Balaam qui, de loin observa le peuple d’Israël sous différents angles – nos ennemis mêmes nous voient fidèles à Dieu et fidèles à nous-mêmes, ils sont contraints, en toute loyauté, de désarmer et d’ajouter leurs bénédictions à celles que l’Eternel déjà nous a octroyées.

Le choix du peuple d’Israël, opéré par Dieu en Egypte, puis confirmé au Sinaï, est irréversible:  » Dieu n’est point homme pour changer d’avis selon son humeur du jour  » (Nombres 23, 19). C’est pour toujours que, si nous le voulons, sa bénédiction nous est acquise.

LE RABBIN JEAN SCHWARZ

 

Au début de la Parasha (Perek 22, Passouk 6), Balak demande à Bil’am de maudire le peuple juif comme il est dit : מִמֶּנִּי ‏‏ ‏וְעַתָּה לְכָה־נָּא אָֽרָה־לִּי אֶת־הָעָם הַזֶּה כִּֽי־עָצוּם הוּא « Et maintenant, va donc, maudis-moi ce peuple, car il est plus puissant que moi…  »

 

* Le Midrash explique que Balak, roi  de Moab, détestait le peuple juif plus que tous les ennemis du peuple juif de l’époque !

 

– Comment est ce possible de donner au nom d’une Parasha de la Torah, le nom d’un « Goy » (non juif) ennemi juré d’Israël?

 

D’après la Si’ha 1 de la Parasha Balak du Rabbi de Loubavitch (extrait du Mayen ‘Haï))

 

Remarque :

 

Même la Parasha précédente se nomme « kora’h » qui était lui-même un juif qui a péché en se rebellant contre Moché et Aharon… Cependant il y’a une différence car Kor’ah était un juif et ses enfants sont revenus à la « Techouva » (se sont repentis)…

 

Nous verrons finalement que la Parasha Balak vient témoigner du niveau le plus élevé, de la transformation du mal en bien, de l’obscurité en lumière, de l’amertume en douceur…

 

En effet, le Machia’h sera issu de la royauté de David, c’est à dire un descendant de Balak, car le roi David est fils de Ichaï fils de Oved fils de Ruth la Moabite qui s’est converti (et a épousé Bo’az) et qui était elle-même une petite fille de Balak (roi de Moav).

 

à C’est pourquoi la Parasha a mérité ce nom de Balak pour nous enseigner qu’il est donné la force de transformer le mal en un bien aussi grand que celui de la Royauté de la maison de David et du Roi Machia’h…

C’est pourquoi spécialement dans cette Parasha a été retranscrite la prophétie de Machia’h, comme il est dit (Perek 24, Passouk 17) : כָּל־בְּנֵי־שֵֽׁת וְקָם שֵׁבֶט מִיִּשְׂרָאֵל וּמָחַץ פַּאֲתֵי מֹואָב וְקַרְקַר מִֽיַּעֲקֹב ‏ דָּרַךְ כֹּוכָב « une étoile va émaner de Yaakov (c.a.d le Roi David) et un bâton s’élèvera d’Israël, il écrasera les coins de Moab, il démolira les fils de Cheth (c.a.d que se dressera la nation d’Israël avec le Roi Machia’h pour écraser les ennemis d’Israël) »

 

à Le Rabbi explique que de cette remarque émanent 2 enseignements concrets pour nous tous :

 

1)      Si nous trébuchons dans une faute, ne tombons pas dans l’abandon! ne soyons pas désabusés ! parce que nous devons savoir que si même de Balak est sorti du bien, à plus forte raison de nous même JUIFS les enfants de « Hakadosh Baroukh Hou » et il est évident qu’il sortira du bien de nous… nous pouvons transformer le mal en bien, faire « Techouva » et revenir sur le droit chemin…

 

2)      Et à l’égard d’autrui, lorsque nous rencontrons un juif qui se conduit mal. et qui se retrouve dans une situation comme Balak il faudra se rappeler qu’il lui est donné la possibilité de transformer sa situation en bien et ne devons pas porter un jugement critique sans équivoque… et devons plutôt l’influencer, l’aider à retrouver son identité, réveiller son âme juive et savoir que la fin de tout juif est bien de faire Techouva…

Même y compris si il est vraiment détestable (à la lumière du « Tanya »), voir plus que Balak ! Car Balak lui n’était pas juif et n’était pas dépositaire d’une âme divine… (Comme le souligne l’« Admour Hazaken »)

 

Mais pour autant nous devons savoir que le potentiel de se juif peut à tout moment se réaliser (rapidement ou non) et que nous avons peut être une part dans cette réalisation… Alors, il nous faut à tout prix trouver cette part et s’impliquer pour l’amener vers un chemin meilleur afin  que tout les Bné Israël méritent la « Guéoula Bimhéra Beyaménou » (la délivrance rapidement) avec la venue de Machia’h ben David. Amen ! …

Yoel amar

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Deux hommes non juifs dont le vœu le plus cher est d’anéantir Israël évoluent dans cette parasha.

Le roi de Moav répondant au nom de Balak jure de mettre Israël hors de combat et pour atteindre son but il décide de s’assurer les bons services de  Bileâm le « prophète » sorcier, mage en lui allouant une véritable fortune afin que cet homme fourbisse ses malédictions les  plus virulentes et,  qu’en fin de compte,  Israël cesse d’exister.

 

Rashi et d’autres commentateurs tracent un parallèle entre cette sidra et la péricope évoquant la  sidra de la ligature d’Isaac car, en effet, une terminologie pratiquement identique se retrouve dans les deux  parashioth ainsi qu’il apparaîtra ci-dessous.

Balak, roi du peuple de Moav a, en fait plusieurs flèches dans son carquois pour affaiblir, et férir le peuple d’Israël c’est-à-dire pour le frapper et qu’il ne se relève plus.

La première de ses atteintes sera de faire maudire Israël par celui qui passe pour le Prophète le plus puissant des peuples non-juifs : Bil’âm ou Balâm en français.

Notre peuple peut s’enorgueillir de prophètes qui ont joui de rôles très importants au sein du peuple juif mais, apprend-on,  Bil’âm est un être perverti, dévoyé et brutal qui se conduit mal même avec son ânesse qu’il soumet à ses instincts.

Cependant, malgré  tout l’or et les honneurs fournis par Balak, Bil’âm hésite encore à maudire Israël et, finalement, comme nous le savons tous, D. transforme toutes les paroles du prophète  non-juif en bénédictions multiples.

La Torah nous enseigne donc que Bil’âm s’est levé tôt (vayakom) le matin, scella son ânesse et se mit en chemin avec ses deux serviteurs  mais, il le fit avec empressement car il savait que Balak accèderait à toutes ses demandes et il désirait satisfaire Balak pour pouvoir satisfaire sa propre soif de grandeur et de puissance alors qu’Abraham en se levant tôt (vayashkem)  le matin mettait tout son empressement  à accomplir la volonté divine.

Rashi met en exergue ces différences terminologiques : vayashkem et vayakom mais aussi la différence entre le hamor d’Abraham et l’ânesse (aton) de Bil’âm car, le Maharalnous enseigne que l’âne d’Abraham (hamor) nous met en lien avec  la matérialité du monde, et, lorsqu’Abraham « chevauche » son âne, cela signifie qu’il domine cette matérialité alors que lorsque Bil’âm « chevauche » son ânesse ce sont bien d’autres significations qui nous sont suggérées par le fait que le féminin opposé au masculin nous rappelle que l’ânesse a été assujettie par l’impureté.

Un peu plus loin dans le texte nous apprenons que les femmes moabites ainsi que les Midianites étaient belles et  peu farouches.

Voyant les Israélites se rendre au marché, revêtues de leurs plus beaux atours, elles s’approchèrent de ces hommes venant acheter des aliments ou des tissus, et offrirent leur meilleur vin dans leurs arrière-boutiques et là, une fois enivrés elles détournaient les hommes vers les idoles des Moabites : à cette époque il était permis de boire (même du vin)  et de manger avec des non juifs. C’est après cette faute que fut promulguée l’interdiction de boire du vin ou de fraterniser en partageant un repas avec des non-juifs.

Pinhas, va,  à ce propos,  faire un « kiddoush HaShem » majestueux : surprenant Zimri couché avec Cozbi  la Midianite, il va transpercer les deux protagonistes[1] de sa lance.

Peu  de personnes ont eu l’insigne honneur de voir une parasha dédiée à leur nom surtout les personnages de premier plan de l’histoire juive, ainsi, les sidroth dont le nom est celui d’une personne sont les suivantes : Noé, Jéthro,Korah, Balak, PINHAS[2].

Or Noé bien qu’étant désigné comme Ish Tsadik, un homme vertueux, n’était pas Juif. Jéthro (Yithro), était un idolâtre qui se convertit par la suite, Korahbien qu’il ait fomenté toute cette révolte avait des mérites, Balak était Moabite or il est écrit à propos des Moabites que jamais un fils de Moabite ne pourra compter dans la communauté de D. Alors, pourquoi a-t-il eu l’honneur d’avoir une parasha à son nom ?

Les réponses sont les suivantes : Balak bien qu’étant Moabite et idolâtre, sacrifiait à D. plus de 40 bêtes chaque jour, ceci est son mérite personnel puis,  c’est par le mérite des vertus d’une Moabite : Ruth,  que descendra le Roi David et que d’elle viendra aussi le Messie !

Caroline Elisheva REBOUH.

[1] – De manière qu’aucun des deux ne puisse dénier le fait.

[2] – Il en sera question dans la parasha suivante.

 

HAFTARA  BALAK

La lecture prophétique de cette semaine se situe dans le livre du prophète Michée (מיכה), lequel vécut au VIIIème siècle avant l’ère vulgaire et fut le contemporain d’Isaïe et  d’Osée.

Le livre des prophéties de Michée est le sixième des douze « petits » prophètes, petit pour ce qui concerne la longueur du contenu du livre.

Michée,  fut témoin des évènements historiques pendant les règnes de Yotam, Ezéchias et Ahaz (de –737 à -687).

Michée prophétise sur ce qui adviendra au royaume de Juda ainsi que sur la destruction de la Samarie et de Jérusalem ainsi que du Temple de Jérusalem.

Tout au long des 7 chapitres de ce livre le nom du patriarche Jacob est rappelé tout comme dans la sidra de Balak où la malédiction qu’il voulait voir prononcée par Bil’âm se transforme en louanges sur les « Tentes de Jacob » c’est-à-dire sur la descendance du patriarche.

Le discours de Michée compare la finalité du peuple d’Israël à la rosée qui vient du ciel mais qui s’évapore sitôt le soleil levé. Ainsi, l’existence du peuple d’Israël est indispensable au monde tout comme l’eau est nécessaire à la terre mais il met en relief la différence qui existe entre la rosée fragile et délicate et la pluie avec ses différents degrés de force et le fait  que lorsque la pluie est forte, elle peut tout emporter sur son passage et pourrait être une malédiction alors que la rosée est toujours une bénédiction.

Si les peuples possédaient la sagesse ils sauraient que détruire le peuple juif ne leur apporterait que la désolation alors que bénir et entourer le peuple juif n’apporterait à ces nations que bénédictions, bonheur et abondance.

Caroline Elishéva REBOUH