Israel

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David Ben Gourion croyait à cette idée. Aujourd’hui, l’historien Tsvi Misinaï dépoussière une thèse controversée : 9 Palestiniens sur 10 auraient des origines juives.

PHOTO: ARIEL JEROZOLIMSKI , JPOST

« Nous sommes de la même race et du même sang et une coopération entre nous amènera une grande prospérité dans le pays », écrivait l’émir Faiçal à Felix Frankfurter en 1917. Faiçal ne cachait pas ses affinités avec les sionistes qui avaient commencé à affluer en Terre sainte. En 1919, il signait un accord de coopération avec Haïm Weizmann, à qui il écrivait être conscient « de la parenté raciale et des liens très anciens qui unissent les Arabes au peuple juif ».

Faiçal ne faisait pas qu’énoncer un lieu commun, il savait de quoi il parlait, soutient Tsvi Misinaï. Ce passionné d’histoire en sait sans doute plus long que quiconque sur les origines des Palestiniens d’aujourd’hui.

« Faiçal était hachémite par son père », explique-t-il, « ce qui signifie qu’il descendait directement de Mahomet. En revanche, la mère de son grand-père maternel, King On, était issue d’une famille de Juifs forcés de se convertir à l’islam et qui avaient dû émigrer à l’est du Jourdain. Ils ont réintégré plus tard leur village. A l’époque de l’enfance de Faiçal, ces origines juives étaient connues de tous et l’on ne cherchait pas à les dissimuler. Et ce que Faiçal savait alors, beaucoup de Palestiniens d’aujourd’hui le savent aussi. »

90 % des Palestiniens ont des ancêtres juifs

Voici le récit de ce qui pourrait bien être l’un des secrets les mieux gardés de l’histoire. Une découverte susceptible, à terme, d’apaiser les terribles tensions qui déchirent la terre d’Israël. Des années de recherches permettent à Tsvi Misinaï d’affirmer aujourd’hui, avec la plus grande certitude : près de 90 % des Palestiniens ont des ancêtres juifs. « Et environ la moitié d’entre eux le savent », précise-t-il.

Ils ont en effet conservé certaines coutumes juives, dont les rituels de deuil, l’allumage des bougies le Shabbat ou en commémoration de proches disparus, et même le port des téfilines. Et pourtant, en Israël, on est convaincu que le groupe qui se fait appeler « les Palestiniens » se compose d’Arabes venus de diverses régions du Moyen-Orient pour profiter des opportunités d’emplois fournies par les Juifs. Tsvi Misinaï, lui, ne partage pas cette opinion. Selon lui, la vaste majorité des Palestiniens d’aujourd’hui descendent de familles juives qui ont réussi à éviter l’exil tout au long des 2 000 dernières années, ou qui sont revenus dans leurs villages après en avoir été chassés. Ils ont, eux aussi, été les victimes des nombreuses souffrances endurées par les Juifs de Terre sainte : de la destruction du Temple par les Romains aux Croisades, en passant par les famines, la pauvreté et les guerres du Moyen Age.

Impossible à cette époque d’éviter la conversion à l’islam, une démarche forcée consentie par crainte plutôt que par conviction. Tsvi Misinaï s’est donné comme mission de répandre ce message parmi les Palestiniens, leur offrant la possibilité de récupérer leur héritage perdu. Et son objectif ne se limite pas à les réconcilier avec leurs racines : selon lui, la réintégration de ce qu’il appelle les « descendants d’Israël » au sein du peuple juif est le meilleur moyen – sinon l’unique – de résoudre la crise du Proche-Orient.

Non, Tsvi Misinaï n’est pas un illuminé. Ce spécialiste du high-tech, est peut-être le premier concepteur israélien d’un produit informatique désormais mondialement connu. A l’époque où les enfants de la génération ICQ et Google étaient encore en couches-culottes, au début des années 1980, Misinaï créait Sapiens, un lanceur d’applications de renommée internationale, surtout dédié au domaine des assurances, qui a reçu le prix Rothschild du développement industriel en 1992.

Quelques années plus tard, Tsvi Misinaï opère un virage à 180°. Il abandonne l’informatique pour retourner à ses premières amours : l’histoire de la terre d’Israël. « C’est mon père qui m’a transmis cette passion . Il collectionnait tous les objets liés à notre terre. » En digne fils, il reprend le flambeau. Toutefois, en plus des objets, Tsvi Misinaï collectionne les histoires : légendes et folklore, qu’il recueille de la bouche même des moukhtars, les anciens, mémoire vivante des villages de la terre d’Israël . « Il existe de grands clans, dans les collines de Hébron, en Samarie et parmi les Bédouins du Néguev, qui connaissent leur héritage et ont même élaboré des arbres généalogiques qui prouvent leurs racines. Et ce n’est pas tout : beaucoup d’entre eux pratiquent encore certaines coutumes spécifiquement juives. Il n’y a pas si longtemps, leurs voisins les appelaient ‘les Juifs’, alors que, techniquement, ils étaient aussi musulmans que les autres. » Selon Tsvi Misinaï, près de 9 Palestiniens sur 10, sur la terre d’Israël (y compris la Judée-Samarie et Gaza) ont des racines juives. « Et ce pourcentage est encore plus élevé à Gaza », insiste-t-il.

Une théorie qui date de Ben Gourion

Tsvi Misinaï est loin d’être le pionnier de cette ironie historique. Avant lui, le deuxième président d’Israël, Itzhak Ben Zvi, et le premier Premier ministre David Ben Gourion, ont consacré plusieurs livres et articles au sujet. Ben Gourion croyait tant à cette idée qu’en 1956, il a mis sur pied une équipe dirigée par Moshé Dayan et Haïm Levkov (envoyé du Palmah parmi les Arabes d’Israël, ce dernier a travaillé avec Ygal Allon à la constitution d’une unité de traqueurs, domaine traditionnellement réservé aux Bédouins du Néguev). Leur mission : parvenir à « judaïser » les Bédouins, en leur expliquant le mode de vie et les coutumes juives. Les intégrer aux Israéliens sur le plan ethnique, sinon religieux.

Les Bédouins s’étaient alors montrés assez réceptifs, mais les conditions de vie trop difficiles avaient poussé leurs professeurs, censés partager leur quotidien, hors des villages. Le programme est abandonné. En fin de compte Moshé Dayan convainc Ben Gourion que l’idée risque de mécontenter le monde musulman. Le projet s’est arrêté là.

Pour Tsvi Misinaï, il s’agit d’un point important : « Je ne pense pas que la plupart des Palestiniens, ni même une minorité d’entre eux, auraient nécessairement envie de se convertir au judaïsme, du moins à l’heure actuelle. Ce n’est pas, de toute façon, un impératif pour les réintégrer au peuple juif, mais j’imagine aisément la réticence des rabbins face à une telle perspective ! »

Par ailleurs, d’autres considérations entrent en ligne de compte. Pour Tsvi Misinaï, on pourrait craindre, côté israélien, que les Palestiniens n’acceptent leur « identité juive » que pour obtenir la carte d’identité israélienne, bénéficier de la sécurité sociale, voire réaliser plus facilement des attentats terroristes.

« Quelques Palestiniens ont entrepris de se convertir dans les règles, mais j’en connais un certain nombre qui pratiquent le judaïsme en estimant qu’ils n’ont pas besoin de passer par là, puisqu’ils se savent déjà juifs. »

Les preuves de l’ascendance juive des Palestiniens se révèlent, en fait, très convaincantes. Premier indice, les noms : ceux des lieux, mais également les patronymes. « Beaucoup de villages, ici, n’ont pas de racines étymologiques arabes. Un fait très rare dans d’autres pays arabes. Parmi eux : Kafr Yassif, Kafr Kana, Kafr Yatta, Kafr Manda, Kafr Samia et beaucoup d’autres encore », révèle Tsvi Misinaï. Dans son livre écrit en 1932, Les Populations dans notre pays, Itzhak Ben Zvi établissait qu’à l’ouest du Jourdain, 277 villages et sites – presque les deux-tiers ! – portaient des noms très similaires ou identiques à ceux des villages juifs établis aux mêmes endroits à l’époque du Second Temple.

« C’est en soi la preuve que les habitants de ces villages étaient des Juifs restés là après la destruction », écrit Ben Zvi dans son livre. « Si des populations étrangères avaient pris possession de ces villages, elles auraient modifié les noms hébraïques (c’est ce qui s’est passé dans la majorité des zones où la population a bel et bien changé, comme à l’est du Jourdain). Ce ne fut pas le cas dans la partie occidentale d’Israël, où les anciennes appellations ont subsisté Elles prouvent une continuité historique sur ce territoire. »
Par ailleurs, dans la population palestinienne,de nombreux noms de famille semblent dérivés de l’hébreu eux aussi. Dans les années 1860 déjà, explique Tsvi Misinaï, « le colonel Condor, de l’Institut pour la Recherche sur Israël, a découvert que certains fallahin (paysans) palestiniens portaient des noms bibliques, sans aucun lien avec le vocabulaire arabe. De grandes familles très honorables vivant dans diverses régions du pays ont conservé des noms hébreux. »

Parmi les principaux clans de cette catégorie, figurent les Abou Khatsira, qui contrôlent presque toute l’activité de pêche à Gaza, les Elbaz, famille de Juifs immigrés du Maroc, les Aboulafia, propriétaires de la célèbre boulangerie de Jaffa, qui descendent de Rabbi Abraham Aboulafia, kabbaliste espagnol du XIIIe siècle, les Almog, de Djénine, les Dawouda (David), de Hébron, et même, croyez-le ou non, 4 000 convertis de force à l’islam appelés Cohen, qui vivent en Jordanie.

Une langue et des coutumes qui ne trompent pas

Deuxième indice : la langue. Le dialecte palestinien comporte de nombreux termes que l’on ne trouve pas dans l’arabe « standard ». Résidus d’un vocabulaire hébraïque et araméen dans une langue que ces « convertis de force » ont dû apprendre après les diverses conquêtes arabes et turques.

Israël Belkind, initiateur du mouvement Bilou, a étudié les racines des Palestiniens dans les années 1890. « Il a déjà été prouvé par le Major Condor, que les ‘Arabes’ d’Israël avaient parlé l’araméen », écrit-il,  » la langue des Juifs au moment de la conquête arabe et des Croisades. Cela signifie bien que ces ‘Arabes’ étaient, en fait, des Juifs. »

Beaucoup de traditions juives ont survécu chez les Palestiniens, renchérit Tsvi Misinaï. Ainsi, « l’islam impose de circoncire les garçons à l’âge de 13 ans. Dans de nombreux pays arabes, on a l’habitude d’attendre quelques années pour le faire, mais beaucoup de Palestiniens accomplissent ce rite une semaine après la naissance – c’est-à-dire le huitième jour », révèle-t-il.

Parmi les autres coutumes respectées par certains Palestiniens : celle de ne pas quitter la maison durant sept jours après le décès d’un proche (contre trois seulement dans la tradition musulmane). Tsvi Misinaï précise cependant que cette habitude a été abandonnée depuis la première Intifada. Il arrive également que l’on allume des bougies pour un défunt (pratique inconnue dans le monde musulman), ou encore à l’entrée du Shabbat, et que l’on pratique la loi du Lévirat (coutume qui veut que le frère d’un homme décédé épouse sa veuve, dans certaines circonstances particulières). Cette habitude est surtout répandue chez les Bédouins, affirme Tsvi Misinaï, qui souligne que « dans la société bédouine, la majorité des lois sont très proches de celles de la Torah et de la Mishna ». Enfin, certaines familles palestiniennes ont chez elles des Hanoukiot (chandeliers) très anciennes qu’elles sortent des armoires au cœur de l’hiver (soit aux alentours de Hanoucca).

L’une des plus curieuses coutumes du judaïsme conservées parmi les Palestiniens concerne les téfilines. On les utilisait en cas de maladie, en particulier la migraine. Des téfilines très rares étaient enveloppés dans un tissu (« pour les protéger », explique Tsvi Misinaï). Lorsqu’une personne avait besoin d’un « traitement », on lui posait la boîte (qui renferme le rouleau manuscrit) au milieu du front avant d’enrouler les lanières autour de la tête. Avec l’aide d’une clé, on serrait très fort les lanières, créant une pression intense sur la tête, ce qui avait pour effet d’accroître la douleur. Aussi, lorsqu’on retirait les téfilines, la victime avait-elle l’impression d’avoir moins mal, voire plus mal du tout. « Mais en dehors de quelques rares exceptions, la vraie signification des téfilines semble avoir disparue », reconnaît Tsvi Misinaï. L’alimentation, elle aussi, est restée importante pour ces Juifs perdus. Beaucoup de Bédouins évitent de manger du chameau et d’autres animaux non casher et, vers l’époque de Pessah, certains Palestiniens éprouvent l’envie de goûter de la matsa.

Toutes les preuves anecdotiques détaillées plus haut pourraient n’être que le fruit de confusions historiques. En revanche, il existe une chose qui, elle, ne peut être falsifiée : la génétique. Selon Tsvi Misinaï, cette science prouve, plus que tout le reste, l’intimité effective entre les Juifs traditionnels et les Palestiniens. « En 2001, le magazine spécialisé Human Immunology a publié une étude du professeur Antonio Arnez-Vilna, chercheur espagnol de l’université de Complutense à Madrid. Elle révèle que les systèmes immunitaires des Juifs et des Palestiniens seraient extrêmement proches. La preuve d’une identité génétique similaire. Néanmoins, lors de la parution, le magazine s’est désolidarisé de l’article, arguant que son auteur y avait inséré des opinions politiques personnelles », raconte Tsvi Misinaï, en précisant que le scientifique en question n’a toutefois pas été accusé de falsification de données.

D’autres chercheurs, dont, en 2002, ceux de l’université de Tel-Aviv, ont établi que seuls deux groupes dans le monde étaient génétiquement susceptibles de développer un certain syndrome de surdité héréditaire : les Juifs ashkénazes et les Palestiniens. Toutes les études citées par Tsvi Misinaï dans son livre vont dans le même sens : « Les Palestiniens sont bien plus proches des Juifs ashkénazes que des Arabes. » Il faut remarquer que les Palestiniens ne détestent pas tous Israël, ajoute Tsvi Misinaï. Et de mettre en avant une anecdote : en 1982, lors de la première guerre du Liban, les chefs de clans de Bidya, en Samarie, ont voulu s’enrôler dans Tsahal afin de combattre l’OLP. « L’origine juive de nombreux clans de Bidya est un fait avéré, même aujourd’hui », conclut-il.

Néanmoins, il ne faut pas être naïf : beaucoup de Palestiniens aimeraient voir disparaître les Juifs. Pour Tsvi Misinaï, plusieurs raisons expliquent cette haine : « D’abord, la perte de mémoire pour un grand nombre d’entre eux. Ils voient les Juifs comme des concurrents. A l’inverse, ceux qui ont des affinités avec les Israélites, craignent les extrémistes et les terroristes musulmans. Il ne faut pas être soupçonnés de ‘collaboration’. La seule issue reste donc le terrorisme. »

Dans son livre, Tsvi Misinaï décrit avec zèle les origines du peuple palestinien. Selon lui, ce dernier se divise en deux principaux groupes : les descendants de Juifs des hauteurs de Judée-Samarie – qui ont réussi à conserver leur identité juive pendant des siècles, avant d’être obligés de choisir entre exil et conversion à l’islam -, et les descendants des anciennes nations d’Edom et de Moab, au moins deux fois convertis en masse au judaïsme.

A ces deux groupes, que Tsvi Misinaï appelle respectivement les « descendants d’Israël » et les « frères d’Israël », il faut ajouter quelques Arabes (en très faible pourcentage), des Samaritains (qui préservent avec soin leur identité religieuse bien particulière), des descendants de soldats romains, postés-là après la destruction du Second Temple, et même certains survivants des Cananéens et des Philistins de l’Antiquité, « idolâtres présents à Gaza et dans le village de Jisr a-Zarka, près de Haïfa », précise Tsvi Misinaï.

La mémoire collective des peuples des montagnes s’est davantage transmise qu’au sein des « frères d’Israël », établis dans les basses-terres et les plaines côtières et qui ont vite oublié leurs racines juives. Ce sont eux qui ont fui Israël en 1948 et c’est aussi parmi eux, selon Tsvi Misinaï, que se recrutent les terroristes les plus actifs. Très virulents pendant l’Intifada, ils sont déterminés à revenir sur les terres abandonnées en 1948 (terres qu’ils avaient eux-mêmes occupées un siècle plus tôt à peine, quand ils venaient chercher du travail dans les villes et villages que construisaient les Juifs). En somme, ces « frères » ont désormais réintégré leur patrie ancestrale, à l’est du Jourdain.

Une possible solution au conflit ?

Ainsi les « descendants d’Israël » forment-ils la majorité de l’actuelle population palestinienne établie à l’ouest du Jourdain. Pour Tsvi Misinaï, Israël pourrait – et devrait – travailler avec eux pour résoudre le conflit palestinien. Non par la création d’un Etat palestinien en Judée-Samarie, mais en donnant à ces populations des montagnes l’opportunité de renouer avec leurs racines : avec le peuple juif et avec l’Etat moderne d’Israël.

« Cela paraît irréalisable, mais le sionisme a toujours paru insensé. Et on y est quand même arrivé ! », s’enthousiasme Tsvi Misinaï. Hélas, le problème palestinien fait que le sionisme est aujourd’hui passé de mode. Même si l’idée d’une nouvelle partition n’a rien d’alléchant, personne n’a non plus envie d’être qualifié d' »occupant ».

« Cela peut fonctionner », persiste Tsvi Misinaï. « Le fait que la plupart des Palestiniens se déclarent musulmans n’est pas un vrai problème, parce que ces gens-là ne sont pas, dans l’ensemble, des pratiquants très dévots. Jusqu’à ces dernières décennies, il n’y avait presque pas de mosquées autour de Jérusalem, comparé aux chiffres de la population. C’est le roi Hussein et, plus tard, le ministre israélien des Affaires religieuses, qui ont entrepris la construction massive de mosquées. Bidya, par exemple, n’en comptait qu’une seule pour 25 000 habitants jusqu’à récemment.

Dans ses écrits, Itzhak Ben Zvi citait un phénomène intéressant qu’il avait lui-même observé : « Lorsqu’un paysan de Palestine jure sur le prophète Mahomet, son serment n’est pas pris au sérieux. Mais s’il se rend sur la tombe d’un saint du village ou des environs et qu’il fait son serment à cet endroit, on peut lui faire totalement confiance. »

La vénération que portent les Palestiniens aux prophètes juifs, le fait qu’ils aient préservé les sépultures des patriarches, ainsi que les quelques rituels juifs qu’ils pratiquent encore (Ben Zvi cite des témoins qui ont vu des Palestiniens et des Bédouins danser autour de la tombe de Rabbi Shimon Bar-Yochaï à Méron le jour de Lag Baomer) indiquent que l’esprit des « Moustaabari » les Juifs secrets »>Article original est encore bien vivant. S’ils ont le choix entre être des Musulmans peu pratiquants et devenir des Juifs peu pratiquants, la majorité optera pour la seconde solution.

Sur ce point, l’Etat a un rôle majeur à jouer. « Dans leur ensemble, les Palestiniens sont avant tout loyaux à leur famille, puis à leur clan, puis à ceux qui sont en position de pouvoir et, en toute fin seulement, à leur religion et à leur peuple. Un Etat d’Israël, fort et confiant dans la direction qu’il a adoptée, et dans la justesse de sa cause est à même d’appliquer avec succès le plan d’Engagement. »

Un obstacle : la peur

L’une des raisons qui ont poussé les Palestiniens à tenir si longtemps secrètes leurs racines juives – malgré leur désir d’échapper au corset de l’islam – est leur crainte des éléments tyranniques qui composent les commandements arabes et palestiniens. Ceux-là mêmes qui perpétuent les souffrances des Juifs israéliens et des descendants d’Israël. « Il n’est pas rare que l’on oblige les familles des descendants à prouver leur loyauté à la ’cause’ en les menaçant de mort », affirme Tsvi Misinaï. « Par exemple, beaucoup d’entre elles nomment un de leurs fils ‘Djihad’, afin de prouver qu’elles sont de loyales combattantes contre les Juifs. »

Si l’Etat leur offrait une alternative, soutient Tsvi Misinaï, beaucoup trouveraient le courage de briser ces vieux shémas et d’embrasser leur véritable héritage. Il ne s’agit pas du tout de les convertir, précise-t-il, mais de développer des affinités culturelles et de constituer un seul et unique groupe national. Cependant, ajoute-t-il, il est probable qu’un certain nombre serait désireux de se convertir au judaïsme malgré tout. Même si beaucoup de Palestiniens ne souhaiteront pas s’intégrer au peuple juif, voir un grand nombre d’entre eux le faire donnerait le ton.

Pour des raisons similaires, beaucoup de Juifs israéliens, depuis l’époque de Ben Zvi et de Ben Gourion, ont préféré ne pas s’intéresser aux preuves flagrantes du passé juif des Palestiniens. « Après la Shoah, cet aspect a été mis de côté, car le Yishouv avait d’autres préoccupations bien plus urgentes, outre les problèmes évidents de la langue et du mode de vie qui séparaient Juifs et Palestiniens, sans parler de la souffrance infligée par les nombreux soulèvements et pogroms menés contre le Yishouv. Et l’arrivée des Juifs des pays arabes, chassés de chez eux par des Musulmans, qui ne leur inspiraient donc plus aucune confiance, n’a fait qu’exacerber les divisions. »

Aujourd’hui, 60 ans plus tard, face au problème apparemment insoluble de ces deux nations réclamant la même terre ancestrale, il est temps de revisiter le passé pour bâtir l’avenir. En fin de compte, estime Tsvi Misinaï, la réintégration des Palestiniens au sein du peuple juif est la meilleure (et la seule) issue. « Nous avons exploré à fond les solutions de la partition, de la guerre défensive et de ce que le monde appelle l’occupation. Rien n’a fonctionné. Le monde commence à se fatiguer de nos chamailleries et il nous pousse à trouver une solution, quelle qu’elle soit. Jusque-là, toutes celles que nous avons pu imaginer ont échoué, mais il existe une pensée neuve, innovante, que beaucoup de Juifs et de Palestiniens seraient prêts à partager. Et si nous l’acceptons, les nations du monde en feront autant. »

L' »Engagement » de Tsvi Misinaï unirait ainsi les « deux royaumes d’Israël » décrits par le prophète Ezéchiel. « Les Juifs partis en exil ont mis toute leur âme à sauvegarder leur culture, leurs croyances et leur religion. Ceux qui sont restés sur place, eux, se sont accrochés aussi longtemps que possible à la terre d’Israël. Ces deux amours – celui de la Torah et celui de la terre – proviennent de la même source. Il est temps de réparer les dommages historiques causés par nos ennemis, les Romains, et de réunifier notre peuple. »

Jerusalem-Post

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« La fin d’Israël en tant qu’Etat juif est programmée! C’est arithmétique: les Israéliens arabes font plus d’enfants que les Israéliens juifs. » Non, ce n’est pas la énième sortie provocatrice d’un dignitaire iranien, ni celle un activiste propalestinien. C’est un économiste juif qui vient de parler. Pas n’importe lequel, puisque Gabriel Banon fut conseiller de Yasser Arafat.
Oui, vous avez bien lu, le leader de la libération palestinienne s’était entouré de proches collaborateurs juifs. Et cet homme de l’ombre vient de sortir «Le partage de la mémoire», un livre où il résume dix ans de travail aux côtés de Yasser Arafat, depuis son engagement en 1994, après l’échec des premiers Accords d’Oslo, jusqu’à sa mort en 2004.

Gabriel Banon a accompagné le leader palestinen de 1994 jusqu’à sa mort en 2004

Ami notamment de Henry Kissinger et de l’ancien président Gerald Ford, négociateur en Iran en 1979 pour un organisme étatique français – il a tissé des liens très forts avec certains ayatollahs –, l’industriel Gabriel Banon fut également membre du Conseil de sécurité économique de la Fédération russe, sous la présidence de Vladimir Poutine. Mais, de ce dernier épisode, on n’entendra rien. Car «un bon conseiller ne doit jamais parler d’un client encore en vie».

Ce petit homme qui partage sa vie entre le Maroc, Paris et la Suisse est aujourd’hui, entre autres, le secrétaire du groupe de travail israélo-palestinien de Caux. Son livre est une porte d’entrée dans le monde souvent trouble et mystérieux des conseillers de chefs d’Etat. Avec quelques anecdotes, comme cette encre rouge dont se servait Arafat pour signer un ordre bancaire valable – en opposition avec l’encre noire destinée à signer des ordres sans valeur –, et quelques documents inédits. On découvre aussi de l’intérieur l’interminable processus de paix avec, latente, cette déception de l’auteur de ne pas avoir mieux contribué à le mener à bien.

«On ne quitte pas Arafat!»
«J’étais convaincu que la réussite du processus de paix passait par le développement économique des Palestiniens. J’ai toujours dit à Arafat qu’il fallait donner aux Palestiniens quelque chose à perdre.» A en croire Gabriel Banon, Yasser Arafat n’avait qu’un seul gros défaut, il était très mal entouré. «Non, il n’était pas corrompu! Mais la corruption était partout autour de lui. Très manipulateur, considérant que tout le monde pouvait être acheté, il lui fallait toujours de grosses sommes d’argent hors circuit à disposition.»

Oui, il a voulu quitter son poste, en 2002, indigné lorsque le monde découvre que c’est bien Arafat qui a signé l’ordre de mission du bateau transportant 50 tonnes d’armement, arraisonné par l’armée israélienne. Mais le leader charismatique le retient. «Il m’a dit: «On ne quitte pas Arafat!»

Etre Juif, ça n’a jamais créé de problèmes? «On lui a fait de faux procès sur ses rapports avec les Juifs. Lorsqu’il en parlait, il citait ses «cousins». Je pense qu’il vouait une admiration inavouée pour ce que les Israéliens ont été capables de faire. Moi, je suis plus critique, parce que je suis concerné et inquiet.»

* Gabriel Banon, «Le partage de la mémoire», Ed. Séguier, 36 fr. 40
Le Matin Dimanche

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J´aurai voulu vous parler de toutes ces femmes et ces hommes qui se sont empressées de se porter volontaires pour sauver d´autres vies et l´ont payé de leurs propres vies.

J´aurai voulu vous donner un peu de leurs histoires pour que cette tragédie sur le Mont carmel ait un visage mais je ne le puis le faire ; ils sont trop nombreux et je sais que je n´en aurai pas la force.

Mais il le faut pourtant d´une certaine manière, puisque l´écriture est mon chemin pour venir vers vous et que je sais que ceux qui me lisent, le font dans un souci de communion avec Israël.

Aussi le ferais-je en ne parlant que de l´un d´eux, Elad , le plus jeune d´entre eux, qui a fêté ses seize ans , il y a juste un mois.

Elad est un lycéen qui avait choisi d´être bénévole rattaché aux pompiers de Haïfa. Il faut que vous sachiez qu´en Israël, les lycéens sont tenus de consacrer une partie de leurs temps à une action bénévole de leur choix. Il peut s´agir d´aide aux personnes âgées dans les maisons de retraite, de visites aux malades dans les hôpitaux, de formations d´aides d´urgences auprès du Maguen David Adom , de travailler avec les policiers, d´aider de jeunes enfants en difficultés dans leurs cursus scolaires ou autres.

Ce temps à consacrer est obligatoire et ce de la même manière que des l´école primaire, les enfants à tour de rôle et par équipe de deux, règlent la circulation aux abords de leurs écoles pour assurer la sécurité de leurs camarades les plus jeunes.

Elad avait choisi de donner de son temps aux pompiers de sa ville. Lorsque la nouvelle du feu ravageur a été apprise, il a demandé à sa mère de lui préparer son uniforme de pompier et il s´est porté volontaire pour aider ses camarades pompiers, de la manière qu´il pouvait, bien sur.

Lorsque l´autobus de la mort et ses quarante gardiens de prison ont été piégés par le feu, Elad se trouvait dans un véhicule à l´arrière; Il s´est précipité pour porter aide et a lui-même été avalé par une flamme meurtrière.

Ce matin, sa mère a dit de lui  » Il est un enfant héros qui court vers le feu au lieu de se sauver « .

Pour vous, je traduis un peu le récit de sa mère et de ses amis;

Elad était un lycéen au grand cœur, toujours prêt à rendre service, excellent élève et son dernier contrôle de physique avec la note de 95/100 était encore sur la table du salon lorsque la nouvelle est tombée. Il avait appris à piloter des avions légers et souhaitait être pilote de l´armée de l´air. Le directeur du lycée a dit de lui qu´il consacrait aussi son temps aux enfants handicapés en plus de son bénévolat auprès des pompiers.

Les ballons offerts par ses camarades à l´occasion de l´anniversaire surprise qu´ils lui avaient organisé, sont encore accrochés aux murs de sa maison.

Je vous mets en ligne une chanson que sa mère a souhaité que nous entendions pour la mémoire de son seul et unique enfant; Je ne vous traduis pas la chanson mais simplement le titre  » Protège le monde, enfant !  » ainsi que la première phrase  » Protège le monde, enfant car nous, nous n´y réussissons pas »

Que la mémoire de Elad soit bénie, ainsi que celle des quarante gardiens de prison qui sont morts pour sauver des prisonniers.

Rachel Franco
Israël,
5 Décembre 2010

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Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a estimé mardi « très importante » l’amélioration des relations diplomatiques avec la Turquie, au plus bas depuis un raid meurtrier israélien contre un ferry turc au large de la bande de Gaza le 31 mai.

« Le Premier ministre Benjamin Netanyahu accorde une grande importance à l’amélioration des liens bilatéraux », a souligné une source diplomatique israélienne. La décision d’Ankara de dépêcher deux avions-citernes le week-end dernier pour aider Israël à combattre un violent incendie dans le nord du pays représente « une ouverture pour améliorer les relations entre les deux pays », a ajouté cette source.

Mais M. Netanyahu est « déterminé à ce que les soldats et les officiers israéliens ne soient pas susceptibles d’être arrêtés ou poursuivis dans le monde entier », a affirmé la source, en référence à l’assaut israélien contre le ferry turc Mavi Marmara qui a fait 9 morts le 31 mai, pour lequel Ankara exige des excuses et des compensations.

« A présent, les deux parties sont en train de chercher une formule de compromis (…) et les contacts vont se poursuivre dans les tout prochains jours afin de trouver une solution », a poursuivi cette source. Des responsables turc et israélien se sont réunis dimanche et lundi à Genève pour tenter de surmonter la grave crise diplomatique entre les deux pays.

« Ceux qui veulent ouvrir un nouveau chapitre (dans les rapports turco-israéliens) doivent d’abord accepter leur faute, s’excuser et verser des compensations », a déclaré mardi le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan lors d’un discours au Parlement devant les députés de son parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste). « Tant que cela n’est pas fait, personne ne doit s’attendre à ce que la Turquie fasse un pas », a souligné M. Erdogan qui a aussi exigé la fin du blocus imposé par Israël contre la bande de Gaza, contrôlé par le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Les rapports entre la Turquie et Israël, alliés stratégiques depuis les années 1990, se sont dégradés à la suite de l’offensive israélienne meurtrière sur Gaza, en décembre 2008/janvier 2009, violemment dénoncée par Ankara, avant d’entrer dans une grave crise en 2010, déclenchée par l’opération contre le Mavi Marmara. En réponse à ce raid, Ankara a rappelé son ambassadeur à Tel Aviv.

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Le plus grave incendie de forêt de l’histoire d’Israël est probablement dû à la négligence, ont affirmé samedi les autorités. Les sapeurs-pompiers, épaulés par des équipes venues de plusieurs pays, luttaient encore contre les flammes dans la forêt du mont Carmel, près de Haïfa, pour la troisième journée consécutive.

PHOTO: AP , JPOST

Deux personnes ont été interpellées dans le cadre de l’enquête sur le feu qui a fait 41 morts, a annoncé le porte-parole de la police Micky Rosenfeld sans fournir plus de détails sur les suspects. « Nous parlons de négligence » à ce stade, a-t-il dit.

Selon la radio, qui cite des sources policières, le sinistre est probablement dû à une famille qui n’a pas éteint un feu allumé pour un pique-nique.

Le bilan du sinistre, qui s’est déclaré jeudi au nord de Haïfa, la troisième ville du pays, s’établit à 41 morts. La plupart des victimes étaient des gardiens de prison dont l’autocar a été pris dans l’incendie alors qu’ils devaient participer à l’évacuation d’un établissement pénitentiaire.

Le feu a entraîné le déplacement de quelque 17 000 personnes. Samedi matin, deux nouvelles localités étaient évacuées : celle d’Ein Hod et d’un village voisin. Certains habitants ont refusé de partir, priant les sapeurs-pompiers de les aider à sauver leurs maisons.

Devant l’ampleur de l’incendie, les autorités israéliennes ont lancé un appel sans précédent à l’envoi d’une aide internationale. Des appareils de Bulgarie, de Grèce, de Turquie, de Chypre, de Jordanie, de Grande-Bretagne et de Russie ont été dépêchés pour prêter main forte aux sapeurs-pompiers, larguant des tonnes d’eau et de produits retardants sur le secteur.

Des avions américains devaient apporter des équipements samedi, tandis que le département new-yorkais de lutte contre les incendies devait envoyer des appareils, selon un responsable militaire. Des avions français et italiens étaient également attendus.

Samedi, les flammes avaient parcouru 40 kilomètres carrés de terres dont au moins la moitié du parc national du mont Carmel, selon Hanan Goder du ministère des Affaires étrangères.

LA LECON A RETENIR.

La disposition de nos voisins immédiats – Jordanie, Egypte, Autorité palestinienne -, de nos voisins régionaux – Grèce, Chypre, Turquie – et de pays plus loin encore – Russie, Bulgarie, France, Italie, Angleterre et Etats-Unis – à nous envoyer de l’aide en ces temps difficiles nous réchauffe le coeur.

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D’un côté, cette aide ne devrait même pas nous surprendre. Il s’agit d’une réaction naturelle, qui devrait aller de soi : des vies sont en danger, alors vous aidez, quels que soient vos différends géopolitiques. D’un autre côté, nous sommes habitués à rester sur nos gardes. Le monde est contre nous et si un gouvernement fait des commentaires pro-palestiniens, au mieux il est antisémite, au pire il cherche la destruction d’Israël.

La paranoïa du conflit

Un exemple de notre obsession nationale pour le conflit israélo-palestinien sont les rumeurs infondées – qui se sont propagées presque aussi rapidement que les flammes dans le Carmel – selon lesquelles l’incendie de la semaine dernière était d’origine criminelle. Les auteurs : des membres du Hamas, voire même d’Al-Qaïda. Ces farouches défenseurs d’Israël qui voient un ennemi à chaque coin de rue ont dû être choqués quand l’Egypte et la Turquie se sont immédiatement mobilisés. Même l’Autorité palestinienne a envoyé des camions de pompiers à Taïbe et Bartaa, deux villages arabes de Galilée. Une initiative presque aussi gratifiante que la reconnaissance du caractère juif de l’Etat d’Israël.

Bien au-delà de la participation israélienne aux Jeux olympiques ou à l’Eurovision, tout cela démontre que, en dépit de certains conflits amers, nous sommes un membre à part entière de la « famille des nations ». Et c’est dommage qu’il ait fallu attendre un événement aussi tragique pour que cela soit révélé de manière aussi claire.

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L’armée israélienne a fait exploser vendredi deux de ses dispositifs d’espionnage dans le sud du Liban, blessant légèrement deux passants, a déclaré un porte-parole de l’armée libanaise.

« Aux alentours de minuit aujourd’hui (vendredi), l’ennemi israélien a fait exploser à distance deux dispositifs d’espionnage à Wadi Qaysiyya, à l’extérieur de Majdal Selem », près de la ville de Tyr (sud), a déclaré le porte-parole, sans donner plus de détails sur les dispositifs détruits. Deux ouvriers ont été légèrement blessés, a-t-il précisé.
Dans un communiqué, le Hezbollah a affirmé qu’Israël avait fait exploser ses dispositifs après que les équipes de contre-espionnage du parti chiite les eurent découverts. « Les techniciens télécoms de la résistance ont réussi à découvrir un dispositif d’espionnage ennemi installé à Wadi al-Qaysiyya », a-t-il dit.

L’explosion est « le résultat de (cette) découverte », s’est félicité le Hezbollah, en évoquant une « nouvelle réussite » du parti. Interrogée sur les affirmations de l’armée libanaise, la porte-parole de l’armée israélienne n’a pas été en mesure de répondre dans l’immédiat.

En 2006, Israël a mené une offensive destructrice contre le Liban après l’enlèvement par le Hezbollah de deux de ses soldats à la frontière, dont les dépouilles ont été ensuite remises à l’Etat hébreu. La guerre a fait 1.200 morts côté libanais et 160 côté israélien.

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Israël a dénoncé samedi la décision du président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva de reconnaître l’Etat palestinien dans les frontières de 1967 dans une lettre publiée vendredi.

« Israël regrette et exprime sa déception à la suite de la décision du président Luiz Inacio Lula da Silva prise un mois avant qu’il passe le pouvoir à la président élue Dilma Rousseff », a indiqué le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Selon la lettre publiée vendredi par le ministère brésilien des Affaires étrangères, la reconnaissance d’un Etat palestinien répond à une demande personnelle formulée par le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Lula le 24 novembre. « Considérant que la demande présentée par son Excellence est juste et cohérente avec les principes défendus par le Brésil pour la question palestinienne, le Brésil, par le biais de cette lettre, reconnaît l’Etat palestinien dans les frontières de 1967 », affirme la lettre.

En réaction, le ministère israélien des Affaires étrangères a estimé que la décision du président brésilien « constitue une violation des accords intérimaires signés entre Israël et l’Autorité palestinienne qui stipulent que le dossier de l’avenir de la Cisjordanie et de la bande de Gaza sera discuté et réglé lors de négociations ».

« L’Etat d’Israël et la direction palestinienne déploient actuellement des efforts pour relancer les négociations en vue de parvenir à un accord cadre sur tous les sujets en suspens », poursuit le communiqué. « Toute tentative pour contourner ce processus et toute décision unilatérale (…) ne peut que porter atteinte à la confiance et aux engagements pris de négocier dans un cadre convenu pour parvenir à la paix », a également souligné le ministère israélien. Les dirigeants israéliens ont mis en garde à de très nombreuses reprises les Palestiniens contre toute déclaration unilatérale d’un Etat palestinien.

Le négociateur palestinien Saëb Erakat a pour sa part appelé ces dernières semaines la communauté internationale à « reconnaître l’Etat palestinien dans ses frontières de 1967 ». Mercredi, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas avait prévenu qu’en cas d’échec des négociations avec Israël « nous annoncerons que cette option est terminée et nous nous tournerons vers d’autres ».

Les pourparlers de paix ont repris le 2 septembre 2010 à Washington, pour s’interrompre le 26 septembre à l’expiration d’un moratoire israélien sur les nouvelles constructions dans les localités juives de Cisjordanie. Des élus américains dont Ileana Ros-Lehtinen, qui est à la tête des républicains au sein de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, ont vivement critiqué vendredi la décision du Brésil.

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Mahmoud Abbas a menacé de dissoudre l’Autorité palestinienne qu’il préside en cas d’échec des Etats-Unis à obtenir d’Israël l’arrêt des constructions en Judée Samarie.

Dans une déclaration tard vendredi à la télévision officielle palestinienne, M. Abbas a affirmé que « si Israël ne cesse pas la colonisation et si l’appui des Etats-Unis aux négociations s’effrite, j’œuvrerais en vue de mettre un terme au régime d’autonomie palestinien ».

L’Autorité palestinienne a été instaurée en 1994 au retour à Gaza du chef historique de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Yasser Arafat, après 27 années d’exil. Elle était prévue, selon l’accord d’Oslo sur l’autonomie palestinienne, pour une période transitoire qui devait, en principe, prendre fin en mai 1999. Présidée par M. Arafat, décédé en 2004, puis par M. Abbas, l’Autorité palestinienne exerce un pouvoir exécutif, législatif et théoriquement sécuritaire sur la Cisjordanie et la bande de Gaza, avant la chute de ce territoire en 2007 aux mains des islamistes du Hamas.

Les négociations de paix israélo-palestiniennes, relancées début septembre à Washington après un blocage de 20 mois, avaient été à nouveau suspendues quelques semaines plus tard, les Palestiniens refusant de les reprendre tant qu’Israël n’arrête pas les constructions en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

« Je ne peux accepter de rester président d’une Autorité qui n’existe pas en cas de poursuite de l’occupation israélienne de la Cisjordanie », a argué M. Abbas. « Je dis cela aux Israéliens: je les informe qu’en tant qu’occupants ils peuvent rester, mais la situation ne peut pas demeurer en l’état ».

En octobre, un responsable palestinien, Khaled Mismar, participant à une réunion inter-palestinienne à Amman avait affirmé que M. Abbas avait laissé entendre qu’il pourrait démissionner si les négociations avec Israël échouaient. Dans le passé, des responsables palestiniens avaient évoqué la possibilité d’une démission de M. Abbas et d’une dissolution de l’Autorité palestinienne, face au blocage du processus de paix. M. Abbas avait lui-même annoncé en 2009 qu’il ne briguerait pas de nouveau mandat lors des élections générales qui devaient avoir lieu en 2010 mais qui avaient été reportées.

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Trois avions bombardiers d’eau vont partir « ce week-end » des Etats-Unis pour renforcer la flotte internationale qui combat l’énorme incendie de forêt du mont Carmel, en Israël, a annoncé l’agence fédérale américaine USAID.

« Trois avions C-130 MAFFS de l’armée de l’Air et de la Garde nationale partiront des Etats-Unis ce week-end pour Israël, pour soutenir le gouvernement israélien dans la lutte contre le feu », indique un communiqué de l’USAID, l’agence fédérale américaine d’aide internationale, publié vendredi soir.

Par ailleurs, les Etats-Unis enverront depuis la base aérienne de Ramstein, en Allemagne, deux avions militaires chargés de 20 tonnes de produits retardants, qui s’ajouteront aux 45 tonnes de ces produits et aux 12.000 litres de neige carbonique déjà promis vendredi et qui doivent arriver à bord d’avions commerciaux, précise le communiqué. Une dizaine d’avions étrangers étaient mobilisés samedi matin pour combattre les flammes et d’autres étaient attendus dans la journée, notamment de France. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui a effectué samedi une troisième visite à proximité du sinistre depuis le départ du feu, multiplie les appels à l’aide auprès des dirigeants étrangers pour obtenir d’autres bombardiers d’eau qui font cruellement défaut à Israël.

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Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a remercié samedi le président palestinien, Mahmoud Abbas, pour l’aide apportée par la protection civile palestinienne dans la lutte contre l’incendie meurtrier qui ravage le nord d’Israël depuis jeudi matin.

Le président palestinien a « présenté ses condoléances au peuple d’Israël pour les morts de l’incendie et annoncé qu’il était heureux d’apporter toute aide nécessaire », lors d’un entretien téléphonique avec M. Netanyahu, selon un communiqué officiel israélien.

Le Premier ministre « l’a remercié pour son offre, soulignant que des voisins devaient toujours s’entraider », poursuit le communiqué.

M. Netanyahu a informé son interlocuteur palestinien qu’Israël allait « se doter d’une flotille de bombardiers d’eau contre les incendies, qui sera également à la disposition des Palestiniens en cas de besoin ».

A Ramallah, la présidence palestinienne a précisé que Mahmoud Abbas avait reçu un appel de M. Netanyahu « exprimant sa gratitude pour l’aide des pompiers palestiniens ». L’Autorité palestinienne a précisé que trois unités de la Défense civile palestinienne avaient assisté leurs collègues israéliens dans l’extinction de foyers d’incendie qui s’étaient déclenchés vendredi dans des localités arabes israéliennes près de la Cisjordanie.

L’incendie du massif boisé du mont Carmel, le plus meurtrier de l’histoire d’Israël, a coûté la vie à 41 personnes et ravagé près de 4.000 hectares de forêt. Les négociations de paix israélo-palestiniennes, relancées en septembre à Washington après un blocage de 20 mois, ont été à nouveau suspendues quelques semaines plus tard, les Palestiniens refusant de les reprendre tant qu’Israël poursuit les constructions en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

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Plusieurs maisons ont été détruites samedi matin, selon la police, dans trois petites localités par le gigantesque incendie qui fait rage dans le nord d’Israël depuis jeudi alors qu’une dizaine de bombardiers d’eau venus de l’étranger ont repris leur vol.

Plusieurs maisons d’Ein Hod, Nir Hetzion et Yemin Hod, dont les habitants avaient été évacuées, ont été dévastées par le feu, a indiqué la police. Cet incendie, le plus meurtrier de l’histoire d’Israël, a coûté jeudi la vie à 41 personnes dont 36 gardiens de prison à bord d’un bus pris au piège des flammes.

Toutes les routes situées près du Mont Carmel, d’où le feu est parti, étaient fermées par les forces de l’ordre, qui veulent éviter un afflux de curieux. Dans le ciel, une dizaine d’avions étrangers ont repris leur vol. Un avion géant venu de Russie de type Iliouchine 77 pouvant déverser 42.000 litres d’eau à chaque passage est arrivé en Israël. Des appareils venus de Grèce, de France, de Grande-Bretagne notamment étaient également à pied d’oeuvre.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a pour sa part multiplié les appels à l’aide auprès de dirigeants étrangers pour obtenir d’autres avions spécialisés dans la lutte contre les incendies, qui font cruellement défaut à Israël.

Lors d’une conversation téléphonique avec le président américain Barack Obama, M. Netanyahu a souligné que ces appareils seraient utiles même s’ils n’arrivaient pas immédiatement étant donné l’ampleur du sinistre. jlr/sw

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Les Etats-Unis ont informé jeudi l’Autorité palestinienne de l’échec de leurs efforts pour obtenir d’Israël un nouveau moratoire sur la colonisation dans les territoires, a affirmé un responsable palestinien.

« L’administration américaine nous a informés qu’Israël n’avait pas accepté un moratoire sur la colonisation », a déclaré ce responsable sous le couvert de l’anonymat, alors que les Palestiniens exigent pour reprendre les négociations de paix un gel de la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.
« L’administration américaine va poursuivre ses efforts », a-t-il néanmoins ajouté à Ramallah en Cisjordanie. Interrogé par l’AFP, un responsable du bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a renvoyé à un passage du discours que ce dernier avait prononcé la veille au Parlement. « Nous travaillons étroitement avec les Etats-Unis depuis plusieurs semaines pour trouver une voie afin de reprendre les négociations et c’est un objectif commun », a déclaré M. Netanyahu, qui a imputé à l’Autorité palestinienne la responsabilité du blocage des négociations.

M. Netanyahu a accepté d’envisager un nouveau moratoire de 90 jours en Cisjordanie, en échange de mesures de soutien sécuritaires et diplomatiques américaines, mais exige une confirmation écrite des Etats-Unis pour les soumettre au vote de son cabinet de sécurité. Le négociateur palestinien Saëb Erakat a précisé à Ramallah que le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas recevrait dans la journée le consul des Etats-Unis à Jérusalem, Daniel Rubinstein, qui doit l’informer des résultats des efforts américains. M. Abbas avait réaffirmé mercredi qu’il envisageait des alternatives aux négociations de paix en cas de persistance du désaccord sur la colonisation.

« Si c’est accepté (le moratoire) nous sommes prêts, sinon nous annoncerons que cette option est terminée et nous nous tournerons vers d’autres », a-t-il indiqué. « Nous attendons de passer à des négociations directes pour aborder les deux questions de fond dans un délai déterminé: les frontières et la sécurité, délimiter les frontières, avant d’achever les négociations directes », a expliqué le dirigeant palestinien.

Les pourparlers de paix ont repris le 2 septembre 2010 à Washington, pour s’interrompre le 26 septembre à l’expiration d’un moratoire israélien sur les nouvelles constructions dans les localités de Cisjordanie. La Ligue arabe a avalisé le 8 octobre la position palestinienne, mais avait accepté d’attendre, pour se prononcer définitivement, le résultat de la médiation américaine. M. Abbas avait exposé lors de cette réunion arabe plusieurs alternatives aux négociations, à commencer par la présentation d’une demande de reconnaissance d’un Etat palestinien par les Nations unies faute d’être parvenu un accord avec Israël.

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L’incendie, dont l’origine n’est pas encore connue, n’a toujours pas pu être maîtrisé, le vent attisant les flammes qui se propagent sur un terrain boisé. La police n’a pu faire encore état d’un bilan définitif car seuls 11 corps ont été identifiés, plusieurs personnes sont portées disparues et des recherches se poursuivent sur le terrain pour découvrir d’autres victimes possibles, a indiqué son porte-parole Micky Rosenfeld.

17 personnes ont été hospitalisées, dont deux sont dans un état grave, et l’une, la commissaire de police de Haïfa (nord), est dans un état critique, selon cette source.

370 pompiers ont été déployés sur les lieux du sinistre. Mais devant le manque de moyens des pompiers israéliens, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a sollicité l’aide internationale. Trois premiers avions d’aide internationale sont arrivés vendredi en Israël et ont commencé à opérer. Selon les Affaires étrangères, au moins 17 autres avions et hélicoptères sont attendus: deux de Turquie -en dépit de la crise diplomatique entre les deux pays-, deux de France, quatre de Grèce, deux d’Azerbaïdjan, deux de Russie, un de Croatie, trois de Chypre et un de Roumanie.

Au moins 13.000 résidents de la région, dont 2.000 habitants résidents d’un quartier de la périphérie sud de Haïfa, troisième ville d’Israël (265.000 habitants) ont dû être évacués, selon la police.

Le Proche-Orient, déjà naturellement aride, connaît une sécheresse exceptionnelle depuis plus d’un mois. Les services météorologiques avaient relevé jeudi une température de 31 degrés dans la région de Haïfa, avec des vents de 30 km/heure.

Condoléances d’Obama

Le président américain Barack Obama a présenté hier soir ses « plus sincères condoléances » pour les victimes de l’incendie de forêt du mont Carmel en Israël et proposé l’aide américaine.

« Je veux présenter nos plus sincères condoléances aux familles et aux proches de tous ceux qui sont morts à cause de ce feu de forêt dans le nord d’Israël », a déclaré M. Obama lors d’une réception marquant Hanoukkah, la fête juive des lumières, en début de soirée à la Maison Blanche.

« Les Etats-Unis prennent des mesures pour aider nos amis israéliens », a indiqué M. Obama en présence de quelque 500 invités, dont l’ambassadeur d’Israël à Washington.

« Il y a peu de temps, notre ambassadeur à Tel-Aviv a publié une déclaration de catastrophe qui a mis en branle l’ensemble du gouvernement américain pour évaluer les ressources de lutte contre le feu dont nous disposons », et les faire parvenir aux Israéliens « aussi vite que possible », a encore dit Barack Obama.

« C’est bien sûr ce que l’on fait pour ses amis », a conclu le président.
Un gigantesque incendie ravageait dans la nuit de jeudi à vendredi la forêt du mont Carmel, dans le nord d’Israël, près de Haïfa, la troisième ville du pays.

Cet incendie, le plus meurtrier de l’histoire d’Israël, a fait au moins 40 morts et quelque 12.000 habitants de la région ont dû être évacués.

La totalité des 1.500 soldats du feu israéliens a été mobilisée et l’armée a été mise à la disposition des secours.

Devant le manque de moyens des pompiers israéliens, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a sollicité l’aide de la communauté internationale. Des avions et hélicoptères étaient attendus notamment de Grèce, de Chypre, d’Espagne, Turquie, France, Azerbaïdjan, Russie, Croatie et Roumanie.

COMPLEMENT D’INFORMATION

Un important incendie de forêt qui ravageait jeudi le massif du Carmel, près d’Haïfa, dans le nord d’Israël, a fait au moins 40 morts et de nombreux blessés, ont annoncé les services de secours israéliens. Devant la violence du feu, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a demandé l’aide de la Grèce, de Chypre, de l’Italie et de la Russie, avec l’objectif de mobiliser des avions de lutte anti-incendie supplémentaires pour le maîtriser.

Selon la police, les quarante morts sont des gardiens de prison. « Le bus était en route pour renforcer le personnel de la maison d’arrêt de »>Article original Damon afin de sécuriser le transfert de détenus vers d’autres prisons », a expliqué à la télévision Yaron Zamir, porte-parole de l’administration pénitentiaire israélienne. L’établissement accueille des Palestiniens détenus pour des raisons de sécurité ou arrêtés en Israël sans papiers. « Quiconque a vu une tempête de feu saura ce que je veux dire. Ils n’avaient aucune chance de survie, aucune protection. Ils sont juste tombés sur la route et ont été brûlés vifs », a témoigné un pompier, Doudou Vanunu, interrogé par la télévision israélienne.

Le sinistre, qui s’est déclaré vers 11 h 30 locales (10 h 30, heure de Paris) et dont l’origine n’était pas connue, n’était toujours pas maîtrisé en début de soirée. « C’est l’un des incendies les plus importants que nous ayons subi depuis 1998 », a déclaré Yoram Levy, porte-parole du service des pompiers. Des pompiers de tout le pays étaient engagés dans la lutte contre le feu, avec l’appui d’hélicoptères et d’avions qui larguaient de l’eau pour éteindre les flammes, selon des témoins. Le premier ministre palestinien, Salam Fayyad, a adressé ses condoléances au président israélien Shimon Pérès, selon un communiqué de la présidence d’Israël.

La police a ordonné l’évacuation de centaines de résidents. La radio publique rapporte que le feu a parcouru des centaines d’hectares et qu’un kibboutz, un hôtel et la maison d’arrêt de Damon avaient été évacués. L’université d’Haïfa a également annoncé l’évacuation du campus, soulignant toutefois que le site n’était pas menacé.

Le Proche-Orient, déjà naturellement aride, connaît une sécheresse exceptionnelle depuis plus d’un mois. Les services météorologiques ont relevé à la mi-journée un température de 31 °C dans la région de Haïfa, avec des vents de 30 km/h.

Le pittoresque mont du Carmel, mentionné dans la Bible, qui y situe la résidence du prophète Elie, surplombe la mer Méditerranée. Un ordre religieux de l’Eglise catholique romaine, l’ordre du Carmel (carmes et carmélites), y a été fondé au XIIe siècle.

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Le discours d’adieu de Danny Seaman – David Horovitz

En tirant le rideau sur une décennie en tant que directeur du Bureau de presse du gouvernement (BPG) Danny Seaman décide de laisser libre cours aux colères accumulées au cours de plusieurs années de frustration. Dans cette interview, il livre une critique passionnée dans toutes les directions. Contre une bureaucratie qui se fourvoie et menace de condamner le BPG à l’aveuglement. Contre ceux qui ne l’ont pas soutenu lorsqu’il défendait Israël face à ce qu’il considère comme une représentation erronée du pays dans les médias.
Contre l’abandon par Israël de beaucoup de ses propres revendications et droits. Contre certains journalistes locaux qui renforcent la délégitimisation de l’Etat hébreu. Contre la manipulation palestinienne de la presse étrangère. Et par-dessus tout contre une partie de cette même presse étrangère, qu’il dépeint comme excessivement ignorante, réticente à apprécier les vérités fondamentales sur les caractéristiques d’Israël, incompétente et parfois carrément immorale. Extraits :

Jerusalem Post : Combien de temps êtes-vous resté en poste ?

Danny Seaman : Environ dix ans. Auparvant, j’avais travaillé dans divers services au BPG. J’étais dans la même brigade de parachutistes que l’ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis Mike Oren… Lorsque la seconde Intifada a éclaté en septembre 2000, j’étais à la tête du département de la presse étrangère du BPG. Il n’y avait pas de véritable directeur et j’ai donc été promu à ce poste.

J.P. : Quelle est la principale responsabilité du directeur du BPG ?

D.S. : S’occuper des journalistes de la presse étrangère. Les assister dans leurs besoins techniques. Délivrer le message du gouvernement. Leur trouver des contacts. Leur faire visiter le pays. Il y a dix ans, le BPG était à son apogée. C’était la première visite papale (Jean-Paul II). Le Bureau avait assisté un grand nombre de médias, il avait créé un centre de presse devenu une norme internationale. Puis la jalousie bureaucratique s’est invitée. Certains ministères n’ont pas aimé que tout le crédit et le prestige en revienne au BPG. Travailler avec les médias est perçu comme étant très prestigieux… Puis le Bureau s’est perdu au cours des années.

Par le passé, nous avions l’habitude d’envoyer un correspondant dans les réunions, pour fournir l’information aux différents médias. Puis il y a eu un ralentissement dans les années 1990 et la première partie de ce siècle. C’est un point essentiel et fondamental : il faut rétablir un contact au jour le jour entre le gouvernement et la presse étrangère, via le BPG.

Avant, Beit Agron abritait les membres du BGP et de nombreux journalistes étrangers dans un même bâtiment, au centre de Jérusalem. Les Palestiniens disposent d’ailleurs toujours de cet avantage, avec l’hôtel American Colony de Jérusalem-Est, où beaucoup de médias étrangers en visite séjournent. Ils ont des contacts directs avec les journalistes, et cultivent cette relation privilégiée.

Beit Agron était un centre de presse quotidien. Les médias y avaient des bureaux, tout comme le gouvernement, le ministère des Affaires étrangères, Tsahal. La Radio de l’armée était là. Lorsque le JCS (Jerusalem Capital Studios) est devenu le nouveau centre pour les télévisions internationales et autres organes de presse étrangers, nos relations avec la presse étrangère ont commencé à se détériorer. Nous avons perdu le lien avec elle. Depuis maintenant quatre ans, je dis que nous devons déménager pour rétablir ce contact quotidien. Je ne répéterai jamais assez à quel point ce contact personnel avec les médias est important.

En Israël, les journalistes peuvent se passer des services du gouvernement. Ils peuvent venir et se promener librement. Mais avec une carte de presse tout est plus facile. Et c’est notre avantage au BPG : nous délivrons les cartes de presse. C’est parfois le seul contact que certains journalistes auront avec des officiels en Israël. Nous y voilà : pendant qu’une personne prépare la carte, une autre peut s’asseoir, créer une relation avec le journaliste, voir ce qu’il fait, suggérer des idées de sujets à traiter.

Lorsque Sdérot était la cible des roquettes, nous affichions le nombre de missiles tombés sur la ville. C’était devenu un sujet de conversation. Grâce à cela, bon nombre de journalistes ont même décidé de se rendre sur place, à Sdérot, pour en faire un sujet de fond. Ils n’y avaient pas pensé auparavant. Je soutiens d’ailleurs les initiatives du ministère de la Diplomatie publique et de Yuli Edelstein. Si on identifie ces zones que la Hasbara classique n’atteint pas, alors beaucoup de choses peuvent être accomplies. Toute la campagne des Masbirim (ambassadeurs citoyens) est une très bonne idée, même si elle est ridiculisée dans certains cercles. Les gens ordinaires ont une plus grande capacité à convaincre leurs interlocuteurs à l’international qu’un gouvernement.

J.P. : Le média israélien est l’habituel pourfendeur de la conception d’Israël, les médias étrangers se positionnent-ils eux aussi comme ça ?

D.S. : Absolument. Un exemple : pendant la seconde guerre du Liban (2006), j’étais dans le Nord, avec des journalistes. Le soir, j’assistais aux rencontres entre les médias israéliens et étrangers. Certains des journalistes israéliens assis là ont fait des déclarations les plus atroces à propos de l’Etat hébreu. Ils étaient furieux, mécontents de la façon dont la guerre était menée. Dans certains cas, leur discours prenait une tonalité politique. C’est bon et légitime pour le débat interne. Mais quelqu’un de l’extérieur ne comprend pas la base de tel ou tel argument.

Les journalistes israéliens sont plus qu’heureux d’exprimer leurs opinions à quelqu’un de l’étranger, ne comprenant pas comment ces derniers les perçoivent. Ils légitiment la délégitimisation de l’Etat d’Israël. C’est peut-être la plus grande menace à laquelle nous sommes confrontés depuis des décennies. Ce n’est pas Israël contre les Palestiniens. C’est un effort délibéré, concerté pour délégitimer l’existence d’Israël. Nos ennemis ont essayé de nous vaincre sur le champ de bataille. Ils ont perdu, alors ils réalisent soudain que le seul moyen de nous combattre aujourd’hui est de nier notre droit à l’existence…

Une partie de mon problème avec la presse étrangère – j’ai été accusé d’être virulent – c’est que vous avez des journalistes qui arrivent ici sans la moindre idée de ce qui se passe. Ils se contentent de ce qu’ils reçoivent de leurs collègues, rencontrent certaines personnes du même milieu socio-économique et ne lisent qu’un journal, Haaretz. Ils ne font aucun effort. Quand vous discutez avec eux, vous constatez qu’ils ont une absence totale de connaissance sur les questions élémentaires. Ils ne sont pas qualifiés pour faire des reportages sur les conflits modernes.

Cela n’a pas toujours été le cas. Les journalistes des années 1970, 1980, qui étaient là au début des années 1990 étaient bien informés, très expérimentés. Là c’est une nouvelle génération. Le récit change. Ils adoptent la description palestinienne. C’est devenu « de bon ton ». Ils parleront du « droit au retour des Palestiniens ». Ils ne savent pas ce que c’est. Ils répètent ce que les Palestiniens appellent « les violations d’Oslo par Israël ». De quoi parlent-ils exactement ? Ils n’ont aucune connaissance des faits.

Si vous leur amenez un expert en loi internationale, pour un briefing, ils le délégitimeront au motif de « ses opinions politiques ». C’est inacceptable, surtout pour un journaliste. Nous, la population, dans une société démocratique, reposons sur eux pour nous fournir l’information, pour prendre des décisions éclairées sur certaines questions. Dans ce cas, beaucoup de journalistes manquent à leur devoir.

Cela a commencé en 2000. Avec ce que certains appellent « la guerre d’Oslo » – la violence palestinienne qui éclate à ce moment-là. Je travaillais dans les relations publiques depuis 27 ans, et il y a certaines « vérités » que l’on nous assenait : si les résolutions de l’ONU sont adoptées, il y aura la paix.

Si nous reconnaissons aux Palestiniens le droit à l’autodétermination, il y aura la paix. Si nous partons des implantations, il y aura la paix. Et durant les 25 années passées, il y a eu une progression dans la position israélienne : l’Etat hébreu a reconnu l’OLP comme le seul représentant légitime du peuple palestinien ; a abandonné des territoires ; est parti des implantations. Si l’on considère le Liban, Israël a rempli toutes les résolutions de l’ONU. Pourtant le résultat final n’a pas été la paix promise. Les « vérités » qu’on nous a fait miroiter ne sont jamais arrivées. Au contraire, la violence et l’extrémisme ont augmenté. Et malgré ça il y a une incapacité de beaucoup de médias à être intellectuellement honnêtes, à dire « peut-être devons-nous réévaluer », « peut-être ne devrions-nous pas toujours nous ranger du côté palestinien parce qu’ils sont les opprimés ».

En 2000, il y a la violence, les attentats-suicides, et les médias étrangers ne changent pas leurs positions. Ainsi, à chaque fois qu’une bombe dirigée contre les civils explosait, au lieu de l’expression automatique de dégoût qu’une telle attaque aurait dû générer, il y avait toujours des conditions : « Vous devez comprendre pourquoi les terroristes agissent ainsi. » Mais moralement, on ne peut défendre une telle « logique ». Alors ils en sont venus à l’autre « logique », celle du nombre : « Regardez le nombre de tués. S’il y a 4 000 Palestiniens et 1 000 Israéliens, alors les Palestiniens sont les victimes. »

Cela n’a aucun sens. C’est moralement répugnant. C’est intellectuellement inacceptable de faire ce genre d’équation. Mais les médias le font. Reuters, l’AP, l’AFP terminaient leurs dépêches en écrivant : 4 000 Palestiniens sont morts par rapport à 1 000 Israéliens. Ils le faisaient délibérément, pour donner l’impression que le côté qui souffre le plus doit être justifié. Ils utilisent des petites techniques journalistiques pour éclairer Israël de façon négative.

Je l’ai noté principalement pendant la guerre du Liban à travers la terminologie utilisée. Israël était toujours agressif, toujours actif. Les autres actions ne font « qu’arriver ». Les missiles « pleuvent » sur Israël. Et, je cite certains reportages, les médias ont même adopté la terminologie nazie : « le blitzkrieg d’Israël ». En revanche, la souffrance qu’Israël endure est toujours causée par quelque force obscure. Ce qui arrive n’est jamais clair, qui en est responsable non plus. On dépeint Israël de façon négative, bien plus que le Hezbollah. Le Hezbollah est une organisation terroriste ! Il est considéré comme tel par tous les pays du monde, y compris les Nations unies.

J.P. : Et à Gaza en 2008 ?

D.S. : C’est une seconde nature, alors il est naturel que Gaza soit juste une extension. Pour beaucoup trop de médias aujourd’hui, c’est devenu une frénésie quasi-hystérique. Pour la guerre à Gaza, environ 400 reporters supplémentaires étaient venus ici. Ils semblaient n’avoir aucune connaissance de ce qui se passait, sur les conflits urbains. Ils ne comprenaient pas ce qu’ils voyaient.

Ils voient un peu de phosphore et un peu de fumée, et vont immédiatement adapter ce qu’on leur a dit sans comprendre la perspective militaire. A Gaza, ils étaient gavés par la désinformation, et ont donné une crédibilité à des sources maintes et maintes fois été réfutées, mais pourtant très crédibles dans le monde occidental. Comme les médecins. Mais plus d’une fois des médecins palestiniens ont menti et induit en erreur les journalistes. Et ces derniers, au lieu de dire « ok, une fois, deux fois. La troisième fois ils ne me mentiront pas », continuent de se tourner vers ces sources.
Les journalistes continuent d’accuser Israël d’usage illégal d’armes au phosphore. Ce n’est pas illégal !

Et Israël les a utilisées légalement. Beaucoup de pays le font. Mais quand ils sont pris dans une argumentation qui se révèle fausse, les journalistes ne publient pas de correctif disant « nous sommes désolés ». Non. Ils disent alors « ce n’est peut-être pas illégal, mais c’est immoral ». Immoral ? La guerre n’est-elle pas immorale ? Le Liban est le parfait exemple de tout ce dont nous avons été injustement accusés. Israël a suivi les résolutions de l’ONU. Israël n’occupait pas le moindre centimètre du territoire libanais. Israël a été attaqué. Non seulement ses soldats sont enlevés, mais les journalistes ignorent le fait qu’il y a eu une attaque coordonnée sur toutes les communautés du nord d’Israël ce premier jour. Pourtant, malgré tout cela, après plusieurs jours, vous entendez : « usage disproportionné de la force ».

J.P. : Qu’allez-vous faire maintenant ?

D.S. : Je ne sais pas. Je ne me suis jamais arrêté pour me dire : quel sera mon prochain objectif ? J’ai fait mon travail comme je pensais devoir le faire. Je n’ai pas touché un gros salaire. J’étais payé comme un chef de département, pas comme le directeur du BPG, ce qui est substantiellement différent. Plus d’une fois, les gens m’ont demandé : êtes-vous sûr de vouloir faire ça ? Peut-être n’aurais-je pas dû. Par exemple la fois où j’ai commencé à prendre position sur l’affaire al-Dura…

J.P. : A dire qu’Israël n’était pas responsable du meurtre du jeune Mohammed al-Dura, 12 ans, le 30 septembre 2000 à Gaza au début de la seconde Intifada, et qu’il était stupide d’avoir présenté des excuses ?

D.S. : D’une part, et d’autre part parce que j’ai critiqué la conduite de France 2 (qui a diffusé et fait porter la responsabilité de la mort d’al-Dura à Tsahal). Après des heures d’examen, j’étais absolument convaincu que l’attitude d’Israël « mieux vaut ne rien dire » (à propos de l’incident) était non seulement une erreur, mais aussi une violation de notre responsabilité en tant que fonctionnaires. Nous avons la responsabilité de présenter Israël et nous avons échoué.

J.P. : Israël n’a pas tué al-Dura et se devait de le dire ?

D.S. : Oui, absolument. Absolument. Et plus que ça. Cet incident a été utilisé pour lancer la seconde Intifada. Beaucoup (Israéliens ou étrangers) s’en sont servis pour accuser Ariel Sharon d’avoir déclenché les violences de l’an 2000, et non Arafat de les avoir préméditées. Mais le véritable déchaînement ne s’est pas produit juste après la visite de Sharon au Mont du Temple, le 28 septembre 2000. La véritable violence a éclaté lorsque l’accusation de crime rituel est apparue – quand nous avons tué l’enfant.

C’était irresponsable de sortir ces images, car elles n’étaient pas claires. Quelle était la base de l’accusation selon laquelle Tsahal avait tué al-Dura ? Un correspondant qui n’était pas sur place. Aucune preuve visuelle pour confirmer l’accusation. Pas d’images de soldats israéliens qui tirent, de l’enfant qui se fait tirer dessus, pas d’images de l’enfant qui meurt. Il n’y avait rien pour vérifier ça.

On en revient à ce que je disais à propos des médias pris dans une sorte de frénésie de l’information. La chaîne CNN, elle, a réagi professionnellement et dit « attendez une minute, je veux plus de vérification avant de diffuser cette histoire ». Mais le lendemain, vous avez des journalistes qui reprennent cette supercherie pour en faire des reportages, comme si c’était un fait… Les principes fondamentaux du journalisme n’ont pas été appliqués. Je voulais la vérité. Si Israël était responsable, j’aurais été le premier à l’admettre. S’il y a eu une erreur, pourquoi les journalistes sont-ils incapables de critiquer leur collègue ? Quand je soulève ces questions, ils n’ont aucun contre argument. Non, ils ont immédiatement recours au « Oh, vous êtes un extrémiste de droite, ce sont des théories du complot… »

J.P. : Peut-être parce que l’Etat hébreu ne vous a pas réellement soutenu ?

D.S. : L’Etat d’Israël m’a soutenu… Il n’y a aucun doute là-dessus. France 2 a échoué. Cela n’aurait pas dû être rapporté comme cela a été le cas.

J.P. : Est-ce que c’est l’exemple le plus flagrant, à vos yeux, de l’incapacité journalistique à rapporter une histoire avec exactitude ?

D.S. : C’était le plus connu. Il y a eu un autre incident dans lequel j’étais impliqué, avec Al-Jazeera, et la suspension de certains de nos services pour eux. En juillet 2008, dans le cadre d’un échange de prisonniers, ils avaient célébré la libération de Samir Kuntar (assassin de 4 Israéliens dont une fillette de 4 ans à Nahariya en 1979) dans leurs bureaux du Liban. Officiellement. Publiquement. Une célébration officielle de la chaîne.

Je n’attendais pas des excuses. Mais je voulais savoir si Al-Jazeera, qui veut être traité comme une organisation médiatique professionnelle, était capable de reconnaître une vraie faute professionnelle. Et j’ai beaucoup de respect pour la façon dont ils s’y sont pris, comment ils ont essayé de se corriger et de faire en sorte que cela ne se reproduise pas. Beaucoup de médias occidentaux devraient en prendre de la graine. J’avais pourtant été critiqué par le ministère des Affaires étrangères et le bureau du Premier ministre.

J.P. : Pour avoir protesté contre la célébration par Al-Jazeera de la libération de Samir Kuntar ?

D.S. : Oui. Selon eux je causais du tort aux négociations très sensibles entre Al-Jazeera et le ministère des Affaires étrangères, négociations qui n’existaient apparemment que dans les têtes du ministère des Affaires étrangères…

Parfois vous devez vous élever contre ça, ce sont des questions de principe. C’est ce que j’essaye de traduire dans le système ici. Cela a commencé avec al-Dura. Si nous sommes lésés, il est de notre droit de nous lever et de dire ce qui ne va pas. Nous devrions être les premiers à le faire. Les journalistes ne sont pas au-dessus des lois. S’ils ne se conduisent pas professionnellement, ils doivent comprendre que nous ne sommes pas différents des autres pays.

Mais nous ne pouvons rien faire au BPG. Vous pouvez déposer une plainte mais il n’y a rien de légal qui puisse être fait. Je peux seulement rendre la vie des journalistes plus difficile. Certaines directives m’y autorisent. Comme dans le cas du journal suédois Aftonbladet et de son antisémitisme méprisable… Je n’utilise pas ce mot à la légère. Mon père s’est converti. Une moitié de ma famille est chrétienne. Mais dans cette histoire, Aftonbladet écrit que Tsahal kidnappe les Palestiniens et utilise leurs organes. Nous n’empêchons pas le journal de travailler ici. Nous prenons simplement notre temps. A ce jour, les correspondants d’Aftonbladet ne reçoivent pas immédiatement leur carte de presse. Cela peut prendre 90 jours, ou plus encore.

J.P. : Quel est le rôle des Palestiniens ?

D.S. : Les journalistes étrangers ont commencé à donner des appareils photo aux Palestiniens pour recevoir de bonnes photos. Puis en 2000, quand les événements ont éclaté, certains ont alors cru que leur travail consistait à aider la cause palestinienne. Et les Palestiniens ont reçu des instructions claires.

J.P. : Instructions pour faire quoi ?

D.S. : Pour supprimer certaines histoires ou en promouvoir d’autres. Il y a eu une tentative d’attentat suicide un jour à Jérusalem. Un garde-frontières d’origine éthiopienne a été blessé. Plus tôt le même jour, le ministre palestinien aux Affaires de Jérusalem était illégalement arrêté à Jérusalem et détenu à la Mission russe. Nous savons que les journalistes palestiniens des grands médias se sont coordonnés pour mettre l’accent ce jour-là sur la détention du responsable palestinien plutôt que sur l’attaque-suicide.

Ils trompent délibérément sur certaines histoires. Ils coordonnent avec l’Autorité palestinienne. Beaucoup de ces Palestiniens ont d’abord travaillé pour les médias palestiniens sous Arafat, puis ils ont commencé à postuler dans les médias étrangers basés en Israël. Nous avons commencé à remarquer que beaucoup d’entre eux sortaient des prisons israéliennes. Arafat leur donnait alors un travail de journalistes.

J.P. : Quand vous avez voulu vous opposer à certains reportages que vous considériez comme injustes, vous n’avez pas reçu le soutien du bureau du Premier ministre, du ministère de la Diplomatie publique ?

D.S. : J’ai eu le soutien du ministère de la Diplomatie publique. Lorsque je l’ai approché à propos des images de Reuters (qui avait effacé de ses photos les armes détenues par les « activistes » du Mavi Marmara face aux soldats israéliens), Yuli Edelstein a immédiatement déposé plainte en son nom et en 24 heures nous avons eu une réponse (positive) de Reuters.
Je comprends la retenue dont peuvent faire preuve parfois certains membres du ministère des Affaires étrangères. Je ne cherche pas la bagarre. Mais je crois que nous devrions nous élever contre les choses que nous savons être fausses, et ne pas laisser les journalistes penser qu’ils peuvent s’en tirer sans réponse du côté israélien…

La même chose, d’ailleurs, est arrivée lorsque nous avons décidé de ne pas autoriser les journalistes à Gaza pendant la guerre (l’opération Plomb durci). Une fois que la décision a été prise, certains officiels ont commencé à dire « oh, peut-être qu’on ne devrait pas ». Il y avait de véritables raisons pour cette décision. Et elle a été confirmée, mais parce que le ministère de la Défense a tenu bon. Le Premier ministre Ehoud Olmert aussi.

J.P. : En règle générale, vous dites qu’Israël n’a pas officiellement le courage de ses opinions ?

D.S. : Parfois non, il ne l’a pas. Ce n’est pas le cas de tout le monde au ministère des Affaires étrangères. Ce n’est sûrement pas le cas du ministère aujourd’hui. Mais pendant longtemps ces voix de l’intérieur du ministère étaient plus fortes que celles qui disaient « oui, nous devons protester contre ça ». C’est toute la question des échecs de la Hasbara d’Israël depuis les Accords d’Oslo. Nous avons coupé l’herbe sous le pied de nos propres arguments. Du moment où nous n’avons pas assez fait valoir notre point de vue pendant le processus d’Oslo, nous avons donné une légitimité aux affirmations palestiniennes. Nous avons abandonné nos positions, nos revendications, nos droits !

J.P. : En ce qui concerne la Vieille Ville, à Jérusalem-Est…?

D.S. : Partout ! Mon grand-père est venu ici d’Afghanistan, pas pour Tel-Aviv ou Haïfa, mais pour notre droit ancestral sur la Terre d’Israël. Depuis des années, nous utilisons cette revendication de notre droit à Eretz Israël, non comme une vérité politique mais comme un raisonnement historique authentique. Vous ne pouvez dire qu’il s’agit d’un argument de droite. Cela n’a rien à voir avec mes positions ou le fait d’être de droite. Qu’est-ce que le judaïsme ? Où est né le peuple juif si ce n’est en Judée-Samarie ?

Maintenant cela ne doit pas signifier que nous ne pouvons accepter un compromis. Le Sionisme est un mouvement de compromis. Mais si nous nions ces droits historiques, nous minons notre propre crédibilité et nos propres droits. C’est une partie de l’échec qui a eu lieu ici.

Malheureusement, les personnes avec ce genre de positions avaient une voix qui portait plus au sein du ministère des Affaires étrangères pendant de nombreuses années. Les autres avaient peur de prendre la parole. Au cours des ans, j’ai payé un prix considérable pour rester fidèle aux choses que je croyais être juste de faire. Et tout ce contre quoi je me suis élevé, que ce soit Aftonbladet, Al-Jazeera, l’affaire al-Dura, m’a finalement prouvé que j’avais raison.

J.P. : Et pourtant vous avez quand même perdu votre travail.

D.S. : Je ne l’ai pas perdu. J’ai été critiqué pour mes positions… J’ai payé le prix d’une image négative, celle d’un homme de droite, un extrémiste, celle qui voulait que les journalistes ne reçoivent pas leur carte de presse pour des raisons politiques – cela n’a aucun fondement réel. Pourtant c’est devenu l’attitude répandue. Je suis controversé.

Pourquoi ? Parce que je me lève pour défendre Israël ? Parce que je critique les médias lorsqu’ils échouent ? Personne n’a jamais débattu avec moi sur ces questions. Ils m’ont diffamé. Et la réalité, c’est que cela ne tient pas la route.

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© 2008 Le Jerusalem Post édition Francaise

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Israël a poussé à la fermeté en décembre 2009 les Etats-Unis contre l’Iran, en affirmant que leur stratégie de négociation avec Téhéran « ne marchera pas », selon un document diffusé par WikiLeaks et repris dimanche par le site internet du quotidien Le Monde.

Un télégramme américain relate une conversation le 1er décembre 2009 entre Amos Gilad, directeur des affaires politico-militaires au ministère israélien de la Défense et Ellen Tauscher, la sous-secrétaire d’Etat américaine. « Se penchant sur sa boule de cristal », écrit la diplomate américaine, « Gilad dit qu’il n’est pas certain que l’Iran ait décidé de fabriquer une arme nucléaire, mais que l’Iran est déterminé à avoir l’option d’en construire une ».
La diplomatie de la main tendue du président Barack Obama, appelée « engagement stratégique avec l’Iran », « c’est une bonne idée, mais il est bien clair que cela ne marchera pas », poursuit M. Gilad, selon ce télégramme obtenu par WikiLeaks et étudié par Le Monde.

Dans un autre télégramme daté du 18 novembre 2009, les observations suivantes sont faites par la diplomatie américaine: « Un représentant du Mossad (service secret israélien) affirme que Téhéran comprend qu’en réagissant positivement à l’engagement (américain, ndlr), l’Iran peut continuer à jouer la montre ». « Du point de vue du Mossad, l’Iran ne fera rien d’autre que d’utiliser des négociations pour gagner du temps. De telle sorte qu’en 2010-2011, l’Iran aura la capacité technologique de fabriquer une arme nucléaire », affirme ce télégramme.

Pour tenter de calmer la nervosité israélienne, Robert Wexler, un influent élu démocrate du Congrès américain, rencontre, le 13 mai 2009, le chef des renseignements militaires israéliens, Amos Yadlin, selon WikiLeaks. « Wexler explique que le président américain pourra plus facilement convaincre l’opinion américaine de soutenir une action militaire si les efforts d’engagement échouent après avoir été tentés. M. Yadlin répond qu’il n’est pas en train de conseiller les Etats-Unis d’ouvrir un troisième front, mais il faut comprendre qu’Israël voit les choses autrement, et ne peut retirer l’option militaire de la table », rapporte un autre mémorandum américain diffusé par le site internet.

L’attitude russe sur le dossier iranien est par ailleurs, pour les Israéliens, « un mystère », note encore un télégramme américain daté de novembre 2009, près d’un an avant que le Kremlin renonce à livrer à l’Iran des missiles anti-aériens S-300.

Les efforts pour rallier la Russie à la diplomatie occidentale sur l’Iran –une politique de fermeté accompagnée de sanctions visant à obliger l’Iran à suspendre son programme d’enrichissement– constituent un souci constant des Israéliens. Devant Ellen Tauscher, le 1er décembre 2009, Amos Gilad « a expliqué que Moscou a demandé des livraisons de drones israéliens sophistiqués en échange de l’annulation de la vente des S-300 à Téhéran », révèle un diplomate américain, cité encore par WikiLeaks.

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Israël pourrait mener une opération contre l’Iran sans l’aide des Etats-Unis mais sans qu’on soit sûr de son succès, a dit le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, au ministre français de la défense Hervé Morin, en février dernier, selon un document révélé par Wikileaks.

Interrogé par Morin sur la capacité d’Israël de frapper l’Iran sans l’aide militaire américaine, Gates a répondu « qu’il ne savait pas si elle réussirait mais qu’Israël pouvait mener cette opération », selon le compte-rendu secret d’une réunion entre les deux responsables, divulgué dimanche par le site Wikileaks.

Selon ce document, Gates a cependant minimisé l’effet d’une opération militaire contre l’Iran. Se référant au programme nucléaire iranien, le secrétaire américain à la défense a affirmé au ministre français qu’il « croyait qu’une frappe conventionnelle par un pays quel qu’il soit ne ferait que retarder les plans de l’Iran d’un à trois ans, mais qu’elle unifierait la population iranienne pour toujours contre l’attaquant ». Gates a à plusieurs reprises publiquement souligné les risques d’une action militaire contre l’Iran et a plaidé en faveur de sanctions économiques et diplomatiques.

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Israël a tenté d’obtenir l’appui de l’Egypte et du mouvement Fatah du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à son opération contre la bande de Gaza sous contrôle du Hamas à la fin 2008, selon des documents de WikiLeaks, publiés dans la presse israélienne lundi.

Le ministre de la Défense israélien Ehud Barak a informé une délégation du Congrès en 2009 qu’Israël avait été en contact avec l’Egypte et l’Autorité palestinienne avant le lancement de l’offensive « Plomb durci », selon un câble diplomatique de l’ambassade des Etats Unis à Tel-Aviv, cité par le site. « Barak a expliqué (à la délégation) que le gouvernement israélien avait eu des consultations avec l’Egypte et le Fatah, leur demandant s’ils sont prêts à prendre le contrôle de la bande de Gaza après que le Hamas aura été défait », indique le câble.

« Barak a reçu une réponse négative, ce qui n’a rien pour surprendre », est-il précisé dans ce texte, qui rapporte que le ministre Barak s’est plaint de la faiblesse » de l’Autorité palestinienne et de « son manque de confiance en elle même.

Le câble fait par ailleurs mention de la poursuite du « dialogue » entre Israël d’une part, l’Egypte et le Fatah de l’autre au cours de l’opération. Par ailleurs le chef du Mossad, les services secrets israéliens Méir Dagan a exprimé un point de vue encore plus négatif sur la direction palestinienne, selon une dépêche diplomatique datant du 26 juillet 2007.

« Contrairement à la politique officielle israélienne, Dagan a exprimé son opinion personnelle selon laquelle après plus d’une décennie de tentative d’obtenir un accord final avec les Palestiniens « rien ne sera conclu », écrit l’ambassade.

Le mouvement islamiste Hamas, vainqueur aux élections législatives palestiniennes de janvier 2006, a pris le pouvoir dans la bande de Gaza lors d’un coup de force en juin 2007 délogeant les forces loyales au Fatah du président Mahmoud Abbas après une semaine d’affrontements meurtriers. La bande de Gaza a été un an et demi plus tard la cible d’une offensive dévastatrice de l’armée israélienne (décembre 2008/janvier 2009), qui a fait 1.400 morts palestiniens, selon des sources médicales palestiniennes, et treize morts israéliens.

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Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a nommé lundi à la tête du service des renseignements israéliens, le Mossad, un vétéran du service, Tamir Pardo, 57 ans, au moment où Israël est engagé, publiquement comme secrètement, contre le programme nucléaire iranien.

« Tamir Pardo a servi de nombreuses années à des postes importants au sein du Mossad dont il a été le numéro deux », indique un communiqué du bureau du Premier ministre. Il remplace Meïr Dagan, qui a dirigé le Mossad pendant huit ans, une durée particulièrement longue, qui quitte son poste en décembre.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a nommé lundi à la tête du service des renseignements israéliens, le Mossad, un vétéran du service, Tamir Pardo, 57 ans, au moment où Israël est engagé, publiquement comme secrètement, contre le programme nucléaire iranien.

« Tamir Pardo a servi de nombreuses années à des postes importants au sein du Mossad dont il a été le numéro deux », indique un communiqué du bureau du Premier ministre. Il remplace Meïr Dagan, qui a dirigé le Mossad pendant huit ans, une durée particulièrement longue, qui quitte son poste en décembre.

« Le Premier ministre a exprimé ses profonds remerciements à Meïr Dagan pour sa contribution importante à la sécurité d’Israël », a ajouté le communiqué. M. Netanyahu a par ailleurs souligné que « Tamir Pardo avait une expérience de plusieurs dizaines d’années au sein du Mossad et qu’il avait la conviction qu’il était l’homme capable de diriger l’organisation pendant les prochaines années qui présenteront à l’Etat d’Israël de nombreux défis ».

Peu connu du grand public, Tamir Pardo est marié et père de deux enfants. Il est aussi grand-père d’une petite fille. Il s’est engagé au Mossad en 1980, après avoir servi dans une unité d’élite de l’armée israélienne. Le nouveau patron du Mossad a notamment servi aux côtés de Yoni Netanyahu, le frère du Premier ministre, notamment en 1976 lors d’une spectaculaire opération des forces spéciales israéliennes à Entebbe (Ouganda), afin de libérer une centaine de passagers d’un avion d’Air France détourné par des pirates de l’air pro-palestiniens.

Chef de la Direction des opérations du Mossad entre 1998 et 2002, il est nommé adjoint de Meïr Dagan, quand ce dernier devient chef des services secrets en 2002.

De 2006 à 2007, il est rattaché à l’état-major de l’armée israélienne avant de redevenir numéro deux des services secrets jusqu’en juin 2009. Il est par ailleurs diplômé de l’Université de Tel-Aviv en sciences politiques et histoire. Sa nomination survient alors que l’Iran ne cesse de pointer du doigt le Mossad, qu’il accuse d’être responsable d’attaques contre des scientifiques iraniens, encore lundi après des attentats qui ont tué un physicien nucléaire et blessé un autre à Téhéran.

Le Mossad ne commente jamais ses opérations mais il est de notoriété publique que les services israéliens mènent une guerre secrète pour empêcher les Iraniens de se munir de l’arme nucléaire. Par ailleurs, le Mossad est particulièrement actif contre le Hezbollah libanais et les mouvements palestiniens Hamas et Jihad islamique, tous soutenus par Téhéran.

Ces dernières années, les services secrets israéliens ont été éclaboussés par plusieurs affaires, notamment l’assassinat en janvier à Dubaï d’un haut cadre du Hamas, imputé à des agents du Mossad. Mais durant le mandat de Meïr Dagan, le Mossad a aussi été crédité de plusieurs succès, notamment l’attentat à la voiture piégée qui a éliminé le commandant militaire du Hezbollah, Imad Moughnieh, à Damas en 2008, un raid aérien la même année contre un convoi d’armes iraniennes au Soudan destiné au Hamas à Gaza, et le bombardement d’un site nucléaire syrien en 2007.

Le ministre de la Défense, Ehud Barak, ancien commandant de l’unité du nouveau chef du Mossad, a précisé dans un communiqué qu’il le connaissait depuis des années et « avait participé à de nombreuses opérations avec lui ». « C’est un professionnel avec une vaste expérience, du bon sens et le sens des responsabilités. Il est digne et apte à diriger le Mossad », a-t-il assuré.

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JFORUM à mis en ligne le 19 Novembre l’article « L’islamisation de jeunes juives par ‘’l’amour’’». Les réactions ont été nombreuses. Certains se sont adressés à notre rédaction pour savoir comment ils pouvaient aider cette association HEMLA. Nous mettons en ligne le lien par lequel ils peuvent faire un don.

JForum est entré en contact avec un représentant de cette association. Une antenne de HEMLA est sur le point de se déclarer sous la forme d’une association loi 1901, capable de délivrer des Cerfa.

Mais au-delà de ce problème qui touche Israël, il est bon de savoir aussi que le même phénomène a lieu en France, et nombre de jeunes filles juives sont dans des cas similaires.

JForum, n’est pas qu’un site d’information. Il est animé par des militants communautaires qui cherchent aussi à alerter la Communauté juive de France sur des problèmes qui la concerne. Bien sur nous ne sommes pas à l’abri d’erreurs, et il nous faut rester, pas faussement modestes, mais réellement modestes.

Néanmoins cela ne doit pas nous interdire d’agir et d’agir ensemble, grâce à vous.

JForum qui est régulièrement lu par les dirigeants communautaires, veut les interpeller pour qu’ils nous disent quelles sont les structures capables de traiter ce type de problèmes.

Que nos dirigeants toujours promptes à crier leur soutient à Israël ou à stigmatiser l’antisémitisme, nous disent ce qu’ils font de manière concrètes sur tous les problèmes qui touchent à la transmission de nos valeurs, et surtout comment préserver nos enfants des rencontres dangereuses, et des mariages mixtes. Car c’est là avant tout leur mission, à savoir s’occuper des membres de la Communauté juive de France et de leurs problèmes.

Aider les yéchivot pourquoi pas, mais aider des juifs en perdition semble être plus urgent. Organiser des cours pour des personnes pratiquantes c’est nécessaire, mais laisser sur le bord du chemin les autres devient incompréhensible.

Ce problème doit être pris à bras le corps. Ne plus laisser seules les parents face à ce problème tant ils sont dans l’incapacité morale simplement de le dévoiler aux autres.

La solidarité réelle, consiste à aider celui qui n’a plus la force de parler de son mal.

Il nous appartient d’être tous vigilants, d’alerter les responsables pour qu’ils portent assistance aux familles. Quant à nous JForum, nous resterons disponibles à vos témoignages.

En accroissant l’audience de JForum, vous nous permettrez d’alerter plus encore les membres de notre communauté. N’hésitez pas à vous inscrire sur notre newsletter, et à y inscrire vos amis.
L’INTIFADA SILENCIEUSE

Il existe un phénomène de société dont peu de gens connaissent l’existence mais qui sévit et grandit d’année en année. De plus en plus de jeunes femmes juives israéliennes vivent ou encore se marient avec des arabes israéliens ou palestiniens et sont contraintes de se convertir à l’Islam. On recense actuellement plus de 20.000 femmes juives dans ce cas (toutes consentantes au début de la relation) et environ 30.000 enfants sont nés de ces unions. Une femme exceptionnelle, entourée de bénévoles a fait de ce problème son cheval de bataille.

La rabbanite Rachel Baranès a créé l’association « Hemla » depuis plus de 10 ans et s’occupe de sauver ces jeunes femmes qui sont tombées dans les griffes de « l’amour » avec des palestiniens. Des contes de fées qui se transforment en drames. Nous avons rendez-vous dans ce refuge tenu secret et protégé, dans le centre d’Israël. C’est avec une pointe d’appréhension que je franchis le portail de la villa avec Michèle (qui heureusement m’accompagne pour ce douloureux reportage).

La rabbanite nous reçoit souriante et affable, des jeunes filles sont en train de déjeuner, d’autres nous toisent, d’autres plus timides montent dans leurs chambres, une jeune fille nous apporte à boire. En même temps que la rabbanite nous raconte, elle répond aux nombreux coups de téléphone, donne des consignes et jette des regards protecteurs à « ses filles ». La tendresse est déjà palpable.

La rabbanite travaillait à l’époque, pour l’organisme «Arakhim » et lors d’une visite chez des parents quant au choix de l’école de leurs enfants, elle s’aperçoit que l’aînée a des marques bleues autour du cou. Elle la prend à part pour la questionner ; la jeune fille qui n’avait que 16 ans lui raconte qu’elle a rencontré un palestinien à Yafo, il y a un an et qu’elle est tombée amoureuse. Cette histoire qui commence comme un rêve d’enfant se termine en cauchemar. Le prince s’est transformé en monstre qui la bat et la menace de la tuer ainsi que sa famille, si elle le quitte. Elle a très peur. La rabbanite Rachel lui propose son aide, c’était il y a vingt ans. C’est à ce moment là que la mission de la Rabbanite a vu le jour. Elle a sorti de cet enfer des centaines filles et en a marié plus de six cents ! Depuis, cette jeune femme, sortie des griffes de son « amoureux », s’est mariée et prépare la Bar-mitsva de son fils.

Le piège des fréquentations

Quand je lui demande comment les filles arrivent à elle, elle répond en riant « havera mevia havera » (une amie amène une amie). Elles ont toujours une complice, une copine qui servira d’alibi, entrainée elle aussi dans ce guêpier, l’une dira à ses parents qu’elle est chez l’autre et vice versa. L’équipe qui travaille avec la Rabbanite est constamment à l’affut de ces jeunes filles. Ces rencontres entre juives et arabes peuvent avoir lieu partout: dans les super- marchés, dans les centres commerciaux, dans les écoles, les universités, sur les lieux de travail, dans les endroits fréquentés par les jeunes et souvent même sur internet.

La Rabbanite, dont l’expérience n’est plus à prouver est aussi souvent contactée par des rabbanim, des voisins, des amis, des personnes qui ont vu ou entendu dire que telle ou telle fille fréquente un palestinien. Sa renommée a traversé les frontières, et de Brookline à Paris nombreux sont ceux qui ont entendu parler de ses actions.

« Vous savez, il y a 15 ans, c’était des cas isolés, cela arrivait rarement et surtout dans les familles laïques, mais malheureusement. Aujourd’hui ce phénomène s’est considérablement développé, et cela peut arriver dans les meilleures familles, dans toutes les couches sociales et de toutes tendances religieuses. Nul n’est à l’abri.

« Cela se passe quand même plus souvent dans les villes ou il y a une forte concentration de palestiniens, comme Beer-Shev’a, Jérusalem, Haïfa…?» Lui-dis-je.

«Pas du tout, pourquoi d’où venez vous, me dit elle ?»

« Nous sommes d’Ashdod, et nous n’avons pas, ou très peu de palestiniens dans notre ville !».

« Détrompez-vous, répondit-elle, nous avons à l’heure actuelle à la villa une jeune fille d’Ashdod qui vivait avec un arabe. Il y a des ouvriers arabes qui louent des appartements à Ashdod, et qui fréquentent des juives, je peux même vous donner les adresses. »

Nous pensions que cela se passait loin de chez nous, c’est sous notre nez, nous sommes atterrées !

« Au début, j’avais deux filles qui vivaient avec moi, puis 3 puis 10, 15. Aujourd’hui elles sont 25 jeunes filles vivent à la villa, et cela jusqu’à leur mariage ». Elles ont 15 ans et plus.

Nous comprenons très vite que la villa n’est pas simplement un refuge ou l’on trouve le gîte et le couvert. Les filles sont encadrées par des psychologues, pour certaines il y a nécessité de l’aide d’un psychiatre. Elles travaillent, font des stages ou étudient.

A la villa, les plats sont cuisinés tous les jours, la Rabbanite Rachel tient à ce que les filles se sentent vraiment une atmosphère familiale. Pas avec des barquettes de nourriture toutes prêtes que pourraient leur fournir des associations à vocation sociale. Cette femme d’exception les entoure d’affection et d’attention, ce dont elles ont parfois manqué dans leur famille, même si beaucoup d’entre elles avaient tout le confort matériel.

« Le sauvetage de ses filles à un coût, d’où proviennent vos ressources financières » ?

«C’est extrêmement difficile, nous sommes ici en location, nous avons déjà déménagé deux fois. Psychologiquement aussi, c’est pénible pour les filles. Nous recevons une subvention minime du bureau aux affaires sociales (lishkat harevaha), à peine de quoi faire les courses à la Makolet (épicerie). Il y a des associations qui reçoivent énormément d’aide du gouvernement, nous n’en percevons aucune. Comment dire au parlement, avec tous les députés arabes et ceux de gauche, que nous voulons sauver des filles juives des mains des arabes, nous serions traités de racistes. Notre cause est perdue d’avance! Seuls les donateurs nous aident dans cette lutte au quotidien. Notre rêve serait d’avoir une grande maison qui nous appartienne, pour pouvoir accueillir encore plus de jeunes filles, où personne ne les délogerait et plutôt que de payer un loyer, nous pourrions utiliser cet argent pour sauver d’autres jeunes filles.

Même si nos équipes sont composées de volontaires, nous devons fréquemment nous déplacer d’un bout à l’autre du pays, payer la location d’un véhicule, soudoyer des palestiniens qui nous fournissent des informations, aller faire des conférences sur le sujet dans les écoles, les universités, payer les services d’un avocat »
Un des sauveteurs, présent à son tour prend la parole: « Parfois les arabes acceptent de l’argent (environ 7000 Nis) pour laisser partir leur proie. D’autres fois, ils sont prêts à tuer.

Un palestinien avait montré la cassette d’une femme découpée en morceaux à sa jeune amie juive, la menaçant de subir le même sort si elle tentait de s’enfuir. Cette femme a été sauvée elle est contrainte actuellement de vivre à l’étranger.

Il y a quelques jours, nous avons réussi à sortir une jeune femme et ses deux enfants d’un village arabe près de Hébron, où elle était séquestrée depuis des mois. Nous sommes également souvent aidés par l’armée, des fois même par le Shabak.

Mais le plus dur, c’est après « le sauvetage ». La victime aime son bourreau (le Syndrome de Stockholm), cela prend du temps pour qu’elle l’oublie. Ce qui est important, c’est faire de la prévention et pouvoir sortir ces jeunes filles de là-bas avant que leur vie ne devienne un enfer ».

Une des jeunes filles que nous appellerons Léa, qui vit depuis 8 mois à la villa accepte de témoigner pour notre magazine. Elle a fêté ses vingt ans, il y a quelques jours. (Nous avons intentionnellement changé les prénoms des personnages par souci de confidentialité et de sécurité).

Léa vient d’une famille orthodoxe, elle est fille unique. A 15 ans, elle quitte la maison et rentre dans un pensionnat de filles. A 18 ans, elle commence son « Shirout Leumi » (service civil) dans un hôpital de Jérusalem. C’est là qu’elle rencontre Youssouf qui y travaille aussi.

Il lui dit des mots gentils à chaque fois qu’il la croise. Elle commence à prendre ses pauses et à déjeuner avec lui. Il est plein d’attentions, lui offre des cadeaux, lui demande même si elle a besoin d’argent. Pour la première fois de son existence, elle se sent vivre, elle se sent jolie, quelqu’un s’intéresse enfin à elle. Peu importe leur religion, ils s’aiment.

Les événements s’accélèrent, Youssouf veut qu’elle rencontre ses parents qui habitent à Jérusalem-Est. Elle y est très bien reçue. Désormais, il lui demande de quitter l’appartement de l’armée et de vivre chez lui. Ce qu’elle accepte finalement. Mais le bonheur est de courte durée. Un jour elle rentre en larmes d’une visite chez ses parents (qui ne sont absolument pas au courant de la situation). Elle s’est encore disputée avec sa mère, elle est effondrée.

Youssouf lui donne alors un cachet « prends, ca te calmera » dit-il. Plus tard, Léa découvrira que c’est de la drogue, mais il est trop tard. Elle en consommera régulièrement. Il l’oblige même à aller livrer ses commandes qui sont des dealers. Le jour de la « haskara » de ses deux tantes qui ont été tuées dans un attentat, elle veut être seule, faire son deuil. Cela énerve Youssouf qui la bat et la violente encore.

Michèle et moi restons silencieuses, la gorge nouée, Léa se tord les doigts, regarde le sol. Je lui demande : « Pourquoi n’êtes vous pas partie ?».

« Il s’est excusé, et m’a promit que plus jamais cela n’arriverait. Il m’a offert un cadeau et je lui ai fait confiance». Mais cela ne s’arrête pas là.

Commence un long calvaire. Un jour, qu’ils sont dans leur chambre avec des copains à lui de villages voisins, Yousouf se lève et lui dit « j’arrive, je vais chercher le narguilé ». « Je suis restée seule avec les trois garçons ».

Léa reprend ses forces avant de continuer à voix basse. « Ils ont commencé à me toucher et je n’osais rien dire, rien faire j’avais très peur, j’étais tétanisée, ils m’ont violée et lorsque Youssouf est revenu, je n’ai rien dit. J’ai compris qu’ils étaient de connivence ».

Après cette terrible épreuve, je refusais de me donner à lui. Il s’est emporté, m’a donnait des coups de poing, m’a cassé la mâchoire inférieure, un os de la main, mon corps était couvert d’hématomes ».

Ensuite, plus de sorties, les cadeaux sont devenus des coups. Léa est systématiquement battue si elle ne revient pas à l’heure du travail.

«Vous saviez que cette relation était néfaste sur tous les plans, pourquoi malgré tout, restiez-vous avec lui»?

«Je ne savais plus qui j’étais. Dans mon fort intérieur, je savais que c’était mal et que je ne méritais pas ce traitement, mais j’étais faible, naïve, en détresse, je vivais en permanence sous la menace : « si tu me quittes disait-il sans arrêt, je te tuerai, j’irais raconter à tes parents, tout le monde te jugera, tu seras rejetée par tous».

Je ne pouvais plus sortir seule non plus. Un jour que je lui demandais si je pouvais aller voir ma copine, il me répondit « tu me donnes quoi en échange ? » Je l’ai regardé incrédule « mais de quoi tu parles ? »Youssouf me dit : « j’ai envie de le faire à trois ». «Tu es fou! C’est une blague ?» «Mais oui je plaisante !» répondit-il.

Quand je suis revenue dans l’après midi, Youssouf est avec un copain, il me dit « va te doucher, on sort». « Une fois prête, je rentre au salon, (sa voix s’étrangle en repensant à ce terrible moment). Youssouf et son copain se jettent sur moi, me déchirent les vêtements, me mordent, me pincent, me battent et me violent. Tout mon corps saigne ».

« Le lendemain matin, je me sauvais, et décidais d’aller voir une amie pour tout lui raconter. Je ne voulais plus vivre cet enfer. Elle essaya de me convaincre d’aller raconter mon histoire à un Rav, mais je refusais catégoriquement. J’avais trop peur qu’il ne me retrouve, qu’il ne me tue. Un jour, il avait tenté de m’étrangler et c’est son père qui l’avait arrêté à temps. Le portable de ma copine sonna, c’était Youssouf : il m’avertissait que si je ne rentrais pas à la maison dans les 25 minutes qui suivaient, je ne pourrais même pas le regretter car je serais morte. Je ne sais même pas comment il avait obtenu le numéro de ma copine».

«Lorsque je suis rentré à la maison, il m’avait acheté des cadeaux, me serra dans ses bras, me dit qu’il m’aimait, alors j’ai tout oublié dans ces moments de chaleur. Ces moments ne duraient que quelques heures, et je priais de toutes mes forces, le créateur du monde de me sortir de là, de m’envoyer quelqu’un qui me sauverait».

« Quelques jours plus tard, il me demanda de l’épouser. Je n’osais pas refuser de peur d’être encore battue. Ses parents ont alors organisé une fête pour nos fiançailles, et son père m’a dit qu’il fallait maintenant que je me convertisse à l’Islam ».
« Le lendemain, je me levais comme d’habitude pour aller travailler mais Youssouf me l’a interdit. Il m’enferma et sa famille montait régulièrement pour vérifier que je ne m’étais pas sauvée. J’étais désespérée, j’ai fait une tentative de suicide. Il s’est mis en colère ce jour- là, car je ne lui avais pas répondu au téléphone, et il m’a tellement battue que je n’ai pu fermer l’œil de la nuit, tordue de douleurs atroces au ventre.

Le lendemain, je voulais aller à l’hôpital pour me faire soigner. Youssouf m’a dit : «ma sœur t’accompagnera et si tu dis quelque chose à qui que ce soit, tu es une femme morte. Si l’on te demande ce que tu as eu, réponds que tu es tombée dans les escaliers».

Pendant les trois jours d’hospitalisation, sa sœur ne m’a pas quittée d’une semelle, elle dormait même avec moi et Youssouf venait tous les jours à l’hôpital.

On m’a soignée et recommandé beaucoup de repos, mais à peine rentrée, il m’a demandé de lui préparer à manger et d’aller livrer sa drogue, car il avait beaucoup de retard dans ses commandes. Je l’ai supplié de me laisser me reposer, mais rien n’y a fait. Je suis rentré épuisée de la livraison et ne pensais qu’à dormir, mais Youssouf n’était pas du même avis, il voulait assouvir ses envies. Ma tête tournait ! Après quelques minutes, je n’entendis plus rien sauf le bruit d’une sirène. La sirène d’une ambulance. Je me réveillais à l’hôpital. Toute sa famille était là. Youssouf réitéra ses menaces si j’ouvrais la bouche».

Plus tard, je suis repartie travailler et j’ai reçu un appel du Rav Moché qui avait eu connaissance de mon histoire et qui insista pour que l’on se rencontre. J’ai demandé à Youssouf de me laisser passer le week-end chez mes parents que je n’avais pas vus depuis longtemps. J’ai eu beaucoup de chance ce jour là: il accepta.

J’ai rencontré le Rav Moché, mais je n’ai pas voulu le suivre, j’avais trop peur: «notre mariage était prévu pour dans deux semaines, il me retrouvera et me tuera!» Lui-dis-je.

Le Rav Moché réussit à me persuader et me conduisit directement au « refuge secret ». La rabbanite Baranes m’a tout de suite prise en main et surtout m’a entourée de chaleur et d’affection. Dès le lendemain, j’ai eu la visite d’une assistante sociale, d’un psychologue. La rabbanite s’est occupée de tout pour que je ne manque rien. Elle m’a sauvée la vie.

Cela fait huit mois maintenant que je vis ici, je me sens plus forte, je finis mon service civil dans une pré-maternelle, et commence mes études en informatique.

«Pour quelles raisons avez-vous accepté de nous dévoiler votre histoire malgré toutes les difficultés que cela comporte ?»

« Je pensais que ma vie était finie, que j’étais arrivée à un point de non retour, sur une route sans issue. Je voudrais dire à ces jeunes filles qui vivent le même cauchemar, qu’il est possible de s’en sortir, de redevenir soi-même. Il faut leur apprendre à ne pas tomber dans le piège des flatteries et des cadeaux qui ne sont qu’illusions. Ce n’est pas de l’amour, c’est un «jihad» qui s’infiltre en silence pour islamiser les filles juives et les maltraiter par la suite.

Les arabes reçoivent même de l’argent de leurs organisations lorsqu’ils ramènent une fille juive au village. Grâce à l’association « Hemla », à la Rabbanite Baranes et à toute son équipe de bénévoles, j’ai été sauvée et aujourd’hui je me demande comment j’ai pu être naïve et faible à ce point».

Cette terrible histoire n’est pas simplement l’histoire d’une jeune fille battue ou violée, ni une histoire d’amour entre deux êtres de religions différentes, qui se termine mal. Ces jeunes filles ou jeunes femmes sont de véritables proies pour les palestiniens qui savent exactement comment se comporter (cadeaux, argent, respect, attentions.) pour les attirer dans ce guet-apens, et une fois le travail accompli, ces filles sont battues, violées, surveillées par la famille, séquestrées, et finalement contraintes de se convertir à l’islam.

Cette histoire, qui peut arriver à tout le monde, est celle de plus de 20.000 femmes juives en Israël, certaines en recherche d’amour de tendresse, d’affection qu’elles n’ont peut être pas toujours reçu dans leur entourage familial, ou d’autres qui sont pour le droit à la différence, et qui elles aussi tombent malheureusement dans le panneau. Plus besoin d’attentats sanglants, avec cette intifada sournoise: une guerre religieuse et démographique est désormais en marche. Nul n’est à l’abri !

Michaëla Benhaim – Copyright Météor Magazine (reproduction interdite sans autorisation de l’auteur)
© 2010 Météor Magazine La source “Meteor n°34” Le nom de la rédactrice de l’article : Michaela BENHAIM Et le site où le journal est dispo.

NDLR – Les vidéos et le texte d’introduction ne font pas partis de l’article « l’intifada silencieuse ».



Article original

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WikiLeaks: Israël s’en tire « à bon compte »

Un haut responsable israélien a estimé aujourd’hui qu’Israël « s’en tire à très bon compte » après avoir craint de sérieux embarras du fait des révélations des documents diplomatiques américains par le site WikiLeaks.

« Nous nous en tirons à très bon compte », a déclaré un haut responsable gouvernemental qui a requis l’anonymat en réaction aux publications faites jusqu’à présent par le site, sans préjuger ce qui pourrait être la suite.

Ces révélations « démontrent qu’Israël n’a pas un double langage et dit en privé ce qu’il dit en public » concernant la nécessité d’agir contre la menace d’un armement nucléaire iranien, a-t-il précisé. « Il s’avère que tout le Moyen-Orient est terrifié par la perspective d’un Iran nucléaire. Les pays arabes poussent les Etats Unis à une action militaire de manière bien plus effrénée qu’Israël », a-t-il estimé.

Les Etats-Unis ont été très fortement incités à la fermeté à l’égard de l’Iran, soupçonné de vouloir se doter de l’arme nucléaire, à la fois par Israël et les pays du Golfe, le roi d’Arabie saoudite soutenant même l’option militaire, selon les documents de WikiLeaks.

Israël a cherché l’appui de l’Egypte et du Fatah pour son offensive à Gaza (WikiLeaks)

Israël a tenté d’obtenir l’appui de l’Egypte et du mouvement Fatah du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à son opération contre la bande de Gaza sous contrôle du Hamas à la fin 2008, selon des documents de WikiLeaks, publiés dans la presse israélienne lundi.

Le ministre de la Défense israélien Ehud Barak a informé une délégation du Congrès en 2009 qu’Israël avait été en contact avec l’Egypte et l’Autorité palestinienne avant le lancement de l’offensive « Plomb durci », selon un câble diplomatique de l’ambassade des Etat Unis à Tel-Aviv, cité par le site.

« Barak a expliqué (à la délégation) que le gouvernement israélien avait eu des consultations avec l’Egypte et le Fatah, leur demandant s’ils sont prêts à prendre le contrôle de la bande de Gaza après que le Hamas aura été défait », indique le câble.

« Barak a reçu une réponse négative, ce qui n’a rien pour surprendre », est-il précisé dans ce texte.

Le câble fait par ailleurs mention de la poursuite du « dialogue » entre Israël d’une part, l’Egypte et le Fatah de l’autre au cours de l’opération.

Le mouvement Hamas, vainqueur aux élections législatives palestiniennes de janvier 2006, a pris le pouvoir dans la bande de Gaza lors d’un coup de force en juin 2007 délogeant les forces loyales au Fatah du président Mahmoud Abbas après une semaine d’affrontements meurtriers.

La bande de Gaza a été un an et demi plus tard la cible d’une offensive dévastatrice de l’armée israélienne (décembre 2008/janvier 2009), qui a fait 1.400 morts palestiniens, selon des sources médicales palestiniennes, et treize morts israéliens.

Wikileaks: les Etats-Unis ont empêché Israël d’attaquer l’Iran

Quand le roi Abdallah d’Arabie saoudite demande une frappe contre Téhéran et quand l’Autorité palestinienne refuse finalement de prendre le pouvoir à Gaza que lui propose les Israéliens avant l’offensive «plomb durci».

Barack Obama a prévenu le gouvernement israélien que certaines informations contenues dans les 251.287 télégrammes diplomatiques du Département d’Etat et des ambassades américaines rendues publiques par Wikileaks risquaient de perturber les relations israélo-américaines. En fait, les informations en question sont plus embarrassantes pour Washington que pour Jérusalem.

Il y a bien sûr l’anecdotique. Nicolas Sarkozy est surnommé «l’empereur sans vêtement». Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad est traité «d’Hitler» et le comportement du chef de l’Etat afghan, Hamid Karzai, est «dicté par la paranoïa». Pour ce qui est de la diffusion des documents diplomatiques adressés depuis l’ambassade américaine de Tel-Aviv à l’administration Obama, elle met en évidence les divergences dans la perception du problème iranien. Nos articles sur Slate.fr, fondés sur des informations confidentielles, avaient fait état des pressions qu’Israël maintenait sur les Etats-Unis pour les persuader de la nécessité d’une frappe préventive contre les installations nucléaires de Téhéran et des pressions américaines en retour pour empêcher ces frappe. Nous avions mis en avant les évaluations du ministre de la Défense Ehud Barak, faites en 2009, sur l’existence d’une fenêtre de tir dans les 18 mois ainsi que sa réflexion: «Le destin du monde repose sur l’arrêt du programme iranien.»

Les documents publiés révèlent la teneur du câble envoyé par l’Ambassade des Etats-Unis sur l’année 2010 qui est, selon elle, l’année critique pour faire face à la menace nucléaire de la République islamique. Une véritable leçon de science politique leur a été donné par Ehud Barak. Le ministre de la Défense a conseillé une attitude ferme à l’égard de la Corée du Nord car toute faiblesse face à Kim Jong-il sera considérée comme un encouragement par des Iraniens qui ne manqueront pas de considérer les américains des «tigres de papier», termes intégralement repris par les diplomates américains dans leur câble.

Le site WikiLeaks dévoile aussi l’intervention du général Amos Yadlin, chef des renseignements militaires, qui a prévenu les américains «qu’Israël ne peut sous-estimer l’Iran parce qu’il n’est pas question de subir une surprise égale à celle du 11 septembre 2001». Il dévoile les techniques et l’armement américain que que voulait utiliser Israël lors de son intervention militaire. Tsahal avait songé à utiliser 24 bombes avec pénétrateur BLU-113 et 24 bombes dotées d’un pénétrateur BLU-109 à guidage laser GBU-109 pour causer des dégâts significatifs aux trois principaux centres nucléaires iraniens Natanz, Arak et Ispahan. Le secrétaire d’Etat américain à la défense Robert Gates s’oppose, selon ces documents, à toute frappe israélienne qui n’aurait pour conséquence selon lui que de retarder le programme iranien de quelques mois. Israël a par ailleurs reçu une injonction de cesser «toute allégation selon laquelle le gouvernement américain aidait Israël à se préparer à une attaque contre l’Iran».

Les documents relatent les minutes de la réunion à Jérusalem, le 1er décembre 2009, entre Amos Gilad, directeur des affaires politico-militaires au ministère israélien de la défense, et Ellen Tauscher, sous-secrétaire d’Etat américaine qui précise la scène: «Gilad dit qu’il n’est pas certain que l’Iran ait décidé de fabriquer une arme nucléaire, mais que l’Iran est déterminé à avoir l’option d’en construire une. La diplomatie du président Barak Obama avec l’Iran est une bonne idée mais il est bien clair que cela ne marchera pas».

Selon les documents WikiLeaks, l’ambassade de Tel-Aviv a aussi communiqué ses entretiens avec le chef du Mossad, Meir Dagan, le plus pessimiste des dirigeants israéliens sur le problème iranien mais qui acceptait malgré tout le principe de sanctions et d’opérations clandestines pour déstabiliser l’Iran. Dagan a déclaré qu’Israël et les Etats-Unis pourraient «changer le régime au pouvoir en Iran en suggérant l’exploitation des points faibles du pays tels que le chômage et les taux d’inflation élevés, ainsi que et l’opposition des citoyens iraniens à une implication croissante de leur gouvernement auprès du Hamas palestinien». Meir Dagan souligne à plusieurs reprises que l’Iran laisse croire à la possibilité de négociations pour gagner du temps afin d’obtenir, en 2010-2011, la capacité technologique de fabriquer une arme nucléaire.

Les documents font aussi état de l’attitude russe sur le dossier iranien qui, selon un télégramme américain daté de novembre 2009, représente un «mystère». Les Israéliens n’ont pourtant pas ménagé leurs efforts, grâce à Avigdor Lieberman, pour rallier la Russie à la diplomatie occidentale sur l’Iran. Les tractations viennent d’être mises à nu. Lors de son entretien avec Ellen Tauscher, Amos Gilad «a expliqué que Moscou avait demandé des livraisons de drones israéliens sophistiqués en échange de l’annulation de la vente des S-300 (missiles anti-aérien) à Téhéran». Le diplomate israélien avait ajouté que «les Russes reconnaissaient leur retard technologique sur les drones, et qu’ils sont prêts à payer un milliard de dollars pour la technologie israélienne sur ces appareils. Il a répété qu’Israël ne fournirait pas sa technologie la plus récente, expliquant qu’elle se retrouverait probablement entre les mains des Chinois».

Enfin, le site rapporte la teneur d’un câble de l’ancien ambassadeur saoudien aux Etats-Unis, Adel al-Jubeir, rappelant les «exhortations fréquentes du roi aux États-Unis pour attaquer l’Iran et mettre ainsi un terme à son programme d’armes nucléaires. Il vous demande de couper la tête du serpent».

La «faiblesse» de l’Autorité palestinienne

La révélation de documents israélo-américains ne concerne pas uniquement l’Iran. L’ambassade américaine fait ainsi état de discussions entre Israël et l’Autorité palestinienne pour coordonner une action commune contre Gaza comme le souhaitait l’ancien homme fort de Gaza, Mohammed Dahlan, qui piaffe d’impatience pour en découdre avec le Hamas. Il est établi que ni l’Autorité palestinienne et ni l’Egypte n’ont finalement pas voulu se «mouiller» pour reprendre le contrôle de la bande de Gaza.

A à l’occasion d’une réunion en juin 2009 avec une délégation du Congrès américain, le ministre de la Défense Ehud Barak avait affirmé que le gouvernement israélien «avait consulté l’Egypte et le Fatah avant l’opération Plomb durci pour leur demander s’ils étaient prêts à assumer le contrôle de Gaza une fois le Hamas vaincu». Nous avions évoqué dans plusieurs articles la collusion entre Israël, l’Autorité palestinienne et l’Egypte pour une action commune contre le Hamas. Mais les documents publiés par WikiLeaks représentent les preuves tangibles d’un tel arrangement. Dans ce même document, Ehud Barak soulignait que «l’Autorité palestinienne était faible et manquait de confiance en elle».

De nouveaux documents vont évidemment faire surface qui laissent assez sereins les dirigeants israéliens. Ils estiment qu’ils ont toujours fait preuve de transparence quand il ne s’agissait pas de fuites volontaires. Jérusalem considère même que Wikileaks met en évidence la position ambiguë et hésitante de Barack Obama par rapport aux agissements dangereux de la Corée du nord et de l’Iran.

Jacques Benillouche

WIKILEAKS : révélations sur le MOYEN-ORIENT

Les révélations du site Wikileaks ont déclenché une véritable tempête et de nombreux pays craignent d’être directement visés par les informations qui sont divulguées par les médias. Aux Etats-Unis et dans un certain nombre d’autres Etats, on attendait avec anxiété la publication, dimanche soir, de nouveaux dossiers, parmi plus de trois millions de documents. Il s’agit notamment de courriers envoyés par des ambassades américaines à travers le monde au cours de ces dernières années.

Parmi les nombreuses citations figurant dans ces documents, on peut mentionner les déclarations du président égyptien sur le Premier ministre Binyamin Netanyahou. Il aurait confié qu’il le considérait comme un homme élégant et raffiné mais aurait ajouté qu’il ne tenait jamais ses promesses. Netanyahou aurait pris connaissance personnellement de ces critiques.

Aux Etats-Unis, la Maison Blanche a publié les premières réactions du président qui a bien entendu dénoncé avec vigueur ces « fuites ». Barack Obama aurait déclaré : « J’approuve la diplomatie ouverte et responsable mais cette opération est tout à fait contraire à ces principes et je la considère comme irresponsable et dangereuse ». Il a ajouté : « A partir de documents volés, le site met en danger non seulement les droits de l’homme mais également la vie et le travail de nombreuses personnes qui travaillent dans ce domaine ».

Parmi les innombrables informations révélées au large public, on peut relever par exemple celle qui indique que 2010 était considérée par les experts comme une année décisive pour le dossier iranien. En juin 2009, le ministre de la Défense Ehoud Barak aurait déclaré à une délégation de congressistes américains en visite en Israël qu’il ne restait au monde que six à dix-huit mois pour empêcher Téhéran de se procurer l’arme nucléaire.

On apprend aussi qu’Israël aurait tenté d’encourager une révolution en Iran. Et puis, on découvre que certains pays arabes auraient fait pression sur les Etats-Unis pour que ceux-ci attaquent l’Iran : le roi Abdallah d’Arabie Saoudite, par exemple, aurait demandé aux Américains à plusieurs reprises de lancer une offensive contre l’Iran afin de mettre un terme à son programme nucléaire. Il aurait dit qu’il fallait « couper la tête du serpent » lors d’une rencontre avec le général américain David Petraeus en avril 2008.

Mais le souverain saoudien ne serait pas le seul chef d’Etat arabe à avoir privilégié cette solution: le même appel aurait été lancé depuis la Jordanie et le Bahreïn dont les dirigeants auraient eux aussi envisagé l’option militaire. Quant au Prince héritier de l’émirat d’Abu Dhabi, Mohammed bin Zayed, il aurait confié à ses interlocuteurs américains qu’il craignait qu’Ahmadinejad ne conduise la région à la guerre. Il aurait ajouté qu’il ne lui faisait aucune confiance, et qu’il était trop jeune et trop agressif.