International

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Au Conseil de sécurité, les Etats-Unis opposeront leur veto à la demande palestinienne de reconnaissance d’un Etat dans les frontières de 1967. C’est ce qu’a affirmé hier Saëb Erekat au journal palestinien al-Iyam. Selon lui, les Américains le lui ont fait savoir lors des entretiens qu’il a eus ces derniers jours à Washington.
Face à cette décision américaine, qui n’a pas surpris l’Autorité palestinienne, à Ramallah on affirme qu’en tout état de cause, une demande sera adressée à l’Assemblée générale de l’ONU mais qu’en revanche, il n’a pas encore été décidé si une demande sera adressée aussi au Conseil de sécurité. Les Palestiniens estiment que la large majorité à l’Assemblée générale mettra les Américains dans l’embarras et obligera la Maison Blanche à prendre des initiatives et à s’impliquer davantage dans le processus.

Toutefois il s’avère à présent que les Palestiniens ont l’intention de mettre en œuvre un autre plan qui lui ne devrait pas susciter l’opposition des Etats-Unis et devrait même être soutenu par des pays européens comme la Grande-Bretagne ou la France : Il s’agit du vote à l’Assemblée générale d’une déclaration condamnant la politique israélienne de construction dans les colonies et qui affirme notamment que celles-ci sont un obstacle à la paix.

Cette initiative est examinée ces jours-ci par les dirigeants palestiniens mais elle a d’ores et déjà été présentée à des dirigeants européens qui y ont réagi de manière positive. « Les Palestiniens savant que leur déclaration unilatérale d’indépendance n’a aucune chance d’aboutir, mais ils veulent isoler Netanyahu à l’Assemblée générale », a déclaré une source au ministère britannique des Affaires étrangères. Selon cette source, les pays qui prévoient de s’abstenir ou de voter contre l’Etat palestinien ont laissé entendre qu’ils voteraient pour le gel des colonies « pour « dédommager » les Palestiniens et pour mettre Netanyahu dans l’embarras’.

Des responsables britanniques ont notamment promis aux Palestiniens que Londres voterait pour le gel des colonies. Les Français eux aussi affirment qu’ils envisagent de voter en faveur du gel des colonies, même s’ils ne devraient pas soutenir la déclaration d’indépendance de l’Etat palestinien. Selon ce responsable britannique, les Etats-Unis ont adressé ces derniers jours des messages à Londres selon lesquels ils ne torpilleront pas une telle initiative, mais ne la soutiendront pas à l’Assemblée générale.

Roni Shaked et Yaniv Halili

Yediot Aharonot

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Lors des élections législatives de dimanche, les Turcs ont voté en majorité pour le parti islamo-conservateur du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, le Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir depuis 2002 Fort de sa victoire, Erdogan entame un troisième mandat. Au fil des années, cet ex-footballeur diplômé d’une école d’imams – décoré du « prix Kadhafi des droits de l’homme » et devenu le grand allié de l’Iran et du Soudan –, révèle un visage de plus en plus autoritaire et islamiste : mise sur écoutes et arrestation de politiques, intellectuels et journalistes anti-islamistes, violentes condamnations d’Israël et des juifs, accointances avec les entrepreneurs islamistes, confiscation des holdings de presse (groupe Dogan ou Uzan) tenus par des laïques… Ces derniers accusent Erdogan de vouloir détruire la laïcité d’Etat instaurée par le père de la Turquie moderne, Mustapha Kemal dit « Atatürk » (« le père des Turcs »).

Autre reproche : Erdogan a maintenu l’injuste disposition constitutionnelle qui empêche l’entrée au Parlement des partis ayant moins de 10 % des voix (seuil le plus élevé au monde). Certes, le parti pro-kurde Paix et Démocratie (BDP) a contourné cette loi en présentant des candidats indépendants, mais tant d’autres sont privés de représentation. Les deux seuls partis capables d’atteindre les 10 % sont le Parti républicain du peuple (CHP, kémaliste) et peut-être le Mouvement nationaliste (MHP, extrême droite).

Et l’adhésion à l’Europe ?

Quant à la candidature à l’entrée dans l’Union européenne, les Turcs sont de plus en plus réticents. Selon une enquête publiée le 1er juin par l’Institut de recherches Tesev, 36 % des Turcs n’envisagent pas d’adhésion avant dix ans et 30 % pensent que la Turquie n’y rentrera jamais.

Du côté de Bruxelles, les négociations piétinent : seulement 13 des 35 « chapitres » jalonnant les négociations d’adhésion ont été ouverts et un seul est clos…

Dans ses discours souvent violents, Erdogan en accuse Angela Merkel et surtout Nicolas Sarkozy, hostiles à l’adhésion turque. Mais la responsabilité première incombe au refus turc de reconnaître la République (grecque) de Chypre, île membre de l’Union européenne dont 37 % est occupée par l’armée turque. Et Ankara refuse toujours d’ouvrir ses ports et aéroports à la République de Chypre, ce qui viole le traité d’union douanière Turquie-UE.

Le rapport de la Commission présenté en mars dernier est d’ailleurs très critique envers Ankara. Paris s’oppose donc à l’ouverture de tout nouveau chapitre qui « préjugerait de l’adhésion », la position lucide de Nicolas Sarkozy (celle de la majorité des Français) consistant à proposer à la Turquie un « partenariat privilégié » et non une adhésion pleine, dont personne ne veut réellement tant en Europe qu’en Turquie.

Alexandre Del Valle – France-Soir

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Statistique Canada vient de publier son rapport annuel 2011 sur les crimes motivés par la haine qui ont été déclarés à la police. Le rapport porte sur l’année 2009.
Les données montrent que les accusations d’islamophobie rampante sont infondées. En effet, dans la catégorie des crimes motivés par la haine de la religion, le rapport fait état d’un total de 410 crimes. De ce nombre, seulement 36 crimes visaient la religion islamique. Les principales victimes – et de loin – sont les Juifs, qui ont été la cible de 283 crimes haineux.

Statistique Canada n’identifie pas la religion ou l’origine des auteurs de crimes haineux. Par contre, on sait qu’à Montréal, les personnes qui ont été arrêtées par la police pour leur implication dans la douzaine d’attaques contre des institutions juives de la ville au cours des cinq dernières années étaient toutes des Québécois d’origine nord-africaine.

Si les Statistiques incluaient les complots pour commettre des crimes haineux, les données montreraient que les djihadistes, consumés par la haine des infidèles qu’ils veulent massacrer massivement, sont les principaux auteurs de crimes haineux, et que les non-musulmans sont les principales cibles de la haine religieuse. D’ailleurs, l’importance des ressources allouées à la prévention de ces crimes en témoigne.

Voici un tableau publié sur le site de Statistique Canada :

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Extraits du Communiqué de Statistique Canada :

Les services de police canadiens ont déclaré 1 473 crimes haineux en 2009, en hausse de 42 %, par rapport à l’année précédente. Plus de la moitié (54 %) des crimes haineux ont été motivés par la race ou l’origine ethnique, 29 %, par la religion, et 13 %, par l’orientation sexuelle.

La hausse la plus marquée a été observée au chapitre des crimes motivés par la haine de la religion, lesquels ont progressé de 55 % en 2009. Le nombre de crimes motivés par la haine de la race s’est accru de 35 %, alors que le nombre de crimes motivés par la haine de l’orientation sexuelle a augmenté de 18 %.

Les infractions violentes, comme les voies de fait, représentaient environ 4 crimes sur 10, et elles étaient particulièrement plus fréquentes dans les crimes motivés par la haine de l’orientation sexuelle. Plus de la moitié (54 %) des crimes comportaient des méfaits, comme des graffitis ou du vandalisme.

Par ailleurs, les taux de crimes haineux avaient tendance à être les plus élevés chez les jeunes et les jeunes adultes, tant pour les victimes que pour les auteurs présumés de crimes haineux.

Comme au cours des années passées, 7 crimes motivés par la haine de la religion sur 10 ont été commis contre des personnes juives en 2009. Le nombre de ces crimes représente une augmentation de 71 % par rapport à 2008.

Le nombre de crimes haineux contre les musulmans (religion islamique) est passé de 26 affaires en 2008 à 36 affaires en 2009. La police a déclaré 33 crimes haineux contre les catholiques, soit 3 de plus qu’en 2008.

En 2009, quatre régions métropolitaines de recensement ont été à l’origine de la majeure partie de l’augmentation des crimes haineux. Il s’agissait d’Ottawa, où le nombre d’affaires s’est accru de 83, de Toronto (+79), de Kitchener–Cambridge–Waterloo (+62) et de Montréal (+61). (voir le Tableau 2 : Crimes haineux déclarés par la police, selon la région métropolitaine de recensement)

Postedeveille.ca

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Je n’avais que 14 ans à l’époque, un peu plus d’un an après ma Bar Mitzva (*) et pourtant je me souviens encore parfaitement de cette effrayante nouvelle qui nous parvint à Rabat : des Juifs avaient été massacrés à Oujda (frontière algéro-marocaine) et à Djérada le 7 juin 1948……………………3 semaines après la Déclaration d’Indépendance de l’Etat d’Israël !
Ce jour-là, sans raison particulière apparente, quoique…………………., des Arabes, en médina d’Oujda, assassinèrent 5 Juifs et un non-Juif, détruisant des boutiques et des maisons appartenant à des Juifs. La police n’intervint pas et des « mokhaznis », supplétifs marocains de la police, au lieu de défendre les victimes, se joignirent aux émeutiers.

Le même jour, à Djérada, ville minière à 50 kilomètres d’Oujda, d’autres émeutiers, ou peut être les mêmes d’ailleurs, assassinèrent 43 Juifs et en blessèrent 155 (hommes, femmes, vieillards, enfants, bébés) dont un Rabbin (Moïse Cohen) et toute sa famille (sa femme et ses 5 enfants dont le plus jeune n’avait que quelques mois……………comme à Itamar).

Le pacha d’Oujda, qui assista aux obsèques des victimes, fut lui-même poignardé dans la grande mosquée par un des émeutiers assassins de ces malheureux Juifs.

Nous étions naturellement à l’époque du Protectorat et, malgré que le Général Juin, Résident Général de France au Maroc, se soit rendu à Oujda pour faire savoir à la population que justice serait rendue, l’Administration française ne fit rien……………….ou pas grand chose.

Ce massacre rappela aux anciens ce qui se passa à Constantine (Algérie) en 1934, année de ma naissance. Le 5 août, 28 Juifs (hommes, femmes, vieillards, enfants, bébés) furent assassinés, des dizaines grièvement blessés, des maisons et boutiques juives saccagées.

Contrairement à ce que certains Juifs d’Afrique du Nord veulent bien croire, ou faire croire, surtout ceux qui conservent encore des « coutumes arabes » comme ces « you-you » qu’on peut entendre jusque (scandaleusement) dans des Synagogues » (**), les relations entre Juifs et Arabes furent émaillées de certaines émeutes similaires, certes moins graves que celles d’Oujda et Djérada, comme ce fut le cas par exemple à Mekhnès et Sefrou.

Ces dramatiques événements ne doivent cependant pas nous faire oublier la courageuse attitude du Sultan du Maroc (devenu le Roi Mohammed V après l’Indépendance du Maroc en mars 1956) pendant la sombre période de la collaboration de l’ex-maréchal Pétain avec les Allemands. Il (le Sultan) refusa en effet d’obéir aux ordres de Vichy qui voulait étendre au Maroc le statut des Juifs décrété en France. Mais aurait-il pu résister longtemps sans le débarquement américain au Maroc en novembre 1942, débarquement auquel s’opposa le Général Noguès, Résident Général de France ? Rien n’est moins sûr !

Le souvenir de ce sinistre 7 juin 1948 fut non pas oublié mais atténué par un autre 7 juin, en 1967 celui-là, au 3ème jour de la Guerre de Six jours, lorsque le Général Motha Gur, à la tête de ses parachutistes, arriva au Kotel (Mur occidental) et libéra Jérusalem.

Notes :

(*) On disait couramment « communion » comme on disait « galette » et non « matsa », « calotte » et non « kippa », « Pâques » et non « Pessah »……………….

(**) Tout dernièrement encore, j’assistai à une Bar Mitzva et, tant à la Synagogue que dans la salle de fêtes, on pouvait entendre des « you-you », les mêmes que ceux que les femmes arabes poussent, joyeusement et hystériquement, dans les rues de Gaza, Ramallah ou d’autres villes arabes lorsque des Juifs israéliens sont assassinés. Souvenons-nous de ces horribles « cris » de joie de femmes arabes lorsque l’assassinat de la famille Fogel (Z’’L) fut connue !

Charles Etienne NEPHTALI

7 juin 2011

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Communiqué final de la conférence de Turin

« Toutes les initiatives culturelles et théologiques qui sont l’expression de ce qu’on appelle la ‘théologie de l’inculturation’ sont suivies avec beaucoup d’intérêt, car elles instaurent et consolident des processus de participation positive à la vie sociale et culturelle des pays d’Europe », soulignent les délégués des Conférences épiscopales pour les relations avec les musulmans en Europe. La 2ème rencontre, organisée à Turin (Italie), du 31 mai au 2 juin dernier, a fait l’objet d’un communiqué.Celui-ci souligne « l’intérêt avec lequel l’Église catholique suit les dynamiques d’insertion des résidents et citoyens de religion musulmane dans le contexte européen, tant au niveau individuel que communautaire ».

Un processus complexe, reconnaissent les délégués, qui « n’est pas exempt de contradictions » et où émerge « le défi, qui est en train de devenir une réalité, de l’inculturation progressive de l’islam en Europe, avec une tendance à manifester davantage sa dimension religieuse et morale, que sa dimension politique ».

Les évêques déclarent suivre avec « intérêt les attentes et les initiatives qui se font jour au sein des communautés musulmanes, pour fournir à leurs responsables religieux une formation théologique et culturelle leur permettant d’exercer convenablement leur rôle religieux dans le contexte européen ».
L’Église est favorable, poursuivent-ils, à ce que « l’enseignement confessionnel de la religion dans les écoles publiques soit également accessible aux autres traditions religieuses, parmi lesquelles l’islam, tout en insistant sur le respect des conditions requises prévues par les différents États pour l’exercice de cette fonction ».

Dans leur communiqué final, les délégués européens disent participer « avec sympathie » aux expressions de désir de démocratie, de liberté, d’appel au respect de la dignité de la personne dont les jeunes de différents pays arabes se sont faits les promoteurs au cours de ces mois de grands changements politiques. Ils forment le vœu que « le processus en cours puisse conduire à l’établissement d’une vraie liberté de religion dans ces pays ».

Les délégués se sont ensuite penché sur le terme « islamophobie » utilisé pour décrire les réactions d’hostilité à l’égard de l’islam apparues dans la société européenne. Ils ont confirmé la volonté de l’Église de contribuer à surmonter « ce genre de réactions qui conduisent à l’intolérance ». Ils exhortent les musulmans à « nouer des relations positives et transparentes dans les différents contextes et à rejeter publiquement ces interprétations ».

À cette rencontre de Turin, présidée par le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux et vice-président du CCEE, a également participé le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux.

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Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, et celui au Développement, Dirk Niebel, se rendront lundi et mardi au Proche-Orient pour tenter de dissuader les Palestiniens de demander une reconnaissance de leur Etat par l’ONU, a annoncé M. Niebel au Spiegel.
« Nous devons convaincre les Palestiniens qu’une déclaration unilatérale d’indépendance est le mauvais chemin » pour sortir du blocage dans le processus  de paix au Proche-Orient, a déclaré M. Niebel à l’hebdomadaire allemand.

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, avait annoncé qu’il voulait profiter de l’Assemblée générale des Nations-Unies à New York, cet automne, pour demander une reconnaissance de l’Etat palestinien, si le processus de paix n’avait pas repris d’ici là.

La chancelière allemande Angela Merkel avait déjà jugé contreproductif une telle démarche, début mai, à l’issue d’un entretien avec M. Abbas, en visite à Berlin.

Plutôt que de chercher une reconnaissance explicite et immédiate, les ministres allemands vont suggérer aux Palestiniens de soumettre au Conseil de sécurité une résolution appelant à la création d’un Etat sur les bases des frontières de 1967.

Cette proposition pourrait avoir le soutien des Etats-Unis, puisque le président américain Barack Obama s’était prononcé, le 19 mai, pour la première fois en faveur de cette solution, lors d’un discours sur le Proche-Orient au département d’Etat à Washington.

« Les frontières d’Israël et de la Palestine devraient être fondées sur les lignes de 1967 avec des échanges sur lesquels les deux parties seraient d’accord, afin d’établir des frontières sûres et reconnues pour les deux Etats », avait alors déclaré M. Obama.

Toutefois, au sein de l’UE, Berlin est relativement isolé sur cette ligne. De nombreux pays de l’Union européenne, dont la France, se sont dit prêts à reconnaître unilatéralement l’Etat palestinien.

« Ce serait grave que l’Europe soit désunie sur cette question », a d’ailleurs reconnu M. Niebel dans l’hebdomadaire allemand.

Outre le président Abbas et le Premier ministre palestinien Salam Fayyad, M. Westerwelle rencontrera également son homologue israélien Avigdor Liebermann et le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

BERLIN, 10 juin 2011 (AFP)

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Le gouverneur de la Banque d’Israël, Stanley Fischer, a annoncé samedi qu’il était candidat au poste de directeur général du Fonds monétaire international (FMI).
« Une opportunité unique, non planifiée et qui n’arrive qu’une fois dans la vie s’est présentée pour être candidat à la tête du Fonds monétaire international, et, après l’avoir examinée, j’ai décidé que je voulais la saisir », a déclaré M. Fischer dans un communiqué.

« Je pense que je peux apporter ma contribution au FMI et à l’économie mondiale dans cette période après la crise », a-t-il ajouté.

L’information, donnée dans un premier temps par la Chaîne 2 de la télévision israélienne a été confirmée par le ministre des Finances Youval Steinitz qui a apporté son soutien à la candidature de M. Fischer au poste laissé vacant après la démission du Français Dominique Strauss-Kahn.

« Le poste de directeur du FMI va à M. Fischer comme un gant, aussi bien en raison de son éducation et de l’énorme expérience qu’il a acquise au sein du FMI, la Banque mondiale, que des six ans au cours desquels il est devenu un atout pour l’économie israélienne en tant que gouverneur de la Banque centrale », a indiqué M. Steinitz dans un communiqué.

« Notre intention est de soutenir cette candidature et de travailler pour l’aider (à parvenir) au succès », a-t-il ajouté.

M. Fischer, 67 ans, un économiste respecté pour avoir aidé l’économie israélienne à traverser la crise financière internationale, serait un outsider aux côtés de la ministre française des Finances Christine Lagarde et le Mexicain Agustin Carstens qui joue la carte des pays émergents.

M. Fischer, qui a occupé des postes importants au sein de la Banque mondiale et a été le numéro 2 du FMI et du groupe financier Citigroup, a accepté en mars un second mandat de cinq ans à la tête de la Banque centrale d’Israël.

Dominique Strauss-Kahn a démissionné le 19 mai après avoir été accusé de tentative de viol à New York.

Les candidatures pouvaient être déposées jusqu’à vendredi soir minuit, heure de Washington (04H00 GMT samedi).

Le FMI a indiqué qu’il ne ferait aucune déclaration sur les noms des candidats avant lundi.

Mme Lagarde et M. Carstens sont entrés en lice très tôt pour se disputer les voix des 24 membres du conseil d’administration du Fonds.

Le FMI s’est fixé pour objectif de désigner un nouveau dirigeant le 30 juin.

JERUSALEM, 12 juin 2011 (AFP)

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Le ténor de la nouvelle équipe représentant Nafissatou Diallo appelle les femmes du monde à témoigner.

Kenneth Thompson, réputé pour être un spécialiste de la défense des minorités aux États-Unis, a fait une entrée fracassante dans le dossier de DSK en lieu et place de son prédécesseur Jeffrey Shapiro. « Le pouvoir et l’argent de DSK n’empêcheront pas la vérité d’éclater. Madame Diallo dira au monde entier tout ce qu’il lui a fait », a-t-il menacé devant la foule amassée à la sortie du tribunal.

Cet ancien procureur s’était notamment illustré dans l’affaire d’Abner Louima, un immigré haïtien de 31 ans qui s’était fait agresser par quatre policiers new-yorkais un soir d’été 1997. Face à sa plaidoirie à charge déchaînée, l’avocat de Justin Volpe, auteur principal, a finalement capitulé. Son client a plaidé coupable et écopé de 30 ans de prison sans possibilité de remise de peine.

Prescription

Le soutien de Kenneth Thompson à Nafissatou Diallo débute sous un jour politique, l’avocat se positionnant avant tout comme le défenseur d’une cause collective. « S’il y a une femme, en France ou en Afrique, qui a été agressée sexuellement ou violée par Dominique Strauss-Kahn, qu’elle m’appelle, qu’elle me contacte, car nous voulons l’aider, nous voulons lui parler », a-t-il déclaré. « Mon cabinet défend les droits de tous ceux dont on profite dans le monde », a-t-il ajouté sur France 2. Une telle attitude semble néanmoins risquée. « Sa première obligation en tant qu’avocat est d’aider sa cliente et pas d’autres personnes, s’étonne Ron Soffer, avocat aux barreaux de Paris et de New York. En outre, ses propos résonnent comme un acte de désespoir et de crainte. En cela, la tactique semble maladroite. »

Pour les « victimes » qui viendraient frapper à la porte de celui qui collectionne des résultats exceptionnels en termes de dédommagements, c’est sans doute une occasion facile de faire valoir leur préjudice. Celles-ci pourraient, en effet, assigner DSK devant le tribunal de New York et obtenir des dommages et intérêts bien plus élevés que ceux auxquels elles pourraient prétendre en France. « Ces actions risquent toutefois de se heurter à la prescription, qui est de un an à New York », précise Me Soffer.

Témoignages

L’appel de Kenneth Thompson pourrait aussi donner un coup de pouce à l’accusation si des témoignages de viols ou d’agressions sexuelles non encore poursuivis en justice venaient alimenter le dossier du procureur. Les avocats de DSK ont d’ailleurs déjà réclamé ces pièces. Mais leur recevabilité devant les jurés reste à démontrer.

« La jurisprudence new-yorkaise considère d’une manière générale qu’il ne faut pas polluer l’esprit des jurés avec des actes qui ne sont pas le sujet du procès, explique Me Soffer. Le juge pourrait néanmoins admettre ce type de preuves si DSK prétendait qu’il y a eu une relation sexuelle consentie. Cela signifie que les femmes concernées seront appelées à témoigner au procès. » Se risqueront-elles à le faire et à s’exposer à l’avalanche de questions des avocats de la défense ? Rien n’est moins sûr.

Laurence Neuer

Le Point.fr

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Le parcours de l’ancien patron du FMI va bien au-delà de la descente aux enfers d’un homme puissant et ambitieux. Scénariste d’un jour, un chroniqueur du New York Times rêve d’une fresque qui porterait en creux l’effondrement du rêve européen.
Pour la plupart des Américains, l’histoire de Dominique Strauss-Kahn paraît sortie d’un épisode de Law and Order série de la chaîne américaine NBC, diffusée en France sous le titre New York, police judiciaire »>Article original ou d’un téléfilm à message sur le câble. La trame en serait connue : un homme puissant qui se comporte mal, moitié Arnold Schwarzenegger, moitié Ben Roethlisberger joueur de football américain, à deux reprises soupçonné d’agressions sexuelles »>Article original, mais en plus obscur. Pourtant, l’histoire du directeur du FMI, accusé d’avoir agressé sexuellement une femme de chambre dans un hôtel, répond naturellement à un genre plus ambitieux. Entre les mains d’un bon scénariste, l’arrestation de Strauss-Kahn pourrait servir de fil rouge à l’un de ces films complexes, kaléidoscopes de la mondialisation, qui aspirent à la gloire des Oscars. Songez à Traffic, Syriana, Crash ou Babel : ces films qui parcourent la planète, sautent de lieu en lieu et de perspective en perspective pour évoquer une « grande question » dans sa globalité.

Le sujet de ce film ne serait pas la guerre contre les trafiquants de drogue, ni les relations interraciales à Los Angeles, mais le potentiel effondrement de l’Union européenne. Il débuterait sur une version décente (non interdite aux moins de 18 ans) de l’incident du Sofitel. Puis on passerait à l’élection présidentielle française, dans laquelle Strauss-Kahn était considéré comme favori ; on s’intéresserait à la montée de Marine Le Pen, la candidate d’extrême droite, qui, ce printemps, a pris une avance surprenante dans les sondages en surfant sur le sentiment anti-immigration. Puis on se pencherait de près sur la dernière vague d’immigration, avec les scènes d’un camp de réfugiés en Italie rempli de milliers de Nord-Africains fuyant les violences en Tunisie et en Libye. De là, on passerait aux débats intra-européens agités sur la façon de gérer la crise libyenne, qui ont vu s’affronter la France de Strauss-Kahn et l’Allemagne, et ont tourné en dérision l’idée d’une politique étrangère européenne commune. La caméra survolerait ensuite les rues de Barcelone et de Madrid, où un mouvement de protestation est né pour résister à la politique d’austérité que le gouvernement espagnol a mise en place afin d’éviter une crise similaire à celles traversées par la Grèce ou l’Irlande. Après cela, on montrerait les scènes qui se jouent en coulisses, à Berlin et à Bruxelles, et les luttes menées pour sauver la monnaie unique d’un effondrement provoqué par la dette. On en reviendrait pour finir à Strauss-Kahn, un ancien acteur clé dans ces négociations, soudain devenu à New York un criminel parmi d’autres.

Ce qui relie toutes ces intrigues – avec l’ancien directeur du FMI dans l’un rôles principaux –, c’est la crise du rêve européen, de la vision d’un continent sans frontières ni divisions, supervisé par une élite bienveillante et cosmopolite. Cette crise pose deux défis : l’un à l’union économique, provoqué par le déficit des économies faibles du continent ; l’autre au consensus politique, ébranlé par le retour du sentiment anti-immigration qui renforce les partis nationalistes, de la France à la Finlande. Ces deux problèmes divisent de plus en plus l’Europe le long d’une ligne nord-sud – la France de Strauss-Kahn étant, une fois de plus, à cheval sur ces deux mondes. Les pays de la Méditerranée, déjà très endettés, sont également aux premières loges face à la migration venue du Maghreb musulman : leurs voisins du Nord s’efforcent de contenir à la fois les déficits et les réfugiés. Et, sur ces deux problèmes, les ambitions des dirigeants de l’UE se heurtent au nationalisme résiduel des Européens ordinaires, qui remettent en cause le consensus des élites de droite et de gauche (la plupart des personnalités d’extrême droite, Marine Le Pen incluse, ont des accents protectionnistes et populistes). Ces deux problèmes ont été exacerbés par l’arrogance et l’aveuglement de ces mêmes élites, par leur décision d’élargir l’union monétaire à des pays qui n’étaient pas prêts à partager une monnaie avec l’Allemagne et la France, et par leur théorie politiquement correcte qui veut que l’immigration de masse ne divise pas le continent mais l’enrichit.

Aucun scénariste n’aurait pu inventer un meilleur personnage que Strauss-Kahn pour incarner cette élite, un homme qui parcourt le monde et aspire à la présidence de la France. Personne non plus n’aurait pu imaginer meilleure accusation pour confirmer le sentiment que les eurocrates d’aujourd’hui ne seraient qu’une version de la vieille aristocratie européenne – ces gens qui exercent leur droit du seigneur dans des hôtels de luxe en attendant de prendre un vol en première classe pour Paris. La seule question reste la conclusion du film. Peut-être que Strauss-Kahn sera innocenté au tribunal, peut-être que le projet européen pourra être sauvé. Mais un drame qui implique autant de démesure a toutes les probabilités de se terminer en tragédie.

Ross Douthat

Courrier International.com

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Si les élections américaines avaient lieu cette semaine, Mitt Romney serait le seul prétendant républicain capable de devancer le président sortant. Mais qui est-il ?
« C’est au tour de Mitt Romney » de passer quatre ans à la Maison-Blanche. Stephen Colbert, animateur de talk show américain, est arrivé à cette conclusion par une déduction, sur un ton humoristique, en avril dernier. 

Depuis, l’ancien gouverneur du Massachusetts a annoncé ses intentions présidentielles. « Je suis Mitt Romney, je crois en l’Amérique et je suis candidat à la présidence des Etats-Unis », a-t-il déclaré solennellement début juin depuis une ferme du New Hampshire, dans le nord-est du pays. On peut difficilement être plus clair.  

Mais avant l’élection de novembre 2012, il lui faudra d’abord passer par les primaires du parti républicain, une bataille qui s’annonce difficile, tant aucun profil ne s’impose naturellement. En 2008, déjà candidat à l’investiture de sa famille politique, Mitt Romney avait jeté l’éponge. Pour 2012, toutefois, il pourrait jouer le rôle de poids lourd. Mais qui est-il et quels sont ses atouts et handicaps?  

Les premiers sondages. S’il affrontait actuellement Barack Obama dans les urnes, il gagnerait le scrutin. Un sondage réalisé pour le Washington Post et la chaîne ABC, publié mardi, est crédité de 49% des voix contre 46% au président sortant. Dans tous les autres duels hypothétiques, face à Tim Pawlenty, John Huntsman, Sarah Palin, Michele Bachman, l’une des héritières de cette dernière, ou n’importe quel autre prétendant (déclaré ou non), Obama l’emporte.  

Sa campagne de 2008. Battu de peu par le sénateur John McCain pour l’investiture républicaine, Mitt Romney peut valoriser cette expérience. D’autant que le prétendant qui séduisait le vote chrétien comme lui, Mike Huckabee, ne se lance pas en 2012. Grâce à cette défaite, les électeurs le connaissent mieux que la majorité des candidats potentiels.  
2008 a aussi montré qu’il pouvait remporter des Etats dans le nord-ouest du pays, dont le Massachusetts dont il a été gouverneur, assez naturellement. Mais aussi des Etats de l’ouest comme le Nevada, le Wyoming ou le Colorado. 

Le facteur Palin. Seule Sarah Palin, également en course en 2008 en tant que numéro 2 de John McCain, rivalise avec lui en termes de notoriété, mais son statut d’égérie du Tea Party pourrait lui aliéner le vote indépendant et la candidature de Michele Bachman pourrait entrer en collision avec la sienne, suggèrent Politico et le Washington Post.  
En réalité, Sarah Palin pourrait même être « la meilleure chose qui puisse arriver » à Mitt Romney. Il l’a affirmé lui-même sur CNN, précisant son propos: « A l’heure actuelle, le pire ennemi d’un candidat potentiel, c’est la surexposition médiatique. Les gens se fatiguent de voir toujours le même visage, encore et encore. »  

Le bilan économique d’Obama. Si Mitt Romney tire son épingle du jeu républicain, c’est peut-être parce qu’il a axé ses premières interventions de candidat sur la création d’emploi. Car ce sondage révèle surtout le pessimisme persistant des Américains vis-à-vis de l’économie. En lançant son comité exploratoire, avant d’annoncer sa candidature, il a choisi d’insister sur « l’échec » de la politique économique de Barack Obama.  
Un refrain repris dans son livre de pré-campagne No Apology (Aucune excuse) qui révèle le potentiel de ce diplômé d’Harvard dont la vision économique est sans doute « la plus sophistiquée », au sein du camp républicain… mais aussi sa tendance à verser dans l’hyperbole dès qu’il faut dénigrer les dérives « socialistes » de l’administration Obama, regrette le Washington Post. 

Sa propre expertise économique. « Tous ceux qui entourent Barack Obama ne savent pas comment on crée un emploi dans le secteur privé. C’est là que j’ai passé toute ma vie professionnelle », assène le businessman qui aime rappeler qu’à l’âge de 27 ans, il a quitté son travail pour rejoindre des amis dans une petite entreprise » qui a grandi avec les années. Depuis, il a fait fortune avec sa société d’investissement, Bain Capital. Ses valeurs: « Liberté, opportunité, innovation, esprit pionnier ».  

Un « rêve américain » doux à l’oreille en période électorale… si ce n’est que ses 25 ans de carrière dans le privé comportent aussi des éléments susceptibles de jouer en sa défaveur. Alors que le chômage angoisse l’Amérique, il a par exemple la réputation de ne pas faire de sentiment. En 1994, alors que Mitt Romney cherchait à éjecter Ted Kennedy de son siège de sénateur du Massachusetts, un employé renvoyé par Bain le qualifiait de « coupeur de gorges », rappelle Slate. « Le candidat Romney devra montrer un peu plus d’empathie. »  

Sa gestion du Massachusetts. Avoir occupé un poste de gouverneur est un sérieux avantage pour les aspirants candidats républicains. Mitt Romney ne rate pas une occasion de mettre en avant que, lors de son mandat de 2003 à 2007, il a éliminé le déficit de l’Etat de 3 milliards de dollars, sans augmenter les impôts. Le chômage a même reculé. Oui mais l’économie américaine n’avait pas encore été frappée par la crise financière, « et le reste du pays connaissait même des résultats meilleurs » que le Massachusetts, souligne encore Slate. Un atout faible dans la manche de Mitt Romney, donc. 

Le Romneycare. D’autant qu’un point crucial de son bilan de gouverneur pourrait révulser les plus conservateurs: sa réforme de la couverture maladie dans l’Etat du Massachusetts ressemble fort à celle initiée par Barack Obama au niveau fédéral. Horreur! S’il peut se targuer d’avoir devancé le président et gagner quelques points chez les indépendants, ce Romneycare révulse les partisans du Tea Party, allergiques à l’intervention du public dans le privé. « Mitt Romney parviendra-t-il à suffisament distinguer Romneycare et Obamacare? », s’interroge le Christian Science Monitor. 

Sa réputation de girouette. »Flip-flopper ». Les politiques américains craignent cette étiquette signifiant qu’ils changent d’avis bien trop souvent. Or, sur des questions comme l’avortement ou la recherche sur les cellules souches, la position de Mitt Romney a beaucoup évolué au cours de sa carrière politique. Plus récemment, c’est son avis en matière de changement climatique, changeant lui aussi, qui inquiète les conservateurs, raconte le Washington Post. 

« Les mormons décoiffent! » C’est Newsweek qui le dit… « Ils ont conquis Broadway, la radio, le Sénat et ils pourraient gagner la Maison-Blanche », écrit le magazine, s’interrogeant sur la recette du succès des fidèles de l’Eglise de Jésus-Christ des Saints des derniers jours. Mitt Romney n’est d’ailleurs pas le seul mormon en lice: Jon Huntsman, autre prétendant à la candidature républicaine, l’est aussi. 

Mais la popularité de quelques fidèles ne veut pas dire que la foi mormone soit acceptée par tous les Américains: seuls 35% d’entre eux sont « à l’aise » avec l’idée d’avoir un président mormon, selon un sondage Quinnipiac récent. Elle est considérée comme une hérésie par les chrétiens évangéliques. S’aliéner cet électorat pourrait être un handicap non négligeable. Le candidat Romney pose déjà quelques jalons et insiste sur le fait que sa foi n’interfèrera pas avec sa politique, par exemple sur la question du mariage homosexuel. 

Sa fortune. Cet homme est capable de lever 10 millions de dollars en une journée pour sa campagne… Et sa société d’investissement, Bain Capital, lui a permis d’amasser une fortune personnelle de quelques centaines de millions de dollars. Ce trésor de guerre lui avait permis de venir à la rescousse des Jeux olympiques d’hiver de Salt Lake City, qui risquaient la faillite. Après un échec aux sénatoriales de cet Etat en 1994, il a rebondi sur ce succès pour remporter le poste de gouverneur en 2002. Ce rôle de sauveur, il va sans doute se proposer de le jouer en 2012, cette fois à l’échelle nationale.  

Marie Simon

L’Express.fr

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Sarah Palin se prépare déjà… pour 2012

En dépit de son ambition, la colistière de McCain ne fait pas l’unanimité chez les républicains.

Après une ascension fulgurante jusqu’au sommet de la politique américaine, le «pitbull avec du rouge à lèvres» ne semble pas prêt à retourner tranquillement chasser le caribou en Alaska. À 44 ans, Sarah Palin, la colistière de John McCain, n’ira pas à la Maison-Blanche en janvier, mais se prépare déjà… pour 2012.

«Je ne fais pas cela pour rien !» , a-t-elle confié peu avant l’élection, lors d’un entretien télévisé, comme on lui demandait si elle envisageait de poursuivre une carrière nationale. En octobre, le magazine The New Yorker avait souligné les grandes ambitions de Sarah Palin, révélant qu’elle avait payé les services d’une entreprise de relations publiques de Washington peu après son élection au poste de gouverneur de l’Alaska, en 2006, afin de se positionner sur la liste des vice-présidentiables. Sentant, ces derniers jours, la victoire s’éloigner, elle a fait, selon certains commentateurs, de plus en plus d’autopromotion, n’hésitant pas à exprimer publiquement son désaccord avec John McCain et ses conseillers.

Néophyte en diplomatie et en économie

Depuis, les spéculations vont bon train sur une éventuelle candidature de sa part pour la prochaine élection présidentielle. Dans quelques jours, selon le journal The Politico, les principales figures du parti républicain devraient se réunir pour tenter d’élaborer une nouvelle stratégie, avec pour objectif les élections de mi-mandat qui se tiendront en 2010. Nul doute que le rôle de Sarah Palin y sera évoqué.

Au sein du parti de l’Éléphant, les avis sont partagés sur le «pitbull», comme elle s’est elle-même qualifiée. Avec ses déclarations à l’emporte-pièce, son chignon et ses lunettes, cette ancienne Miss Wasilla, du nom de sa petite ville en Alaska, a de nombreux atouts pour séduire la frange conservatrice du Parti républicain.

Farouchement opposée à l’avortement et au mariage gay, cette mère de cinq enfants, dont un petit dernier trisomique, sait aussi se servir d’un fusil… Mais sur les électeurs modérés, cette gaffeuse, totalement néophyte en politique étrangère et en économie, bête noire des écologistes, provoque plutôt un effet repoussoir. Si elle a réussi à donner de l’énergie à la «base», la dynamique «hockey mom» (la maman qui emmène ses enfants à leurs matchs de hockey) s’est d’ailleurs aliéné une partie des cadres républicains : des poids lourds tels que l’ancien secrétaire d’État Colin Powell ou Ken Adelman, ex-conseiller de Ronald Reagan, ont préféré voter pour Barack Obama. Récemment, un conseiller de John McCain a qualifié Sarah Palin de «diva» qui n’accepte «de conseils de personne».

Pour d’autres, en revanche, la chasseuse d’élans a toutes ses chances pour 2012. «Elle sera la plus populaire des républicains quand tout cela sera terminé, clame Ed Rollins, un ancien proche de Ronald Reagan. Elle va passer les trois prochaines années à faire des dîners politiques et à lever des fonds pour d’autres . Elle doit gagner en substance avant de devenir une candidate viable.». C elle qui se piquait de «connaître» la Russie parce qu’on peut l’apercevoir depuis l’Alaska a en effet encore pas mal de chemin à parcourir.

Stéphane Kovacs

Le figaro.fr

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En flagrant délit. L’Iran a tenté à dix reprises, au cours des dernières années, de transférer des armes aux terroristes à travers le Moyen-Orient. Dans un cas récent, en avril, une cargaison de missiles a été interceptée alors qu’elle était destinée aux talibans en Afgahnistan. C’est ce que révèle un rapport des Nations Unies obtenu jeudi par le Jerusalem Post.

Le rapport a été soumis il y a trois semaines au Conseil de sécurité de l’ONU par un groupe d’experts qui surveille le respect des sanctions imposées à l’Iran. Le rapport a été dévoilé sur internet et a été obtenu par des analystes de la défense israélienne.

Il dévoile les dix cas de trafic d’armes, y compris celui du navire Victoria, arraisonné par la marine israélienne plus tôt cette année et qui transportait des armes à destination du Hamas. Parmi les cas les plus récents évoqués, les forces britanniques en Afghanistan ont découvert une cargaison de missiles antinavires avancés de fabrication iranienne, et des roquettes 122 mm à destination des talibans.

Tests de missile longue portée

En mars, les autorités turques ont stoppé un avion cargo à destination de la Syrie. A l’époque la Turquie a tenté de minimiser la nouvelle, mais le rapport de l’ONU révèle que les autorités y ont découvert des dizaines de fusils d’assaut AK-47 et près de 2000 obus de mortier. Le rapport confirme que les armes venaient d’Iran et étaient fournies par les Gardiens de la Révolution.
Un peu plus loin, le rapport indique que l’Iran a procédé à des tests pour deux de ses missiles longue portée les plus avancés, le Shihab 3 et le Sajil, en février.

Ces tests n’avaient pas été évoqués par les Iraniens à l’époque, ni par les Etats-Unis et Israël, qui suivent de tels tirs de missiles.

Tal Inbar est à la tête du Centre de recherche spatial à l’Institut Fischer pour les Etudes stratégiques aériennes et spatiales. Inbar a analysé le rapport et indique que les tests de missile par l’Iran sont significatifs puisque le pays fait des efforts pour cacher son programme de missiles balistiques. En effet, cela soulève des soupçons sur la nature de ce programme et ses liens avec son programme nucléaire.

Le rapport évoque également l’échange régulier de technologie pour les missiles balistiques entre l’Iran et la Corée du Nord, et précise que les sanctions financières semblent porter leurs fruits sur Téhéran, comme le montrent « les mesures prises par l’Iran pour les contourner ».

« Ces mesures sont coûteuses et longues à mettre en place. Elles incluent des dispositions pour permettre aux banques sanctionnées de continuer à avoir accès au secteur financier international via des échanges normaux conduits par des établissements non sanctionnés », selon le rapport. « Néanmoins, malgré les restrictions financières, l’Iran apparaît en mesure de continuer à payer pour acquérir à l’étranger ses programmes de missiles balistiques et nucléaires ».

Yaakov Katz

JPost.fr

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L’Iran a bien envoyé des sous-marins en mer Rouge, une première aussi loin des côtes iraniennes qui « n’inquiète » pas les Etats-Unis, a affirmé aujourd’hui le porte-parole du Pentagone, le colonel David Lapan.

Interrogé par des journalistes, le colonel Lapan a confirmé l’information révélée par l’agence iranienne semi-officielle Fars selon laquelle des sous-marins iraniens avaient pour la première fois été envoyés dans les eaux internationales et se trouvaient en mer Rouge. Il n’a pas précisé combien de sous-marins avaient été envoyés par Téhéran.

Ce déploiement, quelques mois après l’envoi en Méditerranée de deux navires iraniens, ne préoccupe pas les autorités militaires américaines, selon le colonel Lapan pour qui « il n’y a pas lieu d’être inquiet à ce stade ». « Nous avons à de nombreuses reprises fait part de nos inquiétudes vis-à-vis des actions qui engendrent de l’instabilité mais le fait de simplement faire bouger ses forces militaires n’est pas nécessairement quelque chose qui nous préoccupe », a-t-il confié.

Selon l’agence Fars, ces sous-marins doivent rassembler des « informations sur les navires de guerre des autres pays » présents dans la zone. En février dernier, deux navires de guerre iraniens ont été envoyés en Méditerranée, pour le première fois depuis 1979, pour une visite en Syrie, traversant la mer Rouge et le canal de Suez. La marine israélienne avait élevé son niveau d’alerte à la suite de l’entrée en Méditerranée des deux navires et le président israélien Shimon Peres avait qualifié ce geste de « provocation politique ».

AFP

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Étrange discours d’un média algérien sur la relation en Israël et le CNT libyen.

Les actuels dirigeants du CNT ne sont pas des enfants de coeur, leur parcours est loin d’être celui qu’empruntent les démocrates. Ils sont en partie des opportunistes qui après avoir été des hommes clef du dictateur libyen à des titres divers et non des moindres se retrouvent aujourd’hui auréolés par leurs titres de démocrates, après avoir été reçus à l’Élysée et reconnus par les instances internationales. L’article du média algérien est révélateur de tensions. C’est à ce titre qu’il est instructif.
Les dérives inquiétantes du CNT libyen

Relations avec Israël, accusations à l’encontre de l’Algérie, crimes de guerre…

Avant même d’accéder au pouvoir, le Conseil national de transition (CNT) multiplie les maladresses. Le comportement de ses dirigeants a de quoi inquiéter les Libyens et susciter la méfiance des voisins de la Libye, particulièrement l’Algérie. La révolte populaire du début de l’année semble se transformer progressivement en un projet dont l’objectif s’éloigne de plus en plus des aspirations démocratiques qui ont fait sortir des milliers de Libyens dans la rue pour réclamer le départ du dictateur Mouamar Kadhafi.

Si le soutien de l’Otan aux rebelles ne pose pas problème, les relations entre le CNT et Israël sont un véritable motif d’inquiétude dans la région. Jeudi, l’écrivain français Bernard‑Henri Lévy a affirmé avoir transmis un message du CNT au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors d’une rencontre jeudi à Jérusalem.

« J’ai communiqué au Premier ministre un message verbal de ce Conseil, dont le point essentiel est que le futur régime libyen sera un régime modéré et anti‑terroriste, qui aura le souci de la justice pour les Palestiniens et de la sécurité pour Israël », a affirmé M. Lévy à l’AFP. Selon ce message, « le futur régime libyen entretiendra des relations normales avec les autres pays démocratiques, y compris avec Israël », a précisé l’écrivain, en provenance de Misrata, une ville située à l’est de Tripoli et contrôlée par les rebelles du CNT. Bernard-Henri Levy affirme que le Premier ministre israélien « n’a pas semblé surpris par le message ».

Vendredi, au lendemain de cette déclaration, le CNT n’avait toujours pas démenti le contenu du message envoyé aux autorités israéliennes. Cette lettre intervient quelques jours après la diffusion d’une information sur l’existence d’un accord secret conclu entre le CNT et Israël pour l’installation d’une base militaire israélienne en Libye. Une information qui n’a jamais été démenti par les rebelles libyens.

Accusations contre l’Algérie

Si le CNT libyen fait tout pour rassurer Israël, il ne rate aucune occasion de s’attaquer à l’Algérie. Depuis le début du conflit, l’organe politique de la rébellion libyenne a multiplié les accusations à l’encontre de l’Algérie. Il a affirmé que l’Algérie envoyait des mercenaires et des armes au régime de Kadhafi, sans jamais apporter la preuve de ces accusations. Moustapha Abdeljalil, le chef du CNT, a porté des accusations publiques contre l’Algérie. Le CNT s’est même plaint officiellement auprès de la Ligue arabe concernant l’aide de l’Algérie au régime du colonel Mouamar Kadhafi.

Pourtant, aucune preuve sur l’implication de l’Algérie n’a été fournie par le CNT. A l’exception de la France, les grandes puissances occidentales, directement impliquées dans le conflit, ont démenti l’envoi par le pouvoir algérien de mercenaires et d’armes en Libye. « Je n’ai rien vu d’officiel ou de rapport qui fasse état d’envoi par l’Algérie de mercenaires en Libye », a déclaré mercredi à Alger le commandant de l’Africom (Commandement militaire américain pour l’Afrique), le général Carter F. Ham. Pour sa part, un porte‑parole du ministère britannique des Affaires étrangères, cité jeudi par l’APS, a déclaré : « il n’y a aucune indication qui permette d’affirmer que le gouvernement algérien est en train de faciliter l’entrée de mercenaires en Libye ». Malgré ces démentis, le CNT libyen n’a toujours pas fait le moindre geste d’excuses en direction de l’Algérie et des Algériens.

Crimes de guerre

Ces maladresses diplomatiques viennent s’ajouter à des dérapages sur le terrain. Une commission d’enquête de l’ONU a affirmé en fin de semaine avoir « trouvé quelques actes qui constituent des crimes de guerre », en particulier des cas de « torture ainsi que d’autres formes de traitements inhumains et dégradants » de la part de la rébellion.

La même commission met aussi en cause le régime de Mouamar Kadhafi « Des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre ont été commis par les forces du gouvernement libyen », a‑t‑elle conclu, évoquant « un recours excessif à la force contre les manifestants, au moins dans les premiers jours des manifestations, ayant entraîné un nombre important de morts et de blessés ». Le rapport mentionne aussi des détentions arbitraires, des disparitions forcées, des obstacles à l’accès aux soins médicaux et des « attaques graves » contre les médias.

TSA – Tout Sur l’Algérie

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« Toutes les cinq minutes dans le monde, un chrétien est tué à cause de sa foi », a déclaré le sociologue italien, Massimo Introvigne lors de son intervention à la conférence sur le dialogue interreligieux entre chrétiens, juifs et musulmans, à Gödollö (Budapest), organisée les 2 et 3 juin derniers par le ministère de l’administration publique et de la justice de Hongrie etle Conseil de l’Union européenne.
D’après Massimo Introvigne, représentant de l’organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) pour la lutte contre l’intolérance et la discrimination contre les chrétiens, 105.000 chrétiens sont tués chaque année dans le monde au seul motif de la foi qu’ils professent.

« Si ces chiffres ne sont pas hurlés au monde, si ce massacre n’est pas arrêté, si l’on ne reconnaît pas que la persécution des chrétiens est la première urgence mondiale en matière de violence et de discrimination religieuse, alors le dialogue interreligieux ne produira que de belles conférences mais aucun résultat concret », a-t-il déclaré.

La rencontre a rassemblé de hauts responsables comme le cardinal Peter Erdö, président des évêques d’Europe, le custode de Terre Sainte, le père Pierbattista Pizzaballa, l’archevêque Antonio Maria Veglio, président du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, l’archevêque maronite de Beyrouth Paul Matar, le métropolite Hilarion, « ministre des Affaires étrangères » de l’Eglise orthodoxe russe, le représentant du Congrès juif européen, Zoltai Gusztáv, Orhunn Ömur de l’Organisation de la Conférence islamique, et le secrétaire général du Comité pour le dialogue islamo-chrétien au Liban, Chakib Hares Chehab.

Le diplomate égyptien Aly Mahmoud a annoncé un projet de loi visant à protéger les minorités chrétiennes dans le pays. Selon cette loi, tout discours incitant à la haine sera considéré un délit tandis que les rassemblements hostiles à l’extérieur des églises seront interdits.

Le cardinal Erdő a pour sa part évoqué le risque de voir s’éteindre tant de communautés chrétiennes au Moyen-Orient à cause de l’émigration de tous ceux qui, se sentant menacés, fuiront leur pays.

« Que l’Europe se prépare à une nouvelle vague d’émigration mais cette fois-ci de chrétiens fuyant les persécutions », a-t-il averti.

Le métropolite Hilarion a quant à lui fait savoir qu’ « un million au moins » des chrétiens victimes de persécutions dans le monde sont des enfants.

Zenit.org

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TORONTO – B’nai Brith Canada a formulé une plainte au gouvernement vénézuélien concernant la promotion à la radio d’État vénézuélienne des « Protocoles des Sages de Sion », un texte considéré par les Juifs comme de la propagande haineuse.

Les « Protocoles », qui ont été rédigés à la fin du 19e siècle, décrivent un complot établi par les Juifs pour la domination du monde.

« Nous nous inquiétons vivement des rapports selon lesquels les incidents d’antisémitisme ont augmenté au Venezuela ces dernières années, et la promotion de ce type de propagande antijuive ne peut évidemment qu’exacerber le problème », a affirmé Frank Dimant, président-directeur général de B’nai Brith Canada.

« Au cours de l’histoire, les Protocoles ont été utilisés dans la seule intention de semer la haine et la violence contre les Juifs. Plus récemment, des néo-nazis et des antisémites connus dans le monde entier ont tenté de relancer et promouvoir les mensonges haineux véhiculés par ce texte », a ajouté le porte-parole de l’organisme de défense des droits de la communauté juive.

La plainte a été déposée à l’ambassade du Venezuela à Ottawa et aux consulats généraux à Montréal et Toronto.

B’nai Brith demande au gouvernement du président Hugo Chavez de dénoncer immédiatement et catégoriquement la promotion des « Protocoles des Sages de Sion », et de déclencher une enquête afin que les médias d’État ne fassent plus la promotion de tels messages à l’avenir.

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La Turquie vote, le 12 juin, pour renouveler les 550 députés de son Assemblée nationale. Le scrutin est donné comme bouclé : crédité d’une large avance dans les sondages, le Parti de la justice et du développement (Adalet ve Kalkinma Partisi, AKP), au pouvoir depuis 2002, devrait à nouveau remporter une large victoire électorale.

L’inconnue porte sur l’ampleur de cette victoire et sur ses conséquences. Porté par ses succès économiques, l’AKP a jusqu’ici rallié à sa cause une audience disparate autour de l’idée d’approfondissement démocratique. Mais le blocage de l’alternance, dans un contexte de tensions régionales croissantes, entraîne aujourd’hui quelques interrogations sur l’avenir du régime turc.

Depuis 2002, les scrutins se succèdent en Turquie à un rythme rapide. Pas une année sans vote, cela semble être devenu la devise : élections locales (2009), législatives (les dernières en 2007), référendums (le dernier en septembre 2010), bientôt une présidentielle (en 2012 ou en 2013, pour la première fois au suffrage universel). L’enchaînement des scrutins est certes un indicateur démocratique, mais il révèle aussi un certain mode de gestion du pouvoir : encore une fois, la campagne électorale a été largement dominée par la personnalité du premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, qui retrempe sa popularité dans ces processus quasi plébiscitaires.

Le premier ministre tire, en effet, des urnes une légitimité qui n’allait pas de soi. La création de son parti, en 2001, est le début d’une success story que personne ne se serait risqué à prévoir. L’accession de l’AKP aux affaires, en 2002, ouvre ensuite une ère de continuité politique paradoxale : la domination d’un parti permet l’application d’un agenda de réformes tous azimuts, qui s’accompagne d’une profonde remise en cause des repères sociopolitiques hérités de Mustafa Kemal Atatürk.

Issu d’une généalogie islamiste, l’AKP défie d’emblée les référents idéologiques classiques. Prenant à contre-pied les observateurs, il commence par inscrire son action dans la perspective européenne et combat les blocages qui freinent l’entrée de la Turquie dans la communauté des grandes nations occidentales.

Pour conforter son électorat, l’AKP doit se rendre utile à tous, et ce pragmatisme calculé permet des avancées démocratiques majeures : fin des interférences de l’armée dans la vie politique, ouverture du dossier kurde, début de prise de conscience sur la question arménienne.

Ces audaces accumulées ont largement désorienté l’opposition, poussant le vieux parti kémaliste CHP (Cumhuriyet Halk Partisi) dans ses retranchements conservateurs, reléguant les partis kurdes dans une marginalité provincialiste et les ultranationalistes du MHP (Milliyetçi Hareket Partisi – Parti d’action nationaliste) à leur archaïsme.

Face à ces partis vieillissants, l’AKP s’est imposé dans un premier temps comme une incarnation de la modernité, alliant professionnalisme et efficacité. Il affronte encore aujourd’hui ces mêmes forces politiques, dont il a réussi pendant près de dix ans à capter l’électorat. Mais sa pratique du pouvoir a beaucoup évolué : la dynamique s’est crispée et la tentation hégémonique se précise.

Le seuil de représentativité de 10 % fixé par la loi électorale turque est impitoyable et risque encore une fois de caricaturer la représentation au Parlement. Le MHP pourrait notamment en faire les frais : victime d’une sombre campagne de dénonciation d’affaires de moeurs, la plupart de ses cadres ont dû démissionner face à l’opprobre public. La diffusion d’enregistrement des ébats sexuels des leaders des partis d’opposition semble d’ailleurs devenue en Turquie un sport national, depuis que la méthode a fait ses preuves pour se débarrasser de Deniz Baykal, le précédent leader du CHP.

Une telle « méthode » de campagne trahit au passage un retour diffus de l’ordre moral en Turquie. La démonétisation rapide du kémalisme, idéologie dont le progressisme peut être en soi discuté dans le contexte du XXIe siècle, laisse finalement un vide. En jouant avec les références islamiques, l’AKP a réintroduit le religieux dans le champ politique turc ; il lui a également redonné une visibilité sociale, en l’instaurant comme critère de respectabilité. Bigoterie et conscience communautaire progressent : la reconnaissance des minorités, présentée comme une avancée démocratique vers un mieux-vivre ensemble, paraît plutôt renvoyer à un imaginaire néo-ottoman, où l’ordonnancement hiérarchique des millets (les nations sous l’Empire, définies par la religion) consacre encore la domination du musulman.

La vieille garde séculariste recule aujourd’hui devant l’évidence majoritaire : la société turque est encore largement imprégnée de religion et ce retour de l’islam satisfait également une pulsion d’affirmation identitaire, notamment face à une Europe qui snobe désormais les Turcs. Le ciment de l’identité islamique, déjà utilisé par Atatürk lui-même, gomme à nouveau la diversité religieuse, ethnique, culturelle du pays : si les Kurdes n’existaient pas dans le système kémaliste (tous turcs), ils sont encore aujourd’hui appréhendés par l’AKP via un élément réducteur de leur identité (tous musulmans).

Pour nos vieilles démocraties de plus en plus abstentionnistes, le niveau de l’excitation préélectorale en Turquie peut surprendre. Les partis se sont lancés dans une surenchère qui révèle indéniablement quelques sursauts du côté de l’opposition. Sous la houlette de son nouveau leader, Kemal Kiliçdaroglu, le CHP poursuit son effort de reconstruction et tente de se redéfinir comme parti social-démocrate. Tous les partis demandent une nouvelle constitution pour remplacer celle de 1980, héritée des militaires, et clore définitivement l’ère des coups d’Etat.

Mais la violence des débats révèle la difficulté à accoucher d’un nouvel ordre : le registre nationaliste domine, et la campagne a été émaillée d’incidents, notamment en pays kurde. Le parti prokurde BDP (Baris ve Demokrasi Partisi – Parti de la paix et de la démocratie), contraint de présenter ses candidats en indépendants pour s’assurer l’accès au Parlement malgré le seuil des 10 %, est prêt à l’affrontement. En toile de fond, la poursuite des grands procès impliquant l’armée donne une impression de règlements de comptes opaques.

Jusqu’à ces derniers mois, le système politique turc pouvait être décrit comme une sorte de démocratie concurrentielle : une variété de pouvoirs, exécutif, juges, armée, médias, confréries, étaient engagés dans une compétition souvent violente pour faire prévaloir des agendas parfois très éloignés, garantissant finalement une succession d’équilibres à court terme.

Aujourd’hui la domestication de l’armée, la réforme du pouvoir judiciaire vont tous dans le sens d’un renforcement de l’exécutif. L’AKP a longtemps gouverné avec une culture d’opposition, se sentant menacé alors même qu’il exerçait le pouvoir, dans un pays où il n’est pas si difficile de faire disparaître des partis politiques « gênants » : il n’est pas passé loin de la dissolution, en 2008, et un parti kurde a encore été interdit en 2009. Mais l’équipe au pouvoir assume désormais son statut de maître du jeu. L’AKP a su s’approprier les institutions au point d’avoir les moyens de verrouiller le champ politique.

Aujourd’hui, certains indicateurs pourraient annoncer un resserrement du régime. Le modèle du parti dominant revient en force : les faiblesses chroniques du CHP, tant sur le plan de l’organisation que des idées, éloignent toute perspective d’alternance.

Dans ces conditions, le premier ministre semble travaillé par une tentation hégémonique. Il a plusieurs fois annoncé son intention de réformer le régime dans un sens présidentiel pour asseoir définitivement son autorité. Impitoyable à l’égard des critiques, il affirme un style de plus en plus autoritaire : après quelques arrestations spectaculaires de journalistes d’opposition, accusés de comploter contre l’Etat, un climat d’autocensure s’installe dans le pays.

Tout questionnement sur la nature du régime turc doit prendre en compte des déterminants externes lourds. Vus de Turquie, les succès diplomatiques du ministre des affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, figurent à l’actif du bilan. Le redéploiement régional opéré sous sa conduite a permis d’autonomiser une diplomatie turque alignée sur l’Occident depuis la guerre froide. La Turquie s’impose dans son voisinage – Balkans, Moyen-Orient, Caucase – comme soft power (pouvoir discret) bienveillant, capable d’assurer un leadership sur des dossiers difficiles : les Turcs défendent la voie diplomatique sur le dossier iranien et s’opposent à Israël sur la question palestinienne.

Américains et Européens s’inquiètent de ces choix sur lesquels ils n’ont pas de prise, et qui annoncent peut-être le succès d’un paradigme alternatif, de plus en plus islamisant, de compréhension des relations internationales. La stature internationale de leur pays rassure au contraire les Turcs dans leur quête identitaire. Le débat sur un éventuel « modèle turc » pour les révolutions arabes les valorise mais de façon ambiguë, les renvoyant implicitement dans le camp oriental.

Le « printemps arabe » a, en réalité, surpris les Turcs comme tout le monde, et il les affecte plus directement, car il les place brusquement face à des responsabilités politiques nouvelles. Le malaise est perceptible : après avoir hésité sur l’Egypte et cherché un moyen terme sur la Libye, le gouvernement turc se débat aujourd’hui sans succès pour apaiser la crise en Syrie, pays avec lequel les relations étaient particulièrement étroites ces dernières années.

Impératifs économiques, complexité des relations tissées avec les régimes arabes, absence de moyens de pression crédibles : l’efficacité et la prétendue cohérence éthique du modèle davutoglien sont mises à mal.

Or la fascination pour l’exemple turc est ambivalente au Moyen-Orient : pour certains, la Turquie est un exemple de transition démocratique séculariste, pour d’autres, elle a permis l’avènement d’un modèle de gestion islamique durable. Il reviendra au prochain gouvernement turc de trancher cette ambiguïté, en stabilisant un modèle politique encore incertain, sous l’oeil attentif de ses alliés.

Le Monde.Fr

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La communauté juive de Belgique s’est dite « surprise » par la visite cette semaine d’un membre du gouvernement israélien à l’invitation deon de Filip Dewinter, un dirigeant du parti d’extrême droite flamand Vlaam Belang.
Ayoob Kara, un Druze qui est vice-ministre pour le développement de la Galilée et du Néguev, a rencontré Dewinter qui l’a accueilli au Parlement flamand et lui a fait visiter une région fortement peuplée de musulmans dans le nord d’Anvers.

Le mensuel juif  Joods Actueel  publié à Anvers,  ville où vivent environ 18.000 juifs, a provoqué un certain émoi en s’interrogeant sur l’opportunité pour un membre du gouvernement israélien de se lier avec un parti isolé en Europe, qui en outre a déposé récemment une proposition de loi au Sénat belge demandant l’amnistie pour les anciens collaborateurs belges des nazis pendant la Seconde guerre mondiale .

Lors d’une conférence de presse, vendredi, Kara et Dewinter ont souligné le caractère privé de la visite. Kara a dit avoir accepté l’invitation à titre personnel, et pas en tant que représentant du gouvernement israélien.

Les deux hommes s’étaient déjà rencontrés l’an dernier en Israël.

« Ces derniers temps, le Vlaams Belang est le seul parti qui soutienne franchement Israël », a dit Ayoob Kara. Il a  indiqué qu’il n’était pas opposé à l’Islam, mais seulement à ses dérives fondamentalistes. Filip Dewinter n’y a vu que des différences de nuances ne remettant pas en cause leurs points communs. Il a expliqué la nécessité de mettre en garde contre l’islamisation croissante de l’Occident.

L’ambassade d’Israël en Belgique a réagi avec embarras.

Un porte-parole ambassade a déclaré au magazine anversois : « Nous avons appris au sujet de la visite à travers la presse, nous n’étions pas au courant de cette visite. »

Il a insisté qu’il s’agissait d’une visite privée par Ayoob Kara, ce qui a été confirmé plus tard par Mark Regev, porte-parole du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou.

«Le vice-ministre Kara est en Belgique en sa qualité personnelle et sa visite ne reflète pas la politique du gouvernement », a-t-il déclaré.

Michael Freilich, rédacteur en chef de Joods Actueel, estime que cette visite est « très dommageable » pour la communauté juive et pour Israël.

EJPress.org

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L’Iran soutient les soulèvements dans les pays musulmans sauf ceux qui sont inspirés par les Américains, a déclaré samedi le guide suprême de la Révolution iranienne, l’ayatollah Ali Khamenei, lors des cérémonies marquant le 22e anniversaire de la mort de l’ayatollah Ruhollah Khomeini.
Cette position explique l’absence de soutien apporté par Téhéran aux manifestations anti-gouvernementales en Syrie.

Prenant la parole devant des milliers de personnes rassemblées au mausolée de l’imam Khomeini dans la banlieue de Téhéran, l’ayatollah Khamenei a affirmé que le père de la République islamique avait prédit les événements qui ont secoué ces derniers mois le Proche-Orient et l’Afrique du Nord et la révolte des populations arabes contre des régimes autocratiques.

L’Iran s’était réjoui en février de la chute du président égyptien Hosni Moubarak, un allié des Etats-Unis dont le pays a été le premier Etat arabe à signer la paix avec Israël.

Téhéran a également apporté son soutien aux mouvements pro-démocratie dans la région, notamment à Bahreïn, où la monarchie sunnite a reçu l’appui de l’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis pour faire face aux manifestations de la majorité chiite du pays.

Mais les autorités iraniennes, qui ont elles mêmes écrasé les manifestations de l’opposition après l’élection présidentielle contestée de juin 2009, n’ont pas appuyé les manifestants syriens qui contestent le pouvoir du président Bachar el Assad qui a succédé il y a onze ans à son père à la tête du pays.

« Notre position est claire: là où il y a un mouvement islamique, populaire et anti-américain, nous le soutenons », a dit Khamenei devant une foule qui scandait « Mort à l’Amérique! ».

Sans mentionner directement la Syrie, il a poursuivi: « Si quelque part un mouvement est suscité par l’Amérique et les sionistes, nous ne le soutenons pas. A chaque fois que l’Amérique et les sionistes entrent en scène pour renverser un régime et occuper un pays, nous sommes dans le camp opposé. »

Washington accuse Téhéran d’aider la Syrie a réprimer le mouvement insurrectionnel contre le gouvernement de Damas, qui aurait fait plus de mille morts depuis onze semaines.

Les adversaires de l’Iran craignent que les troubles qui secouent la région depuis cet hiver ne renforcent l’influence des chiites iraniens au Proche-Orient.

Les Etats-Unis et Israël soupçonnent l’Iran de se servir de la Syrie pour fournir des armes aux groupes islamistes au Liban et dans la bande de Gaza.

Evoquant la situation intérieure iranienne, l’ayatollah Khamenei a déclaré que des voix discordantes pouvaient très bien se faire entendre dans le pays à condition qu’elles ne remettent pas en cause le système islamique.

Avec Ramin Mostafavi, Guy Kerivel pour le service français

Par Reuters

L’Express.fr

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Mohammad Ilyas Kashmiri, l’un des hauts responsables d’al-Qaida, aurait été tué le 3juin par une attaque de drone américain au Pakistan. C’est ce que des sources anonymes ont confirmé aux journalistes Ron Moreau et Sami Yousafzai, du Daily Beast. 
Des sources talibanes auraient déclaré à un journaliste local que Kashmiri et jusqu’à neuf autres hommes étaient en train de boire le thé dans un verger de pommiers quand les missiles se sont abattus, les tuant tous.

Ce décès a été confirmé par Abu Hanzala, qui dit être membre de Harkat-ul Jihad Islami, un groupe djihadiste affilié à al-Qaida et dirigé par Kashmiri. Dans un fax, il explique que Kashmiri est devenu un «martyr» la nuit dernière (23h15 heure locale) dans une attaque de drone.

«Si Dieu le veut, le Pharaon de notre temps, l’Amérique, va bientôt voir notre réponse vengeresse forte. Notre ennemi est seulement l’Amérique.»

The Daily Beast souligne que la mort de Kashmiri avait déjà été annoncée à tort il y a deux ans, mais que cette fois-ci, «de toute évidence», il n’allait pas refaire surface.

Kashmiri est une cible prioritaire des Etats-Unis qui, rappelle lemonde.fr, ont mis la tête de Mohammad Ilyas Kashmiri à prix : cinq millions de dollars (3,4 millions d’euros).

«Les experts occidentaux de la lutte antiterroriste dans la région sont unanimes pour dire qu’il est l’un des principaux commandants opérationnel d’al-Qaida, chargé notamment de la coordination des attaques au Pakistan et à l’étranger. Le département d’Etat américain lui impute notamment un attentat suicide qui avait fait quatre morts et 48 blessés en mars 2006 au consulat des Etats-Unis à Karachi, ainsi qu’un attentat au Danemark.»

L’homme, originaire du Cachemire, est également soupçonné par les service secrets d’avoir planifié «la menace terroriste mise au jour en octobre 2010 en Europe (notamment en Allemagne, en France et en Grande-Bretagne) et aux Etats-Unis». L’Inde, continue lemonde.fr, l’accuse, avec 49 autres personnes au Pakistan, «d’avoir participé à l’organisation des attaques de Bombay, qui ont fait 166 morts fin novembre 2008».

Le 31 mai, le seul journaliste à l’avoir interviewé, Saleem Shahzad, avait été retrouvé assassiné. Courrier International souligne que cette mort pourrait être liée «à sa dernière enquête, Al-Qaida had warned of Pakistan strike (al-Qaida avait prévenu qu’elle frapperait le Pakistan), publiée sur Asia Times Online le 27 mai dernier (…). Témoignages à l’appui, son article révèle l’infiltration par le réseau terroriste de la marine pakistanaise».

Slate.fr

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Sarah Palin a visité hier la Statut de la Liberté et le site d’Ellis Island, avec un magen David autour de son cou.
L’Ex-gouverneur d’Alaska vient d’entamer une tournée en bus du Nord-Est des Etats-Unis. Sans officialiser sa candidature à la présidentielle américaine, ce «voyage» ne fait que relancer les spéculations sur les ambitions de cette belle brune toujours tirée à quatre épingles.

Sarah Palin a expliqué aux journalistes qu’elle portait ce pendentif pour marquer le coup en ce jour du 44ème anniversaire de la réunification de Jérusalem. C’est, en effet, à l’occasion du Yom Yerouchalaïm, que la possible future candidate à la présidentielle américain pour le camps républicain, a choisi de témoigner son soutien à l’Etat hébreu.

Mme Palin portait déjà une étoile de David lors de son récent séjour à Jérusalem en mars dernier. Le magen David semble être pour cette femme comme une sorte de drapeau, de symbole fort qu’elle utilise pour une communication politique ostentatoire. Mais le magen David n’a jamais été un drapeau ou un tee-shirt sur lequel serait écrit : «I love Israël»… Qui d’autre que cette femme s’arroge le droit de porter cette étoile au titre d’un soutien politique à l’Etat hébreu ? Cette récupération d’un objet ,d’abord religieux, projeté sans ménagement dans un univers des plus kitsch, est-il vraiment profitable au peuple juif ?

Ce «léger» malentendu ne fait qu’illustrer l’absence d’un candidat solide, doté d’une véritable carrure internationale, dans le camps républicain. Dans l’horizon de la droite américaine, rien ne semble faire vraiment le poids face à l’actuel président. Barack Obama peut continuer à surfer encore tranquillement sur la vague bénéfique de la capture et de l’élimination de Ben Laden…

Shirel Mignon

JForum.fr