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Ce « schisme » féministe, salutaire en vérité, a au moins le mérite de clarifier les choses. Derrière lui s’esquissent les premiers contours du débat sur la laïcité – et, partant, du devenir de la République face à une certaine idée du « vivre-ensemble »

Quand deux visions du féminisme s’affrontent

Les viols de masse de femmes allemandes perpétrés la nuit du Nouvel An à Cologne, presque exclusivement par des hommes jeunes, issus de pays musulmans et parfois « migrants », ont révélé deux conceptions du féminisme qui s’affrontent. En France, ils ont rallumé, du même coup, la « guerre des gauches ».

Photo : SIPA.AP21853579_000041

Le « syndrome de Stockholm »1 n’a sans doute jamais si bien porté son nom. Depuis que des policiers suédois ont fini par se résoudre à révéler l’impensable : des centaines de viols et de délits, à caractère sexuel, enregistrés pendant des années, dans le pays qui, par excellence, incarne et glorifie les vertus de l’accueil des migrants ont été tus. Sciemment.

Stupeur et scandale. Ainsi donc, il aura fallu une réaction en chaîne, consécutive à l’onde de choc qui a secoué l’Europe du Nord, après la nuit de cauchemar de la Saint-Sylvestre àCologne, pour déciller les yeux et déboucher certaines oreilles.

Un second mur est tombé en Allemagne : celui du silence

Un second mur est tombé, en Allemagne, le 2 janvier dernier : celui du silence. Depuis, rien n’est plus vraiment comme avant. Tout commence par un communiqué, lapidaire et lénifiant, publié par les autorités policières de la grande ville rhénane. Rien à signaler. La nuit du Nouvel An a été calme. La routine. Dès le lendemain pourtant, les réseaux sociaux se mettent à bouillonner. Des femmes, souvent seules, parfois accompagnées, auraient été violentées par des groupes d’individus très virulents et mobiles. Vite débordée, la police aurait plus ou moins laissé faire.

Les images tournent alors en boucle sur Facebook et Twitter. Elles rappellent, à s’y méprendre, celles de la place Tahrir, au Caire, pendant les prémices de ce fameux « printemps arabe » que les médias occidentaux ont longtemps cru observer. Mêmes méthodes d’encerclement, puis d’isolement de leurs proies – il n’y a pas d’autres termes – de la part de types aussi déterminés que des moustiques autour d’un néon un soir de juin. Ensuite ? Coups, attouchements, tirages de cheveux, immobilisations, viols et vols se succèdent, dans un ordre incertain, à cette sinistre loterie.

Une journaliste de France 3, envoyée spéciale en Egypte pour couvrir le soulèvement populaire ayant emporté le raïs Moubarrak, en a fait la cruelle expérience à l’époque. Sans doute aurait-elle beaucoup à raconter. Promue depuis – sur France 2 – et en charge du traitement de sujets plus calmes, elle aussi s’est tue. L’y a-t-on, un peu, encouragée ? Mystère.

Quand les langues se délient

Après la sidération, la colère. Police, justice, municipalité, politiques…L’heure des explications sonne vite. D’abord à Cologne puis dans toute l’Allemagne. L’embarras des autorités contraste avec l’indignation des citoyens. Car les langues se délient. Plus de 500 plaintes enregistrées dans la cité. Et encore, l’affluence aurait été telle que bon nombre de femmes, découragées par l’attente, auraient renoncé. De Hambourg également, les nouvelles remontent. Elles ne sont pas bonnes. Cent-quatre-vingts plaintes au moins. Au bout du compte, 12 des 16 « länder » que compte le pays auraient été touchés. Un cauchemar national !

La maire de Cologne, croyant judicieux d’en rajouter, donne, d’emblée, dans la culture de l’excuse. « Les femmes n’ont qu’à tenir ces hommes en respect à distance d’un bras, conseille-t-elle, vaguement moralisante. »

Grotesque ! Du coup, les esprits s’échauffent, davantage encore, et la réprobation générale monte d’un cran. La chancelière se voit contrainte de sortir la rampe à incendie. « S’il est avéré que des migrants se sont rendus coupables de ces faits extrêmement graves, leur autorisation de séjour leur sera retirée », tranche-t-elle.

Prestement diligentées depuis, les investigations des policiers et des magistrats ont confirmé, en tous points, les témoignages des victimes. La quasi-totalité des auteurs de ces agressions sont des hommes, âgés de 17 à 30 ans, principalement originaires du Maroc, d’Algérie, de Tunisie, de Syrie, d’Irak et d’Afghanistan.

Bref : des faits. Accablants. Suffisants pour calmer les ardeurs des sourcilleux pourfendeurs de cette persistante « islamophobie » dont les ravages inonderaient l’Europe ? Sûrement pas !

Deux visions du féminisme face à face

D’emblée, les féministes allemandes se divisent. D’un côté, le traditionnel triptyque agrémenté, pour la circonstance, de considérations locales : ni amalgame, ni stigmatisation. Ces regrettables incidents s’expliqueraient par le « choc d’intégration ». D’ailleurs, les femmes subiraient les mêmes sévices pendant la Fête de la bière sans que cela ne choque personne.

L’argument, dans le camp d’en face, laisse pour le moins sceptique. « Un million d’hommes, issus de pays où les femmes n’ont qu’un droit, celui de se taire, viennent d’entrer en Allemagne, y fait-on valoir. Si l’on commence par les exonérer de toute responsabilité après des dérapages aussi graves, le pire est à venir. »

L’opinion publique semble avoir choisi son camp. En France, Clémentine Autain, l’une des égéries de « la gauche de la gauche », a fait le sien. Et son choix n’est pas celui que l’on aurait pu imaginer. Surtout de la part d’une féministe de longue date, assumée et revendiquée, victime elle-même d’une expérience douloureuse par le passé.

« Entre avril et septembre 1945, environ 2 millions d’Allemandes ont été violées par des soldats. La faute à l’islam ? », poste-t-elle dans un tweet vengeur.

Comme si le Vieux continent était déchiré par une guerre mondiale… Réflexe « pavlovien ». L’amour viscéral pour les « damnés de la Terre » – ou présumés tels – est décidément le plus fort.

Ce courant « féministe », à forte coloration « tiers-mondiste », et aux préoccupations humanistes à géométrie variable ne date pas d’hier. Dame Autain s’inscrit dans la lignée d’autres « combattantes » célèbres, « compagnes de route » des mouvements d’émancipation de peuples opprimés, qui ont mené ce combat avant elle.

Un « schisme » salutaire qui clarifie les choses

Mais les temps ont changé. La générosité doit rester une valeur cardinale de l’Europe mais l’angélisme, lui, n’est plus vraiment de saison. La gauche et la « société civile », en France comme de l’autre côté du Rhin, ont retrouvé, sur ces questions sociétales, une certaine liberté de parole qu’elles semblaient avoir perdues. Ainsi, Elisabeth Badinter, pour ne citer qu’elle, a rapidement, et dans son style caractéristique, « remis les pendules à l’heure » après ce énième amalgame fort discutable.

Il ne faut pas s’y tromper. Ce « schisme » féministe, salutaire en vérité, a au moins le mérite de clarifier les choses. Derrière lui s’esquissent les premiers contours du débat sur la laïcité – et, partant, du devenir de la République face à une certaine idée du « vivre-ensemble » – entre les deux gauches.

Celui-ci déchire aussi le vénérable Observatoire de la laïcité où s’affrontent désormais deux conceptions bien différentes de notre société. Un nombre croissant de Français pensent que nous n’en ferons pas l’économie. La gauche « bleu-blanc-rouge » existe encore. La tragédie du 13 novembre l’a enfin réveillée. Elle ne paraît plus décidée à laisser le monopole de valeurs essentielles, fondées sur 2 000 ans d’histoire judéo-chrétienne, entre les mains de gens qui, aux deux extrêmes de l’échiquier politique, prétendent les accaparer.

Sa voix porte toujours. Pour combien de temps ?

  1. Expression qui désigne l’ensemble des symptômes caractérisant une forme, assez rare, de pathologie. Celle-ci aboutissant, in fine, à susciter l’empathie d’une victime à l’égard de son bourreau.

Publié le 05 février 2016 à 14:00 / Monde Société

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Nous continuerons d'appliquer énergiquement nos règles et d'interagir avec les autorités pour trouver des solutions viables pour éradiquer les contenus terroristes

Terrorisme : Twitter a suspendu 125 000 comptes

Souvent accusé d’inaction, le réseau social a fait un premier tri depuis 8 mois.

Un bon début

 

Terrorisme : Twitter a suspendu 125 000 comptes

« Rien que depuis le milieu de 2015, nous avons suspendu plus de 125.000 comptes pour avoir menacé ou fait la promotion d’actes terroristes, liés en premier lieu à l’EI ». Sur un blog dédié, le réseau social Twitter tente de montrer sa bonne foi et son implication. Souvent accusé d’inaction, l’oiseau bleu est un des principaux vecteurs de la propagande terroriste. On y trouve des textes, des photos mais aussi des vidéos postés par l’Etat islamique. De la même, façon, le magazine officiel du groupe terroriste se déniche facilement parmi les dizaines de milliers de comptes djihadistes.

Les Etats-Unis et l’Europe ont ainsi intensifié leur pression sur le réseau social qui rechignait à faire le tri. Il faut dire que repérer ces comptes dangereux doit se faire « manuellement » c’est-à-dire que leur repérage ne passe pas par un algorithme. Twitter fait alors confiance aux signalements des internautes. « Il n’y a pas d’algorithme magique pour identifier les contenus terroristes sur internet, de telle sorte que les plates-formes en ligne mondiales sont obligées de prendre des décisions difficiles, en se basant sur des informations et des lignes directrices limitées » se défend Twitter. « Malgré ces difficultés, nous continuerons d’appliquer énergiquement nos règles en ce domaine, et d’interagir avec les autorités et autres organisations adéquates pour trouver des solutions viables pour éradiquer les contenus terroristes sur internet et promouvoir les discours allant dans le sens inverse. »

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Publié le


Source :  atlantico.fr

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Evidemment le débat s'agite autour de cette simplification très mal vue par les enseignants.

Orthographe : 26 ans après, la réforme entre en vigueur dans les manuels scolaires

Jusqu’à présent, les nouvelles règles n’avaient jamais été appliquées. Bienvenue donc à « ognon, » « nénufar » ou encore « maitresse. »

Tout fout le camp…

 

Orthographe : 26 ans après, la réforme entre en vigueur dans les manuels scolaires

En septembre, ce sont pas moins de 2400 mots qui vont subir un lifting, programmé en 1990 mais jamais réellement appliqué dans les faits depuis maintenant 26 ans. Les accents circonflexes vont ainsi être les premières victimes de cette simplification. Ainsi « s’entraîner » peut aussi s’écrire « s’entrainer » et « paraître » peut s’écrire « paraitre ». Rien de neuf sous le soleil de l’orthographe car cette inscription dans les manuels scolaires pour la prochaine rentrée n’est qu’une stricte application d’une loi déjà ancienne.

Evidemment le débat s’agite autour de cette simplification très mal vue par les enseignants. Pourtant, certains mots comme « nénuphar » ont tout intérêt à être revus. Comme l’explique sur son blog le réseau pour la nouvelle orthographe du français (RENOUVO), l’apparition du « ph » dans ce mot est en fait une erreur datant de 1935. La véritable orthographe comporte bien un « f » depuis des siècles.

De la même façon, l’accent circonflexe retrouve son intérêt, dès lors qu’il est utilisé à bon escient, comme l’expliquait l’académicien Maurice Druon dans le texte de la réforme. ‘Il est apparu au Conseil supérieur qu’il convenait de conserver l’accent circonflexe sur la lettre a, e et o, mais qu’il ne serait plus obligatoire sur les lettres i et u, sauf dans les quelques cas où il est utile : la terminaison verbale du passé simple et du subjonctif imparfait et plus-que-parfait, et dans quelques cas d’homographie comme jeûne, mûr et sûr. » Ouf, l’orthographe est sauvée…

Publié le


Source : atlantico.fr

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RAS LE BOL – Arthur était invité dans  »Le Grand Journal », diffusé mardi soir sur Canal+. Alors qu’il réagissait au départ de Christophe Willem de Twitter, l’animateur star de TF1 a expliqué qu’il était lui-même la cible d’insultes sur le réseau social.

Arthur avoue ne pas s'habituer aux insultes répétées dont il est la cible sur Twitter.

 

C’est la face obscure de Twitter. Invité dans  »Le Grand Journal », diffusé mardi soir sur Canal+, Arthur a confié qu’il était lui aussi victime d’insultes répétées sur le réseau social.  »Je ne lis plus les messages de Twitter pendant mes programmes. Je vous invite à suivre mon compte Twitter pendant mes émissions de télé, vous allez voir ce que c’est que la haine. Mais je m’en fous. Moi j’utilise cet outil uniquement pour communiquer sur mes émissions et sur mon travail », a-t-il déclaré en précisant qu’il ne faisait jamais référence à sa vie privée sur le réseau social.

En faisant cette déclaration, l’animateur réagissait à l’histoire d’un autre invité, Christophe Willem. Le chanteur a, en effet, décidé de quitter Twitter où il était victime d’agressions répétées. « L’avènement de Twitter a fait apparaître le côté vil et malsain de certaines personnes jouissant de cette liberté de parole pour y répandre une haine permanente sous couvert d’un anonymat nouveau », avait écrit Christophe Willem sur Facebook.

1.5 million d’abonnés au compte d’Arthur

Dans l’émission de Maïtena Biraben, Arthur a également raconté qu’il était une cible du fait de sa religion.  »Je dois faire partie de ceux qui sont le plus insultés. On ne s’habitue pas par contre. Je ne m’habituerai jamais. Moi, ce n’est pas de l’insulte c’est de l’antisémitisme, voilà. Plus on a de monde qui vous suit, plus on a de monde qui vous insulte aussi », a-t-il dit alors que son compte Twitter affiche plus de 1,5 million d’abonnés.

En juin dernier, l’animateur star de TF1 avait déjà évoqué l’antisémitisme dont il est fréquemment victime. « J’ai dû être le Juif le plus vu à la télévision. J’ai cumulé les mandats : belle réussite, belles femmes. Je suis un provocateur« , avait-il raconté à Paris Match pour expliquer ce phénomène.

Mais mardi soir, les téléspectateurs qui regardaient  »Le Grand Journal » ont surtout relevé sur Twitter la très belle bourde d’Arthur qui en parlant du retour à la chanson de Renaud a évoqué  »le sphinx qui renaît de ses cendres ». Besoin d’un peu de repos peut-être ?

Metronews

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Une source a confirmé que l’acheteur était Leon Black, un homme d’affaires de New York. Sotheby a déclaré que la vente était un record du monde pour tout article de judaïca, selon le magazine Tablet.

L’édition rare du Talmud de Babylone a été imprimée par Daniel Bomberg au 16ème siècle et a été estimé à environ 5 à 7 Millions de dollars.

Bomberg était la première personne à imprimer l’édition complète du Talmud de Babylone, ce qui rend les manuscrits qu’il a imprimé parmi les plus précieux en langue hébraïque. On estime que seulement 14 exemplaires complets du Talmud imprimés par Bomberg existent dans le monde.

Le Talmud qui s’est vendu à 9,3 millions de dollars était le joyau de la couronne de la vente aux enchères par la Fiducie Bibliothèque Valmadonna, une collection privée importante de manuscrits hébreux, dont le dépositaire est Jack V. Lunzer. La vente a contrarié certains chercheurs, qui prétendaient que la vente violait les dispositions de LUNZER.

Le Forward a rapporté que 12 livres ont été proposés à la vente aux enchères, d’une collection contenant quelque 13.000 livres hébreux rares. Lunzer a envisagé de vendre dans le passé, mais toujours à la condition que la collection soit achetée dans son intégralité, qu’elle reste accessible aux chercheurs, que l’acheteur accepte de ne jamais démenteler la bibliothèque.

Maintenant âgé de 92 ans, Lunzer souffre de démence, et les fiduciaires ont décidé de vendre certains des livres rares et les plus précieux après avoir échoué pendant des années à trouver des acheteurs prêts à payer pour la collection complète.

Les chercheurs qui ont espéraient que la demande de Lunzer de conserver la collection complète et accessible serait respectée, sont outrés. «  » Ce serait une perte terrible pour l’histoire du livre en hébreu que de voir le reste de la collection de livres imprimés dispersés,  a dit « Brad Sabin Hill, conservateur au I. Edward Kiev Judaica Collection à l’Université George Washington, avant la vente. « Je considère que c’est très triste. »

Les fiduciaires, cependant, ont dit qu’il était nécessaire de vendre les livres afin de rendre toute la collection plus abordable.

Selon l’AFP, les 12 articles de la vente aux enchères de Sotheby ont été vendus pour un total de 14,9 millions de dollars, dont 3,6 millions de dollars pour une bible du 12ème siècle.

Ynet

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Voilà ce qui affole les Palestiniens. Des juifs tentent grâce au génie génétique de produire une vache rousse pour réaliser un acte de purification, comme indiqué dans la Torah.

Mais voilà, eux qui en théorie ne sont pas censés donner du crédit à la Torah, redoutent cette opération, et lancent des cris d’orfraie à la simple évocation de cette possibilité y voyant même le signe de l’apocalypse. Étrange effroi venant de la part de ceux qui dénigrent la Torah et ses observants. Sont-ils secrètement convaincus en leur for intérieur de la justesse du judaïsme? voilà la question.

Un groupe de juifs espère que son intervention pour concevoir une génisse rousse parfaite grâce à la haute-technologie sera un prélude à la disparition de la mosquée de Jérusalem.

Dans son bureau de Jérusalem, le rabbin Chaim Richman s’est immergé dans un mélange improbable de 2000 ans de tradition juive et de la dernière technologie d’élevage bovin américain.

Son objectif est de concevoir génétiquement une vache rousse parfaite. S’il réussit, il pense que cela ouvrira la voie à la destruction de l’un des sites sacrés de l’islam – la mosquée al-Aqsa dans la vieille ville de Jérusalem – et à la construction d’un temple juif à sa place.

Ce projet est susceptible d’enflammer le Moyen-Orient.

Le Temple Institute, dont Richman est le directeur international, a été créé dans les années 80 afin de rebâtir le temple de Jérusalem détruit par les Romains il y a près de deux millénaires.

Ses ruines, et ceux d’un précédent temple, se trouvent sous la mosquée. En conséquence, les juifs appellent « mont du Temple » le complexe d’al-Aqsa.

Dans une vidéo promotionnelle, le rabbin décrit ses efforts pour élever un troupeau de vaches rousses comme un « projet historique sans précédent ». Il déclare : « Depuis 2 000 ans, nous avons pleuré la destruction du temple saint, mais l’avenir est entre nos mains. »

« Le défi consiste à élever une génisse rousse parfaite selon les exigences bibliques, ici, en Israël. Il est temps de cesser d’attendre et de commencer à agir. »

L’institut, qui était autrefois considéré comme une frange extrémiste, a trouvé un soutien croissant auprès des juifs et des chrétiens sionistes américains.

Au cours des dix dernières années, ses idées ont également fait leur chemin jusqu’au grand public israélien : les politiques, y compris des ministres, reprennent ses propos concernant un troisième temple, et le financement du ministère de l’Éducation indique que des dizaines de milliers d’élèves israéliens participent chaque année à son programme.

Les craintes palestiniennes au sujet d’une menace croissante pesant sur al-Aqsa ont alimenté des semaines d’affrontements avec les forces de sécurité israéliennes et ont déclenché une vague d’attaques perpétrées par des « loups soliDaires ».

Les experts israéliens qui ont étudié les militants du Temple reconnaissent que les Palestiniens sont en droit d’être inquiets. Ils préviennent que les ambitions de personnalités comme le rabbin Richman pourraient provoquer une « apocalypse » dans la région.

2 000 ans d’attente

Les plans du Temple Institute pour un troisième temple en resteront toutefois à ce stade, à moins que celui-ci puisse trouver une génisse complètement rousse – une qui n’ait pas de poils blancs ou noirs.

Une des références bibliques à la génisse rousse se situe dans le Livre des Nombres, dans lequel Dieu dit à Moïse : « Avertis les enfants d’Israël de te choisir une vache rousse, intacte, sans aucun défaut, et qui n’ait pas encore porté le joug. »

Moïse est chargé de sacrifier rituellement l’animal et de mélanger ses cendres avec du bois de cèdre et de l’hysope. Le grand prêtre doit ensuite se baigner dans le mélange pour être « purifié du péché ».

Plus tard, les érudits juifs ont étendu ce rituel de nettoyage à la caste sacerdotale qui servait dans les temples antérieurs de Jérusalem, le premier construit par le roi Salomon et le deuxième qui s’est dressé là pendant des centaines d’années avant sa destruction en 70 avant J-C.

Dans la tradition juive, on n’a plus vu de génisse rousse pure depuis la période du second Temple, il y a 2000 ans.

Pendant des décennies, les militants du mont du Temple ont écumé les troupeaux de bétail roux du monde entier, de l’Argentine à la Nouvelle-Zélande, afin d’en trouver une, mais sans succès.

Aujourd’hui, avec les rapides avancées de la technologie d’élevage, Richman prétend qu’il est possible de créer une telle génisse grâce à des techniques de sélection génétique et d’insémination.

Il a conclu un partenariat avec une ferme située dans le sud d’Israël, laquelle a récemment commencé l’élevage de bovins de race Angus roux, prisés pour leur viande, en utilisant des embryons congelés importés des États-Unis.

L’aide des chrétiens sionistes

Après leur brève campagne promotionnelle l’été dernier, Richman et les autres membres du personnel du Temple Institute refusent aujourd’hui de parler aux médias.

Des pressions semblent être exercées sur l’institut afin qu’il garde profil bas par des donateurs américains qui ont introduit un programme visant à développer l’industrie israélienne du bœuf dans des ranchs du Néguev.

Richman dépend de l’expertise des agriculteurs pour concevoir une génisse rousse, mais les investisseurs américains ont été gênés par la publicité.

Une source proche de l’institut a déclaré à Middle East Eye que les efforts pour élever une vache rousse pure « avancent tranquillement » à mesure que son personnel et les agriculteurs israéliens acquièrent une meilleure connaissance des techniques d’élevage bovin.

« Rien ne sera révélé jusqu’à ce que nous annoncions que nous avons trouvé une génisse candidate, cela sera peut-être dans un an ou deux », a déclaré la source. « La question est très sensible en ce moment. »

Richman est rentré récemment d’un voyage aux États-Unis, après une possible tentative de levée de fonds supplémentaires, y compris auprès d’organisations sionistes chrétiennes. Le mouvement chrétien sioniste aux États-Unis est estimé à des dizaines de millions d’adeptes.

Le chercheur israélien Gershom Gorenberg note dans son livre The End of Days que beaucoup de sionistes chrétiens croient que la reconstruction du temple est « une condition essentielle à la seconde venue ».

Plus marginal

Selon une enquête menée l’année dernière par l’Israel Democracy Institute, 38 % des juifs israéliens soutiennent la prière sur le mont du Temple, malgré les interdictions du Grand Rabbinat. Un autre sondage, mené en 2013, a montré qu’un tiers des juifs israéliens soutenaient la reconstruction du temple.

Yossi Gurvitz, un journaliste israélien et chercheur sur les groupes du Temple, a déclaré que les enquêtes d’il y a vingt ans indiquaient que seule une poignée d’Israéliens soutenaient de telles idées. « Les temps où ces groupes pouvaient être considérés comme fous et hors de propos dans la société israélienne sont révolus. »

Une enquête menée par le quotidien Haaretz a révélé le mois dernier que le Temple Institute avait reçu plus de 511 000 euros de divers ministères au cours des cinq dernières années. Une grande partie de cet argent provenait du ministère de l’Éducation. Des cours obligatoires dans les écoles publiques religieuses sur « l’amour de la terre et du Temple » apprennent aux élèves à « prier du fond du cœur pour la reconstruction du temple ».

Gurvitz a noté que le Temple Institute est également considéré comme une alternative de « service national » au service militaire obligatoire en Israël pour les jeunes femmes religieuses.

Visites pour les écoliers

Ofer Zalzberg, un chercheur israélien de l’International Crisis Group, un think-tank spécialisé dans la résolution des conflits et basé à Washington et à Bruxelles, a déclaré que l’institut avait utilisé les fonds publics pour faire visiter le mont du Temple à 60 000 élèves israéliens chaque année.

« Les élèves sont effectivement obligés de participer à ces visites et là, ils entendent des choses très différentes de ce que leur diraient leur propre rabbins », a-t-il confié à MEE.

Zalzberg, qui a récemment publié un rapport sur l’évolution du statut du mont du Temple, estime que seul un rabbin sur 100 partage l’avis de Richman selon lequel les militants juifs devraient prendre l’initiative de reconstruire le mont du Temple, plutôt que d’attendre le plan de Dieu.

« Le problème est que le gouvernement israélien affirme qu’il tient au statu quo protéger l’autorité islamique sur al-Aqsa mais éduque la prochaine génération à penser qu’ils peuvent le changer. »

Les ministres ont contribué à ce que le mont du Temple occupe une place de plus en plus centrale dans le discours israélien. Le ministre de l’Agriculture Uri Ariel, du parti Le Foyer juif, a demandé la reconstruction du temple.

L’activisme du Temple gagne également rapidement du terrain au sein du Likoud, parti au pouvoir et formation de Netanyahou. Tzipi Hotovely, vice-ministre des Affaires étrangères, a récemment déclaré que son « rêve » était de voir le drapeau israélien flotter sur le mont du Temple.

Gurvitz a noté que les services de renseignement israéliens découvraient régulièrement des projets de faire sauter al-Aqsa fomentés par des militants du mont du Temple. « Ce n’est qu’une question de temps avant que l’un d’entre eux aboutisse », a-t-il dit. « Leur vision de l’avenir est apocalyptique. »

Conseil sacerdotal rétabli

Récemment encore, presque tous les rabbins interdisaient aux juifs de visiter al-Aqsa, craignant que, sans purification rituelle, ils souillent le site. Cette injonction a considérablement décliné au fil du temps, de nombreux rabbins nationalistes supportant désormais l’accès au site.

Cependant, le Temple Institute a de plus grandes ambitions.

Son fondateur, le rabbin Yisrael Ariel, dirige un organisme appelé « Nascent Sanhedrin », un conseil de sages juifs créé en 2004 pour rétablir une caste sacerdotale de la période du second Temple.

Ses membres comprennent des personnalités religieuses de premier plan, tels que l’estimé talmudiste Adin Steinsaltz et un éminent professeur, Hillel Weiss.

En outre, le Temple Institute a élaboré des plans pour le temple, formé quatre prêtres, recréé leurs vêtements sacrés, réalisé les instruments religieux et conçu les autels.

La pierre d’achoppement est la nécessité d’une génisse rousse sacrificielle. Aucun prêtre ne peut entrer dans le temple sans être purifié par ses cendres.

Embryons importés des États-Unis

La chance de Richman a commencé à tourner en sa faveur lorsque le ministère de l’Agriculture israélien a partiellement levé l’interdiction sur les importations de bovins en provenance des États-Unis visant à empêcher la propagation de la maladie de la vache folle.

Des ranchs dans le Néguev ont commencé à importer des embryons d’Angus roux il y a deux ans pour aider à améliorer l’industrie du bœuf en Israël, a déclaré Yaacov Moscovitz, directeur du Ramat Negev Desert Agro-Research and Business Center.

Il n’a pas souhaité commenter la participation ou non de son centre au programme de génisse rousse de l’institut.

Richman aurait persuadé un éleveur, Moshe Tenne, de fournir un flux vidéo en direct de ses étables aux bureaux de l’institut à Jérusalem pour garantir que les vaches sont élevées dans de bonnes conditions.

Une vidéo promotionnelle montre les rabbins de l’institut en train d’inspecter les bovins sur son ranch avec une loupe pour examiner les imperfections.

Toutefois, selon le journal Haaretz, le Temple Institute peut être face à un paradoxe. Selon la loi juive, « la génisse rousse doit être abattue rituellement par un Cohen [prêtre] qui est rituellement pur lui-même – et en raison de l’absence de cendres de vache rousse, un tel Cohen n’existe pas. »

Jonathan Cook, Middle East Eye, jeudi 17 décembre 2015

Traduction de l’anglais (original) par VECTranslation.

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Le 6 mai 2015, le procureur général d’Israël, Yehuda Wainstein, statuait devant la Cour suprême, que l’affichage de certificats de kashrout, c’est-à-dire de conformité à la réglementation alimentaire juive, émanant d’organismes autres que les consistoires (organisations rabbiniques d’État), ne constituait pas de délit. Cette décision d’importance offrait une victoire aux adversaires du monopole consistorial en matière de réglementation alimentaire. Pourtant, dès la fin de cette bataille, la suivante s’engageait. En effet, si désormais les commerçants, restaurateurs, entrepreneurs sont autorisés à présenter des certificats de kashrout « alternatifs », il leur est encore interdit de se prétendre « kasher ».

Transposons pour plus de clarté : imaginez qu’il soit permis d’affirmer détenir un diplôme de plomberie mais pas qu’on est plombier ! Ça marche aussi avec boucher, coiffeur, couturier… De quoi y perdre son hébreu ! 

« Les plats du restaurant restent exactement comme avant végétariens, délicieux et kasher, juste sans certificat »

Revenons en arrière. En août 2012, une restauratrice hiérosolymitaine (habitante de Jérusalem) refuse de se plier aux exigences du consistoire quant à la kashrout de son établissement et affiche, à l’intention de sa clientèle, une pancarte expliquant les raisons de son refus. Sa petite phrase de conclusion mettra le feu aux poudres : « Les plats du restaurant restent exactement comme avant, végétariens, délicieux et kasher, juste sans certificat ». Ce texte photographié et posté par un client sur Facebook sera relayé massivement. S’en suivra la création d’un groupe de restaurateurs se réclamant d’une « kashrout sans certificat », lui-même à l’origine de la « rébellion anticonsistoriale ».

C’est dans cette atmosphère de rejet de l’institution rabbinique, et surtout de ses déviances, que le rabbin Aharon Leibovitz lance son projet « Supervision Privée », en hébreu Hashgacha Pratit. Membre du conseil municipal de Jérusalem, cet homme milite depuis des années pour une bonne entente entre communautés religieuse et laïque dans cette ville si souvent déchirée par leurs dissensions. Il prône le rassemblement, vante la diversité et aspire à tramer ensemble les différents courants, familles, « ethnies » pour former un tissu social à la « texture riche ». Ce rabbin, petit-fils de rabbin new-yorkais, est installé depuis longtemps à Nachlaot, quartier animé de Jérusalem, peuplé d’étudiants, artistes, religieux orthodoxes, traditionnalistes, laïcs, jeunes, vieux, de tous horizons, origines, accoutrements et points de vue, qui cohabitent et s’acceptent malgré leurs différences. Ou grâce à elles ? Ce n’est donc sans doute pas tout à fait un hasard si son projet, d’ouverture et de tolérance, a vu le jour dans ce quartier.

Le judaïsme orthodoxe à l’heure de la modernité

Mais venons-en au projet. Le concept de supervision privée trouve sa racine dans la volonté première d’ouvrir une nouvelle voie de communication entre religieux et laïcs. La communication ne pouvant s’instaurer dans un rapport de forces, Aharon Leibovitz a imaginé remplacer le système d’autorité punitive des consistoires par celui d’un partenariat basé sur le respect et la confiance mutuels, scellés par un « pacte de loyauté » (« brit ne’emanout » en hébreu).

Ainsi, Hashgacha Pratit préfère, à la délivrance d’un certificat, la signature d’un contrat selon lequel elle s’engage à encadrer l’entreprise et à la soutenir dans ses efforts en matière de kashrout. L’entreprise promet, en retour, de faire le nécessaire pour être à la hauteur de ses standards. Enfin, signé, le contrat est affiché dans l’établissement à l’intention de sa clientèle. Une procédure simplifiée donc, un fonctionnement limpide, on dirait transparent si le mot n’était galvaudé. Utopique ? Et pourquoi pas, après tout.

Mais la question se pose, bien sûr, de la rigueur et la validité de cette supervision, de la valeur de cette alternative. S’agit-il d’une observance au rabais ? Certainement pas, assurent les responsables de Hashgacha Pratit qui, justement pour contrer ce possible reproche, n’emploient que du personnel formé par le consistoire à ses méthodes et règles d’inspection. Aucun compromis n’est fait sur la qualité des services. Mieux encore. Contrairement aux instances officielles, les délégués de cette association forment les équipes des entreprises partenaires aux règles de la kashrout, et les visitent régulièrement pour s’assurer, bien entendu, du respect de leur engagement, mais aussi pour les conseiller.

Une initiative qui marche

Et qu’en est-il de l’argent, qui est le nerf de la guerre ? Pour éviter les dérives et risques de corruptions, il fallait s’assurer d’un financement indépendant. Cela, Aharon Leibovitz l’a compris. Aussi, en homme ancré dans la modernité, a-t-il opté pour une méthode actuelle de collecte de fonds, le crowfunding, à travers un « incubateur » Internet : Headstart. Dans son appel à contribution, il déclare avoir besoin du soutien de tous pour élargir son influence à Jérusalem et s’implanter ailleurs. Et d’ajouter : « Contribuez maintenant et prenez ainsi part à cette révolution en Israël ». Révolution ! Ce rabbin n’a pas peur des mots. Résultat : 491 donateurs l’ont suivi, réunissant la somme de 72 567 shekels (soit plus de 17 000 €).

L’aventure pouvait enfin réellement commencer. C’était il y a un an.

Aujourd’hui l’association dispose d’une page Facebook, aimée par 10 116 personnes, où elle publie son actualité, présente chacun de ses nouveaux partenaires et appelle le public à « sortir, s’amuser et [les] soutenir ». Un site Internet existe aussi, avec un espace dialogue. Et chaque jour de nouvelles entreprises décident de lui faire confiance.

Alors, utopique peut-être, mais en tout cas, ça marche.

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Photo de gauche, le « pacte de loyauté » signé sur la photo de droite, par le rabbin Aharon Leibovitz d’Hashgacha Pratit et Line Djamchid directrice de l’hôtel Eden Jérusalem, premier hôtel à avoir signé avec l’association en présence de l’équipe des cuisines. Photos d’Ayala Falk.

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Pour aller plus loin : Pas de superviseurs. Que des superviseuses.

Hashgacha pratit n’emploie que des femmes pour la supervision de ses entreprises partenaires. A-t-on affaire ici à de la discrimination positive. Ayala Falk, directrice de l’organisation, se défend de cette « accusation ». « La discrimination n’est jamais positive. Il s’agit de réparation. » Pour Ayala Falk, l’emploi préférentiel – et non exclusif – de femmes s’explique par la volonté de réparer une injustice. En effet, même si les consistoires ne refusent pas officiellement d’engager des femmes, ce qui constituerait un délit, elles n’en emploient aucune (ou presque). Il y a deux ans encore, avoir étudié quatre années en yeshiva était une condition pour se présenter aux examens de superviseur. Cette condition excluait les femmes de facto. Au prix de luttes juridiques âpres, le règlement a changé permettant aux femmes de tenter leur chance dans ce domaine. Depuis, douze femmes ont suivi la formation et l’ont terminée avec succès. Pourtant personne ne les emploie. Et Ayala Falk de conclure : « C’est plutôt drôle. Il y a d’un côté des centaines d’hommes employés par les consistoires et trois femmes, par nous, alors elle est où la discrimination ? »

Opinion Internationale

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Le rapport de la Commission de l’Agence mondiale antidopage (AMA), dévoilé lundi, a confirmé l’existence d’un dopage organisé au sein de l’athlétisme russe. Il pourrait déboucher sur une non-participation aux JO 2016 des athlètes russes. Tout ce qu’il faut savoir sur ce scandale au périmètre mondial.

Comment le scandale a-t-il éclaté ?

Tout est parti des révélations de l’Équipe et de la chaîne de télévision allemande ARD en décembre 2014, puis en août 2015, avec des témoignages d’anciens dopés russes devenus lanceurs d’alertes. Rapidement, l’Agence mondiale antidopage (AMA) a mis sur pied sa Commission indépendante pour enquêter sur ces allégations.

Parallèlement, la justice française s’est emparée de l’histoire, avec des perquisitions et des auditions qui ont abouti la semaine dernière à trois mises en examen. La première, la plus explosive, a été celle de Lamine Diack (82 ans), ex-patron de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), pour corruption passive et blanchiment aggravé.

 

Quelles sont les conclusions du rapport de l’AMA ?

Lundi, la Commission de l’AMA a rendu public un rapport de 335 pages qui confirme l’existence d’un dopage organisé au sein de l’athlétisme russe. 

Le texte relève «un haut niveau de collusion parmi les athlètes, les entraîneurs, les médecins, les officiels et les agences sportives pour fournir de façon systématique aux athlètes russes des produits dopants afin d’atteindre le principal objectif de l’Etat : produire des vainqueurs.» Il décrit «une culture profondément enracinée de la tricherie», «une mentalité fondamentalement dévoyée, profondément inscrite chez tous les athlètes russes».
Des cas de dopage qui n’auraient «pas pu exister» sans l’assentiment du gouvernement

 
L’AMA réclame la suspension à vie d’un docteur, de quatre entraîneurs et de cinq athlètes russes, dont la championne olympique en titre du 800m, Mariya Savinova. Elle souhaite également le retrait de l’accréditation du laboratoire antidopage de Moscou, qui a détruit 1417 échantillons.  Le CIO a déclaré vouloir «étudier avec soin» les accusations de dopage pour éventuellement retirer les médailles olympiques acquises par des athlètes russes impliqués dans le scandale.

L’agence précise que ce dopage organisé concerne d’autres pays et d’autres sports, qui échappent au domaine de compétence de ce rapport. Elle préconise la suspension de la Russie de toute compétition en athlétisme, dont les JO 2016, en raison de cas de dopage qui n’auraient «pas pu exister» sans l’assentiment du gouvernement. 

 
 

Quelle est la position de l’IAAF ?

La Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), désormais dirigée par Sebastian Coe, a indiqué que la Russie avait jusqu’à la fin de la semaine pour répondre aux accusations contenues dans le rapport. Faute de quoi, le pays risque une suspension provisoire, qui pourrait être prononcée avant même la prochaine réunion de l’instance, les 26 et 27 novembre à Monaco. 

En ce qui concerne les JO 2016, le CIO a laissé, comme c’est la règle, la main à l’IAAF.

L’AMA «n’a pas le droit de suspendre» la Russie a répondu le ministre russe des Sports, Vitaly Moutko, qui a tout de même promis de coopérer «avec n’importe quelle commission, à condition qu’elle soit impartiale». L’Agence russe antidopage (RUSADA), désavouée dans le rapport, a elle rejeté des accusations «infondées».

 

Quel rôle va jouer Interpol ?

Signe de l’ampleur du scandale, Interpol a annoncé lundi qu’il allait coordonner une enquête mondiale sur le dopage, pilotée par la France et le magistrat Renaud van Ruymbeke. Une opération au nom évocateur: Augias, comme les écuries qu’avait nettoyées Hercule dans la mythologie. La Commission de l’AMA a indiqué qu’elle avait transmis à Interpol plusieurs informations en sa possession sur l’IAAF et les soupçons de corruption qui entourent plusieurs de ses anciens responsables. 

C’est la justice française qui a mis en examen, la semaine dernière, Lamine Diack, soupçonné d’avoir reçu des sommes d’argent en contrepartie de la couverture de pratiques dopantes, principalement en Russie. 

 

Quelles réactions ?

Le rapport de l’AMA a provoqué la stupeur sur la planète athlétisme. «C’est bien pire que ce que j’avais imaginé», a affirmé la Britannique Paula Radcliffe, détentrice du record du monde du marathon. «Le rapport envoie un message clair à la Russie: ils ne seront pas autorisés à tromper le monde de l’athlétisme et à échapper à la justice», a espéré le patron de l’Agence américaine antidopage (USADA), Travis Tygart.

Dans un communiqué, la Fédération française a réclamé des «sanctions très dures à l’encontre de ceux qui ont agi volontairement contre les règlements antidopage et les lois internationales.»

Rédaction avec AFP

 

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La République tchèque vient de rendre un hommage tardif au journaliste Karel Weirich qui s’est engagé, pendant la Seconde Guerre mondiale, dans la résistance italienne et a aidé des Juifs tchécoslovaques à fuir le Protectorat de Bohême-Moravie.

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Encore inconnu du grand public il y a quelque temps de cela, le nom de Karel Weirich figurera désormais en bonne place à côté de ceux d’autres figures qui ont contribué à sauver des Juifs durant la Deuxième Guerre mondiale, comme Oskar Schindler ou Sir Nicholas Winton. Ce mercredi, jour de fête nationale en République tchèque, le président Miloš Zeman remettra en effet très probablement à titre posthume l’ordre du Lion blanc, la plus haute décoration de l’Etat tchèque, à cet ancien journaliste tchèque.

Karel Weirich, photo: ČTKKarel Weirich, photo: ČTK

C’est une reconnaissance tardive à laquelle a droit Karel Weirich. Né en 1906 à Rome, où son sculpteur de père avait reçu une bourse, il passe son enfance et sa jeunesse en Italie, mais sa famille n’en conserve pas moins des liens étroits avec la Tchécoslovaquie.

A l’âge adulte, Karel Weirich s’engage dans différentes institutions missionnaires catholiques, tout en travaillant, à partir des années 1930, comme journaliste. Pour l’agence de presse tchécoslovaque ČTK, il couvre notamment l’actualité en Italie et au Vatican, avant d’être limogé en 1941 en raison de ses positions antifascistes. Karel Weirich choisit alors de s’engager dans la résistance italienne et d’aider les Juifs tchécoslovaques qui ont fui le Protectorat de Bohême-Moravie, comme le rappelle Andreas Pieralli, de l’association mémorielle Gariwo :

« Il s’agissait de Juifs tchécoslovaques qui avaient fui le Protectorat et s’étaient retrouvés en Italie. Karel Weirich avait créé le Fonds de saint Venceslas, un fonds culturel qui, officiellement, servait à promouvoir l’héritage de saint Venceslas, mais qui, en réalité, servait de couverture pour aider les Juifs qui, une fois arrivés en Italie, avaient beaucoup de problèmes à cause du régime fasciste. On a retrouvé des listes qui montrent quelles sommes ont été envoyées par Weirich grâce au fonds, mais aussi des médicaments, des lettres et différentes choses dont les gens avaient besoin. Cette aide s’est faite surtout à distance. »

Condamné à mort en 1944 pour ses activités de résistant, Karel Weirich voit sa peine finalement commuée en dix-huit ans de travaux forcés. La fin de la guerre marque sa libération, et il redevient alors le correspondant de la ČTK en Italie. L’arrivée au pouvoir des communistes en Tchécoslovaquie le décide à rester dans son pays d’adoption. C’est là qu’il finira ses jours, dans la discrétion, sans que son acte de bravoure n’ait jamais été connu.

Andreas Pieralli, photo: ČT24Andreas Pieralli, photo: ČT24

Aujourd’hui, c’est en grande partie grâce au travail d’un étudiant italien, Alberto Tronchin, que le destin de Karel Weirich est rappelé. La traduction d’une biographie qui lui est consacrée vient d’ailleurs d’être présentée à Prague. Andreas Pieralli rappelle les conditions dans lesquelles l’histoire de Karel Weirich a été redécouverte :

« L’histoire est assez similaire à celle de Nicholas Winton. Comme pour Winton, il y avait une boîte remplie de vieux documents qui se trouvait dans le grenier de la nièce de Weirich. Elle et la mère d’Alberto sont des amies. Un jour, Alberto était en visite chez madame Weirichová, et celle-ci, apprenant qu’il faisait des études d’histoire, lui a parlé de la boîte en question. L’un des premiers documents découverts par Alberto a été une liste de 300 personnes qui avaient bénéficié de l’aide matérielle de Weirich. Il a tout de suite compris l’importance de ces documents. Après la guerre, Weirich lui-même n’en a pas beaucoup parlé. Cela se savait dans sa famille, mais il a toujours refusé toute récompense de l’Etat italien, estimant qu’il fallait distinguer également toutes les autres personnes qui avaient participé à cette aide. »

Photo: Karmelitánské nakladatelstvíPhoto: Karmelitánské nakladatelství

Contrairement à d’autres personnes qui ont aidé des Juifs pendant la guerre, Karel Weirich ne fait pas partie des Justes parmi les nations, en raison de procédures spécifiques établies par le mémorial Yad Vashem. L’association internationale Gariwo œuvre pour la reconnaissance des Justes dans le monde, soit de toutes les personnes qui défendent les droits de l’homme et s’efforcent de lutter contre les génocides de la planète. Sa branche tchèque, dirigée par Andreas Pieralli, espère ainsi rappeler la mémoire de Karel Weirich sous une autre forme :

« Weirich, comme plusieurs autres personnalités, est inscrit sur notre liste des personnes dont nous voulons honorer la mémoire dès que le Jardin des Justes aura vu le jour à Prague. Weirich sera l’un des premiers à y avoir son arbre ou son monument. »

www.radiocz

 

 

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J’ai traduit (Rachel Samoul) statut publié par la judokate israélienne Yarden Gerbi sur sa page Facebook. Elle a été championne du monde de Judo pour les moins de 63 kg. Elle vient de remporter une médaille de bronze à Abou Dhabi dans des conditions difficiles. Sagi Muki, judoka israélien dans la catégorie des moins de 73 kilos a aussi obtenu une médaille de bronze.

Shalom à vous tous,

j’en ai gros sur le cœur, c’est pourquoi ce statut sera un peu long.

Aujourd’hui, j’ai participé à une compétition de judo du Grand Slam, à Abu Dhabi, un pays arabe. Depuis six ans, j’ai essayé de participer à cette compétition dans ce pays mais pour des raisons diverses, cela n’est pas arrivé.

Il y a quelques jours, quand nous avons reçu les visas et nous nous sommes envolés pour Abu Dhabi, j’étais tellement heureuse qu’enfin cela se produise. Quand nous sommes arrivés, on nous a fait savoir que nous pouvions participer à la compétition seulement sous les couleurs de l’Organisation Internationale du Judo et cela pour des raisons de sécurité (quand nous avons participé à une compétition au Maroc, nous avons été sifflés et insultés par le public).

Quand j’ai su que je ne combattrai pas sous les couleurs d’Israël, j’ai eu beaucoup de mal, en tant qu’Israélienne, en tant que patriote. C’était très dur mais en y réfléchissant, le plus important c’était de participer. Tout le monde sait d’où je viens, où j’ai grandi. Gagner à Abou Dhabi, c’est plus important que de ne pas participer. Pourtant, pendant deux jours, voir les autres membres de la délégation israélienne combattre sous le drapeau de l’Organisation Internationale de judo m’a énervé au plus haut point, m’a attristé.

Mais, quand je me suis retrouvée sur le tatami, j’ai senti autre chose, quelque chose qui brûlait à l’intérieur. Quand j’ai gagné le combat pour la médaille de bronze, j’ai éclaté en sanglots. Seule sans le drapeau de mon pays. Mais je sais qu’aujourd’hui encore plus que d’habitude que c’est important de ne pas renoncer. Pouvoir participer à cette compétition c’est la plus grande des victoires. Ceux qui disent que c’est une honte devraient avoir honte, je représente mon pays, toujours, avec ou sans drapeau.

Photo credit : Reuters

kefisrael.com

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L’émission Télé Matin de France 2 s’est intéressée mercredi à l’ambitieux programme spatial israélien dont l’objectif est d’envoyer un robot sur la Lune d’ici 2017.

« Israël pourrait bien être le prochain pays à poser un robot sur la Lune », annonce Franck Genauzeau, le correspondant de France 2 à Jérusalem.

« Le savoir-faire israélien en matière de haute-technologie donne une longueur avance face à ses concurrents », explique-t-il.

SpaceIL, une startup basée à l’Université de Tel-Aviv, est la première des 16 équipes engagées dans la compétition Lunar X Prize sponsorisée par Google pour envoyer un robot sur la lune, à avoir signé un contrat avec un lanceur spatial.

Seize équipes en provenance des Etats-Unis, du Brésil, d’Inde, du Japon, d’Allemagne, de Hongrie, de Malaisie, d’Italie du Canada et du Chili sont en compétition avec Israël pour le prix.

Éric Hazan – © Le Monde Juif .info | Photo : DR

 

L’Agence spatiale israélienne

, l’agence spatiale israélienne, est l’organisme gouvernemental qui coordonne tous les programmes spatiaux d’Israël à but scientifique, militaire ou commercial.

Dans les années 1970, Israël démarre ses activités spatiales en développant les infrastructures nécessaires pour la recherche et l’exploration spatiale. Cette activité fut marquée par le développement de satellites et des infrastructures de lancement – ce qui fit entrer Israël dans le « club » des États ayant cette capacité.

En , le Ministre israélien des Sciences et des Technologies Yuval Ne’eman annonce la formation d’une agence qui coordonnera et supervisera un programme spatial national. En 1984, le Centre National des Connaissances spatiales a été créé en coopération avec Israel Aerospace Industries (IAI), et un contrat a été signé entre IAI et le Ministère israélien de la Défense pour le développement des infrastructures nécessaires et du premier satellite israélien d’observation.

Drone IAI Heron au Salon du Bourget en 2009

Cette collaboration porte ses fruits dès 1988, quand Israël lance le premier d’une longue série de satellites Ofeq – Israël est devenu le 9e pays à avoir lancé un satellite avec son propre lanceur.

En 2002, l’ASI annonce le développement d’une version commerciale de ses fusées Shavit. Ce programme est nommé LeoLink.

En 2003, le colonel Ilan Ramon est devenu le premier spationaute israélien, mais il périt avec le reste de l’équipage dans l’explosion de la navette spatiale Columbia lors du retour sur Terre de sa mission.

Image illustrative de l'article Ilan Ramon

Les fusées Shavit sont les principaux lanceurs de l’Agence spatiale israélienne :

  • Shavit, de 1988 à 1995 – dérivé du missile balistique Jéricho II
  • Shavit-1, depuis 1995 – version améliorée de la fusée Shavit

En outre, Israël a développé une version commerciale de ses fusées, en collaboration avec Astrium (Europe) et Coleman (États-Unis); il s’agit du programme LeoLink. Plusieurs fusées ont été développées :

  • LK-A – Pour les satellites pesant autour de 350 kg, qui doivent être lancés sur une orbite polaire elliptique de 240x600km
  • LK-1 (appelée aussi Shavit-2) – Pour les satellites pesant autour de 350 kg qui doivent être lancés sur une orbite polaire circulaire de 700 km
  • LK-2 (appelée aussi Shavit-3) – Pour les satellites pesant autour de 700 kg qui doivent être lancés sur une orbite polaire circulaire de 700 km

Ces fusées sont lancées du Centre de lancement d’Alcântara, au Brésil.

Dov Raviv, un des scientifiques de l’ASI, qui a travaillé sur l’Arrow et sur Shavit, a pour projet le Star-460, un lanceur lourd capable d’emporter 28 tonnes en orbite basse (à comparer aux 21 tonnes pour Ariane 5). Ce projet date de la fin des années 1990, et la fusée n’est encore que sur le papier. Aucune décision n’a été prise pour l’instant. De plus, trop de fusées sont actuellement sur le marché pour que le Star-460 puisse s’imposer.

Source

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Pendant près de deux siècles la ville a été le théâtre d’affrontements terribles entre chrétiens et musulmans et au début de la période mamelouk, elle présente une situation assez anarchique. Le sultanat mamelouk, instauré en 1250 face à l’armée croisée qui, sous le commandement de Louis IX de France, marche sur Le Caire, contrôle désormais la Syrie-Palestine et le reste de l’empire islamique construit par Saladin ; les accords passés avec les Francs sont alors abrogés.
Ce sont eux qui abattent le dernier royaume des Croisés en 1291. Ces anciens esclaves affranchis, dominent Jérusalem de 1260 à 1488. Les Mamelouks sont continuellement en lutte interne pour le pouvoir en Egypte, et ils doivent défendre la Syrie contre les hordes mongoles. Ils n’ont pas beaucoup de temps à consacrer à la Palestine, négligée par les grands courants politiques.


Pendant cette période, la ville connaît un déclin marqué : sa population est réduite par les pillages et massacres successifs – d’autant qu’une nouvelle invasion mongole, en 1260, a entraîné la fuite des habitants – et la Palestine n’occupe pas une place importante au sein du vaste empire de l’Islam. Les vols et les razzias ravagent également les terres agricoles, laissées à l’abandon.
Aux XIVe et XVe siècles, Jérusalem redevient ainsi une ville de province qui conserve toutefois un rayonnement intellectuel et culturel important ; ville de pèlerins et d’érudits, elle accueille également les exilés politiques.
La présence juive, jamais disparue, va prendre une nouvelle vigueur au XIIIème siècle après l’arrivée du rabbin espagnol Nahmanide surnommé Ramban.


Rénovateur de la communauté juive de Jérusalem, Ramban fuit les persécutions des rois d’Espagne pour arriver à Jérusalem en 1267 à l’âge de 73 ans.
Dans une lettre adressée à son fils, il raconte qu’il ne trouve que deux juifs, frères et teinturiers de métier. Tous trois voient une maison en ruine avec des piliers en marbre et un beau dôme, ils en font une synagogue. Ils font venir de Sichem, Naplouse, les rouleaux de la Loi, transportés là-bas lors de l’invasion tartare. Pendant les trois dernières années de la vie de Ramban, sa synagogue est le lieu de rencontre de la communauté juive, décimée depuis le massacre croisé de 1099.
Nahmanide prône pour les juifs l’obligation d’habiter en terre d’Israël (la Palestine de l’époque). C’est pour réveiller l’intérêt pour les textes bibliques chez les quelques Juifs qui y habitent que Nahmanide écrit le commentaire sur la Torah.
La communauté juive commence à se concentrer dans le quartier juif actuel, établi au sud-ouest du Mont du Temple.
De 1267 à 1483, la population juive est passée à cinq cents personnes pour une population globale estimée à trois mille habitants. La communauté juive comprend désormais des exilés espagnols et des immigrants d’Europe centrale. Elle prospère jusqu’à la fin du XVème siècle, malgré les frictions avec les autorités ottomanes sur les taxes de péage, la capitation et l’usage des synagogues.
En 1488, Rabi Obadia de Bertinoro (1450-1510), le célèbre exégète de la Mishna arrive à Jérusalem, il en devient le chef spirituel et laisse cette description : « Mais que dois-je vous dire sur ce pays ? Grande est la solitude et grandes sont les pertes et, pour décrire cela brièvement, plus les lieux sont sacrés, plus grande est leur désolation ! Jérusalem est plus désolée que le reste du pays[1]. »

Pendant cette période Jérusalem est le théâtre de violences récurrentes, liées des conflits portant sur l’attribution de tel ou tel site à telle ou telle religion. Félix Fabri, frère dominicain allemand et pèlerin à Jérusalem, explique ainsi à la fin du XVe siècle que les différends portent bien davantage sur les espaces consacrés – le site du Temple et le Saint-Sépulcre, notamment – que sur la question de la souveraineté sur la ville.

Dans cette ville désormais majoritairement musulmane – sur dix mille habitants, on estime que Jérusalem compte au XVe siècle environ mille chrétiens et cinq cents Juifs – les persécutions et les vexations ne sont pas rares envers les non-musulmans, et les lieux de culte sont régulièrement saccagés. Tous les témoignages d’époque s’accordent sur l’aspect « désolé » qu’offre la Ville Sainte à l’époque mamelouke.

L’historien Mujir al-Din qui vit dans la Ville Sainte presque toute sa vie, laisse une description au 15e siècle, il explique que, comme d’autres cités islamiques, Jérusalem est divisée en quartiers. Les neuf quartiers principaux sont le quartier maghrébin, le quartier du Sharaf appelé auparavant le quartier des Kurdes, le quartier d’Alam dénommé ensuite le quartier de la Haydarira, le quartier des habitants d’Al-Salt, le quartier juif, le quartier de la Plume, le quartier de Sion à l’intérieur des remparts, le quartier de Dawaiyya, et enfin le quartier des Banu Hârith à l’extérieur des remparts et à côté de la citadelle.
Les théologiens musulmans créent de nombreuses écoles religieuses, appelées madrasas. Al-Aksa et le Dôme du Rocher sont restaurés et embellis. L’architecture chrétienne décline, parce que soumise à de coûteux permis. Les non-Musulmans sont fréquemment persécutés.
La société mamelouke impose le port de signes distinctifs à chaque communauté: turbans jaunes pour les Juifs, turbans rouges pour les Samaritains, turbans bleus pour les Chrétiens, turbans blancs pour les Musulmans. Des conflits ont lieu au sujet de certains sites du Mont Sion, convoités par les Chrétiens, par les Musulmans et parfois par les Juifs.

Des fanatiques musulmans démolissent l’église Sainte-Marie-des-Allemands, construite à l’emplacement supposé de la maison de Marie, mère de Jésus. Et le Saint-Sépulcre est une fois de plus dévasté.
En 1342, les Mamelouks autorisent les Frères mineurs à s’y réinstaller. Les pèlerinages peuvent reprendre. C’est à cette époque que de nombreuses traditions chrétiennes liées à la vie de Jésus sont établies, notamment celle de la Via Dolorosa qui est jalonnée par quatorze stations, à l’emplacement de l’actuel couvent de la Flagellation où Jésus a été fouetté par les soldats et on lui a couronné la tête d’épines. Le Chemin de Croix du Christ devient sacré pour les Chrétiens. ( A suivre)

Joël Guedj

[1] Kobler (F.), ed. Letters of Jews Through the Ages From Biblical Times to the Middle of the Eighteenth Century. New York, East & West Library, 1978, vol. 1

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Une banderole antisémite visant l’ancienne star du football mondial, l’international néerlandais Johan Cruyff, a été déployée samedi lors du match Vitesse-Ajax.

Un supporter du Vitesse Arnhem a déployé une banderole avec l’inscription JHK, [Joden Hebben Kanker, Les Juifs ont le cancer, en français], alors que le triple ballon d’Or a annoncé jeudi qu’il était atteint d’un cancer du poumon.

Le club s’est dit horrifié par la banderole antisémite et a appelé ses supporters à l’aider à identifier son auteur.

L’ensemble des clubs de football néerlandais lui ont rendu hommage à la 14e minute des rencontres (en référence à son célèbre numéro 14).

En 2013, Johann Cruyff s’était recueilli au mémorial de la Shoah de Yad Vashem, à Jérusalem, la mémoire de trois membres de sa famille, assassinés par les Nazis.

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Yossi Abuksis – © Le Monde Juif .info | Photo : DR

Additif

La légende du foot, Johan Cruyff, rend hommage à sa famille juive victime du nazisme ( 13 Mai 2013)

Johan Cruyff s’est rendu la semaine dernière en Israël pour fêter avec son fils Jordi, directeur sportif du Maccabi Tel Aviv, le titre de champion d’Israël pour la saison 2012-2013. Mais il semble que l’un des meilleurs footballeurs de tous les temps avait une autre raison très personnelle d’être très ému par sa récente visite en Israël.

Sous un voile de secret, Johan Cruyff âgé de 66 ans, a rempli un formulaire de Yad Vashem, une déposition dans laquelle le footballeur néerlandais a fourni des détails sur l’histoire de trois femmes juives, membres de sa famille qui ont été assassinées par les Nazis.

Le nom de Cruyff a été écrit en lettres d’or dans les pages de l’histoire mondiale du football pour des années. Il a conduit les Pays-Bas à la finale de la Coupe du monde 1974, il a atteint le sommet de son art à Barcelone, tout d’abord, dans les années 1970, comme l’un des meilleurs joueurs et des plus populaires dans l’histoire de l’équipe catalane et plus tard, à partir de 1988, comme le meilleur entraîneur dans l’histoire de Barcelone.

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Contrairement aux rumeurs apparues au fil des ans, Johan Cruyff n’est pas Juif. Sa famille, cependant, est fortement liée au judaïsme. Plusieurs de ses parents ont été mariés à des Juifs, y compris sa belle-sœur.

Son fils, Pascal Pop, s’est converti au judaïsme et a immigré en Israël après avoir participé aux Maccabiades dans les années 1990. Il a étudié dans une yeshiva à Jérusalem et après avoir été ordonné rabbin, il s’est installé dans l’implantation de Mevo Horon. Durant toutes ces années, il est resté en contact avec son oncle Johan et son cousin Jordi.

Pop, 45 ans, est la personne qui a convaincu récemment Cruyff qu’il était temps, pour lui, de commémorer ses trois parents éloignés, Juifs, morts pendant l’Holocauste.

« La sœur de la mère de Johan a épousé un juif, Jonas De Metz, » a expliqué Pop. « De Metz avait trois sœurs assassinées par les Nazis pendant la seconde guerre mondiale. » Jusqu’à présent, Yad Vashem n’avait eu aucune trace de ces femmes dans sa base de données des noms de victimes de la Shoah.

Cruyff a demandé à Pop de lui apporter des témoignages pour Yad Vashem lorsque les deux se sont rencontrés à son hôtel à Tel-Aviv. Les dépositions comprennent les détails personnels des trois victimes de l’Holocauste : Judith et Regina avaient 44 ans et Valette, 42 ans, lorsqu’elles ont été assassinées.

Yad Vashem, le Mémorial officiel d’Israël aux victimes juives de l’Holocauste, espère que beaucoup d’autres personnes vont suivre les traces de Cruyff et remplir les formulaires de témoins pour leurs parents assassinés pendant l’Holocauste.

Le propriétaire du Maccabi Tel Aviv, Mitchell Goldhar, fils de Sala Goldhar, survivant de l’Holocauste a été surpris d’entendre que Cruyff avait aussi des parents qui ont été assassinés par les Nazis.

« Johan, qui est arrivé pour partager notre joie en Israël, nous a étonné lors de la visite, quand il a révélé sa relation spéciale avec l’Holocauste » a déclaré Goldhar au Yedioth Ahronoth. « Il était excité et ému lorsqu’il a rempli le formulaire de Yad Vashem, et nous avons été extrêmement touchés par son histoire ».

Lemondejuif.fr

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On est un peu trop habitués maintenant aux combattants de l’Etat Islamique en tenue noire avec leurs keffieh noirs et leurs drapeaux noirs.

Mais heureusement, d’autres hommes en noir redonnent de l’honneur, de la bravoure et du panache à cette sombre tennew-zealand-flague. On en a eu samedi soir une démonstration éclatante, bien que triste pour le XV de France: les All Blacks, l’équipe nationale de Rugby à XV de Nouvelle-Zélande.

Comme le dit Buffalo, c’est très émouvant de voir ce peuple qui réussit dans son équipe nationale de Rugby une splendide symbiose de cultures, d’origines et de traditions, résumé par le fameux  » Haka «  , la danse de bataille des Maori pour impressionner l’ennemi, exécuté par tout ce que la Nouvelle-Zélande compte d’influences ethniques, anglais, écossais, maori, indiens, etc, avant de jouer à un jeu très anglais, très codifié et discipliné, un « sport de voyous pratiqué par des gentlemen » ou le « team spirit » l’emporte sur tout le reste.

Par ailleurs, le Haka n’est pas réservé au Rugby, loin de là. Voyez ici, les soldats du 2nd Batallion/1st Royal New Zealand Infantry Regiment rendre un émouvant hommage à un camarade tombé au combat:

All-BlacksSamedi  soir, la France a pris une grosse claque contre ces hommes en noir mais on est beau joueurs et on rend hommage à cette splendide équipe, d’une splendide pays et d’une splendide culture ouverte et pourtant respectueuse de ses traditions.

Et pour empêcher les antisémites et autres complotistes de dormir cette nuit en essayant de trouver le complot derrière tout ça, rappelons que Monsieur John Key (1) est le fils de Ruth Lazar, juive autrichienne immigrée en Nouvelle-Zélande, ce qui fait que le Premier Ministre de Nouvelle-Zélande, depuis 2008, est Juif. Or, les All-Blacks n’avaient pas gagné la Coupe du Monde entre 1987 et 2011…

Le Premier ministre néo-zélandais, John Key, (Crédit : AFP PHOTO/MARTY MELVILLE)Le Premier ministre néo-zélandais, John Key, (Crédit : AFP PHOTO/MARTY MELVILLE)

Allez, les complotistes, bouffez-vous le cerveau à vous demander si les sionistes contrôlent le Rugby, on repasse vous prendre plus tard!

Pug

(1) On compte de 7500 à 8500 juifs en Nouvelle Zélande ( 0,17 % de la population totale ).

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Samedi soir, Thierry Ardisson a eu du mal à contenir ses larmes après le témoignage d’Enrico Macias. Invité de « Salut les terriens !« , le chanteur est revenu sur son parcours, son enfance en Algérie qu’il a quitté avec sa famille en 1961 pendant la guerre puis son arrivée difficile en France.
C’est quand il a évoqué l’Algérie que le chanteur a ému. Enrico Macias n’a jamais pu remettre les pieds dans le pays où il est né, à cause des menaces des islamistes.
« Ce qui m’a fait peur c’est que je suis le symbole de l’exil et en me rendant en Algérie, je devenais le symbole de la réconciliation de tous les enfants d’Algérie. Et… comme j’étais très proche d’Israël et que j’ai voulu me recueillir sur la tombe de Matoub Lounès, ça a déclenché un refus catégorique. Ça fait 54 ans que je n’y suis pas allé mais j’ai encore dans mon subconscient l’Algérie qui coule dans mes veines », a expliqué le chanteur.

Alors que Thierry Ardisson a passé le refrain de la chanson « J’ai quitté mon pays », il n’a pas pu retenir ses larmes. « Pour que les téléspectateurs comprennent bien, on ne le sait peut-être pas mais les premières années de ta vie, Thierry, tu les as passées en Algérie », a expliqué Michel Drucker, autre invité de l’émission. Hier, SLT a réalisé son record d’audience de la saison avec 1,37 million de téléspectateurs soit 7% du public.

www.kabylie-news

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Enrico Macias submergé par l’émotion en évoquant sa défunte épouse Suzy . Invité ce mercredi 14 octobre dans l’émission C’est au programme sur France 2, le chanteur a fondu en larmes en regardant des photos de son épouse Suzy, décédée en 2008. Une séquence pleine d’émotions.

En pleine promotion de son livre L’envers du ciel bleu dans lequel il raconte les zones d’ombre de sa vie, Enrico Macias s’est récemment retrouvé au bord des larmes. En effet, ce mercredi 14 octobre, il était invité sur le plateau de C’est au programme, diffusée sur France 2. Après le visionnage d’un magnéto sur sa vie aux côtés de son épouse défunte, le tout expliqué en voix off par sa fille, l’artiste de 76 ans a été submergé par l’émotion.

Interrogé sur le décès de sa femme Suzy, disparue en 2008, celui qui a l’habitude de représenter une certaine joie de vivre s’est montré plus sombre. « J’ai beaucoup souffert de la mort de ma femme » a-t-il confié.

Effondré, il explique sa douleur

Se remémorant les douleurs du passé, Enrico Macias a confié que « les trois premières années (de son deuil, ndlr), j’étais complètement comme un zombie. Je vivais seul dans mon appartement. Heureusement qu’il y avait le téléphone, j’appelais mes copains, mes amis, mes enfants, mes petits-enfants… ». Lui qui a récemment été hospitalisé après une chute avait la voix nouée rien qu’au souvenir bouleversant de la perte de celle qu’il aimait tant.

Aujourd’hui cependant, même si le temps n’a pas guéri ses blessures, il confesse avoir « eu le temps de réfléchir ». Et « je me suis rappelé que Suzy… Depuis le jour où je l’ai connue, c’était 50 ans de piqûres, de docteurs, de souffrances, de douleurs. La seule chose qui me console, c’est que maintenant elle est mieux là où elle est ». Une terrible épreuve détaillée plus amplement dans son livre L’envers du ciel bleu.

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Additif

L’on perçoit d’abord, en Enrico Macias, le pied-noir chantant à perpétuité la beauté du ciel bleu et du soleil de la Méditerranée… C’est ignorer qu’il n’a pas seulement dû quitter la terre de ses ancêtres, mais que cette terre, son pays natal, a été ensevelie par l’histoire. Malgré sa grande popularité chez « les gens du Nord », il reste pourtant, bel et bien, l’enfant d’une Algérie où les juifs vivaient depuis deux mille ans et qui a découvert la France comme un pays d’exil.

 

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Dans L’Envers du ciel bleu, le chanteur raconte ses combats insoupçonnés. Le deuil du pays perdu, la France à apprivoiser, l’histoire parfois sombre d’un homme qui affronte les tourments du monde et cherche à y survivre. L’histoire, en somme, d’un perpétuel sourire derrière lequel se cache une inguérissable douleur…

À travers son témoignage sans concession, vous allez rencontrer Enrico Macias qui se livre entièrement, pour la première fois.
Émouvant et poignant.

www.cherchemidi

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Bien que toujours insuffisant, le soutien aux Juifs de France de l’Église protestante de France prend une dimension exemplaire lorsque l’on sait que sur une population française de 42 millions d’individus, les protestants ne sont que 600 000.
Au moment de la guerre, comme les Juifs, les protestants constituent une petite communauté qui reste difficilement acceptée dans une population dominée par le catholicisme romain. Elle vit socialement repliée sur elle-même. Les protestants partagent avec les Juifs une exclusion relative qui les rapproche. L’oppression dont les protestants ont été l’objet dans un passé pas si lointain est restée très vive dans leur mémoire, particulièrement en province.

 Les protestants se sentent proches des Juifs. Le 26 mars 1941, le président la Fédération protestante de France, le pasteur Marc Boegner, président de la Fédération protestante de France, écrit au grand rabbin de France : « Notre Eglise, qui a connu jadis les souffrances de la persécution, ressent une ardente sympathie pour vos communautés ».[1]  Même si les protestants n’ont pas toujours perçu l’ampleur prise par les persécutions dont souffrent les Juifs, ils saisissent mieux que d’autres ce qui arrive. Ils ouvriront leurs portes comme ils auraient voulu qu’on les ouvrît pour eux lorsqu’ils étaient eux-mêmes pourchassés. « Physiquement, verbalement, moralement, les Eglises protestantes sont aux côtés des opprimés, des persécutés et des victimes », écrit l’historien Philippe Bourdrel.[2]

 Immédiatement après la publication de la loi du 3 octobre 1940 sur le Statut des Juifs le pasteur Boegner proteste « auprès des collaborateurs les plus proches du Maréchal, et auprès de plusieurs ministres et de nombreuses personnalités ».[3] Le même mois, une « Pastorale » réunit les pasteurs des Cévennes pour protester publiquement contre la promulgation de ce Statut.[4] Puis Boegner se préoccupe des conditions déplorables d’internement des Juifs étrangers. Le 10 mars 1941, il rencontre l’Amiral Darlan et lui dit à propos des camps d’étrangers : « C’est une honte et cela fait à la France un tort immense à l’extérieur ». Et Boegner va lui-même sur place se rendre compte.[5]

 Dès octobre 1940, le Comité intermouvements auprès des évacués, (CIMADE) une organisation protestante, s’est déployé sur le terrain. Ses membres ont apporté des secours à ces dizaines de milliers de Juifs internés par Vichy. La CIMADE, écrit un historien, « a ouvert la voie à tout ce qui s’est fait par la suite pour aider les Juifs matériellement et moralement dans des conditions épouvantables ».[6] Le père jésuite Pierre Chaillet regrette la présence insuffisante des organisations catholiques et écrit : « On constate douloureusement que l’œuvre d’assistance dans de nombreux camps d’internement et auprès des réfugiés est pour ainsi dire accomplie par les grands comités protestants et israélites ». ”[7]

 Le 26 mars 1941, après la première réunion du Conseil national de l’Eglise réformée, Boegner écrit au Grand Rabbin de France. Le Conseil « m’a chargé de vous exprimer la douleur que nous ressentons tous à voir une législation raciste introduite dans notre pays et à constater les épreuves et les injustices sans nombre dont elle frappe les Israélites français ».[8] Il conclut : notre Eglise « a déjà entrepris et ne cessera pas de poursuivre ses démarches en vue d’une refonte indispensable de la loi ».[9]

 Les termes de la lettre de Boegner ont souvent été jugés comme trop modérés. Ils ont été cependant parfaitement compris par les contemporains comme une condamnation des lois antijuives. C’est ce qui compte. Dans Le Pilori, une feuille antisémite et pronazie, son éditorialiste s’enflamme. Sous le titre « Une lettre inadmissible du chef des protestants », il accuse : « En se faisant le défenseur des assassins du Christ, le pasteur Boegner a trahi la France et le Maréchal. Il mérite le sort des traîtres ».[10] Cet article dénonciateur provoque la diffusion massive dans le public de la lettre du pasteur.

 En même temps qu’il écrit au grand rabbin, Boegner s’adresse à l’Amiral Darlan, Premier ministre. Témoignant au nom du Conseil national, il dit toute l’émotion que ressentent les protestants « comme Français et comme chrétiens, pour une loi qui introduit dans notre législation le principe raciste et dont la rigoureuse application entraîne pour les Français israélites de cruelles épreuves et de poignantes injustices ». Boegner termine « en priant instamment (Darlan) d’examiner dès à présent une réforme du statut imposé aux Français israélites qui soit de nature à prévenir ou à atténuer de grandes injustices ».[11]

 De jeunes pasteurs, des étudiants de la Fédération Française des Associations Chrétiennes d’Etudiants (Fédé) et des équipiers de la CIMADE se réunissent les 16 et 17 septembre 1941 à Pomeyrol avec Visser’t Hooft et Madeleine Barrot.[12] Ils veulent « rechercher ensemble ce que l’Eglise doit dire aujourd’hui au monde. » [13] Une série de « thèses » sont élaborées. On y lit que l’Eglise « élève une protestation solennelle contre tout statut rejetant les Juifs hors des communautés humaines. »  L’Eglise  « considère comme une nécessité spirituelle la résistance à toute influence totalitaire et idolâtre. » [14] Le langage est net et clair. Dans un premier temps ces thèses ne sont pas adoptées par l’Eglise protestante. Un groupe de protestants proches de l’Action française s’y oppose passionnément.[15] Il faut attendre le synode national des Eglises réuni à Valence en avril 1942 pour que les instances dirigeantes du protestantisme se solidarisent avec les thèses de Pomeyrol.[16] Entre temps ces thèses sont très largement diffusées, surtout en zone libre, mais également à Paris et à Genève.[17]

 Le 7 novembre 1941, une circulaire du secrétariat à la jeunesse et aux sports interdit l’accueil de jeunes étrangers, aryens ou non-aryens, dans les mouvements de jeunesse. Le pasteur Charles Westphal, président de la Fédération des étudiants chrétiens, s’insurge. Il écrit au secrétariat : « Nous avons le regret de devoir vous informer que les clauses restrictives que cette circulaire énumère sont inacceptables pour notre mouvement. »[18] Quelques semaines plus tard, le pasteur Boegner, qui est aussi président du Conseil protestant de la jeunesse (CPJ), écrit une lettre de refus sans équivoque. « Les cinq mouvements qui constituent le CPJ sont et entendent rester ouverts à tous, sans distinction de race ou de nationalité, comme leur vocation chrétienne l’exige. » Il mentionne nommément les Juifs.[19] Un acte de rébellion, de désobéissance d’une grande portée symbolique, même s’il s’agit d’une mesure antijuive plus vexatoire qu’oppressive.

 Le 27 juin 1942, mandaté par le Conseil de la Fédération protestante de France, Boegner remet personnellement une lettre de protestation au Maréchal contre le port de l’étoile jaune imposé aux Juifs de la zone occupée. On y lit : « Ce port d’un insigne distinctif inflige à des Français une humiliation gratuite, en affectant de les mettre à part du reste de la nation (…) Aussi les Eglises du Christ ne peuvent-elles garder le silence devant des souffrances imméritées… »[20]

 Le 20 août 1942, Boegner écrit au Maréchal pour dénoncer la livraison aux nazis de Juifs de la zone libre. « … Viennent d’être livrés à l’Allemagne des hommes et des femmes réfugiés en France …dont plusieurs savent d’avance le sort terrible qui les attend (…) Je vous supplie, Monsieur le Maréchal, d’imposer des mesures indispensables pour que la France n’inflige pas à elle-même une défaite morale dont le poids serait incalculable ».[21] Cette lettre paraîtra dans la presse et sera lue sur des radios étrangères. C’est l’époque des grandes rafles de Lyon organisées par Vichy et de l’accueil mémorable de centaines de Juifs en fuite par le petit village protestant du Chambon sur Lignon dans les Cévennes.

Une maison de refuge pour enfants juifs à Chambon sur Lignon

 La lettre que René Gillouin écrit au chef de l’Etat reflète la position de nombreux protestants, même s’ils ne l’ont pas toujours exprimée. Elle est d’autant plus importante que ce fils de pasteur est un proche du Maréchal. Gillouin ne mâche pas ses mots. « J’ai honte pour mon pays de la politique juive (…) La radio de Vichy a annoncé comme imminente la liquidation de la totalité des biens juifs en France libre. Je vous dénonce cette opération. (…) La révocation de l’Edit de Nantes qui est restée une tache noire sur la gloire de Louis XIV apparaît désormais comme une bergerie à côté de vos lois juives .(…) Je le dis, Monsieur le Maréchal, en pesant mes mots, que la France se déshonore par la législation juive… »[22]

 Avec l’occupation de la zone libre en novembre 1942, l’heure des protestations publiques et de l’envoi de secours par les voies officielles sont dépassés. C’est dans la clandestinité que les protestants vont agir pour aider les Juifs à fuir et leur trouver un hébergement discret, assurant ainsi leur salut.

http://www.francetvinfo.fr/chambon-sur-lignon-l-histoire-des-enfants-juifs-rescapes_340286.html VIDEO

André Chargueraud

 [1] BOEGNER Philippe, Carnets du Pasteur Boegner, 1940-1945, Fayard, Paris, 1992, p. 93. Lettre de Marc Boegner du 26 mars 1941.
[2] BOURDREL Philippe, Histoire des Juifs de France, Albin Michel, Paris,1974, p. 455.
[3] WELLERS Georges, KASPI André et KLARSFELD Serge ed. La France et la question juive, 1940-1944, Paris, 1981, p. 148.
[4] LAZARE Lucien, Le Livre des Justes, Histoire du Sauvetage des Juifs par des non Juifs en France. 1940-1944, Jean Claude Lattès, Paris, 1993, p. 57.
[5] BOEGNER, op. cit. p. 86.
[6] DELPECH François, Sur les Juifs, Presses universitaires de Lyon, 1983, p. 272
[7] L’Arche, Mars-avril 2003, p. 62. Chaillet lancera les Cahiers du Témoignage chrétien.
[8] BOEGNER, op. cit. p. 92.
[9] CADIER, Henri, Le Calvaire d’Israël et la Solidarité Chrétienne, Labor et Fides, Genève, 1945, p. 46.
[10] MONTCLOS Xavier de, LUIRARD Monique, DELPECH François, BOLLE Pierre, Dir. Eglises et chrétiens dans la Deuxième Guerre mondiale, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 1978, p 264.
[11] Cité in Les Eglises protestantes pendant la guerre et l’occupation 1946, p. 25 et 26.
[12] CIMADE, Comité inter mouvements auprès des évacués. Mouvement protestant réformé.
[13] DELPECH, op. cit. p. 275. Visser’t Hoof était secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises à Genève, Madeleine Barot dirigeait la CIMADE à Nîmes.
[14] WELLERS, KASPI, KLARSFELD, op, cit. p. 181 et 182. Extraits de la septième et huitième thèse.
[15] DELPECH, op. cit. p. 276.
[16] LAZARE, op. cit. p. 58.
[17] WELLERS, KASPI, KLARSFELD, op. cit. p. 182.
[18] Ibid. p. 183. Lettre du 26 novembre 1941.
[19] Ibid. p. 184. Le CPJ regroupe les Eclaireurs unionistes, la Fédération française des éclaireuses, les Unions chrétiennes de jeunes gens et de jeunes filles et la Fédération française des Associations chrétiennes d’Etudiants. Des mouvements de jeunesse interdits par les Allemands en zone occupée.
[20]Les Eglises protestantes pendant la guerre et l’occupation 1946, p. 27 et 28.
[21] BOEGNER p. 193-194.
[22] CABANEL Patrick, Juifs et Protestants en France, Les affinités électives, XVIème-XXIème siècle, Fayard, Paris, 2004, p. 51, Lettre du 29 août 1941.


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Dans « L’Inédit de Clairvaux »,  Rebatet affirme qu’en 1943 Brasillach évoquait l’extermination des juifs, qu’il dira ignorer durant son procès en 1945.

C’était la défense commune, quasiment la seule possible, martelée et parfois pleurée à la barre du tribunal par les collaborationnistes, écrivains compris, prenant des accents de sincérité ou exprimant une rage faussement authentique pour convaincre les juges, en 1945, de leur innocence. Fascistes, pétainistes, lavalistes, doriotistes, ils ignoraient tout, vraiment tout, disaient-ils, de l’existence des chambres à gaz, de l’extermination des juifs, du sort qui leur était réservé à Dachau, Auschwitz, Treblinka… Il en était même qui affichaient une moue nauséeuse lorsqu’on leur détaillait l’horreur nazie ou qui soudainement mettaient quelque « nuance » dans leur antisémitisme.

Telle fut la défense de l’écrivain antisémite Robert Brasillach, condamné à mort et exécuté le 6 février 1945 au fort de Montrouge. Une défense qui s’effrite sérieusement aujourd’hui, soixante-dix ans après son procès, à la lecture d’un passage de L’Inédit de Clairvaux, texte rédigé par Lucien Rebatet entre Noël 1947 et novembre 1949 durant sa détention – et disponible dans Le Dossier Rebatet (Robert Laffont, collection Bouquins). L’auteur du best-seller de l’Occupation Les Décombres, lui aussi condamné à mort en novembre 1946 avant de voir sa peine commuée en peine de travaux forcés, rapporte dans cet Inédit de Clairvaux, épais de 644 pages, un échange, ô combien, troublant et instructif.

« Nous ne pouvons pas avoir l’air d’approuver ça »

Nous sommes en 1943, Robert Brasillach revient du front de l’Est où il accompagna les services de la propagande nazie et Fernand de Brinon, le délégué du gouvernement français dans les territoires occupés.

Brasillach : « Je pense qu’il ne faut plus parler des juifs, c’est devenu inutile et choquant. »

Rebatet proteste : « Non, tu vas trop loin !

– Je suis allé en Pologne ce printemps, j’ai vu les ghettos, je sais ce qui se passe dans ceux de Lodz, de Lwow, de Varsovie. C’est le massacre ou l’extermination par la faim. Nous ne pouvons pas avoir l’air d’approuver ça.

– Mais Robert, tu parlais tout à l’heure de la doctrine ! Si l’antisémitisme n’en fait plus partie ! Il me semble qu’il est plutôt fondamental…

– Je ne dis pas, bien sûr, que nous devons cesser d’être antisémites. Mais il y a un ton que nous ne pouvons plus employer à propos des juifs. Et nous avons des sujets beaucoup plus urgents à traiter ! »

Brasillach semble douter. Une note en bas de page de l’historienne, grande spécialiste de la Seconde Guerre mondiale, Bénédicte Vergez-Chaignon fait état d’un passage « crucial » puisqu’il suggère que « Brasillach avait eu des informations sur la Solution finale ». Dès 1943, le rédacteur en chef de Je suis partout emploie donc les termes de « massacre » et d’« extermination », alors que la propagande antisémite de l’époque faisait croire que les déportations de juifs servaient à peupler des contrées dans l’est de l’Europe

« Brasillach ne va pas jusqu’au bout de sa logique »

Interrogée par Le Point, Bénédicte Vergez-Chaignon relève que, si Brasillach est « soudain pris par le doute et se replie sur quelque chose de sentimental, il ne va pas jusqu’au bout de sa logique qui aurait dû être la rupture ». En outre, ce passage, selon l’historienne, ne ferait « qu’accroître la culpabilité de Lucien Rebatet qui ne voulait pas entendre ce que lui disait Robert Brasillach ». Le témoignage résonne d’autant plus fort qu’il émane d’une des plus proches fréquentations de Brasillach et qu’il est daté de 1947, soit quatre ans seulement après cet échange.

Condamné à mort au terme de ce qui fut l’un des procès les plus symboliques de la Libération, Brasillach a payé ses articles antisémites et dénonciateurs publiés dans son hebdomadaire du vendredi, ses appels au meurtre de Georges Mandel et sa phrase désormais bien connue : « Il faut se débarrasser des juifs en bloc et ne pas garder les petits. » Ses proches, au premier rang desquels sa mère et son beau-frère Maurice Bardèche, ont vu dans ce propos une forme d’« humanisme » de la part de l’écrivain vis-à-vis des enfants juifs qu’il ne fallait « pas séparer de leurs mères »…

Plus tard, Bardèche, qui fut lui aussi incarcéré à la Libération, affirmera : « Durant la période de la guerre, personne n’a entendu parler de ce qui se passait dans les camps de concentration. Brasillach ne l’a jamais su. » Par ses écrits, Lucien Rebatet prouve le contraire et permet ainsi de poser un regard nouveau sur l’histoire de la collaboration. Et, plus particulièrement, sur la personne de Robert Brasillach.

Par Saïd Mahrane

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Michel Drucker était l’invité de l’émission de Ruquier « On n’est pas couché » hier soir et il est revenu avec les questions de L.Salamé et Y.Moix sur ses origines juives cachées par son père.

Rescapé d’une famille ayant connue la Shoah, le père de Drucker avait du mal à parler de ce passé douloureux à ses enfants et voulait même oublier ses racines.

Voici les propos forts de M.Drucker:

« Mon père à gommé tout cela (mes origines juives) », « Mon père nous a même fait baptiser (…), j’étais loin de la thora et du mur des lamentations ».

« j’ai toujours été partagé par un regard du coté d’Israël et d’être le plus objectif possible dans le conflit israélo-palestinien ».

« je n’y ai été qu’une seule fois en Israël et j’ai envie d’y aller maintenant ».

Voici la vidéo cela commence à 13,20 à 23 pour les propos sur son judaïsme:

SA REAL NEWS

Quand Michel Drucker évoquait sa judéité ( 2011)

Elias Levy, Reporter, February 17, 2011

Figure emblématique du paysage audiovisuel français, Michel Drucker, l’animateur le plus aimé des Français et de la Francophonie, évoque dans le deuxième volet de son autobiographie, Rappelle-moi, qui vient de paraître aux Éditions Robert Laffont, ses origines juives et l’itinéraire insolite de ses parents, Abraham et Lola Drucker, des Juifs originaires d’Europe de l’Est ayant établi leurs pénates en France au début des années 30. Michel Drucker dédie ce livre très poignant à celui qui fut son idole et son modèle, son frère aîné Jean Drucker, décédé brusquement en 2003.

Michel Drucker

En lisant ce récit émouvant on comprend pourquoi le célèbre animateur de Vivement Dimanche, une émission culte regardée chaque semaine par plus de trois millions de Français et plusieurs millions de téléspectateurs dans les autres pays francophones, refuse catégoriquement de recevoir dans ce rendez-vous dominical Marine Le Pen, qui vient de succéder à son père, Jean-Marie Le Pen, à la tête du Front National, un parti d’extrême droite qui a toujours banalisé la Shoah.

Nous avions rencontré en tête-à-tête Michel Drucker lors de son dernier passage à Montréal, au printemps 2008, où il était venu présenter le premier pan de son autobiographie, Mais qu’est-ce qu’on va faire de toi? (Éditions Robert Laffont). L’as des as de la Télévision française, qui a battu dans ce créneau un record de longé­vi­té -43 ans non stop de carrière-, nous avait alors parlé de ses parents décédés, de sa judéité et de ses futurs projets télévisuels -entrevue publiée dans l’édition du Canadian Jewish News du 17 avril 2008.

Michel Drucker a grandi dans une famille juive d’Europe centrale avec “son lot d’inquiétude et d’inaptitude au bonheur”.

“Comme dirait Nicolas Sarkozy, nous, les Drucker, sommes des Français de sang mêlé. Ma famille est originaire des Carpates, un terroir situé entre la Roumanie et l’Autriche, plus précisément de Czernowitz, devenue depuis Tchernovtsy, capitale de la Bucovine, qui fut turque avant de devenir autrichienne, puis rou­maine, puis russe. Aujourd’hui, cette ancienne ville de l’empire austro-hongrois est en Ukraine. Mon père s’appelait Abraham Drucker. Il était médecin. Ma mère, Lola Schafler. Ils sont arrivés en France dans les années 1930. Mes parents ne parlaient pratiquement pas français. Ils parlaient yiddish, roumain et allemand. Ils ont connu ce que tous les Juifs de l’époque ont connu: l’antisémitisme. En 1942, l’année de ma naissance, mon père a été arrêté par la Gestapo après avoir été dénoncé. Il a passé trente-six mois de captivité dans les camps d’internement de Drancy et de Compiègne.”

Comme il était médecin et qu’il parlait couramment l’allemand, les nazis ont considéré qu’Abraham Drucker serait un prisonnier Juif très utile.

“C’est ce qui l’a sauvé des wagons plombés  à destination d’Auschwitz-Birkenau. Ma mère, enceinte de moi, et mon frère Jean, âgé alors d’un an, ont été sauvés grâce au grand courage de Jean Lelay, dont j’apprendrais des années plus tard qu’il était le père de Patrick Lelay, ex-président de la Chaîne de Télévision française TF1. Jean Lelay fit croire aux officiers allemands que ma mère était son épouse. Sans sa précieuse protection et son hardiesse inouïe, très probablement que ma mère et Jean auraient été aussi déportés à Auschwitz-Birkenau. Après la Guerre, mon père s’est établi dans un petit coin de Basse-Normandie, où il est devenu un grand médecin généraliste”, nous raconta Michel Drucker.

Après la Guerre, voulant découdre à jamais l’étoile jaune et oublier l’antisémitisme, Abraham Drucker décida de baptiser au catholicisme ses trois fils, résolument convaincu que ça les aiderait à s’intégrer entièrement à la société française. Il tenait mordicus à ce que ses rejetons soient plus Fran­çais que les Français!

En dépit cette conversion au catholicisme, les enfants Drucker étaient-ils quelque peu conscients de leur judéité?

“Nous n’avons pas été élevés dans la tradition juive comme certains de nos copains. Nous étions des Français comme tout le monde, dit Michel Drucker. L’antisémitisme, je l’ai entraperçu, mais je ne peux pas vous dire que j’en ai souffert. Mes parents ont vraiment souffert de ce fléau morbide. Je suis persuadé qu’en 1942 mon père a été dénoncé pas seulement par un paysan du coin. Son départ en déportation a dû réjouir beaucoup de ses confrères de l’époque. L’antisémitisme dans les années 40, au fin fond des campagnes françaises, ça voulait dire quelque chose. Moi, j’ai senti l’antisémitisme bien plus tard, quand je suis rentré à la Télévision. J’ai reçu des lettres de menace, des croix gammées et des étoiles jaunes rayées furent badigeonnées sur le capot de ma voiture.”

La recrudescence de l’anti­sémi­tisme en France ces dernières années ne l’inquiète pas outre mesure.

“Malheureusement, les braises de l’antisémitisme ne se sont pas éteintes. Les Juifs seront toujours des boucs émissaires. Le racisme est la chose la plus stupide du monde. C’est un acte répugnant et grotesque. L’antisémitisme est un fléau abject. Haïr quelqu’un parce que la couleur de sa peau est plus foncée, c’est quelque chose que je n’arrive pas à saisir ni à comprendre. Aujourd’hui, le danger c’est Internet, qui véhicule des choses très positives, mais aussi des choses très délétères. Certains disent que si Internet avait existé pendant l’Occupation, dans les années 40 en France, ça aurait été un outil très violent car la Gestapo aurait gagné du temps puisqu’on lui aurait communiqué instantanément les adresses des Juifs à coffrer. Mais, avec Internet, le monde aurait su plus vite ce qui se passait en Allemagne et dans les camps d’extermination nazis.”

En ce qui a trait à l’antisémitisme, Michel Drucker est catégorique: la France n’est pas un pays antisémite.

“Aujourd’hui, l’antisémitisme est moins virulent en France que dans d’autres pays d’Europe. Cependant, nous devons être extrêmement vigilants. Je pense que l’antisémitisme en France s’est beaucoup atténué. Force est de rappeler qu’aujourd’hui, la plupart des grandes stars françaises sont d’origine juive: Jean-Jacques Goldman, Patrick Bruel, Gad Elmaleh, Arthur… Nicolas Sarkozy a aussi des origines juives. C’est la première fois qu’un Président de la République française a des origines juives. L’ancienne ministre de la Santé, Simone Veil, qui est la femme politique la plus populaire de France, l’actuel patron du Fonds Monétaire International (F.M.I.), Dominique Strauss-Kahn, l’ancien Premier ministre de France, Laurent Fabius… sont aussi Juifs. On ne peut pas dire qu’en France les personnalités publiques d’origine juive sont montrées du doigt. Pas du tout!”

Quel type de rapport Michel Drucker entretient-il avec le Judaïsme ?

“Avec un père qui s’appelle Abraham Drucker et une mère qui s’appelle Lola Schafler, c’est difficile de cacher sa judéité, dit-il. Je suis Juif et je le resterai toute ma vie. Quand on a un père qui pendant la dernière Grande Guerre a été dénoncé par des concitoyens et contraint de porter ­l’étoile jaune, comment ne pas être Juif jusqu’au bout des ongles? Nous étions Juifs, même si on n’allait pas à la Synagogue, on ne fêtait pas Kippour et on n’a pas été élevés dans la tradition religieuse juive. Je crois que je suis de plus en plus Juif. Pour preuve: j’ai de plus en plus envie d’aller découvrir mes racines identitaires dans la ville où mes parents ont grandi, Czerno­witz, en Ukraine. Il faut abso­lu­ment que je fasse ce voyage. J’ai toujours redouté d’y aller. Je n’ai pas encore eu non plus le courage d’aller à Auschwitz, mais je le ferai un jour.”


French TV host Michel Drucker recently published the second part of his autobiography, Rappelle-moi, in which he talks about his Jewish roots.

cjnews

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En réponse à la lettre écrite par Roger Waters à Jon Bon Jovi, dans laquelle il le poussait à annuler son concert en Israël, le présentateur américain de radio, Howard Stern, a décidé de réagir et d’attaquer l’ancien Pink Floyd. « Où veux-tu envoyer les juifs, de retour dans les camps d’extermination ? Ou alors peut-être veux t-il qu’ils vivent sur la face cachée de la Lune (Dark Side Of The Moon) », a-t-il déclaré dans son émission.

Howard Stern, le présentateur juif americain de radio, connu pour sa grande gueule, a pris pour cible celui qui déteste ouvertement Israël, Roger Waters. Stern s’est exprimé cette semaine lors de l’une de ses émissions sur la lettre qu’a écrit l’ex Pink Floyd a Jon Bon Jovi avant son dernier concert  en Israël, et dans laquelle il prétendait que le chanteur « se tient coude à coude avec les colons qui ont tue un bébé ».

 

« Roger Waters tu dois fermer ta gueule », a déclaré Stern, qui s’est déjà confronté à Waters par le passé suite à ses déclarations anti-israéliennes – comme par exemple après qu’il ait demande à Neil Young de boycotter Israël. « Qu’est-ce que Roger Waters a contre les juifs ? Pourquoi Waters vit en Amérique – pays dont les habitants ont tué des enfants ? Comment il peut supporter ça ? Peut-être que tout simplement nous devons tous partir ? Si tu regardes bien Rogers, génie, Monsieur Pink Floyd, tu verras qu’il y a tellement de pays arabes tout autour d’Israël, à tel point qu’Israël n’est qu’une épine dans une piscine ».

Stern a encore ajouté : « les palestiniens peuvent vivre en Égypte ou en Arabie saoudite mais devine quoi ? Même ces pays ne veulent pas d’eux. Ils veulent ce petit morceau de terre qu’ont les juifs, et cela rend fou Roger Waters, il n’est tout simplement pas capable de faire face à ça. Il écrit dans ses lettres a Bon Jovi ‘ne vas pas la-bas, c’est un endroit terrible’. Ou tu veux que les juifs aillent, Roger ? Tu veux qu’ils retournent directement dans les camps d’extermination ? Qu’est-ce que tu veux au juste, idiot ».

« Qu’est-ce qu’a Roger Waters à s’en prendre comme ça aux juifs ? », a continué Stern, « Qu’est-ce qui le dérange tant que ça en Israël ? Il y a tellement de pays dans ce monde qui ont été créés la ou il y avait une autre population. Peut-être qu’il voudrait que les juifs vivent sur la face cachée de la Lune (Dark Side Of The Moon) ? C’est quoi son histoire ? »

Par la suite Howard Stern s’est adressé à Waters et lui a dit : « comme toi qui a le droit de parler, j’ai aussi le droit de te dire que tu n’es qu’une merde. Tu dois te consacrer à tes rapports avec les autres membres de Pink Floyd, et ne pas te préoccuper de tes obsessions envers Israël. Pourquoi il ne s’occuperait pas de ses rapports avec sa femme ? J’ai lu ces derniers temps qu’ils se sont séparés. Non, au lieu de ça il s’occupe d’Israël et de Bon Jovi ».

Traduit de l’hebreu par David Goldstein pour Haabir-haisraeli.