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Solange Hendi

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Marie-France Moneger-Guyomarc'h est la patronne de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la "police des polices", le service chargé d'enquêter sur les bavures policières. Parmi ses dossiers, l'affaire Théo à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). AFP Photo / Dominique Fage
A la tête de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), Marie-France Monéger-Guyomarc’h dirige les enquêteurs chargés de faire la lumière sur l’interpellation du jeune Théo. Dans un entretien accordé à L’Express, elle critique les « imprécisions » relayées par certains médias.

Ils n’ont pas la réputation d’être tendres avec leur collègues et pourtant, depuis les événements d’Aulnay-sous-Bois, leur travail suscite l’incompréhension d’une partie des citoyens. Les policiers de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) ont été saisis par la justice pour enquêter sur la violente interpellation du jeune Théo le 2 février par quatre fonctionnaires de la Brigade spécialisée de terrain (BST).

Une vingtaine d’enquêteurs ont été mobilisés sur ce dossier sensible. Dans leurs premières conclusions, ils écartent la piste d’un viol délibéré par l’auteur du coup de matraque, ce qui leur a valu plusieurs critiques. Un procès injuste selon Marie-France Monéger-Guyomarc’h, patronne de cette redoutable « police des polices ». Dans un contexte tendu et alors que des violences urbaines ont éclaté en région parisienne, elle a accepté de répondre aux questions de L’Express.

A la suite des événements d’Aulnay-sous-Bois, la question revient une nouvelle fois sur la table: le comportement des policiers est-il suffisamment contrôlé?

Marie-France Monéger-Guyomarc’h. La profession de policier est l’une des plus surveillées de France. Les fonctionnaires portent des armes, ont le droit de faire usage de la force, de placer des individus en garde à vue, de les fouiller à corps, d’effectuer des perquisitions. Ces droits s’accompagnent logiquement de devoirs et d’un contrôle exigeant. Il est indispensable que l’action des policiers et que les policiers eux-mêmes soient irréprochables.

Il faut bien comprendre que les fonctionnaires de police, à la différence de tous les autres justiciables, peuvent pour les mêmes faits être l’objet à la fois d’une enquête administrative et d’une enquête judiciaire. Dans de nombreux cas, alors même que la justice pénale décide de ne pas poursuivre l’agent, il peut être sanctionné disciplinairement en raison de manquements déontologiques. Ainsi, un policier consommateur de cannabis peut ne pas être condamné pénalement mais, si les faits sont matérialisés, il sera obligatoirement sévèrement sanctionné par l’institution.

L’affaire Théo a entraîné des manifestations et l’incompréhension d’une partie de la population. Comment l’IGPN prend-elle en compte cette situation?

Je comprends l’émoi de la population. Ce qui est gênant, ce sont toutes ces imprécisions proférées à longueur de journée dans les médias ou lors de certaines interventions. Elles donnent l’impression que l’IGPN ne fait pas son travail, se montre partiale et enquête à l’avantage de ses collègues. Quand j’entends dire, à tort, que notre rapport mentionne « un accident » ou un « viol involontaire », les bras m’en tombent. Cela n’existe pas en droit.

Nous n’avons évidemment pas utilisé ces termes inadéquats, mais une qualification du code pénal qui s’appuie sur ce que nous avons constaté, vu et entendu. Je signale à ce propos que le code de procédure pénale impose au service de police enquêteur de qualifier juridiquement les faits, ce que l’on nous a injustement reproché et qui a pourtant été largement diffusé.

Personne ne nie les faits et les graves blessures subies par Théo. Personne ne nie que c’est une affaire épouvantable, qui a d’ailleurs mobilisé une vingtaine d’enquêteurs de l’IGPN. Et l’enquête se poursuit sous l’autorité du juge d’instruction. Mais notre approche se doit d’être juridique, légale, objective, factuelle et professionnelle.

Comment expliquer l’accumulation d’affaires de violences policières enregistrées ces derniers temps?

Je n’ai pas le sentiment que les affaires se multiplient, mais je constate qu’elles sont davantage médiatisées. Le nombre d’enquêtes judiciaires ouvertes à l’IGPN pour des violences alléguées est stable. Elles représentaient 40% de nos saisines en 2015, soit à peine 1% de plus que l’année précédente. Au total, nous avons diligenté 411 enquêtes pour de tels faits. Il en est de même sur notre plateforme de signalement internet, ouverte en 2013.

Ces plaintes et ces signalements concernent essentiellement des interpellations au cours desquelles les plaignants estiment que l’usage de la force était illégitime ou disproportionné. Je note toutefois que les affaires ayant entraîné des blessures provoquant plus de 60 jours d’ITT [NDLR: ce qui est le cas de Théo] sont exceptionnelles. Celles ayant entraîné plus de 30 jours d’ITT (par exemple un bras cassé) sont traitées en priorité. Si les chiffres sont stables, nous observons en revanche que la situation dans certains quartiers s’est dégradée, que les relations entre les policiers et une petite partie de la population se tendent.

Est-ce particulièrement vrai en Seine-Saint-Denis?

Nos chiffres ne nous permettent pas de pointer telle ou telle zone, si ce n’est que nous constatons plus d’incidents dans les territoires à forte population. Rien de plus logique.

Dans ces territoires, les agents sont-ils suffisamment expérimentés?

Il est vrai que les agents en région parisienne sont souvent plus jeunes qu’en province. C’est la logique du recrutement dans la fonction publique et de l’affectation en premier poste, qui ne diffère d’aucune autre administration. Pour autant, la jeunesse n’est pas en soi un handicap dans un métier aussi actif et engagé que celui de policier. Par ailleurs, un effort considérable a été fait en termes d’encadrement et de hiérarchie intermédiaire. C’est un sujet auquel nous devons porter la plus grande attention.

Que représentent les violences à caractère sexuel parmi les procédures ouvertes à l’IGPN?

Les enquêtes relatives à des violences sexuelles sont très marginales. Elles concernent très rarement des affaires de relations sexuelles entre un policier et une personne fragilisée ou des accusations d’attouchements durant des palpations de sécurité.

Je n’ai aucun état d’âme à faire « tomber » un policier ripou, quels que soit son service ou son positionnement hiérarchique. Mais je tiens aussi à souligner la difficulté du travail des policiers et refuse qu’on en fasse des coupables d’emblée.

Comprenez-vous la défiance à l’égard des policiers qui enquêtent sur les policiers?

Le procès fait à l’IGPN de protéger les policiers est un procès que je n’accepte pas. Nous avons d’ailleurs au sein de la police la réputation inverse, que je n’accepte pas davantage. Je n’ai aucun état d’âme à faire « tomber » un policier ripou, quels que soit son service ou son positionnement hiérarchique. Mais je tiens aussi à souligner la difficulté du travail des policiers et refuse qu’on en fasse des coupables d’emblée. Quand une équipe intervient dans un lieu sensible, une dalle où prospère le trafic de stupéfiants, par exemple, et que les cris des guetteurs retentissent, elle doit intervenir. C’est à la fois sa mission et l’attente de nos concitoyens en quête de tranquillité publique.

L’IGPN se doit d’agir en droit. Elle s’attache à mener des enquêtes irréprochables pour qu’elles ne soient contestées ni en interne ni en externe. C’est notre responsabilité et notre honneur. En concertation avec tous les membres du service, nous nous sommes dotés d’une charte des valeurs applicable à l’ensemble de nos enquêtes: exemplarité, expertise, éthique de responsabilité et objectivité. Nous travaillons toujours de manière collégiale, et plus encore lorsque les affaires sont délicates. Mais je ne suis pas dupe. Par nature, une inspection ne peut pas être aimée. D’un côté, les uns nous accusent de protéger les policiers; de l’autre, les policiers nous reprochent notre exigence et notre sévérité.

Comment éviter la répétition d’incidents graves?

L’IGPN a aussi pour mission d’analyser tous les incidents et dysfonctionnements et d’en tirer des enseignements. En ce sens, elle répond à la définition d’une inspection dont l’objectif est d’améliorer, au-delà des enquêtes, les pratiques de l’institution qu’elle sert. Des enseignements seront donc tirés de l’affaire d’Aulnay-sous-Bois, surtout sur les conditions des interventions qui sont toujours, et par nature, des moments particulièrement délicats.

Dès lors que la force et la contrainte sont nécessairement employées, le risque zéro n’existe pas. Je suis favorable au développement des caméras embarquées en intervention. Tout d’abord parce que les expérimentations démontrent que, dès lors qu’une caméra fonctionne, le niveau de tension baisse de part et d’autre et parce que l’exploitation des images se révèle très utile pour parvenir à la vérité, autant dans le sens de celui qui met en cause l’action de la police que dans le sens du policier.

Source : L’Express

Bomb threats have been received at 54 Jewish community centers in 27 US states and one Canadian province since Donald Trump became president a month ago KENA BETANCUR (AFP/File)
Au lendemain de la profanation d’un cimetière juif dans la région de Saint Louis aux Etats-Unis, deux citoyens américains de confession musulmane ont mis en ligne une cagnotte visant à récolter des fonds pour reconstruire le cimetière.

En deux jours, l’initiative a permis de collecter plus de 50.000 dollars, un montant qui ne cesse d’augmenter.

« Les Américains musulmans sont solidaires de la communauté juive-américaine pour condamner cet acte horrible de profanation contre le cimetière de Chesed Shel Emeth. Nous adressons également nos plus sincères condoléances à tous ceux qui ont été touchés et à la communauté juive dans son ensemble », peut-on lire dans la description de la cagnotte.

Les organisateurs, Linda Sarsour et Tarek ElMessidi, ont expliqué que le but de cette campagne était d' »envoyer un message commun des communautés juive et musulmane pour dire qu’il n’y a pas de place pour ce type de haine, de profanation et de violence en Amérique ».

Le gouverneur de l’Etat du Missouri, Eric Greitens, de confession juive, a qualifié ces actes de vandalisme antisémite et a affirmé être lui aussi volontaire pour aider aux réparations du cimetière, dans lequel au moins 170 tombes ont été profanées.

Les deux responsables de la campagne de financement ont affirmé que les fonds qui ne seront pas utilisés pour la réparation du cimetière seront redirigés pour réparer d’autres centres juifs qui auraient été vandalisés.

Capture d'écran https://www.launchgood.com/project/muslims_unite_to_repair_jewish_cemetery#/

« Nous prions pour que cela rétablisse un sentiment de sécurité et de paix pour la communauté juive-américaine, qui a sans aucun doute été ébranlée par cet événement », ont indiqué Linda et Tarek.

Le gouverneur Greitens a fait valoir le concept de « tikkun olam » (réparation du monde) mardi sur une chaîne de télévision américaine, précisant que son équipe et lui même seraient présents pour nettoyer les dommages.

Il a appelé tous les volontaires à venir avec leurs râteaux, leurs sacs poubelle, leurs chiffons de ménage et plus d’ustensiles de nettoyage.

La vandalisation du cimetière aurait eu lieu entre la nuit de vendredi et lundi matin, quand les dommages ont été constatés.

Dans une interview donnée au Huffington Post, le Lieutenant Fredrik Lemons du département de police compétent dans cette affaire a refusé de qualifier ces actes de vandalisme de crime haineux.

« Pour l’instant, l’enquête est en cours. Nous étudions chaque possibilité », a-t-il déclaré.

La police est actuellement en train de regarder attentivement les images de vidéos surveillance selon le rapport livré par les forces de l’ordre.

 Source : I24 News

Netanyahou et Turnbull à Sydney, mercredi 22 février 2017 GPO
Le Premier ministre australien Malcolm Turnbull, qui a accueilli Netanyahou et son épouse Sara sur les pelouses luxuriantes de la maison de l’Amirauté à Sydney, résidence du gouverneur général de l’Australie, a qualifié Israël de « miracle » et de pays « envié par le monde ».

Après sa visite de deux jours à Singapour, le couple Netanyahou a atterri mercredi à Sydney, pour ce qui constitue la première visite officielle d’un chef de gouvernement de l’Etat hébreu en Australie.

Les deux dirigeants ont ensuite donné une conférence de presse commune après une première rencontre d’une heure et demie, avant de présider un événement auquel près de 400 hommes d’affaires israéliens et australiens étaient conviés.

Lors de la conférence de presse, Turnbull a rappelé le soutien de l’Australie à une solution à deux États, mais précisé qu’elle devait être l’aboutissement de négociations directes. De son côté, Netanyahou a déclaré qu’Israël ne pouvait pas mettre sa sécurité en danger, et que le premier devoir de tout Premier ministre était la sécurité de son peuple.

Évoquant une éventuelle résolution du conflit israélo-arabe, Netanyahou a affirmé ne pas « vouloir transformer deux millions de palestiniens en citoyens israéliens ».

« Je souhaite qu’ils aient toute la liberté de se gouverner par eux-même, mais sans le pouvoir de nous menacer. Les laisser se gouverner oui, mais sans la possibilité militaire de menacer l’Etat d’Israël qui,vous le savez, est un petit pays », a-t-il déclaré.

Le dirigeant israélien a ajouté qu’un État palestinien devait reconnaître Israël comme État juif, et qu’Israël devait conserver le contrôle de la sécurité sur le territoire qui se trouve à l’ouest du Jourdain.

« 100 ans d’amitié »

A sa descente d’avion, Netanyahou a salué les « 100 ans d’amitié » entre Israël et l’Australie, se référant à la libération de la ville israélienne de Beer Sheva de l’Empire ottoman par les troupes australiennes, ajoutant qu' »ils ont combattu aux côtés des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale pour sauver Israël d’une invasion nazie ».

« Ils sont loin, mais ils sont proches, et nous sommes très heureux de renforcer cette proximité à l’occasion de cette visite », s’est-il réjoui.

Haim Zach (GPO)

Le Premier ministre, qui ne se rendra pas à la capitale Camberra restera à Sydney, où il rencontrera des responsables du gouvernement au Commonwealth Parliament Offices.

Lors de ces réunions, Netanyahou signera des accords visant à renforcer la coopération économique et militaire entre les deux pays.

Le Premier ministre rencontrera les dirigeants de la communauté juive avant de retourner dimanche en Israël.

« L’Australie condamne la résolution de l’ONU contre Israël »

Peu de temps avant l’arrivée de Netanyahou, le Premier ministre australien Malcolm Turnbull a pris la défense d’Israël en rappelant que son gouvernement a rejeté sans équivoque la résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations unies votée en décembre dernier, qui condamne les implantations juives en Cisjordanie.

« Mon gouvernement n’appuiera pas les résolutions unilatérales qui critiquent Israël, comme celle adoptée récemment adopté par le Conseil de sécurité de l’ONU, et nous déplorons les campagnes de boycott visant à délégitimer l’Etat juif », a déclaré Turnbull dans une tribune publiée dans The Australian Journal.

Malcolm Turnbull a toutefois réaffirmé le soutien de son pays à une solution à deux États au Proche-Orient.

PETER PARKS (AFP)

« Israël et les Palestiniens doivent se mettre d’accord, et nous appuyons une solution négociée de deux États afin que les Palestiniens aient leur propre État et que le peuple d’Israël puisse vivre en sécurité à l’intérieur des frontières convenues », a affirmé Malcolm Turnbull, alors que certains rapports affirment que le dirigeant israélien ne soutiendrait plus la solution à deux États.

Les dirigeants israéliens et palestiniens « doivent retourner à la table des négociations et travailler à une solution qui défend les droits des deux peuples à vivre côte à côte dans la paix et la sécurité », a-t-il ajouté.

La semaine dernière, la ministre australienne des Affaires étrangères Julie Bishop a affirmé que Canberra pourrait être favorable à une solution à un seul Etat si c’est ce que les parties désirent, faisant écho aux propos du président américain Donald Trump mercredi dernier, selon lesquels il accepterait tout compromis trouvé entre Israéliens et Palestiniens.

« S’il y a une autre solution » que celle à deux Etats « qui assurent que les Israéliens et les Palestiniens puissent vivre côte à côte, sur des frontières internationalement reconnues, le monde devrait naturellement la soutenir ».

Durant son séjour en Australie, Netanyahou devrait faire face à une vague de contestation. Plus de soixante personnalités australiennes ont signé une lettre ouverte s’opposant à sa visite, et critiquant la politique du gouvernement israélien à l’égard des Palestiniens. Plusieurs manifestations sont prévues à Melbourne, Sydney et Canberra.

« Il est temps que les souffrances du peuple palestinien cessent et que l’Australie adopte une position plus équilibrée en soutenant l’application du droit international, et non M. Netanyahou et ses politiques », ont affirmé les auteurs de la lettre, qui comptent notamment d’anciens hommes politiques.

« Les politiques de M. Netanyahou visent systématiquement à provoquer, à intimider et à opprimer la population palestinienne, ce qui accroît ce déséquilibre [du pouvoir], amenant ainsi Israël irrémédiablement plus loin de la paix. Ces politiques sont incompatibles avec les valeurs et les croyances australiennes, et nous ne devrions pas l’accueillir ici », ont-ils ajouté.

Source : I24 News

Des soupçons pèsent sur François Fillon et sur Emmanuel Macron. Dans le premier cas, nos médias se demandent : sont-ils fondés ? Dans le second : d’où viennent-ils ?

La question « Cui bono ? » (tournure en double datif que le concept de prédicat ne permet pas de comprendre, note au CSP) est traditionnellement attribuée à Cicéron, qui la prononça jadis dans sa plaidoirie en faveur de Roscius d’Améria, un pauvre bougre accusé à tort de parricide et risquant par conséquent un châtiment immonde (on enfermait le coupable dans un sac avec divers animaux, dont un serpent, et on jetait ce sac dans le Tibre).

La victoire de Cicéron, totalement inespérée étant donné que les accusateurs étaient soutenus par un proche du dictateur Sylla, consacra la renommée de celui qui n’était encore qu’un jeune avocat. Mais si ce bon Cicéron lui-même attribue la paternité de cette interrogation à un autre que lui (« Lucius Cassius avait l’habitude de demander : à qui profite le crime ? »), du moins sait-il l’employer à bon escient.

On demande « à qui profite le crime ? » quand on entend démontrer que le coupable ne peut être que celui qui a tiré avantage du forfait. Dans le cas de Roscius, le malheureux avait été exproprié de tous ses biens à la suite d’une machination ourdie par les accusateurs, lesquels espéraient, s’ils gagnaient leur procès, empêcher que le fils pût jamais réclamer les terres immenses de son père.

On a vu ressurgir sur toutes les lèvres et dans maints gros titres la question cicéronienne :

Mais le crime ainsi désigné, quel est-il, en l’occurrence ? Ce n’est pas le véritable délit, dont la responsabilité n’est pas mise en doute : si détournement de fonds publics il y a, à qui a-t-il profité ? A la famille Fillon. A monsieur, ou à madame. En tout cas, pas à Emmanuel Macron, qui n’était pas dans la combine.

Quel est donc le crime, s’il profite à Macron ? La transformation du délit en « affaire ».

Autrement dit, évidemment, la révélation du forfait. Mais cette évidence n’a rien d’évident. Qu’y a-t-il de criminel à révéler un délit ?

Aussi, que l’on trouve cette expression dans la bouche d’Eric Ciotti n’est pas étonnant. Il essaie de dévier la culpabilité en créant une affaire dans l’affaire, selon une stratégie bien connue :

Mais les médias ne devraient pas reprendre cette formule. Comme souvent, la tournure inadéquate dissimule l’évitement d’un problème. Dire que la révélation du détournement présumé de fonds publics profite à Macron pose bien des questions  : étant donné le caractère très opportun de cette révélation, a-t-elle été organisée par ledit Macron ? Ou bénéficie-t-il d’une révélation orchestrée par un ennemi personnel de son adversaire ? Et dans ce cas, qui ?

La question d’Eric Ciotti est tendancieusement posée mais elle n’est pas illégitime. Il refuse seulement d’imaginer que le coupable de la révélation ne soit pas forcément celui à qui elle profite (l’intention peut fort bien n’être que de nuire à Fillon, par pure inimitié personnelle ou esprit de vengeance).

Il semblerait que certains sachent des choses.

Mais peu de gens s’interrogent. Pourtant, comment ne pas s’étonner, non point du délit, non plus que de sa révélation, mais de l’opportunité de celle-ci ?

En revanche, Emmanuel Macron a une marge de manœuvre énorme. S’il a jugé nécessaire de couper court à la rumeur concernant sa liaison avec Mathieu Gallet, c’est parce qu’il a bien senti que ce qui était en cause, ce n’était pas ses penchants en matière de mœurs, mais bien le soupçon de duplicité, moralement lourd :


Macron dément les rumeurs sur sa relation avec… par BuzzVid

Toutefois les médias ne l’auraient pas embêté avec cela. Et d’ailleurs, tous saluent l’humour avec lequel il a démenti la rumeur :

Comme il est drôle !

A défaut de se demander si les rumeurs en question ont un fond de vérité, on se hâte (à l’inverse du cas Fillon) de se demander d’où elles viennent. Et comme au bon vieux temps de la Guerre Froide, on  trouvé : c’est un coup des Russes.

Remarquez, c’est peut-être les Russes…

Mais c’est assez gros pour que les journalistes se demandent si « vraiment » :

Et Libé va jusqu’à trouver que, quand même, la clique Macron exagère a little bit.

Mais futé, l’ami Macron n’a répondu que sur la moins grave des rumeurs qui courent à son sujet. Pendant que l’on admire l’humour avec lequel il dément sa supposée liaison avec Mathieu Gallet, pendant que l’on donne exactement l’écho qu’il espérait à son exagération consensuelle sur la colonisation (la polémique à risque zéro), on ne parle plus (et on en a si peu parlé) de l’accusation de détournement de fonds publics portée contre lui, non par les médias russes, mais par deux journalistes français :

Si cette accusation prend trop d’ampleur, il n’aura qu’à la démentir. Avec humour.

Ingrid Riocreux
agrégée de lettres modernes, spécialiste de grammaire, rhétorique et stylistique
Souce : Blog Causeur

Moïse Maïmonide
Levinas sur Moïse Maïmonide et sa place dans l’histoire de la philosophie juive

Au vu de ce qu’il écrivit à son sujet, on ne peut pas dire que Levinas se rangeait résolument aux côtés de l’auteur du Guide des égarés et du Mishné Tora, pour ne citer que les œuvres les plus marquantes de Maïmonide

Il le cite parfois quoique parcimonieusement, et a bien rédigé un petit texte pour s’associer à l’hommage rendu un peu partout dans le monde, en 1935[1]. Mais on ne perçoit guère l’enthousiasme de tous les coryphées allemands de la science du judaïsme qui portèrent aux nues le célèbre penseur du judaïsme médiéval.

On sent une réserve, la même que celle éprouvée face à l’œuvre de Moïse Mendelssohn, un demi millénaire plus tard.

L’arrière-plan de cette réserve ou de cette retenue est constitué par le danger qu’a représenté l’assimilation, au terme de l’histoire religieuse ou intellectuelle du judaïsme.
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Emmanuel Levinas

L’arrière-plan de cette réserve ou de cette retenue est constitué par le danger qu’a représenté l’assimilation, au terme de l’histoire religieuse ou intellectuelle du judaïsme.

En effet, comme on va le voir dans un petit texte où l’on ne s’y attendait guère, Levinas cite un long extrait des Mémoires de Zalman Shazar, juif d’Europe de l’Est, compagnon en Allemagne du jeune Gershom Scholem avant son départ vers la terre d’Israël et futur président de l’Etat d’Israël

Nous disons «inattendu» mais pas vraiment car en rendant hommage à la mémoire d’une descendante des barons de Gunzburg, Anna Halpérin, décédée à Genève en 1986, Levinas a l’occasion de célébrer la littérature et la culture russes auxquelles il demeura attaché toute sa vie.

Et c’est dans ce contexte qu’il cite ce long échange entre Zalman Shazar et ce grand et fin lettré que fut le baron David de Gunzburg. L’échange est consigné, comme on l’a dit, dans les Mémoires de Zalman Shazar :

Je me souviens d’une conversation privée où le baron essayait de me convaincre du caractère «inadéquat» des concepts de nationalisme et d’assimilation dont j’usais en parlant avec mes camarades. Il m’expliquait en quoi l’usage de ces concepts ne lui donnait pas satisfaction.

Quand il eut senti que ces arguments me laissaient un peu froid, il produisit l’argument absolu, indubitable : Maïmonide! Comment définirez-vous Maïmonide à l’aide de ces concepts qui vous semblent acquis ?

Direz vous que Maïmonide est un penseur national ? Mais n’a-t-il pas vécu sur ses sommets la pensée mondiale de son époque, le cerveau empli de sagesse grecque, maître de tous les trésors de tout l’Occident, amis des princes de la pensée, qui ne sont pas de chez nous, rédigeant ses livres en arabe, combattant toutes les réalisations qui passent pour sacrées chez nous depuis des générations et persécuté dès lors par les gardiens fidèles des murs dans notre peuple ?

Ou se serait-il, par hasard, que Dieu préserve, assimilé ? Mais qui dans notre peuple adorait ou sacrifiait davantage la pensée d’Israël dans la rigueur de tous les concepts de la philosophie et de la science ? Qui mit au point et régla la halakha, pour sa génération et pour toutes les générations futures ? Qui formula les principes du credo juif, base de tout le judaïsme ?

Et si la distinction national/assimilé ne permet pas de saisir l’essentiel et le grand dans la Nation, comment permettrait-elle de classer des personnes et des événements moins importants ? Il faut donc admettre que les notions de national et d’assimilé, si familières à moi et à ma génération, n’expriment pas la complexité du réel et ne conviennent pas à l’objet et qu’il y faut des définitions supplémentaires ou autres.

Image illustrative de l'article Zalman Shazar
Zalman Shazar

Mais Shazar ajoute ceci, qui montre combien il nourrissait à l’égard de Maïmonide et de son œuvre des sentiments mêlés :

Tout en exaltant et en admirant Maïmonide comme figure exemplaire de la pensée d’Israël, le baron considérait les notes critiques de RAbaD (rabbi Abraham ben David de Posquières) sur Maïmonide comme une présence permanente au sein de la nation et prenait la querelle entre eux  -Gershom Scholem et RAbaD- pour affaire toujours actuelle parmi nous jusqu’au moment, où selon le mot d’Isaïe «la terre sera pleine de la connaissance de Dieu comme l’eau abonde dans le lit des mers.[2]

Le titre de la contribution de Levinas au huit-centième anniversaire de la naissance de Maïmonide (en réalité, comme on le dit dans la note, il naquit en 1138 et non en 1135) n’est pas anodin et laisse augurer la teneur de son texte : L’actualité de Maïmonide

Contrairement aux coryphées de la science allemande du judaïsme qui voyaient en Maïmonide leur illustre précurseur, en ce qu’il faisait figure à la fois d’historien, de philologue et du philosophe du judaïsme, Levinas interroge les grandes articulations du système maïmonidien d’un œil plus critique, dicté par une situation politique très troublée.

Les savants judéo-allemands de la science du judaïsme entendaient montrer à leur environnement chrétien que les racines de leur rationalisme, de leurs critiques des traditions religieuses, remontaient au moins au Moyen Age, et qu’à ce titre, ils méritaient une insertion pleine et entière au sein de la société.

La perspective de Levinas dans ce texte de 1935 est tout autre : vu l’urgence de l’heure, les persécutions nazies, la montée presque générale dans tous les pays d’Europe, le désarroi des juifs qui ne savent plus vers quel saint se vouer, comment les enseignements de Maïmonide peuvent ils nous être de quelques secours ?

Dès les premières lignes, Levinas précise qu’il n’entend pas se livrer à une approche érudite qui est déjà bien présente, occupée à étudier les influences subies ou exercées ; il préfère se concentrer sur un point bien plus modeste : qu’est-il pour nous ? Que représente Maïmonide pour nous autres, juifs de premier tiers du XXe siècle ?

Levinas écrit même ces phrases :

l’aspect véritablement philosophique d’une philosophie se mesure à son actualité. Le plus pur hommage qu’on puisse lui rendre consiste à la mêler aux préoccupations de l’heure…

L’Europe assiste, impuissante, à la neutralisation de son héritage judéo-chrétien, elle voit le paganisme relever la tête avec une arrogance inouïe : jamais encore, la foule des égarés ne fut si nombreuse.  

La conscience juive, soumise à une si rude épreuve, a besoin de puiser quelque part une confiance nouvelle en soi, en son essence, en sa vocation et en son avenir.

Au milieu du XIIe siècle, Maïmonide a insufflé aux juifs de son temps et à ceux de la postérité une foi nouvelle en eux-mêmes, en montrant avec son génie la conciliation possible entre les enseignements d’Aristote et ceux de la Bible.

Il a démontré à la face de tous que le religion juive avait encore toute sa légitimité puisqu’elle pouvait dialoguer avec l’un des sommets de la philosophie grecque sans que nul ne crie au déséquilibre ni à la disproportion entre des parties engagées dans un dialogue.

Il a démontré à la face de tous que le religion juive avait encore toute sa légitimité puisqu’elle pouvait dialoguer avec l’un des sommets de la philosophie grecque sans que nul ne crie au déséquilibre ni à la disproportion entre des parties engagées dans un dialogue. En d’autres termes, la religion juive et sa Bible ne se sont pas effondrées lorsqu’elles se confrontèrent au défi de la pensée grecque, symbole du rationalisme et de l’universalité.

Entrant dans le vif du sujet, Levinas ne fait plus mystère de ses réserves, non pas concernant la profondeur de la pensée du Guide des égarés mais en raison de l’intellectualisme froid qui caractérise cette œuvre ; il ne mâche pas ses mots : Maïmonide, dit-il, est tout sauf un visionnaire et cette remarque est fondée mais revêt une importance cruciale, eu égard aux événements que les communautés d’Europe occidentale sont en train de vivre.

Levinas n’est pas très satisfait par cet examen maimonidien des textes sacrés qui favorisent la prudence et non l’extase, la logique et non l’enthousiasme, la grammaire et non la mystique.

Le ton est donné. On sait que les cinquante premiers chapitres de la première partie du Guide des égarés sont consacrés à l’exégèse philosophique des homonymes bibliques. En effet, dans cette philosophie du langage, Maïmonide éradique tout ce qui heurte son propre concept divin, qui se déploie autour d’un concept-clé, l’incorporéité divine. 

Maïmonide va jusqu’à dire que l’idolâtre n’est pas celui qui croit à la corporéité divine par ignorance mais bien celui qui est persuadé qu’il faut y croire…

Levinas n’entre pas vraiment dans le détail de ces chapitres, il ne donne pas d’exemples, mais sa critique n’est pas sans rappeler celle de Gershom Scholem qui disait que Maïmonide n’avait pas remis à leur place les homonymes bibliques et qu’il en avait, de fait, embrouillé le vrai sens. Mais on ne peut pas reprocher au père du rationalisme et de l’intellectualisme juifs de manquer de toute sensibilité mystique !

Voici ce qu’écrit Levinas en ayant regardé cette exégèse rationaliste des homonymes bibliques, donc des termes qui n’ont pas  du tout le même sens, selon qu’ils sont prédiqués de Dieu ou des hommes.

Une savante analyse étymologique des mots épuise pour lui les profondeurs de l’Ecriture qui paraissent insondables à la foi naïve, mais pure ; les songes prophétiques et les miracles sont ravalés  , au rang d’allégories ou de paraboles ; les quatre degrés de l’échelle de Jacob que connaît la tradition talmudique, les quatre légions d’anges, les quatre chariots de la vision de Zacharie ne figurent que les quatre causes d’Aristote. Cela paraît un peu appauvrissant.

L’interprétation allégorique ou le commentaire philosophique auxquels Maïmonide soumet les vocables bibliques afin de les adapter aux exigences de la dialectique aristotélicienne ne semblent pas être du goût de Levinas qui garde une approche moins conceptuelle mais plus traditionnelle des traditions écrite et orale du judaïsme. Son jugement paraît sans appel, tant il est tranché :  Le goût du mystère manque terriblement à Maïmonide. Et il ajoute même : Tant de raison déçoit. Levinas regrette clairement ce monde des patriarches bibliques qu’il préfère aux froides entités, les intellects séparés dont Maïmonide peuple sa Bible revue et interprétée par un philosophe intégralement aristotélicien.

En somme, Maïmonide a appauvri le message biblique en le soumettant à la noétique aristotélicienne

Après la critique de la théorie maïmonidienne des homonymes, Levinas examine l’origine du monde qu’il refuse de reprendre à son compte car elle rend, avec de telles prémisses, toute création rigoureusement impossible.

Mais Levinas n’avait peut-être pas assez bien étudié les présupposés de la philosophie religieuse de Maïmonide, telle qu’elle est exposée dans son introduction générale au Guide des égarés. Le philosophe cordouan écrit clairement qu’il entend donner du judaïsme une interprétation philosophique et que l’accès à son œuvre doit être interdit à ceux qui n’ont pas de formation philosophique : les lecteurs qui se seraient fourvoyés ne pourront s’en prendre qu’à eux-mêmes car cet ouvrage ne leur était pas destiné. 

Maïmonide avait prévenu qu’il userait de deux principes de la contradiction, notamment le cinquième et le septième, mentionnés dans cette introduction. Il fait donc semblant d’accepter la thèse créationniste tout en disséminant dans ses développements nombre d’indices alertant les vrais philosophes du caractère irrationnel d’une telle théorie : Dieu, qui est le seul être d’existence nécessaire (Avicenne) qui soit, ne saurait décider à un moment donné de passer à l’action après avoir été en état de puissance.

Sa perfection absolue, sa nature d’intellect suprême, à nul autre pareil, le lui interdisent. Faute de quoi, il faudrait supposer que quelque chose ou quelqu’un aurait exercé sur lui une influence le faisant passer de la puissance à l’acte. En fait, une création dans le temps n’est que la présentation populaire d’une théorie réservée aux élites, seules aptes à tout comprendre : le monde est éternel, il a été créé de toute éternité mais cela ne diminue en rien son statut de créature dépendant de son créateur.

Un penseur musulman dont Maïmonide  s’était inspiré, Abugamid Alghazali (mort en 1111), donne l’exemple suivant : une fois que l’architecte a achevé la construction d’un édifice, ce dernier continue d’exister aussi longtemps que le lui permettra la solidité de ses matériaux.

Il en va tout autrement du monde vis-à-vis de Dieu : une fois que le monde est là, il a, pour subsister, besoin du souffle divin. Si Dieu le lui retire, il retombe dans le néant d’où il a été tiré. Partant, la thèse de l’éternité du monde n’est pas frappée du sceau de l’hérésie, c’est tout simplement l’idée qui convient à ceux qui ont une formation philosophique.

Levinas découvre toutefois un mérite à l’aristotélisme maïmondien dans le cadre de sa théorie sur l’origine de l’univers ; on ne peut pas conclure d’un monde existant à ce qu’il était avant son adventicité. On ne peut avoir une idée de ce qu’était l’univers dans l’intellect divin.

Au cours du Moyen Age, depuis les mystiques pré-zohariques et les kabbalistes de Safed, les adeptes du courant ésotérique juif ont déployé de gros efforts pour repenser les doctrines maïmonidiennes dans un sens plus conforme à leurs propres représentations.

Mais Levinas ne se livre pas à cette entreprise de captation d’héritage, il se contente de trouver chez Maïmonide une condamnation sans appel du paganisme dont le nazisme est une inquiétante résurgence ; le paganisme est une impuissance radicale à sortir du monde.  

Comme on l’indiquait plus haut, Maïmonide dit clairement que l’objectif essentiel de la Tora est d’extirper le culte idolâtre (et le paganisme en est une émanation) du cœur des hommes… Tout homme qui y parvient est considéré comme un être qui aurait accompli tous les commandements de la Tora. Levinas donne à son exposé critique une conclusion tout aussi réservée : Maïmonide a donné une expression philosophique de la foi d’Israël, il en a précisé le vrai sens et l’originalité.

Près d’un demi-siècle après cette analyse du Guide des égarés, Levinas reviendra sur Maïmonide dans un contexte plus général, lors d’une interview accordée à François Armangaud, sur le thème suivant : Sur la philosophie juive [3](1986).

Maurice-Ruben HAYOUN 

Le professeur Maurice-Ruben Hayoun, né en 1951 à Agadir, est un philosophe, spécialisé dans la philosophie juive, la philosophie allemande et judéo-allemande de Moïse Mendelssohn à Gershom Scholem, un exégète et un historien français.

[1]  A cette époque là, on ne savait pas encore que Maimonide naquit en 1138 et non en 1135, comme l’apprit un manuscrit autographe de Maimonide, découvert par Dov Goiten dans le gueniza du Caire et publié en 1981 dans les Mélanges Georges Vajda (Louvain, Peteers) édité par Gérard Nahon et Charles Touati.

[2]  A l’heure des nations, pp 171-172.

[3]  A l’heure des nations (Paris, 1988) pp  197-215.

Les parachutistes de la France Libre ont joué un rôle décisif dans les maquis, la préparation des débarquements, la libération de la France et la défaite de l’Allemagne. De Gaulle, en leur rendant hommage, écrivit : « Pour les parachutistes, la guerre fut le danger, l’audace, l’isolement. Entre tous, les plus exposés, les plus audacieux, les plus solitaires ont été ceux de la France Libre. »

Que ce soit dans des régiments parachutistes illustres ou dans des services actions et des réseaux de saboteurs, les Juifs y furent présent en nombre (souvent plus de 10% de ces combattants alors qu’ils représentaient moins de 1% de la population française), aux premiers postes et y trouvèrent pour beaucoup d’entre eux des morts héroïques.

Un des tous derniers officiers parachutistes de la France Libre, d’origine juive, vient de décéder.

Nous souhaitons ici rendre hommage au Capitaine Norbert Beyrard de son vrai nom Norbert Benchemoul.

Il est né en 1925 à Palikao en Algérie. Il rejoint les Forces Françaises Libres à 18 ans en 1943. Il est envoyé à Ringway en Angleterre pour y être formé comme parachutiste. Il est affecté au 3ème Special Air Service (les fameux SAS) et est parachuté en Bourgogne en juillet 1944 pour participer à des dizaines d’opérations de sabotage.

Son « stick », sa section de combat, porte le nom de son officier, le Lieutenant Jacques Zermati, le « Stick Zermati », l’adjoint est le sous-lieutenant Rémi Dreyfus.

La plupart sont juifs comme vous pouvez le constater sur cette photo (Sebag, Barkatz, Lombardo, Beyrard). Ils s’illustreront glorieusement dans la bataille de Sennecey-le-Grand. Cette bataille où une vingtaine de SAS soutenus par le maquis de Corlay blessent ou tuent près de 1.000 soldats allemands en attaquant la garnison sur des jeeps armées de mitrailleuses. Sur les vingt paras engagés ce jour là, onze périssent. Six d’entre eux étaient juifs, Norbert Beyrard récitera le Kaddish pour eux : l’Aspirant Lyon-Caen, l’Adjudant Benhamou, les deux frères Djian, les parachutistes Barkatz et Lombardo. Cette action commando permettra la libération de Châlons-sur-Saône et fut tellement emblématique que c’est à Sennecey-le-Grand que fut érigé après guerre, le Mémorial des SAS tués lors des combats pour la libération de la France.

Beyrard, comme les autres SAS, sont ensuite renvoyés en Angleterre pour être parachutés en avril 45 aux Pays-Bas avec son Régiment, devenu le 3ème Régiment de Chasseurs Parachutistes. Nommé officier, il doit, avec son stick, fixer les Allemands dans la ville d’Oranje. Ils se battent à 20 contre une centaine de paras allemands. Il est grièvement blessé et fait prisonnier. Le Commandant en second du Régiment, le Capitaine Jean-Salomon Simon, lui aussi d’origine Juive y trouve une mort glorieuse et est nommé par De Gaulle, Compagnon de la Libération. Beyrard s’évade quelques semaines plus tard et retrouve les SAS. Il reçoit la Légion d’honneur, la Médaille Militaire, la Médaille de la France Libre et la Croix du Lion de Bronze hollandaise. Après guerre, Beyrard déclara « Dans mon Bataillon du 3ème SAS, sur 400 parachutistes, près de 100 étaient juifs et 15 étaient officiers »

L’Aspirant Beyrard est démobilisé à 20 ans en 1945. Il prépare alors activement à Paris son concours pour entrer à Polytechnique ou aux Mines. Dès l’année suivante, des envoyés du Yichouv lui demande d’expertiser des armes achetées en Yougoslavie et transitant par la France. Puis, sous la pression d’un envoyé de la Haganah en avril 1948, bien qu’il sera surement admis à l’X ou aux Mines, Norbert accepte de mettre son expérience du combat et des commandos au service de l’Etat juif qui va naître. Il s’envole vers la Palestine encore sous mandat.

Il fera partie de ces volontaires étrangers venus de tous les pays, les MAHAL. Il rencontre le chef d’Etat Major, Ygal Yadin qui connaît le rôle joué par les SAS pendant la guerre. Celui-ci lui confie la direction d’une des premières unités de reconnaissance de la toute jeune armée d’Israël. Le Yechida-Siour qui sera l’ancêtre du Sayeret Matkal. A la tête de ce commando, il dirige des opérations de reconnaissance sur la route de Birmanie, vers Jérusalem assiégée.

Dans le même temps, il organise la création de la première école de formation des parachutistes d’Israël à Ramat David. Il entraine des jeunes recrues et effectue avec eux les premiers sauts. Les premiers sauts de parachutistes israéliens. En août 48, son unité devient le premier bataillon parachutiste d’Israël. En qualité d’officier des opérations, il dirige avec succès une série d’opérations commandos sur le front nord, grâce notamment au rôle de son officier de renseignement, un ancien des fusiliers marins de la France Libre, Raymond Kwort.

Après la seconde trêve, cette unité parachutiste est renforcée et devient une force de Tsahal. Joël Palgui, qui fut parachuté avec Hanna Senesh en Hongrie en prend le commandement, Norbert Beyrard en est le second. Au début 49, il convainc l’état-major de sa doctrine d’armée commando, qui a fait ses preuves en France puis en Israël. Il obtient aussi d’Ygal Yadin que tout officier israélien reçoive une formation et un entrainement de parachutiste.

En juin 1949, Capitaine et décoré de la Médaille de l’Indépendance d’Israël, il retourne en France reprendre ses études. Il obtient un master en sciences et un doctorat en économie. Il sera un inventeur et un entrepreneur. Il dépose plus de 150 brevets. Ce sera lui un des inventeurs du scanner médical à haute définition. Il est décédé le 13 février 2017 à Divonne-les-Bains où il habitait.

Les parachutistes juifs de la France Libre ont ainsi joué un rôle déterminant dans la Libération de la France et grâce à Norbert Beyrard et ses camarades volontaires français dans l’esprit de commando de l’armée d’Israël.

De Gaulle rendit aux parachutistes de la France Libre ce si juste hommage : « Ils regardent le ciel sans pâlir et la terre sans rougir ». Le Capitaine Beyrard, fut toute sa vie fidèle à cette devise.

Source : L’Arche

 

Image by Filipe Frazao/Shutterstock.com SHARE130TWEETSHARECOMMENTEMAIL To understand the strong and rising impact of Israeli startups on the US tech scene, consider this month’s Super Bowl LI. Intel and FOX Sports unveiled a 360-degree “Be the Player” replay technology giving viewers an unprecedented, immersive player’s-eye view on the football championship. The groundbreaking technology was first developed in Israel by eight-person Replay Technologies in collaboration with Intel, which then developed it further with a large team after buying the 3D video technology startup in March 2016 as the cornerstone of its new Intel Sports Group. Intel "Be the Player" at Super Bowl. Photo courtesyIntel “Be the Player” at Super Bowl. Photo courtesy The California-based multinational has been supporting and acquiring Israeli companies since 1974. “Many of Intel’s core products are developed in Israel,” said Joel Fisch, director of Intel Sports Group’s Technology Collaborations, speaking at a press event at the OurCrowd Global Investor Summit in Jerusalem on February 16. Representatives of some 200 multinationals were there to scout out Israeli talent and build on existing relationships. “Our role is to identify new and disruptive technologies that we often find in Israeli startups. One needs to be very cognizant of mutual benefit apparent to both sides,” said Fisch. The Project Alloy VR headset, introduced at CES 2017 in Las Vegas, was created at Intel Haifa using Israeli-developed 3D vision technologies from Omek and Envision, which became the foundational technologies in Intel RealSense. Intel paved the way for many American multinationals that regularly incorporate Israeli tech. A late player to the game, Apple, only this week announced its fourth acquisition in Israel as it bought RealFace Technology, a leading developer of facial-recognition tech. US chipmaker Analog Devices and China’s Changhong recently teamed up to put the SCiO mini spectrometer from Israeli company Consumer Physics inside the world’s first molecular sensing smartphone allowing users to analyze everything from foods to gems. Entrepreneurial agility “Ultimately, in order to survive, a small startup will have to connect or interface with a large multinational,” said former Replay COO Aviv Shapira, now senior director of operations and production at Intel Sports Group. But the connection will bear fruit only if the startup offers something of outsized value to its American partner. A large number of Israeli innovations consistently do just that. New Jersey-headquartered medical-devices and life-sciences company Becton Dickinson (BD) “has been actively involved with many startups in Israel,” said Yuri Haverman, BD head of strategic innovation. “Israeli companies are driving the Massachusetts economy and it’s a proxy for what’s happening in cities all over the United States.” “Big corporations like ours are looking at the entrepreneurial agility of Israeli startups that are able to come up with very technologically deep solutions to important problems, and do it fast. What we bring to the table is scale and infrastructure. It’s a perfect combination,” Haverman said. Aiming to reduce the “huge burden” of medication errors, BD’s latest Israeli collaboration is with MedAware, which uses machine-learning algorithms and large-scale electronic medical records data to identify prescription medicine errors in real time. Innovative Israeli technology companies boost investment, jobs and growth not only within US-based multinational companies but also within individual states. From left, Medaware CEO Dr. Gidi Stein, Becton Dickinson Strategic Innovation Director Yuri Haverman, Intel EMEA Ecosystem Innovation Development Director Joel Fisch, Intel Sports Group Senior Director of Operations and Production Aviv Shapira, OurCrowd head of business development Laly David, and VocalZoom CEO Tal Bakish. Photo by Abigail K. Leichman From left, Medaware CEO Dr. Gidi Stein, Becton Dickinson Strategic Innovation Director Yuri Haverman, Intel EMEA Ecosystem Innovation Development Director Joel Fisch, Intel Sports Group Senior Director of Operations and Production Aviv Shapira, OurCrowd head of business development Laly David, and VocalZoom CEO Tal Bakish. Photo by Abigail K. Leichman Take a look at what’s been happening in Massachusetts. According to the 2016 Massachusetts-Israel Economic Impact Study, 216 businesses in greater Boston have at least one Israeli-born founder. In 2015, those companies booked $9 billion in revenue and had an overall economic impact of twice that amount, including 27,000 jobs generated and $400-500 million in venture capital brought into the state. Since 1999, acquisitions and collaborations across Massachusetts- and Israeli-founded companies — including giants such as Boston Scientific, Raytheon and Dell EMC — have totaled over $10 billion. “A small country having such a huge impact half a world away is extraordinary,” says David Goodtree, a board member of MassChallenge Israel and the New England-Israel Business Council and an OurCrowd global venture partner. Goodtree holds up Argo Medical Technologies’ ReWalk as a prime example. The very successful Israeli developer of a robotic exoskeleton for paraplegics opened its US manufacturing, sales and service headquarters in Marlborough, Massachusetts, in October 2012 with a former Boston Scientific executive as its CEO. US veteran Robert Woo, paralyzed in a freak construction accident, shows off the ReWalk 6.0 version of the Israeli-made exoskeleton system that has given him a second chance to walk again. Photo by ReWalkUS veteran Robert Woo, paralyzed in a freak construction accident, shows off the ReWalk 6.0 version of the Israeli-made exoskeleton system that has given him a second chance to walk again. Photo by ReWalk Massachusetts Governor Charlie Baker recently led a high-level business delegation to find new partnerships in Israel – the only country to which he has made such a trip. “Israeli companies are driving the Massachusetts economy and it’s a proxy for what’s happening in cities all over the United States,” says Goodtree. OurCrowd CEO Jon Medved says this phenomenon has indeed spread way beyond New York and California, where scores of Israeli-founded companies have set up shop. Ohio, Michigan, Alabama, Georgia, South Carolina, Vermont and Florida are among many US states actively hosting and courting Israeli companies, and the list is growing constantly. “Israel is really becoming the hub for creating jobs and making money together,” said Medved. “And as we move into more frontier technologies, Israel’s place in innovation will strengthen.” Read more on: Technology, Innovation, OurCrowd, israeli startups, Replay Technologies, Intel Haifa, Consumer Physics, Rewalk MORE ABOUT TECHNOLOGY Wine grapes are one of the specialty crops for which FieldIn is designed. Photo: courtesy Smart pest management for fruit, nut and grape growers By Abigail Klein Leichman Verifying signatures could save billions. 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Prior to moving to Israel in 2007, she was a specialty writer and copy editor at a daily newspaper in New Jersey and has freelanced for a variety of newspapers and periodicals since 1984. VIEW ALL STORIES BY ABIGAIL KLEIN LEICHMAN OurCrowd Global Investor Summit 2017 LATEST ARTICLES Feb 21, 10:08 am Elite runners vie to break record at TLV Marathon 2017 Feb 21, 10:00 am Smart pest management for fruit, nut and grape growers Feb 20, 10:20 am Why US corporate giants like Intel need fresh Israeli tech Feb 20, 9:00 am Careers after Cancer guides survivors in changing jobs Feb 20, 8:40 am Fast Company spotlights Israel on 2017 innovation list Feb 19, 2:59 pm Apple buys Israel’s RealFace AI startup – report SHOW ALL UNCOVER ISRAEL Get The Weekly Newsletter Free by Email Enter Email Here Sign Up MOST READ DISCUSSED SHARED 1 5 reasons Israel is dominating the cannabis industry By Viva Sarah Press 2 Fresh lemon grass fields in Israel become mecca for cancer patients By Allison Kaplan Sommer 3 History of Earth’s magnetic field exposed in Judean pottery By ISRAEL21c Staff 4 The busy Israeli mom behind hit organization app 24me By Abigail Klein Leichman 5 Israeli school builds cool classroom for ADHD teens By Abigail Klein Leichman LATEST COMMENTS Rogers Nsubuga: Good news if the findings are geared towards healing people. 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Les multinationales mammouths américaines dépendent de l’ingéniosité des petites entreprises israéliennes pour faire avancer leurs activités.

Par Abigail Klein Leichman 

Pour comprendre l’impact fort et croissant des start-up israéliennes sur la technologique américaine, prenez comme exemple ce mois du Super Bowl LI.

Intel et FOX Sports ont dévoilé une technologie de relecture « Be the Player » à 360 degrés, offrant aux téléspectateurs une vision immersive des joueurs lors du championnat de football.

Cette technologie révolutionnaire a été développée en Israël par un groupe de huit personnes de Replay Technologies en collaboration avec Intel, qui a acheté la start-up de la technologie vidéo 3D en Mars 2016 devenue la pierre angulaire de son nouveau groupe Intel Sports.

La multinationale californienne a soutenu et acquis des entreprises israéliennes depuis 1974.

« Beaucoup de produits de base d’Intel sont développés en Israël », a déclaré Joel Fisch, directeur d’Intel pour le développement d’innovation d’écosystème d’EMEA, à un événement de presse au sommet d’investisseur global OurCrowd à Jérusalem le 16 février. Des représentants de quelque 200 multinationales étaient là pour scout Talent israélien et s’appuyer sur les relations existantes.

« Notre rôle est d’identifier les technologies nouvelles et influentes que nous trouvons souvent dans les startups israéliennes. Il faut être très conscient des avantages mutuels apparents aux deux côtés »,

a déclaré Fisch.

Ainsi, le casque Project Alloy VR, présenté au CES 2017 à Las Vegas, a été créé à Intel Haïfa en utilisant des technologies de vision 3D développées en Israël par Omek et Envision, qui sont devenues les technologies de base d’Intel RealSense.

Intel a ouvert la voie à de nombreuses multinationales américaines qui incorporent régulièrement la technologie israélienne.

Apple s’y est mis aussi, bien que tardivement, et a annoncé justement cette semaine sa quatrième acquisition en Israël, en achetant RealFace Technology, un développeur leader de la technologie de reconnaissance faciale.

Le fabricant américain de puces Analog Devices et le chinois Changhong se sont récemment associés pour incorporer le spectromètre SCiO mini de la société israélienne Consumer Physics à l’intérieur du premier smartphone de détection moléculaire au monde, permettant aux utilisateurs d’analyser tout, des aliments aux gemmes.

Agilité entrepreneuriale

« En fin de compte, afin de survivre, une petite start-up doit se connecter avec une grande multinationale », a déclaré l’ancien Replay COO Aviv Shapira, maintenant directeur principal des opérations et de la production à Intel Sports Group.

Mais la connexion ne porte ses fruits que si le démarrage offre quelque chose de valeur hors de prix à son partenaire américain. Un grand nombre d’innovations israéliennes font constamment cela.

Becton Dickinson (BD), société dont le siège social est situé dans le New Jersey, a participé activement à de nombreuses start-up en Israël, a déclaré Yuri Haverman, responsable de l’innovation stratégique chez BD.

« Les entreprises israéliennes sont le moteur de l’économie du Massachusetts et c’est un proxy pour ce qui se passe dans les villes partout aux États-Unis. »

« Les grandes entreprises comme la nôtre se tournent vers l’agilité entrepreneuriale des start-up israéliennes qui sont capables de trouver des solutions très technologiquement profondes à des problèmes importants et de le faire rapidement. Ce que nous apportons à la table est l’échelle et l’infrastructure. C’est une combinaison parfaite « , a déclaré Haverman.

Afin de réduire le «fardeau énorme» des erreurs de médicament, la dernière collaboration israélienne de BD est avec MedAware, qui utilise des algorithmes d’apprentissage automatique et des données de dossiers médicaux électroniques à grande échelle pour identifier les erreurs en médecine de prescription en temps réel.

Des entreprises technologiques innovantes israéliennes stimulent les investissements, les emplois et la croissance non seulement dans les multinationales américaines, mais aussi au sein d’un même État.

From left, Medaware CEO Dr. Gidi Stein, Becton Dickinson Strategic Innovation Director Yuri Haverman, Intel EMEA Ecosystem Innovation Development Director Joel Fisch, Intel Sports Group Senior Director of Operations and Production Aviv Shapira, OurCrowd head of business development Laly David, and VocalZoom CEO Tal Bakish. Photo by Abigail K. Leichman
De gauche à droite, Dr. Gidi Stein, PDG de Medaware, Yuri Haverman, directeur de l’innovation stratégique chez EMEA, Joel Fisch, directeur des opérations et de la production d’Intel Sports Group, Aviv Shapira, responsable du développement des affaires chez OurCrowd, Laly David et VocalZoom CEO Tal Bakish. Photo par Abigail K. Leichman

Jetez un oeil à ce qui se passe dans le Massachusetts.

Selon l’étude d’impact économique 2016 Massachusetts-Israël, 216 entreprises dans la grande Boston ont au moins un fondateur né-israélien.

En 2015, ces sociétés ont enregistré des recettes de 9 milliards de dollars et ont eu un impact économique global de deux fois ce montant, y compris 27 000 emplois générés et 400 à 500 millions de dollars en capital de risque apportés à l’État.

Depuis 1999, les acquisitions et les collaborations entre les sociétés fondées sur le Massachusetts et les sociétés israéliennes – y compris des géants tels que Boston Scientific, Raytheon et Dell EMC – ont totalisé plus de 10 milliards de dollars.

«Un petit pays qui a un tel impact à un demi-million de personnes est extraordinaire», déclare David Goodtree, membre du conseil d’administration de MassChallenge Israel et du New England-Israel Business Council et d’un partenaire mondial de OurCrowd.

Goodtree soutient ReWalk Argo Medical Technologies comme un excellent exemple. Le développeur israélien très prospère d’un exosquelette robotique pour paraplégiques a ouvert son siège américain de fabrication, de vente et de service à Marlborough, Massachusetts, en octobre 2012 avec un ex-directeur scientifique de Boston comme son PDG.

ReWalk robotics
robotique ReWalk

Le gouverneur du Massachusetts Charlie Baker a récemment dirigé une délégation commerciale de haut niveau pour trouver de nouveaux partenariats en Israël – le seul pays dans lequel il a fait un tel voyage.

«Les entreprises israéliennes sont à l’origine de l’économie du Massachusetts et c’est une approximation de ce qui se passe dans les villes partout aux États-Unis», explique Goodtree.

Jon Medved, notre PDG de Crowd, affirme que ce phénomène s’est effectivement répandu au-delà de New York et de la Californie, où des dizaines d’entreprises fondées par Israël se sont installées.

L’Ohio, le Michigan, l’Alabama, la Géorgie, la Caroline du Sud, le Vermont et la Floride font partie des nombreux États américains qui accueillent et courtisent activement des entreprises israéliennes.

« Israël devient vraiment le moyeu pour créer des emplois et gagner de l’argent ensemble »,

a déclaré Medved.

«Et à mesure que nous adopterons des technologies plus avancées, la place d’Israël dans l’innovation se renforcera.»
Source : Israel21C

Traduction JFORUM

Entretien avec le philosophe Yves Michaud

Causeur. Vous n’y allez pas de main morte dans votre dernier livre, Citoyenneté et loyauté (Kero, 2017) : déchéance de la nationalité infligée à tous les terroristes, prestation solennelle de serment républicain, peine de mort civile, etc. Votre fermeté nous réjouit mais, a-t-on juridiquement le droit de créer des apatrides ?

Yves Michaud. Evidemment ! La France a certes signé mais jamais ratifié la Convention de New York de 1961 sur la réduction des cas d’apatridie. Le statut d’apatride est protecteur, mais il fait de vous un étranger, avec les droits d’un étranger, sans accès à la Sécurité sociale ni aux droits sociaux, un peu comme moi quand je vis en Espagne. Evidemment aussi, un apatride a des droits de résidence et de voyage mais il lui faut demander des documents de circulation spéciaux chaque fois renouvelables qui permettent sa surveillance. Aujourd’hui, certains continuent à toucher le RSA alors qu’ils sont à Raqqa !

Je ne vois pas non plus pourquoi aussi Salah Abdeslam garderait tous les bénéfices de la citoyenneté française comme l’aide juridictionnelle. Qu’il demande au Qatar ou au CCIF de lui payer un avocat …

Ne reconnaissez-vous pas un minimum de droits de l’homme, un noyau inaliénable assuré même aux pires spécimens de l’humanité ? Même les criminels de guerre nazis n’ont pas payé les honoraires de leurs avocats à Nuremberg…     

Si c’est juste une question d’avocats… Rappelons quand même que quelques-uns de ces criminels ont été pendus à la suite du procès de Nuremberg.

De la « mort civile » à l’exécution physique, il y a un pas que vous franchissez allègrement. La peine de mort serait-elle la seule méthode de déradicalisation imparable à vos yeux ?

Je n’ai jamais été un adversaire de principe de la peine de mort parce que je considère un certain nombre de crimes comme absolument impardonnables.

Que je sache, personne n’a jamais reproché à Israël d’avoir pendu Eichmann et dispersé ses cendres. Toute une tradition philosophique honorable estime qu’un individu ayant renoncé à son humanité peut mériter cette peine.

Cela dit, je suis opposé à la peine de mort à cause des risques d’erreur judiciaire. Je suis donc partisan de la perpétuité réelle et d’une peine de “mort civile ”. Les prisons ne sont pas uniquement faites pour réhabiliter les gens, mais aussi pour les mettre hors d’état de nuire. Youssouf Fofana [Ndlr : « Chef du gang des Barbares » qui a séquestré et assassiné Ilan Halimi en janvier 2006.] ne devrait jamais sortir de prison et ne plus être citoyen non plus.

Passons des citoyens perdus pour la France aux jeunes pousses de la nation. En quoi consiste votre projet de service civique ?

Ce service de trois mois se concentrerait sur la transmission des principes de la République et l’évaluation d’un certain nombre compétences scolaires tels que la capacité linguistique. D’une manière générale, il s’agit de faire comprendre les enjeux d’une adhésion sérieuse à la République, en indiquant les sanctions en cas d’écart. Je préconise d’autres mesures en ce sens, comme le paiement de l’impôt par tous les citoyens afin qu’ils soient conscients d’appartenir à une société qui donne un certain nombre d’avantages. Ce me semble être une proposition de Mélenchon.

Mélenchon a partiellement révisé  ses positions en matière d’immigration, passant de l’angélisme à un républicanisme plus affirmé. De votre côté, vous ne prenez pas de gants pour contester la sacrosainte « tradition d’accueil » de la République…

La tradition d’accueil est indiscutable et elle fait partie du droit international depuis qu’il y a un “ droit des gens ”. Mais les choses se présentent très différemment quand nous sommes en présence de vagues migratoires massive. Tant que le Moyen-Orient et l’Afrique subsaharienne seront déstabilisés et miséreux, les vagues de migration continueront. Du coup, se posent plusieurs questions : dans quelle mesure les migrants sont-ils destinés à devenir citoyens ? Et s’ils ne sont pas citoyens, à quel titre sont-ils là ? Sont-ils des touristes, des mendiants, des vagabonds, des assistés ? On n’est plus du tout à la même échelle que lors des précédentes vagues de migrations. Derrière les migrations de masse, il y a d’ailleurs un tourisme très low cost et organisé : 1 200 000 personnes ne se déplacent pas d’Est en Ouest par l’opération du Saint Esprit !

Autre source d’immigration massive, en quelque sorte par auto-engendrement : le regroupement familial (66 000 arrivées en 2015). Souhaitez-vous le remettre en cause ?

Je ne comprends pas qu’on vive sur des slogans et des tabous en dépit du changement des conditions dans lesquels certains principes (aide médicale aux étrangers, droit d’asile, accueil des migrants…) ont été énoncés dans le passé. A sa création sous Giscard, le regroupement familial devait soulager les conditions d’existence et favoriser l’intégration des émigrés des ex-colonies qu’on avait fait venir pour des raisons économiques. Or, dès lors qu’on n’importe plus de la main d’œuvre immigrée, mais qu’on se trouve en face de migrants, pourquoi le regroupement familial devrait-il rester sacré ?

Peut-être parce que notre Etat de droit, Conseil Constitutionnel, en tête, nous y contraint. Au nom de quoi peut-on empêcher un citoyen français d’épouser un étranger et de vivre avec lui en France ?   

Le mariage n’est pas à proprement parler un regroupement familial. L’Etat de droit a dérivé depuis que les politiques se sont déchargés de beaucoup de choix sur des magistrats professionnels dont on ne connaît pas trop les conditions de nomination.  C’est vrai pour le Conseil Constitutionnel, qui a une composition partisane inacceptable, mais aussi pour la Cour Européenne des Droits de l’Homme, la Cour Européenne de Justice et la Cour pénale internationale. Je demande un toilettage de l’Etat de droit pour restaurer un contrôle des citoyens sur leurs magistrats, y compris et surtout au niveau des instances internationales. Je pose juste la question : qui sait comment sont nommés et à quels titres les 47 magistrats de la Cour Européenne des droits de l’homme ?

Vous nous posez une colle ! Et l’indépendance de la justice, parbleu ?

La séparation des pouvoirs, c’est avant tout la distinction de l’exécutif et du législatif, pas l’indépendance de la justice ! C’est ce qui fait la différence selon Montesquieu entre l’Empire ottoman et une République. Montesquieu avait, en revanche, la plus grande réserve quant à l’indépendance absolue de la magistrature : il était magistrat et savait très bien à quel point les magistrats savent faire leurs affaires eux-mêmes.

Certes, nous vous suivrons sur ce point. Mais alors que la France vit une crise généralisée (économique, morale, identitaire), vous ramenez notre désarroi à une simple crise de la citoyenneté. Pourquoi ?

Sans sous-estimer aucun des aspects de cette crise multiforme, j’essaie d’identifier son noyau, dont la clé est le consensus des citoyens pour vivre ensemble et participer à la même communauté politique. Si ce noyau se défait, tous les autres aspects de la crise s’enchaînent sans remède possible. La question du corps politique, qu’on l’appelle Cité, Civitas (la « polis » grecque), République ou « commonwealth », est philosophiquement et ontologiquement première par rapport aux autres.  Sans accord de consensus sur le corps politique, il ne peut y avoir ni démocratie, ni juste répartition juste des richesses, ni quelque accord que ce soit sur la politique économique, fiscale, éducative, etc.

Autrement dit, vous tâchez de renouer le contrat social…

Mon livre est d’une certaine manière un contrat social. Quelle que soit leur diversité, toutes les doctrines du contrat social, de Hobbes à Rousseau en passant par Althusius, Spinoza et Locke, posent la même question : comment une communauté politique suscite et jouit de l’adhésion de ses citoyens ? Pratiquement toutes les révolutions, comme 1789, naissent d’une crise profonde de la communauté politique comme celle que nous traversons aujourd’hui. Ses symptômes vont des incivismes bénins (ne pas se sentir engagé par ses obligations politiques, s’abstenir aux élections) aux incivismes gravissimes que sont les fraudes fiscales organisées ou les actes terroristes. Ceux qui les commettent s’excluent eux-mêmes de la communauté politique. Je trouve extrêmement significatif que les djihadistes, avant de passer à l’acte, prêtent allégeance à l’État islamique et que beaucoup de fraudeurs fiscaux, y compris “ légaux ”, soient en réalité des apatrides vivant confortablement au Luxembourg ou en Belgique. Ça veut tout simplement dire qu’ils renoncent à ou dénoncent leur citoyenneté républicaine.

La crise de la communauté politique vire donc à la crise de l’appartenance nationale !

Non. À la différence d’Alain Finkielkraut, Pierre Manent et beaucoup d’autres, je pense que la référence à l’identité nationale comme base de la citoyenneté est aujourd’hui périmée. Pendant très longtemps, la citoyenneté n’a pas été liée à la nation et à la nationalité. La Révolution française a reposé sur le volontarisme politique, c’est-à-dire que la communauté politique repose sur l’adhésion volontaire et consciente des citoyens quelle que soit leur nation d’origine. Certes, on a ensuite traversé un très long épisode, de la fin du XVIIIe siècle jusqu’à une grande partie du XXe siècle, où citoyenneté et nation se confondent. De nos jours, le mélange des populations, les migrations, et l’héritage postcolonial rendent quasiment impossible de reconstruire de gré ou de force une identité nationale dans notre société plurielle. Aussi, je préfère construire une identité uniquement civique. Demander l’adhésion des citoyens à un certain nombre de principes généraux se révèle beaucoup plus facile que d’obtenir leur croyance en un récit national uniforme. Un français d’origine malienne peut prêter serment à la République mais on ne va pas lui demander de jouer à Astérix !

Pourtant, Ernest Renan postule que la nation, ce « plébiscite de tous les jours » s’appuie aussi sur un héritage commun…

Je ne rejette pas l’héritage commun – mais c’est celui de tous les pays démocratiques européens : la croyance dans les principes de liberté, d’égalité et de solidarité face aux accidents de la vie. A mon sens, ces piliers suffisent à reconstruire la communauté. Si un Bachi-Bouzouk veut vivre dans la tradition républicaine de la Révolution, il en a tout à fait le droit –mais aussi les obligations.

Vous donnez le sentiment de négliger toute une dimension a-rationnelle de l’homme. Mais le citoyen n’est pas un individu hors-sol, tout citoyen a besoin d’un ancrage identitaire. N’avez-vous pas tendance à dégager tout ce qui n’entre pas dans votre schéma rationaliste ?

C’est un argument que j’avais envisagé sérieusement dans mon essai sur le mérite1 lorsque j’analysais les principes de justice de John Rawls. A l’époque où j’avais écrit ce livre en 2009, je pensais que Rawls et les kantiens ne tenaient pas assez compte de l’épaisseur humaine, de la dimension culturelle, des passions, des émotions, etc. Mais dans nos sociétés composites, si on prend en compte toute cette dimension affective, on tombe sur deux écueils : le communautarisme ou le dissensus absolu. Hélas, je ne peux trouver aucun terrain d’entente affectif avec quelqu’un qui croit en la toute-puissance de Dieu. La seule chose que je lui demande, c’est de garder sa croyance en Dieu pour lui mais d’admettre en tant que citoyen des principes tels que la liberté de religion et la liberté d’apostasie.

En tant que rousseauiste, vous exprimez parfois une conception plus épaisse de la citoyenneté qui frise parfois la religion civile. Ainsi, vous regrettez certaines pratiques anciennes de bannissement des citoyens ayant trahi la communauté…

Rousseau prône une religion civile qui est la religion de l’adhésion au contrat social. L’auteur de l’Emile croit que l’homme étant fondamentalement un animal religieux, il a besoin de cette religion. Là-dessus, j’ai un point de vue plutôt voltairien qui consiste à voir dans l’homme un animal utilitariste qui sait calculer ses intérêts.

L’appartenance à une communauté politique qui vous assure un certain nombre de droits se mérite et implique une certaine loyauté – et elle a des avantages bien nets. Dès lors qu’il se montre déloyal, il est tout à fait légitime de priver un citoyen des avantages de la communauté par un système de sanctions graduelles. Et je ne pense pas qu’aux terroristes, mais aussi aux exilés fiscaux.

Source : Causeur

Evalué avec un score de 69,7 points sur 100 en 2017, Israël maintient son statut de pays modérément libre dans l’indice économique élaboré par le laboratoire d’idées américain Heritage en se classant à la 36ème place mondiale.

Le Japon se classe à la 40ème place, la Belgique à la 49ème place, l’Espagne à la 69ème place et la France à la 74ème place. Aux premières places on trouve Hong Kong, Singapour, la Nouvelle-Zélande, la Suisse et l’Autriche. Le Canada est 7ème, les Etats-Unis à la 17ème, et l’Allemagne à la 26ème place.

Malgré un contexte économique extérieur très difficile, l’économie israélienne est sur le chemin de l’expansion économique. Avec une base de production de plus en plus diversifiée et des réformes structurelles en cours, la croissance régulière a été en moyenne de plus de 3% par an au cours des cinq dernières années. La compétitivité économique a été ancré dans une forte protection des droits de propriété et facilitée par l’ouverture aux échanges et aux investissements mondiaux.

Les entreprises en démarrage ont été bien soutenues par des processus réglementaires efficaces et une coordination efficace des politiques. Israël possède la plus forte concentration mondiale de start-ups de haute technologie par habitant. En contribuant à la stabilité générale, le cadre judiciaire solide soutient l’état de droit. Le maintien d’une meilleure gestion des finances publiques sera essentiel pour assurer la résilience économique.

CONTEXTE

Israël a gagné l’indépendance en 1948, et sa démocratie dynamique demeure unique dans la région.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, réélu en mars 2015, dirige un gouvernement de coalition de partis de droite et religieux. Israël a une économie de marché moderne avec un secteur florissant de haute technologie qui attire des investissements étrangers considérables. La récente découverte de grands gisements de gaz naturel offshore a amélioré sa sécurité énergétique et ses perspectives de balance des paiements. Malgré la guerre de 2006 contre le Hezbollah au Liban et les guerres de 2008-2009, 2012 et 2014 contre le Hamas à Gaza, ainsi que la menace constante du terrorisme, l’économie israélienne est fondamentalement saine et dynamique.

ETAT DE DROIT

Les droits garantis dans la propriété sont reconnus, et le système d’enregistrement des titres est fiable. Le système judiciaire israélien, fondé sur la common law britannique, applique efficacement les droits de propriété et les droits contractuels. Les tribunaux sont indépendants. La corruption et d’autres formes de corruption sont illégales. Une forte intolérance sociétale à l’égard des greffons sous-tend la gouvernance avec des niveaux de corruption relativement faibles et a renforcé les fondements de la liberté économique.

TAILLE DU GOUVERNEMENT

Le taux d’imposition des particuliers le plus élevé est de 48 p. Le taux d’imposition des sociétés a été réduit à 25%. Les autres taxes comprennent une taxe sur la valeur ajoutée et un impôt sur les gains en capital. La charge fiscale globale équivaut à 31,1% du revenu national total. Les dépenses publiques se sont élevées à 40,6% de la production totale (PIB) au cours des trois dernières années et les déficits budgétaires ont été en moyenne de 3,5% du PIB. La dette publique équivaut à 64,6% du PIB.

EFFICACITÉ DE LA RÉGLEMENTATION

Le cadre réglementaire global favorise l’efficacité et l’activité entrepreneuriale. Le marché du travail a besoin de plus de souplesse pour s’adapter à l’économie qui se transforme rapidement, mais le coût non salarié de l’embauche d’un travailleur est relativement faible. Depuis les manifestations de grande envergure en 2011, le gouvernement a maintenu des prix faussant les prix pour de nombreux aliments de base comme les produits laitiers, les œufs, le pain et le sel et pour les services bancaires de base.

OUVRIR LES MARCHES

Le commerce est important pour l’économie israélienne. La valeur des exportations et des importations prises ensemble représente 59% du PIB. Le taux moyen appliqué est de 1,0%. Le gouvernement est propriétaire de la plupart des terres, et les entreprises publiques faussent l’économie. Le secteur financier facilite un haut niveau de liquidité du capital. La banque reste concentrée, mais les banques commerciales offrent une gamme de services financiers qui soutiennent le développement du secteur privé.

Source: Heritage.org

Source : IsraelValley

© Capture d'écran du site chrome.google.com
OpenMind vient de faire son apparition dans le catalogue des extensions de Google Chrome. Reprenant le principe du très controversé Décodex (Voir : Decodex, Deconnex et Mise à l’index et Decodex : Le Monde financé par Google, l’effet boomerang), il vous livre des conseils opposés à ceux du Monde pour vous informer sur internet.

«En considérant que la nécessité de contrer les « fausses informations » est réelle, on peut comprendre la volonté d’agir de certains.
 Cependant, dans la démarche du journal Le Monde avec leur Décodex, ce qu’on voit, ce n’est pas un combat contre les hoax, mais des jugements arbitraires, parfois complaisants, parfois rudes, d’une équipe qui se fait juge et partie et qui perd son objectif d’origine, en profite pour régler des comptes, pour condamner ce qui ne leur plait pas, au lieu de condamner ce qui est faux.» Autant dire que toma.cristini (pseudonyme) n’a pas apprécié le dernier gadget du Monde et a décidé de créer sa propre extension pour le navigateur de Google.

Le Décodex du Monde propose une notation de centaines de sites avec des couleurs selon leur crédibilité… du point de vue des équipes du quotidien, évidemment. Critiqué de toutes parts, il a aujourd’hui son concurrent parodique : OpenMind.

La réalisation de toma.cristini propose ainsi sa propre classification à rebrousse poil de celle du Décodex en reprenant le même code couleur. Le vert, qui sur la planète Monde signifie crédible, est ici utilisé pour définir «un site probablement non-occidental ou qui défend des analyses peu communes». Le bleu qui était utilisé pour les sites parodiques sert dorénavant à répertorier les adresses «alternatives, pas mainstream». Le gris reste sur les sites collaboratifs style Wikipédia qui pour OpenMind sont «incroyablement plus pros que les articles de presse». En orange, couleur de la méfiance pour Le Monde, OpenMind classe les sites «parodiques et inutiles», tout en ajoutant : «Après, faut être un peu débile pour avoir besoin d’un outil pour s’en rendre compte.»

Finalement, à côté du rouge, couleur de l’ignominie journalistique pour les équipes du Monde, le créateur de l’OpenMind a décidé d’insérer cette légende : «Une vision du monde pour les dominer toutes.» La référence est évidente.

Succès plus que relatif pour le Décodex

A la base de sa décision, une analyse sévère de la réalisation du Monde : «Ce que j’y vois, c’est un danger, je ne me permettrais pas de douter de la volonté originelle de cette équipe, mais ce qui en est ressorti est hautement critiquable. 
Proposer un outil aussi intrusif, sous contrôle d’un petit groupe qui n’a de compte à rendre à personne et qui a la volonté de vous dire ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas, proposer un outil de la sorte en imaginant que ça plaise et que ça se popularise, c’est jouer avec le feu.»

Lorsque l’on teste la version de toma.cristini, on s’aperçoit qu’il a poussé le jeu jusqu’à, à l’instar du Monde, rédiger des petites descriptions des sites auxquels il s’est intéressé. Celui de Valeurs Actuelles par exemple, était catalogué en orange par Le Monde car «régulièrement imprécis». Du côté d’OpenMind, c’est un «site mal perçu par l’équipe du journal Le Monde» ce qui doit «probablement» le rendre «intéressant». Même chose pour RT France. En orange chez Le Monde à cause de son «biais» pro-russe malgré sa capacité à réaliser «des enquêtes de qualité», le site de RT France devient «probablement intéressant» avec OpenMind.

Sans surprise, celui du Monde s’est vu décerné la couleur rouge : «Ce site a reçu la bénédiction de Le Monde. Soyez prudent, prenez en à petite dose.»

Si pour l’instant l’outil, dont la dernière mise à jour remonte au 15 février, n’a été téléchargé que quelques dizaines de fois, il a déjà des fans. Olivier Berruyer, membre des Econoclastes et auteur du blog Les Crises, a invité les internautes à télécharger en masse cette sorte de «Déconex» [sic]. «N’hésitez donc pas à soutenir notre combat en l’installant, […] une fois (quitte à le désinstaller tout de suite, après avoir souri – comme l’ont fait tant de personnes avec le Décodex) et en lui mettant 5 étoiles, cela peut-être drôle si ça buzze un peu…», a notamment écrit Olivier Berruyer sur son blog.

Pour rappel, le blog de ce dernier a été catalogué comme un site diffusant «des théories conspirationnistes» par le Décodex du Monde. Depuis, le blogueur a reçu le soutien de personnalités aussi diverses qu’Emmanuel Todd, Aude Lancelin, Jacques Sapir, Régis de Castelnau, Paul Moreira, Jean Bricmont ou Etienne Chouard.

Depuis son lancement, le succès du Décodex est très mitigé. Le 20 février, son extension pour Google Chrome avait été téléchargée environ 21 000 fois. Un score bien faible pour un média qui possède six millions d’abonnés sur Twitter comme se plaisait à le rappeler Samuel Laurent, l’un des pères du Décodex.

Malgré ces chiffres impressionnants, le Décodex a beaucoup de mal à trouver son public

Source : RT FRANCE
 
 

 

crédits/photos : AFP Image d'illustration
Seize enfants palestiniens souffrant de surdité ont pu entendre pour la première fois après une intervention chirurgicale à l’hôpital Hadassah Ein Kerem à Jérusalem, ont indiqué samedi des médias israéliens.

Les opérations connues sous le nom de chirurgie de l’implant cochléaire, ont été effectuées par des médecins au cours des derniers mois, rapporte le quotidien israélien Ynet.

Le Dr Michal Kaufmann, qui a pratiqué les chirurgies, a déclaré à Ynet que d’effectuer les opérations était très difficile en raison du « défi logistique ».

« Beaucoup d’autorisations ont été exigées du ministère de la Défense », a-t-elle déclaré, ajoutant que « certains enfants sont arrivés sans dossier médical et ont dû passer plusieurs examens sur place ».

L’opération consiste à introduire un petit implant électronique directement inséré dans le nerf auditif cochléaire dans l’oreille pour stimuler les sens auditifs, à l’aide d’un microphone externe pour qu’ensuite les sons soient transférés dans la partie interne de l’appareil permettant au patient d’entendre, indique le docteur John Hopkins de l’hôpital Hadassah.

Bien que le dispositif lui-même ne restaure pas complètement l’audition, les patients qui subissent l’opération sont finalement capables de récupérer leur capacité de discerner les sons avec l’aide d’une thérapie continue.

Les opérations ont été menées dans le cadre d’un programme du Centre de Paix Peres, fondé par le défunt président israélien Shimon Peres, pour les enfants palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza.

Kaufmann a décrit le programme du Centre de Paix Peres comme « un projet étonnant », car il « donne à ces enfants l’occasion de sortir de leur monde de silence et de vivre leur vie normalement et pleinement ».

« Ces enfants ne pouvaient pas parler avant la chirurgie, ils étaient privés de tout soutien. La chirurgie a ouvert leur monde, la capacité de communiquer et de prendre leurs envole … Nous sommes heureux d’avoir pu contribuer à un tel changement dans leur vie », a-t-elle conclu.

source : I24 News

crédits/photos : SHIN BET Anas Hajj Yahiya, 35, from the central Arab-Israeli village of Taybeh, was arrested on January 29 in a joint operation by Israeli security services.

Le service israélien de sécurité intérieure, Shin Bet, a annoncé lundi l’arrestation fin janvier d’un citoyen arabe-israélien soupçonné d’appartenir à l’organisation terroriste Etat islamique.

Anas Haij Yahiya, 35 ans, habitant du village de Taybeh, a été arrêté le 29 janvier dernier lors d’une opération conjointe entre le Shin Bet et le service de sécurité israélien.

D’après la même source, Yahiya a prêté allégeance au mouvement djihadiste, et avait été chargé de planifier un attentat dans un bus de Tel Aviv, ainsi que des attaques ciblant des soldats israéliens.

Il est également soupçonné d’avoir distribué des documents explicatifs permettant la réalisation de matériel explosif à d’autres membres de l’EI, et d’avoir envisagé de rejoindre le groupe terroriste en Syrie.

Source : I24 News

Carte du Sinaï en Egypte
D’éminents avocats égyptiens ont déposé une plainte contre leur gouvernement visant à bloquer toute tentative de réinstallation de Palestiniens dans la péninsule du Sinaï.

Cette initiative intervient en réponse à des informations selon lesquelles Israël et Washington discuteraient de l’établissement d’un État palestinien dans cette zone.

Un avocat spécialisé dans les droits de l’Homme, Khalid Ali, a annoncé samedi sur sa page Facebook, qu’avec d’autres confrères, ils réclameraient au tribunal administratif l’interdiction de toute installation palestinienne sur le territoire égyptien.

La semaine dernière, le député du Likoud Ayoub Kara a indiqué sur Twitter que le Premier ministre Benyamin Netanyahou et le président américain Donald Trump, avaient discuté à Washington d’une proposition de création d’un État palestinien à Gaza qui s’étendrait jusqu’à la péninsule du Sinaï.

« Trump et Netanyahou vont adopter le plan de l’Egypte sous Sissi. Un Etat palestinien à Gaza et dans le Sinaï. Au lieu de la Judée et de la Samarie », a écrit Kara.

AFP
AFP « Khaled Ali »

« C’est ainsi que nous allons ouvrir la voie à la paix, y compris avec la coalition sunnite », a-t-il ajouté.

Kara faisait référence à une proposition égyptienne datant de 2014 évoquant une réinstallation de réfugiés palestiniens dans cette zone qui serait annexée à Gaza.

Cette option a été rejetée à l’époque par le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, ainsi que par les responsables égyptiens.

Jérusalem et le Caire ont tous deux nié que cette option avait été évoquée.

Khalid Ali a cependant dénoncé sur Facebook que « la suggestion d’une installation palestinienne dans le Sinaï n’est pas un rêve ou une illusion, mais davantage un plan sérieux adopté par l’entité sioniste (Israël) pour déplacer tous les résidents de la Cisjordanie dans le Sinaï », d’après l’agence de presse palestinienne Ma’an.

D’après un autre avocat qui s’est joint à l’initiative, les Egyptiens n’accepteront pas de réfugiés palestiniens car ceci « va à l’encontre des positions historiques égyptiennes soutenant la solution à deux-Etats, et la préservation de l’identité palestinienne ».

Adopter un tel plan « résoudrait le problème d’Israël, mais pas celui de la Palestine », a-t-il ajouté.

Source : I24 News

© MOHAMMED ABED - AFP

Un tribunal militaire de la bande de Gaza, tenue par le Hamas islamiste, a condamné à mort trois Palestiniens accusés d’avoir fourni des renseignements à Israël, a annoncé le ministère de l’Intérieur gazaoui.

Les trois condamnés à mort « par pendaison » peuvent encore interjeter appel. 

Huit autres condamnations allant de deux ans de prison à la perpétuité ont également été prononcées, là aussi pour « collaboration » avec Israël.

La loi palestinienne prévoit la peine capitale pour ceux qui collaborent avec Israël, pour les meurtriers et pour les trafiquants de drogue. 

Entre 2007, date de la prise de pouvoir par le Hamas dans la bande de Gaza, et 2016, 96 peines de mort – qui n’ont pas toutes été exécutées – ont été prononcées dans l’enclave palestinienne.

Source : Le Figaro

La 11ème édition du forum de cybersécurité France-Israël qui se tiendra mercredi 15 mars 2017 à Paris proposera de nombreuses nouveautés avec la participation de nombreuses personnalités du monde de la cybersécurité tant du côté israélien que français. Dominique Bourra, President of the Cybersecurity Commission, Chamber of Commerce France-Israël présente les temps fort de cette édition.

Global Security Mag : Quelles sont les nouveautés du 11ème forum de cybersécurité France-Israël qui se tiendra mercredi 15 mars 2017 au siège de la CCI Paris Ile de France, avenue de Friedland ?

Dominique Bourra : Les nouveautés de cette édition sont nombreuses et élitistes. A la fois pour ce qui est de la sophistication des solutions de cybersécurité exposées et par la qualité exceptionnelle des personnalités et sociétés participantes.

En exclusivité internationale, Eli Biham, concepteur de la cryptanalyse différentielle, et patron du nouveau centre de recherche en sécurité du Technion (institut polytechnique israélien), s’exprimera pour la première fois en cette qualité, face à des RSSIs étrangers.

Choisi par Eviatar Matania, responsable du Cyber Bureau Israélien, l’INCB, en raison de sa réputation d’excellence mondiale, ce nouveau centre de recherche en cybersécurité du Technion concentrera ses activités, entre autres, à l’analyse et la protection des couches basses du cyberespace. Des coopérations croisées sont prévues avec l’industrie de la cybersécurité et des entités étrangères.

GS Mag : Quels seront les moments forts du programme 2017 ?

Dominique Bourra : Shai Blitzblau, expert mondial en cyberattaques, fondateur de la société de cybersécurité d’élite Maglan, acquise par Accenture, interviendra en invité d’honneur à cette 11ème édition du forum de cybersécurité franco-israélien, il expliquera notamment pourquoi les anciennes solutions standards toujours « sur étagères », sont désormais obsolètes.

Au total une dizaine d’entités israéliennes participeront à cette réunion hors-norme pour mettre en valeur le nec plus ultra en matière de cybersécurité et pour certaines, leurs coopérations avancées avec des entités françaises.

A noter également, la présence de la plateforme cybernétique Team8, spin off civil de l’unité 8200, qui interviendra sur le forum, conjointement avec son partenaire stratégique : Nokia.

Côté français des dizaines de RSSIs de grands groupes, opérateurs, banques, et secteurs industriels stratégiques, participeront à la journée lors des tables-rondes de la matinée et des rendez-vous ciblés et workshops spécialisés de l’après-midi. Le CESIN, le CLUSIF, principaux clubs de cybersécurité français, sont partenaires de l’événement, ainsi que le Technion France et last but not least : Global Security Mag.

Dominique Bourra

GS Mag : Combien de personnes attendez-vous cette année ?

Dominique Bourra : Plus de 200 personnes dont une grande majorité d’acteurs de la cybersécurité française, participeront à la journée. Une dizaine d’entités israéliennes présenteront leurs solutions, notamment l’après-midi au cours des rendez-vous d’affaires individualisés et confidentiels, et lors des ateliers spéciaux orientés solutions, organisés pour la première fois, à l’amphithéâtre Mercure de la CCI Paris Ile de France, à l’attention des professionnels : RSSIs, intégrateurs, distributeurs.

GS Mag : Quel est votre message à nos lecteurs ?

Dominique Bourra : Le message général est une invitation à assister aux conférences de la matinée et à s’inscrire au networking lunch, non seulement pour s’informer mais aussi pour échanger avec des acteurs de premier plan de la cybersécurité mondiale.

Pour les professionnels français de la cybersécurité (RSSIs, intégrateurs, distributeurs) à la recherche de solutions nouvelles ou de coopérations avancées, les rendez-vous de l’après-midi constituent une opportunité unique d’échanger sur l’état de l’art de la cybersécurité israélienne, et de nouer des contacts précieux.
Sur inscription préalable auprès de la CCFI et/ou sur le site weezevent : https://www.weezevent.com/11th-fran…
Invitations en full pass, disponibles à l’intention des membres du club Gold de Global Security Mag.
Source : Global Security Mag

© Capture d'écran Facebook, @Justice pour THEO
La visite amicale du footballeur chez Théo est loin d’avoir laissé les internautes indifférents. Si certains se sont émus de ce geste, d’autres ont regretté que les victimes d’actes de délinquance n’aient pas le droit à une telle attention.

Après François Hollande, une célébrité française s’est rendue au chevet de Théo, ce jeune habitant d’Aulnay-sous-Bois gravement blessé lors de son interpellation : la star du Bayern Munich, Franck Ribéry.

Le 19 février, le célèbre footballeur français s’est présenté au domicile du jeune homme, qui avait quitté l’hôpital trois jours auparavant, a rapporté l’AFP. Outre son exceptionnelle présence, l’attaquant a offert à Théo un maillot de son équipe, le Bayern de Munich, dédicacé par ses coéquipiers et lui-même. Un présent que l’Aulnaysien s’est empressé de porter à côté de son idole.

«Théo est un grand fan de Franck Ribéry et a été très ému de cette visite», a posté l’un des proches de Théo sur son compte Facebook. La scène a ému un certain nombre d’internautes, comme celui-ci, qui a salué un «beau geste» de la part du sportif.

De même, cette utilisatrice de Twitter a loué le «grand cœur» du footballeur…

… et cette internaute hispanophone a vu dans la rencontre entre Franck Ribéry et Théo un «symbole français contre la violence policière».

«Franck Ribery espère que la routourne va va vite tourner pour le jeune Théo»

D’autres internautes ont pris prétexte de ce petit événement médiatique pour plaisanter, une fois de plus, sur les compétences grammaticales du footballeur. L’un d’entre eux a par exemple imaginé que Théo avait fait don d’un Bescherelle à la star munichoise, en échange du maillot qu’elle lui avait offert.

D’autres internautes se sont amusés à inventer les déclarations peu respectueuses des règles de français que Franck Ribéry aurait pu faire lors de cette visite.

«Pendant que Ribéry va chez Theo , Marin, essaie de reprendre pied dans une indifférence générale»

Enfin, certains utilisateurs de Twitter ont exprimé leur colère à la vue de cette visite d’exception. Plusieurs d’entre eux se sont indignés du fait qu’un jeune homme prénommé Marin, dans le coma depuis le 11 novembre après avoir été sauvagement agressé pour avoir défendu un couple qui s’embrassait, n’ait pas eu le droit à de personnalités.

Une internaute a aussi évoqué les deux policiers grièvement blessés par le jet de coktails Molotov dans leur véhicule à Viry-Châtillon, auxquels aucune célébrité n’a rendu visite….

… tandis qu’un autre a fait référence aux «victimes de racailles».

A l’issue de sa brutale arrestation le 2 février, le jeune Théo s’était vu prescrire 60 jours d’incapacité totale de travail (ITT). Il affirme avoir été violé au moyen d’une matraque télescopique par l’un des policiers ayant procédé à son interpellation.

Source : RT France 

Photo AFP
Un jeune homme avait reçu dix jours d’arrêt de travail après une nuit en garde à vue en 2015. Un policier comparaît devant le juge ce 20 février : il est accusé d’avoir fait subir des violences à caractères sexuels au jeune homme avec sa matraque.

Un policier municipal comparaît ce 20 février devant le Tribunal de grande instance de Bobigny, en Seine-Saint-Denis. Il est accusé d’avoir violenté avec sa matraque un jeune homme de 27 ans en 2015 au cours d’une interpellation musclée à Drancy. Les faits, étrangement similaires à ceux de l’affaire Théo, ont une résonance particulière après deux semaines de manifestations et d’émeutes.

 

 

La victime affirme en effet avoir subi des sévices sexuelles : le policier lui aurait introduit sa matraque dans le rectum afin de le forcer à entrer dans le fourgon. Le jeune homme, après avoir été conduit en urgence à l’hôpital durant sa nuit en garde-à-vue, avait subi un examen médical concluant à une «pénétration» et constatant une «plaie anale» nécessitant dix jours d’ITT.

Après l’arrestation de trois policiers municipaux dès le lendemain, l’un d’entre eux, dont l’ADN avait été retrouvé sur la matraque, a finalement été poursuivi pour «violences volontaires». L’avocate de la victime ayant échoué à requalifier les faits en «viol en réunion», et donc à faire juger l’affaire en cour d’assise, le procureur a requis six mois de prison avec sursis contre le policier.

Le contexte autant que les détails semblent rapprocher les deux affaires. A l’issue d’une arrestation violente le 2 février à Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, le jeune Théo s’était vu prescrire 60 jours d’incapacité totale de travail. Il affirme avoir été violé au moyen d’une matraque télescopique par l’un des policiers ayant procédé à son interpellation.

Source : I24 News

crédits/photos : AFP Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Bahram Ghasemi lors d'une conférence de presse le 22 août 2016 à Téhéran / AFP
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Bahram Ghasemi, a critiqué « l’alignement contre l’Iran » entre l’Arabie saoudite et Israël sur les questions régionales, a rapporté lundi l’agence officielle Irna.

« L’alignement (des responsables saoudiens et israéliens, ndlr) contre l’Iran n’est pas accidentel. Il y a de nombreux signes qui montrent la coordination entre ces deux régimes dans les dossiers régionaux », a-t-il dit cité par l’agence officielle Irna.

« Pour compenser leurs nombreux échecs dans la région, les deux régimes croient qu’il faut créer un climat anti-iranien au niveau international », a ajouté M. Ghasemi.

« C’est misérable qu’un responsable du régime d’occupation (Israël, ndlr) compte ouvertement sur la coopération (…) d’un pays islamique pour mener à bien sa politique anti-iranienne », a-t-il encore dit.

« Ingérences iraniennes »

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a déclaré jeudi qu’il était le porte-voix des pays du Proche-Orient, menacés par « un Iran malveillant », et que ce rôle contribuait à rapprocher Israël de ses voisins arabes, dans une interview une chaîne américaine lors de son voyage à Washington.

Selon Netanyahou, bien qu’il ait été « le plus franc » sur l’accord concernant le nucléaire iranien, les pays arabes, parmi lesquels l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis, tiennent discrètement le même discours.

Dan Balilty (AP/AFP)

Dan Balilty (AP/AFP)
« Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le 5 février 2017 »

Ces derniers jours, des responsables israéliens et saoudiens ont répété que l’Iran était la principale menace dans la région.

L’Arabie saoudite et ses alliés arabes sunnites dénoncent en effet ce qu’ils appellent les « ingérences » iraniennes dans la région, notamment en Syrie, en Irak, au Yémen ou encore à Bahreïn.

L’Iran chiite rejette ces accusations, en affirmant que l’Arabie saoudite favorise les groupes « terroristes » comme l’Organisation de l’Etat islamique (EI) ou Al-Qaïda.

BANDAR AL-JALOUD (Saudi Royal Palace/AFP)

BANDAR AL-JALOUD (Saudi Royal Palace/AFP)
« Le roi Salmane d’Arabie saoudite, le 25 janvier 2017 à Ryad »

M. Ghasemi a affirmé que les accusations des responsables saoudiens contre l’Iran « ne pouvaient pas faire oublier les liens idéologiques, financiers et d’intelligence entre le régime saoudien et les groupes ‘takfiris’ qui ont commis des crimes contre les populations innocentes dans la région ».

Le terme takfiri est utilisé par les responsables iraniens pour désigner des groupes islamistes extrémistes comme l’EI ou Al-Qaïda.

Source : I24 News

La nudité pour un yaourt ou le voile pour la “pudeur” .

Le 30 avril 2011, Marwan Muhammad (alors porte-parole du CCIF) avait donné une conférence à la mosquée de Vigneux. Identique aux autres, elle était surréaliste et empreinte de victimisation à outrance.

Il n’avait pas seulement parlé des victimes musulmanes dignes de la persécution des juifs dans l’Allemagne des années 30. Musulmans qui auraient pourtant, d’après lui, vocation à diriger le monde puisque étant une communauté supérieure [1]. Il n’avait pas non plus uniquement dénigré les musulmans modérés.

Il avait également instillé l’idée de l’impudeur des femmes de culture française et exposé sa vision rétrograde du rôle de la femme musulmane. Il passe pour cela par un biais assez surprenant mais qui est sa marque de fabrique qu’il place partout, la persécution de l’islam et des musulmans éternellement victimes :

« Pourquoi est-ce l’islam qui est visé ? Y a plein de raisons idéologiques qui expliquent que c’est l’islam qui est visé et pas une autre religion. (…) On a des problèmes idéologiques avec l’islam, et on est ok pour parler de ça. »

L’islam n’est pas plus visé que les autres religions. Mais ses fidèles intégristes, de courants islamistes divers, souhaitent banaliser et imposer un islam rigoriste, avec toutes les conséquences rétrogrades que cela implique, contre ce qu’ils perçoivent être des « valeurs occidentales ».

Ils sont ainsi bien plus bruyants que les intégristes des autres religions. Que ce soit sur les réseaux sociaux, en librairie, dans le prosélytisme de terrain ou en politique. Sans oublier qu’une partie d’entre eux n’hésite pas à prendre directement les armes.

Cela sert effectivement de prétexte à l’extrême droite pour lutter contre les musulmans en général. Mais il faut avouer qu’elle est bien aidée par les islamistes.

Il est donc normal que les laïcs et féministes se dressent contre cela, justement par équité de traitement envers les autres religions. La lutte contre l’intégrisme catholique a été bien plus virulente il y a plus d’un siècle que celle contre l’intégrisme musulman aujourd’hui. Et nous ne manquons pas de nous dresser face aux soubresauts de l’intégrisme catholique dès qu’il se manifeste.

Mais Marwan Muhammad a eu maintes occasions de démontrer ses lacunes et sa vision particulière de l’Histoire. Toutefois, avec sa dernière phrase, on s’attend justement à ce qu’il évoque le terrorisme, l’instrumentalisation de l’islam à des fins politiques, la “salafisation” de l’islam qui ramène cette religion vers le passé plutôt que de la faire avancer. Tous ces “problèmes idéologiques avec l’islam” instrumentalisé par ses extrémistes qui refusent toute réforme de leur religion. Mais il n’est évidemment pas question de cela. Il n’y a pas d’extrémisme puisque c’est le véritable islam à ses yeux. Voici le problème idéologique selon lui :

« Un problème idéologique c’est que voilà une population qui n’a pas envie de se soumettre. Se soumettre à quoi ? Au mode de vie qui est pratiqué ici. Voilà des gens qui ont dit « non » : « non, ma femme ou ma fille ne sera pas un objet sexuel dans cette société. Elle ne se mettra pas nue pour vendre du yaourt. » (…) Donc voilà des gens qui apportent une contradiction au mode de vie tel qu’il est pratiqué ici, dans ses extrêmes et dans ses limites. »

Le “problème idéologique avec l’islam” ne viendrait pas de l’intégrisme musulman mais du “monde de vie” français.

Le “problème idéologique avec l’islam” ne viendrait pas de l’intégrisme musulman mais du “monde de vie” français. Il caricature ce mode de vie où les femmes seraient des objets sexuels dont les musulmanes souhaiteraient se protéger.

Ce refus de “se soumettre” à notre culture expliquerait pourquoi l’islam serait “visé”. Belle inversion des rôles dont le CCIF est si friand.

Ce refus de “se soumettre” à notre culture expliquerait pourquoi l’islam serait “visé”. Belle inversion des rôles dont le CCIF est si friand.

La femme musulmane serait donc un individu de pureté et de vertu face à la décadence et au manque de pudeur des femmes de culture française. L’ensemble des Françaises, y compris celles de confession musulmane n’entrant pas dans la conception de Marwan Muhammad et qui se sentent “ici” chez elles, apprécieront.

Personnellement, je ne connais aucun homme qui aimerait que sa femme ou sa fille soit un objet sexuel dans notre société. Rares sont les femmes qui accepteraient de se mettre nues pour vendre du yaourt, ou les parents qui donneraient leur bénédiction. Je n’imagine pas non plus Caroline Fourest ou Élisabeth Badinter se mettre nues pour vendre quoi que ce soit. Je n’ai également jamais entendu parler d’une enseigne qui mettrait une femme nue au rayon frais pour faire la promotion d’un yaourt. Nous pourrions imaginer que cela puisse être le cas au rayon lingerie. Rayon qui serait plus pertinent pour la promotion d’un produit (je précise que je suis ironique). Mais ce n’est pas le cas non plus.

L’exemple de la femme nue pour vendre du yaourt n’est pas une invention. Il fait référence à une pub Danone. Seulement voilà, il n’a pas pu la voir en avril 2011, ni le mois précédent ni même l’année précédente. Puisqu’elle date du début des années 90, soit près de 20 ans auparavant. Cette pub n’a plus été diffusée ni imitée depuis. Et pour cause, les féministes s’étaient énormément mobilisées à l’époque et sont, depuis, toujours très vigilantes à ce type de marketing sexiste mettant en scène une femme nue pour vendre un produit. C’est grâce à cela que la société a évolué et que nous ne voyons plus ce genre de publicité. Même s’il reste encore beaucoup à faire sur le sexisme en publicité bien-sûr.

Mais peu importe pour lui qu’en 2011 cette pub n’existe plus depuis plus de 15 ans. Cette référence n’est pas choisie au hasard. Elle est très prisée par les islamistes depuis longtemps déjà, qui l’usent jusqu’à la corde. Elle fait partie d’éléments de langage construits par les intégristes musulmans afin de désarmer toute opposition laïque et surtout féministe. Parmi ces éléments, on retrouve toute une série de comparaisons : voile/mini-jupe, voile islamique/voile des nonnes, et cette fameuse publicité du yaourt symbole de la décadence occidentale/femme musulmane vertueuse et qui a de la pudeur. Des comparaisons fausses et artificielles que nous pouvons démonter facilement, mais efficaces sur le plan marketing (nombre de citoyens sincères reprennent ces arguments). La dénonciation islamiste de la femme nue pour vendre du yaourt est donc très loin des motivations féministes originales.

Ils extrapolent au maximum ce sujet pour en faire une dénonciation du mode de vie occidental.

Cet exemple est systématiquement utilisé pour deux raisons. Tout d’abord, en pointant “le mode de vie pratiqué ici”, Marwan Muhammad crée une opposition entre la culture française et l’islam. Ce mode de vie serait français, pas musulman. Pourtant, “ici” c’est chez lui, c’est chez toutes les personnes à qui il s’adresse. Par ce “ici”, il désigne “eux” et “nous”. Son appartenance est plus communautaire que citoyenne.

Il crée ainsi une opposition entre la citoyenneté et le choix (rigoriste) religieux. Si la femme musulmane ne veut pas être un objet sexuel, si elle ne veut pas être impudique comme les femmes de culture française, alors elle ne doit pas se soumettre à ce mode de vie. Elle doit faire le choix de la (vraie) pudeur. Discours culpabilisant parmi tant d’autres pour laisser aux femmes musulmanes le choix entre “l’impudeur” des femmes de notre société et la “pudeur islamique”.

La référence à la pub Danone est incluse dans leur dénonciation du style de vie des Françaises : la liberté de disposer de son corps, la coquetterie, les bikinis, leur indépendance au détriment de leur rôle “naturel” d’épouse et de mère, la trop grande mixité homme/femme, etc. Ceci dans un seul but : faire la promotion du voile, pour se démarquer et se protéger de cette décadence au profit du rôle spécifique qu’est censé avoir la femme musulmane. Voile qui fait pourtant de la femme un objet sexuel bien plus encore que le marketing sexiste.

Il est vrai que dans les deux cas (le marketing sexiste et le voile) on chosifie la femme. Mais la comparaison s’arrête là. La pub sexiste est considérée par les féministes comme un dérapage qu’il faut stopper car dégradante pour l’image de la femme. Idée globalement admise aujourd’hui par la société. De plus, elle n’a pas vocation à pousser les femmes à se mettre systématiquement nues pour manger un yaourt, que ce soit en privé ou en public. Et encore moins, contrairement à ce que dit Marwan Muhammad, à pousser toutes les femmes à se mettre nues pour en vendre.

Le voile, lui, n’est pas considéré comme un dérapage sexiste par les islamistes mais comme une norme devant se standardiser pour toutes les femmes musulmanes vertueuses, en privé (si elles sont en présence d’un homme qui n’est pas leur mari ou de leur famille) et en public. Ceci afin de maîtriser (voire éviter) leur émancipation, qu’elle soit sexuelle par la maîtrise de leur corps, ou sociale par la maîtrise de leur destin loin de toute contrainte rigoriste. Par ce voile, elles deviennent des objets. La pureté et la vertu ne concerne que leur corps et leur sexualité. Leurs qualités humaines et leurs compétences sont secondaires. Ce qui se passe entre leurs jambes est plus important que ce qui se passe dans leur tête ou dans leur cœur. La réputation, que seules les filles et non les garçons portent sur leurs épaules, est un des baromètres mesurant la pureté et la vertu. Il faut cacher leur peau et leurs cheveux pour rendre les victimes responsable de la tentation de leurs bourreaux potentiels. Elles sont ainsi des objets sexuels qu’il faut protéger de la convoitise des hommes en les empaquetant derrière un voile. C’est pour cela que les islamistes les considèrent comme des “perles” ou des “bijoux” dont le voile serait leur “écrin”. Le côté précieux de l’objet est censé faire mieux passer la pilule. C’est aussi pour cela que les femmes voilées préfèrent en général refuser un travail ou une formation plutôt que d’ôter leur voile. Comme je l’ai dit, l’objet sexuel théorique qu’elles représenteraient passe avant l’aspect intellectuel réel de leur cerveau.

Ainsi, d’un côté nous avons le refus des pubs sexistes par une part toujours plus grande de la société qui les considère comme négative pour l’image de la femme. De l’autre nous avons la promotion du symbole du sexisme par les islamistes qui le considèrent comme positif pour l’image de la femme musulmane.

Cet argumentaire est donc une inversion totale de la situation et des valeurs puisqu’il chosifie justement la femme à l’extrême en en faisant un objet sexuel par essence. C’est pour tout cela que le recours à cette publicité sexiste est un prétexte pour dénoncer un mode de vie en général qui devrait être remplacé par le seul mode de vie valable : le rigorisme islamiste, au moins pour les “bonnes” musulmanes.

L’ensemble des idéologues islamistes a ainsi recours à cette rhétorique.

L’un des premiers fut l’Égyptien Sayed Qutb, l’un des idéologues les plus durs des Frères musulmans. Il a vécu aux États-Unis entre 1948 et 1950. Il avait été choqué de voir le style de vie des américains, notamment des femmes : Les Américaines savent que la séduction réside dans les seins ronds, les fesses pleines, les jambes bien formées ; et elles montrent tout cela et ne le cachent pas. [2] Il faut quand même se souvenir que la société américaine de l’époque était encore plus puritaine qu’aujourd’hui. Il ne dénonce donc pas la nudité au sens propre, mais les tenues vestimentaires des femmes (des années 40), pas assez couvertes à son gout, et une mixité trop présente pour son espace vital. Il a très mal vécu la proximité entre hommes et femmes dans tous les aspects de la vie quotidienne. Tout ceci l’a dégoûté du mode de vie pratiqué là-bas. Au point que, à la suite de cette expérience et dès son retour en Égypte, il commença à prêcher pour un islam purifié à l’extrême de toute influence et innovation. Le refuge communautaire rigoriste était censé protéger les musulmans de ce mode de vie étranger. Son radicalisme le poussa à militer avec ses amis Frères musulmans pour que les Égyptiennes, et toutes les musulmanes, se voilent. Cela avait bien fait rire Nasser et son auditoire [3]. Mais nous rions moins aujourd’hui.

Sayed Qutb était un étranger résidant aux États-Unis qui souhaitait éviter une telle “contamination” dans son pays, et plus largement dans le monde musulman.

Or, Marwan Muhammad est français et s’adresse à des citoyens français. Cette volonté de se mettre à part, de ne pas adopter notre “mode de vie”, est similaire aux motivations de Qutb : les musulmans sont purs. Ils savent ce qui est bien ou mal car ils font partie d’un peuple supérieur désigné par Dieu. Cette pureté de la Oumma (communauté transnationale musulmane au-dessus de toute citoyenneté nationale) ne doit pas être contaminée par des modes de vie nationaux bien trop décadents lorsqu’on souhaite revivre la belle époque des tribus bédouines au Moyen-Age.

La référence plus précise à la pub Danone pour faire avancer la dénonciation frériste du “mode de vie pratiqué ici” est aussi utilisée par de nombreux prédicateurs intégristes. C’est par exemple le cas de Hassan Bounamcha, un prédicateur salafiste de référence qui officie régulièrement dans les mosquées intégristes, comme celle de… Vigneux. Il a eu l’occasion à maintes reprises de donner son opinion sur notre mode de vie. Marwan Muhammad est en accord avec lui, mais H. Bounamcha emploie un vocabulaire plus direct :

Tu ne t’habilles pas pareil quand tu es en France que quand tu es au pays. Pourquoi ? Parce que la société est beaucoup plus préservée, protectrice, est beaucoup plus forte, pieuse. En France, le vice est une nature humaine, mais qui est facilité par les médias (…).

Wallah je le pense de tout mon cœur : comment voulez-vous vivre dans une société comme ça, quand vous sortez dans la rue vous voyez tout ce que vous voyez, dans les panneaux publicitaires, quand vous regardez la télévision vous voyez tout ce que vous voyez dans la publicité ? Pour vendre du beurre ils mettent une femme nue. Pour vendre une mobylette, une femme nue, pour vendre un micro-onde une femme nue ! (…) Si tu n’as pas de pudeur, fait ce que tu veux. (…) Vous sortez dehors et vous voyez que c’est normalisé.

Quand j’étais petit on vivait à Djerba. Une fois on a invité des touristes qui sont venus manger chez mes parents. Les gens du sud sont très très conservateurs. Même ma mère quand elle s’habille on voit à peine son œil. Et quand elle sort dehors, elle a des valeurs, elle ne montre pas ses formes, elle fait attention. La catastrophe est que quand j’ai invité ces gens-là, ils sont venus et elle est venue en short, allah ouakbar. Ouh ! Le vice ne peut pas s’installer facilement quand il y a des valeurs. (…) Le vice que vous vivez “ici” en France il est obligé d’être présent.

Car malheureusement, certaines personnes sont inconscientes du mal qu’il y a. (…) Dans quelle position je suis quand cette femme, avec son mari, est entrée devant mes parents en short ? Chez nous c’est une honte, mais chez eux c’est normal, normal, normal. (…) Il faut que nous raisonnions en tant que musulmans et musulmanes. (…) Pourquoi il y a le vice ? Parce que nous avons un ennemi, c’est le sheitan (le diable). (…) Vous avez vu certaines personnes qui s’habillent de façon attirante ? Comment elles marchent dans la rue ? Elles marchent d’un côté, puis de l’autre côté. Est-ce que c’est une démarche normale ? Wallah elle n’est pas normale. Quand une femme sort de chez elle, il y a le Sheitan qui l’attend devant la porte, avec un ange. Si elle sort d’une façon pieuse, c’est l’ange qui va avec elle. Mais si elle sort de façon décadente, c’est le Sheitan qui vient. [4]

Il est clair qu’on ne lui donnera pas “le pin’s du musulman modéré”, comme l’avait déclaré avec mépris Marwan Muhammad à propos de ces musulmans lors de cette même conférence. Nous avons ainsi une idée plus précise de la pensée de M. Muhammad à propos des Françaises et des “femmes musulmanes”. Il semble que H. Bounamcha est une de ses sources d’inspiration, puisque ces propos ont été tenus plusieurs années avant la conférence de M. Muhammad. Pour avoir une idée plus fine de H. Bounamcha, voici comment il exprime son amour pour les homosexuels : « Vous avez vu le séisme qu’il y a eu dans les années 80 à San Francisco ? C’est la ville dans les années 80, si ma mémoire est bonne, qui représentait 3 millions de gays. 3 millions de gays, d’homosexuels ! 3 millions, c’est un tiers de la Tunisie ! Allah a envoyé un châtiment spécial : tremblement de terre, en quelques secondes des milliers de morts. [5]

Bounamcha se fond si bien dans la vision de l’islam version CCIF que ce salafiste soutient officiellement l’association. Un soutien que le CCIF est fier d’avoir filmé et affiché sur sa page Youtube [6]. Certainement sa manière de “défendre les droits de l’Homme” (il semble que les homos n’entrent pas dans la catégorie “Homme” du CCIF).

Ce prédicateur a une connaissance un peu confuse des publicités (je serais curieux de savoir quelles marques de mobylettes et de micro-ondes ont mis des femmes nues dans leurs pubs pour vendre leurs produits). Mais nous sommes toujours dans l’idée du yaourt. Nous voyons bien que c’est le moyen de pointer du doigt le “manque de pudeur des françaises” au quotidien. Les musulmans sont ainsi appelés à raisonner en tant que musulmans (“chez nous”) et non en tant que français (“chez eux”).

Cet élément de langage doit être répété constamment pour pénétrer les esprits. Et ça marche. Depuis le début des années 2000, je l’ai personnellement entendu un nombre incalculable de fois (avec les comparaisons voile/mini-jupe et voile islamique/voile des nones). Il est également exprimé dans différents témoignages que nous pouvons trouver dans quelques ouvrages sur l’intégrisme musulman. Voici l’exemple d’un entretien avec une salafiste portant le niqab, extrait de Du Golfe aux banlieues: Le salafisme mondialisé, de Adraoui Mohamed-Ali, enseignant-chercheur en sciences politiques :

« Quand une femme veut porter le niqab, on lui interdit, c’est une catastrophe. Mais quand on met une femme nue pour vendre un yaourt, on ne dit rien. C’est un scandale. Il y a confusion entre liberté et libertinage. » [7]

Facebook n’échappe évidemment pas à la règle. De nombreuses pages militant pour un islam rétrograde ont déjà utilisé l’argument de la femme nue pour vendre du yaourt afin de mieux valoriser la femme musulmane (donc contre les “valeurs occidentales” qui ne sont pas son identité) vertueuse sachant faire preuve de pudeur et de piété en cachant son corps honteux derrière un voile.

Par ce martelage, la double culpabilisation surgit encore et toujours. Une culpabilisation sexuelle : « si tu veux être une femme bien, choisis le voile. » Et une culpabilisation religieuse : « si tu veux être une bonne musulmane, choisis le voile ».

Le constat est édifiant. L’argument du yaourt a parfaitement imprégné l’ensemble de la sphère islamiste qui l’utilise régulièrement. Que ce soit dans des prêches, des conférences (les deux ne font souvent qu’un) ou sur internet. C’est exactement le cas avec Marwan Muhammad. C’est en cohérence avec la vigueur de sa mobilisation pour le burkini l’été dernier. Un “vêtement de bain” censé protéger la pudeur des (bonnes) musulmanes.

Il ne va pas jusqu’à dire, comme Hani Ramadan, que les femmes voilées sont précieuses comme des perles et les autres des pièces de 2 euros qui passent de poche en poche. Il ne parle pas non plus du “sheitan” et du “vice”. Il utilise une rhétorique moins directe, plus soft. Il parle du refus du “mode de vie tel qu’il est pratiqué ici”. Pour une fois, il est plus “ramadanien” que franc du collier. Que ce soit Qutb, Bounamcha, Muhammad ou d’autres, à chacun sa façon de le dire pour exprimer la même idée.

C’est pour cela que dans cette stratégie, Marwan Muhammad n’oppose pas directement les Françaises aux musulmanes. Puisque, comme Tariq Ramadan le dit aussi, elles doivent affirmer qu’elles sont françaises (ce qu’elles sont effectivement), mais qu’elles en refusent le mode de vie. Elles doivent reconstruire et modeler la culture de leur pays à l’image de ce qu’est censée être celle de la femme musulmane (c’est-à-dire à leurs yeux celle des tribus bédouines du Moyen-Age), à travers la “pudeur islamique” dont le voile est le symbole.

Les conséquences de tous ces discours sont réelles. C’est au nom de cette pudeur, du refus de ne pas se mettre nue pour vendre du yaourt, qu’il y a une explosion des allergies au chlore dispensant de piscine de nombreuses élèves. Un rapport de l’inspection générale de l’Éducation Nationale remis au ministre de l’Éducation National en juin 2004 (plus connu sous le nom de “rapport Obin”), nous alertait déjà sur la situation dans des quartiers populaires [8] :

« L’EPS fait partie des disciplines pour lesquelles les professeurs se plaignent souvent de manifestations ou d’interventions de nature religieuse perturbant leur enseignement. Beaucoup tournent autour de la mixité, ou de la préservation de la « pudeur » des filles. L’absentéisme et le refus de certaines activités sont de plus en plus fréquents, notamment en piscine et en plein air. Une autre source de tensions réside dans le refus d’un nombre croissant d’élèves (la totalité dans certains collèges) de porter les tenues sportives réglementaires. Les professeurs décrivent alors les diverses innovations vestimentaires, parfois étonnantes, dont ils sont les témoins, souvent de la part des filles, mais aussi des garçons, pour dissimuler le plus possible leur corps. Beaucoup d’élèves préfèrent « un zéro » ou une punition plutôt que de pratiquer une activité ou de la pratiquer en tenue réglementaire. Les dispenses se multiplient et l’existence de certificats de complaisance est massive dans certains quartiers. »

Ces constats ont également été faits dans le rapport Femmes et sports (pages 17 à 19) remis en 2004 au ministre des sports et à la ministre de l’enseignement professionnel. [9]

Ces manifestations sexistes et d’apartheid sexuel ne se limitent pas au sport, comme l’indique le rapport Obin : « Alors que l’on observe de plus en plus souvent des fillettes voilées, les adolescentes font l’objet d’une surveillance rigoureuse, d’ailleurs exercée davantage par les garçons que par les parents. (…) A côté des fréquentations et des comportements, le vêtement est souvent l’objet de prescriptions rigoureuses (…). Dans tel lycée elles enfilent leur manteau avant d’aller au tableau afin de n’éveiller aucune concupiscence. (…) Dans beaucoup de collèges visités, le vêtement des filles, ainsi que leurs « mœurs », sont l’objet d’un contrôle général. (…) Dans le second degré d’une manière générale, de nombreux cas nous ont été signalés de professeurs femmes ayant fait l’objet de propos désobligeants ou sexistes de la part d’élèves. »

C’est la manière qu’ont ces élèves de dénoncer “le mode de vie tel qu’il est pratiqué ici”.

Les tabous autour de la sexualité sont si énormes, perçue comme une telle dépravation, qu’il y a aussi des conséquences à l’école, toujours citées dans ce rapport : « Une [autre] occasion de contestation est fournie par les parties du programme abordant la reproduction, de même que, en marge de cet enseignement, par les séquences d’éducation sexuelle (…). Les raisons invoquées pour s’absenter, refuser l’enseignement ou ne pas participer aux séances d’information sur la sexualité est « l’impudeur » des propos tenus et des images diffusées à cette occasion, ou encore la mixité des cours ou séquences (qui n’est d’ailleurs pas la règle), ou même leur caractère superflu (puisque « les musulmanes restent vierges ».). »

Ce type d’attitudes n’est pas un hasard : « De toute évidence, des organisations religieuses et politico-religieuses « travaillent » ces élèves, parfois dès l’école primaire, ainsi que leur famille, leur milieu social, leur quartier, et tentent pour certaines de les dresser contre l’école, les professeurs (ces « menteurs ») et l’enseignement dispensé. »

J’ai également pu observer l’influence de telles organisations sur les jeunes, notamment avec le discours “on ne vit pas comme les Français”. Les problèmes socio-économiques et la discrimination ont fortement contribué à créer ce ressenti de ne pas être pleinement français. Les intégristes n’ont eu qu’à irriguer et récolter les fruits semés par une stratégie qui peut se résumer en un argument souvent répété : “les Français ne te reconnaissent pas comme un des leurs et ils ont raison. Tu n’es pas français, tu es musulman avant tout.” Marwan Muhammad et ses confrères sont certainement l’illustration la plus flagrante de la réussite du projet islamiste de la génération précédente.

Le rapport conclut que « des organisations, le plus souvent structurées sur le plan international, prospèrent sur ce terreau et assurent à cette nouvelle identité « musulmane » une promotion efficace (…). Le projet de ces groupes ouvertement ségrégationnistes et qui dénoncent l’intégration comme une apostasie ou une oppression, va encore plus loin. Il est aussi de rassembler ces populations sur le plan politique en les dissociant de la nation française et en les agrégeant à une vaste « nation musulmane ». »

Comme je l’ai dit, le CCIF et consort sont certainement l’illustration la plus flagrante de la réussite de ce projet…

Le CCIF est ainsi dans la continuité. Marwan Muhammad estime peut-être que tout ceci est normal. Notre indignation et notre lutte face à cette idéologie serait une attitude “islamophobe”, manifestation d’un racisme postcolonial et de notre impérialisme culturel (et j’en passe).

Ainsi, un des volets de la stratégie victimaire est la suivante : l’islam est victime d’un racisme spécifique car les (vraies) musulmanes refuseraient de se dépraver comme les autres Françaises. “L’islamophobie”, à travers la question du voile, toucherait plus les femmes que les hommes pour deux raisons selon lui :

« D’abord parce que les agresseurs en général sont des lâches, tout simplement. C’est facile de s’attaquer à 3 personnes, à une femme [qui portait un niqab], avec un bébé dans les bras au zoo. C’est facile. Aujourd’hui, s’attaquer aux musulmans ça coûte pas cher et ça rapporte gros. »

Avec le CCIF, toute agression est forcément islamophobe s’il y a un musulman concerné, même si le motif n’a rien à voir. Mais admettons que ce soit réellement une agression en raison de la religion, ce qui dans l’exemple cité est possible. Quel serait l’intérêt des agresseurs ? Ce serait un acte gratuit anti-(extrémiste) musulman punissable par la loi. Qu’est-ce que cela pourrait leur rapporter de si gros, à part la satisfaction d’une pulsion barbare ? Rien. Marwan Muhammad est dans la confusion (volontaire ou non) la plus totale. Il confond une agression condamnable, qui n’est pas représentative de ce que vivent les français musulmans, avec l’instrumentalisation politique et médiatique que certains peuvent faire de la peur de l’islam (avec un gros coup de pouce du CCIF), tout en y incluant les critiques et combats légitimes envers l’islamisme et le voile qui en est le symbole. Ce mélange “est facile, ça coûte pas cher et ça rapporte gros”.

L’autre raison qui expliquerait qu’on s’attaquerait plus spécifiquement aux femmes musulmanes serait ce statut si particulier qui la différencie du “mode de vie pratiqué ici”. Il développe alors sa pensée d’une vision très patriarcale et essentialiste du rôle de la femme musulmane :

« La deuxième raison pour laquelle on s’attaque aux femmes, c’est que la femme c’est le moteur de la cellule familiale musulmane. Qu’on le veuille ou non, j’espère que je ne vais pas vous froisser mes chers frères, mais c’est la maman qui construit cette famille-là. C’est la maman qui fait fonctionner cette famille-là. Nous hamdoullah on travaille dur, on parle à table.

Mais c’est elle qui fait fonctionner la famille. Et nous quand on est abîmé, quand la journée de travail nous a épuisé ou il y a quelqu’un qui nous a vexé dans la rue ou autre, on rentre à la maison, on va avoir un câlin des enfants, il y a un repas chaud sur la table. Notre femme va nous dire quelques mots de consolation. Au moment où on s’est endormi, on a déjà oublié le problème. Mais une maman qui est abimée, comment on répare ça ? Comment est-ce qu’on console une maman qui est cassé. Comment est-ce qu’on la répare ? Ça ne se répare pas ! Quand la maman est abîmée, toute la famille est abîmée. C’est pour ça que c’est elle qu’on vise. Parce qu’elle fait l’essence de la famille musulmane. Elle mène l’éducation. C’est elle qui fait cette petite flamme, cette petite vie, cet espoir, cette douceur qu’il y a dans la maison musulmane. C’est elle qui le fait vivre. C’est elle qui l’anime. C’est elle qui, quand tout le monde est fatigué, se lève le week-end pour préparer le petit-déjeuner et laver les enfants, et préparer… faire tout ça. C’est la maman qui fait tout ça. Et si on l’abîme elle, alors on abîme une génération entière de musulmans.

Avec ce style larmoyant, on aurait dit Charles Ingalls. En remplaçant “musulman” par “chrétien”, on croirait entendre le sermon d’un curé d’une petite paroisse au 14ème siècle. En l’écoutant, je me suis retrouvé en plein cours d’Histoire médiévale. Il est à des milliers d’années lumières du MLF. Ce qui n’empêche pas certaines militantes féministes de cette époque de soutenir aujourd’hui les islamistes… Car sa conclusion lors de cette conférence est ce qui leur parle : s’attaquer aux femmes voilées au nom de la laïcité est plus acceptable que le “racisme d’autrefois”.

Il est clair qu’avec une telle vision du rôle de la femme, il ne vit pas à la bonne époque. Rien d’étonnant à cela et ce n’est pas un problème en soi. Cela relève de ses convictions personnelles, aussi rétrogrades soient-elles. De plus, ce n’est pas une exception islamiste. Les ultra-conservateurs chrétiens, juifs, hindouistes, et même certains athées, ont la même conception du rôle de la femme. Le machisme n’a pas de religion. Même si, lorsqu’il y a enracinement religieux, cela le rend plus difficile à combattre.

Justement, son ultra-conservatisme se transforme en intégrisme lorsqu’il tient ces propos dans ces circonstances. C’est-à-dire qu’il sort ce type de discours de la sphère privée pour l’exprimer publiquement afin de prêcher la bonne parole et d’accuser toute opposition “d’islamophobie” ou de “racisme postcolonial”. Il n’est pas à un diner entre amis dans le cadre de sa vie privée. Il est un prêcheur extrémiste qui intervient dans un lieu de culte, officiellement en tant que porte-parole d’une association défendant le “vivre ensemble” et qui n’appartiendrait “à aucun courant politique, religieux ou idéologique”.

Le “mode de vie pratiqué ici”, même s’il n’est pas parfait, a au moins l’avantage de pouvoir constamment être questionné, critiqué, pour le faire avancer vers plus d’égalité des sexes. Ce qui n’est pas le cas du mode de vie rêvé par le CCIF qui doit rester figé au Moyen-Age et pour l’éternité sous prétexte que ce serait Dieu qui l’aurait décidé. Une femme nue vendant du yaourt me choque. Mais ce sera toujours moins choquant qu’une femme voilée expliquant que son intégrisme est une forme de féminisme. Le 1er sexisme est plus facile à combattre que le second. S’il a fallu une forte mobilisation féministe pour arriver à bout de la nudité d’une femme pour vendre du yaourt, il faudra bien plus d’efforts pour arriver à bout du second. De plus, si le 1er sexisme fait l’unanimité contre lui, le second est plus relativisé, mieux accepté, trouvant des alliés parmi les mêmes personnes qui condamnent le sexisme publicitaire. Si Jean-Frédéric Poisson, président du Parti Chrétien Démocrate, avait tenu les mêmes propos que Marwan Muhammad, en remplaçant “femme musulmane” par “femme chrétienne”, nul doute que tout le monde lui serait tombé dessus ou l’aurait tourné en dérision, à juste titre. Mais lorsqu’il s’agit des intégristes musulmans, ça passe plus tranquillement. Et si les prochains invités de la mosquée de Vigneux étaient Clémentine Autain, Christine Delphy et Edwy Plenel ?

Là est la force du CCIF et de l’ensemble des Frères musulmans. Entre double langage, victimisation, récupération et trahison de nos valeurs, ils réussissent à faire ce qu’aucun misogyne et partisan du patriarcat n’a jamais osé imaginer : avoir le soutien de féministes et d’une partie de la classe politique et médiatique.

On ne met plus en scène une femme nue pour vendre du yaourt. On met en scène une femme voilée pour vendre une idéologie moyenâgeuse, misogyne et totalitaire. L’objet sexuel a encore de beaux jours devant lui.

Naëm Bestandji
Source : Ikhwan Info

[1] Le CCIF et sa référence à l’Allemagne des années 30, l’arroseur arrosé : https://www.facebook.com/notes/naë…

[2] Citation de Sayed Qutb par Gilles Kepel, Le Prophète et Pharaon, Paris, La Découverte, 1984.

[3] https://www.youtube.com/watch?v=D-DZUnh8-Ro

[4]  http://www.dailymotion.com/video/xrxrc_la-jeunesse-entre-vice-et-vertu_news

[5]  http://www.dailymotion.com/video/xrxrc_la-jeunesse-entre-vice-et-vertu_news

[6] Le CCIF fier du soutien de Hassan Bounamcha : https://www.youtube.com/watch?v=-3zlNgYTcQo

[7] Adraoui Mohamed-Ali, Du Golfe aux banlieues: Le salafisme mondialisé, Paris, Presses universitaires de France, 2013.

[8] Les signes et manifestations d’appartenance religieuse dans les établissements scolaires, rapport présenté par Jean-Pierre Obin, remis au ministre de l’Éducation Nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche en juin 2004.

[9]  Rapport femmes et sports, remis au ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Vie Associative et à la ministre de la Parité et de l’Égalité Professionnelle, le 21 avril 2004.

La France traverse une grave crise morale

Si un martien nous observait de sa lointaine planète, il se dirait que la France ne tourne vraiment pas rond, et ce à quelques semaines d’une élection censée déterminer son avenir proche.

C’est le désarroi le plus complet, alors que ce pays est l’un des plus beaux au monde : les autres nations lui envient son mode de vie, sa protection sociale, la formation poussée de ses citoyens, la beauté et la variété de ses paysages, bref le pays de Molière a toutes les raisons de se sentir bien et d’être heureux.

Pourtant, c’est exactement le contraire qui se produit. Pourquoi ?

Il faut bien signaler quelques points autour desquels se noue ce qui pourrait devenir un vrai drame national, si l’on n’y prend garde.

Je ne prétends pas, dans les lignes suivantes, résumer les raisons de ce mal français mais il faut bien signaler quelques points autour desquels se noue ce qui pourrait devenir un vrai drame national, si l’on n’y prend garde.

L’impossibilité pour l’actuel président de la République de sa représenter alors qu’il avait déployé les efforts les plus vigoureux pour entrer en lice, a, d’une manière certaine, affaibli l’autorité de l’Etat, du gouvernement, de tout ce qui détient en France une parcelle de pouvoir.

Le premier point, probablement le plus dangereux, le plus menaçant et qui est passé presque inaperçu, du moins quant à ses conséquences proches et lointaines, c’est l’impossibilité pour l’actuel président de la République de sa représenter alors qu’il avait déployé les efforts les plus vigoureux pour entrer en lice.

Que l’on me comprenne bien, il ne s’agit pas de plaider en faveur du bilan de l’actuel président de la République, qui, en tout état de cause, a droit à notre respect et à notre impartialité ; on doit réaliser que la conjonction de forces et d’intérêts multiples ont contraint (je dis bien contraint) un chef de l’Etat en exercice à renoncer, à mettre pied à terre…

Cette décision, absolument inouïe sous la Ve république, a, d’une manière certaine, affaibli l’autorité de l’Etat, du gouvernement, de tout ce qui détient en France une parcelle de pouvoir. Il eût fallu, dans le sillage de cette décision de retrait, convoquer des élections à la fois présidentielles et législatives afin de montrer qu’il n y avait pas de vacance du pouvoir ni d’interrègne.

Qui a pu orchestrer un tel chamboulement ? Oh, on finira bien par le savoir mais il est déjà clair que le propre camp du président n’est pas entièrement innocent dans cette affaire.

La suite le prouve, notamment les soudaines vocations à se substituer au président sortant, au sein même de son propre gouvernement, donnent des mœurs politiques une mauvaise image.

Affaire Fillon : il eût fallu préciser juridiquement le statut de l’assistant parlementaire, dire qui on peut embaucher, comment et combien les payer, bref mettre un peu d’ordre dans cette jungle…Mais fallait il faire de toute la France une immense caisse de résonance ?

Le second point, d’une autre nature mais qui revêt la même gravité, se résume à ce qu’on appelle l’affaire Fillon, une affaire qui commence à perdre de son ampleur et qui a donné au candidat de la droite et du centre l’occasion de montrer sa solidité après quelques semaines d’un flottement bien compréhensible.

Là aussi, je demande que l’on me comprenne bien : comme le dit la théologie catholique, il n’est pas question à donner Dieu à qui que ce soit sans confession ; seul le Seigneur est à même de sonder les reins et les cœurs… Mais comment a-t-on pu faire d’une simple affaire de versements de fonds un monument ?

Il eût fallu préciser juridiquement le statut de l’assistant parlementaire, dire qui on peut embaucher, comment et combien les payer, bref mettre un peu d’ordre dans cette jungle…

Mais fallait il faire de toute la France une immense caisse de résonance ? Fallait-il que le pays tout entier fût suspendu aux révélations d’un journal satirique dont les révélations, si correctes soient-elles, ont contrarié le choix de millions de Français ?

Le rôle d’une certaine presse retient, ici aussi, l’attention. A nouveau, je prie que l’on ne se méprenne pas sur mon intention : l’enquête en cours isolera le vrai du faux, si on n’instrumentalise pas la justice. Une chose n’en reste pas moins claire : après le résultat des élections, on finira bien par savoir qui est derrière tout cela.

Mais il est vrai, le mal est fait et ce qui apparaissait comme une formalité évoque désormais une sorte de mythe de Sisyphe de notre temps. En politique, tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir et nul n’est à l’abri de bonne surprises…

Mais ce qui tempère mon optimisme, ce sont les nouvelles cibles de cette même presse qui s’en prend désormais au candidat de l’ancien gouvernement et à la présidente du parti d’extrême droite.

La France est malade de ses immigré. La République doit donner le ton, agir, prendre des initiatives.

Le dernier point (en fait il y en aurait tant d’autres mais il faut bien conclure un éditorial) relève de la politique intérieure et ne laisse pas d’être inquiétant : la France est malade de ses immigrés.

Pourtant, nos différents gouvernements de droite comme de gauche, ont, depuis, au moins trente ans, injecté des milliards dans la politique de la ville, en vain ! Certes, tout le mal n’est pas d’un seul côté car pour intégrer il faut être au moins deux !

Mais c’est la République qui doit donner le ton, agir, prendre des initiatives. Si l’on réalise que l’intégration, (je ne parle pas d’assimilation, ce serait excessivement optimiste) est chose impossible pour l’instant, alors on prend des mesures… Or, ce qui s’est passé dans une banlieue ne sera pas vite oublié. Mais là aussi, tout en manifestant une sincère empathie avec la victime d’un traitement si dégradant, il faut attendre pour séparer la vérité des faits de l’émotivité. Nous sommes un Etat de droit et pas un gigantesque reality show.

Affaire Théo : tout en manifestant une sincère empathie avec la victime d’un traitement si dégradant, il faut attendre pour séparer la vérité des faits de l’émotivité. Nous sommes un Etat de droit et pas un gigantesque reality show.

Pour faire toucher du doigt, l’état de déchéance dans lequel nous risquons de sombrer il faut une petite réflexion sur l’usage de deux termes dont le champ sémantique s’est totalement transformé : et dans le mauvais sens.

Il s’agit de CITE et de POLIS chez les Grecs ; certes, Platon parle de la CITE au singulier mais chez nous les occurrences de ce vocable, totalement dévoyé (comme quartiers)  sont toujours au pluriel.

Alors que Platon parle de la cité vertueuse nous parlons, au pluriel, de zones de non-droit ou presque.

Cette dégradation des relations au sein d’une même nation coïncide avec l’insatisfaction des forces de police qui semblent ne plus croire en l’effectivité de leur mission : le maintien de l’ordre.

Evidemment, la polis grecque ne signifie la police dans le sens précis du mot. Mais il faudrait que la France redevienne  une CITE et non pas un conglomérat de cités.

Maurice-Ruben HAYOUN in La Tribune de Genève de 18 février 2017

Le professeur Maurice-Ruben Hayoun, né en 1951 à Agadir, est un philosophe, spécialisé dans la philosophie juive, la philosophie allemande et judéo-allemande de Moïse Mendelssohn à Gershom Scholem, un exégète et un historien français.