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Joel

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Malgré la crise économique, les boycotts visant l’Etat Juif et la guerre contre le Hamas, les touristes se rendent en Israël.

Par un marketing ciblé segmentant les publics, en développant une offre variée en termes notamment de destinations, de modes d’hébergement et de loisirs, en tenant compte du souci des touristes pour la nature et sa préservation, le ministère israélien du Tourisme a réussi en 2009 à attirer 2,7 millions de visiteurs, 3,53 millions de touristes en 2013, 3,3 millions de visiteurs en 2014 et 3,1 millions de touristes en 2015. L’Etat d’Israël veut réglementer le tourisme médical. 

L’activité touristique est un secteur clé de l’économie israélienne : en 2013, elle a représenté 11 milliards de dollars. La dépense moyenne d’un touriste visitant l’Etat d’Israël s’est élevée en 2011 à 1 325 dollars.

Dafka (malgré tout, en hébreu)

Le nombre de touristes arrivant en Israël a augmenté depuis 1948 : 47 000/an dans les années 1950, 1,9 million en moyenne de 2000 à 2011. Depuis le refondation de l’Etat d’Israël, 62 millions de touristes se sont rendus en Israël, dont 84% depuis les années 1980.

La crise touristique la plus sérieuse affrontée par cet Etat est survenu au tournant du XXe au XXIe siècles.

 L’espoir d’essor touristique rapide en Israël en 2000 a été bouleversé par l’apparition de l’Intifada II (2001-2003).

Le 6 mars 2002, l’Office national israélien du tourisme (ONIT) avait accueilli son ministre, Binyamin Eilon, pour une conférence de presse. Après un constat lucide, le discours avait été confiant et prospectif. Preuves de ce dynamisme affiché : les actions ciblées de marketing direct vont sensibiliser ceux attachés particulièrement à Israël, dafka (malgré tout, en hébreu)… Et avec des résultats espérés dans le court terme.

« Ma situation est paradoxale. C’est difficile pour le membre d’un gouvernement de quitter, même brièvement, son pays en guerre. Et comme ministre, j’ai en charge un domaine qui suppose la tranquillité et le soleil. Cette guerre se livre sur trois fronts : politique, militaire et psychologique. Ne pas avoir peur est impossible. Il faut faire en sorte que la vie continue », avait annoncé Binyamin Eilon, en présence de responsables français et israéliens du tourisme.

Jusqu’en septembre 2000, 2000 s’annonçait une année record, notamment avec la visite du Pape. Lancée par Arafat, l’Intifadah II a brisé cet élan. En 2000, 2,7 millions de touristes étrangers ont visité Israël, dont 204 000 Français. En 2001, ils étaient 1,3 million, dont 135 000 Français. La baisse est plus sévère chez les catholiques que pour les protestants. En 2001, la part des Juifs parmi les touristes s’est élevée à 50-60%, contre 20-30 % auparavant.

« Le tourisme est à la fois un facteur important du PIB et de l’état d’esprit des Israéliens. Les dommages directs – manques à gagner pour les hôtels, licenciements, etc. – se sont élevés à 2,4 Mds USD. Ceux indirects sont difficiles à estimer. 180 Mns € ont été consacrés à des aides à ce secteur. Seuls les budgets israéliens de la Défense et du tourisme n’ont pas été réduits », constatait Binyamin Eilon.

Comment lancer une grande campagne pour favoriser le tourisme en Israël dans une situation de crise grave ? Grâce à celle prônant le tourisme intérieur, 2001 a été une année record depuis 1948. A la mer Morte, le nombre des visiteurs a cru de 10% grâce à la présence des Israéliens. Pour les touristes étrangers, avancer comme arguments « le soleil et la mer, c’est insuffisant. Il faut s’adresser de préférence à ceux qui veulent aller dafka, pour voir leurs familles, ce qui se passe et contribuer à sauver l’économie israélienne. Nous avons besoin de leurs présences.

A Pâques, l’activité touristique va reprendre  », notait M. Eilon. « Avec la stabilité monétaire apportée par l’euro, les touristes européens se rendront compte des baisses de prix », prédisait Roby Harly, directeur général de cet Office cinquantenaire au budget promotionnel de 3,5 millions d’euros en 2001, contre 2,3 millions en 2000.
S’il a réduit les budgets promotionnels scandinaves, le ministre « a augmenté ceux des Etats-Unis, du Royaume-Uni, et surtout de la France. Celui consacré à la CEI va croître aussi : même si la population est pauvre, le réservoir touristique est important ». C’est une campagne de terrain vers les communautés juives régionales et les Eglises qu’allait entreprendre l’ONIT.

Cette promotion énergique allait conserver l’affichage dans le métro sur Eilat, une « niche spéciale » qui a attiré 16 700 touristes français en 2001 (+100% en un an). Priorité était donnée aux produits ciblés auprès de publics motivés et spécifiques. Ainsi, les campagnes évoqueront les vertus thérapeutiques de la mer Morte. Ou rappelleront qu’Israël, « terre de la Bible, est unique …»

La reprise touristique observée dans les années suivantes a été interrompue au second semestre 2006 (Deuxième guerre au Liban) et au début de 2009 (conséquences de l’Opération Plomb durci).

Environ 2,7 millions de visiteurs se sont rendus en Israël en 2009 : 10% sont originaires de France – 3e provenance après les Etats-Unis et la Russie – ; 58% sont chrétiens et les juifs représentant 34% du nombre de touristes.
« Partez plus loin que prévu ! »
De janvier à mars 2010, Israël a été la destination de 747 000 touristes – objectif en 2012 : 4 millions de touristes (loisirs, pèlerinages, séjours d’affaires) – et a enregistré une augmentation de +25% en provenance de France.

Environ 1,6 million de touristes ont visité Israël au cours du premier semestre 2010, soit une hausse de 39% par rapport à la même période en 2009 et de 10% par rapport aux six premiers mois de 2008, année record. Ce qui a induit une manne – hors voyage aérien – de 1,55 milliard de dollars (+35% par rapport au premier semestre 2009). Et ce qui résulte d’intenses campagnes ciblées de publicité et de marketing.

De cet intérêt, témoigne aussi la fréquentation du site Internet du ministère israélien du tourisme : 2,7 millions d’Internautes, surtout des Etats-Unis, de Russie, d’Allemagne, d’Italie, de France et du Royaume-Uni. Un ministère qui entend favoriser un revirement perceptible  chez les Israéliens : l’arraisonnement de la « flottille de la paix » a incité nombre d’entre eux à substituer comme destination de vacances d’autres destinations à la Turquie. Et notamment leur pays.

En 2010, près de 3,45 millions de touristes se sont rendus en Israël, soit une augmentation de 14% par rapport à 2008, année record. Aux premiers rangs des sites les plus fréquentés, deux lieux situés à Jérusalem : le Kotel ou Mur des Lamentations (77% des touristes s’y sont rendus) et  l’église du Saint-Sépulcre (61% à des touristes l’ont visitée).

Plus des deux tiers des visiteurs sont chrétiens, et 23% sont juifs. Un cinquième des visiteurs viennent des Etats-Unis, le reste des touristes sont originaires de Russie, de France, du Royaume-Uni et d’Allemagne. De France, sont partis 287 017 touristes (+ 10 % sur un an) et de Belgique 34 342 (+ 34 % par rapport à 2009).

En 2011, 3,4 millions de touristes ont visité Israël. L’activité touristique est évaluée à 65,6 milliards de shekels (13,3 milliards d’euros), ce qui représente 7,5% du PIB, soit une hausse de 5% par rapport à 2010.  
92% des touristes arrivés en Israël en 2011 y sont restés moins d’un mois ; la durée moyenne de leur séjour était de 8,1 jours. 
Les atouts de l’Etat d’Israël ? La situation géographique, la diversité des paysages, l’histoire, le lien profond et plurimillénaire entre la diaspora juive et Eretz Israël, un climat modéré, le tourisme religieux, un positionnement sur des secteurs économiques (high-tech) ou identitaires (LGBT attirés par la vie nocturne à Tel-Aviv).
Le ministère israélien du Tourisme a démultiplié l’offre touristique en six segments variés : le tourisme religieux – un tiers des entrées en 2008, année de la visite du Pape Benoît XVI -, le tourisme de santé et de remise en forme, le tourisme de détente et sportif, le tourisme culturel, le tourisme durable et le tourisme d’affaires qui, en 2011, représente 11% du nombre total des arrivées.

En 2012, le Premier ministre et le ministre du Tourisme ont axé leur nouvelle stratégie d’essor sur la hausse des subventions à l’édification « d’hôtels et d’attractions touristiques, la formation du personnel du secteur, la promotion des espaces de détente urbains – rues piétonnes, réfection d’anciens quartiers -, des parcs naturels, des régions périphériques et des zones commerciales, le développement du réseau routier et des aires de parking, la rénovation et la restauration des sites archéologiques et des plages, l’illumination des monuments et des bâtiments publics ».

L’objectif de cette stratégie – « en 2011, 34 millions d’euros d’investissements plus 40 millions d’euros d’incitations diverses – est d’attirer cinq millions de touristes par an dès 2015 et de construire 19 000 chambres supplémentaires, la capacité hôtelière du pays étant au bord de la saturation à certaines périodes de l’année ».

Il y a « encore peu de groupes étrangers implantés en Israël sur le marché des hôtels : Accor (six établissements), Starwood (huit hôtels), Club Med ». Manquent encore de nombreux hôtels moyens de gamme pour attirer un public familial.

Les statistiques du tourisme en Israël pour 2012 – 3,5 millions de visiteurs, soit une hausse de 4% par rapport à 2011 – ont suscité la polémique.

En septembre 2013, Uzi Landau, ministre israélien du tourisme, a exprimé son souhait de créer un programme similaire à Taglit-Birthright Israël et visant les jeunes chrétiens évangéliques afin de contribuer à augmenter le tourisme chrétien dans l’Etat Juif.

Il a expliqué : « Les chrétiens ont eux aussi un problème avec leur nouvelle génération. Nous cherchons à nous rapprocher de ce public afin de générer tourisme et soutien à Israël au retour au foyer, qu’ils deviennent nos ambassadeurs et ne voient pas Israël via les yeux de CNN ». Le ministre espère que des philanthropes et la communauté chrétienne financeront ce programme.

Lancé en 2000, le programme Birthright a amené plus de 340 000 jeunes Juifs originaires de 62 pays pour des séjours gratuits de dix jours en Israël.

En 2013, 3,53 millions de touristes se sont rendus en Israël, soit une hausse de 0,5% par rapport à 2012. Ce qui a induit un gain pour l’économie israélienne d’environ 40 milliards de shekels (environ 11,42 milliards de dollars).

En 2014, le tourisme israélien a été affecté par l’Opération Bordure protectrice, et par l’interdiction de vols de la FAA, abrogée, et de l’EASA. Après avoir visé quatre millions de touristes pour 2012, il a espéré accueillir cinq millions de touristes dès 2015. Au premier semestre 2015, le nombre de touristes est légèrement inférieur à celui de la même période en 2014.

Le tourisme de France vers Israël

Concernant le tourisme de France vers Israël – 280 000 touristes en 2008, 265 000 en 2009 -, une évolution s’est amorcée voici deux ans : la part des visiteurs français âgés de 35 à 50 ans (« jeunes familles ») est passée de 51% (2007) à 61% (2009), celle des touristes d’origine juive a diminué en 2008 (70%) par rapport à 2007 (82%) avant d’atteindre 82% en 2009.

En 2009, les chrétiens ont représenté environ un septième des touristes. Sur Facebook, il était possible de suivre lavisite de 1 800 étudiants catholiques français en Israël.

Les régions visitées ? Principalement Jérusalem (53%), ville jugée par les lecteurs de Travel and Leisure, magazine de l’American Express, comme la plus belle cité d’Afrique et du Moyen-Orient en se fondant sur six critères (paysages, cultures/arts, restaurants/nourriture, gens, shopping, valeur) – et Tel-Aviv (42%), qui occupe la troisième place de ce sondage. Puis viennent Netanya (23%), Eilat/mer Morte (18%), Tibériade (10%), Galilée (7%), Haïfa (3%).

Quant au « tourisme vert », il permet de découvrir des sites naturels exceptionnels par des sentiers de randonnées, des parcours pour cyclistes, etc.

Et les maisons d’hôtes sont de plus en plus prisées comme un mode alternatif d’hébergement au séjour en hôtel. Le tsimer est un chalet de charme ou un gîte rural doté d’un niveau de confort élevé et dans des paysages variés, notamment dans le Nord du pays.

« Les touristes français restent longtemps en Israël (10-15 jours). Nous allons créer plusieurs milliers de chambres aux prix moyens », a déclaré Albert Benabou, directeur de l’ONIT (Office national israélien de tourisme), le 11 mai 2010 devant une assistance nombreuse. Parmi celle-ci : le père Patrick Desbois, directeur du Service national pour les relations avec le judaïsme, et de hauts responsables des principaux voyagistes. Avec ceux-ci, l’ONIT a conclu des accords afin de promouvoir Israël dans leurs programmes et offres de voyages.

Statistiques en 2014
En 2014, le tourisme israélien a été affecté par l’Opération Bordure protectrice, et par l’interdiction de vols de la FAA, abrogée, et de l’EASA. Après avoir visé quatre millions de touristes pour 2012, il a espéré accueillir cinq millions de touristes dès 2015. Au premier semestre 2015, le nombre de touristes est légèrement inférieur à celui de la même période en 2014.En mai 2014, la chaîne Direct 8 sur la TNT a diffusé le dimanche, à 8 h 45, sur six semaines, la série documentaire Israël à la croisée des mondes présentée par l’acteur-réalisateur Pascal Elbé et produite par la chaîne cryptée Canal +.

Malgré l’opération Protective Edge (Bordure protectrice), et en raison d’une importante augmentation du nombre des touristes au premier semestre 2014, le nombre de touristes en 2014  – 3,3 millions de visiteurs – demeure similaire à celui de 2013 : soit une baisse de 7% sur un an. Ont été enregistrées 2,9 millions d’entrées – hors les visiteurs d’un jour -, en baisse de moins d’un pourcent sur un an.

Sur les 3,3 millions de visiteurs, 2,5 millions sont entrés en Israël par avion (78%), une diminution de 2% par rapport à 2013. Environ 400 000, soit 12%, sont venus en passant des frontières terrestres, soit une augmentation de 5% comparée à 2013. Le secteur des croisières a été le plus affecté par l’Opération Bordure protectrice.

Comme les années précédentes, les touristes des Etats-Unis représentent la plus grande part des touristes en Israël avec 626 000 visiteurs en 2014, soit 19% de l’ensemble des touristes et un pourcent de plus qu’en 2013. La deuxième place est tenue par les touristes de Russie avec 597 000 visiteurs, en baisse de 6%, et la troisième place par ceux de France avec environ 301 000 visiteurs (-5% par rapport à 2013). Suivent les touristes d’Allemagne (196 000, et -23% sur un an) et du Royaume-Uni (179 000, soit -18% sur un an). Autres pays : l’Italie (122 000 visiteurs, -29% par rapport à 2013), l’Ukraine (132 000), la Pologne (79 000, -12% sur un an), le Canada (66 000, -7% sur un an), les Pays-Bas (52 000, – 8% sur un an).

Les caractéristiques du tourisme en Israël sont :
– 56 % des touristes étaient chrétiens – 41% catholiques, 26% protestants et 22% Russes orthodoxes -, 24% juifs, et 20% composés de touristes affiliés ou non à d’autres religions ;
– 58% des touristes sont des premiers visiteurs, et 42% des visiteurs habitués ;
– 58% ont défini leur séjour comme un voyage touristique, 23% ont rendu visite à des amis et familles, 21% comme élément d’un pèlerinage, 11% ont assisté à des conventions ou ont effectué un voyage d’affaires ;
– 64% des touristes ont séjourné en hôtels, 22% chez des amis ou dans leurs familles, 6% en appartements loués ou achetés, 5% en auberges de jeunesse…

La ville la plus visitée par les touristes est Jérusalem (82%), suivie par Tel Aviv-Jaffa (67%), la mer Morte (54%), Tibériade et son lac appelé aussi mer de Galilée (38%), et la Galilée (34%).

Les sites les plus visités : le Kotel (74%), le quartier Juif de Jérusalem (68%), l’Eglise du Saint-Sépulcre (59%) et la Via Dolorosa (53%) ainsi que le mont des Oliviers (52%).

Les taux de satisfaction des touristes étrangers ont varié de très bon à excellent (4,3 sur 5), et par ordre décroissant les sites archéologiques (4,5), les visites guidées et guides touristiques (4,4) et la sécurité personnelle (4,3). En fin de liste : les taxis (3,4).

La contribution du tourisme à l’économie s’élève à environ 41 milliards de shekels, en légère baisse par rapport à 2013. L’industrie du tourisme emploie, directement ou indirectement, environ 200 000 personnes, soit 6% des employés israéliens. Le nombre des employés de l’économie israélienne résultant des activités touristiques totales avoisine 110 000 en 2014, dont un tiers travaille dans les hôtels.

En 2014, 360 hôtels ont travaillé en Israël, soit près de 49 610 chambres : 75 hôtels avec 9 800 chambres à Jérusalem, 50 hôtels à Eilat avec 11 000 chambres, 57 hôtels avec 7 100 chambres dans la région de Tel Aviv, 15 hôtels dans la zone de la mer Morte avec plus de 4 000 chambres, et 49 hôtels avec 6 300 chambres à Tibériade. Sur les 22 millions de nuitées enregistrées dans les hôtels israéliens en 2014 (- 1% par rapport à 2013), 13 millions (59% du total) concernaient des Israéliens (+1% par rapport à 2013).

Le tourisme intérieur a induit un chiffre d’affaires de 12 milliards de NIS (+2% par rapport à 2013).

Lors de l’opération Bordure protectrice, l’Office du tourisme israélien en France a axé sa communication sur les médias communautaires français et sur Internet en communiquant sur les observations des touristes en Israël.

Il organise aussi des voyages de presse en Israël afin de montrer la variété et la richesse des offres touristiques en Israël.

Tourisme médical

En plein essor au niveau mondial, le tourisme médical s’avère une niche privilégiée pour Israël.En 2014, Le Medical Tourism Index (MTI) a classé Israël au 3e rang des destinations du tourisme à motivation médicale, derrière le Canada et le Royaume-Uni, devant Singapour et le Costa Rica.

« Dans le classement des 25 destinations les plus populaires du tourisme médical du MTI [l’indice du tourisme médical], Israël se place en premier dans la catégorie du meilleur service, meilleur soin et meilleure expérience pour les patients et se classe troisième dans le classement général. Les meilleurs endroits pour les soins de santé, classement fondé sur les soins, coût, commodité, services, et autres agréments touristiques – en partant du principe que les patients souhaitent allier tourisme médical et tourisme tout court – sont le Canada, le Royaume-Uni, Israël, Singapour et le Costa Rica ».

Chaque année, Israël accueil 50 000-60 000 touristes médicaux, majoritairement originaires de Russie ou d’Europe de l’Est. Le nombre de touristes médicaux américains, souvent intéressés par les traitements orthopédiques, s’élève à un millier. « Bien sûr, les patients ne peuvent pas reprendre l’avion une fois qu’ils ont reçu les soins. Ils ont besoin de s’octroyer quelques semaines de repos et récupérer. Et même en incluant le coût de l’hôtel pour la période de convalescence et le prix du billet d’avion, les patients peuvent économiser près de 25 à 35 % sur le prix qu’ils auraient payé pour des soins équivalents aux Etats-Unis », explique Stuart Katz, expert en tourisme médical.

Selon le ministère israélien de la Santé, ce tourisme médical génère – toutes dépenses comprises – 140 à 250 millions de dollars en 2012. Selon The Medical Travel Journal [Journal des voyages médicaux], les hôpitaux publics israéliens ont reçu 291 millions de shekels en accueillant des touristes médicaux en 2012.

Les facteurs d’attractivité d’Israël ? La qualité des soins par le personnel (para)médical, des laboratoires modernes, des équipements hautement spécialisés, un environnement agréable pour les soins post-opératoires, une localisation idéale, la présence de la mer Morte riche en sels minéraux. En outre, les médecins israéliens, notamment en chirurgie esthétique, exercent leur métier à l’étranger, notamment à Chypre.

Statistiques en 2015

Après avoir visé quatre millions de touristes pour 2012, le tourisme israélien a espéré accueillir cinq millions de touristes dès 2015. Mais, s’il a récupéré de l’opération Bordure protectrice (2014), il a enregistré une légère baisse de 3% par rapport à 2014. En 2015, l’Etat d’Israël a recensé 3,1 millions de touristes.

Le nombre de touristes en Israël a renoué au premier semestre 2015 avec celui de 2013. Au cours du premier semestre 2015, le tourisme national a permis de pallier en partie à la désaffection de touristes étrangers. « Plus de 5.9 millions de nuits d’hôtel ont été réservées par des Israéliens contre 4.1 millions par des touristes venus de l’étranger, soit une baisse de 25% par rapport à la même période en 2014. Le taux d’occupation des hôtels était en moyenne de 59%, – 9% par rapport au premier semestre 2014 : 54% à Jérusalem, soit une baisse de 22% par rapport » à 2014 « et de 71% à Tel Aviv, soit une diminution de 6% ». Selon l’IHA (Israel Hotel Association), cette crise du tourisme a généré une perte de 2,7 millions de nuitées en Israël, soit une perte de revenus pour les hôtels de 1,2 milliards de NIS. Le tourisme a alors généré 9,9 milliards de dollars.

« 2,7 millions de nuits d’hôtel en moins ont été réservées par des visiteurs étrangers par rapport à 2014. Cette baisse a coûté 1,2 milliard de shekels aux hôtels (240 millions d’euros environ). Il s’agit de la plus grave crise survenue dans le secteur du tourisme depuis dix ans », a affirmé Bar-Nir, dirigeant de l’IHA.

Les pertes enregistrées – des centaines de millions de dollars en mai 2015 – ont été en partie induites par la la crise économique en Russie et la crise politique en Ukraine. Les touristes russes « sont les plus nombreux à visiter Israël, suivis de près par les Français. Toutefois, depuis la chute du rouble, dont la valeur a diminué de plus de 45% cette année, notamment après les sanctions imposées à Moscou par les pays occidentaux, le nombre de touristes russes a considérablement basculé ».

De janvier à juillet 2015, 1,65 million de touristes étrangers sont arrivés en Israël, soit 13% de moins que la même période en 2014 et 1,6% de moins à celle en 2013. En juillet 2015, 245 000 touristes étrangers ont séjourné en Israël, soit une baisse de 26% par rapport à juillet 2014. En juillet 2013, ce nombre s’élève à 246 000.

Le 7 juillet, Ryanair, compagnie aérienne à bas coûts (ultra low cost), a déclaré qu’elle assurerait six vols hebdomadaires, dès novembre 2015, depuis Budapest (Hongrie), Kaunas (Lituanie) et Cracovie (Pologne) afin de desservir Ovda, située près d’Eilat, ville balnéaire israélienne bordant la mer Rouge. Seront transportés 40 000 passagers par an. A Eilat, un habitant sur deux vit du tourisme. Au « premier trimestre 2015, le nombre de séjours touristiques à Eilat a chuté de plus de 50 %. Pour renverser la tendance, le gouvernement israélien s’est engagé, en avril, à verser une prime de 45 euros par passager à toute compagnie aérienne qui desservirait la station via des liaisons directes ».

En juillet 2015, 279 000 touristes sont entrés en Israël, contre 294 000 en juillet 2013 et 18 000 en juillet 2014, lors de l’opération militaire Bordure protectrice.

Cette baisse résulte du coût élevé d’un séjour en Israël et de la situation sécuritaire, notamment les effets de l’opération Bordure protectrice (été 2014).

« Le Forum mondial de l’économie affirme que le prix moyen d’une chambre en 2013/2014 est de 200 dollars la nuit, ce qui place Israël en dix-neuvième place des destinations les plus chères du monde rapportait le Times of Israel« . « Un classement publié en mai par le Forum économique mondial sur la compétitivité des voyages et du tourisme plaçait Israël au 72e rang sur 141. Selon cet indice, le pays souffre de son instabilité géopolitique mais aussi de ses prix très élevés. L’Etat hébreu se distingue même comme l’une des destinations les plus chères du monde, pointant à la 136e place du classement. Une nuit d’hôtel y est en moyenne plus onéreuse qu’au Japon, en Allemagne ou aux Etats-Unis ».

Président de l’IHA, Eli Gonen a demandé le 9 août 2015 au Premier ministre Benjamin Netanyahu de mettre en vigueur les recommandations de 2012 d’un comité gouvernemental visant à diminuer le coût de la visite en Israël pour des touristes étrangers, notamment l’élimination de la régulation et la réduction des obstacles à la construction de nouveau hôtels. Des mesures qui selon Gonen accroîtraient la  concurrence et réduiraient les tarifs des hôtels.

« La seule chose qui peut relancer la machine, c’est une énorme opération marketing à laquelle on allouerait des moyens financiers bien plus importants. Le vrai problème d’Israël, c’est le fossé entre l’image du pays et la réalité des faits. Des campagnes de publicité doivent souligner que ce que nous avons à offrir aujourd’hui, c’est en fait le calme et une combinaison unique de sites religieux, culturels et balnéaires », estime Eli Gonen.

Pour faire baisser les prix, le ministère du tourisme veut accélérer la construction de nouveaux hôtels grâce à une simplification des procédures. Il pousse aussi à une classification normalisée des établissements hôteliers de une à cinq étoiles, aujourd’hui quasi inexistante.

L’industrie touristique représente 7% du PIB israélien.

En 2015, le tourisme a enregistré une hausse du nombre de touristes venant des Etats-Unis, de France et de Grande-Bretagne, ainsi qu’une augmentation de. 32% du nombre de visiteurs d’un jour et de 16% des croisières. La moitié des touristes venaient pour la première fois en Israël. Avec 50 000 visiteurs chinois, le tourisme a cru de 43% avec la Chine et le ministère espère doubler ce nombre en 2018. L’Inde s’avère aussi un marché prometteur : le nombre de touristes indiens a augmenté de 13% en 2015 et représente environ 40 000 visiteurs. L’objectif est d’atteindre 80 000-100 000 en 2018.

Amir Halevi, directeur général du ministère du Tourisme a déclaré : « Le monde entier affronte une réalité géo-politique nouvelle. Le terrorisme a atteint des lieux jadis considérées comme des lieux sûres de tourisme. Nous devons développer des stratégies tenant compte de cette réalité. Malgré les bouleversements géopolitiques, le tourisme vers Israël a montré une résilience en 2015, avec une baisse de seulement 3% du nombre d’entrées de visiteurs par rapport à 2014. Nous débutons 2016 avec un budget inédit pour le marketing outre-mers et avec une augmentation de la capacité de vols grâce à la politique de cieux ouverts (Open skies policy) et des incitation du ministère du Tourisme pour des vols hivernaux liés à Eilat. Nous projetons d’augmenter l’offre d’hébergement et de réduire les coûts des vacances avec un appel d’offres récemment publié pour une chaîne d’hôtels très économiques et une réforme pour accélérer la construction d’hôtels. »

2016

En mars 2016, lors du Salon du tourisme international de Berlin (Allemagne), l’Etat d’Israëla gagné le Prix Expedia – Expedia est un des sites Internet leaders mondiaux de réservation –  pour sa « campagne LGBT innovante » visant les clients de Grande-Bretagne et d’Italie, et en ciblant Tel Aviv.Le tourisme israélien subit les effets de l’opération Bordure protectrice à l’été 2014, qui avait incité des compagnies aériennes à suspendre leur activité, de la récession économique en Russie, source majeure du tourisme pour Israël, et la vague d’attentats terroristes islamistes palestiniens au couteau depuis octobre 2015. Au premier trimestre 2016, 593 000 touristes sont arrivés en Israël. Un nombre similaire à celui de 2015, mais en baisse de 17% par rapport à la même période en 2014.

En avril 2016, le ministère israélien du tourisme a lancé une campagne d’incitation financière afin que des compagnies aériennes étrangères ouvrent de nouvelles lignes en Israël. Cette initiative est dotée d’un budget de 50 millions de shekels, soit 13,25 millions de dollars. Le ministère espère attirer un supplément de 500 000 touristes en Israël. Un surplus notable aux 3,1 millions de touristes en Israël chaque année. Le programme entrera en vigueur le 1er novembre, et concerne les compagnies ayant des avions d’au moins 145 passagers.

Ces compagnies peuvent obtenir 3 millions d’euros (3,4 millions de dollars) si elles assurent des destinations multiples. Le ministère a retenu 39 points de départs perçus comme marchés touristiques potentiels pour Israël.
Une liste non contraignante. Mais l’aéroport de départ doit se situer à au moins 120 km d’un aéroport desservant déjà le marché israélien, et ce, afin d’éviter une concurrence entre routes existantes et nouvelles. Cette liste comprend Shanghai, Bristol, trois villes en Allemagne, Belfast en Irlande du nord et des villes en Norvège et Pologne. Les campagnes publicitaires doivent être dirigées vers des touristes étrangers et non vers les Israéliens se rendant à l’étranger.

Les transporteurs intéressés seulement par la saison hivernale doivent s’engager pour une saison d’au moins 19 semaines. Ceux opérant par vols hebdomadaires obtiendront une aide de 100 000 euros, et ceux aux vols bi-hebdomadaires recevront une aide doublée.

En juillet 2016, le ministère israélien de la Santé va réguler le tourisme médical dans les hôpitaux israéliens. Selon diverses estimations, ce tourisme fait gagner aux cliniques privées de cent à trois cents millions de dollars par an. La nouvelle régulation vise à assurer que les patients israéliens ne figurent pas après ceux étrangers dans les listes d’éligibilité à des procédures médicales et qu’une partie de l’argent induit par ce tourisme médical est affecté à l’aide aux patients israéliens.

En outre, les hôpitaux se livrant à cette activité devront éditer un rapport sur leur tourisme médical. Un rapport distinct de celui sur leur activité globale. Si des hôpitaux ont recouru au tourisme médical au dépens des Israéliens, ils seront sanctionnés par un arrêt, temporaire ou définitif, de ce tourisme médical. Les agents de tourisme et les agences de voyage se livrant au tourisme médical devront s’inscrire auprès du gouvernement.

Chaque année, des dizaines de milliers de patients, notamment de l’ex-Union soviétique, effectuent le tourisme médical en Israël.

Lors du premier semestre 2016, le nombre de nuitées de touristes étrangers (4,1 millions de nuitées) est similaire à celui du premier semestre 2015, soit en baisse de 24% par rapport à celui 2014 (5,5 millions de nuitées). Le taux d’occupation s’élève en 2016 à 60%, soit une baisse de 9% par rapport au premier semestre 2014. Il est particulièrement faible à Jérusalem, Tel Aviv et Nazareth.

Herzliya a enregistré une hausse du nombre de nuitées de touristes étrangers de janvier à juin 2016 par rapport à la même période en 2014. Ce qui peut être expliqué pour partie par le succès des sites Internet Airbnb qui mettent en rapport des propriétaires d’appartements ou de maisons en Israël et des touristes cherchant des locations peu onéreuses. Président du syndicat des hôteliers, Noaz Bar-Nir espère que le gouvernement israélien lancera une campagne publicitaire vantant le tourisme en Israël.

 

Le nord du pays qui attire tant les Israéliens est cependant délaissé par les visiteurs entrant dans le pays.

Les professionnels du tourisme en Galilée et sur le plateau du Golan projettent de développer les infrastructures afin d’attirer davantage de touristes étrangers vers le nord du pays.

La construction de nouveaux hôtels et d’attractions supplémentaires est envisagée.

CAN

C’est par son œuvre que Rachi (1040-1105) a survécu, c’est elle qui fait sa renommée. Il a surtout commenté la Bible et le Talmud, il est le père du commentaire, il est surnommé le « Parshandata » selon l’expression du poète andalou Ibn Ezra.

Ses commentaires sont considérés comme étant écrits sous l’emprise d’une inspiration divine et on dit que le Talmud sans ses notes serait comme un livre scellé.

La Bible a toujours été commentée et la tradition juive fait de son étude un devoir essentiel. Un effort d’unité s’impose entre la loi écrite, la Bible et la loi orale, avec la Michna et Talmud.
Le commentaire de la Bible répond à un défi :  faciliter la compréhension des textes pour un public de fidèles dont la langue quotidienne n’est plus l’hébreu qui a été très tôt remplacé par l’araméen.

La méthode de Rachi se distingue de celle des érudits précédents, les Guéonim de Babylone et des maîtres du monde séfarade,  qui pratiquent une approche analytique.

Avant l’époque de Rachi, il y a deux traductions qui ont obtenu la consécration : la traduction araméenne du Pentateuque par Onquelos (IIème siècle) qui s’appelle Targoum et la traduction arabe de la Bible de Saadia Gaon ( IXe siècle).


Par la suite on s’oriente vers le commentaire : les principes sont soumis aux règles du pchat et du derach. Le pchat est la recherche du sens littéral ce qui suppose une maîtrise de la grammaire, de la lexicographie et de la logique. Le derach, au contraire, cherche à plier le texte à une idée en y introduisant les apports du Midrach, sa vision du monde et sa conception du judaïsme.

Le plus grand commentateur européen de la Bible qu’on connaît est Moïse ha Darchan (le Commentateur) de Narbonne dont l’oeuvre fleurit pendant la première moitié du XIème siècle. Son ouvrage majeur est le Berechit Rabba, Le Grand Livre de la Genèse, rassemble un grand nombre de midrachim.

Rachi connaît ainsi les traductions araméennes de la Bible ainsi que les travaux des grammairiens espagnols et ceux de Moïse ha Darchan. Il a également pu constater qu’à Worms et à Mayence, les maîtres locaux ne dédaignent pas les études bibliques et la critique des textes. Rachi a l’idée de réunir dans un commentaire toutes les réponses aux questions qu’un enfant pourrait se poser en restant aussi concis que possible. Il veut en respectant la grammaire, trouver l’explication la plus simple du verset Dans une de ses rares introductions, celle du commentaire du Cantique des Cantiques, il explique ainsi sa méthode d’analyse des textes :

« Un verset peut être expliqué de diverses manières, mais en fin de compte il n’échappe pas à son sens littéral. J’ai donc résolu d’appréhender le sens des versets et d’en établir les commentaires selon leur ordre et les Midrachim auxquels nos maîtres ont fixé, Midrach par Midrach, leur place véritable ».

Il veut se poser en serviteur du texte. Il s’y emploie en toute simplicité. Il avoue à plusieurs reprises : « J’ai fait une erreur, je renonce à mon idée antérieure » ou « Je ne sais pas » dans Berechit Toledot.

Quand il n’est pas d’accord avec son interlocuteur, il se refuse à l’interpeller et se contente d’une remarque. On ne trouve jamais, chez lui, d’énoncé de caractère proprement théologique. Chaque fois que le texte pourrait nous suggérer la formulation d’un dogme, le commentaire de Rachi nous entraîne dans une autre voie.
De même, Rachi ne nous entretient pas d’élan mystique. On pourrait presque qualifier le commentaire de Rachi de rationaliste, si le terme n’avait pas une résonance pas trop limitée.
Et voilà que Rachi résout cette crise, sans provoquer ni heurt ni querelle. Le premier, il a le courage de s’écarter de cette exégèse traditionnelle qui, en Occident, menait à une impasse.

Son affirmation : «Je ne suis venu que pour expliquer le sens littéral de la Bible » est une véritable révolution : l’explication mythique (drach) n’a plus l’exclusivité, le texte lui-même fait l’objet de tous les soins, avec une élucidation, on l’a vu, de ses difficultés, sémantiques, grammaticales ou autres.

Mais c’est une révolution en douceur : Rachi n’abandonne pas totalement l’exégèse traditionnelle, qu’il mentionne parfois en la signalant comme telle, pour ce qu’elle véhicule de sagesse.

Grâce à un style clair et concis selon lequel « une goutte d’encre vaut de l’or », il veut donner une explication littérale sans utiliser le midrash et il est prêt à renoncer au midrash s’il contredit le sens grammatical. Il affirme : « Je ne suis venu que pour expliquer le sens littéral de la Bible.»

Rachi se pose en serviteur du texte : il s’y emploie en toute simplicité. Il avoue à plusieurs reprises qu’il « ne sait pas » a suscité des centaines de commentaires d’érudits appelés tossaphistes. Il recherche aussi le sens moral : il n’y a pas de développements abstraits ni de prêches moralisateurs.

Ainsi dans le Livre de la Genèse I, 26 à propos de la création de l’homme ; « Faisons l’homme » comme une adresse de Dieu aux anges ; Rachi en tire, quant à lui, une leçon de modestie « le supérieur devant demander l’avis de son subalterne» avant de prendre une décision importante.

Sur le premier verset de la Torah, Rachi se pose une question bien connue : Pourquoi la Torah commence-t-elle par le récit de la création du monde ; elle aurait du commencé par la première loi ordonnée à Israël, soit la bénédiction du mois, qui se trouve dans le livre de Chemot, les Nombres.

Il répond que cette nécessité intervient pour répondre aux attaques des peuples : si un jour, ils venaient à dire : « le peuple juif nous a volé notre terre qui nous appartient ! Le peuple juif n’a aucun droit sur cette terre ! » Alors nous pourrions répondre : « Le monde n’a été créé que pour le peuple qui respecte la Torah, en l’occurrence le peuple juif. »

Rachi a cherché à donner un sens pédagogique à l’étude des textes : ses commentaires peuvent s’adapter à des enfants de cinq ans jusqu’aux érudits les plus avancés.
Si l’œuvre est entièrement rédigée en hébreu, Rashi n’hésite pas à utiliser des mots français pour expliquer des notions difficiles : ce sont les leazim, on en compte plus de trois mille, elles constituent un apport considérable pour l’étude de l’ancien français médiéval. Les leazim sont des gloses écrites en hébreu classique, mais Rachi ne veut que simplifier le sens des versets à ces élèves.

En fait le judéo français a laissé de nombreux vestiges : ce sont surtout des gloses comprenant un ou quelques mots pour traduire une notion difficile, soit des commentaires suivis de textes où elles sont noyées dans l’hébreu du contexte, soit des glossaires comptant seulement le mot à traduire et l’équivalent français.
Dans l’usage courant, la transcription hébraïque du mot français est affectée de guillemets placées entre l’avant dernière et la dernière lettre. Ainsi Rachi a utilisé le nom français de 13 arbres, de 5 fruits, de 17 arbustes et 10 légumes.

En tout près de 103 articles de la nomenclature botanique. Par exemple il se réfère au mot courant « broce » (ou brousse en français moderne) pour comprendre qu’une forêt est appelée d’un nom apparentée à la racine de « chevelure ». Il est courant que les branches d’arbres soient désignées comme une chevelure.

Platane est un mot d’origine araméenne : arbre de châtaignier en vieux français chastainier : « ses feuilles sont alternées mais non serrées au point de recouvrir le bois. » (Soukka.32B)

En dehors de son activité éducative, Rachi consacre de longs moments à la rédaction de Responsa (en hébreu techouvot réponses à des questions diverses, en ce qui concerne l’application pratique des commandements divins). On a pu en recueillir plus de trois cent quarante deux qui ont été édités à New York en 1943 par le rabbin S. Elfenbeir.
Les questions émanent des communautés juives telles que celles de Tours, Paris, Cavaillon, Orléans, Auxerre, Worms, Mayence ; Rachi a connu les vrais motifs de la première croisade (1095-1099) qui a assombri ses dernières années, car dans une réponse il proclame que la terre sainte reste la propriété indivisible du peuple juif.


Ses disciples vont prolonger l’œuvre de leur Maître. Ils débattent à leur tour des commentaires et des choix faits par Rachi, consignent par écrit leurs réflexions. Ils ajoutent leurs explications, apportent des précisions, au besoin contestent ou formulent des critiques. Le douzième siècle est considéré comme un « âge d’or » de la culture juive en France.

Les Tossafistes s’affirment dans le sillage de Rachi : le centre de développement est Troyes mais des érudits d’autres lieux apportent leur contribution à ce mouvement.

Un des plus importants Tossafistes est Jacob Ben Méir (1100-1171) : il est surnommé rabbénou Tam, il écrit des poèmes et des textes intégrés désormais à la liturgie.

Se référant à l’œuvre de son grand-père, il dit un jour :
« Le commentaire que mon grand-père et maître a fait du Talmud, j’aurais moi aussi été capable de le faire. Il n’en est pas de même de celui qu’il a consacré à la Bible : celui-là est au dessus de mes forces. »

C’est par son commentaire de la Bible, appelé le Kountrass, que Rachi est le plus connu : Du XIVème au XVIIème siècle, tous les étudiants des facultés de théologie ont entendu parler de lui.

Cette méthode de lecture connaît une postérité auprès des scolastiques chrétiens tels le franciscain Nicolas de Lyre, un moine vivant aux XIIIe et XIVème siècles, qui se réfère au commentaire de Rachi qu’un certain Jean Mercier, du Collège royal de Paris, le surnomme « Simius Solomonis », le singe de Salomon. Par l’entremise de Nicolas de Lyre, Rachi influença Luther dont la traduction de la Bible lui doit beaucoup.

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Ainsi le premier livre hébraïque annoté par Rachi et imprimé en 1475. Au XVIe siècle Yosef Caro , l’auteur de du Choulkhan Aroukh, soutient que la lecture du commentaire de Rachi peut remplacer celle du Targoum de Onquelos.

Rachi le glosait, de Troyes en Champagne,
De vieux mots français, le vieux Livre hébreu ;
Et les mots français, partis en campagne,
S’allaient au loin, de Troyes en Champagne,

Jusqu’au Nil brûlé, vers les Juifs nombreux.
Rachi l’éclairait, de Troyes en Champagne ;
A l’esprit français, le vieux Livre hébreu
Et l’esprit français, menant sa campagne,
Sen allait au loin, de Troyes en Champagne,
Jusqu’au Don glacé, vers les Juifs nombreux.

Puis, Souccot venu, à Troyes en Champagne,
Le Maître coupait ses raisins nombreux ;
Et, buvant la joie dont Dieu s’accompagne ;
Rachi souhaitait, de Troyes en Champagne,
Son vin de français à tous les Hébreux.

Edmond Fleg (Ecoute Israël 1954)

Joël Haï GUEDJ

Une perspective philosophique pour éclairer ce qui semble être un contre-sens économique.

Pourquoi la Torah l’oblige-t-elle de soutenir autrui, même au risque de perdre entièrement ses richesses durement gagnées.

 » N’empruntez ni ne prêtez jamais « , énonce un vieil adage. La Torah pourrait souscrire à sa première partie, mais elle s’opposera vigoureusement à sa deuxième. Car elle énonce à la fois une obligation active de prêter à ceux qui en ont besoin, et une sévère réprobation de celui qui refuse par avarice de consentir un prêt.

Même quand il est possible qu’un prêt devienne irrécouvrable, la Torah exige qu’il soit néanmoins accordé. Par exemple, beaucoup d’agriculteurs ont un besoin impérieux pendant l’année sabbatique de contracter des emprunts pour survivre, puisqu’ils ne peuvent pas disposer des produits de leurs champs.

Or, à la fin de cette même année, selon la loi de la Torah, on ne pourra plus réclamer le remboursement d’un prêt. Mais la Torah donne un avertissement au prêteur :  » Prends garde à toi, de peur qu’il n’y ait avec ton cœur une pensée néfaste qui dise : « La septième année approche ! », et tu agiras cruellement envers ton frère pauvre, il pleurera vers D.ieu, et cela te sera compté comme un péché  » (Deutéronome 15, 9).

On peut s’interroger sur cette attitude intransigeante envers les prêts. Après tout, la Torah a déjà strictement interdit toute forme d’usure, ce qui est déjà étonnant en soi, puisque le prêteur pourrait aisément investir son argent et lui faire produire un rendement fructueux au lieu de le prêter. Pourquoi la Torah l’oblige-t-elle de soutenir autrui, même au risque de perdre entièrement ses richesses durement gagnées ?

De plus, l’obligation qui lui est ainsi imposée semble constituer un contresens économique. Comment une entreprise pourra-t-elle survivre si on lui impose de faire crédit jusque dans les situations les plus risquées ? Certes, à une époque tardive de l’histoire juive, Hillel, le célèbre Sage, a constaté que les gens s’abstenaient de prêter de l’argent avant l’année sabbatique à cause de la crainte, très compréhensible au demeurant, de ne pas rentrer dans leurs fonds.

Aussi a-t-il institué le prousboul, un mécanisme juridique destiné à permettre le recouvrement des dettes après l’année sabbatique. Étant donné que cette mitsvah constitue un contresens économique, quelle est la logique de la Torah lorsqu’elle exige que nous accordions des prêts aussi hasardeux ?

UN MOYEN EFFICACE DE COMBATTRE LA PAUVRETE
Celui qui est provisoirement à court de fonds et dont le crédit est au plus bas doit obtenir la possibilité de se rétablir.

Cette question doit être examinée dans une perspective philosophique. Le judaïsme croit que les richesses ne seront pas partagées d’une manière uniforme et que  » la pauvreté ne cessera pas dans le monde  » (Deutéronome 15, 11). D.ieu a fait de certains des hommes riches et d’autres des êtres indigents afin de nous rappeler que les actes de bonté (‘hessèd) sont le fondement du monde. Les riches doivent déployer tous leurs efforts afin d’adoucir les effets du dénuement sur les pauvres.

Or, l’un des moyens les plus efficaces de combattre la pauvreté est de rétablir le crédit de l’individu dans le besoin afin qu’il puisse retrouver une activité économique. Cela ne créera certes pas une égalité totale, mais cela aboutira à ce  » qu’il n’y ait pas de pauvre parmi vous  » (ibid. 15, 4), dès lors que l’on se sera porté à son aide, par des actes de charité ou par des prêts sans intérêts, et que le riche aura rempli la fonction pour laquelle on lui a octroyé ses richesses. Cette société idéale deviendra alors si opulente qu’elle pourra s’acquitter du même devoir à un niveau macro-économique :  » Tu prêteras à de nombreuses nations, et toi tu n’emprunteras pas  » (Deutéronome 15, 6).

Cette promesse est intimement liée aux prêts accordés aux nécessiteux pendant l’année sabbatique, puisque c’est une des manifestations les plus fondamentales de la bonté humaine.
Il n’existe aucune obligation de prêter à quelqu’un qui s’est dérobé à ses obligations lors de précédents emprunts, ou qui a gaspillé l’argent qu’il avait alors obtenu (Ahavath ‘hessèd 1, 9). En revanche, celui qui est provisoirement à court de fonds et dont le crédit est au plus bas doit obtenir la possibilité de se rétablir. Cela profitera d’ailleurs à toute la société,  » car à cause de cette chose-là D.ieu te bénira dans toute ton activité et dans toute entreprise de ta main  » (Deuyéronome 15, 10).

Cette croyance fondamentale en la providence divine intervenant dans toute activité économique sert de base à notre attitude lorsque nous prêtons de l’argent et accomplissons des actes charitables.
Si D.ieu ne nous l’avait pas ordonné, il n’y aurait aucune raison d’ordre économique à accorder des prêts sans intérêts, sans parler du fait que, sans la munificence de D.ieu, nous n’aurions pas d’argent du tout.

Une autre catégorie de bénéficiaires est constituée par les étudiants désargentés,qui seront plus tard capables de subvenir à leurs besoins.

Dans son livre In the Marketplace, Meir Tamari, fondateur du JCT (Centre pour l’éthique dans les affaires et pour la responsabilité sociale), indique que le prêt sans intérêts était utilisé au siècle dernier comme l’un des moyens de résoudre les difficultés rencontrées par les immigrants venus d’Europe de l’Est.

La plupart d’entre eux ne disposaient d’aucune réserve pour se créer leurs propres affaires, et les banques hésitaient à leur accorder des crédits, puisqu’il était difficile d’évaluer le risque engagé et que beaucoup d’entre eux n’avaient pas de répondants.

En revanche, ces immigrants juifs ont pu avoir recours à beaucoup de sociétés pratiquant le prêt sans intérêts, ce qui leur a permis d’ouvrir des commerces et de les faire fonctionner en attendant de pouvoir faire appel à d’autres instruments de crédit.

En plus, Meir Tamari relève que ces sociétés de prêts sans intérêts permettent également de réadapter les salariés qui font l’objet de mesures de licenciement économique prises par des entreprises en voie de restructuration. Beaucoup de ces salariés seraient réduits à la misère s’ils ne pouvaient pas trouver un autre emploi ou se réadapter aux nouvelles conditions du marché du travail.

C’est ainsi que ces sociétés peuvent se révéler très utiles pour permettre aux travailleurs de se mettre à leur compte ou de trouver d’autres emplois. Une autre catégorie de bénéficiaires est constituée par les étudiants désargentés, qui seront plus tard capables de subvenir à leurs besoins, mais qui ont besoin d’un soutien financier pour pouvoir en arriver là.

Le ‘Hafets ‘hayim, Rabbi Yisrael Méir Hakohen, suggère que chacun se constitue chez soi une petite caisse de prêts sans intérêts, dans laquelle il puisera pour venir en aide à des pauvres. Il accomplira de cette manière bien plus d’actes charitables que celui qui prête aux riches, et chaque prêt constituera une mitsvah distincte (Ahavath ‘hessèd, 2ème partie, chap. 13).

Il ajoute :  » Je sais que l’on préfère prêter à des gens plus à l’aise, là où il y a moins de risques de voir son argent perdu … mais c’est là précisément la raison pour laquelle la Torah a dû nous ordonner de préférer le pauvre … et nous promettre que  » à cause de cette chose-là D.ieu te bénira dans toute ton activité « .

Forts de cette croyance, renforçons notre résolution d’employer notre argent à la seule fin pour laquelle il nous a été donné : venir en aide à autrui.

(Le rabbin Yoël Domb a été diplômé par le JCT (Center for Business Ethics and Social Responsibility –  » Centre pour l’éthique dans les affaires et pour la responsabilité sociale « ) et il appartient à la faculté du JCT Pari Midrach. Boursier du Centre pour l’année universitaire 2000-2001, il effectue actuellement des recherches sur les sujets d’éthique dans les affaires contenues dans la loi juive et il prépare un cours destiné à faciliter l’enseignement de ces sujets dans les yechivoth.)

Traduit et adapté par Jacques Kohn

Cet ancien gradé tadjik a été entraîné par les États-Unis avant de faire défection en 2015 pour rejoindre l’État islamique.

Les États-Unis se lancent à la recherche de Goulmourod Khalimov, un sniper formé par leurs soins. Mardi 30 août, Washington a annoncé que trois millions de dollars, soit environ 2,7 millions d’euros, seraient versés à la personne capable de donner une information permettant la capture de ce jihadiste dans le cadre du programme « Rewards for Justice » (« récompenses pour la justice »).

 Goulmourod Khalimov
Goulmourod Khalimov

Goulmourod Khalimov est âge de 41 ans, c’est un ancien gradé tadjik qui a suivi cinq stages d’entraînements aux Etats-Unis et au Tadjikistan entre 2003 et 2014. Des sessions de formationfinancées par le programme antiterroriste du département d’État, selon des responsables américains.

Mais en 2015, ce sniper confirmé a finalement basculé dans le camp de l’État islamique, il apparaît même en mai 2015 dans une vidéo de propagande diffusée sur internet, brandissant un fusil de sniper et promettant de mener le « jihad » en Russie, au Tadjikistan et aux Etats-Unis.

PAR ANNE-LAURE POISSON , AVEC AFP

Israël a fourni cette semaine treize systèmes d’irrigation au goutte à goutte à destination de petits agriculteurs paraguayens.

Ce transfert de technologie est le résultat d’un processus de collaboration technique entre l’Etat juif et la Fédération locale des coopératives de production du Paraguay.

Les producteurs agricoles de Friesland et Volendam, dans la province de San Pedro, seront les bénéficiaires ciblés de cette coopération. La cérémonie de livraison est prévue pour le 29 juin, a rapporté le journal La Nacion.

« Grâce à ce projet, les petits agriculteurs de San Pedro auront accès pour la première fois au goutte à goutte pour leur système d’irrigation. Les producteurs vont l’utiliser pour cultiver des légumes comme les tomates, les poivrons et les carottes, et seront assistés par la fédération », a rapporté l’ambassade israélienne à Asuncion.

La technologie fournie par la société israélienne Netafim optimise l’utilisation de chaque goutte d’eau, augmentant le rendement des cultures en utilisant seulement la moitié de l’eau requise dans les techniques classiques. L’application de la technologie d’irrigation au goutte à goutte est adaptée à tous les types de sol, et est compatible avec les pratiques agricoles des producteurs paraguayens.

CAN

L’ambassadeur d’Israël à l’ONU a fustigé les critiques de l’envoyé des Nations-Unies au Proche-Orient

L’ambassadeur d’Israël à l’ONU Danny Danon a fustigé lundi soir les remarques de l’envoyé des Nations-Unies au Proche-Orient sur l' »expansion des colonies israéliennes », devant le Conseil de sécurité.

« Israël poursuivra les constructions dans sa capitale éternelle Jérusalem, comme le font toutes les nations dans leur capitale, sans demander la permission des Nations-Unies », a déclaré Danon, qualifiant les accusations de « déconnectées de la réalité sur le terrain ».

« L’ONU devrait se concentrer sur le principal obstacle à une solution dans la région, qui est le refus palestinien de condamner le terrorisme et revenir à la table des négociations », a poursuivi l’ambassadeur, dénonçant l’hypocrisie de l’institution.

Plus tôt lundi, Nickolay Mladenov a dénoncé une « poussée » des implantations israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est depuis la publication fin juin du rapport du Quartette sur le Proche-Orient.

« Les recommandations (du Quartette) continuent d’être bafouées, y compris par une poussée des annonces par Israël liées aux implantations et a la poursuite des démolitions » d’habitations palestiniennes, a déclaré devant le Conseil de sécurité l’envoyé spécial de l’ONU.

M. Mladenov a recensé ainsi des projets de construction de plus de 1.700 logements annoncés par le gouvernement israélien depuis le 1er juillet, dont plus de 1.000 à Jérusalem-Est.

MAHMUD HAMS (AFP/Archives)

MAHMUD HAMS (AFP/Archives)
« Le coordinateur spécial de l’ONU pour le Proche-Orient Nickolay Mladenov, le 30 avril 2015 à Gaza »

« Comment la construction de 1.700 logements pourrait-elle rapprocher les deux parties d’une paix négociée, préserver une solution à deux Etats, donner de l’espoir à la population palestinienne et améliorer la sécurité d’Israël », s’est-il interrogé.

Le ministère israélien de la Défense et le mouvement des implantations « Amana » envisagent de construire une nouvelle implantation en Cisjordanie, pour les résidents de l’avant-poste illégal d’Amona, qui doit être évacué d’ici la fin de l’année, une initiative qui « établirait un précédent » selon M. Mladenov.

« Soyons clairs », a-t-il ajouté: « aucune acrobatie juridique ne peut changer le fait que ces postes avancés — qu’ils soient « légalisés » selon la loi israélienne ou non (…) — demeurent illégaux au regard des lois internationales », a-t-il ajoute.

M. Mladenov a dénoncé aussi des destructions de logements habités par des Bédouins dans le sud de la Cisjordanie (« Zone C »), notamment à Susiya, qui « incitent de plus en plus ces communautés à partir ».

Dans un rapport publié fin juin, le Quartette sur le Proche-Orient (Union Européenne, Russie, Etats-Unis et Nations unies) a exhorté Israël et les Palestiniens à renoncer respectivement aux implantations et à la violence, qui minent selon lui les chances de paix et d’une solution à deux Etats.

Cependant, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à rejeter les conclusions du Quartette sur le Proche-Orient, qui met face à face Israéliens et Palestiniens.

Dans un communiqué, M. Abbas a ainsi affirmé que ce rapport « ne faisait pas avancer la cause de la paix » et dit espérer que le Conseil de sécurité ne soutiendrait pas ses conclusions.

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a lui estimé que ce rapport « perpétuait le mythe que les constructions israéliennes en Cisjordanie sont un obstacle à la paix ». « Quand Israël a gelé les constructions, il n’a pas obtenu la paix », a-t-il fait valoir dans un communiqué.

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600.000 dollars ont été versés à un organisme palestinien qui finance des mouvements anti-israéliens

Le gouvernement norvégien aurait financé le mouvement BDS et diverses autres organisations anti-israéliennes à hauteur de 600.000 dollars en 2016, d’après le rapport de l’organisme de contrôle NGO Monitor publié lundi, cité par le Jerusalem Post.

Ce financement s’est fait via un organisme palestinien baptisé « Human Rights and International Humanitarian Law Secretariat » (HRIHL), qui dispose de locaux à Ramallah et à Gaza.

Sur son site internet, le ministère norvégien des Affaires étrangères indique avoir versé plus de 600.000 dollars au HRIHL en 2016.

D’après NGO monitor, 13 des 24 organisations subventionnées par cet organisme soutiennent des mouvements anti-israéliens,

Le président de NGO Monitor, le professeur Gerald Steinberg, affirme que les objectifs affichés du gouvernement norvégien comme la « promotion de l’égalité et la démocratie » sont aux antipodes des mouvements pro-BDS financés par le HRIHL.

Parmi ces organisations, au moins trois revendiquent ouvertement des positions anti-israéliennes.

« BADIL », qui a reçu 260.000 dollars en 2015, déclare sur son site être « entièrement dévouée aux campagnes du BDS depuis sa création ».

L’organisation a également publié des affiches appelant à l’élimination d’Israël et des dessins animés antisémites.

« AL-HAQ » a été financée à hauteur de 700.000 dollars en 2015 et a participé activement à la campagne en faveur des poursuites contre Israël à la CPI. Son directeur, Shawan Jarabinm est un ancien activiste du groupe terroriste FPLP (front populaire pour la libération de la Palestine).

L’organisme « ADDAMEER », dont le président et le vice-président sont affiliés au FPLP et liés à diverses affaires de terrorisme en Israël, a quant à lui reçu 230.000 dollars en 2015.

Le porte-parole de l’ambassade de Norvège en Israël a répondu à la polémique par un mail adressé au Jerusalem Post.

« Nous n’estimons pas que ces caractéristiques soient représentatives du travail global de ces organisations. La Norvège ne tolère pas les discours haineux, les efforts de délégitimisation d’Israël ou l’antisémitisme », explique-t-elle.

« La Norvège ne subventionne pas des organisations dont le but principal est de promouvoir la campagne du BDS », précise la porte-parole.

En juin dernier, le gouvernement allemand a voté une résolution ordonnant la surveillance du HRIHL et l’examen de ses financements en raison de son soutien au BDS. En Suisse, 41 membres du Parlement on signé une motion similaire.

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Dans un précédent article nous avons évoqué les origines de l’implantation des juifs en Tunisie jusqu’aux temps des deys. La Renaissance va marquer un tournant pour le monde juif avec la nouvelle puissance dominante méditerranéenne:  l’empire ottoman

Après la victoire des Turcs sur les Espagnols en 1574, la Tunisie devint une province de L’empire ottoman qui accéda peu à peu à une autonomie de fait sous les premiers deys, les beys de la dynastie mouradite et ceux de la dynastie husseinite.

Sous les deys et les beys les juifs jouèrent un grand rôle dans les échanges commerciaux avec l’étranger. En relation d’affaires avec l’Europe, ils sont des intermédiaires efficaces dans la rédemption des chrétiens capturés par les corsaires barbaresques et réduits en esclavage.

Ils sont les seuls à exercer les métiers d’orfèvre, de bijoutier et de joaillier, mais exercent aussi, comme les musulmans, ceux de tailleur, teinturier, cordonnier ou menuisier. Les souverains font souvent appel à eux, leur confient même le monnayage de l’or et de l’argent.

Tunis fut une étape essentielle dans le circuit Mer du Nord-Proche Orient. Il faut prendre du recul et rappeler que les républiques italiennes, Venise, Pise, Gênes et Florence servirent de transporteurs au commerce du monde musulman. Une âpre concurrence les opposa longtemps.

Les principales maisons de commerce florentines étaient représentées à Tunis au XIVème siècle. Les Vénitiens avaient organisé une ligne régulière de la Baltique au Levant. Au XVIIème siècle, la place était à prendre car ces républiques savaient qu’elles ne pouvaient utilement travailler avec les ports musulmans sans la présence d’une colonie.

Or, elles n’étaient plus à même d’organiser ces structures. En octobre 1615 Manoel Carvalho affrétait à Rotterdam un navire pour Tunis et Venise, navire qui resta à son service une année entière. Les années suivantes il nolisa un navire pour faire la navette dix mois durant entre Venise, Tunis et Alexandrie.

Un Mordekhay Baruch Carvalho, rabbin, médecin et grand marchand à Tunis, fut, en 1752, successeur du grand rabbin des Livournais Isaac Lumbroso dont il fut le disciple. Le nom composé Baruch Carvalho a existé au XVIIe siècle tant à Amsterdam qu’à Livourne. La présomption est forte qu’il s’agisse de la même famille compte tenu du niveau social.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les juifs faisaient toujours l’objet de mesures discriminatoires : la chechia qui leur servait de coiffe devait être de couleur noire à la différence de celle des musulmans, rouge. Les juifs italiens qui s’habillaient à l’européenne, portaient des chapeaux ronds comme les marchands chrétiens mais au début du XIXe un bey leur imposa le port d’une calotte blanche.

Les juifs étaient toujours astreints au paiement de la capitation. Ils devaient s’acquitter d’impositions supplémentaires chaque fois que le Trésor du prince était en difficulté. De plus, ils étaient périodiquement requis d’accomplir des travaux d’utilité publique et se voyaient imposer des corvées.

A la fin du XVIIIe Hammouda Bey alla jusqu´à leur dénier le droit d’acquérir et de posséder des propriétés immobilières.

De nombreux juifs d’origine espagnole ou portugaise établis à Livourne entretenaient des relations commerciales avec la Tunisie, où certains venaient résider et faire souche. Ces  » Livournais  » ou Grana se firent de plus en plus nombreux au cours du XVIIe siècle et prirent une large part aux activités de la population juive.

Comme dans le passé ils pouvaient professer leur religion sans entraves, s’organiser en communautés pour faire face à toutes leurs dépenses en matière de culte et d’assistance. Cependant, confinés avec les juifs indigènes dans les venelles étroites de la hara de unis, les Livournais supportent mal cette promiscuité. La méfiance des autochtones à leur endroit et les incompatibilités de mœurs seront à la source d’une séparation de fait des deux communautés en présence, les Twansa (ou Tunisiens) d’un côté, les Grana (ou Livournais) de l’autre.

Véritable schisme qui aura lieu en 1741 : chaque communauté aura désormais ses synagogues, ses écoles, ses boucheries rituelles, son tribunal rabbinique, sa caisse de secours et son cimetière. Dans les autres villes de Tunisie, toutefois, les mêmes institutions communautaires continuèrent à servir l’ensemble de tous les fidèles.

Le XVIIIe siècle vit l’essor des études talmudiques dans toutes les communautés de Tunisie, et plus particulièrement à Tunis. C’est alors que les juifs de Tunis se rendront à Livourne pour faire imprimer, parrainés par des mécènes tels les Roa et les Chemama, les oeuvres manuscrites de leurs maîtres. Plus de cent ouvrages verront le jour du XVIIIe au XIXe siècle, à une cadence annuelle de deux à trois volumes.

Lorsque les imprimeries juives locales commencèrent à fonctionner, on imprima sur place des œuvres traitant pour la plupart avec maîtrise et érudition, de commentaires talmudiques et de casuistique. De savants rabbins, tels Itszhak Lumbroso (mort en 1752),

Messaoud El Fassi (mort en 1774) et Uziel el-Haïk (mort en 1810) ont attaché leur nom à des œuvres qui furent imprimées à Livourne bien après leur mort. Rappelons que c’est en 1768 que fut imprimé à Tunis le premier livre hébraïque, Zera Itshak du rabbin Itshak Lumbroso. A la fin du XVIIIe, le rabbin émissaire de Hébron, Haïm Yossef David Azoulay, qui séjourna dans le pays des beys, rendra hommage à la science des rabbins de Tunis,  » grande ville de savants et d’écrivains. »

Au XIXe siècle, la Tunisie des beys s’ouvre de plus en plus largement aux influences européennes. Le souverain Ahmed Bey (1837-1855) entreprend de moderniser son administration et son armée et inaugure une politique de réformes.

En vertu d’un accord signé au cours de l’année 1846, les juifs de Toscane qui se sont établis en Tunisie à une date récente ou qui viendront s’y établir à l’avenir, obtiennent le droit de conserver la qualité de Toscans sans limitation de temps.

Cette disposition encourage nombre de juifs de Livourne à venir s’installer en Tunisie où ils constituent, à la différence des Livournais arrivés au XVIIe siècle, une minorité étrangère placée sous la protection du consul de Toscane. La presque totalité des juifs du pays n’en continue pas moins à faire partie des sujets du Bey et à être soumise au statut de dhimmis.

C’est ce statut qui allait être mis en question par ce qu’il faut bien appeler une manifestation de fanatisme. Un cocher juif du nom de Batou Sfez, en état d’ivresse, eut une altercation avec un musulman.

Celui-ci l’accusa d’avoir maudit la religion du Prophète. Il n’en fallut pas davantage pour que le cocher juif malmené par une foule fanatisée, fût arrêté, jugé et, conformément au droit musulman qui punit de mort le blasphème, condamné à la peine capitale et exécuté le 24 juin 1857.

La rigueur de la peine, sans commune mesure avec la faute imputée, soulève une vive émotion au sein de la population juive. Les consuls de France et d’Angleterre à Tunis en tirent argument pour demander à Mohamed Bey de s’engager dans la voie de réformes libérales, analogues à celles décrétées dans l’Empire ottoman.

Des pressions de plus en plus vives amènent Mohamed Bey à proclamer le 10 septembre 1857, sous le nom de Pacte Fondamental, une déclaration de principes accordant de larges garanties à tous : nationaux et étrangers, qu’ils soient musulmans, juifs ou chrétiens.

Son successeur, Mohamed es-Sadok Bey y ajoute une constitution en date du 26 avril 1861 qui fit du pays une manière de monarchie parlementaire. Ces textes novateurs mettent fin à toutes les mesures discriminatoires officielles dont les juifs pâtirent dans le passé, en leur reconnaissant les mêmes droits et les mêmes devoirs qu’aux musulmans.

Les réformes introduites par ces beys ne tardèrent pas à grever les finances publiques. Pour y faire face, les beys furent amenés à majorer les impôts en vigueur, en exaspérant les masses.

La révolte de 1864 amena le pouvoir à suspendre l’application de la constitution et à donner un coup d’arrêt aux réformes. Mais les juifs n’eurent pas à souffrir d’une remise en vigueur des anciennes discriminations. Pour venir à bout de la révolte populaire, le bey avait dû contracter un certain nombre d’emprunts dont les arrérages pesaient lourdement sur le budget.

Ne pouvant plus honorer ses engagements, la Tunisie se vit imposer en 1869 la création d’une Commission financière internationale. Dès lors le pays devint le théâtre de la lutte d’influence des puissances et la pénétration économique de la France, de l’Angleterre et de l’Italie s’intensifia.

Un certain nombre de juifs tunisiens qui entretenaient des relations commerciales avec les puissances européennes obtinrent leur protection, ce qui leur permettait, tout en conservant la nationalité tunisienne et le statut ersonnel défini par le droit mosaïque, de devenir justiciables des juridictions consulaires, à l’égal des ressortissants étrangers, échappant ainsi à l’arbitraire de l’administration beylicale.

L’influence de l’Europe s’exerçait également sur le plan culturel. Les enfants des familles de la bourgeoisie tunisoise fréquentaient des écoles protestantes. L’école ouverte à Tunis par l’Alliance israélite universelle en 1878 permit aux familles juives de toutes les classes sociales d’y envoyer leurs enfants. Tout en faisant une place à l’histoire juive et à l’enseignement de l’hébreu, celle-ci dispensait les programmes des écoles françaises.

Dès lors s’amorça une évolution de la population juive qui devait s’amplifier sous le Protectorat français institué le 12 mai 1881 par le traité du Bardo. ( A suivre..)

Par Robert Attal et Claude Sitbon   

Autre source

Adaptation par Joël Haï GUEDJ

Pour comprendre la schizophrénie politique qui sévit en Turquie et la nuit où les différents fascismes se sont affrontés.

Protagoniste de la contre-révolution en Turquie, le parti islamiste AKP, qui avait remporté les élections législatives de 2002, a terminé aujourd’hui ce processus au bout de quatorze ans au pouvoir : c’est une victoire décisive sur le régime républicain et laïc.

C’est le bilan définitif à la suite du coup d’État avorté du 15 juillet dernier de l’armée turque dont la qualification principale est celle d’être putschiste. L’ancien régime, déjà profondément malade depuis au moins une génération (république autoritaire, régime de coup d’État permanent, totalitarisme sournois, décomposition de la classe politique, corruption géante et gouvernance basée sur la violence et le mensonge), n’a pas pu résister aux assauts de l’islam en politique. Il ne s’agirait pas de l’« islam politique », car cette invention française dans le but d’épargner sa minorité musulmane des méfaits du 11 septembre est totalement fausse.

L’islam en tant que tel est un projet politique total qui régule la société dans son ensemble et son application en politique donne naturellement naissance à un État totalitaire. Après l’Iran, c’est ce qui est arrivée en Turquie. Bref, né en 1923 le régime kémaliste autoritaire, jacobin et laïc n’a vécu que 93 ans. Une vie assez longue quand même pour un pays qui n’a jamais connu une vraie démocratie. Soulignons de passage que faire des élections régulières ne veut pas dire être une démocratie, certes elles sont nécessaires, mais ne garantissent nullement les libertés essentielles.

C’est ce piège classique dans lequel tombe toujours l’Occident au sujet de la Turquie. Grosso modo, le système politique du pays a été une sorte de parlementarisme autoritaire sous l’œil vigilant de l’armée, avec la priorité donnée à l’État, face auquel le citoyen n’avait aucun droit, ni pouvoir. Dans la littérature politique cela s’appelle le fascisme.

Pour voir la schizophrénie politique qui sévit dans ce pays (appeler « démocratie » un régime autoritaire ou bien faire un putsch pour sauver la « démocratie »), et pour bien comprendre ce qui est arrivé le soir du 15-16 juillet, la nuit où les différents fascismes se sont affrontés, il faut faire une analyse des fascismes turcs.

Les quatre fascismes

Le phénomène fasciste ne peut être compris que dans la mesure où il est localisé à l’intérieur d’un processus, caractérisé par la modification du rôle de l’État – ce qui se conjugue parfaitement avec la réalité turque, surtout après le coup d’État militaire de 1980.


 Aujourd’hui après le coup d’État manqué, avec le président Recep Tayyip Erdogan nous atteignons une autre étape dans cette organisation étatique et du changement de régime qui est celui d’un islamo-fascisme basé sur le pouvoir d’une seule personne que nous appelons la tyrannie théocratique.
Nous sommes face à quatre fascismes dans le cas turc et les fascismes pullulent dans ce pays : le fascisme d’État basé sur le militarisme, le kémalisme, l’ultra-nationalisme islamo-turc et l’islamo-fascisme sunnite.

Quels sont les sources et les acteurs des quatre fascismes turcs ? En 93 ans de république, comment ce pays est-il devenu un pays totalitaire et fasciste ? Nous sommes face à une forme d’État post-totalitaire et post-fasciste. En effet, le fait qu’actuellement la gauche et l’individualisme libéral n’existent pas dans ce pays sont les preuves irréfutables que le fascisme est passé par là et qu’il y demeure toujours.

Jamais dans ce pays l’armée n’aurait pu accéder au pouvoir sans l’aval des élites traditionnelles, ni sans la complicité des membres de l’establishment.

Pour mieux cerner la catastrophe politique à laquelle les peuples de Turquie sont exposés aujourd’hui, il faut voir l’enracinement des mouvements nationalistes (le kémalisme, l’ultra-nationalisme, l’islamo-turquisme et le fascisme) dans le système politique, la manière dont le pouvoir est consolidé, la manière dont le pouvoir est exercé et leur évolution dans le temps.

Le 29 octobre 1923, Mustafa Kemal Atatürk a fondé cette république rejetant 624 années d’histoire ottomane. En un seul jour, le pays n’avait plus de passé. Il fallait réinventer un pays, une nation, un homme nouveau et réécrire l’Histoire.

Atatürk le fera, mais la république qu’il mettra sur pied ne sera jamais une démocratie, elle sera autoritaire. Ainsi, Atatürk utilisera le terme “démocratie” seulement trois fois, lors de ses interviews avec la presse occidentale et jamais dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.

Mustafa Kemal, dont le point fort n’était pas l’esprit démocratique, a été influencé par le fascisme classique italien (il a envoyé son Premier ministre Recep Peker en Italie pour l’étudier) dont il a appliqué certains principes, mais au début sa république n’était pas fasciste.

Spécialiste des fascismes, l’historien Pierre Milza, tenant compte de ses réformes, qualifiait le kémalisme de « fascisme de gauche », tandis que pour le constitutionnaliste Maurice Duverger, c’était un « despotisme éclairé ». Cela dit, le parti que Mustafa Kemal va fonder, le Parti républicain du peuple (CHP), choisira comme emblème les six faisceaux du fascisme italien, qui symbolisaient les six points capitaux du programme de Mussolini. Aujourd’hui, ce parti kémaliste, qui se positionne comme un parti laïc avec son programme nationaliste, a une tendance plutôt fascisante.

L’ingéniosité de Renan

Si on prend le texte indépassable de Renan, « Qu’est-ce qu’une nation ? », prononcé à la Sorbonne en 1882, tout ce que Mustafa Kemal a fait pour reconstruire la nouvelle nation turque est en contradiction totale avec l’analyse visionnaire et l’ingéniosité de l’intellectuel français.

Aujourd’hui, du statut du citoyen à l’autoritarisme d’État, du problème kurde au manque des libertés essentielles, les erreurs proviennent de cette politique. L’erreur la plus grave de Mustafa Kemal est d’avoir confondu race et nation.

En effet, il n’est jamais de race pure, encore moins originelle. Chaque population, et donc chaque nation, est faite de constants mélanges. L’identification d’une race est scientifiquement impossible.

Dans ce pays dont le peuple est composé de 36 ethnies, Mustafa Kemal a appliqué au début une politique juste et s’est adressé dans ses discours au « peuple de Turquie ». Mais il a écarté cette conception moderne de la nation, pour la fonder sur une ethnie : la « race turque » apparaît à partir de 1927 dans ses discours officiels. Dans ce cadre, comment un Arménien ou un Kurde pourrait s’identifier à cette soi-disant race en tant que citoyen du même pays ?

Atatürk a commis l’erreur de substituer au principe des nations celui de l’ethnie, ce qui était un très grand danger pour un véritable progrès. Jusqu’à sa mort en 1938, sa politique essentielle a été de vanter la suprématie de la race turque.

Même erreur concernant la langue. Atatürk a voulu obtenir l’unité de la langue par des mesures de coercition. Comme l’a dit Renan, « la langue invite à se réunir ; elle n’y force pas ».

La troisième erreur fatale date des années 2000, avec l’accession au gouvernement des islamistes en 2002 : il s’agit de la religion d’État, du sunnisme. Comme le dit Renan, il ne pourrait y avoir une religion d’État, car « la religion est devenue chose individuelle, elle regarde la conscience de chacun ». Officiellement il s’agit de la synthèse islamo-turque (en turc « Türk-islam sentezi ») qui puise ses sources idéologiques dans le coup d’État militaire de 1980.

Pour comprendre les origines des fascismes turcs, il faut énumérer par ailleurs, les méfaits de l’État-nation, les bases totalitaires du jacobinisme (État centralisateur), le retard de l’unité nationale (comme en Italie et en Allemagne d’antan), l’inégal développement économique entre l’est et l’ouest du pays (le problème du Mezzogiorno ayant été à la base du fascisme italien), l’union mystique du chef (Atatürk) avec le destin historique de son peuple (source du culte de la personnalité), l’anti-intellectualisme brutal du régime, l’ultra-nationalisme populiste, le génocide des Arméniens, le culte du drapeau, ainsi que l’absence des partis de droite et de gauche (source du totalitarisme fasciste) qui sont des éléments déterminants pour mieux cerner les bases des quatre fascismes qui sévissent aujourd’hui en Turquie. Lire la suite

Erol Özkoray

Erol Özkoray
Il s’est engagé contre l’armée turque, qui bloque l’accès de la Turquie à la démocratie et à l’Union Européenne. Cible de plus d’une quinzaine de procès iniques orchestrés par l’État-major, et il a été condamné, en 2014, à plusieurs mois de prison pour avoir insulté le président Erdogan. Bernard-Henri Lévy et La Règle du jeu ont appelé à le soutenir.

Dans cette paracha Moïse poursuit l’oeuvre d’édification historique, morale et spirituelle commencée avec Devarim. Cette oeuvre est littéralement une tokhah’a, une admonestation au sens du Lévitique. L’on se souvient du principe fondamental en la matière «.. ne te venge pas, ne garde pas rancune, admoneste ton compagnon (okhiah’vetokhiah’) et tu aimeras ton  prochain comme toi même : Je suis l’Eternel ».

Si Moïse n’avait pas ressenti un immense et incorruptible amour pour le peuple libéré de l’esclavage pharaonique, d’abord il n’aurait pas contribué à sa libération, ensuite il ne l’aurait pas sauvé de ses fautes les plus graves ( Le Veau d’or, les explorateurs, Korah’, etc ) enfin, sachant que,  lui, ne traverserait pas le Jourdain, il l’aurait laissé à son propre sort, même si la relais avait été formellement pris avec Josué.

Cet amour a été éprouvé au creuset de ces épreuves. Il s’atteste à présent, depuis plusieurs parachiot, précisément par ces toh’akhot, par ces récits récapitulatifs, cette anamnèse  synthétique qui met en évidence, sans complaisance mais sans nul ressentiment  non plus, les échecs, les fautes, les transgression mais simultanément, il ne faut jamais l’oublier,  la capacité de surmonter ces échecs, ces fautes, ces transgressions. Moïse met réellement en application les prescriptions énoncées  dans le verset essentiel consacré à l’amour du Prochain.

C’est ainsi qu’une nouvelle fois, et sous un angle différent, le peuple est invité à faire preuve d’esprit de suite, de cohérence comportementale et intellectuelle. Lorsque l’on fait un vœu, que l’on s’est engagé par un serment ou par une promesse, il faut donner suite à cette parole là.

De même lorsque l’on s’est porté partie prenante à l’Alliance du Sinaï, aux dix Paroles, capillarisées dans les 613 mitsvot, il n’y a plus d’autre alternative : il  faut en respecter les énoncés, mettre en application ce qu’elles autorisent ou s’empêcher d’accomplir ce qu’elles interdisent. D’où cette nouvelle admonestation: «Vois : j’ai donné devant vous aujourd’hui la bénédiction et la malédiction».

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La bénédiction se réalisera à condition que la Loi soit respectée et réalisée. Sinon, ce sera la malédiction. Afin que nul ne s’y trompe  l’une et l’autre s’identifieront à deux monts distincts, le mont Guérizim, dans le premier cas, le mont Êibal dans l’autre. D’où ces deux questions  aussi.

Pourquoi solliciter ici la vue, alors que la prière centrale, le Chemâ, sollicite l’ouïe? On aura compris qu’il ne s’agit pas ici de faire prédominer un sens par  rapport à l’autre. Dans chaque cas, est sollicité celui des sens qui se relie le mieux à son objet et permet de le discerner  de la manière la plus précise.

L’écoute est sollicitée  lorsqu’il faut saisir le sens d’une parole, la portée d’une prescription ; la vue lorsque le moment est venu de la réaliser en milieu physique, relativement aux êtres vivants. Dans tous les cas, les sens sollicités le sont corporellement mais le sont aussi intellectuellement et spirituellement. La vue, au sens optique, ne se dissocie pas de la vision, au sens intellectuel  et même prophétique.

Mais pourquoi avoir référé la bénédiction et la malédiction à deux monts distincts? Justement aux fins de différenciation, sans ambiguïté. La bénédiction est porteuse de vie, présente et future.

La malédiction a  partie liée avec la mort. Il faut à tout prix distinguer les deux domaines, ne pas s’imaginer qu’il soit possible de mixer ces deux contraires, de les synthétiser. Le choix est inéluctable et se formulera bientôt de manière on ne peut plus catégorique : «J’ai mis devant toi la vie et la mort, la malédiction et la bénédiction. Choisis  la vie». Nous aurons à y revenir.

La vie ni la mort ne sont des idées vagues, des notions fumeuses. La mort est l’inverse de  la vie. Elle la prend à rebours pour recouvrer les voies du chaos originel, toujours présent. En retour, la vie est le contraire de la mort. Plus le choix en est fait fortement et lucidement et plus l’emprise de la mort se desserrera.

Ce n’est pas  matière à débats académiques. La vie et la bénédiction résultent non pas de vœux pieux mais de la mise en oeuvre de la loi. La vie et la loi sont deux aspects conjoints de la même réalité. La Loi est loi de vie.

Elle préserve et consolide celle qui est déjà acquise ; elle favorise celle qui s’édifie ;  elle annonce celle qui surgira de l’une et de l’autre. Autrement, il ne faut pas croire qu’il ne se passera rien ; que la non- application de la Loi ne produira que de l’indifférence, du neutre. Cette illusion  par elle même est déjà mortelle. C’est elle qui sévit en Erets Canaan  et qui a assigne leur  terminus  aux peuplades qui croient y vivre alors qu’elle n’y sont que posées, tels des objets sur un support.

Moïse en appelle à cette forme de pensée que l’on pourrait qualifier de «  calcul spirituel » assimilable au calcul mental. Calculer mentalement c’est le faire en se passant d’objets  tangibles, pommes, petits cailloux, ou bout des doigts. Il n’en va  pas autrement de la réflexion morale en ce qu’elle anticipe des conséquences autrement inéluctables.

C’est pour en avoir douté que le peuple d’Israël fera l’amère  expérience de l’exil, et c’est pour en avoir recouvré la capacité que cet exil a pris fin. Le pire des exils est celui de la pensée, celle, vivace, qui procède de cette sagesse de cœur grâce à laquelle le Sanctuaire du désert d’abord, le Temple de Jérusalem ensuite ont pu être édifiés. Pourquoi le proroger! La pensée disqualifiée parce que asservie au désir de mort n’en sera jamais assouvie.

Raphaël DRAÏ Z’l

 

 

L’étude du judaïsme tunisien a connu un essor récent, en particulier grâce aux associations de Juifs originaires de diverses communautés de Tunisie. 

L´écrivain Albert Memmi, originaire de cette communauté, écrit : «Quand je sus un peu d´histoire, j´en eu le vertige ; Phéniciens, Romains, Vandales, Byzantins, Berbères, Arabes, Espagnols, Turcs, Italiens, Français, j´en oublie et je dois en confondre. Cinq cents pas de promenade et l´on change de civilisation.»

Les origines de la présence juive

Les premiers documents attestant de la présence de Juifs en Tunisie datent du IIe siècle. Tertullien décrit en effet des communautés juives aux côtés desquelles vivent des païens ; le succès rencontré par le prosélytisme juif pousse d’ailleurs les autorités païennes à prendre des mesures légales alors que Tertullien rédige dans le même temps un pamphlet contre le judaïsme.

Selon la tradition orale, la première vague migratoire de Juifs en direction des côtes de Tunisie, date de la destruction du Premier temple de Jérusalem Des Cohanim (prêtres) qui se seraient installés dans l’actuelle Tunisie après la destruction du Temple de Salomon par l’empereur Nabuchodonosor en 586 av. J.-C.; auraient emporté un vestige du Temple détruit, conservé dans la Ghriba de Djerba, et en auraient fait un lieu de pèlerinage et de vénération jusqu’à nos jours.

Après la conquête romaine en 146 av. J.-C., la population juive de la province d´Afrique se fit plus nombreuse. À ceux déjà implantés dans le pays s´ajoutèrent ceux venus de Rome où une colonie juive est attestée depuis la fin du IIe siècle avant l´ère chrétienne et ceux de Judée après la prise de Jérusalem par Titus en 70 ou de Cyrénaïque après l´écrasement de la révolte juive de 115-117. La population juive s´accrut encore par la conversion d´autochtones de race berbère, parmi lesquels les juifs de souche avaient déployé un vigoureux effort de prosélytisme.

Une synagogue du IIIe ou IVe siècle, est découverte à Naro (actuelle Hammam Lif) en 1883. D’autres communautés juives sont attestées à Utique, Chemtou, Hadrumète ou Thusuros (actuelle Tozeur).

Comme les autres Juifs de l’empire, ceux de l’Afrique romaine sont romanisés de plus ou moins longue date, portent des noms latins ou latinisés, arborent la toge et parlent le latin, même s’ils conservent la connaissance du grec, langue de la diaspora juive à l’époque.

Selon saint Augustin, seules leurs mœurs, modelées par les préceptes religieux juifs (circoncision, cacherout, observance du Chabbat, pudeur vestimentaire), les distinguent du reste de la population.

Sur le plan intellectuel, ils s’adonnent à la traduction pour des clients chrétiens et à l’étude de la Loi, de nombreux rabbins étant originaires de Carthage. Sur le plan économique, ils exercent divers métiers dans l’agriculture, l’élevage du bétail et le commerce.

Leur situation se modifie à partir de l’édit de Milan (313) qui légalise le christianisme. Les Juifs sont alors progressivement exclus de la plupart des fonctions publiques et le prosélytisme est sévèrement puni.

La construction de nouvelles synagogues est interdite vers la fin du IVe siècle. Toutefois, les recommandations de divers conciles tenus par l’Église de Carthage, recommandant aux chrétiens de ne pas suivre certaines pratiques de leurs voisins juifs, témoignent du maintien de leur influence.

Après la conquête arabe

La conquête arabe du VIIe siècle se heurta longtemps à la résistance farouche des Berbères. À la lutte contre les envahisseurs prirent une part active des tribus berbères judaïsées avec, à leur tête, la reine de l’Aurès, la Kahéna, dont l’historien Ibn Khaldoun affirme qu’elle était juive.

 

Les conquérants arabes finirent par se rendre maîtres du pays. Ils contraignirent par la force des armes les populations païennes locales à se convertir à l’islam, mais reconnurent aux  » Hommes du Livre « , adeptes du monothéisme – juifs et chrétiens – le droit de pratiquer leur religion à condition de verser une capitation, la jezya, en retour de la protection ou dhimma, et d’un statut inférieur à celui des musulmans.

Les juifs de l’ancienne province romaine d’Afrique – l’Ifriqiya – bénéficièrent de conditions de vie clémentes sous les dynasties aghlabite, fatimide et ziride. Ils vivaient dans la capitale, Kairouan – où des textes font mention d’une hara al-yehoud – mais aussi à Sousse, Mahdia et Gabès.

Les innombrables documents de la Geniza du Caire, qui ont renouvelé nos connaissances du monde musulman au Moyen Age, témoignent du rôle que jouaient les juifs dans l’économie de l’Ifriqiya et plus particulièrement dans ses échanges par terre et par mer avec Erets-Israël, l’Espagne et la Sicile, ‘Egypte et l’Inde.

Les études talmudiques s’épanouirent sous l´impulsion de Houshiel b. lhanan ; le médecin et philosophe Itzhak b. Sulayman Israeli, né au Caire mais établi à Kairouan, attacha son nom à des traités médicaux qui firent longtemps autorité et à des œuvres philosophiques d’inspiration néo-platonicienne.

Son disciple, Dounash ben Tamim, grammairien et philosophe, composa un important commentaire du Sefer Hayetsira, l´un des plus anciens monuments de la Kabbale ; le savant Nissim b. Jacob a laissé, entre autres, un recueil de contes édifiants intitulé Hibbur yaffe meha-yeshua (ou  » Livre de la consolation « ) qui constitue le premier livre de contes de la littérature juive médiévale. Le Rav Nissim Ben Yaacov (990-1062), fils du correspondant du Gaon Sherirah, est appelé « Lumière en israël ». Il est également estimé par les Musulmans.

Vers le milieu du XIe siècle, l’Ifriqiya fut secouée par l’invasion hilalienne. Les tribus des Bani-Hilal, cantonnées jusque-là en Basse-Egypte, s’abattirent sur l’Ifriqiya, dévastant tout sur leur passage.

Les Arabes hilaliens parvinrent en 1057 à s’emparer de Kairouan en forçant la plupart de ses habitants juifs et musulmans à se réfugier dans les villes côtières : Mahdia, Sousse et Tunis.

C’est alors, semble-t-il, que la communauté juive de Tunis qui, selon la tradition orale, s’était formée à l’époque du jurisconsulte Sidi Mahrez (c. 1022), s’épanouit à la faveur de la paix relative dont jouissait la ville tandis que le reste du pays était en proie à l’anarchie.

Vers le milieu du XIIe siècle, le souverain marocain Abd el-Moumen gagné à la doctrine intransigeante almohade et décidé à la faire triompher, entreprit la conquête de tout le Maghreb. Ayant franchi les frontières de l’Ifriqiya, il n’eut pas de peine à s’en rendre maître en 1160.Dans toutes les villes soumises à son autorité il invita les juifs comme les chrétiens à choisir entre la mort et la conversion à l’islam.

Des additions à une élégie du poète Abraham Ibn Ezra font état des épreuves que traversèrent alors les communautés de Tunis, Sousse, Mahdia, Sfax, Gafsa, Gabès et Djerba.

Partout les juifs furent contraints de se convertir et tout en professant extérieurement l’islam, ils restèrent fidèles au judaïsme qu’ils continuèrent d’observer en secret. Les Almohades imposèrent à tous les juifs du Maghreb un signe distinctif, la shikla, et des vêtements de forme et de couleur spéciales permettant de les reconnaître.

Maïmonide qui traversa la Méditerranée vers 1165 pour se rendre en Egypte, fit escale à Djerba. Il mentionnera brièvement la communauté juive résidant dans l’île et en dira peu de bien.

Aux XIIIe et XIVe siècles, la dynastie des Hafsides présida aux destinées du pays, faisant de Tunis leur capitale. Ses souverains revinrent à une conception plus libérale de l’islam. Juifs comme chrétiens furent de nouveau soumis au statut traditionnel des dhimmis : astreints à la capitation et objets de discriminations vestimentaires, mais ne subissant pas d’entraves à leurs activités professionnelles.

Ils exerçaient les métiers d’orfèvres, de teinturiers, de tailleurs, comme en témoigne l’onomastique juive; ils jouaient un rôle notable dans les relations avec l’étranger ; ils étaient appelés à exercer certaines charges officielles, telle celle de  » grand douanier  » généralement confiée à un juif. Ils pouvaient en toute liberté exercer leur culte.

Comme aux premiers siècles de l’islam, les communautés juives bénéficiaient d’une relative autonomie qui leur permettait de s’administrer et de satisfaire leurs besoins en matière cultuelle et sociale. Les études talmudiques furent favorisées par les contacts qui s’établirent avec les savants rabbins d’Alger, consultés par les communautés tunisiennes sur de nombreux points de droit.

Ce sont d’ailleurs les  » responsa  » des décisionnaires d’Alger qui constituent l’une des meilleures sources d’information sur les juifs de Tunisie sous les Hafsides.

A la fin du XVe siècle, les juifs chassés d’Espagne et du Portugal par les rois chrétiens furent nombreux à trouver un refuge dans le Maghreb musulman. Mais les judéo-espagnols se portèrent davantage vers le Maghreb oriental. Le petit nombre de ceux qui vinrent s’établir en Tunisie expliquent qu’ils n’aient pas tardé à se fondre dans la masse des juifs indigènes.

Au XVIe siècle, Turcs et Espagnols se disputèrent la possession de la Berbérie orientale. Les juifs furent éprouvés au cours des combats que se livrèrent les deux puissances ennemies, mais ni plus ni moins que les autres segments de la population locale.

Lors de la prise de Tunis par les Espagnols en 1535, de nombreux juifs furent faits prisonniers et vendus comme esclaves dans plusieurs pays chrétiens. Cependant, durant les quelque quarante ans que dura l’occupation espagnole, il ne semble pas qu’elle ait donné lieu à la persécution systématique des juifs. ( A suivre )

Par Robert Attal et Claude Sitbon   Adaptation par Joël Haï GUEDJ

Un incident aérien est survenu dans un climat tendu à Nice, depuis l’attentat de la promenade des Anglais. Un avion a survolé la ville samedi à très basse altitude. Ce qui a causé une panique chez les habitants, d’autant que l’appareil émettait un bruit assourdissant, en raison de ses réacteurs,relate Nice Matin.

Pierre Pire, niçois témoin de la scène a expliqué sur Twitter: « L’avion qui a fait un bruit assourdissant, n’a pas seulement volé trop bas, mais au lieu de survoler la mer, il s’est dirigé sur le bas de Faron, pas du tout, la trajectoire pour atterrir », raconte une Niçoiseà Nice Matin.

« Il a carrément raté son approche, a rasé les immeubles de Corniche Fleurie et a traversé les pistes en perpendiculaire sans pouvoir atterrir !!! À mon avis, il a frôlé la catastrophe ».

Une approche ratée. Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes ont commenté l’approche ratée du pilote. L’avion vire trop tard sur sa gauche. Habituellement, une telle manœuvre n’aurait pas suscité de réactions mais, plus d’un mois après l’attentat du 14-Juillet sur la Promenade des Anglais qui a causé la mort de 86 personnes, de nombreux habitants sont encore sous le choc.  

CAN

 

« Je refuse cette petite musique qui veut que la gauche se perde dans l’exercice du pouvoir »

Le Premier ministre Manuel Valls a fustigé lundi la « menace considérable » que représente selon lui l’ancien président Nicolas Sarkozy, qui « impose » son agenda à la droite et qui « s’assoit sur les grands principes de la Constitution ».

Lors du meeting de rentrée de la majorité à Colomiers, près de Toulouse, il a également averti la gauche sur « la surenchère des diviseurs » et dit refuser de laisser la France « entre les mains des populistes et des démagogues » lors de la présidentielle de 2017.

« Comme toujours, Nicolas Sarkozy enfonce des portes ouvertes ! », a protesté M. Valls, énumérant: « oui, la dette est un problème, oui, les impôts doivent baisser, oui, il faut que les entreprises soient plus compétitives, oui, il y a le chômage… ». « Mais, alors, pourquoi n’a-t-il rien fait ? », a-t-il interrogé, assurant que « les solutions efficaces, justes, modernes, c’est la gauche qui les a mises en oeuvre ». 

A propos du candidat à la primaire de la droite, il a regretté que ce soit « toujours le ‘tout pour les riches’: baisses d’impôts pour eux, transmission des patrimoines, suppression de l’ISF… ».

« Plus grave », a-t-il poursuivi, « quand on a été chef de l’État, quand on aspire à le redevenir, on ne remet pas en cause aussi violemment l’État de droit, on ne plaide pas pour l’arbitraire, on ne s’assoit pas (…) sur les grands principes de notre Constitution ».

Alors que la polémique sur le burkini, tenue de bain très couvrante portée par certaines musulmanes, ne s’est pas éteinte, le Premier ministre répondait ainsi à la demande de M. Sarkozy de légiférer pour l’interdire. 

« Vers où Nicolas Sarkozy est-il prêt pour l’emporter à emporter le pays ? », s’est demandé M. Valls, l’accusant d' »imposer à toute la droite son agenda, ses thèmes et sa dérive ». « C’est donc une menace considérable » car, a-t-il poursuivi, « il prend une responsabilité terrible en donnant corps à ce bloc réactionnaire, à ce programme commun entre la droite dure et l’extrême droite ».

Mais M. Valls n’a pas épargné sa gauche, qu’elle soit au sein ou hors du PS dans ce discours de plus d’une demi-heure. Fustigeant la « surenchère des diviseurs », « les contre-projets », « les critiques », « les attaques outrancières parfois intolérables », il a estimé que « si nous partons divisés, nous perdrons à coup sûr ».

« Je refuse cette petite musique qui veut que la gauche se perde dans l’exercice du pouvoir (…) Notre gauche, c’est celle qui assume dans les plus grandes difficultés d’assumer le pouvoir », a-t-il expliqué, citant Léon Blum, François Mitterrand, Lionel Jospin et François Hollande. 

Estimant que « l’anti-sarkozysme ne peut pas, à lui seul, tenir lieu de programme », il a appelé ses troupes à « réconcilier la gauche avec les Français ». Tout en précisant que « se réconcilier, ce n’est pas s’excuser ». 

« Jamais, sous la Ve République, une élection présidentielle n’aura été aussi importante, complexe et périlleuse, pour la gauche, mais d’abord pour la France », a-t-il résumé.

www.i24news.fr

La compagnie aérienne belge Brussel Airlines a annoncé le maintien d’un produit israélien dans ses plateaux repas après l’avoir enlevé suite à des pressions anti-israéliennes, rapporte lundi Arutz Sheva.

Selon le site israélien d’information, la compagnie aérienne a écrit à l’ambassadeur d’Israël en Belgique pour lui confirmer sa décision.

Le ministre israélien du Tourisme, Yariv Levin, a fustigé mercredi le retrait par la compagnie aérienne belge Brussel Airlines des barres de halva à la vanille, fabriquées à Barkan, une zone industrielle située en Judée-Samarie. « Une telle compagnie n’a pas sa place dans le ciel de l’Etat d’Israël, a-t-il déclaré, et son nom doit être effacé du tableau des vols de l’aéroport Ben Gourion », avait-il déclaré.

« Face à la polémique, la compagnie aérienne avait assuré que ce retrait n’était en rien politique. Brussels Airlines vole depuis 13 ans vers Israël, notre seule destination au Moyen -Orient, et nous n’avons jamais cessé de le faire (…). Nous sommes là pour rester et nous proposons plusieurs produits israéliens, que nous choisissons souverainement, à bord de nos vols. Nous ne nous mêlons pas des discussions politiques et restons neutres », avait insisté la compagnie.

David Stern

Le réalisateur, acteur et scénariste américain Gene Wilder, est décédé lundi à l’âge de 83 ans.

Légende d’Hollywood dans les années 1970, Gene Wilder est devenu célèbre avec Les Producteurs de Mel Brooks, de Charlie et la Chocolaterie et du Frère le plus futé de Sherlock Holmes.

De son vrai nom Jerome Silberman, il est le fils d’un couple de juifs russes ayant émigré aux États-Unis.

En 1979, il avait incarné Avram, dans une comédie intitulée Le Rabbin au Far West, au côté d’Harrison Ford.

Le comédien avait pris sa retraite en 2003 et n’était plus apparu à l’écran depuis. En 2015, Steven Spielberg avait songé à lui pour son projet de science-fiction Ready Player One.

Katty Scott 

Des supporteurs antisémites du club polonais du Widzew Łódź ont pendu et brûlé vendredi des mannequins juifs orthodoxes, en marge d’un match de foot contre le ŁKS Łódź, un club réputé proche de la communauté juive locale, rapporte le Gazeta Wyborcza.

Selon le quotidien polonais, les supporteurs ont également déployé des banderoles à caractère antisémite, incitant à brûler les Juifs [qu’ils brûlent, fils de putes], sans être inquiétés par la police.

"19.08, aujourd'hui, les Juifs ont été nommés. Laissez-les brûler, Motherf***ers"

« 19.08, aujourd’hui, les Juifs ont été nommés. Laissez-les brûler, Motherf***ers »

La communauté juive locale a exhorté les autorités polonaises à prendre des sanctions contre les supporteurs incriminés.

Régulièrement, des chants antisémites sont scandés lors des matchs du championnat polonais.

Comme dans de nombreux autres pays, les fans de football polonais ont souvent provoqué leurs adversaires, cependant en 2014 un procureur municipal polonais a jugé que les chants provocateurs ne peuvent être qualifiés d’infractions pénales.

Cet incident intervient alors que le gouvernement polonais a approuvé un projet de loi visant à condamner tout propos associant la Pologne au régime nazi.

Cette législation prévoit des poursuites judiciaires allant jusqu’à 3 ans de prison pour quiconque associerait le régime nazi à la Pologne.
Le but de cette mesure est, selon le gouvernement polonais, de stopper l’utilisation de termes qui laisseraient entendre que la Pologne a joué un rôle dans l’occupation nazie.

Yossi Abouksis

La ministre israélienne des Sports, Miri Regev, a annoncé dimanche qu’une minute de silence sera observée le 5 septembre à Haïfa lors du match de football entre Israël et l’Italie, en hommage aux victimes du séisme qui a frappé le centre de l’Italie mercredi.

« Cette minute de silence exprime la douleur partagée de l’État d’Israël avec le peuple italien et les familles des victimes », a déclaré la ministre israélienne dans un communiqué.

Mercredi, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait offert l’aide d’Israël à l’Italie.

Selon un dernier bilan provisoire de la Protection civile italienne, au moins 291 personnes ont été tuées. Le bilan des victimes est de 230 morts à Amatrice, la ville la plus touchée. Il s’élève à onze morts à Accumoli et à 50 morts à Arquato del Tronto.

L’Italie a décrété une journée de deuil national le 27 août. Tous les drapeaux ont été mis en berne dans les lieux publics pour rendre hommage aux disparus.

Les funérailles des victimes d’Amatrice et d’Accumoli auront lieu le 30 août, selon la Rai.

Des répliques ont continué à frapper la région, la plus forte d’entre elles atteignant une magnitude de 4,8 sur l’échelle de Richter. Plus de 1 300 répliques se sont produites depuis le séisme de mercredi, selon l’Institut italien de géologie.

Dans le cadre des éliminatoires du Mondial-2018, Israël est dans le groupe G, le « groupe de la mort », avec l’Italie, l’Espagne, l’Albanie, la Macédoine et le Lichtenstein.

Déborah Partouche 

Alors que les JO de Rio ont été marqués par un déferlement de pratiques hostiles et discriminatoires de pays musulmans contre Israël, un reportage d’al Jazeera éclaire sur les pratiques douteuses de la Fédération iranienne de lutte, dans des championnats internationaux de qualification pour ces JO.

Dans la courte scène ci-dessous, extraite d’un reportage d’une quarantaine de minutes, on y voit un entraîneur passer un pain de glace sur le poignet d’un jeune athlète iranien.

Ce dernier lui demande ce qu’il fait. L’entraîneur lui répond que sa carrière sera brisée s’il ose se confronter à un Israélien. Dubitatif, le jeune homme fond alors en larmes, en suppliant son entraîneur de le laisser se battre, sûr qu’il est de gagner contre son adversaire.

L’entraîneur ne se laisse pas impressionner et fait mine de soigner son protéger, en simulant une blessure.

Il est étonnant de constater que ce type de scène est révélé par une chaîne arabe, les médias occidentaux étant pris de cécité en ce qui concerne ce type de comportements de haine.

Haine enseignée au plus jeune âge:

https://www.facebook.com/AJWitness/videos/10157313205990557/.

CAN

« 2017 ne peut pas être une revanche »

François Fillon, candidat à la primaire de la droite, a attaqué dimanche dans la Sarthe son rival Nicolas Sarkozy sur ses démêlés avec la justice en posant la question : « Qui imagine un seul instant le général de Gaulle mis en examen ? ».

« Il ne sert à rien de parler d’autorité quand on n’est pas soi-même irréprochable », a lancé l’ex-Premier ministre de Nicolas Sarkozy à Sablé-sur-Sarthe, dans un discours truffé d’attaques contre l’ancien chef de l’Etat, mis en examen dans deux affaires.

« Qui imagine un seul instant le général de Gaulle mis en examen ? », a-t-il dit.

« Avoir une haute idée de la politique signifie que ceux qui briguent la confiance des Français doivent en être dignes. Ceux qui ne respectent pas les lois de la République ne devraient pas pouvoir se présenter devant les électeurs », a constaté le député de Paris.

« L’élection présidentielle ne peut pas se réduire aux enjeux sécuritaires pour mieux oublier les 6 millions de chômeurs et les 2.000 milliards de dettes », a aussi affirmé l’ex-Premier ministre, distancé dans les sondages pour la primaire des 20 et 27 novembre.

« Je ne perds pas mes nerfs. Je ne participe pas au concours Lépine des solutions les plus stupides et les plus imbéciles, censées lutter contre le terrorisme. Non, enfermer des dizaines de milliers de suspects sans contrôle et sans jugement ne réduira pas le risque d’attentat mais l’aggravera », a-t-il souligné en faisant référence à la proposition de Nicolas Sarkozy de mettre en « rétention surveillée » les fichés S.

Autre pique : « Non, l’Etat de droit n’est pas un obstacle à la lutte contre le terrorisme, c’est au contraire la meilleure arme contre les totalitaires qui en veulent à nos libertés » alors que l’ancien chef de l’Etat a repoussé d’un revers de main les « arguties juridiques » qui empêcheraient de lutter contre le terrorisme.

« Je suis candidat à la présidence de la République pour lui rendre sa dignité », a-t-il résumé.

L’ancien Premier ministre, qui au final a rendu hommage à son mentor le gaulliste social Philippe Séguin, a expliqué qu’il avait été « loyal et discipliné » en 2012 alors qu’il avait « la conviction » qu’il « pouvait battre François Hollande ».

Enumérant les grandes personnalités de l’histoire de France – dont les présidents de la Ve République -, il cite « De Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac » mais pas… Nicolas Sarkozy.

« On ne peut pas faire référence en permanence aux racines chrétiennes de la France pour justifier des comportements et des actes qui sont des insultes à l’esprit de ses racines », a-t-il encore lancé à l’adresse de l’ancien chef de l’Etat qui se réfère souvent aux « racines chrétiennes de la France »

« Ce n’est pas en se précipitant à la messe du 15 août après avoir convoqué les photographes ou en courant au Vatican pour tenter de regagner quelques voix chez les catholiques après les avoir provoqués, maltraités et même parfois réprimés que l’on se montre à la hauteur de ce rendez-vous de l’Histoire », a-t-il encore insisté.

« J’aurais pu comme tant d’autres me précipiter pour soutenir la réforme constitutionnelle sur la déchéance de nationalité voulue par François Hollande », a-t-il ajouté, encore en référence à Nicolas Sarkozy.

« 2017 ne peut pas être une revanche », a-t-il encore dit.

Dans la course de la victoire à la primaire de la droite, Alain Juppé a rejeté samedi « un Guantanamo à la française » pour les « fichés S », prenant son rival Sarkozy à contre-pied qui propose de les placer en rétention administrative.

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Le musée juif d’Italie reversa ses bénéfices aux victimes du séisme en signe de solidarité

L’organisation israélienne IsraAID a envoyé sur le site du séisme une équipe de 20 personnes formées au sauvetage, au secourisme, ainsi que des spécialistes en traumatologie, qui travaillent aux côtés de leurs homologues italiens.

Les sauveteurs israéliens sont arrivés 24 heures après la catastrophe afin d’aider les victimes du séisme.

Mickey Noam Alon, membre de l’équipe IsraAID, a raconté dans un post Facebook comment son équipe avait aidé Gabriele Gabiza, un homme de 82 ans de la ville de Scai dont la maison a été détruite.

« Nous avons rencontré Gabriele Gabiza, un homme de 82 ans, lorsque nous construisions l’abri temporaire à Scai. L’homme vivait seul dans une maison traditionnelle vieille de plus de 150 ans. Gabiza dormait lorsque le séisme a complètement détruit sa maison. Il était devenu en quelques secondes sans abri (…). Gabiza a décidé de se diriger vers l’un des campements  communautaires qui a été érigé dans les 24 heures après le séisme. Quand je l’ai rencontré, il été épuisé, choqué et confus. Immédiatement un membre de l’équipe d’IsraAID l’a aidé à trouver un endroit pour se reposer, lui a offert une couverture chaude et de l’eau. »

L’intervention d’IsraAid survient quelques heures après que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a offert l’aide d’Israël à son homologue italien Matteo Renzi.

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