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A l’issue du Grand Shelem qu’il vient, à nouveau, de remporter, comme jamais personne avant lui, nous remettons en ligne cet article réactualisé, du 7 août 2013.

Quiconque s’intéresse, même de loin, au Tennis, sait qui est Rafael (« Rafa ») Nadal. C’est ce joueur de tennis redevenu le Numéro Un, qui a remporté 10 fois Roland-Garros. Il est considéré comme l’un des plus grands joueurs de tous les temps, probablement encore, comme le meilleur joueur sur terre battue. Se remettant de mauvaises blessures, il a lutté brillamment pour son retour en tant que numéro un. Aussi, qu’est-ce que cela peut bien avoir à faire avec l’histoire juive ? Peut-être rien, peut-être beaucoup.

Puisque l’essentiel de l’histoire juive se définit par les persécutions, sa partie essentielle en passer par le « décodage » d’un passé secret. C’est ce qui nous ramène à Nadal.

Cette légende du Tennis est originaire de l’île de Majorque, en Espagne. En 1492, les Juifs de Majorque ont, soit été expulsés, soit convertis de force.

Ceux qui se sont convertis n’ont jamais été acceptés. Jusqu’à très récemment, on les appelait les « Chuetas », considérés comme une « race » à part. Les gens refusaient de se marier avec eux et ils ne pouvaient pas aspirer à des positions sociales élevées. Tout le monde savaient qu’ils étaient Juifs. Une église locale conservait la liste de leurs membres, au cas où il faudrait la produire publiquement. Récemment, la libéralisation a, peu à peu, changé tout cela et certains Chuetas sont revenus vers le Judaïsme. L’un d’eux est même devenu Rabbin et s’en est allé vivre en Israël.

Famille de chuetas en 1930

Le Majorquin Rafaël Nadal est-il un Chueta? Probablement. Son nom exact est : Rafaël Nadal Parera. « Parera » était un nom usuel chez les « Conversos » (les convertis), qui signifie « Poirier ». C’est un type de nom très « neutre », tels qu’en adoptaient les Juifs baptisés, au XVème siècle. Des noms comme « Parera », « Torres » et « Médina » reflètent, habituellement, un passé juif considéré comme « honteux », caché.

Certains de ces Chrétiens nouvellement admis ont essayé de prouver leur loyauté à leur nouvelle religion, en étant plus antisémites que les Chrétiens de vieille souche. Mais d’autres ont défendu leurs correligionnaires et fidèles « Conversos ». Jerónimo Nadal faisait partie de la seconde catégorie de braves types.

Tout comme le joueur de tennis des temps modernes, au XVIème siècle, Jerónimo Nadal venait de la région de Palma de Majorque. Il fut l’un des premiers Jésuites, représentant Ignacio de Loyola, le fondateur de l’ordre des Jésuites. A une époque de politique rigoureusement anti-Conversos, Jerónimo Nadal était bienfaisant envers les Conversos, en leur permettant d’intégrer l’ordre. Nous tenons pour un fait établi que Jerónimo Nadal parlait couramment hébreu. En fait, il était tellement féru de connaissances en textes religieux juifs que l’histoire a retenu que, lorsqu’il était en Avignon, en France, dans les années 1560, les Juifs de l’endroit lui ont offert le poste de Grand Rabbin ! Rabbi Nadal ? Aussi, il semble bien établi que Nadal soit un nom de converso.

Il existe bien d’autres preuves : les archives de l’Inquisition espagnole nous apprennent qu’au moins trois Conversos qui portaient le nom de « Nadal” ont été jugés comme des Hérétiques Judaïsés, à la fin du XVème siècle. Et, au moins un Nadal, appelé « Rafaël Nadal », tout comme le joueur de tennis, fut jugé à la fin du XVIIè siècle (voir : “ The Jesuit Order as a Synagogue of Jews: Studies in Medieval and Reformation Traditions ”, Robert Aleksander Maryks, pp. 88-89).

Mais, l’histoire des Juifs de Majorque remonte bien avant les temps médiévaux. Ils semblent avoir vécu là depuis, au moins, le 1er siècle (de l’ère commune). Il y a même de bonnes raisons de croire que certains des Juifs, forcés, par l’Inquisition, à se convertir pourraient être des descendants de Jésus et de ses premiers disciples. Trois pierres gravées sont exposées au Musée archéologique de Majorque.

Ces vestiges ont été découverts dans un environnement du 2nd siècle « paléo-chrétien », c’est-à-dire préchrétien. Il est largement admis que ces vestiges représentant des poissons constituent un des premiers symboles du christianisme. On a, cependant, découvert ces trois pierres dans la tombe d’un homme enterré en direction de Jérusalem. Elles portent mêmes des inscriptions en hébreu!. Elles révèlent le nom de l’homme enterré dans cette tombe. Il s’appelait « Samuel, fils de Chanaï ». S’agissait-il d’un des premiers hébreux, disciples de Jésus, parti de Terre Sainte vers Majorque ? De façon incroyable, il existe une tradition sur cette île, disant que Jésus lui-même aurait débarqué à cet endroit. Les Majorquins venèrent « les pas sacrés » de Jésus jusqu’à ce jour.

Mais aussi, et c’est très rare, « Magdalene » est un nom commun parmi les Chuetas. Il y a même une famille « Chueta » qui revendique sa descendance directe de Jésus en personne voir le thème apocryphe du film de M. Scorcese : La Dernière Tentation du Christ », 1988″.

Aussi subsiste t-il la blague spirituelle, à Majorque, selon laquelle l’Inquisition semble avoir forcé les descendants des premiers disciples de Jésus et de sa famille à se convertir, du Christianisme que Jésus enseignait au Christanisme, tel que l’Inquisition l’a développé. Clairement, les Nadal font partie de cette histoire secrète, ils font partie de l’épisode des conversions sous la contrainte, des procès inquisitoriaux et de l’histoire du Judaïsme vécu dans le secret.

Je ne sais pas si Rafaël Nadal est au courant de quoi que ce soit à ce propos, mais si c’est le cas, il peut revendiquer son passé juif en même temps qu’il aspire à retrouver sa couronne de numéro un mondial de tennis. Tout comme pour les Chuetas, avec ou sans Rafa, il est temps de revenir à la maison. Peut-être l’Etat d’Israël pourrait-il faire écho aux dernières propositions du gouvernement espagnol, c’est-à-dire, exactement comme l’Espagne offre aux Juifs d’ascendance espagnole d’accélérer leur acquisition de la nationalité espagnole, Israël pourrait offrir aux Conversos en général, et aux Chuetas en particulier, une acquisition plus rapide de la citoyenneté israélienne. De cette façon, Nadal pourra peut-être représenter Israël lors de futurs championnats de tennis.

Pour plus d’informations du lien précoce entre le mouvement autour de Jésus et l’Espagne, vous pouvez regarder mon film : “ Secrets du Christianisme ”, dont l’épisode sur le « Voyage oublié de Jésus ».

blogs. Article original


Simcha Jacobivici, cinéaste, chercheur, documentariste canado-israélien

7 AOUT 2013, 12:37 AM 11

Adaptation : Marc Brzustowski.

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Cette année, la fête de Chavouot commence mardi 30 mai, à la tombée de la nuit (à partir de 21h 25 à Paris) et s’achève jeudi 1er juin2017 à 22h 49

Pour quelle raison la fête de Chavouot porte-t-elle ce nom (littéralement : la fête des semaines) ? Quel rapport entretient-elle avec les semaines de l’année ? Pourquoi est-elle par ailleurs appelée le « יום תורתנו », c’est-à-dire « le jour où la Thora nous a été donnée », mais aussi « חג הביכורים » (la fête des prémices), ou encore «חג הקציר » (la fête de la moisson) ? Quatre appellations qui, à première vue, sont sans rapport les unes avec les autres. Qu’est-ce qui relie en effet la temporalité de la semaine au don de la Thora ? Comment devons-nous comprendre le lien que la Thora entretient avec les prémices ou avec les premières moissons ?

Métaphysique du temps

Comprendre en quoi le temps – exprimé ici dans le cycle des semaines – est intrinsèquement lié au don de la Thora ne peut se faire sans saisir d’abord en quoi les différentes formes de temporalité évoquées par la Thora relèvent d’une perspective existentielle de premier plan.

Certes, bien que le jour par exemple soit communément défini comme ce cycle cosmique de vingt-quatre heures conformément à la rotation de la Terre sur elle-même ; que le mois corresponde au cycle de la circonvolution lunaire autour de la Terre ; ou que l’année ait usuellement pour référence la rotation de la Terre autour du Soleil, toutes ces manières de concevoir le temps prennent dans la Thora une signification originale qui ne sépare pas le cadre matériel (ou naturel) à travers lequel le temps est vécu, de sa dimension profondément spirituelle. Le rationnel dit le monde, le monde physique a un sens.

Comme nous le proclamons quotidiennement, le monde est recrée chaque matin et tous les soirs il est restitué à son Créateur ». Le cycle des jours exprime donc le temps sous la forme de la mort et du renouvellement. Le jour et la nuit sont l’expérience universelle de la naissance et de la mort. Au point que le tsadik est capable de vivre l’aube comme l’irruption même de l’univers. Ainsi en est-il de la prière du matin (cha’harit), celle d’Abraham. Contemporaine de l’apparaître du monde qui nous est offert dans l’orée matinale, à l’image du héssed, de la pure donation. Tandis qu’inversement, le soir, avec la nuit tombante, l’univers retourne à son origine, à son néant…

Le mois est, quant à lui, le temps du renouveau. La lune est comparée au peuple juif, à l’apparition même de ce qui est radicalement nouveau. A l’irruption dans le temps de l’impossible, de l’inattendu et de l’inédit. C’est donc en toute logique que la venue du Messie s’inscrit dans la temporalité des cycles mensuels. Si l’on attend le Machiah, ce n’est pas – comme le pensaient certains philosophes positivistes, parce qu’il serait le produit de l’Histoire. Au contraire ! La Thora pense le Messie comme la déchirure du tissu de l’Histoire, l’irruption d’un nouveau visage de l’être. La fête (moed) en ce sens casse le monde. Avec elle, on revit littéralement le passé.

A la différence du mois (‘hodech du même radical que le mot ‘hidouch – renouveau), l’année juive est appelée chana – un retour sur soi. Elle correspond à l’être des choses naturelles, au rythme du monde tel qu’il est.

Le temps de la semaine

Au cœur de l’année, malgré la loi implacable de sa répétition, la semaine pourtant lui échappe. Et bien qu’il n’ait aucun fondement naturel, puisqu’il est une création propre à la Thora, le cycle des semaines est devenu pourtant une mesure universelle.

Or c’est précisément cette nouvelle conception du temps, l’invention du cycle des semaines, qui constitue la condition sine qua non du don de la Thora. Puisque, pour recevoir la Thora, il est nécessaire de vivre (à travers le décompte de sept fois sept semaines) la temporalité des semaines séparant la sortie d’Egypte à Pessah du don de la Thora au Mont Sinaï. Au point que recevoir la Thora, c’est vivre le temps comme des semaines. Une temporalité qui se dévoile à travers une double perspective.

Le sens de l’Histoire

Tout d’abord, parce que la semaine est dirigée vers un but. Désormais vécu comme l’élaboration du Chabbat, le temps qui la gouverne se dirige vers l’éternité. Un événement qui, tout en se élaborant à travers le temps, n’est pourtant pas inscrit dans la nature. Ainsi, bien que nous soyons dans l’impossibilité d’en reconnaître les signes dans le creux de notre mondanité, vivre le temps de cette manière, c’est avouer que l’Histoire n’est pas anarchique, mais au contraire qu’elle mène quelque part. Que le monde entier, depuis la Création, répond à une intention.

Le ‘Hazon Ich disait en ce sens qu’à la différence du commun des mortels, seul le navi, détenteur de l’inspiration prophétique qui lui permet de comprendre le sens de l’Histoire, est habilité à écrire le livre de l’Histoire.

Recevoir la Thora, ce n’est donc pas seulement recevoir la révélation divine. C’est plus profondément comprendre que l’univers lui-même incarne l’écriture en acte de cette révélation. Saisir que l’univers se déploie pour produire une immense fresque qui ne sera lisible qu’aux temps messianiques, et qu’en attendant, l’Histoire qui se déroule depuis des millénaires est un parchemin que nous ne savons pas lire. Ou plus exactement que, depuis l’extinction de la prophétie, nous ne savons plus lire.

Quel sens en effet devons-nous donner à l’Inquisition, à la Shoah, à l’assimilation, au sionisme, aux différentes guerres qui rythment l’Histoire du peuple juif  ? A la galout, l’exil ?

Vivre ces faits comme de simples faits analytiques laissés à l’appréciation de homme, c’est reconnaître que chacun peut y aller de sa propre opinion. Certains verront par exemple le sionisme comme une normalisation du peuple juif le réduisant à imiter les autres peuples… D’autres, comme le Rav Kook, diront, au contraire, que le sionisme précède nécessairement le Messie… Mais seul le prophète est susceptible de fournir une lecture de l’Histoire qui lui soit intrinsèque et unique. Car l’Histoire, c’est une Thora qui est en train de s’écrire mais qui ne sera révélée qu’à la fin des temps.

En ce sens, le don de la Thora constitue la plus grande prophétie qui soit. Car recevoir la Thora, ce n’est pas seulement recevoir un texte. C’est recevoir le pouvoir de la prophétie, l’espérance de la lecture du sens de l’Histoire.

La Thora incarne le gouvernement (hachga’ha) de D.ieu sur le peuple d’Israël. L’Eternel se révèle à travers l’Histoire du peuple d’Israël depuis Abraham, Its’hak et Yaacov, à travers l’Egypte. Tant et si bien que le peuple juif n’est rien d’autre que le miroir de la Résidence divine (Chékhina). Voilà pourquoi Israël est comparé à la lune. Car, de la même façon que la lune témoigne de la lumière solaire, de même le peuple d’Israël est le reflet de D.ieu dans le monde.

La Thora n’est donc pas la plus haute manifestation culturelle du monde, elle avant tout l’écriture du sens du monde. La Thora c’est le monde entier, le sens même du monde.

Ce qui se joue dans la fête de Chavouot, c’est le sens même de l’Histoire. C’est cela la semaine. Elle dit le sens, la direction des choses.

Le don de la Thora

La deuxième dimension est celle du don de la Thora. Or, il faut recevoir la Thora tous les ans. Il faut littéralement revivre le don de la Thora.

Le Maharal de Prague pose la question suivante : comment se fait il que la Thora parle de choses tout à fait prosaïques, tandis que la philosophie parle de choses autres ?

L’homme est crée à l’image de la Thora et, de la même façon que l’homme a un corps et une âme, la Thora possède un corps et une âme. Quiconque pénètre dans le cœur de la Thora sans passer par la manifestation concrète des mitsvot – par son corps, même la Thora lui échappe.

Il y a trois niveaux dans la Thora, et trois dans l’homme : le sens manifeste (le corps de l’homme et les mitsvot de la Thora) ; le niveau initié où se cache une sagesse très profonde et où l’homme a une âme très haute. C’est le niveau qu’aucun homme ne peut comprendre, de la même manière que chaque homme comporte une part de son âme qui lui reste inaccessible. Ces trois niveaux se trouvent dans la Thora et dans l’homme.

Je n’en vois que deux :

Dans la Thora, le targoum (la traduction du texte écrit en araméen) constitue le niveau manifeste dans la mesure où l’araméen était alors la langue du peuple. Mais d’autres commentateurs pensent au contraire que le araméen représente le plus haut niveau qui soit. En effet, alors que toute langue est synonyme de science, et que toute science barre la route à un accès immédiat à la lumière, l’araméen, lui, n’est pas une langue.
Le Gaon de Vilna l’explique quand il montre que chaque révélation est nécessairement liée à son propre obscurcissement puisque, dit-il, le dévoilement de la vérité masque toujours une vérité plus profonde qu’il est censé exprimer. Pour cette raison le plus haut niveau de la révélation, c’est le targoum qui, à la différence de la langue et de la culture masquant l’irruption de l’infini dans ce monde, ne relève pas d’une logique du sens proprement dite…

Le Maharal de Prague commente ainsi ce passage du Talmud (Traité Nida, p.30b) qui décrit la position de l’embryon dans le ventre de sa mère. Le texte dit de lui qu’il connaît alors toute la Thora, qu’une bougie, posée sur son front, illumine pour lui le monde. Il n’y a besoin d’aucun savoir pour connaître. Alors qu’il est éjecté de la matrice et qu’il surgit à l’existence un ange lui donne un léger coup sur la bouche afin qu’il oublie toute la Thora. Or, le Maharal explique que si on lui frappe sur la bouche précisément, c’est dans la mesure où la parole est le moteur par lequel l’enfant oublie la Thora. En effet, dès que l’enfant naît, il accède au monde de la parole. Certes, il ne parle pas encore, mais cette parole structure déjà son intelligence. Elle constitue en ce sens à la fois l’extraordinaire éveil des forces intellectuelles, mais en même temps une fermeture à la transcendance. La parole est ainsi double : elle est simultanément fermeture et ouverture à la lumière. Accéder à la parole, c’est pénétrer dans un système signifié/signifiant. C’est se soumettre à la science. En ce sens, la parole structurante inscrit une brèche au sein de l’être.

Pour le Gaon de Vilna, il est nécessaire de passer par le système du savoir pour arriver à la דבקות (l’attachement à la transcendance). Mais le Baal Chem Tov pensait à l’inverse que n’importe quel Juif, même s’il ne connaît pas la Torah, peut avoir un rapport direct avec D.ieu. Ces deux visées sont complémentaires. Elles expriment le lien d’essence qui unit le Juif à la Torah.

Ainsi, accepter la Thora dans les trois dimensions que nous avons évoquées, cela signifie :

Accepter la Thora en tant qu’elle constitue le sens manifeste. Donc être tout à fait concret. Ne pas voler, ne pas dire de la médisance (lachone hara), ne pas faire du mal à son prochain… Le sens manifeste dira-t-on ne concerne que les gens simples. D’une certaine manière, peut-être. Mais il oblige. Et en ce sens, tandis que l’intellectuel ne franchit pas les limites de son ego – tributaire qu’il est de son propre orgueil, il est incapable de se soumettre à la Loi –, l’homme juif le plus simple soit-il se respecter en tant que corps. Il sait exister en tant que personnalité du corps.

Etudier, chacun à son niveau, et comprendre la grandeur de la Thora. C’est le sens initié. Celui-là sait s’assumer comme un individu auquel est attaché un destin fort. Il n’est pas dépendant des traumatismes de l’enfance.

Se relier à l’infini, car ce travail relève de quelque chose qui me dépasse. A l’image des couronnes des lettres de la Thora que Rabbi Akiva a interprétées et qui sont comme autant de ponts entre l’infini et le fini, il faut que pendant son étude l’homme comprenne qu’il y a toujours plus. Qu’étudier donne à comprendre encore plus.

Il en est de même pour l’homme. Lors d’une psychanalyse on se reconstruit certes, on s’arrache aux traumatismes. Mais les psychanalystes sont secs, ils ne sont plus que leur propre bien être. Ont-ils réussi à s’arracher aux traumatismes que cette construction a aussitôt perdu de sa fragilité. A l’inverse, celui qui étudie doit garder cette fragilité et ne jamais oublier qu’il est toujours devant l’infini.

La transcendance au sein de la matière

La fête de Chavouot s’appelle חג הביכורים car donner les prémices, les premiers fruits, c’est ramener l’essence et l’origine à D.ieu. Ne pas se construire pour soi mais se construire dans cette alliance avec D.ieu.

Alors que les nourritures peuvent être vécues juste comme de simples nourritures grâce auxquelles je comble un besoin, un manque, en recevant la Thora, la nourriture peut inversement constituer une véritable ouverture au sens. En français comme en hébreu, le sens peut renvoyer aux sens sensoriels comme aux significations. Ainsi, la première fois que l’homme accède à la connaissance, c’est lorsqu’il mange du blé. Le Talmud enseigne même que l’arbre de la connaissance c’était le blé. Or, ce qui différencie l’homme de l’animal, c’est bien là au cœur de son expérience sensorielle, car la possibilité de jouir pour l’homme sous entend déjà une ouverture vers la transcendance. A telle enseigne que l’homme a été crée afin de jouir de la présence divine. Ce qui signifierait que la finalité de la création est la jouissance du fruit divin comme si déjà le plus haut et le plus bas étaient unies, dans la jouissance la plus basse et la plus immédiate.

Le tsaddik comprend en ce sens que la jouissance c’est l’ouverture sur le sens. Quand je prends du plaisir en mangeant, quand je vois un beau paysage, ce goût peut me révéler autre chose, une différence à moi-même. Le goût, pourrait-on dire, c’est l’expérience d’un ailleurs. Ainsi, la fête de Chavouot en tant qu’elle exprime le don radical, montre en même temps en quoi la Thora relève d’un ailleurs radical. Recevoir la Thora c’est donc être capable face à n’importe quel phénomène physique source d’une jouissance quelconque de considérer cette jouissance comme un don de l’ailleurs. Car le goût n’est pas en moi. Il me révèle au contraire une différence à moi-même qui m’ouvre vers un autre savoir.

Avec Chavouot, le corps advient à la conscience de D.ieu. Cette fête nous enseigne comment nous devons recevoir la lumière de l’extérieur dans les actes physiques, en mangeant par exemple. Tandis que l’âme reçoit la Thora divine pour ainsi dire de manière directe, l’esprit la reçoit à un niveau inférieur, à travers les mitsvot. Quant à la question de savoir comment le corps reçoit-il quelque chose de D.ieu, la réponse se trouve dans les nourritures elles-mêmes, celles-ci étant le symptôme d’un ailleurs qui passe précisément par le goût, par l’expérience sensorielle.

C’est en ce sens que nous devons comprendre la malédiction du serpent. Après la faute, il sera démuni de toute appréhension gustative. Tout ce qu’il mangera ne sera plus désormais que de l’ordre de l’utilitaire. De la même manière, quiconque ne mange que pour se nourrir seulement est identifiable au serpent. Sans rapport au goût, une telle personne a perdu toute notion de jouissance.

Elle jouit à l’intérieur d’un circuit fermé, recroquevillée sur elle-même, sans que son expérience sensorielle du monde n’ait plus aucune valeur. Pourtant, malgré cet enfermement sur soi du jouir primordial, ce type d’individu est habité d’une puissante volonté (ici le יצר הרע) de récupérer la jouissance pour soi. C’est ce qui différencie le plaisir (תענוג) tourné vers la recherche du sens, de la luxure (תעבה) toute entière tournée vers soi même et qui, utilisant le goût pour s’isoler du monde, désire exister seule. Inversement, le עונג vient de גינה – le jardin du sens, car le goût doit conduire au Jardin d’Eden. Lorsque le plaisir s’inscrit dans un mouvement d’attachement (דבקות) avec D.ieu, le monde physique constitue alors une véritable ouverture à la spiritualité.

Par le Rav Raphaël Sadin

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Peut-on utiliser pendant Pessah les ustensiles en argent, comme le verre à Kiddouch par exemple, alors qu’on les utilise toute l’année?

Tous les ustensiles que l’on utilise à froid, c’est-à-dire, que l’on utilise uniquement pour des aliments froids, peuvent être utilisés  pendant Pessah. Il est suffisant de les frotter correctement au préalable. Cette autorisation a pour raison le fait que les aliments froids ne sont pas absorbés dans les parois de l’ustensile, il n’y a donc pas à craindre qu’ils rejettent leurs goûts dans la nourriture.

A partir de là, si l’on doit débattre au sujet des ustensiles en argent, il est avant tout évident que l’usage est de les utiliser uniquement à froid, comme pour le verre de Kiddouch, ou des plats ou autre … dans lesquels on n’a absolument pas l’usage d’y placer un aliment chaud. Par conséquent, il est suffisant de les nettoyer correctement (3 fois à l’eau), et il sera permis de les utiliser pendant Pessah, même pour les Matsot du Séder.

Cependant, le Mordéh’i (Rabbénou Mordéh’aï Bar Hillel qui fait partie de nos maîtres les Richonim (1) et qui fut assassiné à Nuremberg il y a environ 700 ans en sanctifiant le nom d’Hachem) écrit (dans son commentaire sur Péssah’im chap.2 sect.574) :

« Des verres en argent, il est à craindre que l’on y ait parfois introduit du vin et des aromes à proximité du feu, et de ce fait, il faut les Cachériser par immersion dans un ustensile d’eau bouillante sur le feu »

Cela signifie que puisqu’il est probable que l’on ait placé un aliment Hamets chaud dans les ustensiles en argent, on est donc tenu de les immerger dans un ustensile d’eau bouillante se trouvant encore sur le feu (Hagala).

Mais le Rachba (2) (vol1 chap 372) écrit au sujet d’ustensiles que l’on utilise constamment à froid, et dans lesquels on place « parfois » du pain chaud, il est suffisant de les nettoyer uniquement, et il sera permis de les utiliser pendant Péssah. Il n’est pas nécessaire de les immerger dans l’eau bouillante de la Hagala, car pour tout ustensile nous nous fions au principe d’ «utilisation majeure ».

Cela signifie que si l’on utilise en général l’ustensile à froid, même s’il est arrivé de façon exceptionnelle de l’utiliser à chaud, il est suffisant de nettoyer cet ustensile, et il n’est pas à craindre que l’ustensile ait absorbé une fois du Hamets.

Le Gaon Rabbénou Ménah’em ‘Azarya de PANO (dans son Chou’t chap.96) tranche lui aussi selon les propos du Rachba selon lesquels tout ustensile dont l’usage est à froid, même s’il est arrivé exceptionnellement que cet ustensile ait absorbé du Hamets, il n’est pas nécessaire de l’immerger dans l’eau bouillante de la Hagala, puisque pour tout ustensile nous nous fions à son utilisation majeure.

Cependant, le Gaon Rabbi Yossef Haïm Zonnefeld ztsl objecte sur les propos du Rachba en disant : Comment pouvons-nous dire que nous nous fions à l’ utilisation majeure d’un ustensile ? N’est-il pas suffisant que cet ustensile ait absorbé ne serait-ce qu’une seule fois du Hamets qu’il rejettera lors de la prochaine utilisation pendant Péssah ?! Quelle logique y a-t-il dans le raisonnement du Rachba selon lequel nous nous fions à l’ utilisation majeure de l’ustensile ?

Le Rav Ovadia Yossef ztsl explique que puisque tous les propos du Rachba ne concernent qu’un ustensile sur lequel se sont écoulés 24 heures depuis sa dernière utilisation à chaud (comme l’écrit explicitement Rabbénou Ménah’em ‘Azarya de PANO sur les propos du Rachba), selon la Torah cet ustensile n’est concerné par aucun interdit d’utilisation, car au-delà de 24 heures le goût Hamets absorbé dans les parois de l’ustensile se détériore totalement (Ta’am Pagoum). Ce n’est que selon nos maitres qu’un tel ustensile reste interdit à l’utilisation même au-delà de 24 heures depuis sa dernière utilisation à chaud. Ces mêmes maitres interdisant l’utilisation d’un ustensile ayant absorbé un interdit alimentaire, même au-delà de 24 heures après cette absorption, autorisent et tranchent que l’on doit toujours se fier à l’ utilisation majeure d’un ustensile.

En conclusion : Tout ustensile dont l’utilisation se fait à froid, comme des ustensiles en argent par exemple, peut être utilisé pendant Péssah après avoir été lavé et nettoyé correctement. Même s’il est à craindre de l’avoir utilisé parfois avec du Hamets chaud, ceci ne représente rien, et il est permis de l’utiliser pendant Péssah. (H’azon Ovadia-Péssah’ nouvelle édition page 148)

Notes :

Source : halachayomit.co.il

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Comme personne n’est parvenu à renverser Binyamin Netanyahu par des moyens honnêtes, c’est-à-dire par les élections, il semble qu’une « cabale » se soit montée pour le faire tomber comme Al Capone, pour fraude fiscale. Belle mentalité de la part de ses adversaires politiques, vraisemblablement manipulés par le Président sortant de la Maison Blanche, qui se rêve déjà en président-fantôme planant au-dessus et dans l’ombre de son successeur. 

Hormis que les sommes atteintes au fil du temps (se comptant en dizaines de milliers de shekels) soient relativement importantes, il ne semble pas que Binyamin Netanyahu ait dû tuer un chat pour jouir des cadeaux ramenés lors de ses visites, par son ami le producteur de cinéma Arnon Milchan, dont on a déjà parlé, lors de ses révélations en novembre 2013, sur Jforum. Celui-ci avait alors trouvé intriguant de révéler que lui-même et d’autres, dans les milieux d’Hollywood, auraient joué un rôle d’intermédiaires, entre les services secrets israéliens et des fournisseurs d’armes… Il n’était alors pas question de Monte-Cristo ou de Champagne Rosé Dom Perignon à plus de 200 $, pour Madame Sara Netanyahu. Reste à savoir s’il est interdit d’en consommer et d’apprécier de tels présents, alors qu’on est au pouvoir. D’autant qu’il n’y a pas de versement de « compensations »…

Le millionnaire israélien et producteur de films b à Hollywood, Arnon Milchan, qui est au centre d’allégations de « corruption », en cours d’enquête menée par la police à l’encontre du Premier Ministre Binyamin Netanyahu, est un personnage de mystère et d’intrigues considérables, disposant d’un carnet d’adresses extraordinaire et d’amis dans les milieux du cinéma, dans la sphère politique israélienne et, apparemment, au sein de la communauté du renseignement israélien.

On a assisté ces derniers jours à l’apparition de son nom qui se télescope au dossier Netanyahu – en tant que bienfaiteur central du Premier Ministre et de sa femme Sara. Netanyahu a démenti tout méfait.

Milchan, 72 ans, aurait, dit-on, fourni à Netanyahu des cigares fins -dont des Cohiba Siglo V, Trinidad et des Montecristo – et offert à Sara des bouteilles de Dom Perignon d’une valeur de plus de 200 $. Un reportage de la 2ème chaîne de TV a déclaré endredi que la fourniture de cigares correspondait à un « véritable pont aérien », qui s’est poursuivi au cours des 7-8 dernières années des mandats en tant que Premier Ministre, pour une valeur totalisant des centaines de milliers de shekels. L’avocat de Netanyahu a déclaré un peu plus tôt vendredi qu’il n’y avait rien de criminel dans le fait qu’un bon ami offre des cigares à un autre.

 Le reportage de la chaîne 2 déclare que les cadeaux de Milchan à Netanyahu ont commencé alors qu’il était encore le de l’opposition et qu’ils ne se sont pas limité à des boîtes de cigares. Il y a aussi eu des costumes, des repas cuisinés par des chefs privés, dit-oainsi que des bijoux pour Mme Netanyahu.

On n’a aucune information démontrant que Netanyahu aurait fait quoi que ce soit en échange de tels cadeaux, atteste le reportage. Il n’est pas, non plus, évident  que la valeur pure de ces cadeaux signifient que le simple fait de les accepter puisse constituer une infraction à la Loi. Yaacov Weinroth, l’avocat de Netanyahu a affirmé « qu’il n’y a pas la moindre trace de criminalité »en la matière.

Les relations chaleureuses de Milchan avec les hommes politiques israéliens, vont au-delà du dirigeant du Likoud, Binyamin Netanyahu. C’était aussi un ami très proche de l’ancien Président et Premier Ministre Shimon Peres, alors qu’il a même donné le nom de Shimon à son fils, insiste la procuratrice deuxième chaîne israélienne. Il était aussi amical envers Ehud Olmert, qui lui, par contre, a été condamné pour corruption dans le domaine immobilier. Il a organisé la médiation  entre les deux leaders de la majorité et de l’opposition, Netanyahu et son opposant, le chef du Parti  de l’Union Sioniste, Itzhak Herzog, lors des dernières élections, dans la perspective d’un gouvernement d’unité nationale qui ne s’est jamais mis en place.

Des sources proches de Netanyahu ont souligné que Milchan a un siège à la direction de la Chaîne dix de télévision, ce que le Premier Ministre aurait précédemment tenté d’occulter.

Milchan a aussi introduit Netanyahuauprès d’un bon nombre d’acteurs à Hollywood.

Prime Minister Benjamin Netanyahu, his wife Sara (C) and their son Yair seen with actress Kate Hudson at an event held at the home of producer Arnon Milchan (right), March 6, 2014. (Avi Ohayon/GPO/Flash90)

Prime Minister Benjamin Netanyahu, his wife Sara (C) and their son Yair seen with actress Kate Hudson at an event held at the home of producer Arnon Milchan (right), March 6, 2014. (Avi Ohayon/GPO/Flash90)

Le producteur hollywoodien Arnon Milchan (screen capture: YouTube/amitost)

Arnon Milchan, le producteur américano-israélien, acclamé par la critique, avait révélé, en novembre 2013, les détails de ses activités visant à renforcer le présumé programme nucléaire israélien, lorsqu’il travaillait à Hollywood, durant les années 1970 et 80.

Milchan, aujourd’hui âgé de 71 ans, qui a produit des films aussi célèbres que « Fight Club », « Pretty Woman » et « L.A Confidential », avait donné une interview exclusive à la journaliste d’investigation de la Chaîne 2 israélienne, Ilana Dayan, pour le premier épisode d’une nouvelle saison de son émission concernant les affaires courantes, « Uvda » (les Faits).

Dans l’interview, Milchan parle de son engagement sur le marché d’armes clandestines et de ses efforts pour acheter des technologies, dont Israël était supposé avoir besoin, pour l’éventuelle fabrication d‘armes atomiques, comme l’a détaillé un aperçu publié dans le Daily Mail et des extraits de clips passés sur la 2nde chaîne.

Concernant ses activités parallèles comme marchand d’armes, il y en avait certains, évidemment, qui étaient plus que réticents à travailler avec lui, avait déclar Milchan à Dayan.

“A Hollywood, d’un point de vue idéologique, on n’aime pas trop travailler avec quelqu’un qui a la réputation d’être un marchand d’armes, quelqu’un qui vit de la vente de mitrailleuses et du sang des morts. Plutôt que de discuter sérieusement avec quelqu’un du scénario à écrire, je devais, souvent, passer une demi-heure à expliquer que je ne suis pas un trafiquant d’armes ».

A part mettre au point des ventes d’armes, Milchan a aussi essayé d’impliquer d’autre grandes figures hollywoodiennes dans son travail clandestin, notamment l’ancien directeur de plateau Sydney Pollack, selon un article d’ Haaretz (Article original) qui offre quelques extraits de l’émission.

On peut présumer que Pollack était impliqué dans l’achat d’armes et d’équipements militaires pour Israël, au cours des années 1970, et, selon Milchan, il savait à peu près dans quoi il avait mis les pieds.

“Pollack s’en doutait bien, mais je ne voulais pas l’effrayer, parce qu’il est Américain… Il aurait pu dire “Non”, dit Milchan. “Il a dit “non”, effectivement un certain nombre de fois, mais il a aussi dit “Oui”, pas mal d’autres fois”.

Milchan, qui est, partiellement, propriétaire de la société qui possède la 10ème chaîne israélienne, admet, également, avoir tenté d’utiliser une grande Star dont le nom ne sera pas révélé, afin d‘inciter un scientifique nucléaire à une rencontre privée, au domicile de l’acteur/trice, bien que le reportage n’ait pas pu clarifié si le rendez-vous avaiit ou non eu lieu.

Un certain nombre d’acteurs figuraient dans le documentaire, dont Russel Crowe, Ben Affleck et Robert de Niro, qui est un ami personnel de Milchan.

Actor Robert De Niro waits for his meeting with Israel’s President Shimon Peres at the Peres’ residence in Jerusalem June 18, 2013. REUTERS/Sebastian Scheiner/Pool (JERUSALEM – Tags: POLITICS ENTERTAINMENT)

De Niro avait confié à Dayan qu’il avait entendu des choses au sujet de Milchan, cependant rien qui n’ait jamais été confirmé. « Je n’en étais pas sûr », dit-il.

Il y a cinq ans, les auteurs Meïr Doron et Joseph Gelman ont publié un livre intitulé : « Confidentiel : La vie de l’Agent Secret et Magnat d’Hollywood Arnon Milchan », dans lequel ils affirment que Milchan agissait pour le compte du Bureau des Relations Scientifiques israélien, connu ou l’acronyme de Lekem, aujourd’hui démantelé. Ce bureau clandestin se consacrait à obtenir des informations pour le programmes secret-défense qui était réputé inclure les programmes de recherche et de développement des armes nucléaires, si on se fie à la rumeur. Ce bureau a été démantelé en 1987, après l’arrestation de Jonathan Pollard , analyste et spécialiste de la Marine US, pour espionnage au profit d’Israël.

©Jforum avec Agences

Adaptation : Marc Brzustowski

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Noémie Montagne, la compagne de Dieudonné, qui gère sa maison de production installée à Saint-Lubin-de-la-Haye (Eure-et-Loir), est elle aussi mise en examen dans l’enquête qui vise déjà l’humoriste controversé pour des soupçons de fraude fiscale et de dissimulation de son patrimoine.

Elle a toujours pris soin d’éviter le devant la scène, mais cette fois, c’est un juge qui décide de la distribution.

Le juge d’instruction Renaud van Ruymbeke avait déjà donné à Dieudonné M’Bala BM’Bala, en 2014, la tête d’affiche de son enquête pour fraude fiscale, blanchiment de fraude fiscale, abus de biens sociaux et organisation frauduleuse d’insolvabilité.

Il lui est notamment reproché d’avoir cherché à échapper au paiement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), qui s’applique aux patrimoines supérieurs à 1,3 million d’euros. Mais Noémie Montagne, 40 ans, la compagne de l’humoriste controversé, est désormais elle aussi considérée comme ayant eu un rôle actif dans ces délits.


Soupçonnée comme Dieudonné d’avoir détourné à son profit une partie des recettes non comptabilisées de ses spectacles.

Le juge l’a en effet aussi mise en examen, fin septembre 2016, selon l’AFP, citant une source que L’Echo a pu confirmer par une autre, ce jeudi 1er septembre . Noémie Montagne dirige la société de production du couple, basée dans le village de Saint-Lubin-de-la-Haye, au nord de Dreux. C’est d’ailleurs elle qui, après des mois de procédure, avait fait racheter pour un peu plus de 500.000 € le site de Saint-Lubin-de-la-Haye par les Productions de la Plume, alors que le fisc l’avait saisi à Dieudonné pour le mettre aux enchères. Le Trésor public entendait récupérer au moins une partie de ce qu’il lui devait, plus de 887.000 € d’impôts sur le revenu entre 1997 et 2005, ses contributions sociales entre 1997 et 2003, ainsi que sa taxe foncière entre 2008 et 2009.

A l’époque, le procureur de Chartres, soupçonnant des malversations financières, avait lancé une enquête. C’est de là que découlent les mises en examen du couple, l’enquête ayant été récupérée par le parquet financier de Paris.

Noémie Montagne est poursuivie pour abus de biens sociaux au préjudice des Productions de la Plume, soupçonnée comme Dieudonné d’avoir détourné à son profit une partie des recettes non comptabilisées de ses spectacles. Elle est aussi soupçonnée de fraude fiscale, tout comme les Productions de la Plume en tant que personne morale, pour des minorations de TVA entre 2009 et 2013.

Le juge soupçonne notamment Dieudonné d’avoir cherché à échapper au paiement de l’impôt sur la fortune


L’instruction a notamment révélé qu’entre 2009 et 2014, Dieudonné a expédié plus de 500.000 euros en espèces à l’étranger, notamment vers des proches au Cameroun. Il s’agirait selon lui de dons.

Début 2014, lors d’une perquisition à la propriété du couple, au Mesnil-Simon, à deux pas de Saint-Lubin-de-la-Haye, les enquêteurs avaient saisi des piles d’enveloppes remplies de billets de 5 à 500 euros dans des coffres-fort. Total révélé à l’époque : 650.000 euros et 15.000 dollars en liquide. « Le produit de la billetterie », avait alors justifié l’un de ses avocats, Me Jacques Verdier.

Pour le juge d’instruction, ces montants sont pourtant « hors de proportion » avec le montant des recettes déclarées les années précédentes.

Des comptes en Suisse, en Belgique et au Luxembourg

Les enquêteurs se sont aussi intéressés à un compte bancaire en Suisse, qui a permis au couple de s’offrir un bateau de plaisance de 70.000 euros, en 2012. Entendu par la justice suisse, en décembre 2015, l’homme gérant ce compte a expliqué qu’il était destiné à recevoir l’argent des spectacles en Suisse de l’humoriste.

Selon ce témoin, lors de la meilleure année, en 2015, le compte avait reçu 300.000 francs suisses (environ 280.000 euros au cours actuel). Or, en 2013, il lui a été demandé de ne plus transférer l’argent sur le compte des Productions de la Plume mais sur un compte ouvert auprès d’une banque à Singapour, a-t-il expliqué, toujours selon la même source. Interrogé par le juge en septembre, Dieudonné a gardé le silence sur ce point.

Enfin, les investigations portent aussi sur l’existence de comptes en Belgique et au Luxembourg ayant bénéficié à l’artiste. Des points sur lesquels Dieudonné a aussi exercé son droit au silence. Contactés jeudi, ses deux avocats, Mes David De Stefano et Sanjay Mirabeau, n’ont pas donné suite.

Source : .lechorepublicain.fr

 

Noémie Montagne l’épouse et complice des escroqueries du gourou Dieudonné, qui a déposé la label « Quenelle » à l’Institut National de la Propriété « Intellectuelle » -rien de moins-, est aussi raciste. Alors que la plupart des adeptes et donateurs de la secte Dieudonné M’Balla M’Balla sont des arabes et des dégénérés d’extrêmes droite, on en rit quand on lit ce mail dans lequel Noémie Montagne traite un de ses employés (non déclaré) de « sale arabe » !

J’ai bien ri en pensant que des arabes donnent leur argent à un gourou qui n’aime pas plus les arabes que les juifs. En revanche il aime l’argent des arabes.

Je ris en pensant à ces criminels terroristes iraniens et syriens qui ont subventionné la campagne électorale de Dieudonné le gourou raciste, juste parce qu’il a présenté une liste « antisioniste ». Le gourou escroc a pris l’argent des arabes et s’est pris une veste, sauf en Seine Saint Denis où il a eu … 1 % des votants !

Dieudonné le camerounais raciste et bedonnant profite de la bêtise de certains pour se goinfrer.

Il suffit juste de dire « je suis contre le système » et tous les laissés pour compte donneront le peu d’argent qui leur reste.

Que le scandale soit avec vous !

Voila comment chez le gourou escroc Dieudonné on traite les arabes. Une procédure pénale pour travail dissimulé parmi tant d’autres est en cours contre le gourou raciste M’Bala M’Bala. C’est drôle pour un type qui accuse les autres d’esclavagisme alors qu’il est lui même un esclavagiste.

elfassiscoopblog.com

Enjeu : ladite Noémie Montagne, provenant de l’extrême-droite, apparemment gérante de productions porno, a déposé à l’INPI le label « Quenelle » qui engrange des bénéfices de droits d’auteur. Cela a engendré des conflits d’intérêts entre le clan Dieudonné, celui d’Alain Soral et Ahmed Moualek…

Dépôt à l’INPI.

D’où vient la gérante des Productions de la Plume ? Disons que son dernier époux était un acteur porno français chauve très connu qui était d’ailleurs présent lors de la remise de son trophée à Faurisson. Rappelons que le milieu du porno se lie, parfois, à l’extrême droite et au GUD ; voir « l’exemple » Tabatha Cash, ex- de Serge Ayoub  (dit Batskin, JNR).

Qui travaille aux Productions de la Plume ? Des membres de la famille de ladite gérante (Noémie Montagne) et ses amis, le personnel historique ayant été éjecté sans ménagements….

Avec l’affaire Cahuzac, d’aucuns ont découvert que les groupes d’extrême-droite comme le GUD étaient également composés d’hommes d’affaire bien installés, et que ces hommes d’affaire bien installés étaient également des proches non seulement de Marine Le Pen, mais aussi de toute cette mouvance qui gravite autour du FN ET de Dieudonné : Philippe Peninque, avocat de Cahuzac, et conseiller de Madame Le Pen, est également un des fondateurs de l’association d’Alain Soral, Egalité et Réconciliation.

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Avec l’un de ses soutiens dans le show-biz, Yannick Noah, lié à Isabelle Camus, soeur de Chrystel, ancienne  productrice d’m’Bala Bala.

Dieudonné boycotté?

Il a reçu des soutiens très en vogue, comme celui de Yannick Noah, dont la compagne (Isabelle) est la soeur de l’ancienne productrice de M’Bala Bala, Chrystel Camus. Elle-même est la fille de Jean-Paul Camus, un des plus gros producteurs français, qui a produit Johnny ou Michel Sardou. Il bénéficie donc d’un réseau étoffé dans le Show Biz, où, pour beaucoup, il est encore loin d’incarner le « paria » infréquentable qu’on dit qu’il serait.

leblogresdedom.blogs.nouvelobs.com

operationpoulpe.blogspot.fr : Antisémitisme, l’affaire du siècle pour gagner de l’argent. 

Comme l’expliquait Jean-Laurent Cassely sur Slate dans un article fouillé sur la dieudonnisation des esprits, «la quenelle » est, si on ose dire, le bras armé de l’idéologie de Dieudonné »:

Tout à la fois running gag, symbole politique et bras d’honneur dirigé contre ceux «d’en haut», «glisser une quenelle» consiste à placer sa main ouverte sur son bras opposé, à allonger ce dernier pour faire un signe dont la signification est explicite … »

La quenelle se décline en plusieurs tailles, à jauger en fonction du succès de l’action : petite quenelle, quenelle de 12, quenelle de 40, de 175, quenelle épaulée, etc. Plus la quenelle est longue, plus, bien entendu, le bras d’honneur est profond et procure satisfaction à son auteur.

Elle se décline en signes, en tee-shirts, en logos détournés. Elle est devenue une unité de langage. La voici parodiant le logo de Facebook, «réseau social sioniste» .

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Et la voilà donc devenue marque déposée. Comme le note Al-Kanz, la quenelle a été déposée sur seulement trois classes, alors qu’il en existe 45 : bières, boissons alcoolisées (dépôt le 25 octobre), et télécommunications (le 18) . «Il ne s’agit vraisemblablement pas de protéger le concept de quenelle, sinon toutes les classes auraient été choisies –malgré les frais afférents–, mais bien de cibler spécifiquement ces trois classes», estime le blogueur.

Une piste d’explication se trouve peut-être dans un article publié le 19 novembre par Rue89, rapportant qu’un site spécialisé dans le vin et possédé par le leader de l’extrême droite antisémite Alain Soral mettait en vente 2.000 bouteilles de «quenelle viticole» . Un Beaujolais nouveau présenté ainsi :

«Ce gouleyant gamay séduira tous vos convives et, après quelques verres, vous promettra de fort conviviales démonstrations de quenelles…»

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Le timing de ces différents éléments –dépôt de la marque fin octobre, mise en vente du Beaujolais nouveau quenello-soralien mi-novembre– est d’autant plus intéressant quand on lit un échange très violent de mails entre Noémie Montagne et Alain Soral, publié par le site israélien francophone JSS News.

Les mails datent de fin septembre et parlent justement de la propriété intellectuelle de la quenelle et d’autres symboles de Dieudonné. Noémie Montagne s’y agaçait qu’un autocollant Egalité et Réconciliation (le site d’Alain Soral) reprenait la quenelle :

«À l’unanimité, nous sommes assez choqués que vous reprenniez (sic.) sans notre aval ni celle de Dieudonné les symboles de reconnaissance de celui ci, pour en faire du commerce et systématiquement coller ces symboles à votre association.

Je comprends que nous puissions être des alliés face au sionisme mais une association complète avec Égalité et Réconciliation ne saurait être judicieuse pour l’image de Dieudonné. Non pas qu’il s’oppose à vous mais uniquement parce que Dieudonné veut rester INDÉPENDANT. Il n’adhère d’ailleurs à aucun parti. Il est Dieudonné.

J’entends déjà vos critiques : » les membres d’ER sont actifs quand à la promotion et la diffusion des oeuvres de Dieudonné et participent grandement à l’étendue de sa notoriété » …oui peut-être sauf que chacun son bissness (sic.) et nous, nous gérons son IMAGE.

Si nous vous laissons faire tous commerces de sa quenelle ou autres images « Dieudo », d’autres feront la même chose et nous ne contrôlerons plus rien du tout !»

Reste à savoir si le Beaujolais est le signe d’un accord sur le sujet entre les différentes parties, ou une quenelle mise par Alain Soral à Dieudonné et Noémie Montagne…

1″>Article original La question des connotations antisémites de la quenelle fait débat.

Cette vidéo montre Dieudonné faisant le geste lors d’un sketch en 2005, geste représentant dans le sketch la nageoire d’un dauphin (vous comprendrez en regardant). D’un autre côté, la quenelle est régulièrement faite de façon antisémite, comme le montrent les nombreuses photos ici. On vous conseille sur le sujet l’émission de Touche pas à mon poke « Peut-on faire une quenelle à l’insu de son plein gré? ». Retour à l’article.

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slate.fr

Pourquoi « la quenelle » est bien un geste néonazi (pour ceux qui en doutaient encore)

Le BNVCA condamne le geste de » la quenelle » qui pourrait trouver son origine dans le » présenter arme » de jeunes nazis photographiés à l’entraînement paramilitaire.

Le BNVCA a reçu plusieurs signalements d’internautes qui ont découvert une photo qui tend à prouver que la  » quenelle  » pourrait bien être un geste d’inspiration nazie.

La photo représente l’entrainement militaire des jeunes hitlériens en uniforme portant la croix gammée sur leur brassard .Ils font ensemble le « présenter arme »,un bras tendu le long du corps tient la crosse de l’arme et l’autre bras replié a hauteur de l’ épaule, main tendue, maintient le canon .

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En ôtant l’arme, on obtient exactement le geste incriminé de  » la quenelle. »

Ce geste est notamment effectué devant des sites juifs ou de la mémoire de la Shoah, par des individus qui provoquent et atteignent la sensibilité, l’honneur et l’identité des membres de la communauté juive déjà fortement éprouvée depuis 14 ans par cette haine anti-juive sous- tendue par la haine antisioniste.

Nous demandons aux autorités de Police et de Justice de l’Etat, au Ministre de l’Intérieur, à la Ministre Garde des Sceaux, de prendre toutes les mesures préventives et coercitives de nature à endiguer cette nouvelle expression de l’antisémitisme.

De nombreux signaux parviennent au BNVCA qui recèlent le malaise profond ressenti par la majorité des juifs de France, agacés par toutes ces manifestations antisémites, et impatients de les voir rapidement éradiquées et leurs auteurs sévèrement sanctionnés.

Drancy le 25 Décembre 2013

Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme

8 Boulevard Saint Simon 03700 Drancy 06 63 88 30 29

Le Président

Sammy Ghozlan

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Si vous avez des réactions ou des commentaires, vous pouvez réagir au bas de cet article ou bien écrire à JForum (jforum.fr@gmail.com) qui transmettra.
Tous les documents concernant cette question se trouvent à l’adresse thorapeutique.com

Et si une synagogue est intéressée pour être le lieu de cette célébration, écrivez-nous et nous organiserons l’événement en commun (avec l’espoir que le Grand Rabbin acceptera cette proposition).

 

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Le 27 octobre 2015, nous avions publié un texte qui tend à démontrer les manipulations partisanes qui continuent de se tisser autour de la mort de Rabin, « un assassinat politique ». Cette année encore, Binyamin Netanyahu doit continuer de se défendre contre les allusions malsaines de ceux qui ne dirigent plus le pays depuis cette époque de leur fiasco radical. Voici pourquoi… 

Les faits récents (2016)

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Lors de cet événement, le chef de l’opposition Yitzhak Herzog avait pour sa part, déclaré exclure toute possibilité d’union gouvernementale, et s’en prenait au chef d’Etat, en l’accusant de ne pas condamner l’incitation à la haine contre les juges, les militaires et les journalistes, comme il ne l’avait pas non plus condamné avant l’assassinat de Rabin.

« Certains tentent, de manière récurrente, de déformer la vérité historique en m’accusant d’avoir incité à la violence avant son assassinat », s’est défendu Netanyahou, en diffusant la vidéo d’un rassemblement de campagne organisé en avril 1995, lors duquel la foule accusait Rabin d’être un traître, des mots explicitement condamnés alors par le Premier ministre.

« Non ce n’est pas un traître, il se trompe, et il se trompe largement mais ce n’est pas un traître », insistait Netanyahou lors de ce rassemblement, sept mois avant l’assassinat de Rabin.

Lors d’un entretien sur la 2ème chaîne israélienne en août 1995, Netanyahou dénonçait encore ces accusations.

« Ces accusations s’adressent au chef d’Etat, peu importe le parti auquel il appartient, il est chef d’Etat, c’est déplacé et inapproprié, c’est contre la morale et je demande à tous de cesser de proférer ces calomnies que nous condamnons« .

Près de 50.000 personnes selon les organisateurs, 20.000 selon les médias participaient samedi dernier au grand rassemblement annuel organisé à Tel Aviv à l’occasion de l’anniversaire de l’assassinat de l’ex-Premier ministre israélien Yitzhak Rabin, à l’endroit où il a été abattu il y a vingt et un ans, une place qui dorénavant porte son nom.

i24news.tv

 

L’heure des grandes processions d’autoflagellants approchant, comme chaque année, nous allons avoir droit aux discours inquisiteurs des bienpensants à propos des thèses en circulation autour des mystères mal élucidés ou « secrets d’Etat » qui entourent encore la mort par assassinat d’Itzhak Rabin… 

Un sondage du 31/07/1995 donne 7 points d’avance à Netanyahou. Celui-ci ne l’emportera qu’avec un maigre 0, 4% sur Peres, après le coup de tonnerre de novembre.

L’homme de droite a « eu chaud » : en février 1996, son concurrent bénéficiait de 15 à 20 points d’avance. A qui aurait profité un « complot politique » ? Le meurtre de Rabin sacralise les accords d’Oslo… et détourne de l’analyse rigoureuse. L’extrémisme affaiblit le Likoud, à cause du retentissement de l’évènement. Netanyahou, le « nationaliste » , ne sera, essentiellement, présenté, dans le « Rêve Brisé » d’Enderlin, que comme un bluffeur qui joue sur la peur pour faire reculer la paix. D’après « des éditorialistes » (non cités par le correspondant de Fr 2), « le Premier Ministre intérimaire- S. Peres- a sauvé la carrière de celui qui devait le battre » . C’est vraiment trop aimable de sa part. Mais disposait-il d’éléments crédibles pour l’accabler ?

L’opinion reste extrêmement volatile : alors qu’elle était d’accord avec Rabin avant la vague d’attentats de cette période, la majorité s’est retournée contre lui. La campagne suivante de terreur et l’erreur de Peres au Liban, en 1996 (pilonnage de Qana), mettront un terme aux espérances « progressistes ».

Avant le sondage précité de juillet 95, Rabin se trouve à un carrefour : il devra, soit poursuivre le processus à marche forcée ; soit, comme le lui conseille le Président Weizmann, exiger des mesures drastiques contre la terreur et conditionner les avancées du processus aux progrès sécuritaires (voir Oslo II). Les prochaines élections vont se jouer entre :

– ceux qui souhaitent marquer un temps d’arrêt : Rabin lui-même (!), sur incitation du Président Ezer Weizmann,

– et les « jusqu’au boutistes » du processus : dont Shimon Peres, au sein du gouvernement et l’aile dirigeante du Meretz (13 députés sur 120), qui veulent l’accélérer. Le Premier Ministre assiste à ce funeste meeting pour la Paix du 04/11, afin de rassurer ces électeurs de l’ultra- gauche. Leur vote est utile, avec celui des Arabes israéliens. Il s’affiche en compagnie d’Aviv Guefen (neveu de Moshe Dayan), un jeune chanteur excentrique, qui l’a moqué comme « alcoolique », dans l’une de ses œuvres. Les artistes présents attirent du monde.

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L’opération de communication du 4 novembre 95 est prévue à Tel Aviv, parce que Rabin est discrédité à Jérusalem, la capitale. Elle consiste à renverser la tendance, après la manifestation-monstre de la droite, place Sion, le 5 octobre. Celle-ci était motivée par la découverte des termes, maintenus secrets, de l’accord de Taba ou Oslo II, signé à Washington, le 28 septembre 1995.

Il est censé faire cesser toute vague de terreur. Les Arabes s’engagent formellement à reconnaître l’existence d’Israël. Arafat promet de faire annuler 28 des 33 articles de la Charte de l’OLP, appelant à une « Palestine du Jourdain jusqu’à la Mer », deux mois après la réunion du Conseil National Palestinien, composé de 82 membres, aux pouvoirs législatif et exécutif. Cette révision restera lettre morte.

L’ensemble du territoire est divisé en 3 zones : A) Comprenant les 7 villes principales de Cisjordanie : Naplouse-Sichem, Tulkarem, Kalkiya, Ramallah et Béthléem, sous contrôle palestinien exclusif, en plus de Jéricho et Gaza, autonomes depuis le 4 mai 1994. B) La quasi-totalité des 450 villages arabes. Ces deux zones représentent 90% de la population de Cisjordanie pour 30% de la surface totale. La zone C correspond essentiellement à la Vallée du Jourdain et aux principales grandes implantations et bases militaires. Les 50 000 hommes armés d’Arafat prennent le plein contrôle des villes, contenant certains sites bibliques, et assurent la police dans les villages, où Israël garde une compétence anti-terroriste conjointe.

Les négociations sur le statut final sont prévues pour le 5 mai suivant. Toutes les villes seront évacuées par Tsahal, excepté Hébron, relevant d’un statut spécifique, devant encore être négocié (en 1997). Les grands points de controverse, dont Jérusalem, la question des réfugiés et des frontières définitives, sont renvoyés à un stade ultérieur d’avancée négociatrice.

En 2015, l’AP ne reconnaît pas encore le droit à l’existence d’Israël, Etat Juif. C’est, du reste, l’un des changements majeurs de la politique américaine, lors du voyage d’Obama, dans la région, en mars 2013 : demander aux Palestiniens et, à travers eux, aux autres Arabes, d’accepter l’Etat d’Israël. La Charte de l’OLP, bien que certains points soient, pratiquement, tombés en désuétude, n’a toujours pas été remaniée, malgré les promesses d’Arafat à Bill Clinton (Wye River, 1998). Les questions ultimes n’ont pu trouver accord, en juillet 2000, ni à Taba, pas plus en suivant la « feuille de route » contresignée par Sharon, en 2003, ni en novembre 2007, sous Olmert-Livni, où la reconnaissance mutuelle était encore une des causes fondamentales d’un nouvel échec. Reste donc l’autonomie concédée, dans cet accord sur le contrôle des territoires, telle qu’au moment de la mort de Rabin. En ce sens, malgré la déconvenue et l’idolâtrie dont il fait l’objet, l’homme a atteint, et à quel prix, son objectif.

A la Knesset, le débat est houleux : on est passé d’une cession de 13 à 30% de la sécurité de ces territoires, dont pratiquement toutes les zones et villes d’où proviennent les kamikazes : Jénine est, par exemple, surnommée « la capitale des suicidaires », par les Palestiniens eux-mêmes. L’accord est voté à 61/59 voix, grâce au renfort des 5 votes des partis arabes. Toute l’opposition descend dans la rue, pour exiger des élections anticipées ou un vote populaire par référendum sur des questions cruciales.

Pour faire face, le Parti travailliste a posé ses « lignes rouges » : le Premier Ministre affirme qu’au prochain attentat terroriste, il dira « stop ! ». Il exige d’Arafat qu’il se montre, enfin, actif en matière de « contre-terrorisme ». A ses proches, il déclare : « si cela fonctionne, nous remporterons les élections ; sinon, nous serons battus ».

Certains ministres, sceptiques sur le résultat électoral, pensent que le processus de paix doit avoir atteint un point de non-retour, par une politique du fait accompli. On en trouve des signes dans le passage en force de l’accord de Taba et la levée de boucliers qu’il provoque.

En contrepartie, il faut convaincre l’électorat du centre-gauche inquiet. L’érosion de popularité vient, en effet, de là, non des convaincus des deux bords. Le programme électoral de Rabin ne satisfait pas, pour autant, les amis du correspondant permanent de Fr2 : Hussein Agha mentionne que ces « lignes rouges », « plateforme de la campagne travailliste », imposent une limite aux intérêts palestiniens. Yasser Arafat rejette toutes les propositions qui s’y rapportent.

1) Les deux écueils d’une nomination politique à la sécurité

La thèse, soutenue par C. Enderlin, de la possible conspiration à droite échoue, principalement, sur l’écueil de la réalité du pouvoir : ses leviers, dont le renseignement intérieur, sont entre les mains du gouvernement, pas entre celles d’une opposition revancharde. Selon U. Dan, Itzhak Rabin est aussi la victime de ses choix sécuritaires aléatoires :

Jacob Perry, chef du Shin Bet, le service intérieur, est le pivot de la politique d’I. Rabin, en matière de sécurité. Il l’a parfaitement informé des risques, depuis octobre 94 : il lui parle de « résistance active au processus de paix, dans la population juive » (non dans tel et tel secteur). Il brosse, un an avant les faits, le profil du « loup solitaire ».

On prend des mesures exceptionnelles, dont l’achat d’une Cadillac blindée à 500 000 $, le renfort de la brigade de surveillance, on exige du Premier ministre qu’il revête un gilet pare-balles, dont il méprisera toujours le port, lui, l’ancien du Palmach, héros de 1967. La sécurité empêche le Premier Ministre d’entrer à Hébron dans sa voiture blindée, et l’oblige à monter dans un van renforcé. Selon l’aveu d’un officier de ces services : « C’est extrêmement dangereux de menacer la foi profonde et la raison de vivre de tout individu. Nous créerons une situation potentiellement explosive, si nous les acculons ».

En bombardant son remplaçant Carmi Guilon à la tête du Shin Bet, sur conseil de Jacob « Pinocchio » Perry, Rabin procède à une nomination politique. Guilon a fait sa thèse sur le terrorisme juif et assuré sa promotion dans l’entourage du Premier Ministre. Il se veut le spécialiste de cette opposition intérieure, dont il a assimilé la forme de pensée, alors qu’il est considéré comme moins compétent que d’autres (comme Guideon Ezra-futur adjoint au Ministre de l’Intérieur, sous Barak-) pour ce poste, dans sa connaissance des voisins.

Le service est complètement démotivé. 12 démissions de haut-rang suivent immédiatement l’annonce de cette désignation. Guilon délègue à un mystérieux « E » la gestion du service « extrémistes juifs ». Cet ancien adjoint de son prédécesseur s’est assuré une publicité interne calamiteuse en s’impliquant dans une affaire adultérine et de plainte contre le mari, d’où son prestige ne se sort pas grandi.

Le meurtre de Rabin correspond au fiasco retentissant d’une stratégie qui se crispe sur cette zone de danger bien réel, mais où le sens des évènements échappe à ses observateurs, probables auto-intoxiqués d’un « dérapage » :

Un indicateur (« shtinker », en yiddish) plus qu’ambigu approche le tueur. Avishaï Raviv, nom de code « Champagne » (nom de code que la légende voudrait attribuer par ordinateur, mais choisi par des officiers-traitants), suggère à Igal Amir que Rabin mérite le qualificatif de « Din Rodef » , selon Eytan Ojalbo, devant la Commission Shamgar. Amir va plus loin et affirme, devant deux jeunes filles, que le Premier Ministre « n’est pas un être humain ». Les deux hommes sont « inséparables ». Façon de dire que Raviv colle aux talons d’Amir.

Le journaliste Amnon Abramowitz révèle au public l’identité trouble d’Avishaï Raviv, peu de temps après le meurtre d’I. Rabin. Selon Nahum Barnéa, du Yediot Aharonoth, le 6 novembre 1995, – reporter de centre-gauche parmi les plus influents d’Israël – Raviv a été recruté depuis 1987. Issu d’une famille travailliste, dès son adolescence rebelle, il est fasciné par le Rabbin Kahane (fondateur du Kach). Etudiant, il devient très vite un orateur de ce Mouvement favorable à l’expulsion des Arabes. Son recrutement s’effectue, vraisemblablement, parce qu’il veut défendre son pays, par d’autres voies, après une blessure durant son service dans l’unité d’infanterie Guivati. Il est serré de très près par un panel de 12 officiers traitants, qui lui offrent un train de vie sans aucune commune mesure avec sa vie d’étudiant.

L’accord Jéricho-Gaza (mai 1994) lui permet de donner sa pleine mesure d’incitateur. La ville symbolise l’entrée des Hébreux en Terre Promise, lorsque la sonnerie des trompettes a coïncidé (selon les sismologues) avec le miracle d’un tremblement de terre, dû au réveil de la faille afro-syrienne. Pour Raviv, à la tête d’associations étudiantes de droite extrême, à l’Université Bar-Ilan, c’est un « blasphème contre D. lui-même ». Il commence ses campagnes outrancières d’affichage sur le campus, s’arrange pour garder secret leur financement et se fait convoquer par la direction, recevant jusqu’à un « dernier avertissement ».

Ce n’est pas un informateur ordinaire, mais un « provocateur ». Selon des images prises par des jeunes filles, durant une manifestation contre le redéploiement dans les territoires, et présentées à la Commission, Y. Amir confie à Raviv son projet de « tuer Rabin ». L’indicateur le tance : « Tu ne fais tout le temps que parler! Prouve-nous que tu es un homme ! ». Comment ne pas parler « d’incitation » dont nous recherchions vainement les traces ?

2) Les Affiches de la honte à la Une, sur tous les écrans

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Plus troublant, « sans la permission des services », Raviv est le fondateur, en 1992, du fameux groupuscule Eyal, qui agite des pancartes de Rabin en nazi. L’enquête révèle que l’informateur a, lui-même, fait réaliser le photomontage de ces portraits par deux jeunes mineurs. Lors de la perquisition à leur domicile, on en trouve d’autres, avec le Premier Ministre armé, tirant sur un Juif à kippa.

Elles sont distribuées, devant des caméras de télévision, par 12 de ses comparses, au cours de la manifestation du Square Sion (5 oct.). L’une d’entre elles tombe entre les mains de l’ancien cofondateur d’Eyal, David Hazan, évincé par l’indic. Il déchire l’affichette qu’il « n’a pas aimée du tout ». Hors de question, pour lui, d’assimiler Rabin, le libérateur de Jérusalem, à un « nazi ».

Le maître du groupe revient avec d’autres membres, qui le rouent de coups. Hazan s’en plaint à la police présente. Il est, manu militari, renvoyé dans ses cordes : « on a d’autres chats à fouetter » (lesquels ?). Pourtant, ces images outrageantes vont circuler sur les écrans durant un mois et, être reprises, jusqu’à aujourd’hui, pour « expliquer l’atmosphère » incitative et diaboliser la droite. Elles sont clairement mises en évidence, dans le documentaire primé de Dror Moreh : « The Gatekeepers » (2013), sans explications d’une provenance, connues du public israélien, qui devraient leur être assorties.

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« The Gateskeepers », documentaire ultra-primé, où d’anciens responsables du Shin Bet, dont Guilon, acceptent de lever une partie seulement du voile…

Selon Nizan Chen, un reporter de la Télévision, c’est encore Raviv qui l’incite à tourner la caméra vers ces affichettes, de façon à ce qu’elles n’échappent à personne. Lors du procès, un policier, Yehuda Zeidov, voulant le contredire, déclare : « Chen a l’imagination fertile ! ». Le Juge Shamgar se fâche tout rouge : « La parole de Chen est-elle moins crédible que celle de Raviv ? ». Aryeh Amir, chef de la police, prétend que l’enquête était complexe et qu’il a fallu « 1 mois » pour remonter la filière.

Ce photomontage diabolique renforce Ygal Amir dans sa volonté de tuer et banalise le geste, autant que la Shoah elle-même. Un homme du nom de Michaël Halévi, un mois avant l’évènement, dit avoir entendu une conversation dans des toilettes publiques, au sujet des résolutions, du « petit yéménite » (sic.) et téléphone aussitôt au Shin Bet. Le signalement correspond au futur assassin. Amir n’est ni questionné, ni soupçonné. L’hypothèse la plus probable est que le service le considère contrôlé par son homme infiltré.

Ce groupe Eyal a, également, chanté les louanges du meurtrier du Tombeau des Patriarches, Baruch Goldstein, en 1994. Il a permis au discours politique dominant de faire la complète équivalence entre ce genre « d’activisme » violent et le Hamas. En réalité, Raviv, qui disposait de trois domiciliations, occupait l’appartement juste au-dessus de celui du médecin serial-killer. A cette occasion, il déclare, fidèle à son rôle : « Le meurtre est la seule solution pour sauver le pays. Suivons l’exemple de Goldstein ! ».

Incitation des plus claires, sauf pour qui ne veut rien entendre. Eyal et le Kach demandent à être filmés à l’entraînement, masqués, armes au poing, prêts à agir. Ils passent dans une émission TV, en septembre 1995, sans jamais être inquiétés. Raviv revendique des crimes contre des Palestiniens, dont on s’aperçoit, peu de temps après, qu’ils ont été commis par des criminels arabes, pour motifs crapuleux, et non politiques. Il va toujours plus loin dans le culot (Houtzpah), organisant des protestations sous les fenêtres du chef du Shin Bet, dont le nom est, alors, tenu secret. Il réunit quelques adeptes, sous le balcon d’Itzhak et Léah Rabin, en leur promettant le même sort qu’à « Mussolini et sa maîtresse ». Jamais un Premier Ministre n’a été traité de la sorte.

De 1992 au fatidique 4 novembre 1995, et, malgré les « libertés » qu’il prend, il est, néanmoins, appointé par les services, sur le denier du contribuable : pour mener ce type d’opération illégale, les services ont besoin d’en référer à l’autorisation… du procureur de l’Etat, Dorit Beinish ou/et du Procureur Général : Michaël Ben Yaïr . Pour Nahum Barnéa, le Premier Ministre est le Chef Suprême du Shin Bet. Il peut donc, difficilement, ne pas avoir su qui était le chef d’Eyal. Mais, on le persuade que « tout est en ordre » (Hakol Beseder)…

On s’est, en France, interrogé sur la manipulation de « l’épouvantail » du Front National, par François Mitterrand, dans les années 1980, pour « casser l’image de la Droite » républicaine, ou sur le « match truqué », pour la télé, entre B. Tapie et J.M. Le Pen . Le parallèle, dans un contexte plus dangereux, serait simple à établir. Ygal Amir a, aussi, pour livre de chevet, « Chacal », de F. Forsyth, qui relate la tentative d’assassinat contre De Gaulle, le 22 août 1962, au Petit-Clamart (non loin de l’hôpital Percy, dernière demeure d’Arafat), financée par l’OAS.

Devant la détérioration des sondages, semble se mettre, peu à peu, au point, une politique toxique, où « tous les coups sont permis ». Certains, avec l’assentiment de Rabin, auraient pris une décision téméraire. A partir de septembre-octobre 1995 (d’où le reportage TV sur les groupuscules prêts à l’action), il s’agirait de créer des « incidents exploitables », par des actes de violence verbale et physique. C’est l’opération que Uri Dan appelle « la grande arnaque », qui se solde par cette impression d’affichettes de 30 sur 40 cm, ou le tabassage d’Hazan. L’acharnement à discréditer ses adversaires politiques et à démontrer leurs intentions néfastes joue un rôle déterminant dans le meurtre d’Itzhak Rabin. Il reste, néanmoins, indépendant de son occurrence, et pour cause, puisque l’agitateur ne cerne pas d’assez près le tueur.

Bien que la plupart des indices et faits probants, recoupant cette logique infernale, soient disponibles depuis l’enquête de 1996, tant la presse française (dans la phase inaugurale du « Rêve Brisé ») que certains responsables de la sécurité intérieure israélienne continuent de réciter un mythe accusateur, qui va à l’encontre des faits troublants établis.

Le grand public est, ainsi, empêché de tirer toutes les leçons d’un tel enchaînement menant au scénario du pire et de chercher ailleurs les causes de « l’échec du processus de paix », au profit d’une explication magique ou sanctifiée. L’amertume se crispe contre des personnalités politiques, sommées de se « racheter » : Netanyahou, Sharon. Par un habile glissement narratif, qui signe le refus de toute complexité, leur ligne conservatrice, non dénuée d’offres partielles (Hébron 1996, Wye River 1998, la Bande de Gaza 2005…) est, automatiquement assimilée à « l’extrême-droite sioniste-religieuse » qui paralyse toute avancée. Quelques années plus tard, chez les esprits les moins pacifistes et les plus réducteurs, à force d’amalgames successifs, l’ensemble des Juifs est dépeint en des traits grotesques de spoliateurs, faiseurs de guerre « colonialiste » et d’ennemi de l’humanité.

L’indicateur invite Amir à participer à une contre-manifestation, devant la tribune, ce soir du 4 novembre. Mais « le petit yéménite » prend la direction inverse, vers la zone de parcage des véhicules officiels et constate qu’elle est nettement moins surveillée… Raviv ne sera auditionné qu’en… 2000, avec des reports jusqu’en fin septembre de l’année suivante. Il prétend, avec conviction, n’avoir fait que son travail et n’avoir pas prévu que le contrôle des évènements lui glisserait des mains. Le pire est que cela reste tout-à-fait plausible.

3) Versions contradictoires

S’agissait-il d’empêcher que soit mis un frein au processus d’Oslo, en cas de changement de gouvernement ? Plusieurs hypothèses, jamais élucidées, font frémir :

-la perspective d’un attentat -prévu pour être- « manqué », maîtrisé in extremis par la protection des personnalités, aurait-elle remonté la côte de la victime, « échappant de justesse » à un crime odieux contre la première institution ? C’est la piste de la logique d’enchaînement, ou « escalade d’engagement », que défend Uri Dan.

– Raviv, très bien noté par ses supérieurs, croyait tout savoir d’Amir et de ses intentions. Il aurait péché par excès de confiance en soi et vanité, ses officiers, par défaut d’évaluation. Selon ce scénario, il aurait suffi de laisser la bride sur le cou d’Amir, pour l’étrangler au moment opportun. La tentative, de préférence, au milieu d’une foule nombreuse, aurait eu un impact mondial. Le chef de l’Etat aurait dévoilé l’existence d’un vaste complot et aurait disposé des mois suivants pour flétrir la « complicité objective » du Likoud.

– Le Ministre de la Santé de l’époque, le Dr. Efraïm Sneh, fils d’un des fondateurs de la Haganah, maintient sa version : on a extrait trois balles du corps de Rabin. Or, l’une des trois balles tirées par Amir a touché un garde du Corps. Restent deux. Selon Alex Peleg, expert balistique, la « troisième balle » dans le corps du Premier ministre renforce la version d’un tir différent, jamais élucidé…

– Face à sa dégringolade dans les sondages, une collusion d’intérêts transnationaux s’est-elle résolue à envisager le pire : qu’il aurait pu être « plus utile mort que vivant » ? Sacrifier une « pièce » sur l’échiquier aurait pu assurer la réussite d’un retrait plus massif auquel personne n’oserait plus s’opposer…

M. Harsagor, homme de gauche et professeur d’histoire, pense que « quelqu’un a voulu que ce scénario aille jusqu’au bout. Il y a quelque chose de très scabreux ». Moshé Feiglin, de la droite du Likoud, pense de même. On risque bien, ici, de prêter le flanc à la « théorie de la conspiration». Néanmoins, les éléments inducteurs proviennent des deux failles de l’enquête : l’existence du provocateur qui perd sa filature et la thèse ministérielle de la « troisième balle »…

Selon Uri Dan et bien d’autres, il n’y a pas eu de complot, à proprement parler. Le pseudonyme de l’informateur (« Champagne ») ferait simplement référence aux « bulles » d’incitation qu’il aurait eu mission de faire monter en pression.

– La plus vraisemblable resterait, tout simplement, qu’Ygal Amir, découvrant qu’il était manipulé, que Raviv est bien un « shtinker », a délibérément choisi de tromper les plus folles spéculations de coulisse. Très tôt, Raviv lui a demandé de le prendre en photo, au prétexte de lui fournir des papiers ou une carte de presse pour approcher sa cible. Le futur assassin n’en a jamais vu la couleur. Par déductions successives, il a rompu avec celui qui croyait contrôler ses moindres faits et gestes… Il échappe calmement à toute surveillance, d’autant plus lâche qu’on pense que tout est sous contrôle, et s’approprie la mission qu’il croit conférée par D.ieu.

Le piège, et la « faute » , comme dans le cas de Mohamed Merah – si l’on en croit, Manuels Valls, Yves Bonnet, ancien responsable de la DST et Albert Chennouf, père d’un militaire assassiné- proviennent de l’imprévisibilité de ce type de profil et d’une méfiance qui surclasse les anticipations du correspondant. Dans les deux cas, remontent à la surface des intrigues et suites de dysfonctionnements, impliquant un service et le soupçon porté sur un informateur, chargé d’infiltrer, qu’il se métamorphose en « loup solitaire » ou qu’il ait l’instrumentalisation d’un tiers pour consigne. Seule, la valeur stratégique des cibles change le déroulement de l’histoire. L’observateur extérieur (que se revendique être le journaliste) est condamné à osciller entre l’une ou l’autre des versions, selon ses propres inclinations, au bénéfice du doute, jusqu’à ce que toute la lumière soit faite.

En 1996, Yossi Sarid, responsable du Comité de la Knesset sur le Renseignement, et Eliyakim Rubinstein , nouveau Procureur Général, font pression sur le Juge Shamgar, afin qu’il stoppe son investigation, concernant Raviv. C. Enderlin signale l’action de S. Peres lui-même en ce sens. L’opposition de droite ne joue aucun rôle dans cet avortement de l’enquête.

La Commission a pris effet le 19 novembre 1995 et dû soumettre ses conclusions, le 28 mars 1996 (avant les élections). Pourquoi l’empêcher d’aller plus loin ? Une partie, seulement du document sera communiquée au public. Toute celle concernant Avishaï Raviv et son travail demeure (semi-) confidentielle, laissant courir les rumeurs les plus folles. On ne fait donc que souligner des parts d’ombre dans la complexité de ce qui restera, longtemps, un secret d’Etat, faute de preuves étayées, notamment par le journaliste français, qui répercute la version officielle, abandonnée durant l’investigation, avec effets de loupe sur la culpabilité supposée de la droite et de mitigation sur la situation sécuritaire anxiogène.

Par Marc Brzustowski (extrait de : Medias, Djihad, Antisémitisme, les liaisons dangereuses)

 

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Bien des fruits existent -secs ou non- pour aborder l’histoire d’Israël,  il en est un qui ne peut nous laisser indifférent car il nous permet de retrouver la lumière,  un fruit et un arbre très particulier : Un figuier.
Le figuier est l’arbre ‘symbole’ d’Israël.

La Bible associe Souccot à l’errance des Israélites dans le désert pendant quarante ans sur le chemin de la Terre promise. Lors de cette période, ils vivaient exclusivement dans des tentes ou cabanes, en commémoration de quoi la Torah commande aux juifs de construire une Soucca et de vivre dessous pendant cette période.

Signification agricole : Souccot est célébrée à la saison des récoltes d’automne, et nous remercions Dieu de nous avoir donné les fruits de la terre. C’est pour cette raison que Souccot est aussi appelée Hag ha-Hasif, « la fête de la récolte » ou fête de « Dame Nature ».

Une récolte qui s’exprime sous nos yeux à travers une histoire personnelle qui nous est transmise par une de nos lectrices.

Article d’une lectrice de Jforum : Votre article Souccot m’a émue.

Après le pardon, la joie, votre article m’a émue. La joie retrouvée sera-t-elle – enfin – cette Année au rendez-vous ?  Vaste question. C’est peut être possible.

Voici un élément de l’histoire d’Israël qui peut apporter un peu de bonheur à ceux qui ont gardé la foi et qui connaissent la symbolique du fruit ‘figue’. Israël et le figuier ont une histoire en commun qui a pour vocation d’éclairer le Monde par sa connaissance.

Afin de ne pas ‘tronquer’ le message, gardons en mémoire que le symbole reste un élément fort, rassembleur, se passant parfois d’explications quand on fait partie d’une même famille, ou que l’on a la même ’sensibilité’. En effet, seul le symbole peut parler et rappeler des choses à l’esprit -pour ceux qui en connaissent le sens-  car il est le langage qui transmet la « mémoire » à travers les siècles; langage que nous avons pour la plupart d’entre nous oublié.

Année 5777

Nous sommes entrés dans l’Année 5777. Beaucoup de juifs ou de non juifs trouveront une symbolique très forte dans les chiffres ‘ 5’ et’ 7’.

5777 = 26  (qui est la somme de 5+7+7+7).

5 est la valeur numérique de la lettre Hé (H), elle signifie le souffle de vie, ou souffle sacré (eau et feu).

7 est la valeur numérique de la lettre Zayin (Z). Ce chiffre sacré fait office de mémoire, de retour à la prêtrise, à la lumière. La tradition nous apprend que la lettre Zain est la flèche qui perce la tunique de peau, ce qui est donc censé atteindre l’âme. Son symbole est une flèche, ou encore un sabre, traduit aussi malencontreusement par poignard. Zayin est un Elément qui n’a jamais été compris ni bien traduit.

 Zain est la belle épée du combattant de lumière, l’épée du juste, une arme blanche. (Celle du Tzadik, du juste. Le combat passe souvent par la connaissance, la lumière, la parole ‘Pé’ (bouche: la parole peut tuer)).

Gardons en mémoire que 26 est bien sûr la valeur du tétragramme ( HWHY).  Alors …Continuons à croire et espérer que cette Année nous apporte à tous un peu de bonheur, de lumière, et espérons en ces périodes difficiles que  des ‘clés’ de la révélation puissent arriver et être transmise en Israël – afin de mettre en marche la mission et la vocation d’Israël en tant que Peuple ’porteur de lumière’ – gardien des secrets d’Osarsiph ( d’Osiris), connaissance royale dont Moïse fut porteur ainsi que les tribus ‘banou‘ ou ‘benou*’, initiées.

D’où le titre honorifique de Ra Bénou que porta Moïse – Moshé Rabenou

Ben est le fils (initié, qui prend le symbole du faucon intermédiaire entre le ciel et la terre).
Ré= le soleil, Ab= le père,  Aven s’écrit  aben  qui se traduit par pierre.

*(Le grand père du dernier prophète était un banou héchémites. Le bénou est un oiseau blanc de lumière)

Éléments de l’histoire d’Israël

Voici un élément  de l’histoire d’Israël que je désire transmettre spontanément à votre journal et qui peut apporter du bonheur à tous ceux qui ont gardé la foi et qui connaissent la symbolique du fruit ‘figue’ et de l’arbre.

Le figuier dans les écrits biblique est l’arbre prophétique d’Israël, on le retrouve aussi dans d’autres traditions, chrétienne (maternité –  Vierge à l’enfant tenant une toute petite poire ou encore Vierge à la figue), asiatique (avec le figuier des pagodes). C’est sous cet arbre que Bouddha aurait eu son illumination. Cet arbre ’figuier’ produit un fruit de lumière, un fruit d’éternité.

Le prophète Osée 9:10 déclara : «  Cet arbre n’a pas besoin d’être planté il arrive comme ça sur les bords des chemins ». Ce que nous allons découvrir ensemble…Car ce fruit réapparaît en tant que fruit de lumière, fruit de la Science, fruit d’éternité.

A la question : Est-ce possible ? je vous répondrai que rien n’est impossible lorsqu’on parle de Lumière, propriétés de la lumière (ondes-particules), éternité et Conscience, et  Esprit ’Conscience’  dans l’Univers. La reconnaissance des particules est un sujet d’actualité qui fait l’objet de bon nombres de parutions dans le cadre de la Science ( Le monde quantique et la Conscience, H.Stapp éditions dervy // Science et champ akashique, Ervin Lazlo (éditions Ariane) //  ou encore dans le domaine du Cerveau de la Science et de la  Conscience).

Voici mon histoire :

Tout commence en 1997 avec l’arrivée d’une petite pierre noire* qui m’est donnée en mains propres par une personne qui comprend immédiatement que le sens la dépasse.  Je ressens alors immédiatement sa portée vibratoire, comme ’vectrice d’informations’. Intuition bien fondée qui m’amène sur un parcours de recherches à travers l’histoire et la Science (quantique) pour trouver en fin de parcours le ‘’graal philosophique’’ de la tradition juive. Une figue ! mais aussi un oiseau très particulier. De nature intuitive et réceptive et fortement intriguée, je commence à entreprendre des recherches historiques et scientifiques qui m’amèneront au fil de longues années à certaines découvertes et révélations jusque-là inédites.

Photo de ma pierre : 

pierre

 

 

pierre-mer-morte

Sur cette pierre deux éléments intéressants y figurent (voir photo).
1- la forme de la mer morte à la période du premier siècle avant J.C, est-ce un hasard ?

2- Également un tout petit oiseau que je reconnais mais que je ne peux restituer  exactement.
Dans ce parcours de ressentis, de transmissions, je comprends très vite que ma destinée est peut-être de contribuer modestement à apporter dans le futur une aide face à un danger qui nous guette… Le monde est pourtant calme en l’an 1998-1999 mais les forces de la Nature sont à l’œuvre et les gens qui ont un grand ressenti comme moi sont mal à l’aise.

En 2013 alors que je photographie et scanne ma pierre noire aux reflets blancs argentés deux éléments clés prenant part aux dernières recherches et découvertes en mécanique et physique quantique me sont transmis :  Je vois alors apparaître sur mes photos et mes scans une figue* posée sur une paume de main ouverte vers le ciel, autre élément très important, qui appartient aussi bien à l’histoire philosophique d’Israël que celle de la tradition soufi, musulmane, persane et asiatique.

Le premier élément que je désire transmettre au journal est ce fruit de lumière : Une figue. Nous sommes en plein domaine ‘quantique’.

Scan de la pierre sur lequel on voit la main et la figue

figue

 

Dans la symbolique juive, le symbole paume de main ouverte vers le ciel se traduit par la lettre Kaf dont la valeur numérique est 20 ou encore Kaf final (sofit) : valeur numérique 500.

Kaf=20 signifie « Accueil de la lumière » Symbole : Paume de main ouverte vers le ciel.
Kaf final=500, le kaf final signifie « La dernière porte* » Symbole : Un rocher.

Derrière cette dernière porte est la lumière des lumières : Kaf final est la lettre hébraïque appelée aussi « corps de résurrection ».

L’arrivée du Bénou Phénix au sommet de la montagne ou du rocher valide la présence de Dieu en soi.
On devient alors un réceptacle, un vase de la lumière divine.
A ce titre le nom de Ra Bénou sera transféré à Moïse. (Moshe Rabenou).
Nom transféré aux Benou (Bné – Ben hé) Israêl, scribes et tailleurs de pierre.

Précision : Le Kaf se traduit par un hiéroglyphe, paume de main ouverte vers le ciel, signifiant Accueil de la lumière au féminin valeur 20,  est associé à la maison Beith (ב)
* Beth en hébreu (a pour valeur 2). Beth, comme Bethléhem. Bethlehem : « la maison du pain » (Ruth 1). La maison de Dieu est un lieu où nous devons trouver la nourriture pour l’âme.

Le Kaf final prend comme symbole originel un rocher. Au sommet du rocher – ou de la montagne-  apparaît le Bénou. «  Soleil des Soleils » .

D’où le titre honorifique de Ra Bénou que porta Moïse.

 

Vase de la lumière divine

Le mot Lumière nous oriente non seulement sur les particularités de la lumière mais aussi sur l’approche quantique de l’information spontanée et nous invite à découvrir l’essence même de la révélation qui doit nous faire évoluer vers le sacré et vers le divin. Ni l’homme ni la femme ne sont voués à devenir des robots, mais des êtres pacifiques, évolués et sages.

La découverte du fruit ‘figue’ nous amène à redécouvrir ce que nous sommes Tous venus découvrir, à savoir que nous sommes des êtres de lumière venus expérimenter la matière. Le figuier c’est le ‘TSEMAH’, la semence.

Cet élément ‘figue’ est – j’en suis au plus profond de moi persuadée – très important et précieux dans l’histoire d’Israël et peut-être du monde que nous allons devoir un jour rebâtir sur d’autres bases à travers une nouvelle Conscience.

Comme le dit si bien le philosophe William James : «Nous sommes tous telles des îles dans la mer dissociée à la surface mais reliées par le fond ».

Travaillons tous ensemble à faire évoluer l’humanité vers un autre plan de conscience, vers les lois et énergies cosmiques de Lumière et d’Amour. Restons sereins, Continuons à semer, à nourrir et embellir notre âme.

Et concernant la lumière et les informations spontanées qui nous arrivent, rappelons simplement que dans le cadre des découvertes de la physique quantique, nous savons que lorsque deux particules ont été en contact l’une avec l’autre, elles ont acquis une espèce de ‘’mémoire d’action’’ qui fait que si elles sont séparées même à des milliers d’années lumières l’une de l’autre, elles réagissent instantanément, solidairement à une interaction qui toucherait l’une d’entre elles.
L’instantanéité fait partie, lorsqu’il y a « reconnaissance », « quasi duplicité » entre deux éléments, des lois du Cosmos.

Nous sommes donc partie intégrante de ce cosmos, il est donc naturel que des informations « a-temporelles » comme celles transmises, puissent à tout instant, à notre insu venir se présenter à nous; c’est cette reconnaissance, cette cohérence, qui doit nous permettre d’avancer tous ensemble non seulement vers la Science mais aussi nous repositionner face à cette certitude : Nous allons tous récolter ce que nous semons…

Il est toujours important de transférer nos informations quand le moment semble important.

Le ‘fruit de Lumière’ est – cette fois-ci – transféré spontanément et non volé !
Il est dit de façon conventionnelle que la tradition passe par la femme. Une jolie place qui nous procure à toutes évidemment de la joie dans le cadre du partage, de l’organisation des fêtes, et de l’influence à donner au cours des événements pour adoucir le Monde.

Je terminerai en notant au passage que grâce aux écrits et grâce à la tradition, Israël peut de nouveau accueillir ce fruit issu de cet arbre sacré, et retrouver au passage bien des oiseaux royaux qui font partie de son histoire. Bien que ces éléments soient issus de la Grande tradition (qui est universelle et appartient donc de fait à tous, chrétienne, asiatique, persane) Israël est là, toujours fidèle, pour faire mémoire du passé, à travers une grande connaissance qualifiée de ‘royale’ dont elle est porteuse.

La sortie d’Egypte amena en son temps les enfants d’Israël (les bné Israël ou banou Israël ) à trouver le véritable accès à la lumière, en lui faisant faire un travail de ‘traversée’ à travers le désert,  d’introspection, de parcours initiatique, lumière qu’elle conserve au plus profond d’elle-même dans sa culture et sa tradition.

C’est par son questionnement, sa culture, sa philosophie qu’elle se doit de propager la lumière en tant que peuple ‘réceptacle des lois et de la science cachée de l’éternité (on parle de l’âme) ’, Telle reste à mon sens sa mission et sa vocation.

Bonnes fêtes à tous et à toutes !

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Olivia

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A la veille de la fête du Nouvel An juif, l’effervescence règne au 77 de la rue Nahalat Benyamin, au sud de Tel Aviv. Près des nouvelles boutiques branchées du quartier du souk se dresse une maison quelque peu délabrée. Cette bâtisse, l’une des plus anciennes de Tel Aviv, — elle date des années 1930 — recèle des trésors. C’est l’atelier de fabrication des chofars d’Israël, « Barsheshet – Ribak Chofarot Israël ».

Des dizaines de personnes à la recherche d’un chofar pour Rosh Hashana se pressent à l’intérieur de ce lieu où presque rien n’a changé depuis soixante-dix ans.

Une forte odeur de bouc imprègne l’atmosphère; un peu partout sont accrochés des chofars de toute sorte et de toute taille, couverts de poussière. Il y a les machines pour creuser la corne du bélier, et les outils qui feront de cette matière brute l’instrument au son puissant, pur et profond qui, le jour de Rosh Hashana, ébranlera les hommes en prière.

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Le père de Zvika, Meir Bar-Sheshet avec des enfants à Tel Aviv dans les années 60

Cet atelier raconte une belle histoire de rivalité et d’amitié. Dans les années 1950, Abraham Rivak hérita cet atelier de son oncle; déjà, en Pologne, depuis des centaines d’années, la famille fabriquait des chofars.

A quelques milliers de kilomètres de la Pologne, les ancêtres de Tvika Bar Sheshet, avaient, eux aussi, fondé un atelier de chofars. C’était au XIVe siècle, à Barcelone.

 

Le père du Rabbi Itshak Bar Sheshet, le Ribash, s’était rendu célèbre en sonnant le Chofar à six reprises pour annoncer le début du Shabbat à ses coreligionnaires.

D’où le patrimoine de Sheshet, six en langue hébraïque. Six jours de la création, six sonneries du chofar. Expulsée d’Espagne, la famille Bar Sheshet s’installa pendant quelques siècles en Algérie, puis au Maroc, avant d’immigrer au milieu du XXe siècle à Haïfa.
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Le polissage d’un chofar yéménite

Et pendant ce temps, la fabrication des chofars se poursuivit de génération en génération.

Durant des années, les familles Rivak à Tel Aviv, et Bar Sheshet à Haïfa se sont livrées une guerre sans merci pour se partager le marché des chofars. Jusqu’au jour où Tsvika Bar Sheshet a proposé une alliance à son rival.

Depuis, « Ribak Chofarot Israël » fabrique plus de 70% des chofars produits en Israël ; quant à Abraham Ribak et Tsvika Barsheshet, ils voyagent ensemble au Maroc, en Australie, en Afrique à la recherche de cornes de bélier, de mouton, d’antilope ou de gazelle de qualité.

Leurs enfants, eux, ont introduit le marketing digital dans l’atelier familial.
Pour Bar Sheshet junior, il n’est pas question de changer de branche.

« Fabriquer des instruments pour parler à Dieu, on ne quitte pas un tel métier ! »

Extrait de “En direct d’Israël, Chronique intimes d’un pays” Katy Bisraor Ayache Edition Inpress 2013

Katy Bisraor Ayache/ En direct de Jerusalem Blog Article original

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TAGS:Judaisme, Sépharade, Tel Aviv | Category: Culturel, Du nord au sud, Fêtes juives, Religieux, Traditions |


 

Le Shofar, témoin de l’histoire du peuple juif

Rien n’est comparable au son du Chofar. Depuis l’aube de l’histoire du peuple juif, ce son nous accompagne, appelant à la Téchouva mais aussi au rassemblement, à la fierté juive et à la liberté. Au musée des terres bibliques à Jérusalem s’est ouvert, il y a quelques jours, une exposition consacrée au chofar et son rôle le long des générations. L’occasion pour Hamodia de se pencher de plus près sur cet instrument unique si intimement lié à Roch Hachana et que l’on rencontre à chaque tournant de l’histoire de notre peuple.

Le Chofar dans la Bible

C’est dans le livre de Chémot (19, 16) qu’on retrouve pour la première fois le mot Chofar dans la littérature biblique : « Or, au troisième jour, le matin venu, il y eut des tonnerres et des éclairs et une nuée épaisse sur la montagne et un son de Chofar très intense. Tout le peuple frissonna dans le camp ».

Mais c’est particulièrement la connotation militaire qui est en général liée au son du Chofar dans le Tana’h : c’est ainsi que le Chofar sert à déclarer la guerre (Juges 3, 27 et 6, 34 ; Chemouel 13, 3 ; Né’hémia 4, 14) ou encore à annoncer une attaque (Osée 4, 8 et Ézéchiel 33, 3) ou enfin à dissuader l’ennemi de s’approcher (Juges 7, 19). Par ailleurs, le Chofar était également utilisé par les gardiens de la ville pour prévenir d’un danger menaçant (Jérémie 6, 17).

Mais c’est surtout au moment de la conquête de Jéricho que le rôle du Chofar et son côté « miraculeux » sont mis en exergue puisque le livre de Yéhochoua (Josué, chapitre 6) nous décrit comment les murailles de Jéricho tombent après que le peuple a sonné du Chofar.

Le Chofar a retenti à Jérusalem lorsque l’Arche d’alliance contenant les Tables de la Loi pénétra dans la ville : « Et David et toute la maison d’Israël escortaient l’arche du Seigneur avec des cris de joie et au son du Chofar ».

Le Chofar fait également partie du cérémonial de couronnement des rois d’Israël (Chemouel Beth 15, 10 ; Méla’him Aleph 1, 39 ; Méla’him Beth 9, 13) et lorsque dans les Téhilim (98, 6), David parle du «Roi Hachem », il fait précéder cette nomination par un appel à faire retentir « le son du Chofar ».

Enfin, le Chofar en tant qu’annonciateur de la délivrance est mentionné dans le livre de Ichaya (27, 13) : « En ce jour résonnera le grand Chofar ; alors arriveront ceux qui étaient perdus dans le pays d’Achour, relégués dans la terre d’Égypte, et ils se prosterneront devant l’Éternel, sur la montagne sainte, à Jérusalem ».

Étonnamment, la seule mitsva de la Torah concernant le Chofar n’est pas liée à Roch Hachana mais au Jubilé qu’on annonce une fois tous les 49 ans, le jour de Kippour : « Tu compteras chez toi sept années sabbatiques, sept fois sept années, de sorte que la période de ces sept années sabbatiques te fera quarante-neuf ans ; puis tu feras circuler le retentissement du Chofar, dans le septième mois, le dixième jour du mois : au jour des expiations, vous ferez retentir le son du Chofar à travers tout votre pays ». (Vayikra 25, 9)
Roch Hachana est toutefois appelé dans la Torah « Jour du souvenir de la sonnerie » ce qui a conduit nos Sages (Rocha Hachana 33b) à ordonner de sonner du Chofar le jour de Roch Hachana.

Le Chofar et le « ‘hérem » (exclusion)

À Roch Hachana, le son du Chofar appelle à la téchouva mais au cours des siècles, il a également servi de conclusion à des verdicts de « ‘hérem » (exclusion ou anathème) prononcés par les tribunaux rabbiniques.
C’est ainsi qu’on a découvert plusieurs Chofarot sur lesquels étaient gravés les mots : «  »Hérem Nidouï » et « Shamta », le « Shamta » étant un éloignement limité à trente jours.

Ces Chofars servaient probablement à prévenir la communauté qu’un de leurs membres avait transgressé la loi divine et avait été jugé par le Beth Din qui avait décidé de son exclusion et limité toute relation avec lui de sorte à ne lui laisser que la possibilité minimale de subvenir à ses besoins vitaux.

Le ‘hérem était en général prononcé par le Av Beth Din, le président du tribunal rabbinique, et dans les cas très sévères, cette cérémonie se déroulait à la synagogue, devant l’arche sainte. L’un des cas les plus célèbres de ‘hérem concerne le philosophe Barou’h Spinoza, excommunié le 27 juillet 1656.

Le Chofar pendant la Shoah

Un des Chofarot exposés au musée des pays bibliques raconte une histoire particulièrement émouvante : celle d’Israël Mizra’hi, natif de Turquie, qui a émigré en Belgique, à Anvers, un peu avant la Seconde Guerre mondiale.

Israël, son épouse Esther et leurs deux enfants, Lili et Yossef, âgés de moins de 10 ans, pensaient que leur nationalité turque les protégerait des nazis. Mais lorsque les Allemands envahissent la Belgique, la famille comprend qu’elle est en danger, décide de fuir et demande aux voisins de garder leur appartement et ce qu’il contient.

Malheureusement, en 1943, les Mizra’his sont rattrapés par les nazis et envoyés au camp de Mechelen, qui servait de camp de transit pour les Juifs belges à partir duquel ils étaient transférés vers les camps d’extermination. Au mois de décembre, Israël est envoyé au camp de Buchenwald où il décède. Esther et ses deux enfants sont envoyés au camp de Ravensbrück.

À la fin de la guerre, elle part à la recherche de son époux, mais apprend qu’il est mort dans les camps. Elle retourne alors à Anvers avec Lily et Yossef. Les voisins lui expliquent que la maison est désormais habitée par d’autres personnes et qu’ils n’ont réussi à sauver que quelques objets qui se trouvaient dans le grenier.
La voisine tire alors de son buffet le Chofar d’Israël et le donne à Esther. Une photo et un Chofar : ce sont là les seuls souvenirs de ce père de famille aimant et dévoué, parti en fumée en décembre 1943.

Une autre histoire liant le Chofar et la Shoah a lieu en 1943, dans le camp de travail de Skarżysko-Kamienna, en Pologne : Roch Hachana approche et l’Admour de Radochitz, rabbi Its’hak Finkler, ne conçoit pas de renoncer à sonner du Chofar. Il est intimement convaincu que cette mitsva doit être respectée, car, plus que jamais, il faut en appeler à la miséricorde divine.

Trouver une corne de bélier pour fabriquer un Chofar alors qu’on est entouré de barbelés est une mission difficile, voire impossible. Mais l’Admour refuse de baisser les bras. Il réunit une somme d’argent parmi les prisonniers et soudoie un des gardiens polonais du camp. Celui-ci lui amène une corne, mais c’est une corne de bœuf, impropre selon la hala’ha.

Le gardien ne veut rien entendre : il veut encore de l’argent. On réunit une nouvelle somme et la corne de bélier est enfin entre les mains des prisonniers juifs

Reste à la transformer en Chofar. L’Admour demande à Moché Winterter, un serrurier originaire de Radovitch, de se charger de cette mission. Winterter refuse dans un premier temps : utiliser les outils de la serrurerie du camp pour préparer autre chose que ce que les gardiens du camp lui demandent pourrait bien lui valoir d’être fusillé. « Lorsque le rabbi m’a demandé en pleurant de préparer un Chofar, j’ai éclaté moi aussi en sanglots : je ne connaissais absolument rien au processus de fabrication du Chofar. Je ne savais pas non plus comment j’allais transporter la corne depuis le camp et jusqu’à l’usine située à 3 km, alors que durant toute la marche, j’allais être entouré par des SS qui n’hésitaient pas à procéder à des fouilles. Mais je n’ai pas pu résister aux larmes du rabbi. J’ai accepté.

J’ai réussi par miracle à transporter la corne de bélier, mais là, il me restait un problème à résoudre : comment fabrique-t-on un Chofar ? Par quoi commence-t-on ? Les conseilleurs ne manquaient pas : l’un me disait de tremper la corne dans de l’eau chaude, l’autre m’affirmait qu’au contraire, il fallait de l’eau froide et le dernier me disait que si je voulais assouplir la corne de bélier pour en faire un Chofar, il me fallait la tremper dans du lait bien chaud ! En fin de compte, je crois que je l’ai assouplie avec mes larmes… »
Malgré le danger, Winterter parvient donc à fabriquer le Chofar et le transmet au rabbi la veille de Roch Hachana. Très vite, la rumeur court dans le camp : l’Admour va sonner du Chofar pour Roch Hachana !

Avraham Altman a participé à cet office de Roch Hachana 1943. Son témoignage a été publié par le musée Yad Vachem : « Rien ne saurait décrire les prières que nous avons récitées dans la cabane du rabbi. Les pleurs et les cris, les téfilot prononcées avec une ferveur immense […] Lorsque le tsaddik a crié, juste avant la sonnerie du Chofar :  » Du fond de ma détresse, je t’ai appelé Hachem !  » Nous avons tous eu l’impression que ce verset avait transpercé les cieux et que tout le cortège céleste était descendu pour participer à notre office ! […] Nous avions perdu durant l’année passée tous nos proches, nos enfants et nos parents et nous sentions qu’eux aussi étaient avec nous et cette prière, ce son du Chofar, nous a donné la force de survivre à tout ce qui nous est arrivé par la suite »

Moché Winterter a précieusement gardé ce Chofar durant toute la période passée dans le camp de Skarżysko-Kamienna puis dans celui de Tchenstochova, mais n’a pas pu le prendre avec lui lorsqu’il a été transféré au camp de Buchenwald.

Après la guerre, Moché est monté en Israël et en 1977, il a retrouvé la trace de son Chofar, qui se trouvait alors à New York, chez une famille juive. Aidé par le musée Yad Vachem, il a convaincu cette famille de faire don du Chofar au musée, où il est exposé jusqu’à aujourd’hui.

Le Chofar et le Kotel

Hamodia avait rapporté l’année dernière l’histoire de ces jeunes Juifs, âgés entre 13 et 20 ans qui, bravant l’interdit du Mandat britannique, sonnaient chaque année du Chofar au Kotel, à la sortie de Kippour, entre 1930 et 1948, ne craignant pas de passer ensuite quelques jours en prison pour ce « crime ». L’année dernière, plus de soixante ans après, quelques-uns de ces « résistants » se sont retrouvés au Kotel pour y sonner tous ensemble du Chofar. Les circonstances étaient bien différentes puisqu’à la place de soldats britanniques haineux, ce sont des soldats juifs qui leur ont fait honneur durant cette cérémonie émouvante.
Le dernier à avoir fait sonner son Chofar était Avraham Elkaïm, qui a bravé les soldats de Sa Majesté à la sortie de Kippour 1947, l’année qui a précédé la prise de la Vieille ville par les Jordaniens.

Lorsqu’en 1967, le Kotel est libéré, il accompagne l’aumônier de Tsahal, le rabbin Goren et sonne en même temps que lui du Chofar. Ce Chofar du rabbin Goren lui avait été transmis quelques heures plus tôt par son beau-père, le rav Hanazir, rav David Hacohen qui, depuis la division de Jérusalem en 1948 et jusqu’à sa libération en juin 1967, refusait de sortir de son appartement et demeurait cloîtré chez lui. Lorsque le rabbin Goren, qui sera ensuite l’un des premiers soldats de Tsahal à toucher le Kotel, lui demande la permission d’utiliser son Chofar, le rav Hacohen accepte bien évidemment. Le son de ce Chofar accompagnera les parachutistes durant toute leur avancée dans la Vieille ville.

Le Chofar dans l’art juif

Une bonne partie de l’exposition sur les Chofarot du musée des pays de la Bible est consacrée au Chofar dans les arts et les objets de Judaïca.

Le peuple juif a manifestement considéré tout au long de son histoire le Chofar far comme un symbole. On retrouve par exemple le Chofar dans de nombreux objets datant de l’époque suivant la destruction du Second temple : mosaïques, fresques, assiettes, chandeliers, pierres tombales, figurines… Pour les Juifs de cette époque, le Chofar représentait manifestement l’espoir de la délivrance, d’un retour à Jérusalem et d’une reconstruction rapide du Beth Hamikdach. En effet, très souvent, le motif du Chofar n’est pas représenté seul dans ces objets et il est accompagné d’une Ménorah à sept branches ou, d’une Ma’hta (pelle utilisée durant les sacrifices), objets utilisés dans le Temple.

Les Juifs de cette époque, en quête d’identité après leur départ en Galout, ont donc choisi le Chofar comme élément rassembleur, un peu comme à notre époque, la Maguen David.

De très nombreux livres de prières et des manuscrits datant du Moyen Âge utilisent le Chofar comme motif, accompagné parfois d’un dessin représentant le Machia’h : là encore, on retrouve cette aspiration à la Délivrance.

Enfin, après la création de l’État d’Israël, le Chofar est également très présent, particulièrement dans la philatélie israélienne puisqu’un nombre impressionnant de timbres où figurent des Chofarot ont été imprimés.

Pourquoi est-ce à Moussaf qu’on sonne du Chofar ?
L’utilisation militaire du Chofar est abondamment mentionnée dans la littérature biblique. Le Talmud de Jérusalem, quant à lui, nous fournit sa propre explication au moment choisi par les Sages pour sonner du Chofar durant les prières de Roch Hachana.
On sait que c’est à Moussaf que le Chofar est sonné et la question qui se pose est : pourquoi ? Pourquoi cette mitsva n’a-t-elle pas lieu durant Cha’harit ?

Selon le Yérouchalmi (Roch Hachana 4a), le Chofar retentissait toujours à Cha’harit, jusqu’à ce que cette coutume eut des conséquences gravissimes : « Une fois, on sonna du Chofar durant la prière de Cha’harit et nos ennemis pensèrent qu’on allait les attaquer, se sont retournés et ont tué [la communauté] ». La Tékia retentissant à l’aube avait induit les Romains en erreur et les avait persuadés qu’une attaque juive était imminente. Les Sages ont donc décidé de repousser la Tékia en fin de matinée, car à cette époque, la stratégie militaire imposait de partir en bataille à l’aube et il était donc exclu que le son du Chofar retentissant en fin de matinée puisse signifier le début d’une attaque.

De la corne au Chofar
Le processus de fabrication du Chofar débute par la sélection de la corne. Selon la Hala’ha, pour qu’un Chofar soir casher, la corne doit répondre à trois critères :
1. La corne à partir de laquelle on va fabriquer le Chofar doit provenir d’un animal casher, propre à la consommation.
2. Seules les cornes des animaux affiliés à la famille des bovidés peuvent être utilisées. Cette famille compte environ 140 espèces divisées en une dizaine de sous-familles parmi lesquelles on trouve les bovinés (dont font partie les bovins), les caprinés (qui englobent les ovins) et les antilopes.
3. Enfin, bien que la viande de bœuf soit casher, il est interdit d’utiliser les cornes de bœuf pour fabriquer un Chofar. La Guémara (Roch Hachana 26a) nous fournit l’explication de cette exclusion : « C’est parce que le Katéguor (l’accusateur) ne peut pas devenir Sanéguor (défenseur) », sous-entendu : les cornes de la bête qui a servi au veau d’or ne peuvent pas servir de défenseur pour le peuple d’Israël.
Quant à la forme du Chofar, elle est différente en fonction de communautés. Les Ashkénazes ont l’habitude de travailler le Chofar de l’intérieur et de l’extérieur et c’est pourquoi le Chofar ashkénaze est lisse et brillant. Par ailleurs la corne est majoritairement droite et forme un angle au bout, cette incurvation étant mise en parallèle avec le cœur de l’homme qui doit se pencher et se prosterner devant Hachem le jour du Jugement. Le son de ces Chofars est aigu.
Par contre, les cornes de Yaël (bouquetin) et de koudou, utilisées par les Yéménites, sont beaucoup plus longues et plus incurvées et de ce fait, leur son est beaucoup plus fort et profond.
Parmi les communautés séfarades issues d’Espagne, quelques-unes préfèrent utiliser des Chofarot droits et plats, émettant un son très étouffé. Selon une tradition populaire, cette forme permettait de dissimuler plus facilement le Chofar sous les vêtements au moment de l’Inquisition.

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Par Laly Derai, en partenariat avec Hamodia.fr

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Dimanche 25 septembre 2016 à 19h00, le Keren Hayessod France organise sa grande soirée annuelle à Paris qui réunira trois des plus belles réussites israéliennes : Teva, Space Il et le chanteur Idan Raichel.

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Pour  sa soirée annuelle, le Keren Hayessod propose de  prendre part au rêve israélien et met en avant des réussites exceptionnelles du pays. Trois intervenants de marque nous font l’honneur d’être présents :

  • Le Yitzhak Peterburg, président du Conseil d’administration de Teva, leader mondial des laboratoires pharmaceutiques.
  • Le Eran Privman, directeur général de Space IL, finaliste du concours mondial « Google Lunar X Prize ». Projet d’envoi du premier robot spatial israélien sur la lune.
  • Idan Raichel, compositeur, musicien et chanteur israélien qui interprétera des chansons de son dernier album At the Edge of the Beginning

 La soirée débutera par une conférence/débat animée par Julien Bahloul, journaliste à I24 News, avec le  Pr. Yitzhak Peterburg et le Dr. Eran Privman qui présenteront respectivement leurs structures, symboles de la réussite israélienne.

Très sensibles aux problématiques de l’éducation et de la jeunesse au sein du pays, tous deux ont répondu présent à l’appel du Keren Hayessod dont la soirée est dédiée aux programmes socio-éducatifs. Car si le rêve israélien est une réalité pour une partie de la population, la fracture sociale ne cesse de s’amplifier et les laissés pour compte sont de plus en plus nombreux.

Après un dîner original, réalisé par Potel & Chabot et inspiré par le Chef israélien du restaurant « Miznon », le célèbre chanteur Idan Raichel donnera un concert unique, dédié au  Keren Hayessod.

 

Informations pratiques :

Tarif : 350 euros – Tarif jeune (-35 ans) : 200 euros – reçu Cerfa

Pavillon Cambon – 46 rue Cambon, Paris 1er.

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Informations/réservations : Sophie Barr  01 77 37 70 84

Paiement en ligne : www. keren-hayessod.fr

 

LE KEREN HAYESSOD EN BREF :

Depuis sa création en 1920, le Keren Hayessod, qui opère dans 45 pays du monde et 5 continents a joué un rôle déterminant dans la construction et le développement du pays, dans l’Alyah et l’intégration des nouveaux immigrants, ainsi que dans la lutte contre la fracture sociale.

Grâce aux dons, des donateurs du monde entier, le Keren Hayessod a pu :

  • Contribuer à l’immigration et l’intégration de 3,5 millions de Juifs venus du monde entier
  • Créer les infrastructures de la société israélienne : compagnie d’électricité, El Al, etc.
  • Créer et rénover des centaines de villes frontalières
  • Renforcer la société israélienne en réduisant les écarts sociaux et éducatifs
  • Mettre en place des centaines de programmes sociaux, éducatifs et culturels – novateurs, destinés aux populations économiquement et socialement faibles, en particulier dans le Néguev et dans la Galilée.
  • Renforcer l’identité juive et le lien entre des milliers de jeunes Juifs de la diaspora et Israël.
  • Aider au sauvetage des Juifs dans le monde entier (Yémen, Ethiopie, etc.)
  • Répondre aux situations d’urgence (guerres, attentats)

 

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Feujworld, quelle histoire !

L’histoire a débuté en en 1999, où deux amis créent le premier site de la communauté juive. Un succès phénoménal s’empare de ce Feujworld en raison d’une idée simple mais toute nouvelle pour l’époque : créer son compte avec ses photos et ses infos pour pouvoir dialoguer avec les autres.

C’est ainsi que les années 2000 défilent au rythme du célèbre « un vote pour toi = un vote pour moi » que clamaient les ados pour devenir Miss ou Mister Feujworld !

Dix ans plus tard, l’équipe de Feujworld décide de repenser le site qui devient un véritable réseau social « 100% Juif ».

En créant son compte, on ajoute ses amis, sa famille, ses collègues et l’on peut poster des photos, des statuts, des liens vers des articles de presse ou des vidéos – mais aussi rédiger ses propres articles et les faire connaitre en public à toute la toile.

Comme le souligne Grégory Harrous, à l’origine de Feujworld, tout est réalisable en un clic :

« Retrouver sa liste d’amis Facebook déjà sur Feujworld, importer son carnet d’adresses email pour inviter ses amis » … Il est capital d’avoir un maximum de contacts car chacun construit son réseau social personnel.

 

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Une rubrique spéciale dédiée aux célibataires

Rubrique historique de Feujworld, elle prend une place spéciale sur le site, qui se veut réseau social et non site de rencontre ! Il faut donc créer un profil-rencontre pour pouvoir draguer, gratuit pour les jeunes, et sur abonnement pour les +25 ans où l’amusement laisse place à un besoin concret.

On y retrouve la vie communautaire et ses activités

L’idée est de proposer un site où l’on peut savoir tout ce qui se passe à côté de chez soi. Une soirée dansante, un Chabbat plein organisée, la journée Portes Ouvertes d’une école, le gala d’une association… jusqu’à présent rien ne permettait d’être informé de ce qu’organisent les acteurs de la communauté.
On peut y participer et ajouter nos photos puis identifier les amis avec qui on y était.

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Sur Feujworld, on est « comme à la maison »

Sur Internet, c’est parfois compliqué de poster ce qu’on veut, nous avons tous un environnement extra-communautaire et ne souhaitons pas forcément affirmer notre judaïsme en public.

Le problème est résolu : sur Feujworld on ne se pose pas la question lorsqu’on publie une photo de ses vacances à Eilat ou Tel-Aviv !

Facile d’utilisation, le réseau social reprend « tous les codes auxquels les internautes sont habitués » (j’aime, je partage, je commente), avec une confidentialité millimétrée qui permet d’afficher ce que l’on veut à qui l’on veut.

A l’image de ses membres, Feujworld, avec déjà 4 000 membres en quelques semaines seulement, (la base des 80 000 membres ayant été conservée mais leur adhésion volontaire étant demandée), est promis à un bel avenir.

Qu’attendez-vous pour vous inscrire et y inviter tous vos amis ?
www.feujworld.fr

 

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Yom Yeroushalayim célèbre, ce dimanche 5 juin 2016/28 Iyar 5776, la réunification de la ville de Jérusalem après la conquête de l’Est de Jérusalem par Tsahal au cours de la guerre des Six jours en 1967.

 

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Elle est célébrée à la date hébraïque du 28 Iyar, par les Juifs laïques et religieux, en Israël et dans la diaspora juive.

Rappels historiques

Le plan de partage de la Palestine de 1947 prévoyait deux États indépendants, l’un juif et l’autre arabe, avec un troisième État de Jérusalem sous contrôle international. L’attaque arabe contre l’État d’Israël proclamée en 1948 conduisit à la guerre israélo-arabe de 1948 qui s’achève sur les accords d’armistice israélo-arabes de 1949 et un partage de la ville de Jérusalem suivant la ligne de front, entre sa partie orientale (dont la vieille ville) sous contrôle jordanien et la partie occidentale sous contrôle israélien.

Pendant 19 ans, la vielle ville de Jérusalem est restée sous autorité jordanienne. La présence juive fut interdite, y compris sur les lieux saints du judaïsme. Des profanations de synagogues et de cimetières y ont été rapportées également.

Lorsque Tsahal conquiert Jérusalem-Est à l’issue des combats de la guerre de 1967 (le 28 Iyar 5727), Israël déclare officiellement « Jérusalem réunifiée et capitale éternelle et indivisible du peuple juif ». Le cessez-le-feu est décrété le 11 juin 1967. La Knesset reçoit la proposition de loi gouvernementale sur l’administration de Jérusalem dès le 27 juin.

Le 12 mai 1968, le gouvernement israélien proclame le 28 Iyar comme un jour férié en tant que « Yom Yeroushalayim ». Le 23 mars 1998, la Knesset décide de faire de ce jour une fête nationale. La communauté juive la commémore comme la « libération » de la vieille ville et de ses lieux saints.

Comme pour Yom Haatsmaout, le Grand Rabbinat d’Israël a décrété que chaque année, Yom Yeroushalayim devrait être célébré dans la joie, notamment par des prières et coutumes religieuses particulières.

Source : Ministere des Affaires Etrangeres d’Israel


En 1967, la Bataille de Jérusalem

Le Jour de Jérusalem est aussi l’occasion de commémorer la Bataille de Jérusalem au cours de laquelle de violents combats ont été menés et qui ont conduit à la réunification de la Ville Sainte coupée en deux depuis la Guerre d’Indépendance. La bataille la plus rude fut conduite pour libérer le Mount Scopus sur la Colline aux Munitions, véritable camp fortifié par la Légion jordanienne qui y avait édifié des tranchées regorgeantes de munitions et de matériel militaire sophistiqué. Cette bataille, plus encore que celle qui a conduit à la libération de la Vieille Ville et du Mont du Temple, reste gravée dans la mémoire des Israéliens comme l’une des plus difficiles que Tsahal ait eu à mener.

Une célèbre chanson en rappelle par le détail les différentes étapes, ainsi qu’un Mémorial érigé sur cette colline qui, aujourd’hui, accueille l’un des plus beaux parcs de Jérusalem.

Grandeur de Yom Yerouchalaïm Par Nahum Botschko
Source : http://www.leptithebdo.net Article original

Yom Yérouchalayim marque la renaissance spirituelle de la nation juive, après la renaissance physique que marque Yom Haatsmaout.
La Guémara (Chabbat 118b) rapporte :

Rabbi Yossé a dit : « Puissé-je être de ceux qui disent le Hallel entier chaque jour ! » Vraiment ? N’a-t-on pas enseigné : « Celui qui récite le Hallel tous les jours est un blasphémateur » ? Mais cela concerne les psaumes de la liturgie matinale. L’intention de Rabbi Yossé portait sur les Pessouqé Dezimra, littéralement « versets de chant », qui débutent par le mot Hallélou. »>Article original

Cette sentence talmudique condamnant la récitation quotidienne du Hallel est difficile à comprendre : quel mal y aurait-il à louer D.ieu chaque jour ? Rabbi Simha Hacohen de Dvinsk, auteur du Mechekh ‘Hokhma, explique :

Réciter tous les jours le grand Hallel, lequel rend grâce pour les œuvres miraculeuses, serait blasphématoire (une telle récitation quotidienne laisserait entendre que seuls les miracles importent à D.ieu, et non la nature). Mais celui qui récite chaque jour le psaume 145 (Achré/Tehila Lé-David), lequel énumère les œuvres naturelles journalières, est assuré d’avoir part au monde à venir.

Il y a donc deux sortes de louange : celles qui se rapportent aux miracles, chacun étant unique en son genre, comme le passage de la mer Rouge ; et celles qui célèbrent la manière dont D.ieu exerce au quotidien sa providence sur notre monde, au travers des phénomènes les plus banals :

le lever du soleil, etc. Celui qui ne voit la présence divine que dans les miracles historiques, mais non dans la nature, est un blasphémateur.

Le Grand Rabbinat d’Israël a institué la récitation du Hallel, le jour de l’Indépendance d’Israël et le jour de la Réunification de Jérusalem , parce que ces jours pérennisent les événements survenus en faveur du peuple d’Israël sur sa terre, le 5 iyar 5708 et le 28 iyar 5727. Ce sont des jours fondateurs, exceptionnels, qui ont définitivement marqué et transformé l’histoire du monde.

Yom Haatsmaout marque la renaissance physique de la nation juive. Avant l’établissement de l’État, le peuple était dispersé, réparti en communautés, en individualités. Depuis la création de l’État, nous sommes redevenus une nation souveraine sur sa terre. Yom Yérouchalayim marque notre renaissance spirituelle, la libération des lieux saints, Jérusalem et le mont du Temple en son centre, qui sont l’âme intime de notre peuple.

Ces fêtes tombent toutes deux pendant le compte de l’Omer, période qui, à l’origine, était une période de joie. La période de l’Omer relie les jours de Pessah, jours de la Délivrance physique d’Israël, au jour de la Révélation et du don de la Torah. Cette période constitue une préparation à la réception de la Torah, par l’offrande de l’Omer et le compte des jours.

Hélas ! C’est précisément en cette période joyeuse qu’est survenue la terrible catastrophe de la mort des vingt-quatre mille élèves de Rabbi Aqiba, ce qui a conduit nos maîtres à y instituer des usages de deuil.

On rapporte que les élèves de Rabbi Aqiba sont morts parce qu’ils ne se conduisaient pas avec respect les uns envers les autres. La haine gratuite fut la cause de la ruine du deuxième Temple. Le Rav Kook explique qu’à cette époque, les individus se conduisaient en conformité avec la Torah, mais la collectivité était fautive. De nos jours, une réparation significative de cet état de choses a été opérée. Depuis la création de l’État, nous sommes redevenus une nation ; les soldats de Tsahal donnent leur vie avec dévouement pour la défense du peuple entier.

Cet esprit de sacrifice est une manifestation d’amour inconditionnel d’une valeur incomparable. Quel bonheur de pouvoir vivre dans une telle génération !

Ce n’est pas sans raison que le jour du Souvenir des soldats tombés ainsi que Yom Haatsmaout et Yom Yerouchalaïm ont été fixés durant l’Omer : il n’y a pas de période plus digne d’être vouée à la restauration de l’unité d’Israël !

Puissions-nous développer cet amour inconditionnel, en nous intégrant de plus en plus authentiquement au sein de la nation d’Israël.

Traduit par Rav Elyakim Simsovik

Jérusalem est ancrée au coeur du vécu juif, enracinée dans les tréfonds de sa conscience Par Elie EBIDIA pour Lamed.fr

Jérusalem est ancrée au coeur du vécu juif, enracinée dans les tréfonds de sa conscience. Lorsque le peuple juif a entamé le long et périlleux itinéraire de l’ Exil, il s’est promis de ne jamais effacer le souvenir de Jérusalem et de porter son deuil tant que cet exil durerait.

 » Si je t’oublie Jérusalem, que ma droite me refuse son service. » ( Psaume 137 )
Le Talmud nous apprend que celui qui porte le deuil de Jérusalem a le mérite de la voir dans sa joie… » ( Taanit 30 b ) Plusieurs commentateurs s’étonnent de l’utilisation du présent  » a le mérite  » alors que le futur  » aura le mérite  » aurait été plus logique.

En vérité, le présent est tout à fait à sa place ici. En effet, avec Jérusalem, il ne s’agit pas d’un deuil au sens littéral et absolu du terme. Un deuil se définit essentiellement par le déchirement et la souffrance en face de ce qui ne peut être qu’irrévocable. Pour aussi surprenant que cela puisse paraître, le deuil de Jérusalem est un deuil teinté de joie et d’espoir… Il est une promesse. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous sommes autorisés à considérer le 9 Av ( Ticha Be Av ) qui commémore la destruction du Temple de Jérusalem, comme un Moed, une fête. En effet, ni ce jour là, ni la veille, nous ne disons de Supplications, et ce comme s’il s’agissait de la veille d’un véritable Yom Tov…

L’utilisation du présent  » a le mérite  » signifie que vivre le deuil de Jérusalem durant toutes ces années d’exil, c’était faire en même temps l’expérience, ici et maintenant, de la joie et de l’espoir.

Pour mieux comprendre de quoi il s’agit, reportons-nous au livre de la Genèse. Lorsque les fils de Jacob viennent annoncer à leur père Joseph a péri, Jacob prend le deuil de nombreux jours, mais se refuse en même temps à entendre des paroles de consolation. Ainsi qu’il est écrit:  » Tous ses fils et ses filles se mirent en devoir de le consoler, mais il refusa toute consolation. « 

Le midrash Rabba ( chap 24 ) explique au nom de Rabbi Yossi que l’on accepte d’être consolé sur des morts, non sur des vivants. La consolation intervient quand il n’y a plus rien à espérer, quand il faut tenter autant que possible d’évacuer la souffrance. En revanche, tant qu’il y a un espoir, la souffrance qui refuse la consolation montre par là même qu’elle ne se résigne pas à la disparition définitive. En cela, elle fait d’une certaine façon l’expérience de l’espoir et d’une certaine forme de joie… Quand elle imagine, par exemple, la splendeur des retrouvailles. Jacob a refusé d’être consolé par ses enfants car il ne pouvait se résoudre à l’idée que son fils n’était plus.

Depuis la destruction du Temple, le deuil de Jérusalem revêt une dimension de joie dans l’espoir car justement aucun Juif n’a jamais ressenti la perte de Jérusalem comme une perte irrémédiable et définitive. Prendre son deuil, c’était dans ce cas précis éspérer… Que la souffrance ait perduré à travers les générations signale justement cette incapacité à se consoler et donc à considérer Jérusalem perdue. Ainsi qu’il est dit dans les Avoth de Rabbi Nathan :  » Jérusalem est appelée vive, comme dit le verset : « Je circulerai devant le Seigneur dans la Terre des vivants ( Jérusalem ).  » ( Psaume116 ) « 

Le fait de ne s’être jamais consolé de Jérusalem est le signe tangible qu’elle a toujours été pour le peuple juif une réalité vivante, existante.
Sans doute pouvons-nous dire également que la persistance de ce sentiment vient de la force de cohésion extraordinaire exercée par Jérusalem au sein du Klal Israël. Abraham l’avait appelé : Yiré ( Gen. 22,14 ) et Chem, le fils de Noé : Chalem. Le midrash raconte que D’ ne voulant offusquer ni l’un ni l’autre, fit des deux noms, un seul : Yiréchalem…

Cette union de deux noms, symbolise une capacité à réunir et faire fusionner le coeur des Juifs.
« Jérusalem qui est bâtie comme une ville d’une harmonieuse unité.  » ( Psaume 123 )
Par définition, Jérusalem est génératrice de l’unité d’Israël. C’est pourquoi elle ne fut pas partagée entre les douze tribus; sa nature s’y refusait. Jérusalem ne peut servir qu’à unir les Juifs entre eux.

Le fait que le Yom Yéroushalayim intervienne justement entre Pessah et Chavouoth, c’est-à-dire durant la période qui nous prépare au don de la Thora, n’est pas le fait du hasard… Le peuple d’Israël a reçu la Thora dans un moment de cohésion et d’unité extraordinaires :  » comme un seul homme, avec un seul coeur !  » La fête de Jérusalem nous aide à ressentir encore plus ce sentiment d’unité qui nous permettra de recevoir la Thora.

terredisrael.com Article original

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Lois détaillées de la recherche et de l’élimination du ‘Hamets
Guide halakhique complet de la Mitsva de « Bedikat ‘Hamets » (le 2 avril au soir).

Pessah 2015: du soir du 3 Avril au soir du 11 avril 14 au 22 Nissan 5775

1) C’est à la tombée de la nuit du 14 Nissan que peut débuter, à priori, la bédika. Commencer à l’heure n’est pas seulement considéré comme une « conduite d’homme zélé », mais est un décret de nos Sages (Choul’hane Aroukh Harav).

2) Celui qui désire faire la bédika la nuit du 13 Nissan ou une autre nuit, à la lumière d’une bougie, peut effectivement le faire en prenant soin de ne plus introduire de ‘hamets dans les endroits vérifiés. Cependant, on ne dira pas la bénédiction que nos Sages ont instituée exclusivement pour le 14 Nissan. Il est possible, à priori, de faire la bédika de toute sa maison les nuits qui précèdent celle du 14 Nissan. Cependant, on laissera une pièce à vérifier le 14 Nissan sur laquelle on dira la bénédiction.

3) En cas d’impossibilité de faire la bédika la nuit du 14 Nissan, et qu’on a le choix de la faire soit une nuit avant le 14, soit le matin du 14, lendemain de la nuit de la bédika, on préfèrera cette deuxième solution car elle nous permet de dire la bénédiction.

4) La bédika sera faite dans tous les endroits dans lesquels on aurait pu introduire du ‘hamets pendant l’année. En cas d’impossibilité de faire une bédika sérieuse dans sa maison, ainsi que dans son magasin ou son cabinet de travail, il est possible de vendre à un non-juif les parties de ces propriétés que l’on n’aura pas l’intention d’utiliser pendant Pessa’h. Il sera cependant permis de pénétrer, pendant Pessa’h, dans les endroits vendus, pour en chercher un objet en cas de besoin. Ceci car le Rav prévoit généralement dans le contrat de vente du ‘hamets de demander la permission au non-juif d’utiliser les endroits vendus.

5) On est tenu de faire la bédika de toutes les pièces, même celles qu’on a l’intention de fermer pour tout Pessa’h.

6) Certains ont la coutume pendant la bédika de prendre une plume qui aidera à ramasser et à gratter le ‘hamets se trouvant dans les petits trous. L’habitude est aussi de prendre un sac dans lequel on mettra le ‘hamets que l’on aura trouvé.

7) La coutume est aussi de prendre une cuillère en bois qui sera introduite dans le sac et sera brûlée avec le ‘hamets.

8) Beaucoup se permettent de faire une bédika superficielle en s’appuyant sur le fait qu’un nettoyage sérieux a été fait avant. Bien qu’il y ait une base halakhique à cela, il est tout de même recommandé de faire une bédika soigneuse et appliquée comme indiqué dans le Choul’hane Aroukh. D’ailleurs tous les grands Sages d’Israël s’impliquèrent beaucoup personnellement dans cette mistva.

9) Il faut balayer les pièces avant la bédika afin de faciliter celle-ci. Le nettoyage qu’on aura fait auparavant servira de balayage s’il a été bien fait.

10) En cas de doute si une pièce a été vérifiée, on sera tenu d’en refaire la bédika.

Déposer du ‘Hamets avant la bédika

1) Nous avons la coutume de déposer des morceaux de pain avant la bédika pour éviter une bera’ha en vain. Cependant, d’après la Loi stricte, il n’y a rien à craindre car la mitsva consiste à rechercher le ‘hamets pour le brûler et l’on s’en acquitte même si l’on ne trouve pas de ‘hamets.

2) De nos jours, où nous avons l’habitude de faire un nettoyage complet avant la bédika, certains décisionnaires pensent qu’il y a obligation de déposer ces morceaux de pain.

3) D’après le Arizal, il faut déposer 10 morceaux. Certains préconisent de les déposer dans des coins.

4) L’habitude consiste à ce que des membres de la famille déposent ces morceaux pour celui qui fait la bédika. S’il n’y a personne d’autre dans la maison que celui qui fait la bédika, ce dernier les déposera lui-même.

5) On choisira des morceaux de ‘hamets qui ne risquent pas de s’émietter. On les enveloppera soigneusement dans du papier et on fera attention à ce que des enfants ou des animaux ne les éparpillent pas dans la maison.

6) Il sera bon que chaque morceau fasse moins qu’un “Kazayit” (27 cm3) car ainsi, on ne sera pas obligé de recommencer la bédika si on ne trouve pas un morceau. Cependant la somme des morceaux devra être supérieure à un kazayit afin d’accomplir la mitsva de “Biour ‘hamets” (extermination du ‘hamets) selon tous les avis.

7) Il est conseillé de noter les endroits où sont posés les morceaux.

8) On fera la bédika de toute la maison car si on se contente uniquement de rechercher les morceaux de ‘hamets on ne sera pas quitte de la mitsva.

9) Même dans le cas où on effectuera la bédika une autre nuit que le 14, par exemple le 13, il faudra déposer les 10 morceaux. Certaines autorités cependant préconisent de ne pas les déposer dans ce cas

Par le Rav Yaakov Zerbib
Article original

POUR CEUX QUI PARTENT A PESSAH

Il est conseillé à toute personne qui ne passe pas Pessah chez lui, de faire un nettoyage complet et scrupuleux de sa maison, même s’il n’a pas prévu d’y retourner durant la fête. Nous avons une obligation de la Torah de nous défaire de tout le pain et le levain en notre possession, et cela durant les huit jours que dure la fête.

Si la personne part avant Pourim, alors elle peut vendre sa maison. Si elle part quelques jours avant Pessah, elle fera la recherche du hamets le dernier soir, à la lumière de la bougie, sans faire de bénédiction. Elle emportera avec elle les dix morceaux de hamets, qu’elle brûlera le matin du 14 Nissan au lieu de sa résidence.
Si elle ne peut faire elle-même cette recherche du hamets chez elle, elle pourra déléguer une personne qui fera la recherche à sa place.

Si une personne arrive dans un hôtel, qui n’est pas encore « cacher Pessah » elle fera la recherche du hamets, et veillera au bon nettoyage. Si par contre le nettoyage a été fait, elle se contentera de brûler son hamets.

Tout le hamets en notre possession doit faire l’objet d’une vente détaillée, et la vente doit porter sur le pain et le levain. Cela doit aussi concerner les ustensiles non cacher Pessah, qui contiennent donc du hamets.


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Tsidkat-Eliaou : la Principale Caisse francophone de Tsédaka à Jérusalem

Tsidkat-Eliaou est une association caritative officielle créée il y a plus de 20 ans par le Gaon Hatsadik Rav NISSIM AMSELLEM Zatsal, disciple et beau-frère de BABA SALÉ zatsal. Elle aide directement les familles nécessiteuses vivant à Jérusalem. Nous avons rencontré son président, Monsieur R. Amsellem, afin d’en savoir plus sur son fonctionnement.

Question : Comment fonctionne votre association ?
TE : Tsidkat-Eliaou est composée d’un groupe de bénévoles courageux qui unissent leurs efforts pour venir en aide à ceux qui en ont le plus besoin : familles en détresse, pauvres, orphelins, veuves ou frappés par la maladie qui n’osent pas faire le premier pas pour demander la Tsédaka. Nous distribuons au domicile de chaque famille, dans la dignité, toutes les veilles de shabbat et de fêtes, une aide alimentaire et financière minimum. Nous collectons aussi des vêtements en bon état pour les redistribuer.

Question: Quel est votre actualité ?

TE : L’association organise une grande opération intitulée « Les paniers de Pessah » grâce à laquelle nous espérons pouvoir aider encore plus de familles démunies à fêter dignement le Seder et la fête de Pessah. Ces  paniers seront adaptés aux besoins de la fête avec, entre autres, Matzots, jus de raisin, huile, boisson, etc. Ces familles pourront procéder joyeusement à chacune des mitzvot indispensables au bon déroulement du Seder. Des bons et cartes magnétiques d’achat seront également distribués en complément.

Question : Quel objectif souhaiteriez-vous atteindre ?

TE :Tsidkat-Eliaou s’est fixé comme objectif ambitieux mais raisonnable la distribution בס »ד de 1 800 paniers ! Nous délivrons des reçus Cerfa pour la France et Seif 46 pour Israël.

Question : Quel sont vos sources de financement?

TE : Chaque don collecté, chaque geste de générosité représente une part active à nos actions caritatives, car il n’existe pas d’autres sources de financement. Ce sont uniquement les dons accumulés qui permettent à l’association de combattre la précarité à Jérusalem. Il n’y a pas de « petits dons », mais uniquement des juifs soucieux d’aider leurs frères selon leurs possibilités.

Le statut officiel de l’association, agréé par les ministères, offre aux donateurs une véritable certitude ainsi qu’une sécurité garantie par les rapports récurrents effectués par son commissaire aux comptes.

Sur le plan spirituel, nous comptons, parmi nos soutiens le grand rabbin de Jérusalem Rishon Letsion Rav Chlomo Amar Chlita, mais aussi Rabbi David Abouhatsira Chlita, Rabbi David Pinto Chlita, ou le Rav Yaakov Sitruk Chlita, Rav Melloul Chlita dayan de Marseille, le grand rabbin de Lyon  Rav  Yoel WERTENSCHLAG Chlita. Enfin, nous avions eu l’immense honneur de recevoir le soutien du Rishon Letsion Rav Ovadia Yossef Zatsal et du Rishon Letsion Rav Mordekhai Eliahou zatsal.

Question : A l’approche de Pessah, avez-vous une prière à formuler ?

TE : Puisse l’Eternel bénir tous les donateurs qui, grâce à leur Tsédaka, feront hâter la venue du Mashiah Tsedek et la Guéoula Chéléma pour tout le Am Israël ! Pessah Cacher Vé Saméah.

http://www.tsidkat-eliaou.org/tsedaka/jerusalem.php
Tel. Israël 1800 260 360  | Tel. France 01 77 47 82 60

 

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La recherche du Hamets
La nuit du 14 Nissan – qui tombe cette année 5776 un jeudi soir – on procède à la recherche du Hamets à la lueur d’une bougie de cire (ou d’huile de paraffine solidifiée comme on en trouve de notre époque), conformément à l’institution de nos sages.

Réciter la bénédiction 
Baroukh Ata Ado-naï Elo-Hénou Mélèkh Haolam Achèr Kidechanou Bemitsvotav Vetsivanou Al Biour ‘Hamets.
Béni sois-Tu Eternel notre D.ieu, Roi de l’univers, qui nous a sanctifiés par Ses Commandements et nous a ordonné de détruire le Hamets.

Si l’on n’a pas de bougie, on peut procéder à la recherche du Hamets au moyen d’une lampe de poche que l’on peut introduire dans les endroits qui nécessitent d’être vérifiés.
Il est un devoir de rechercher dans toutes les pièces de la maison, afin de vérifier qu’il ne reste pas de Hamets, et même s’il nous semble évident de n’avoir jamais mangé de Hamets dans une pièce, il est une obligation de la vérifier. Il en est de même pour les balcons et les jardins.

Les vêtements lavés que l’on a rangés dans le placard après la lessive, ne nécessitent pas de vérification, même s’il s’agit de vêtements d’enfants, car il est certain que tout éventuel Hamets se trouvant dans les vêtements a été détérioré par les détergents utilisés pour la lessive. Or, un Hamets dont le goût est détérioré n’est plus considéré comme Hamets concernant l’interdiction lors de la fête de Pessah, comme nous l’avons expliqué antérieurement.

Le moment de la recherche
Le moment de la recherche débute à la sortie des étoiles. (Si l’on a été confronté à un cas de force majeure et que l’on a tardé à faire la recherche, on peut encore faire la vérification avec Bérah’a même après ce moment).
Il est interdit de consommer du pain ou des gâteaux en quantité supérieure à Kabétsa (56 g) avant la recherche du Hamets, et cet interdit est en vigueur depuis la demi heure qui précède le moment de la sortie des étoiles. Mais une quantité inférieure à Kabétsa de pain ou de gâteau est permise. Des fruits ou des légumes, ou bien du riz ou autre, peuvent être consommés même au delà de Kabétsa (56 g).

La tradition des 10 morceaux de pain

Certains ont pour coutume de cacher à la maison 10 petits morceaux de pains bien enrobés afin que celui qui procède à la vérification les trouve, il faudra par contre faire attention à noter l’emplacement des morceaux cachés, afin de s’assurer qu’ils ne resteront pas à la maison pendant Pessah. Il est aussi conseillé que chaque morceau de pain soit inferieur à 27g.


L’annulation du Hamets
Après la recherche, on doit annuler le Hamets verbalement, en disant :
 » Kal h’amira dé-ika birshouti déla héazité oudéla bi’arté, livtil véléhévé ké’afra déar’a « 

Il est essentiel de comprendre cette formule, et en voici donc sa traduction :
 » Tout Hamets qui est encore en ma possession, que je n’ai pas vu ou que je n’ai pas encore détruit, qu’il soit considéré comme la poussière de la terre « .

On doit dire cette formule exclusivement dans une langue que l’on comprend, sinon, on ne s’acquitte pas de l’obligation du Bitoul (annulation du Hamets).
On a l’usage de prononcer 3 fois la formule de Bitoul, afin de confirmer la chose (Il est bon d’ajouter au moins à l’une des 3 fois, le mot « Hefker », en disant «Livtil véléhévé hefker ké’afra déar’a »).


Sources :

halachayomit.co.il;

torah-box.com

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« À la bonne adresse »
à la

Mairie du 15e 

Salle Vaugirard

31 rue Péclet, 75015 Paris

Le lundi 15 février 2016 à 20 heures

A5-Invitation-15e-GrandTOU - 15fev2016

Entrée libre

 
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Contacts 

 grandtou@orange.fr

06 08 52 77 70

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Le mythe hébraïque ne fait qu’associer la rose à une vérité sans âge, qui revit aussi bien dans les premiers romans de Victor Hugo que dans ses Choses vues.

Ecrire selon la Rose, c’est-à-dire selon les principes mystiques si bien incarnés par la rose, attribut de la shekhina hébraïque. La connaissance de ces principes n’aurait pas été si utile aux auteurs très fameux (Melville, Kafka, Hugo) qui écrivent « selon la rose », dont ils semblent  intuitivement retrouver l’essence… Nul ne peut se vanter de pouvoir « prouver » l’existence de Dieu, ou du moins la véracité des fondements de la métaphysique, notamment juive. Pourtant la lecture un peu attentive de quelques grandes œuvres littéraires, pas forcément écrites par des Juifs, peut faire vaciller ce doute. C’est ce j’ai voulu montrer dans cette longue étude (en fait quatre livres en un) qui s’articule en deux moitiés : la première est réservée à Hermann Melville et à son disciple Henri Bosco ; la seconde concerne d’abord Kafka, dont le relatif désengagement religieux est mis en parallèle avec celui de Victor Hugo, irrité par les dogmes, mais en quête d’une vérité qu’il semble avoir subodorée très tôt dans le judaïsme.

 En décrivant la mort de Billy Budd dans le récit éponyme, œuvre ultime (1891), Melville évoque « le rose de l’aube », cette aube dont les évocations symétriques encadrent littéralement ce chapitre crucial. D’abord comparé au manteau céleste échu au prophète Elisée au début de ce chapitre, le ciel de cette aube est vu comme la « toison de l’Agneau divin » dans ses dernières lignes. Cet équilibre entre les deux traditions juive et chrétienne est moins apparent dans le manuscrit de Melville, où le « rose de l’aube », dans le second passage, surcharge « la shekhina de l’aube », qui se déverse sur le pendu sublime dont la beauté réside en partie dans les « roses » de son  hâle.

Cette identification du personnage à la « shekhina » trouve son sens dans la valeur allégorique de ce personnage qui incarne une certaine idée de la parole poétique, entendue comme un écho infime de la Parole divine. Melville connaissait-il la tradition qui définit la « shekhina » par sa valeur compassionnelle à l’égard des pendus ? (Sans doute en raison du rapport de la Parole divine et de la parole humaine, dont les insuffisances trouvent leur expression symbolique dans le silence des pendus…)

La shekhina, si l’on suit Gershom Scholem, a pour principal symbole la rose, et jusqu’à ses épines : celles du châtiment exercé par la shekhina quand les hommes se détournent d’elle. Cette ambiguïté se poétise dans le récit de Melville, où le charme des roses du teint de Billy se nuance par la force de son poing, fatal au lieutenant calomniateur. Mais encore dans le rapport des personnages, doubles antagoniques. Et plus généralement dans une esthétique littéraire aux multiples aspects, sorte d’alchimie du verbe qui implique aussi les « rythmes » dont parlera Rimbaud. Or la question du rythme, dans Billy Budd, est englobée dans celle de l’harmonie des formes littéraires : « The symmetry of form »… C’est le souci du narrateur-auteur, exprimé dans deux chapitres symétriques de ce récit de trente-deux sections (avec le poème conclusif). Il ne semble pas que Melville ait délibérément calculé les mesures de cet espace textuel, si merveilleusement harmonisé aux trente-deux voies de la sagesse divine : c’est ainsi que se définit justement la shekhina.

Les trente-deux vers du poème conclusif (matrice du récit tout entier) confirment l’ampleur de cette énigme. Les « huit coups de cloche » à « quatre heures du matin » qui sonnent la dernière heure de Billy (8×4) sont d’ailleurs l’indice innocent du rythme interne de l’écriture de Melville. (Ce phénomène transparaît dans les analyses quantitatives du vocabulaire que j’ai peu pratiquées dans cet ouvrage, par crainte de lasser le lecteur.)

Les aspects mystiques de la mort de Billy (qui refuse pourtant les secours de la religion) révèlent en fait le sens mystique du (dernier) travail poétique de Melville. Vers la fin de sa vie, plus que jamais le génial écrivain éprouve l’indicible vérité de la « shekhina », mentionnée dans des poèmes peu étudiés d’un Melville plus jeune. Or, le « rose de l’aube » du chapitre XXV, reprend en écho la mention, au chapitre IX (en parfaite symétrie), de la cicatrice comparée à un rayon de l’aube qui défigure un vieux marin ! Pire encore, les termes employés pour décrire la dernière aube de Billy s’inscrivent déjà dans ce chapitre IX, à propos du châtiment sanglant d’un jeune novice. Cette symétrie a-t-elle gêné Melville, au point de raturer la « shekhina » du chapitre XXV ? Ou a-t-il hésité à consacrer la grandeur de l’ésotérisme juif, devant lequel s’estomperait l’aura de la métaphysique de « l’Agneau divin » ?

 Ce dilemme insoluble revit dans les pages des Balesta (1955), roman de Henri Bosco, qui considérait Melville comme « un vrai dieu ». Les effets de double entente, dès le « Liminaire » des Balesta, laissent entrevoir l’idée de cette dépendance. Si Bosco, poète autre alchimiste, n’a pas de leçons à recevoir de Melville, sa fascination hallucinée (et sans doute inconsciente) pour le récit Billy Budd est sans doute motivée par son propre partage entre les grandes traditions, à commencer par celles de l’Ancien et du Nouveau Testament, transposés sur le mode humoristique dans les deux testaments successifs d’une baronne, personnage des Balesta, roman dans lequel se démultiplient, comme dans un miroir à deux faces, les traits des personnages de Billy Budd.

Les traits de Billy et ceux de son lieutenant calomniateur se conjuguent dans ceux d’un autre personnage féminin. Si cette figure nous inquiète, c’est que Bosco projette sur elle un antisémitisme à peine voilé, qui équivaut aux ombres portées sur la « shekhina » de Melville. La multiplication outrancière des roses de Billy Budd dans Les Balesta n’est pas (seulement) l’indice d’une vaine concurrence, mais le signe d’une compréhension du sens le plus métaphysique de ces roses, image de l’Un produisant le multiple. (Bosco est encore plus « juif » que Melville dans un passage où le motif des lumières évoque les métaphores lumineuses, appliquées à la Création dans la mystique juive.)

 En 1955, Bosco ne pouvait pas connaître la rature de la « shekhina » surchargée par « le rose de l’aube », révélée au public au début des années 60. Poète métaphysicien, Bosco était doué d’un flair peu commun à l’égard de la magie de l’écriture qui, chez son illustre prédécesseur, fait revivre (ou témoigne de la vie de) la shekhina. En effet, disposés en symétrie dans son roman, deux détails qualifiés par le nombre « trente-deux » diffusent dans l’espace du récit une lumière énigmatique.  Bosco, même s’il était fasciné par le « Nombre », n’a sans doute pas calculé ni ces détails ni leur disposition qui, mieux que les harmonies internes de maints passages, réaffirment la puissance des « trente-deux voies de la sagesse », une sagesse incarnée par le personnage principal de ce récit. L’enjeu est moins le rapport de Billy Budd et des Balesta (où le thème marin ne manque pas de révéler ce rapport) que l’intuition de ces deux consciences poétiques de la force qui les détermine et qui trouve son expression la plus accomplie dans le judaïsme.

Les croyances de ces poètes et leur foi, assez réduites sur le plan de leur conscience, se prononcent malgré eux, sur le plan de leur écriture. Les limites de cette élévation spirituelle, mises en scène dans ces récits, ne font que traduire l’enténèbrement de la shekhina dans un monde qui n’est plus apte à en recevoir la lumière. La cruauté et l’horreur de l’univers de Kafka peuvent s’expliquer ainsi. Cette altération de la Rose  hébraïque se dramatise en effet dans Un médecin de campagne (1916 ?) où la joue mordue de la servante Rosa trouve une sorte de reflet dans la seconde moitié du récit, avec la plaie grouillante de vers roses du malade visité. Kafka semble d’ailleurs déformer dans certains de ses récits les prières entendues (sans conviction ?) à la synagogue. Mais ses récits, comme ceux de Melville et de Bosco, présentent une structure digne de la Rose ; même quand des touches sanglantes ou blafardes s’y distribuent dans une symétrie attendue.  La noyade finale du héros du Verdict (1912) évoque d’autant plus la mort de Billy Budd que ce récit de Kafka, comme celui de Melville, se lit comme une transposition du mythe d’Abraham. Les grandes figures de l’Ancien Testament ne seraient d’ailleurs qu’autant de masques sur l’agir de la shekhina, incarnée dans le destin légendaire de ces figures…

Il est certes très risqué de voir dans la double rangée des dents du palefrenier du Médecin de campagne un symbole négatif des trente-deux voies de la sagesse. Cette hypothèse paraît plus recevable si on examine le Livre de ma mère d’Albert Cohen (1954), où le motif des « trente-deux [dents] » est rattaché, dans un effet de symétrie couvrant l’ensemble de ce récit, à une figure biblique. Or, c’est dans les pages d’un écrivain aussi peu juif que Victor Hugo que le mythe des « trente-deux voies » apparaît comme une vérité fondamentale, au travail dans nos esprits. Notamment dans l’inscription de ce détail chiffré au chapitre XXXII de certain de ses premiers romans (en 1820), ces romans où le motif de la rose est l’indice le plus apparent des préoccupations les plus spirituelles du poète. On peut relire dans ce sens Le dernier jour du condamné (1829), qui a tant de traits communs et si peu de liens avec le Billy Budd de Melville. Le génie d’Hugo explore les possibilités symboliques du nombre 32, mais en suivant son seul instinct de poète architecte. Dans un roman antérieur, qui présente des caractéristiques analogues (Han d’Islande, 1823), les deux mentions d’un « sanhédrin », comparant d’une assemblée secrète, jettent une lumière décisive sur cette entreprise poétique qui accède à un raffinement optimal dans quelques pages bien plus tardives des Choses vues, sorte de journal intime du poète.

Le lecteur a compris la raison de l’association déconcertante de Kafka et de Victor Hugo (si admiré par Bosco). Ce choix disparate fait ressortir l’unité des principes qui régissent notre psyché, principes dont la métaphysique, juive surtout, détient les clefs. Melville, avec ses allures de prophète, semble avoir l’avantage dans cette révélation. Pourtant le triomphe du judaïsme est encore plus sensible sous la plume de Bosco et celle d’Hugo, avec l’usage récurrent des mots fréquemment associés « rigueur » et « douceur », qui ne sont pas que le chiffre de leur esthétique littéraire. Même si l’emploi de ces mots ne doit sans doute rien aux textes de l’ésotérisme juif, ils évoquent l’entrelacement de la Douceur et de la Rigueur qui, dans la tradition juive, définit la shekhina. Cette tradition négligée par la culture occidentale reçoit ainsi une actualité que lui disputent vainement les mythes apparentés à celui de la rose, forgés par l’Occident pour nommer le même mystère.

 

MICHEL AROUIMI

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COLLECTION VERTIGE DE LA LANGUE
482 pages – 15×21 cm – 34 €
DATE DE PUBLICATION : 25 JANVIER 2016

En décrivant la mort de Billy Budd dans le récit éponyme, Herman Melville a raturé dans ses brouillons la « shekinah », remplacée par « le rose de l’aube » qui se déverse sur le corps du pendu, allégorique à maints égards. L’énigme de cette rature, qui porte sur un mythe essentiel du judaïsme, peut s’éclairer par les
innombrables réminiscences de Billy Budd dans le roman de Henri Bosco Les Balesta, où la rose n’est pas le seul attribut de la « shekinah » qui soit l’objet d’une christianisation insistante. Le lien des deux traditions implique les fondements de l’esthétique universelle, éprouvés par ces poètes dans l’écriture.
La couleur rose, dans une nouvelle de Kafka, est le support d’un questionnement analogue. De même dans d’autres de ses récits, avec les détails chromatiques qui soulignent leur construction. Le mythe hébraïque ne fait qu’associer la rose à une vérité sans âge, qui revit aussi bien dans les premiers romans de Victor Hugo que dans ses Choses vues. Ces écrivains nous proposent en fait une leçon sur la permanence du sacré et sur la valeur de ses principes, devenus incompréhensibles pour le monde moderne, immergé dans les formes matérielles et violentes de la dualité.
Michel Arouimi enseigne la littérature comparée à l’université du Littoral. Ses recherches diversifiées ont été jadis impulsées par les énigmes de Melville et de Kafka. M. Arouimi revient à ces auteurs dans ce nouvel ouvrage, pour cerner la source la plus abstraite de l’inspiration des poètes. Autant d’enquêtes sur le pouvoir de leur verbe, partagé entre la violence et le sacré.

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Hanouka tombe cette année du dimanche 6 décembre 2015 au soir au lundi 14 décembre 2015
Première bougie dimanche 6 au soir , et les huit bougies dimanche 13 au soir.

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La fête de ‘Hanouka commémore la délivrance d’Israël de l’oppression sous le joug de l’empire macédonien, propagateurs et représentants de la culture grecque, appelée par nos maîtres Tarbout Yavan…

En effet, d’après la tradition (et cela est déjà annoncé à Avraham), Israël devra subir quatre exils avant de jouir de la délivrance finale. Et le troisième exil est celui de Yavan, la Grèce. Nos maîtres (cf Levouch Or Ha’haïm chapitre 670 ; Michna Béroura idem) nous éclairent sur la différence fondamentale entre l’exil de Yavan et les trois autres, Babel, Médie et Edom.

Les trois empires que nous venons de citer attaquent physiquement le peuple d’Israël. Bien sûr, dans le courant de l’histoire, des décrets, publiés par ces trois puissances, verront le jour pour empêcher l’étude de la Thora et l’accomplissement des Mitsvote, et tenter d’obliger les Juifs à adopter leurs propres religions.

Mais ces sentences ne sont qu’un moyen de plus pour parvenir à la destruction physique du peuple d’Israël. En ce qui concerne Yavan, les Grecs, leur but était d’éradiquer la Thora et ce qu’elle implique. Si le peuple d’Israël avait accepté et adopté les us et coutumes hellénistes, et s’était assimilé à la civilisation grecque, les Juifs n’auraient pas eu à souffrir physiquement.

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Mais par ces sentences, Cet exil se différencie des autres également par le fait qu’Israël a continué de vivre sur sa terre. Il n’y eut pas de tentative de la part des Grecs de chasser les Juifs de leur pays. On retrouve ces notions, explicitement exprimées, dans le texte ajouté à la prière de la ‘Amida durant la fête de ‘Hanouka (‘Al Hanissim), par les membres de la Grande Assemblée : « Lorsque l’empire grec s’est attaqué à Israël, pour lui faire oublier Ta Thora et l’éloigner de l’accomplissement de Tes commandements. »

Nos maîtres nous révèlent également que les Grecs se sont attaqués à trois Mitsvote particulières.

Et la volonté des Grecs d’empêcher les Juifs d’obéir à ces trois commandements de la Thora était si forte qu’ils menaçaient de mort ceux qui voulaient rester fidèles à la parole de D.ieu.

Ces trois Mitsvote étaient celles de ‘Hodèch, Chabbate et Mila.

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Mitsvate Ha’hodèch, est le commandement de sanctifier le jour où la lune apparaît de nouveau (la néoménie), et de le fixer comme le premier jour du mois.

Brite Mila. Les grecs interdisaient également le respect du Chabbate et la pratique de la circoncision, Brite Mila.

Chabbate. une obligation de profaner partielle pour devenir totale par la suite du Saint jour de Chabbate.

Pourquoi les Grecs ont-ils choisi ces trois Mitsvote parmi tant d’autres
et ont-elles un point commun ?

Dans son analyse des caractéristiques de chacune des nations qui opprime Israël, Le Maharal (Ner Mitsva p.15), définit la politique de l’empire macédonien. L’essence même de la civilisation hellène, était basée sur la notion de la toute-puissance de l’intellect humain, qui dirige toute la création.

Le haut degré de connaissance et de culture des philosophes grecs les a amené à croire que l’intellect humain, et lui seul, doit diriger tous les aspects de la vie d’un homme.

Toute théorie ou action se basant sur un système métaphysique n’a pas de droit d’existence. La Thora, dont la base est l’origine divine, met en avant une science placée au dessus de l’intellect humain. On le comprend, les grecs ne pouvaient tolérer une telle approche du monde, qui remettait en cause leur propre compréhension de l’univers. Ils cherchèrent à effacer la conception juive, représentante d’une science divine. Des décrets furent promulgués, interdisant, comme nous l’avons vu, trois Mitsvote spécifiques.
L’auteur du Derèkh ‘Houkékha explique que les Grecs ont perçus dans ces trois commandements l’expression la plus essentielle de la Thora.

La Mitsva de sanctifier la jour de la néoménie, fixe les bases du calendrier juif d’après l’année lunaire.

Pourtant, la logique voudrait que le calendrier soit fixé d’après l’année solaire, puisque les saisons dépendent de la position du soleil. D’ailleurs, même les horaires dans lesquels s’inscrit l’accomplissement des Mitsvote, sont toujours fixés d’après le lever ou le coucher du soleil, et sont calculés d’après les dates du calendrier solaire.

Pourquoi la Thora a-t-elle donc introduit le cycle lunaire dans le calendrier, allant à l’encontre du bons sens et de la logique. A juste titre, les Grecs ont vu dans cette Mitsva la différence entre la Thora et la science humaine. En réalité, le calendrier juif se base à la fois sur l’année solaire et l’année lunaire.

Le Rambam dans son Yad Ha’hazaka, (Hilkhoth Kidouch ha’hodèch, chap. 1) précise :« Les mois de l’année sont fixés d’après la néoménie, mais les années sont des années solaires, comme le précise le verset : « Prends garde au mois du printemps pour célébrer la Pâque en l’honneur de l’Eternel ton D.ieu. » (Deutéronome 16 ; 1) »

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Dans la Thora, la notion du ‘Hodèch (mois) vient exprimer un renouveau (‘Hidouch) : renouveau de la lune qui réapparait dans le ciel, alors que le mois solaire n’exprime aucun renouvellement.

En revanche, pour compter les années, un ajustement selon l’année solaire est nécessaire, puisque la date de la fête de Péssa’h doit toujours correspondre au printemps.

Or, il y a 11 jours de décalage entre l’année solaire et l’année lunaire. On attend que ces jours de décalage s’accumulent à un total de 30 jours, moment où l’on ajoute un mois supplémentaire, un treizième mois à l’année : c’est ce qui arrive à intervalle régulier. Ainsi, on conserve le principe de la Thora qui exige que Péssa’h soit au printemps.

Cette dualité, qu’utilise la Thora, entre ces deux éléments qui fixent le calendrier est expliquée par le Rav I. Hutner : chacun de ces deux éléments exprime une idée fondamentale.

Le mois (que l’on fixe par les cycles de la lune) exprime le renouvellement périodique alors que l’année (réajustée par rapport à l’année solaire) exprime la reconduction perpétuelle. En effet, le peuple d’Israël doit être influencé par ces deux notions : celle de la continuité qui se manifeste par le devoir permanent de chaque juif tout au long de sa vie, de servir son créateur et de vivre sa foi en D.ieu.

C’est cette notion qu’exprime le Roi David quand il dit : « Je fixe constamment (tamid) mes regards sur le Seigneur. » (Psaumes 16 ; 8).
La dernière Mitsva interdite par les grecs fut la circoncision, la Brite Mila.
Le rationalisme implique une reconnaissance de l’utilité de chaque organe du corps.

Couper la ‘Orla (le prépuce), pour ajouter un élément de sainteté à l’homme va à l’encontre de la philosophie grecque. Le Sefat Emet (‘Hanouka année 5647) exprime une idée passionnante : Chabbate, ‘Hodech et Mila sont les signes divins qui marquent la différence entre Israël et les Nations. Israël est régit par un système différent des autres, système qui intervient sur les trois éléments fondamentaux que sont :

‘olam, chana et néfech, littéralement : l’univers, le temps et l’âme.

La Mila est la marque faite sur l’âme. Le Chabbate est la marque divine sur l’univers. Par la sanctification du septième jour, D.ieu montre que l’abondance divine (Chéfa’) à l’égard d’Israël transcende le système des six jours de la création, utilisé pour les nations.

La néoménie est la marque divine qui fixe un autre ordre du temps pour Israël. La Grèce a voulu s’attaquer à l’essence même de la spécificité d’Israël en abolissant ces signes.

L’empire grec a disparu depuis longtemps.

Et les découvertes scientifiques extraordinaires de notre époque prouvent clairement à tout esprit sain que l’intellect humain ne peut cerner les secrets infinis de l’univers.

La fête de ‘Hanouka vient nous interpeller et nous rappeler, à nouveau, le fondement de notre foi : l’intellect ne peut être le seul outil pour cerner le sens de la création.

Même les Mitsvote qui sont à nos yeux rationnelles ne sont que l’expression de la volonté divine énoncée par la Thora, science qui se place au dessus de toutes les contingences rationnelles.

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« Prétends-tu pénétrer le secret insondable de D.ieu, saisir la perfection du Tout-puissant ? » (Job 11 ; 7)

Source [Univers Torah Article original

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HANOUKA

par Jacques Kupfer

Pendant les huit jours de la fête de Hanouka, nos maisons et nos villes resplendiront en Israël sous la lumière des bougies et des lampes.
Nos bâtiments publics en Israël seront chaque jour plus illuminés et les fenêtres réfléchiront les lueurs des bougies. Nous raconterons encore à nos enfants comment la petite fiole d’huile trouvée dans le Temple, a duré par un réel miracle pendant ces huit jours.

Pourtant le véritable miracle ne réside pas dans cette huile ni dans la victoire d’un petit nombre contre de puissantes armées. Ce miracle est devenu une permanence dans l’histoire de l’Etat d’Israël. Le véritable miracle a consisté à ce qu’un Juif, Yehouda Makabi, a osé s’élever contre le politiquement correct, abattre le profanateur grec et contre l’hellénisation de nos classes dirigeantes et intellectuelles.

La culture grecque faisait des ravages et le peuple s’y habituait. Il y avait les « juifs » qui tenaient à démontrer qu’ils étaient désormais plus grecs que les athéniens, que les divinités grecques étaient partie intégrante de leur culture. Ils en faisaient même plus qu’un grec pour bien montrer leur parfaite assimilation tout en reniant l’histoire, la foi et la fidélité à leurs ancêtres. Les Fabius existaient déjà qui accouraient au coup de sifflet du maître. Grec hier ou qatari aujourd’hui. Ils faisaient preuve d’un zèle infatigable contre leur propre identité s’attirant le dédain de leurs anciens coreligionnaires et le mépris absolu de leur nouveau milieu.

Il y avait ceux qui étaient influencés par l’opinion publique et dont le pragmatisme poussait à considérer qu’on devait composer avec l’occupant ou l’étranger dans nos villes. Comment oser se dresser face à l’Empire grec qui contrôlait toute cette région du monde. Le réalisme politique impliquait de ne pas provoquer de réaction hostile de sa part et de veiller à maintenir de bonnes relations pour pouvoir continuer le « processus de paix » et rester présent à la table de négociation.

Mais Yehouda Makabi tue le profanateur grec et c’est cela le miracle. Comme le proclamait Menahem Begin, à la tête des soldats de l’Irgoun Tsvai Leoumi, lorsqu’un Juif combat, il n‘est peut-être pas immédiatement victorieux, mais il est invincible.

Lorsqu’un juif combat, il est victorieux face à l’Empire britannique, il gagne son combat contre l’Empire soviétique. Il suffit d’allumer cette flamme de la Révolte pour savoir que la victoire nous attend.

Le miracle est de puiser dans ses ressources nationales, dans sa fierté et sa Foi la puissance nécessaire pour entamer le combat malgré les« appels à la raison », sans écouter la « voie de la sagesse », sans entendre les genoux fléchissant de l’entourage.

L’Histoire nous apprend que notre destin national repose sur les Josué et les Yehouda Makabi et non sur ceux qui nous ont imposé quarante ans d’errance dans le désert et de supporter un joug étranger.
Quand un peuple perd ses traditions, ses valeurs et sa fidélité, il perd son âme. Un peuple qui doute de ses droits ou qui n’ose pas les affirmer ne mérite pas sa liberté. Un peuple qui ne respecte pas ses symboles nationaux et culturels tombe en déliquescence.

Quel meilleur exemple que la France retirant ses crèches et ses sapins pour complaire à la charia sous couvert d’un laïcisme fallacieux.

Puissent les lumières de Hanouka nous rappeler toujours qui nous sommes et nos devoirs de fidélité à notre Histoire, notre Foi et notre Terre dans son intégrité. Puissent-elles éclairer nos foyers et illuminer notre existence avec la flamme de la foi et la certitude d‘une victoire définitive face aux forces obscurantistes et malfaisantes qui de Sydney à Gaza, de Toulouse à Ramallah, de Bruxelles à Ankara brandissent l’Islam de la haine, de l’intolérance et du fanatisme sanguinaire.

Puissent nos lumières de Hanouka illuminer le chemin des descendants de nos Makabim, des soldats de Tsahal qui montent la garde sur mer, sur terre et dans les airs. Puissent-elles éclairer nos villes et nos villages et les maisons de nos pionniers en Judée, Samarie et sur toute l’étendue de la Terre d’Israël. Puissent nos lumières emplir de joie nos familles et nos amis dans le monde.

Athènes n’est plus qu’une ruine mais Jérusalem juive, réunifiée et éternelle brille et s’illumine.

par Jacques Kupfer (dans : Lettre du Lien Israël-Diaspora, émise par Robert Tanugi, )

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Alors que, comme chaque année, de nombreux touristes francophones sont attendus en terre sainte, d’autres ont décidé de franchir le cap de l’installation en Israël. Le Cnef, assiste les jeunes dans tout leur processus d’intégration avant et après leur atterrissage, en leur organisant des activités diverses tout au long de l’année mais surtout en proposant un accompagnement dans leur procédures quotidiennes : les inscriptions pour les études, le service militaire et civile principalement. Ainsi, précise Sam Kadoch, directeur général du CNEF, « pour des centaines de français, cet été restera mémorable, de l’acquisition de leur nouvelle civilité, ou de leur entrée a l’armée… ».

Les actions de conseils et d’orientation menées tout au long de l’année par le CNEF se multiplient et se diversifient en cette fin d’année scolaire. Depuis un mois, le CNEF est sollicité sur plusieurs fronts :

  • Une centaine de jeunes filles, finalisant un programme Massa, ont décidé de devenir israéliennes et de poursuivre leur vie en Israel, en commençant par donner un an de service civile a l’Etat. Nous leur souhaitons toute la réussite dans leur future mission. Mais ce n’est pas sans peine que le CNEF était là depuis plusieurs mois déjà en amont pour les guider dans leurs démarches, les dates importantes et le suivi de leur dossier auprès de l’agence juive. Ce programme, de son nom ZEOUT, a été mis en œuvre pour sa 3eme année consécutive avec un succès couronné par la présence de Nathan Charenski, Président de l’Agence Juive, a la cérémonie de remise des cartes d’identités israéliennes, les Teoudat Zeout.

Le CNEF, demeure surtout présent aux cotés de ces jeunes filles pour assurer le bon déroulement des démarches administratives fastidieuses de l’inscription au chirout leoumi.

  • De leur cote, les garçons, et aussi quelques candidates, ont décidé vaillamment de servir dans Tsahal volontairement. Ils se sont vus obligés d’intégrer un mois de préparation militaire (mehinot) imposée en dernière minute par le ministère de la sécurité. Ainsi, Le CNEF en lien avec ce ministère et les responsables de ces Mehinot se doit de vérifier la bonne prise en charge de cette population livrée a elle-même, et leur assurer un minimum d’encadrement. Certaines dérogations ont pu être obtenues notamment.
  • Dans un autre registre, au mois d’aout, une vingtaine de juristes vont présenter les examens d’équivalences « dinei Israel». En partenariat avec l’AFJAH, le CNEF est également largement présent pour mettre de l’huile dans les rouages administratifs des inscriptions et le suivi des dossiers.
  • Cette période est aussi le moment de finaliser les inscriptions pour les études. Ainsi le CNEF accompagne et conseil les jeunes qui en ont besoin dans leurs démarches. A ce sujet par exemple, depuis déjà 3 ans, suite à un accord avec le Misrad Ahinouh (le ministere de l’éducation), le CNEF est habilite à certifier conforme aux originaux les documents du Baccalauréat général. Ceci évite aux candidats de débourser encore des sommes pour les frais de traduction.

Ceci résume le quotidien de ce début d’été en Israel pour les jeunes francophones. Un rythme auquel il faudra se faire, car le calme ici n’arrive généralement qu’au moment des fêtes…

Bonne intégration à tous

Pour tout renseignements contactez le CNEF : info@cnef.org – 02 62 22 26 25